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Notre réaction à la directive sur le traitement des eaux usées urbaines

Water management news 2026

Le CCRE avertit que la mesure prise par le Parlement européen risque d’affaiblir le principe du pollueur-payeur et de compromettre les investissements des collectivités locales et régionales ainsi que des opérateurs de stations d’épuration


Suite au vote d’aujourd’hui au Parlement européen sur une motion de résolution demandant la suspension de la mise en œuvre de la directive révisée relative au traitement des eaux urbaines résiduaires (UWWTD), le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) regrette l’adoption d’amendements invitant la Commission européenne à envisager la suspension de la mise en œuvre de la responsabilité élargie des producteurs (REP) et des obligations de traitement quaternaire*. Le CCRE considère cette résolution comme contradictoire avec tous les efforts actuellement déployés par les collectivités locales et régionales et les exploitants de stations d’épuration, notamment pour optimiser les infrastructures afin de se conformer aux exigences de la directive révisée.

Selon Andrea Carli, porte-parole du CEMR pour l’environnement et conseillère régionale du Frioul-Vénétie Julienne : « Nous sommes profondément préoccupés par le résultat du vote en séance plénière d’aujourd’hui. Nous soutenons les collectivités locales et régionales ainsi que les exploitants de stations d’épuration européens qui ont déjà préparé les investissements nécessaires à la mise en œuvre de la directive révisée sur le traitement des eaux urbaines résiduaires. Ils ont désormais besoin d’un engagement clair quant au respect du calendrier de mise en œuvre convenu. »

Le principe du pollueur-payeur, qui stipule que les responsables de la pollution doivent en assumer les coûts de gestion et de réparation des dommages causés, est l’un des piliers de la politique environnementale de l’UE. Toute suggestion de suspension de la mise en œuvre de la responsabilité élargie du producteur (REP) risque de saper la confiance des investisseurs. La directive révisée a permis de trouver un juste équilibre, fruit d’un long dialogue, entre la protection de la santé publique, la préservation de l’environnement et la nécessité de garantir que les responsables de la pollution contribuent aux coûts de son élimination.

Le CCRE reconnaît la nécessité légitime de surveiller l’impact de la directive sur la disponibilité des médicaments essentiels et génériques. Cependant, il estime fermement que ces préoccupations devraient être prises en compte par le biais des mécanismes de surveillance et de flexibilité déjà prévus par la législation.

Par conséquent, le CCRE appelle la Commission à maintenir le calendrier de mise en œuvre convenu et à garantir la sécurité juridique nécessaire aux collectivités locales et régionales ainsi qu’aux exploitants de stations d’épuration pour investir dans le traitement quaternaire. Les États membres devront vraisemblablement commencer l’année prochaine à élaborer leurs plans de partenariat nationaux et régionaux (PPNR) dans le cadre du prochain budget de l’UE, tout retard dans la mise en œuvre pourrait entraîner une dépriorisation, voire une exclusion, des investissements dans les infrastructures d’assainissement des futurs plans de financement.

Dans une lettre adressée l’année dernière à la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, le CCRE et 11 autres organisations européennes représentant les gouvernements locaux et régionaux, les services publics, les ONG environnementales, les syndicats et les professionnels de l’eau ont exhorté la Commission à maintenir fermement le système EPR introduit par la directive révisée sur le traitement des eaux usées urbaines, qui est entrée en vigueur le 1er janvier 2025.

Le traitement quaternaire est une étape de traitement supplémentaire permettant d’éliminer les micropolluants des eaux usées urbaines. Ce traitement est désormais obligatoire depuis la dernière révision de la directive relative à la gestion des eaux usées urbaines (UWWTD). Le mécanisme de responsabilité élargie des producteurs (REP) permet aux entreprises (industries pharmaceutique et cosmétique) de prendre en charge au moins 80 % des coûts de traitement associés.

Pour en savoir plus sur le plaidoyer du CEMR en faveur de la mise en œuvre de la directive UWWTD : https://ccre-cemr.org/fr/communaute-dimpact-sur-le-climat/eau/proteger-leau-de-leurope

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Sommet Climate Chance Europe 2026

Climate Chance Summit 2026

Les villes et les régions doivent montrer l’exemple en matière d’adaptation au changement climatique en Europe


Le CEMR a participé les 3 et 4 juin au Sommet européen Climate Chance 2026, organisé à Bruxelles par l’association Climate Chance. Cet événement de deux jours a réuni des responsables locaux et régionaux, des institutions européennes, des entreprises, des ONG et des réseaux de la société civile autour d’un thème commun : l’adaptation au changement climatique comme levier de résilience et de prospérité en Europe.

Le message véhiculé par le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) était que les villes et les régions doivent être reconnues comme des partenaires stratégiques dans la conception de la réponse de l’Europe au changement climatique, et non pas simplement comme des acteurs de terrain.

