Skip to main content

Messages clés des gouvernements locaux et infranationaux pour la COP31

Cop 31 - Turkiye 2026

Le CCRE se joint à 80 réseaux et appelle à la COP31 pour donner aux villes et aux régions les moyens d’être des acteurs clés de la mise en œuvre de la politique climatique mondiale

612 mots
3–4 minutes

Le CCRE figure parmi les plus de 80 réseaux de gouvernements locaux et infranationaux qui ont approuvé la position de la COP31 du groupe des gouvernements locaux et des autorités municipales (LGMA), la voix officiellement reconnue des gouvernements locaux, régionaux et infranationaux dans le cadre de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

Ensemble, ils représentent des dizaines de milliers de gouvernements à travers le monde et partagent le même message : l’Accord de Paris ne sera mis en œuvre qu’avec l’engagement de tous les niveaux de gouvernement. Ils appellent à ce que la COP31 permette aux villes, aux régions et aux États de devenir des acteurs clés de la mise en œuvre de la politique climatique mondiale.

La COP31 s’ouvre à Antalya (Turquie) le 9 novembre, sur fond de nouveaux rapports scientifiques indiquant que la planète devrait franchir la barre des 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels dans les prochaines années. Les conclusions de la COP détermineront l’ampleur de ce pic, sa durée et les acteurs qui parviendront à ramener le réchauffement climatique à 1,5 °C.

LGMA six appels

La position de la COP 31 énonce six revendications :

  1. Parvenir à un résultat de transition énergétique qui accélère la mise en œuvre à l’échelle infranationale pour revenir à la trajectoire de 1,5 °C ;
  2. Prioriser un objectif ambitieux de transition juste afin de garantir que les résultats nationaux soient ancrés dans les besoins et les réalités locales et apportent des avantages concrets aux travailleurs et aux communautés au niveau local ;
  3. Institutionnaliser des architectures de financement climatique à plusieurs niveaux qui atteignent le niveau infranational, par le biais de plateformes nationales, de banques publiques de développement et de la préparation de projets financés ;
  4. Continuer à défendre le rôle clé de la science indépendante dans le processus de la COP, notamment en ce qui concerne le prochain rapport spécial du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) sur le changement climatique et les villes ;
  5. Créer un espace formel unique permettant aux partis et aux gouvernements infranationaux de lever les obstacles à une action à plusieurs niveaux ;
  6. Accélérer la mise en œuvre de l’Objectif mondial en matière d’adaptation et des plans nationaux d’adaptation par une action locale intégrée.

Un guide à l’intention des négociateurs accompagne la position, proposant un texte de négociation sur dix sujets prioritaires.

Cette position de la LGMA sert de base à nos interventions et à notre plaidoyer en amont et pendant la COP31. Elle est intégrée à la stratégie de plaidoyer à long terme de la LGMA en vue des COP32 et COP33.

Les dirigeants locaux à la COP31

Une douzaine de responsables locaux représentant les membres du CCRE et les partenaires de PLATFORMA se rendent à la COP pour défendre la voix des gouvernements locaux et régionaux dans l’action climatique.

Ils participeront notamment à plusieurs événements de haut niveau organisés par CGLU et le Groupe de travail mondial des gouvernements locaux et régionaux, ainsi que par la LGMA.

Le 12 novembre, le CCRE et PLATFORMA organisent un événement parallèle sur le pavillon de CGLU intitulé « De la COP à 2030 et au-delà : les gouvernements locaux et régionaux construisent l’avenir de la gouvernance climatique ».

CCRE et PLATFORMA organisent également un événement en ligne Town Hall COP le 18 novembre (15h00-15h30 CET) sur le thème « Villes résilientes face à un climat changeant : des engagements de la COP à l’action locale ».

Regardez la vidéo de Gary Robinson, porte-parole du CCRE pour l’environnement, conseiller du Conseil des îles Shetland (COSLA).

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Cadre de résilience climatique de l’UE

Letter on Climate resilience

Une Europe résiliente face au changement climatique commence par des villes et des régions résilientes

1 375 mots
6–9 minutes

Le 27 octobre 2026, la Commission européenne a publié le cadre de l’UE pour la résilience climatique, comprenant une première loi européenne sur la résilience climatique et une communication, cette dernière présentant les mesures de soutien et les initiatives politiques associées. Ce paquet législatif vise à faire passer l’Europe d’une logique de réaction aux catastrophes climatiques à une logique d’anticipation et de gestion des risques.

Le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) salue le cadre proposé, notamment la trajectoire de référence scientifique commune du réchauffement climatique, les dispositions relatives à la participation des collectivités locales et régionales aux plans nationaux et les outils de sensibilisation aux risques climatiques. Toutefois, pour que cette ambition se traduise en actions, les villes et les régions ont besoin d’un rôle durable dans la prise de décision, de capacités renforcées et d’un financement prévisible.

EU Climate Resilience Framework thumbnail (play)

Une trajectoire de référence commune pour le réchauffement climatique

La loi proposée sur la résilience climatique établit une trajectoire de référence pour le réchauffement climatique : 1,5 °C d’ici 2030, 2 °C d’ici 2050 et 3 °C d’ici la fin du siècle, par rapport aux niveaux préindustriels. Elle fournit ainsi une base commune pour les évaluations des risques climatiques et la planification stratégique.

Ce document s’inscrit dans la lignée du document de politique du CEMR intitulé « S’adapter ensemble », qui préconise un scénario de référence commun pour aider les gouvernements à prendre des décisions cohérentes en matière d’infrastructures, d’aménagement du territoire et d’investissements. Une compréhension partagée des conditions futures peut renforcer la coopération au-delà des frontières administratives et contribuer à éviter des investissements qui exposent les communautés aux risques et catastrophes climatiques.

Il est toutefois indispensable de traduire ce référentiel commun en renseignements accessibles et adaptés au contexte territorial. Les risques climatiques varient considérablement d’un pays à l’autre et même au sein d’un même pays. Les évaluations nationales doivent s’appuyer sur les connaissances locales et régionales et fournir des informations suffisamment détaillées pour éclairer les décisions prises sur le terrain.

Les autorités locales et régionales en tant que partenaires stratégiques pour la planification, le suivi, mais aussi pour la mise en œuvre

Le CCRE considère comme une avancée positive l’obligation, prévue à l’article 7 du projet de loi, pour les États membres, d’offrir aux autorités infranationales des possibilités effectives et précoces de participer à l’élaboration des plans stratégiques nationaux et de prendre en compte leurs observations. Les villes, les agglomérations et les régions élaborent déjà des plans d’adaptation et possèdent une connaissance pratique des vulnérabilités locales, des infrastructures et des besoins de la population. Leur expérience, leurs plans existants et leurs rapports devraient éclairer les priorités nationales et les décisions d’investissement.

Le CCRE, de concert avec d’autres réseaux de villes et de régions, estime que cela ne suffit pas et a appelé, dans une récente lettre commune adressée à la Commission, à une coopération permanente et structurée couvrant la planification, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation.

La Commission prévoit de présenter un plan de mise en œuvre dans les six mois suivant l’adoption de la loi, identifiant les dispositifs de soutien à son application effective au niveau territorial. Le CCRE souhaite que ce plan fournisse des orientations sur un mécanisme de gouvernance structuré et à plusieurs niveaux afin de garantir une participation significative des collectivités locales et régionales à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques d’adaptation et de résilience.

Le projet de loi exige également des États membres qu’ils identifient les autorités publiques responsables de la gestion des grands risques climatiques. Une définition plus claire des responsabilités peut améliorer la coordination, notamment lorsque les risques sont transversaux et interterritoriaux. Toutefois, ces responsabilités doivent correspondre aux compétences existantes et s’accompagner de pouvoirs de décision, de personnel et de ressources adéquats.

