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Réaction : Loi européenne sur le logement abordable

EU Affordable Housing Act

La flexibilité locale doit rester au cœur du logement dans l’UE

1 354 mots
6–9 minutes

La Commission européenne a présenté sa proposition de loi sur le logement abordable, instaurant un cadre européen commun pour l’évaluation et la justification des mesures relatives au logement au niveau local. Cette proposition vise à renforcer la sécurité juridique des pouvoirs publics tout en reconnaissant explicitement que la politique du logement relève principalement des compétences nationales, régionales et locales.

La proposition législative est accompagnée d’une recommandation sur l’accessibilité et l’offre de logements dans les zones en situation de pénurie de logements, introduisant le concept de zones de logements abordables et proposant des mesures pour remédier à la pénurie de logements.

Le CCRE salue ces publications, qui constituent des étapes importantes dans la reconnaissance croissante du logement comme un enjeu européen nécessitant une action à tous les niveaux de gouvernance. Les collectivités locales et régionales sont en première ligne pour garantir l’accessibilité et la disponibilité des logements, et le CCRE plaide sans relâche pour un cadre renforçant leur capacité d’action dans le respect de la diversité territoriale.

Cependant, malgré les efforts répétés du CCRE soulignant l’importance de la flexibilité et du renforcement des capacités des gouvernements locaux et régionaux, la principale solution de la Commission pour remédier au problème d’accessibilité au logement est une définition standardisée de la pression sur le logement au niveau de l’UE.

Si le CEMR prend acte avec satisfaction de la reconnaissance récurrente des compétences régionales et locales dans la proposition, le recours aux « autorités compétentes » au sens de l’article 4 de la loi sur le logement suscite des inquiétudes chez les collectivités locales et régionales. En effet, cette terminologie laisse à l’interprétation de chaque État membre le soin de définir ce rôle. Son utilisation se poursuit tout au long de la recommandation, suggérant un pouvoir de décision et une responsabilité importants au niveau de l’« autorité compétente ».

Définition courante du stress lié au logement

Tout au long de son travail de plaidoyer, le CCRE s’est efforcé de maintenir la flexibilité de la loi sur le logement abordable afin qu’elle puisse refléter la diversité des réalités du logement en Europe. Dans ses recommandations à la Commission, le CCRE a plaidé pour une approche territoriale préservant les mécanismes d’évaluation locaux plutôt que d’imposer une définition unique et uniforme de la précarité du logement.

Pourtant, bien que laissant aux « autorités compétentes » la possibilité de décider des mesures nécessaires, l’article 6 de la loi établit une méthodologie commune de l’UE pour déterminer quand une zone est considérée comme étant en situation de pénurie de logements.

Selon les règles proposées, une zone ne peut être classée comme connaissant des tensions sur le logement que si trois conditions sont remplies : le ratio prix/revenu est de 8 ou plus, ce ratio a augmenté au cours de la dernière décennie et la pression ne montre aucun signe d’apaisement au cours des trois prochaines années.

Le CCRE a maintes fois souligné que cette vision trop restrictive risque de masquer la situation dans son ensemble. La crise du logement prend de multiples formes en Europe et ne peut se résumer à un seul indicateur d’accessibilité financière. Les pressions peuvent provenir du tourisme, de pénuries de logements, d’évolutions démographiques, de contraintes foncières, de difficultés d’accès à l’urbanisme et aux permis de construire, de lacunes en matière d’infrastructures, ou tout simplement d’une insuffisance de logements sociaux et abordables.

Cette nuance apparaît bien dans les sections explicatives de la proposition, dans la recommandation et dans les commentaires formulés lors de la conférence de presse. Mais elle disparaît largement dans les dispositions opérationnelles elles-mêmes, où la crise du logement est définie presque exclusivement par des indicateurs de prix et de revenus.

De plus, l’expérience montre que les autorités locales ont souvent des raisons légitimes d’intérêt public d’agir qui vont au-delà de la simple question d’accessibilité financière : les nuisances environnementales, par exemple, et la proposition ne tient pas compte de ces aspects.