Le sommet fait écho aux messages clés du document de position du CCRE intitulé « S’adapter ensemble – Une approche territoriale de la résilience et de la gestion des risques », publié en février 2026. Dans ce document, le CCRE plaide pour une approche territoriale de la résilience climatique, fondée sur une gouvernance multiniveaux. Une lacune fondamentale est mise en évidence : si les collectivités locales et régionales mettent déjà en œuvre la plupart des mesures d’adaptation, leur rôle reste insuffisamment reconnu et soutenu dans les cadres européens et nationaux.

Pour combler cet écart, le CCRE continue de mettre en avant six priorités :

  1. Donner aux gouvernements locaux et régionaux des mandats clairs et la flexibilité nécessaire pour agir
  1. Renforcer les capacités locales grâce à un meilleur accès aux données et à l’apprentissage par les pairs
  1. Garantir un financement prévisible et accessible pour les investissements d’adaptation
  1. Améliorer la préparation et la gestion des risques de catastrophe
  1. Restaurer les écosystèmes et déployer à grande échelle des solutions fondées sur la nature
  1. Garantir la résilience de l’eau grâce à une gestion intégrée et locale de l’eau

Le sommet organisé par Climate Chance s’est tenu à un moment politique crucial. La Commission européenne élabore actuellement un nouveau cadre intégré pour la résilience et la gestion des risques climatiques en Europe, qui devrait être adopté au cours du second semestre 2026.

Ronan Dantec, porte-parole du CCRE pour le climat : « L’adaptation au changement climatique ne réussira que si les collectivités locales et régionales sont reconnues comme des partenaires à part entière dans le futur cadre de résilience. Les territoires ont besoin d’une trajectoire commune, des outils nécessaires pour comprendre leurs vulnérabilités et d’un financement à long terme pour concrétiser la résilience. »

Les discussions du sommet sur la gouvernance à plusieurs niveaux, le financement de l’adaptation et de la résilience au niveau local, le soutien technique aux collectivités locales et régionales pour préparer des stratégies et des investissements de gestion des risques, et les mécanismes de solidarité ont toutes renforcé ce que notre document de position soutient : une action climatique cohérente et efficace exige la présence des collectivités locales et régionales à la table des négociations dès le départ – dans la conception, le financement et le suivi des politiques, et pas seulement dans leur mise en œuvre.

Le sommet s’est clôturé par l’adoption de la Déclaration de Bruxelles des acteurs non étatiques européens sur l’adaptation au changement climatique, signée par un large éventail de réseaux de collectivités locales, de réseaux d’acteurs économiques et d’ONG, dont Eurocities, FEDARENE et l’Association internationale des maires francophones (AIMF).

Elle engage tous les signataires à jouer un rôle actif dans l’élaboration des politiques européennes de résilience climatique et appelle à ce que l’adaptation soit intégrée à tous les niveaux de prise de décision, des politiques de l’UE jusqu’aux plans locaux.

Le CEMR continuera de promouvoir ce message jusqu’à l’adoption du cadre européen d’ici la fin de l’année. La résilience de l’Europe commence sur son territoire.

Connie Heedegard, présidente de la mission d’adaptation au changement climatique et ancienne commissaire à l’action pour le climat : « L’adaptation est essentielle à la résilience, mais aussi à la sécurité des citoyens. La mission d’adaptation de l’UE a posé les bases ; il est temps maintenant de récolter les fruits de cette adaptation et d’intensifier sa mise en œuvre. »

Consultez notre document de position intitulé « S’adapter ensemble : une approche territoriale de la résilience et de la gestion des risques ».

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Nouveau CFP : financements européens et eau

Climate - Water management

Compte rendu du webinaire : Opportunités de financement de l’UE pour la résilience hydrique des collectivités locales


Comment les villes, les agglomérations et les régions peuvent-elles obtenir les investissements nécessaires pour renforcer leur résilience face aux changements climatiques, au vieillissement des infrastructures et à l’augmentation des exigences réglementaires ?

Le 13 mai 2026, le CCRE et Aqua Publica Europea (APE) ont organisé un webinaire réunissant des représentants de la Commission européenne, de la Banque européenne d’investissement (BEI), des gouvernements locaux et régionaux et des opérateurs publics de l’eau pour discuter des possibilités de financement de l’UE pour la résilience de l’eau.

Les discussions ont mis en lumière à la fois les opportunités offertes par le budget actuel de l’UE et les défis auxquels les collectivités locales et régionales pourraient être confrontées dans le cadre du futur cadre financier pluriannuel (CFP). Les principaux messages et recommandations issus de cet événement sont désormais disponibles dans un nouveau rapport de webinaire publié conjointement par le CCRE et l’APE.

La résilience face à l’eau commence localement

En ouvrant le webinaire, Andrea Carli, porte-parole du CEMR pour l’environnement et conseillère régionale du Frioul-Vénétie Julienne, a souligné les pressions croissantes qui pèsent sur les villes et les régions à travers l’Europe. De la sécheresse et de la pénurie d’eau aux inondations, les collectivités locales et régionales sont de plus en plus en première ligne de l’adaptation au changement climatique, tout en devant faire face à des besoins d’investissement croissants.