« En tant qu’élu des Shetland, je constate combien il est important que l’action européenne tienne compte des risques et des besoins spécifiques de nos territoires. Par exemple, dans ma région d’origine, le littoral subit de plein fouet les effets du changement climatique, l’érosion accélérée et des conditions météorologiques extrêmes. Ces impacts locaux soulignent le rôle crucial des collectivités territoriales et régionales dans la mise en œuvre des politiques d’adaptation européennes et nationales en mesures concrètes et adaptées aux besoins des populations. » Gary Robinson, porte-parole du CCRE pour l’environnement et conseiller des îles Shetland

Le savoir doit être étayé par les capacités

Ce dispositif propose des outils utiles, notamment une visionneuse européenne du climat, un répertoire d’outils de résilience climatique et un explorateur de solutions. Il s’appuie également sur le soutien apporté par la mission de l’UE sur l’adaptation et les pôles nationaux d’adaptation. Ces initiatives peuvent aider les autorités à comprendre les risques, à tirer des enseignements d’exemples concrets et à identifier les mesures appropriées.

Cependant, l’accès à l’information ne remplace pas la capacité de mise en œuvre. Les collectivités locales et régionales ont également besoin de formation, d’assistance technique, d’un soutien à la préparation des projets et de possibilités d’échange de connaissances entre pairs. Ces services doivent être accessibles aux autorités de toutes tailles, y compris aux petites municipalités et aux zones rurales aux ressources administratives plus limitées.

Les solutions fondées sur la nature nécessitent un soutien à long terme

Le CCRE salue l’exigence proposée d’intégrer aux plans stratégiques européens et nationaux la promotion de solutions fondées sur la nature et l’adaptation écosystémique, et se félicite que les appels lancés dans une lettre conjointe aient été pris en compte dans l’approche proposée. La restauration des zones humides et des plaines inondables, la santé des sols, la plantation d’arbres en milieu urbain et d’autres infrastructures bleues et vertes permettent de lutter simultanément contre plusieurs risques, tout en favorisant la biodiversité et la qualité de vie.

Leur intégration doit désormais se traduire par une mise en œuvre concrète et un soutien financier adéquat. Les collectivités locales ont besoin d’un accompagnement tout au long du cycle de vie de ces mesures, de la planification et de la gestion du territoire à leur mise en œuvre et leur entretien. Les liens avec les plans nationaux de résilience hydrique et de restauration de la nature devraient permettre de déployer des mesures cohérentes à l’échelle territoriale appropriée.

Combler le déficit de financement

La Commission européenne estime les besoins d’investissement en matière d’adaptation à environ 70 milliards d’euros par an. Elle mentionne les programmes de financement de l’UE – 35 % du futur budget de l’UE devraient être consacrés au climat et à l’environnement –, les futurs plans de partenariat nationaux et régionaux et les financements de la BEI. Cependant, ces références ne garantissent pas un financement direct des priorités locales en matière d’adaptation. Le plan de mise en œuvre, qui sera bientôt publié, doit insister sur un financement dédié aux collectivités locales et régionales, mais, en l’état, la législation n’oblige pas explicitement les États membres à fournir aux collectivités locales et régionales un soutien financier et technique adéquat.

La planification doit également être alignée sur les décisions de financement. La prochaine période de programmation financière de l’UE débute en 2028, tandis que les plans stratégiques nationaux de résilience ne sont attendus qu’à la fin de 2030. Les priorités d’investissement pourraient donc être définies avant la finalisation de ces plans. Pour combler cet écart, les plans d’adaptation locaux, régionaux et nationaux existants doivent éclairer l’élaboration des futurs programmes de financement, notamment les plans de partenariat nationaux et régionaux.

Le cadre aborde également le déficit de protection en matière d’assurance climatique, un défi reconnu pour les collectivités locales et régionales. Le webinaire du CCRE consacré précisément au thème des « Coûts des risques climatiques et des catastrophes naturelles » a souligné que l’adaptation au changement climatique devient une nécessité de financement public, et non plus seulement un objectif environnemental, et qu’il est indispensable de soutenir les investissements locaux dans la résilience avant même que les catastrophes ne surviennent. Le CCRE salue la proposition d’Alliance européenne pour l’assurance climatique et suggère de placer les collectivités locales et régionales au cœur de cette future Alliance.

Le CCRE travaillera avec ses associations membres et les institutions européennes pour renforcer la proposition, en mettant l’accent sur un partenariat multiniveaux significatif, des responsabilités assorties de ressources adéquates et un soutien à la mise en œuvre accessible.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Document de position : Loi sur l’accélérateur industriel

Industrial Accelerator Act 2026

Le CCRE appelle à une loi d’accélération industrielle qui soutienne la croissance, l’emploi et la prospérité locale.

695 mots
3–4 minutes

La transformation industrielle de l’Europe se fera localement. Les villes, les communes et les régions sont à la fois investisseurs, autorités délivrant les permis et maîtres d’œuvre des marchés publics, et elles mettent directement en œuvre une part importante de la législation et des investissements européens sur le terrain.

Dans son document d’orientation intitulé « Localiser l’ambition industrielle de l’UE », le Conseil des communes et des régions d’Europe (CEMR) explique comment le règlement sur l’accélération industrielle (IAA), proposé par la Commission européenne en juillet 2026, peut favoriser la croissance, l’emploi et la prospérité locale. Pour réussir, l’IAA doit reconnaître les collectivités locales et régionales non seulement comme des autorités de mise en œuvre, mais aussi comme des partenaires stratégiques dans l’élaboration et la réalisation du développement industriel.

Des autorisations plus rapides, ancrées dans les réalités territoriales

Le CCRE soutient la simplification des procédures d’octroi de permis, car elle peut contribuer à accélérer les investissements industriels stratégiques. Pour ce faire, il est nécessaire d’améliorer la coordination, en s’appuyant sur les systèmes de gouvernance existants, en respectant la répartition des compétences et en préservant la sécurité juridique, les garanties environnementales et la participation du public. La réduction des délais procéduraux ne saurait à elle seule résoudre les problèmes actuels tels que la fragmentation des procédures, les capacités administratives limitées ou les contraintes environnementales.

Les points d’accès uniques peuvent améliorer la coordination s’ils s’appuient sur les systèmes existants et utilisent des outils numériques interopérables. Ils ne doivent pas transférer les pouvoirs de planification ou d’autorisation des collectivités locales et régionales sans leur accord. Les délais doivent être proportionnés et adaptables, et ne doivent pas se faire au détriment de l’évaluation environnementale et de la participation du public. Une coordination précoce entre les autorités locales et régionales compétentes et les porteurs de projets, ainsi qu’une planification à long terme des projets industriels stratégiques, sont essentielles pour identifier les points de blocage et les lever afin d’éviter les retards d’investissement.

Zones d’accélération industrielle : aucune désignation sans implication locale

Les collectivités locales et régionales sont les mieux placées pour évaluer les opportunités et les contraintes d’un territoire donné. Le CCRE estime qu’elles doivent être impliquées dès le départ et que leur accord est requis lorsque la désignation affecte leur territoire et leurs compétences juridiques, notamment en matière d’aménagement du territoire, d’utilisation des sols ou d’infrastructures. Les infrastructures et services nécessaires doivent bénéficier d’un financement adéquat et ne pas être transférés aux budgets locaux et régionaux.

Une approche « Made in Europe » ciblée et proportionnée

Le CCRE reconnaît l’objectif stratégique sous-jacent aux dispositions « Fabriqué en Europe ». Toutefois, l’application généralisée d’exigences d’origine obligatoires dans les marchés publics pourrait considérablement augmenter les coûts pour les autorités et, en définitive, pour les citoyens.