Ellen van Selm (porte-parole du CCRE pour le logement et maire de Purmerend (Pays-Bas)) :

« Nous nous félicitons des efforts déployés par la Commission européenne pour contribuer à la résolution de la crise du logement. Toutefois, nous l’encourageons à créer un cadre plus favorable aux collectivités locales et régionales. En introduisant une définition rigide de la précarité du logement, en alourdissant les exigences de justification alors que les données ne sont pas toujours disponibles, et en se concentrant systématiquement sur les locations de courte durée, la loi sur le logement abordable limite les solutions territoriales et innovantes dont les collectivités locales et régionales ont besoin. Concrètement, cela complique la tâche des villes, des agglomérations et des régions qui souhaitent agir de manière proactive face aux tensions sur le logement. »

Un éventail de mesures à la disposition des autorités

La proposition reflète en grande partie les demandes du CCRE : donner aux collectivités locales et régionales la latitude d’adapter leurs interventions aux spécificités locales. Conformément au règlement, les autorités compétentes pourraient limiter les locations de courte durée dans les résidences secondaires et réglementer l’acquisition ou l’utilisation de terrains et de biens immobiliers résidentiels à des fins autres que l’habitation principale. La proposition prévoit également un ciblage territorial et des approches différenciées.

Le CCRE a néanmoins toujours insisté sur la nécessité pour les collectivités locales d’agir avant que la crise du logement ne devienne incontrôlable, et des inquiétudes persistent à ce sujet. L’article 9 exige des autorités qu’elles prouvent qu’une activité a eu un impact négatif sur l’accessibilité ou la disponibilité du logement pendant au moins trois ans avant toute mesure restrictive. Pour de nombreuses collectivités locales, cela pourrait constituer une charge supplémentaire et retarder la mise en œuvre de mesures visant à résoudre la crise du logement suffisamment tôt.

Concernant la simplification des procédures, la recommandation propose la création de zones d’accélération du logement, identifiées par l’autorité compétente. Ces zones bénéficieraient d’un calendrier d’autorisation unifié et, le cas échéant, d’une approbation tacite. Cependant, le CCRE souligne que cette approche ne tient pas suffisamment compte des réalités locales, façonnées par des cadres législatifs complexes et nécessitant une évaluation au cas par cas.

La proposition législative vise également à clarifier l’articulation des mesures relatives au logement avec la législation existante sur le marché intérieur, notamment la directive sur les services, afin d’offrir aux autorités publiques une plus grande sécurité juridique et de réduire les risques de contentieux. Toutefois, le CEMR met en garde contre le risque que la loi sur le logement abordable produise l’effet inverse pour les municipalités, en complexifiant davantage les procédures et en renforçant l’incertitude juridique quant à la charge de la preuve requise dans les différents cadres réglementaires.

Perspectives d’avenir

La loi sur le logement abordable constitue une avancée majeure vers un cadre européen plus clair pour les mesures relatives au logement et intègre plusieurs éléments préconisés de longue date par les collectivités locales et régionales. La recommandation de la Commission reconnaît l’importance du principe de subsidiarité et encourage, à juste titre, une compréhension globale des défis rencontrés au niveau local.

Toutefois, d’importantes questions demeurent quant à la définition proposée du stress lié au logement, à la responsabilité attribuée à « l’autorité compétente », à la faisabilité pratique de réaliser les évaluations appropriées et à la flexibilité réduite dont disposent les autorités pour s’attaquer à des formes plus larges de pression sur le logement qui ne sont pas pleinement reflétées par les seuls indicateurs d’accessibilité financière.

Au-delà de la loi sur le logement abordable et de son action visant à garantir la légalité des politiques de logement locales et régionales, le CCRE souligne que la résolution de la crise du logement nécessitera également des investissements massifs. À cet égard, les discussions sur l’avenir du cadre financier pluriannuel et de la politique de cohésion devraient refléter l’attention politique portée au logement et permettre un soutien adéquat aux actions locales pour faire face à la crise du logement.