Pour le CCRE, cela renforce la nécessité de cadres de gouvernance solides, d’un soutien technique et de ressources financières suffisantes pour garantir des services d’eau durables et abordables pour toutes les communautés.

Le financement demeure le principal défi

Un message central se dégage de ces discussions : le financement demeure le principal obstacle à la réalisation des objectifs de la politique européenne de l’eau.

L’APE et le CCRE soulignent l’important déficit d’investissement identifié par la Commission européenne, tout en pointant du doigt les difficultés de gouvernance et de capacités qui peuvent limiter l’accès aux financements disponibles. Bien que la résilience de l’eau ait été reconnue comme un domaine prioritaire lors de l’examen à mi-parcours de la politique de cohésion, de nombreuses collectivités locales et régionales ainsi que des opérateurs du secteur de l’eau peinent encore à obtenir les ressources nécessaires aux investissements essentiels.

En attendant le prochain CFP

Alors que les négociations sur le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) sont en cours, le webinaire a exploré comment l’architecture de financement future proposée pourrait affecter les investissements dans le secteur de l’eau.

Si les nouveaux plans de partenariat nationaux et régionaux (PPNR) offrent une plus grande flexibilité, ils soulèvent également d’importantes questions quant à l’implication des collectivités locales et régionales dans la définition des priorités d’investissement. Le CEMR continue de plaider en faveur d’une politique de cohésion forte et d’une participation effective des villes, des agglomérations et des régions à l’élaboration et à la mise en œuvre du futur budget de l’UE.

De nouvelles opportunités grâce à la BEI

Lors du webinaire, les participants ont également été informés du rôle croissant de la BEI dans le soutien aux investissements dans le secteur de l’eau, notamment du futur Mécanisme de conseil pour une gestion durable de l’eau. Cette initiative vise à faciliter l’accès des collectivités locales et régionales ainsi que des opérateurs du secteur de l’eau aux financements et aux services de conseil, renforçant ainsi la préparation et la mise en œuvre des projets liés à l’eau en Europe.

Alors que les discussions sur le futur budget de l’UE se poursuivent, la réalisation des objectifs de résilience de l’Europe en matière d’eau nécessitera des investissements à long terme, une gouvernance locale forte et un rôle central pour les villes et les régions.

Consultez le compte rendu du webinaire pour découvrir les principales conclusions de la discussion, les dernières opportunités de financement, les évolutions politiques et les recommandations à l’intention des gouvernements locaux et régionaux.

Lisez l’article sur le site web d’APE ici : APE et CCRE organisent un webinaire sur les opportunités de financement de l’UE pour la résilience face à l’eau | Aqua Publica Europea

Consultez les présentations utilisées lors de l’événement :

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Eaux urbaines: il faut agir maintenant

Water Management - Best Practices

Le CCRE appelle à une mise en œuvre rapide de la directive relative au traitement des eaux urbaines résiduaires (UWWTD)


Le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) demande aux députés européens de soutenir la mise en œuvre rapide et efficace de la directive révisée relative au traitement des eaux urbaines résiduaires (UWWTD). La directive introduit une nouvelle étape de traitement visant à éliminer les micropolluants des eaux urbaines résiduaires, une exigence majeure pour la protection de la santé publique et de l’environnement. Son système de responsabilité élargie du producteur (REP) garantit que les responsables de ces polluants couvrent au moins 80 % des coûts de traitement associés.

Pour les collectivités locales et régionales, ce mécanisme est essentiel pour faire respecter le principe du pollueur-payeur et éviter de faire peser la charge financière du traitement quaternaire sur les usagers. La directive comprend déjà des garanties visant à répondre aux préoccupations concernant l’accessibilité financière, l’approvisionnement et la disponibilité des médicaments, ainsi que des mécanismes de suivi et d’ajustement une fois la mise en œuvre engagée.

Le CCRE s’oppose fermement aux propositions visant à suspendre ou à reporter les dispositions relatives à la REP. Une telle suspension compromettrait la planification des investissements à long terme dans les infrastructures de traitement des eaux usées, accroîtrait l’incertitude et mettrait en péril des services publics essentiels.

Les collectivités locales et régionales préparent déjà des investissements pour se conformer aux exigences de la directive. Un environnement réglementaire stable est essentiel pour préserver la santé publique, la protection de l’environnement et la compétitivité à long terme de l’Europe.

Le CCRE appelle les décideurs de l’UE à aller de l’avant avec la mise en œuvre comme convenu et à utiliser les mécanismes de révision existants de la directive pour apporter les ajustements nécessaires sur la base des données recueillies au cours du processus de mise en œuvre.