Le CCRE soutient une application ciblée dans les secteurs véritablement stratégiques, fondée sur des critères transparents, un examen régulier et des dérogations pratiques afin de garantir l’accessibilité financière et la continuité des services publics. Les pouvoirs adjudicateurs ne devraient pas avoir à vérifier des chaînes d’approvisionnement complexes. La responsabilité de démontrer la conformité doit incomber aux opérateurs économiques, appuyée par un système de certification à l’échelle de l’UE. Le CCRE propose également d’abaisser de 25 % à 10 % le seuil de différence de coût à partir duquel l’approvisionnement européen est considéré comme disproportionné, offrant ainsi aux entreprises publiques une plus grande flexibilité dans la gestion de leurs coûts opérationnels.

Cohérence et ressources pour la mise en œuvre

Les dispositions de la loi sur l’accès à l’information (LAI) relatives aux marchés publics devraient être explicitement alignées sur la future loi sur les marchés publics afin d’éviter tout chevauchement de règles. Les nouvelles responsabilités doivent également s’accompagner des moyens nécessaires à leur mise en œuvre. La Commission européenne estime que la LAI pourrait engendrer des coûts administratifs annuels supplémentaires de 8,92 millions d’euros à l’échelle de l’UE.

Le CCRE demande donc une évaluation de l’impact combiné des initiatives de rationalisation sur les autorités locales et régionales, ainsi qu’un soutien financier, technique et administratif adéquat, avec une attention particulière portée aux petites et moyennes municipalités.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Cadre ambitieux pour le climat et l’énergie après 2030

Climate and Energy framework - News

Le CCRE se joint à l’appel en faveur d’un cadre européen robuste et ambitieux pour le climat et l’énergie après 2030.

424 mots
2–3 minutes

Suite au Conseil Environnement du 12 octobre 2026 et avant le Conseil Énergie du 29 octobre 2026, le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) s’est joint à l’appel de la Coalition pour une ambition plus élevée, une alliance d’entreprises, de réseaux de gouvernements locaux et régionaux et d’organisations de la société civile, pour exhorter les ministres de l’UE à soutenir un cadre solide pour le climat et l’énergie après 2030.

Après un nouvel été marqué par des canicules record, la sécheresse et des incendies de forêt, les signataires soulignent que la poursuite du Pacte vert pour l’Europe est à la fois un impératif climatique et un investissement stratégique. Une transition fondée sur l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables et l’électrification basée sur les énergies renouvelables, affirment-ils, renforce la compétitivité et la sécurité énergétique de l’Europe, réduit et stabilise les factures d’énergie et protège la santé publique.

La lettre, adressée à la présidence irlandaise de l’UE et aux ministres des États membres, appelle à une réduction nette des émissions nationales d’au moins 90 % d’ici 2040, en limitant le recours aux crédits internationaux. Le CCRE et d’autres signataires avertissent que l’utilisation de 5 % de crédits internationaux ne permettrait de garantir que 85 % de la réduction des émissions nationales. Ils appellent également à un système d’échange de quotas d’émission (SEQE) crédible au niveau de l’UE, garantissant des réductions d’émissions réelles et prévisibles et un signal fort concernant le prix du carbone, les recettes devant être prioritairement allouées à l’efficacité énergétique, aux énergies renouvelables et à une transition juste.

La déclaration exhorte également les ministres à maintenir des objectifs climatiques nationaux, en accordant la priorité à la réduction des émissions brutes et en fixant des objectifs distincts pour la séquestration du carbone à partir de terres et dans l’industrie. Par ailleurs, les signataires considèrent comme essentiels des objectifs européens en matière d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique, appuyés par un règlement de gouvernance solide et une approche multiniveaux reliant les plans nationaux aux plans locaux et régionaux et aux besoins d’investissement. Enfin, la lettre demande un cadre financier pluriannuel (CFP) ambitieux pour la période 2028-2034 afin de combler le déficit d’investissement de l’Europe en matière de décarbonation et de résilience.

Pour les collectivités locales et régionales, chargées de la mise en œuvre concrète des politiques climatiques, des objectifs prévisibles et une véritable gouvernance à plusieurs niveaux sont indispensables. Le CCRE continuera de défendre ces priorités tout au long des négociations.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Politique de l’UE en matière de chauffage et de climatisation

Heating and Cooling EU Policy

Solutions de chauffage et de refroidissement durables au niveau local

891 mots
4–6 minutes

À l’heure où les saisons changent et où les impacts du changement climatique deviennent de plus en plus visibles, les gouvernements locaux et régionaux sont en première ligne pour construire des systèmes de chauffage et de refroidissement résilients et abordables.

Le dernier webinaire de la Convention des maires, qui s’est tenu le 23 septembre 2026 et a réuni sa communauté et les membres du CCRE, a donné un aperçu des dernières évolutions de la politique de l’UE en matière de chauffage et de refroidissement et a visé à explorer comment traduire ces dernières en pratique.

Les discussions ont mis en lumière les initiatives passées et à venir de la Commission, des exemples inspirants de territoires européens, les politiques nationales de transition énergétique, ainsi que les besoins et les réalités des collectivités locales et régionales. Le dialogue a largement dépassé le cadre des solutions techniques, étant donné l’impact du chauffage et du refroidissement sur l’environnement, la santé publique, l’inclusion sociale, la compétitivité économique, l’aménagement urbain et l’éducation.

La solution la plus appropriée

En ouvrant le webinaire, Andreas Wolter, conseiller municipal de Cologne (Allemagne) et porte-parole du CCRE pour le climat et l’énergie, a souligné la nécessité d’une approche intégrée de la planification énergétique. Il a plaidé pour la décarbonation du chauffage et du refroidissement afin de renforcer l’indépendance énergétique européenne, de stimuler la compétitivité à long terme et d’atteindre les objectifs climatiques.

Il a insisté sur la nécessité de collaborer avec les associations pour élaborer des solutions concrètes, ainsi que sur le rôle des collectivités locales dans l’identification de solutions renouvelables et à faibles émissions de carbone et dans la facilitation de l’accès des collectivités au financement. Il a également présenté des exemples d’initiatives réussies, comme les systèmes de récupération de chaleur et les pompes à chaleur utilisant l’eau de rivière. Andreas Wolter a souligné l’importance d’un financement stable et prévisible, ainsi que celle de processus de planification adaptés aux réalités territoriales.

Vers un chauffage et un refroidissement décarbonés et abordables

Heidelinde Adesam, de la DG ENER de la Commission européenne, a présenté les liens entre le cadre politique de l’UE en matière d’électrification et le chauffage et le refroidissement. Le chauffage et le refroidissement représentant 50 % de la consommation énergétique européenne, ce secteur demeure une préoccupation majeure.

Par ailleurs, elle a présenté le Plan d’action pour l’électrification de la Commission, qui intègre des mesures pour la transition énergétique dans le secteur du chauffage et du refroidissement. Ce plan met l’accent sur des initiatives d’avenir, propres et abordables, la récupération de la chaleur fatale, le chauffage et le refroidissement urbains, ainsi que le financement et la planification.

Pour l’avenir, la Commission européenne lancera de nouvelles initiatives en 2027, notamment une initiative européenne sur la chaleur résiduelle, un plan d’action pour le chauffage et le refroidissement et des orientations relatives aux plans locaux de chauffage et de refroidissement.

Perspectives nationales du Portugal, de la Slovénie et des Pays-Bas

Paulo Machado, de la ville de Guimarães au Portugal, a présenté le plan de la Capitale verte européenne 2026 pour la décarbonation du secteur du chauffage. Il a mis l’accent sur les bâtiments à zéro émission de carbone dont les systèmes de chauffage reposent sur des mesures passives combinées à des mesures actives entièrement électrifiées. Il a également évoqué différents projets pour démontrer que, malgré la présence de bâtiments classés, les projets de construction neuve et de rénovation peuvent intégrer des solutions de chauffage et de refroidissement durables.