Le CCRE continuera de collaborer avec les institutions européennes tout au long du processus législatif afin de garantir que la législation finale offre aux gouvernements locaux et régionaux la flexibilité, la sécurité juridique et les outils pratiques nécessaires pour répondre efficacement aux divers défis du logement en Europe.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Réaction au plan d’action européen pour l’électrification

Europe’s Electrification Plan news

Le plan d’électrification de l’Europe ne peut réussir qu’avec la participation des gouvernements locaux.

705 mots
3–4 minutes

La Commission européenne a présenté son plan d’action pour l’électrification, qui détaille comment l’Europe peut accélérer la transition vers une électricité propre dans les bâtiments, l’industrie et les transports, et réduire le coût des solutions durables. Pour le CCRE, il s’agit d’une étape importante vers une Europe plus compétitive, plus sûre et décarbonée.

L’électrification efficace n’est plus une simple politique énergétique sectorielle ; elle devient un élément déterminant de la transformation économique et territoriale de l’Europe. C’est pourquoi les collectivités locales et régionales doivent être pleinement impliquées pour que ce plan soit couronné de succès.

Le plan d’action reconnaît à juste titre la nécessité d’investissements majeurs dans les réseaux électriques, le stockage de l’énergie, les énergies renouvelables, la mobilité électrique et les systèmes de chauffage plus propres.

Le CCRE salue la proposition de la Commission de soutenir la planification locale du chauffage et du refroidissement par le biais du mécanisme européen pour les villes. Le programme débutera avec un budget de 15 millions d’euros pour aider 180 collectivités locales et régionales à élaborer des plans locaux, avant d’être étendu à près de 1 000 plans locaux prêts à recevoir des investissements.

Le CCRE salue également l’accent mis sur les solutions de chauffage propres, notamment les pompes à chaleur et les réseaux de chaleur et de froid urbains, qui jouent déjà un rôle important dans la transition énergétique de nombreuses villes et régions. Les collectivités locales pilotent des projets et des investissements dans ces solutions et contribuent à rendre les bâtiments et les quartiers plus durables. Parallèlement, le CCRE souligne que les mesures de soutien et les nouvelles exigences doivent être mises en œuvre de manière coordonnée.

Le CCRE souligne également l’importance d’une valorisation énergétique efficace des déchets non recyclables. La législation européenne devrait clairement reconnaître l’énergie récupérée à partir de ces déchets et garantir que les émissions liées à la composante fossile de ces déchets soient équitablement imputées aux producteurs et aux générateurs de déchets, plutôt qu’aux exploitants de réseaux de chaleur urbains ou aux consommateurs d’énergie.

Si la Commission appelle à une simplification des procédures d’autorisation pour les projets d’énergie propre, la mise en œuvre se fera au niveau local. Chaque nouvelle borne de recharge, pompe à chaleur, réseau de chauffage urbain, installation de stockage d’énergie ou raccordement au réseau dépend de la planification locale, des autorisations et de la coopération avec les citoyens et les parties prenantes. Les collectivités locales et régionales ne se contentent donc pas de mettre en œuvre la transition ; elles sont des partenaires stratégiques qui contribuent à la façonner. Des autorisations efficaces requièrent des solutions et des processus adaptés aux réalités locales et régionales, ainsi qu’une coordination précoce entre les parties prenantes, plutôt que des échéances uniformes à l’échelle de l’UE.

Les régions européennes sont également confrontées à des défis différents. Les solutions qui fonctionnent dans les grandes villes peuvent ne pas convenir aux zones rurales, aux îles ou aux régions industrielles. Il est essentiel de prendre en compte les lacunes en matière de compétences et de capacités aux niveaux techniques et administratifs. Une approche flexible et adaptée aux réalités locales est indispensable pour garantir que chaque communauté puisse bénéficier de l’électrification.

Étant donné que les objectifs d’électrification de l’Europe seront finalement atteints dans ses villes, ses agglomérations et ses régions, les gouvernements locaux et régionaux investissent déjà dans les infrastructures nécessaires à la transition, des réseaux électriques et de chauffage aux bornes de recharge pour véhicules électriques.