En savoir plus sur l’action du CCRE en matière de protection de l’eau :

L’appel conjoint du CCRE et de partenaires aux députés européens pour une mise en œuvre rapide de la directive relative au traitement des eaux urbaines résiduaires (UWWTD)

Protéger l’eau propre

Document d’orientation du CCRE sur la directive relative au traitement des eaux urbaines résiduaires

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Changement climatique en Europe

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Le CCRE appelle à une approche territoriale de la résilience climatique en Europe


L’Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement au monde. Les vagues de chaleur, les inondations, les sécheresses et les phénomènes météorologiques extrêmes affectent déjà les communautés, les infrastructures et les écosystèmes sur l’ensemble du continent — avec des impacts qui varient fortement d’un territoire à l’autre. Dans ce contexte, l’adaptation au changement climatique est devenue une priorité urgente pour les villes, les communes et les régions, qui sont en première ligne pour maintenir les services essentiels et renforcer la résilience sur le terrain.

Alors que la Commission européenne élabore actuellement un nouveau cadre intégré pour la résilience climatique et la gestion des risques en Europe, le CCRE a publié un nouveau document de position intitulé S’adapter ensemble – Une approche territoriale de la résilience et de la gestion des risques, présentant des recommandations concrètes pour renforcer l’approche européenne en matière d’adaptation et de préparation face au changement climatique.

Un nouveau document de position : S’adapter ensemble

Le document met en évidence une réalité claire : les collectivités locales et régionales mettent déjà en œuvre la grande majorité des mesures d’adaptation, mais leur rôle reste insuffisamment reconnu et soutenu dans les cadres européens et nationaux. Le document appelle à une approche territoriale de la résilience climatique, fondée sur la gouvernance multiniveau et structurée autour de six priorités clés :

  • Donner aux collectivités locales et régionales des mandats clairs et la flexibilité nécessaire pour agir ;
  • Renforcer les capacités locales grâce à un meilleur accès aux données, aux outils et à l’apprentissage entre pairs ;
  • Garantir des financements prévisibles et accessibles pour les investissements en matière d’adaptation ;
  • Améliorer la préparation et la gestion des risques de catastrophe ;
  • Restaurer les écosystèmes et développer les solutions fondées sur la nature ;
  • Assurer la résilience de l’eau grâce à une gestion intégrée et pilotée au niveau local.

En combinant des leviers horizontaux (gouvernance, capacités et financements) avec des recommandations sectorielles, le document montre que l’autonomisation des villes, des communes et des régions est essentielle à la résilience globale de l’Europe.

Les villes, communes et régions en première ligne des politiques d’adaptation

Ronan Dantec, porte-parole du CCRE pour le climat, souligne :

« Aujourd’hui, il est urgent de reconnaître que l’adaptation au changement climatique est un enjeu central pour les municipalités et les régions de toutes tailles. Investir dans des infrastructures durables et utiliser nos ressources de manière plus efficace n’est pas une option, mais une nécessité pour garantir un avenir prospère pour toutes et tous. »

Les impacts climatiques sont intrinsèquement locaux. Même au sein d’un même pays, les risques peuvent varier considérablement entre zones urbaines et rurales, régions côtières et intérieures, ou territoires du nord et du sud. Les villes, communes et régions sont donc les mieux placées pour :

  • Évaluer les risques et vulnérabilités climatiques locaux ;
  • Protéger les populations vulnérables ;
  • Planifier et gérer des infrastructures résilientes ;
  • Assurer la continuité des services essentiels tels que l’eau, les transports et l’énergie ;
  • Mettre en œuvre des solutions fondées sur la nature et restaurer les écosystèmes.

Leur proximité avec les citoyens leur permet également d’intégrer la résilience sociale dans les politiques d’adaptation, afin de garantir que personne ne soit laissé de côté à mesure que les impacts climatiques s’intensifient.

Se préparer au futur cadre intégré de l’UE sur la résilience climatique

Le document de position du CCRE intervient à un moment politique clé, alors que le nouveau cadre intégré européen pour la résilience climatique et la gestion des risques devrait être adopté par la Commission européenne au second semestre 2026. Ce cadre visera à établir une approche européenne globale et cohérente en matière de résilience et de préparation face aux risques climatiques.

La consultation publique en cours de la Commission européenne sur ce futur cadre intégré comprend des questions portant notamment sur : l’intégration de la résilience dans les politiques de l’UE (« resilience by design »), l’harmonisation et la comparabilité des évaluations des risques climatiques, le financement de l’adaptation, le soutien aux niveaux local et régional, ainsi que la prise en compte des impacts du changement climatique sur la santé.

Le CCRE élabore actuellement une réponse à cette consultation en coopération avec son groupe d’experts, en demandant que les villes, les communes et les régions soient reconnues non seulement comme des acteurs de mise en œuvre, mais aussi comme des partenaires stratégiques dans la conception, le financement et le suivi de ce futur cadre. La consultation est ouverte jusqu’au 23 février 2026. Le CCRE encourage ses membres à y participer et à faire entendre leur voix.

Pour plus d’informations, contactez :

Faciliter les autorisations pour les énergies renouvelables

Renewable Energy - News

Accélération des procédures d’autorisation pour les énergies renouvelables : « Les gouvernements locaux doivent être pleinement impliqués à toutes les étapes ! »


Alors que le Conseil de l’UE a adopté un nouveau règlement visant à accélérer le déploiement des énergies renouvelables grâce à des procédures d’autorisation plus simples et plus rapides, le CCRE appelle à une implication pleine et entière des municipalités et des régions dans ce processus.