Mateja Bitenc, de la ville de Maribor en Slovénie, a présenté le processus d’élaboration et de mise en œuvre d’une stratégie et d’un plan d’action contre la chaleur. Elle a illustré le rôle des municipalités à travers le plan d’action de Maribor pour le rafraîchissement de l’air, qui comprend la sensibilisation du public, des directives de protection, des actions d’éducation et de formation, la création d’espaces publics frais et le développement d’infrastructures vertes. Parmi les enseignements tirés, elle a souligné l’importance de l’implication de la communauté, du choix des essences d’arbres et de la création d’un groupe de travail municipal.

Cilou Bertin, représentante de VNG, l’Association des municipalités néerlandaises et membre du CCRE, a présenté les initiatives néerlandaises en matière de planification décentralisée du chauffage et du refroidissement. Elle a réaffirmé le rôle crucial des municipalités pour une mise en œuvre réussie. Elle a évoqué la nécessité d’une nouvelle législation décentralisée, qui présente à la fois des avantages (approche globale, réalisation d’objectifs sociaux, implication des citoyens et des entreprises) et des défis (conditions financières, adaptation organisationnelle des municipalités, transition du secteur privé au secteur public, congestion du réseau).

Alors que les discussions portaient sur l’avenir de la politique européenne de chauffage et de refroidissement, les participants ont été invités à partager leurs besoins et leurs attentes concernant une politique européenne idéale en matière de chauffage et de refroidissement qui fonctionne dans la pratique.

* Les idées des participants sur ce qu’il faudrait pour que la politique idéale de l’UE en matière de chauffage et de refroidissement fonctionne en pratique.

L’enregistrement du webinaire est disponible ici. Le CCRE continuera d’approfondir cette discussion et de contribuer aux débats politiques à venir, notamment dans le cadre post-2030, en mettant l’accent sur le soutien à des solutions de chauffage et de refroidissement efficaces et durables au niveau local.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Journée verte du CCRE 2026

CEMR Green Day event 2026 participants

La Journée verte annuelle du CCRE explore comment les villes et les régions contribuent à bâtir une Europe résiliente et compétitive

863 mots
4–5 minutes

Le CCRE a organisé cette année sa Journée verte, un débat à Bruxelles sur l’équilibre entre ambition climatique et compétitivité verte, et ses implications pour les collectivités locales et régionales. Cet événement, qui s’est tenu le 15 octobre, a réuni des décideurs politiques, des spécialistes du climat et des analystes afin d’examiner ce que signifie pour les villes et les régions le passage, au-delà de l’ambition climatique, de l’UE à la compétitivité verte. Ensemble, ils ont exploré comment la résilience, l’adaptation, l’efficacité des ressources, la décarbonation et la mobilité propre peuvent s’intégrer à la compétitivité territoriale.

Le panel : Comment concilier ambition et résilience du programme climatique de l’UE

Les négociations sur des dossiers tels que la loi sur l’accélération industrielle, lancée dans le cadre du Pacte pour une industrie propre, montrent comment les ambitions du Pacte vert pour l’Europe sont de plus en plus axées sur la compétitivité, les capacités industrielles et la sécurité économique. Pour les collectivités locales et régionales, cette évolution soulève des questions quant aux opportunités et aux risques, ainsi que sur les conditions nécessaires à la concrétisation de leurs ambitions.

Le secrétaire général du CCRE, Fabrizio Rossi, a ouvert la session en réaffirmant le message central du CCRE : « Les territoires ne seront attractifs que si nous travaillons sur leur résilience. Il n’y a pas d’Europe compétitive sans territoires forts, résilients et autonomes.» Federica Bordelot, directrice des politiques et de l’impact du CCRE, a animé le débat et a réitéré que « la transition verte et la compétitivité doivent aller de pair, et que la transition verte peut même contribuer aux objectifs de compétitivité. »

Le panel réunissait Arnas Liauksminas, de la Représentation permanente de la Lituanie, représentant la prochaine présidence du Conseil ; Gary Robinson, porte-parole du CCRE pour l’environnement et conseiller des îles Shetland ; Aurélie Beauvais, directrice générale d’EuroHeat & Power ; Michael Forte, conseiller politique principal chez E3G ; et Kirstine Bille, membre du Comité des régions et du Conseil municipal de Syddjurs.

CEMR Green Day event 2026 speakers
CEMR Green Day event 2026 speakers

Interrogée sur les projets de la présidence lituanienne, Liauksminas a souligné que son gouvernement travaillerait sur le CFP, la résilience, l’eau, l’économie circulaire et la révision du SEQE. Il a également ajouté que les municipalités sont directement confrontées à ces problématiques sur le terrain, mais que leurs voix ne sont pas toujours entendues lors des débats à Bruxelles. « Nous sommes donc heureux de coopérer avec vous en amont de la présidence », a-t-il conclu.

Gary Robinson, porte-parole du CCRE pour l’environnement et conseiller des îles Shetland, a évoqué les problèmes de connectivité dans les îles Shetland et a déclaré que « les politiques territoriales s’appuient sur les atouts des différents territoires : les nouvelles technologies dans les régions industrielles, les énergies renouvelables dans les zones rurales ou sur les îles ».

Aurélie Beauvais, d’EuroHeat & Power, a présenté les arguments en faveur du chauffage et du refroidissement urbains. Selon elle, « pour que ce système soit viable pour les collectivités et pour l’Europe, il est indispensable de relever les deux grands défis de la transition : la flexibilité et la sécurité d’approvisionnement, ainsi que l’accessibilité financière ». « Les réseaux de chauffage et de refroidissement urbains constituent une réponse très efficace à ces défis », a-t-elle affirmé.

Kirstine Bille, membre du Comité des régions et conseillère municipale de la commune de Syddjurs, a réaffirmé la nécessité d’aborder la transition écologique, souvent négligée au profit de la compétitivité. « Nous sommes confrontés à un problème de sécurité énergétique. Il nous faut investir dans les énergies renouvelables locales, améliorer l’efficacité énergétique, œuvrer à la transition vers une économie circulaire et garantir un réseau de chauffage urbain performant », a-t-elle ajouté.

Enfin, Michael Forte, conseiller principal en politiques publiques chez E3G, s’est appuyé sur une étude récente de ce groupe de réflexion démontrant que les collectivités locales et régionales, bien qu’assurant la mise en œuvre du programme climatique et des pratiques de résilience de l’UE, disposent d’un faible pouvoir de décision. Il a souligné trois conditions qui doivent être remplies collectivement par les institutions européennes : « Nous avons besoin de responsabilités clairement définies, de capacités institutionnelles et techniques renforcées, et d’une coordination beaucoup plus structurée et formalisée au sein des territoires et entre les différents niveaux de gouvernement », a-t-il déclaré.

CEMR Green Day event 2026
CEMR Green Day event 2026

Pleins feux sur les territoires : la compétitivité dans la pratique locale

Dans la deuxième partie de l’événement, les participants ont montré comment les actions locales et régionales permettent déjà de lier la politique verte à des avantages économiques et sociaux.

