Lettre conjointe à la présidente von der Leyen sur la résilience climatique
Suite à une série de catastrophes naturelles cet été, le CCRE se joint à plus de 30 organisations en première ligne face aux inondations, sécheresses, feux de forêt et autres catastrophes.
Deux jours avant le discours sur l’état de l’Union européenne, le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) s’est joint à plus de 30 organisations représentant les collectivités locales et régionales, les agriculteurs pratiquant une agriculture durable, les fournisseurs d’eau, les établissements de santé et les prestataires de services financiers dans une lettre ouverte adressée à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Cette lettre l’exhorte à faire des solutions fondées sur la nature le premier rempart contre les catastrophes climatiques et à inscrire cette ambition dans le futur cadre européen pour la résilience climatique.
Un été qui a mis en lumière la vulnérabilité de l’Europe
Cette lettre fait suite à un été marqué par des records de chaleur, qui a une fois de plus mis en lumière le manque de préparation de l’Europe face au changement climatique. L’Europe occidentale a enregistré son mois de juin-juillet le plus chaud jamais mesuré, tandis que de graves incendies ravageaient le continent. Au moins 35 000 décès supplémentaires ont été attribués aux vagues de chaleur successives de cet été, un chiffre qui n’inclut même pas le mois d’août ; le bilan réel est donc probablement encore plus lourd.
Pour les administrations locales et régionales, en première ligne face aux inondations, sécheresses, incendies de forêt et vagues de chaleur, il ne s’agit pas de statistiques abstraites. Elles se traduisent concrètement par des services d’urgence surchargés, des infrastructures endommagées et des communautés laissées sans ressources.
Restaurer la nature pour restaurer la résilience
Les signataires pointent du doigt une cause commune à l’aggravation des risques climatiques en Europe : la dégradation des paysages, des sols et des ressources en eau. Les zones humides, les plaines inondables, les tourbières, les sols sains, les écosystèmes côtiers et les forêts stockent naturellement l’eau, rechargent les nappes phréatiques, régulent les températures et atténuent les effets des phénomènes extrêmes. Or, ces systèmes ont été progressivement perdus ou dégradés sur tout le continent, exposant les populations à des cycles de plus en plus instables d’inondations, de sécheresses et de vagues de chaleur.
La lettre appelle la Commission à :
- Faire de l’intégration systémique des solutions fondées sur la nature une priorité clé dans la partie législative du cadre européen pour la résilience climatique ;
- Fournir des incitations juridiques et des mécanismes de financement pour que les États membres gèrent les paysages et les systèmes hydriques en privilégiant la résilience, notamment des objectifs nationaux de rétention d’eau naturelle mis en œuvre au moyen d’approches locales qui tiennent compte des besoins et des capacités territoriales.
Ce dernier point est d’une grande importance pour les membres du CCRE : il reconnaît que l’adaptation efficace au changement climatique doit être conçue et mise en œuvre au niveau local et régional, là où se trouvent réellement la connaissance des besoins territoriaux et la capacité d’agir.
Un moment pour l’action
« Les étés récents en Europe ont démontré que la résilience climatique ne peut plus être considérée comme un problème futur. La Commission a reconnu le rôle essentiel des solutions fondées sur la nature pour protéger les communautés et les écosystèmes des catastrophes climatiques. Alors que la consultation interservices sur le cadre européen pour la résilience climatique devrait débuter avant la fin septembre, il est crucial de veiller à ce que cette reconnaissance se traduise concrètement dans la législation », a déclaré Claire Baffert, chargée de mission principale pour l’eau et l’adaptation au changement climatique au WWF UE, s’exprimant au nom des plus de 30 signataires.
La présidente von der Leyen a elle-même reconnu les enjeux : dans son discours sur l’état de l’Union l’an dernier, elle a averti que le changement climatique rend les étés plus chauds, plus rudes et plus dangereux, et que l’Europe doit intensifier radicalement ses efforts en matière de résilience, d’adaptation et de solutions fondées sur la nature. En juillet, elle a confirmé par écrit aux eurodéputés que les solutions fondées sur la nature jouent un rôle essentiel dans l’adaptation aux vagues de chaleur, aux sécheresses et aux inondations.
Le CCRE et ses cosignataires appellent désormais la Commission à transformer cette reconnaissance en loi et à donner aux gouvernements locaux et régionaux les outils, les incitations et les financements dont ils ont besoin pour montrer la voie.
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