Le CCRE salue l’adoption de mesures d’urgence destinées à faciliter les autorisations pour les énergies renouvelables et considère les collectivités locales et régionales comme des moteurs essentiels pour atteindre les objectifs du Pacte vert pour l’Europe. Il exprime néanmoins des réserves importantes sur plusieurs aspects du texte.

Réagissant à l’accord des ministres de l’Énergie de l’UE, Belinda Gottardi, porte-parole du CCRE sur le climat et l’énergie, a souligné la nécessité de laisser un temps suffisant pour que les processus aboutissent à des solutions équilibrées prenant en compte les intérêts légitimes locaux et nationaux.

« Il est indispensable d’impliquer pleinement les municipalités et les régions à chaque étape de la procédure d’autorisation pour les énergies renouvelables. Dans la majorité des États membres, ce sont les collectivités locales qui sont compétentes pour délivrer les permis relatifs à de nombreuses énergies renouvelables et aux connexions au réseau », a-t-elle rappelé.
« Elles doivent gérer les conflits d’usage du sol afin de garantir des solutions équilibrées et acceptées localement. »

Elle a conclu :

« Les municipalités et les régions possèdent une expérience précieuse et des compétences essentielles à la transition énergétique. Les contourner ou leur accorder un temps insuffisant pourrait avoir des effets contre-productifs et diminuer l’adhésion des citoyens. »

Mise en œuvre nationale à adapter

Le règlement devra désormais être interprété et appliqué dans les contextes nationaux respectifs, avec les ajustements nécessaires pour respecter les délais fixés. Des clarifications seront indispensables, notamment sur l’impact sur la planification spatiale, les évaluations environnementales, et les types d’installations concernés.

Contexte

Le 19 décembre, les États membres de l’UE ont adopté le contenu d’un règlement du Conseil établissant un cadre pour accélérer le déploiement des énergies renouvelables. Ce règlement fait partie d’un ensemble de mesures prises sur la base de l’article 122 du Traité sur le fonctionnement de l’UE (TFUE), en réponse au caractère d’urgence lié à la crise énergétique provoquée par la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine.

Ce règlement intéresse particulièrement le CCRE car, dans de nombreux pays européens, les gouvernements locaux et régionaux sont les autorités compétentes pour la planification spatiale et la délivrance des permis d’installation de panneaux solaires, pompes à chaleur, éoliennes, autres sources renouvelables, ainsi que pour les raccordements au réseau.

Les éléments clés du règlement incluent :

  • la notion d’intérêt public majeur pour la production d’énergie renouvelable et son raccordement ;
  • la réduction des délais d’autorisation à des périodes précises ;
  • l’application simplifiée des évaluations environnementales, conformément à certaines directives européennes.

Exemples concrets :

  • Les équipements solaires doivent recevoir une autorisation en moins de trois mois, ou être automatiquement acceptés après un mois de silence administratif positif pour des installations de moins de 50 kW (ou 10,8 kW selon le cas).
  • Les projets de repowering (modernisation d’installations existantes) devront être autorisés dans un délai maximum de six mois, ou trois mois si l’augmentation est inférieure à 15 %.
  • Les pompes à chaleur inférieures à 50 MW bénéficient d’un délai d’un mois pour l’autorisation, et trois mois pour les pompes géothermiques.

Liens vers les positions du CCRE :

Protéger l’eau propre

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Les gouvernements locaux et régionaux appellent la Commission européenne à préserver le dispositif de Responsabilité Élargie du Producteur (REP) dans la Directive sur le traitement des eaux urbaines résiduaires


Alors que le Parlement européen se réunit à Strasbourg pour un vote décisif sur la Stratégie européenne de résilience de l’eau, le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CEMR), avec 11 autres organisations européennes représentant les gouvernements locaux et régionaux, les services publics, des ONG environnementales, des syndicats et des professionnels de l’eau, a envoyé une lettre conjointe à la Présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Les signataires exhortent la Commission à défendre fermement le dispositif de Responsabilité Élargie du Producteur (REP) introduit par la Directive révisée sur le traitement des eaux urbaines résiduaires (DTEUR), entrée en vigueur le 1er janvier 2025.

La Directive actualisée fixe des objectifs ambitieux pour éliminer les micropolluants des eaux usées, atteindre la neutralité énergétique, améliorer la transparence et l’accès à l’assainissement, ainsi que promouvoir la réutilisation de l’eau et l’économie circulaire. Une pierre angulaire de ce paquet législatif est le dispositif REP, qui exige des producteurs de produits pharmaceutiques et cosmétiques — responsables de 92 % des micropolluants selon l’évaluation d’impact de la Commission européenne — qu’ils prennent en charge au moins 80 % des coûts du procédé avancé de « traitement quaternaire ».