Arnhem en est un exemple particulièrement intéressant. Cette ville néerlandaise a construit 17 ponts circulaires en réutilisant des matériaux provenant d’autres ponts, d’une piscine et d’anciens murs de palplanches. L’économie circulaire est un objectif prioritaire de sa stratégie d’approvisionnement, soutenue par son propre dépôt de matières premières. Arnhem passe d’une approche où le choix des matériaux est basé sur la conception à une approche où la conception est basée sur les matériaux disponibles. La ville vise 25 % de bâtiments circulaires en 2025 et 50 % d’ici 2030, tout en réduisant de 55 % ses émissions de CO₂ par rapport à 1990 et en diminuant de 50 % sa consommation de matières premières vierges.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Résilience climatique et énergétique : les maires rencontrent les dirigeants de l’UE

Covenant of Mayors 2026

Des maires rencontrent des dirigeants européens à Bruxelles pour promouvoir l’accès à l’énergie abordable et la résilience climatique

1 292 mots
5–8 minutes

Dans un contexte de hausse des coûts de l’énergie et de risques climatiques croissants, des centaines de maires se sont réunis à Bruxelles pour la cérémonie annuelle de la Convention des maires de l’UE. En tant que membre du consortium chargé de la mise en œuvre de cette Convention, le CCRE a contribué à rassembler les dirigeants européens et les élus locaux afin de discuter des moyens de rendre l’énergie plus abordable, de renforcer la résilience et de préserver la qualité de vie des citoyens européens.

Les collectivités locales sont en première ligne face aux crises successives d’aujourd’hui. Signataires de la Convention des maires de l’UE, elles œuvrent depuis plus de dix ans, par le biais de leurs plans climat et énergie, à la transformation de leurs systèmes énergétiques et de leurs territoires, afin de les rendre plus propres, plus sûrs et mieux préparés aux défis à venir.

Leur expérience en fait des partenaires essentiels pour la réalisation des priorités de l’UE, de la sécurité énergétique à l’accès à un logement abordable en passant par la résilience climatique. La cérémonie a permis d’aborder concrètement la manière dont les politiques et les investissements européens peuvent aider les villes à concrétiser leurs ambitions.

« Nous sommes tous concernés. Je suis à vos côtés et je travaillerai avec vous. Nous avons un devoir essentiel : construire un avenir résilient, sobre en carbone et équitable, et vos villes sont le point de départ de cette démarche. » – Teresa Ribera, vice-présidente exécutive de la Commission européenne pour une transition propre, juste et compétitive

Covenant of Mayors 2026 - Teresa Ribera
Covenant of Mayors 2026 – Teresa Ribera

Face aux défis énergétiques et climatiques actuels, garantir un quotidien sûr et abordable est devenu une priorité partagée par l’UE et ses villes. En œuvrant de concert pour faire progresser la transition énergétique et climatique, elles contribuent à assurer à tous une qualité de vie décente et accessible à tous.

C’est là le cœur de la nouvelle action de la Convention des maires de l’UE, « Des lieux faits pour les gens », lancée lors de la cérémonie d’aujourd’hui : soutenir les collectivités locales dans la création de lieux où les gens peuvent vivre et s’épanouir aujourd’hui et pour les générations à venir.

L’énergie locale produite sur place signifie plus de sécurité et d’accessibilité

Réduire l’exposition de l’Europe aux marchés internationaux volatils de l’énergie implique de réduire sa dépendance aux énergies fossiles importées. Cela nécessite une transition plus rapide vers les énergies renouvelables produites localement et l’électrification. Le plan d’action de l’UE pour l’électrification définit l’ambition du bloc de faire de l’Europe le premier continent entièrement électrifié au monde.

« L’Europe a plus que jamais besoin de ses villes, de ses communes et de ses régions. Pour atteindre la neutralité climatique. Pour renforcer notre sécurité, notre compétitivité et notre indépendance énergétique. Et pour garantir une transition juste, abordable et démocratique. Dans tous ces domaines, nous ne pourrons réussir que par des actions locales qui produisent des résultats concrets. » – Dan Jørgensen, commissaire européen à l’énergie et au logement

Covenant of Mayors 2026 - Dan Jørgensen
Covenant of Mayors 2026 – Dan Jørgensen

Les villes ont un rôle central à jouer pour que cela se réalise sur le terrain, en développant la production d’énergie renouvelable, en mettant en place des réseaux de chauffage urbain propres et en soutenant des solutions de flexibilité telles que les batteries, le stockage et les compteurs intelligents.

Des systèmes énergétiques décentralisés qui permettent à des villes ukrainiennes comme Lviv de maintenir leurs services essentiels pendant les attaques, aux initiatives énergétiques communautaires à Gabrovo, en Bulgarie, l’action locale peut rendre l’énergie à la fois plus sûre et plus abordable. En diversifiant leur production d’énergie et en impliquant les citoyens, les municipalités peuvent réduire leur vulnérabilité aux coupures de courant et rapprocher les avantages de l’énergie propre des populations.

Les maires ont échangé leurs points de vue avec la Commission européenne sur les investissements considérables nécessaires à la transformation des systèmes énergétiques locaux. À Louvain, les projets d’énergies renouvelables sont mutualisés afin d’assurer leur viabilité financière. Pour le déploiement de nouveaux réseaux de chauffage et de refroidissement urbains, dont la rentabilité est souvent moins évidente, les pouvoirs publics doivent accroître leurs investissements afin d’accélérer leur développement, à l’instar des infrastructures scolaires et routières. De nombreux maires pilotent ces investissements et sollicitent un soutien continu de l’Union européenne.

Covenant of Mayors 2026 event

Protéger les populations des risques climatiques commence au niveau local

Maintenir des prix de l’énergie stables et abordables n’est pas la seule préoccupation des Européens. Les vagues de chaleur et les incendies de forêt de cet été ont cruellement mis en évidence l’urgence accrue de protéger les populations des conséquences du changement climatique. De nombreuses villes, particulièrement vulnérables aux fortes chaleurs, prennent déjà des mesures pour rafraîchir leur environnement urbain, qu’il s’agisse d’adapter les espaces publics et les bâtiments ou de proposer des protections spécifiques aux résidents les plus vulnérables.

À Matosinhos, 5 millions d’euros de fonds européens sont investis dans la collecte de données afin de mieux anticiper les risques futurs, en impliquant les acteurs des écoles, des clubs sportifs et des initiatives locales. Le déploiement à plus grande échelle de ces efforts nécessite des outils adaptés et un financement européen suffisant. La Convention des maires joue un rôle essentiel dans le partage des connaissances et sert de plateforme d’harmonisation entre les acteurs européens et locaux.


Alors que l’UE élabore son cadre pour la résilience climatique, la coopération avec les collectivités locales sera essentielle. Les maires connaissent les risques spécifiques auxquels leurs administrés sont confrontés et sont responsables de nombreux services et infrastructures nécessaires pour y faire face. Cependant, la planification seule ne suffit pas. Les collectivités locales ont besoin de ressources et d’une visibilité à long terme pour investir dans l’adaptation et préparer leurs villes aux futurs impacts du changement climatique.

« L’année écoulée a démontré que chaque région est vulnérable, que partout nous pouvons être confrontés à des phénomènes météorologiques atypiques, à des sécheresses et à des incendies de forêt… Il est essentiel que nous relevions ces défis non pas isolément, mais en travaillant ensemble à l’échelle du continent et au-delà des clivages politiques. » – Wopke Hoekstra, commissaire européen au climat, à la neutralité carbone et à la croissance propre

Covenant of Mayors 2026 - Wopke Hoekstra
Covenant of Mayors 2026 – Wopke Hoekstra

Les ambitions de l’Europe ont besoin d’investissements locaux

La cérémonie de signature du Pacte européen a mis en lumière un point essentiel : les villes s’emploient déjà à promouvoir l’accès à une énergie abordable et la résilience, protégeant ainsi les populations des crises énergétiques et climatiques. Maintenir cette dynamique exige un engagement politique et des investissements constants.