Le CCRE salue donc l’ambition du Plan d’action pour l’électrification et la reconnaissance des opportunités offertes par l’électricité propre et les solutions modernes de chauffage et de refroidissement. Pour que ce Plan soit une réussite, les collectivités locales et régionales doivent disposer des ressources, de la flexibilité et du rôle nécessaires pour être des partenaires à part entière de la transition énergétique européenne.

Le CCRE continuera de contribuer à ces travaux dans les mois à venir et attend le plan d’action européen pour le refroidissement et le chauffage qui aura été annoncé.

Lisez le communiqué de presse de la Commission européenne : La Commission renforce la compétitivité, la décarbonation et l’indépendance de l’Europe et le plan lui-même : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/PDF/?uri=CELEX:52026DC0595

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L’Alliance locale appelle à placer les villes au cœur des plans climatiques européens

Local Alliance news

L’Alliance locale appelle à une refonte de la gouvernance afin de placer les villes au cœur des plans climatiques européens.

511 mots
2–3 minutes

Dans un nouveau document de position, l’Alliance locale – une coalition de CCRE, ACR+, Climate Alliance, Energy Cities, Eurocities, FEDARENE, ICLEI Europe et POLIS – appelle l’UE à saisir l’occasion de la révision du règlement sur la gouvernance pour rendre les plans nationaux en matière d’énergie et de climat (PNEC) véritablement réalisables, susceptibles d’attirer des investissements et ancrés dans les réalités locales.

Partout en Europe, villes, communes et régions agissent déjà : rénovation des bâtiments, déploiement des énergies renouvelables, transformation des systèmes de mobilité. Pourtant, le cadre de planification climatique de l’UE n’a pas suivi le rythme. Les plans nationaux énergie-climat (PNEC) continuent d’être élaborés en grande partie sans la participation des collectivités locales et régionales qui seront chargées de leur mise en œuvre.

La révision du règlement sur la gouvernance, attendue de la Commission européenne au dernier trimestre 2026, constitue donc une opportunité cruciale que l’Alliance locale est déterminée à ne pas manquer.

Une déconnexion structurelle

Une multitude de données locales, de projets d’investissement et de plans climatiques existent déjà en Europe – des plans d’action pour l’énergie durable et le climat aux contrats de villes climatiques et aux stratégies locales de chauffage urbain. Pourtant, ces connaissances territoriales sont rarement intégrées aux PNE, ce qui engendre des doublons, une fragmentation et des opportunités d’investissement manquées.

Parallèlement, les dialogues à plusieurs niveaux déjà requis par l’article 11 du règlement actuel sont restés largement déconnectés des décisions de mise en œuvre réelles ou sont restés au niveau de la simple formalité.

Il en résulte une dynamique dangereuse à deux vitesses : une ambition élevée aux niveaux européen et national, et une attention insuffisante portée à ce qui se passe sur le terrain.

La réponse de l’Alliance locale : relier ce qui existe déjà

Le document de position préconise que le règlement révisé s’articule autour de quatre éléments qui se renforcent mutuellement :

  1. une plateforme de dialogue permanente à plusieurs niveaux dans chaque État membre afin d’aligner tous les niveaux de gouvernement sur la préparation et le suivi du PECN, en tenant compte des structures et des besoins de gouvernance nationale ;
  1. un chapitre territorial dans chaque NECP s’appuyant sur les plans locaux existants pour montrer où et comment les objectifs nationaux seront atteints ;
  1. des parcours sectoriels adaptés au territoire reliant les objectifs nationaux dans les domaines du bâtiment, des transports, du chauffage, des énergies renouvelables et de l’économie circulaire aux réalités locales qui déterminent si leur mise en œuvre est réellement possible ;
  1. et des stratégies d’investissement qui tiennent compte des besoins locaux en matière d’investissement et de capacités.

Il ne s’agit pas de réclamer plus de bureaucratie, mais de faire en sorte que les structures existantes fonctionnent de manière cohérente : réduire la lassitude liée aux consultations, éliminer les doublons administratifs et transformer les plans nationaux de coopération en de véritables cadres de mise en œuvre et d’investissement, au lieu de simples exercices de reporting.

Lisez le document de position complet ici

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