Les gouvernements locaux et régionaux, aux côtés des opérateurs de traitement des eaux usées, travaillent déjà à la mise en œuvre de ces nouvelles mesures. Cependant, des inquiétudes ont émergé concernant des tentatives potentielles de révision ou d’affaiblissement du dispositif REP via de futurs paquets de simplification ou autres instruments non prévus par la Directive elle-même.

« Le dispositif REP reflète un compromis équilibré et juste qui garantit que les pollueurs contribuent aux coûts de dépollution, plutôt que de faire peser ce fardeau sur les usagers de l’eau et les budgets publics », a déclaré Fabrizio Rossi, Secrétaire Général du Conseil des Communes et Régions d’Europe (CEMR). « Cette disposition est un puissant moteur d’éco-innovation et de développement de produits plus durables. Elle ne doit pas forcément augmenter les coûts pour les consommateurs — en prévenant la pollution à la source, les entreprises peuvent réduire les dépenses de traitement et alléger le poids financier sur le public. »

Les signataires soulignent que le dispositif REP :

  • Est conforme au principe du pollueur-payeur inscrit dans le Traité de l’UE (article 191(2) TFUE)
  • Protège l’accès abordable à l’eau pour les ménages, conformément à l’ODD 6
  • Encourage l’éco-innovation et la conception durable des produits
  • Contribue à améliorer la qualité de l’eau traitée et soutient les solutions circulaires pour l’eau

L’impact économique sur l’industrie est attendu comme limité. Selon l’analyse de la Commission, le prix des produits concernés augmenterait au maximum de 0,59 %, ou les entreprises pourraient absorber ce coût en réduisant leurs marges bénéficiaires jusqu’à 0,7 %.

La lettre se conclut par un appel ferme à la Commission européenne pour qu’elle maintienne son engagement envers la Directive telle qu’adoptée et résiste à toute pression visant à modifier la portée ou l’ambition du dispositif REP. Cela est vital pour protéger les ressources en eau de l’Europe, la santé publique et la résilience à long terme des services locaux.

Signataires de la lettre conjointe :

  • Aqua Publica Europea (Bernard Van Nuffel, Président)
  • Conseil des Communes et Régions d’Europe – CEMR (Gunn Marit Helgesen, Présidente)
  • EurEau (Oliver Loebel, Secrétaire Général)
  • Eurocities (André Sobczak, Secrétaire Général)
  • European Anglers Alliance – EAA (Mark Owen, Président)
  • European Environmental Bureau – EEB (Patrick ten Brink, Secrétaire Général)
  • European Federation of Public Service Unions – EPSU (Jan Willem Goudriaan, Secrétaire Général)
  • European Water Association – EWA (Arthur Guischet, Secrétaire Général)
  • Health Care Without Harm – HCWH Europe (Erik Ruiz, Responsable de programme)
  • SGI Europe (Valeria Ronzitti, Secrétaire Générale)
  • Surfrider Foundation Europe (Eric Morbo, Directeur Général)
  • Water Europe (Durk Krol, Directeur Exécutif)

Vous pouvez lire la lettre complète ici

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Stratégie européenne pour la résilience de l’eau

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Les priorités du CCRE concernant la Stratégie pour la résilience de l’eau de la Commission européenne


La Commission européenne vient de publier sa Stratégie pour la résilience de l’eau, une étape essentielle et attendue pour protéger l’un de nos biens communs les plus précieux.

Au CCRE, nous saluons l’alignement de cette stratégie sur plusieurs de nos priorités de longue date :
✅ La reconnaissance de l’eau comme un bien public
✅ La prise en compte du rôle de la gouvernance à plusieurs niveaux, de la coopération transfrontalière et de l’implication des parties prenantes
✅ L’accent mis sur les solutions fondées sur la nature, notamment à travers le nouveau mécanisme « Sponge Facility »
✅ L’amélioration des outils d’accès aux données, de gestion de la sécheresse et de sensibilisation du public

Nous saluons également le renforcement du principe du pollueur-payeur, notamment en ce qui concerne les polluants persistants comme les PFAS. Cependant, nous sommes particulièrement préoccupés par la disposition relative à une étude actualisée sur les coûts et impacts potentiels du principe de responsabilité élargie des producteurs (REP) dans le cadre de la directive sur le traitement des eaux urbaines résiduaires.

Comme nous l’avons exprimé dans notre récent courrier conjoint à la présidente von der Leyen, cette décision risque de retarder le déploiement des technologies de traitement quaternaire, essentielles pour éliminer les micropolluants, et pourrait compromettre la mise en œuvre en temps voulu de la refonte de la directive.

Nous sommes convaincus que les gouvernements locaux et régionaux sont les mieux placés pour relever les défis liés à l’eau — mais pour cela, ils doivent disposer des outils, de la souplesse et des financements nécessaires.