« Notre budget, c’est notre avenir. Il doit refléter nos ambitions politiques, notamment nos objectifs climatiques. Nous avons besoin d’un financement continu pour l’action climatique. Il est essentiel de garantir ce financement au niveau européen et, tout aussi important, de veiller à ce qu’il parvienne aux collectivités locales, là où il peut avoir un impact concret. » – Emil Boc, maire de Cluj-Napoca (Roumanie) et membre du Conseil de la Convention des maires de l’UE

Covenant of Mayors 2026 - Emil Boc
Covenant of Mayors 2026 – Emil Boc

Alors que l’UE élabore ses futurs cadres de financement et de gouvernance, la question est de savoir comment garantir aux villes les moyens d’atteindre les objectifs européens communs. Un financement stable, des politiques favorisant l’investissement local et une coopération efficace entre les autorités européennes, nationales et locales sont indispensables pour progresser au rythme qu’exigent les crises actuelles.

« Le nouvel agenda de l’UE pour les villes offre un cadre pour un développement urbain durable, aidant les villes à façonner les politiques de l’UE et rendant le soutien de l’UE plus accessible quelle que soit la taille de la ville. » – Raffaele Fitto, vice-président exécutif de la Commission européenne chargé de la cohésion et des réformes.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Dimension territoriale dans la future politique de cohésion

Future of Cohesion event 2026

Le CCRE et l’Association allemande pour le logement, l’urbanisme et l’aménagement du territoire (DV) ont organisé un débat sur le rôle de la dimension territoriale dans la future politique de cohésion

1 113 mots
5–7 minutes

Le 12 octobre, lors de la Semaine européenne des régions et des villes 2026, le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) et l’Association allemande pour le logement, l’aménagement urbain et spatial (DV), avec le soutien du ministère fédéral allemand du Logement, du Développement urbain et de la Construction (BMWSB), ont réuni des décideurs politiques, des praticiens et des représentants élus pour discuter de la manière de renforcer la dimension territoriale de la prochaine politique de cohésion de l’UE.

Future of Cohesion event - Speakers
Speakers of the event (from left to right): Claragh Mulhern, Tilman Buchholz, Raquel Garcia Hermida-van der Walle, Christoph Schnaudigel, Renata Calak, Arjen Gerritsen, Matija Kovač

Alors que les négociations sur le cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034 se poursuivent, les États membres avancent déjà dans l’élaboration de leurs plans de partenariat nationaux et régionaux (PPNR). Dans ce contexte, et en l’absence de financement spécifique prévu par la Commission européenne pour promouvoir le recours aux approches territoriales intégrées telles que les investissements territoriaux intégrés (ITI), le développement local mené par les communautés (CLLD/LEADER) et autres outils similaires, le CCRE et DV ont concentré le débat sur cette question.

« La dimension territoriale et ses instruments locaux peuvent s’appuyer sur les atouts régionaux grâce à la coopération intercommunale tout au long du continuum rural-urbain. Ils peuvent rendre les bénéfices des investissements européens visibles au quotidien, favoriser l’innovation et la résilience économiques et rapprocher l’Europe de ses citoyens. » Dr René Peter Hohmann, directeur exécutif du bureau européen de DV.

Une gouvernance multiniveaux « opérationnelle » et non « symbolique » est nécessaire

En ouvrant l’événement, Christoph Schnaudigel, président du CCRE et du comté de Karlsruhe, a déclaré que la dimension territoriale n’était pas un simple ajout technique à la politique de cohésion, mais bien une condition essentielle à sa réussite. Il a averti qu’une politique simplifiée sur le papier pourrait s’avérer moins efficace dans la pratique si elle ignorait la manière dont la transition climatique, les évolutions démographiques, le logement abordable et l’accès aux services se manifestent différemment selon qu’il s’agisse d’une capitale, d’une petite commune, d’une île ou d’une zone montagneuse.

Il a également souligné que le partenariat et la gouvernance à plusieurs niveaux « doivent être opérationnels et non symboliques », et que les gouvernements locaux et régionaux doivent être de véritables partenaires dans la préparation, la mise en œuvre et le suivi des NRPP plutôt que de simples prestataires de services.

Le cas de Celje (Slovénie) : un exemple de la manière d’intégrer la dimension territoriale

Suite à ces propos, Matija Kovač, maire de Celje (Slovénie), a illustré la mise en œuvre de la dimension territoriale dans sa ville. « L’ITI (Investissement Territorial Intégré) à Celje est un bon exemple de gouvernance multiniveaux, gérée par et pour les villes. De plus, forte de l’expérience acquise lors de deux périodes de programmation depuis 2014, elle a permis d’instaurer un climat de confiance entre les instances nationales, les ministères et les municipalités », a-t-il déclaré lors de l’événement.

« Je pense que c’est aussi une nouvelle façon de mettre à profit nos connaissances et notre organisation pour aider les États-nations à aller de l’avant avec la décision territoriale. »


Prévisibilité, flexibilité, mécanismes formels pour les NRPP… différents points de vue dans un débat de haut niveau

La discussion de haut niveau, « Quo Vadis Cohesion Policy ? », a réuni des décideurs politiques aux niveaux européen, national et régional, ainsi que des députés européens et des élus locaux.

Selon Arjen Gerritsen, commissaire du roi pour le Flevoland et porte-parole du CCRE pour le budget de l’UE, la future architecture de financement doit garantir la stabilité, le respect de la diversité territoriale et le soutien aux investissements intégrés. Il a insisté sur le fait que les fonds de cohésion doivent rester identifiables et prévisibles au sein des PNRPP.

« Nous avons besoin de ressources régionales prévisibles, d’une couverture régionale obligatoire (ou de chapitres), d’outils territoriaux renforcés et de conditions favorables. Ensemble, ces éléments peuvent contribuer à garantir que la politique de cohésion continue de soutenir la cohésion économique, sociale et territoriale dans toutes les régions européennes », a-t-il ajouté.

Renata Calak, directrice du département de la stratégie au ministère des Finances et de la Politique régionale en Pologne, a présenté la première perspective nationale et a souligné que « le nouveau cadre offre [à la Pologne] à la fois des défis et des opportunités. Les ITI ne sont pas prévus dans le nouveau cadre, mais [la Pologne] créera [son] propre instrument national pour poursuivre le travail accompli sur les approches territoriales. »

Future of Cohesion event - Speakers roundtable
Roundtable discussion, speakers (from left to right): Raquel Garcia Hermida-van der Walle, Arjen Gerritsen, Renata Calak, Claragh Mulhern, Anna Wagner

S’inspirant de l’exemple polonais, Claragh Mulhern, conseillère principale au sein du Département national de planification stratégique du logement en Irlande, a présenté la position irlandaise.

« En Irlande, nous avons mis en œuvre une stratégie spatiale fondée sur une approche territoriale équilibrée. Nous envisageons l’ensemble des enjeux dans le cadre d’une stratégie cohérente et transversale, offrant ainsi à l’échelle nationale la possibilité d’étudier les interventions possibles sur l’ensemble du territoire. »

La discussion s’est ensuite transformée en un bref débat entre la commissaire Anna Wagner, chef d’unité chargée de la politique régionale et urbaine, et la députée européenne Raquel Garcia Hermida-van der Walle.

Alors que Wagner a souligné que « la dimension territoriale est ancrée dans le cadre futur grâce au processus du Semestre européen et que, pour la première fois, une analyse territoriale systématique et détaillée est menée afin d’orienter les plans de partenariat nationaux et régionaux », Garcia Hermida-van der Walle a réaffirmé que « le principe de partenariat, la gouvernance multiniveaux et la nécessité pour les collectivités locales et régionales d’une gestion partagée doivent figurer dans le texte de loi, [car ce n’est tout simplement pas le cas actuellement] ». « Il faut que ce soit un texte qui, si les États membres ne le respectent pas, oblige la Commission à intervenir », a-t-elle ajouté.

Future of Cohesion event - Last speaker
Future of Cohesion event, speaker: Tilman Buchholz

L’événement s’est conclu par l’intervention de Tilman Buchholz du BMWSB, qui a évoqué une ambition commune : celle de construire une coalition européenne pour des approches territoriales équilibrées et intégrées reliant les villes à leurs zones environnantes et complétant le développement urbain et rural, alors que les négociations sur le CFP et le NRPP progressent.