La stratégie gagnerait à inclure :
🔹 Un engagement clair et ferme en faveur d’un financement dédié à la gestion de l’eau dans le prochain cadre financier pluriannuel (CFP)
🔹 Un meilleur accès aux fonds d’urgence de l’UE pour les communes et régions touchées par des événements extrêmes
🔹 Des garanties juridiques renforcées et un soutien technique accru pour les services publics de l’eau
🔹 Un soutien concret à la coopération entre zones urbaines et rurales pour une gestion intégrée de l’eau

Lire notre position complète

Ces enjeux seront au cœur du Sommet des dirigeants du CCRE à Oslo, les 23 et 24 juin, sur le thème :
« Des solutions locales pour une gestion équitable et durable des ressources ».

Assurons-nous que la résilience de l’eau en Europe commence là où elle est cruciale : dans nos villes et nos régions.

Renouvelables avec les communautés

Energy - News Section

Un consensus européen fixe des principes directeurs pour accélérer le déploiement des énergies renouvelables et des réseaux tout en garantissant équité, transparence, protection de la biodiversité et bénéfices locaux


L’Europe est à un tournant. Pour atteindre la neutralité climatique d’ici 2050, l’Union européenne doit développer massivement les énergies renouvelables et les réseaux électriques. Ce défi est aussi une opportunité : les renouvelables sont moins chères que les énergies fossiles, peuvent réduire les risques pour la biodiversité et apportent des bénéfices économiques locaux. Pourtant, les progrès restent trop lents, freinés par des procédures d’autorisation longues, un dialogue insuffisant avec les communautés et un manque de valeur perçue pour les citoyens.

Pour surmonter ces obstacles, les parties prenantes européennes se sont rassemblées autour d’un ensemble de principes de base pour un déploiement rapide et équitable des renouvelables et des réseaux. Ces principes soulignent que les projets doivent être construits avec les communautés, et non imposés. L’engagement précoce des maires et des citoyens, une communication transparente et des mécanismes de retour d’information sont essentiels pour bâtir la confiance.

Tout aussi important est de garantir que les communautés locales partagent la valeur des nouveaux projets. Cela implique la création d’emplois, la mise en place de mécanismes de partage des bénéfices (fonds, copropriété, etc.), et l’assurance que les revenus soient utilisés de manière transparente pour améliorer les services locaux, qu’il s’agisse de transports ou de logement. Les principes s’engagent également à un déploiement positif pour la nature, en appliquant des stratégies visant à éviter ou minimiser les dommages et, lorsque possible, à renforcer la biodiversité.

Enfin, le consensus met en avant la nécessité de renforcer les initiatives citoyennes et communautaires, en donnant aux citoyens et aux municipalités un accès équitable au marché de l’énergie et au réseau. En créant de l’espace pour une propriété locale, l’Europe peut garantir que la transition énergétique soit non seulement rapide, mais aussi juste.

Ensemble, ces principes forment un consensus européen : une feuille de route partagée pour accélérer la transition tout en protégeant les écosystèmes et en assurant aux citoyens des bénéfices concrets et tangibles.

Lire le document de position ici

Pour plus d’informations, contactez :

La mise en œuvre du Pacte vert

Energy Transition - News

Le Pacte vert à la croisée des chemins : enseignements des 100 premiers jours


En 2019, la Commission européenne annonçait un « moment historique » avec le lancement de l’initiative phare de la nouvelle présidente Von der Leyen : le Pacte vert. Cinq ans plus tard, après des ajustements et des revers, la trajectoire reste-t-elle inchangée ? Sous la pression croissante du déclin de la compétitivité industrielle européenne, des enjeux de sécurité énergétique et des défis géopolitiques sans précédent, le Pacte vert se trouve à un tournant critique. Officiellement, la transition reste une priorité pour la nouvelle Commission, mais sa mise en œuvre est marquée par des ajustements stratégiques et des compromis qui tendent à redéfinir son ambition initiale.

Pour les collectivités locales et régionales, les enjeux sont majeurs. Depuis le lancement du Pacte vert, elles sont en première ligne de la transition écologique, avec l’adoption d’une longue série de législations européennes encadrant la mise en place coûteuse de plans de mobilité durable, le déploiement des énergies renouvelables et la modernisation des infrastructures pour atteindre les objectifs climatiques. Pourtant, la tendance croissante à la nationalisation des politiques et des financements européens menace de les marginaliser et de concentrer les investissements dans des territoires déjà bien positionnés, alors même que l’action sur le terrain doit être renforcée.


Un modèle de gouvernance de plus en plus centralisé pour la transition écologique

Depuis l’entrée en fonction de la présidente Von der Leyen, l’UE a adopté une approche de plus en plus centralisée pour la mise en œuvre de ses politiques, faisant des gouvernements nationaux les principaux interlocuteurs. Les Plans nationaux énergie-climat, les Plans sociaux pour le climat, la Facilité pour la reprise et la résilience, ainsi que les Plans nationaux de restauration de la nature ont renforcé ce modèle. Officiellement justifié par des impératifs d’efficacité et de simplification, ce choix a en réalité creusé un fossé en matière de gouvernance : alors que les collectivités locales sont responsables de plus de 70 % des mesures d’atténuation du changement climatique, elles sont souvent exclues de l’élaboration des stratégies nationales qui les concernent directement.

Aujourd’hui, les collectivités locales sont largement écartées des processus de décision. Selon le rapport du CCRE « Perspectives locales de la transition verte pour un Pacte vert inclusif et compétitif », plus des deux tiers des collectivités interrogées déclarent ne pas avoir eu l’opportunité de participer aux consultations sur la transposition de la législation verte, et seulement 4 % des régions et municipalités estiment avoir été réellement prises en compte.

La prochaine révision du budget de l’UE (CFP) pourrait aggraver cette tendance. L’idée de regrouper tous les financements climatiques et de transition verte dans un seul plan national gagne du terrain. Sur le papier, cela semble plus simple. Mais cela risque d’affaiblir davantage le rôle des collectivités locales, en les réduisant à de simples exécutants de stratégies descendantes, plutôt que de les considérer comme des acteurs essentiels de la transition. (En savoir plus dans le document de position du CCRE sur le CFP ici.)

L’OCDE souligne l’importance d’une approche territoriale de l’action climatique, recommandant que les gouvernements nationaux facilitent l’élaboration d’objectifs climatiques infranationaux adaptés aux réalités locales et garantissent un financement adéquat pour leur mise en œuvre. Sans implication directe dans l’élaboration des stratégies nationales, les collectivités locales et régionales se retrouvent avec des ressources limitées et peu d’influence, malgré leur rôle clé dans la construction de stratégies d’investissement à long terme sur le terrain.


Une transition verte qui ne peut être déconnectée des territoires

Le rapport Draghi a souligné l’urgence pour l’Europe d’accélérer sa transition vers une économie neutre en carbone et de déployer des investissements massifs dans les technologies vertes pour renforcer la compétitivité européenne. Décarbonation de l’industrie, déploiement des énergies renouvelables, développement des infrastructures de transport durable : le succès de ces priorités politiques dépend fortement d’une approche territoriale. Où seront situées les nouvelles vallées de l’hydrogène ? Comment les zones rurales s’adapteront-elles aux nouveaux usages des sols et à la production d’énergie ? Quel rôle les villes moyennes joueront-elles dans la politique industrielle verte ? Comment renforcer les pôles de compétitivité pour structurer ces dynamiques locales et créer des synergies entre entreprises, centres de recherche et collectivités locales ? Autant de questions qui ne peuvent être résolues uniquement au niveau national. (Lire aussi notre réaction à la Boussole de la compétitivité.)

Ignorer cette dimension comporte des risques majeurs. Sans approche territorialisée, la mise en œuvre du Pacte vert pourrait conduire à une concentration des investissements et des emplois verts dans quelques régions déjà compétitives, laissant les autres en difficulté pour attirer des financements. La politique de cohésion, qui a historiquement été le principal outil de l’UE pour assurer un développement équilibré, devrait être au cœur de la mise en œuvre de la politique industrielle verte de la nouvelle Commission européenne.


Intégrer la gouvernance multiniveaux dans la transition verte

Alors que l’UE entre dans une nouvelle phase de son action climatique, elle doit résoudre une contradiction fondamentale : le Pacte vert ne pourra réussir que s’il est mis en œuvre localement, mais son modèle de gouvernance devient de plus en plus centralisé. Si la Commission européenne souhaite véritablement atteindre la neutralité climatique tout en préservant la cohésion sociale et territoriale, elle doit développer un cadre de gouvernance robuste et inclusif.

Dans cette optique, trois priorités doivent guider l’approche de l’UE :

1️⃣ Accorder aux collectivités locales et régionales un rôle formel dans l’élaboration des plans nationaux de mise en œuvre de la législation européenne. Ces plans ne doivent pas être de simples exercices technocratiques mais de véritables processus de co-construction.

2️⃣ Préserver et renforcer l’accès des collectivités locales et régionales aux financements européens. Les idées émergentes de la Commission pour le prochain budget — notamment un recentrage sur un plan national unique et un éventuel fonds européen unique pour la compétitivité — risquent d’écarter les acteurs locaux et de concentrer les ressources dans les régions déjà compétitives, privant les autres des moyens financiers nécessaires pour réussir leur transition. Garantir un accès direct aux financements pour les collectivités locales est essentiel pour éviter des disparités croissantes en matière d’investissements.

3️⃣ Reconnaître les collectivités locales et régionales comme des investisseurs majeurs. Elles représentent plus de la moitié des investissements publics dans les infrastructures liées au climat. Leur capacité d’investissement doit être renforcée, et non entravée.

Faire avancer le Pacte vert de manière collaborative et adaptée aux territoires permettra non seulement d’améliorer la compétitivité de l’UE, mais aussi de la positionner en leader dans la transition mondiale vers une économie plus durable. Face à un contexte géopolitique, économique et écologique en mutation rapide, un modèle de gouvernance plus inclusif, reconnaissant un rôle formel aux collectivités locales et régionales, est plus crucial que jamais.

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