Le CCRE continuera de travailler avec les institutions européennes, les États membres et ses partenaires pour veiller à ce que la future politique d’investissement de l’Europe repose sur la connaissance, la légitimité et les capacités de ses territoires.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Webinaire : Les coûts des catastrophes climatiques et naturelles

Climate disasters - News 2026

Le CCRE organise une discussion sur l’évolution du paysage des assurances et ses implications pour les finances publiques locales

852 mots
4–5 minutes

Face à l’intégration structurelle des catastrophes climatiques dans notre réalité, leurs conséquences financières exercent une pression croissante sur les budgets locaux et régionaux. En réunissant des représentants des collectivités locales d’Europe et du Canada, des institutions européennes et du secteur des assurances, le CCRE a organisé un webinaire le 6 octobre sur l’évolution du paysage des assurances et ses implications pour les finances publiques locales.

La diversité des points de vue reflétait le fait que les risques climatiques ne connaissent pas de frontières administratives, et que la recherche de solutions ne devrait pas non plus en être limitée. En ouvrant le webinaire, Federica Bordelot, directrice des politiques du CCRE, a souligné que les collectivités locales et régionales sont confrontées à la hausse des primes d’assurance, au durcissement des conditions de couverture et, dans certains cas, à des difficultés pour assurer certains biens ou activités. L’assurance climatique gagnant rapidement en importance dans les priorités politiques européennes, Mme Bordelot a insisté sur la nécessité d’associer pleinement les collectivités locales et régionales aux discussions.

« Les risques climatiques se matérialisent localement, les infrastructures publiques sont gérées localement et la résilience, au final, se construit localement. Il ne peut y avoir de solution unique. » – Federica Bordelot

CEMR webinar 2026
CEMR webinar 2026

Ronan Dantec, sénateur de Loire-Atlantique et porte-parole du CCRE pour le climat, a souligné l’importance de la solidarité et du partage des risques face à l’aggravation des risques climatiques. Il a rappelé que « l’assurance repose fondamentalement sur la mutualisation des risques » et a appelé à la mobilisation de ressources financières en amont pour soutenir l’adaptation et le renforcement de la résilience des territoires. Il a également insisté sur la nécessité de mécanismes de financement à long terme pour les collectivités territoriales.

« Nous en sommes probablement à un niveau d’effort financier [à l’échelle des besoins d’adaptation] qui correspond à celui de l’après-Seconde Guerre mondiale. » – Ronan Dantec

Comprendre le déficit de protection d’assurance

En ouverture de la table ronde, Pantelis Marinakis, de l’Agence européenne pour l’environnement, a exposé le déficit croissant de protection en matière d’assurance climatique. Il a souligné que les risques climatiques sont systémiques et peuvent se répercuter en cascade sur les ménages, les entreprises, les banques, les assureurs et les finances publiques. Il a également présenté l’assurance comme un élément d’une approche plus globale de la résilience et a identifié les priorités essentielles pour combler ce déficit, notamment l’amélioration de la sensibilisation aux risques et de la transparence, le maintien d’une assurance abordable, le renforcement des capacités de prise en charge des risques et le développement des partenariats public-privé.

« Le moyen le plus durable de maintenir l’assurance disponible et abordable est de réduire les pertes futures grâce à des mesures d’adaptation. » – Pantelis Marinakis

Marien Ferdinandusse, de la Division des finances publiques de la Banque centrale européenne, a souligné les conséquences d’un déficit croissant de protection en matière d’assurance climatique sur les finances publiques. En l’absence d’assurance, les États peuvent devenir les principaux responsables des risques, tandis que l’assurance aide les ménages et les entreprises à se reconstruire après des événements climatiques extrêmes. Face à l’augmentation des risques climatiques, il a insisté sur la nécessité de passer d’une approche réactive à une approche proactive, en misant sur l’adaptation, la préparation budgétaire et des mesures visant à réduire le déficit de protection en matière d’assurance.

Perspectives locales et du secteur des assurances

Louise Wallace-Richmond, conseillère municipale de la ville de Salmon Arm, en Colombie-Britannique (Canada), a apporté une perspective internationale à la discussion. S’appuyant sur l’expérience de sa municipalité, elle a souligné les répercussions des catastrophes sur les infrastructures, les budgets et les communautés locales. Elle a insisté sur la nécessité de clarifier les responsabilités entre les différents paliers de gouvernement, de maintenir un accès abordable à l’assurance et de protéger les infrastructures essentielles.

Sibylle Steimen, d’Allianz, a présenté le point de vue du secteur de l’assurance, insistant sur l’importance de préserver un marché de l’assurance aussi large que possible. Elle a souligné la nécessité de mieux informer les clients sur leur exposition aux risques et a identifié la prévention et l’adaptation comme des éléments essentiels pour garantir l’accès à une assurance abordable. Mme Steimen a également souligné que les mesures d’adaptation locales peuvent avoir un impact positif sur les primes d’assurance.

Alors que les discussions portaient sur les solutions possibles au déficit de protection en matière d’assurance climatique, les participants ont échangé sur le rôle de l’adaptation, l’impact des mesures locales sur les primes d’assurance et la nécessité d’une coopération entre les autorités publiques et le secteur des assurances.

L’enregistrement du webinaire est disponible ici. Le CCRE poursuivra ses échanges avec ses membres, son dialogue avec la Commission européenne et son soutien au partage de connaissances sur ce sujet, d’autant plus que la Commission européenne s’apprête à publier un cadre intégré pour la résilience climatique et la gestion des risques en Europe : l’« Alliance pour l’assurance climatique ». Ce webinaire contribue aux travaux futurs et au positionnement du CCRE sur ces initiatives majeures.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Les scénarios pour l’après-2030

Au-delà de 2030 : comment les territoires peuvent-ils contribuer à façonner l’avenir du développement durable ?

1 568 mots
7–10 minutes

Le 5 octobre, le CCRE et PLATFORMA ont réuni près de 100 participants issus de plus de 50 pays à l’occasion d’un webinaire public consacré à l’avenir du cadre mondial du développement durable au-delà de 2030. La discussion a rassemblé des intervenants issus de la recherche, de la société civile, d’organisations de femmes et des collectivités territoriales afin de répondre à une question : comment les territoires peuvent-ils véritablement être au cœur du cadre post-2030 ?

Onze ans après l’adoption des Objectifs de développement durable (ODD), de nombreuses cibles sont encore loin d’être atteintes. Ce webinaire, qui faisait suite au débat des porte-parole du CCRE organisé en juin, a examiné les enseignements tirés de la mise en œuvre des ODD ainsi que les nouveaux défis – des risques climatiques aux bouleversements technologiques en passant par les tensions géopolitiques – qui façonneront le prochain agenda.

En ouvrant la réunion, Fabrizio Rossi, secrétaire général du CCRE, a souligné que les ODD restaient le cadre politique commun le plus important au monde, mais que leur mise en œuvre ne pourrait réussir que si elle était localisée. Les collectivités locales et régionales ne sont pas de simples exécutants des agendas mondiaux : ce sont des acteurs politiques qui transforment les engagements en services, en investissements et en politiques, et elles doivent être reconnues comme des partenaires stratégiques et des co-architectes du prochain agenda. Il a également appelé à disposer de meilleures données locales pour anticiper les risques, et à faire passer l’égalité des sexes du stade de l’engagement à celui du leadership.

« Les ODD restent le cadre politique commun le plus important au monde, mais leur mise en œuvre ne sera couronnée de succès que si elle est localisée.

Les collectivités locales et régionales devraient prendre part aux discussions ; elles devraient être présentes à la table des négociations, et non pas se contenter d’être de simples exécutantes. » – Fabrizio Rossi

Quatre scénarios possibles après 2030

Axel Berger, directeur adjoint de l’Institut allemand pour le développement et la durabilité (IDOS), a ouvert la discussion par un discours liminaire sur un programme mondial de développement durable au-delà de 2030. Il a rappelé que les ODD ont permis de réels progrès : 92 % de la population mondiale a désormais accès à l’électricité, 74 % des personnes étaient connectées à Internet en 2025 (contre 40 % en 2015), et 134 pays ont déjà atteint l’objectif relatif à la mortalité des enfants de moins de 5 ans.

Pourtant, un déficit de mise en œuvre persiste, alimenté par des chocs et des conflits successifs, un déficit de financement d’environ 4 000 milliards de dollars par an dans les pays en développement, une architecture de mise en œuvre fragile, ainsi qu’une érosion de l’appropriation politique et de la confiance.

« Le débat doit passer du nombre d’objectifs à leur finalité et à leur réalisation, en mettant l’accent sur la résilience, les nouvelles alliances et le rôle des acteurs infranationaux. »

M. Berger a souligné que les négociations sur un programme de succession se dérouleront dans un contexte plus difficile qu’en 2015, marqué par la multipolarité, un faible niveau de confiance et des crises qui se chevauchent, ce qui rend d’autant plus important un processus inclusif et favorisant la confiance.

« À l’heure actuelle, nous mettons l’accent sur des questions telles que la compétitivité et la sécurité, et les ODD de l’Agenda 2030 passent au second plan. »

M. Berger a présenté quatre voies possibles : poursuivre les ODD, les élargir avec de nouveaux objectifs, réduire le nombre d’objectifs, ou construire une nouvelle vision axée sur la mise en œuvre, la résilience et de nouvelles alliances, incluant le rôle des acteurs infranationaux. Le Sommet sur les ODD de septembre 2027 étant destiné à lancer ce processus, il a appelé à des négociations inclusives, transparentes, fondées sur la science et axées sur l’apprentissage.

« Au-delà de la poursuite de la mise en œuvre des ODD, ce que nous devons faire de toute urgence d’ici à septembre 2027 – et bien au-delà – est de forger des alliances progressistes avec des nations et des parties prenantes partageant les mêmes valeurs. » – Axel Berger


Points de vue de la société civile, de la recherche et des organisations de femmes

Jyotsna Mohan Singh, chargée de plaidoyer chez Forus International, un réseau représentant plus de 24 000 organisations de la société civile, a fait valoir que placer les territoires au cœur du processus implique de rapprocher le pouvoir, les ressources et la prise de décision des populations, et pas seulement de localiser la mise en œuvre. Elle a souligné les rôles complémentaires des collectivités locales, de la société civile et des communautés, notamment le rôle indépendant de la société civile en matière de responsabilisation, et a présenté les examens locaux volontaires comme un moyen de relier les données locales aux budgets, aux examens nationaux et à la responsabilisation mondiale.

« Placer les territoires au cœur du cadre pour l’après-2030 ne devrait pas signifier simplement demander aux territoires d’en faire davantage. Cela devrait signifier donner aux territoires, et aux personnes qui y vivent, une voix plus forte, davantage de ressources et une plus grande influence sur les décisions qui affectent leur vie. »

« Les collectivités locales ne constituent pas simplement le dernier maillon de la mise en œuvre. Ce sont des acteurs importants de la gouvernance, qui savent ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas et ce dont les gens ont réellement besoin. » – Dr Jyotsna Mohan Singh

João Tavares, cofondateur et PDG de Nexus Governance, a présenté une analyse de 474 bilans locaux volontaires provenant de 359 villes dans 72 pays. Il a souligné que ces bilans locaux gagnaient en franchise : la part des défis a augmenté, passant de 11 % à 29 % des éléments signalés entre 2017 et 2025. Les villes citent le financement, les capacités institutionnelles et la coordination entre les différents niveaux de gouvernement comme leurs principaux obstacles. En Europe, 45 % des engagements sont concrets, contre 50 % à l’échelle mondiale.

« Les villes ont déjà fourni les preuves. Ce que nous avons fait, c’est les rendre quantifiables : 474 bilans locaux, provenant de 359 villes dans 72 pays. »

« Les bilans locaux sont de plus en plus honnêtes. Les défis sont passés de 11 % à 29 % des éléments signalés par les villes, notamment dans les territoires les plus vulnérables. » – Joao Tavares


Gabriele Köhler, membre du conseil d’administration de Women Engage for a Common Future (WECF), a mis en garde contre un recul mondial des droits des femmes, l’austérité et la militarisation prenant le pas sur les dépenses sociales. Elle a souligné les inégalités croisées et les obstacles structurels, tels que l’accès inégal aux ressources et le manque de temps, qui limitent la représentation et le leadership des femmes. Elle a également appelé à intégrer les recommandations de la CEDAW et de l’Examen périodique universel dans le suivi de l’ODD 5 au sein d’un cadre post-2030.

Gabriele Köhler, membre du conseil d’administration de Women Engage for a Common Future (WECF), a mis en garde contre un recul mondial des droits des femmes, l’austérité et la militarisation prenant le pas sur les dépenses sociales. Elle a souligné les inégalités croisées et les obstacles structurels, tels que l’accès inégal aux ressources et le manque de temps, qui limitent la représentation et le leadership des femmes. Elle a également appelé à intégrer les recommandations de la CEDAW et de l’Examen périodique universel dans le suivi de l’ODD 5 au sein d’un cadre post-2030.

« Je pense qu’au-delà de 2030, ce à quoi nous devons vraiment réfléchir, c’est à une obligation de rendre des comptes contraignants. » – Gabriele Köhler


La réunion a également réuni la porte-parole du CEMR sur les ODD, Carola Gunnarsson, conseillère municipale de Sala et membre de l’Association suédoise des collectivités locales et régionales (SALAR).

« La confiance est peut-être la ressource la plus importante dont nous disposons pour gérer la transformation. »

« Si nous parvenons à renforcer ces partenariats et à placer les personnes au cœur de la prise de décision, alors les collectivités locales et régionales ne se contenteront pas de mettre en œuvre les futurs objectifs mondiaux, mais contribueront également à les façonner. » – Carola Gunnarsson


Quatre demandes clés des collectivités territoriales

En clôture du webinaire, Boris Tonhauser, directeur de PLATFORMA, a souligné que la question n’est plus de savoir si les territoires jouent un rôle dans le développement durable, mais si le prochain cadre leur donnera les moyens de contribuer à façonner les décisions, et pas seulement de les mettre en œuvre. Il a rappelé les principales revendications qui structureront la position du CCRE-PLATFORMA :

  • Mettre en pratique la gouvernance à plusieurs niveaux, en attribuant aux collectivités locales et régionales un rôle bien défini dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi du futur cadre
  • Refléter les interconnexions entre les défis actuels, en abordant de manière intégrée le climat, les inégalités, l’évolution démographique, la transformation numérique, ainsi que la paix et la sécurité
  • Aligner les ambitions sur les moyens de mise en œuvre, en garantissant l’accès au financement, aux capacités, aux données et aux connaissances
  • Renforcer la coopération internationale et décentralisée, en reconnaissant la contribution des collectivités locales au développement durable mondial

« La question n’est plus de savoir si les territoires jouent un rôle dans le développement durable. Le véritable défi est de savoir si le cadre pour l’après-2030 permettra aux collectivités locales et régionales de contribuer à l’élaboration des décisions, et pas seulement à leur mise en œuvre. »

« Si le développement durable se joue au niveau des territoires, alors ceux-ci doivent avoir leur place à la table des décisions. Cela implique de passer d’un modèle de consultation à un modèle de véritable co-création et de gouvernance partagée. » – Boris Tonhauser

For more information, contact: