Skip to main content

Rencontrez Ellen van Selm (Purmerend)

Ellen van selm

Découvrez l’héroïne locale : Ellen van Selm, qui allie le meilleur de la politique locale et européenne.

898 mots
4–6 minutes

Dans cette édition de « Héros locaux », nous nous entretenons avec Ellen van Selm, maire de Purmerend (Pays-Bas), au sujet des défis de la ville, de ses objectifs et de ses réalisations en tant que maire, ainsi que des liens qui unissent sa ville à Bruxelles.

Une ville façonnée par l’eau et la croissance

Purmerend est une ville de 100 000 habitants située juste au nord d’Amsterdam, dans sa grande agglomération. Ses racines, cependant, plongent dans un paysage bien différent.

« Purmerend était autrefois une petite ville de marché située dans une région très humide », explique van Selm. « Les agriculteurs des zones humides environnantes venaient y vendre leurs produits agricoles, leur bétail et leur poisson. » Lorsque les lacs et les zones humides environnantes furent asséchés, la ville devint une importante région de production alimentaire pour Amsterdam, puis, grâce à sa proximité avec la capitale, un lieu de vie de plus en plus prisé.

Cette proximité continue d’influencer le quotidien. Un flux constant de navetteurs fait la navette entre Purmerend et Amsterdam, et la ville a connu une croissance rapide depuis les années 1970. Pour van Selm, cette croissance représente aujourd’hui le plus grand défi de la commune. « Nous souhaitons également préserver le caractère convivial de Purmerend, où la nature, la culture et la vie communautaire ont toute leur place, et où chacun se sent chez soi », explique-t-elle. « Notre principal défi n’est pas simplement de construire davantage de logements, mais de nous développer de manière à améliorer la qualité de vie et à préserver l’identité de Purmerend et de Beemster. »

Aux Pays-Bas, les maires ne sont pas élus

Comme le souligne van Selm, la fonction de maire aux Pays-Bas diffère de celle exercée dans de nombreux autres pays européens. Contrairement à beaucoup de ses homologues européens, elle n’a pas été élue par les habitants, mais nommée par la Couronne. Les municipalités néerlandaises sont administrées conjointement par le maire, les échevins (qui exercent aux Pays-Bas les fonctions de responsables exécutifs et administratifs de la commune) et un conseil municipal élu, chacun ayant des responsabilités distinctes.

« Je n’ai pas de programme électoral à mettre en œuvre », explique-t-elle. « Je vois mon rôle comme celui de rassembler les gens, de créer des liens et de veiller à ce que les intérêts de nos résidents soient entendus dans notre processus démocratique. »

Trois initiatives se distinguent pour van Selm. La première est le pacte régional de Purmerend, un véritable partenariat entre la municipalité, le gouvernement national à La Haye et les ONG locales, tous investissant ensemble dans l’avenir de la région.

La deuxième initiative est le programme « Maire des enfants » de la ville. « Ce programme donne une véritable voix aux enfants de Purmerend et leur apprend qu’ils peuvent faire bouger les choses », explique-t-elle. « Mon objectif est de veiller à ce que leur voix soit également entendue.»

La troisième priorité est la sécurité, une responsabilité qui lui incombe légalement en tant que maire. Purmerend s’est efforcée de rendre les quartiers plus sûrs suite à des incidents impliquant des explosions, et d’améliorer le sentiment de sécurité des femmes dans les espaces publics.

De Purmerend à Bruxelles, et retour

Le rôle local de Van Selm et son travail européen, en tant que membre de la délégation néerlandaise auprès du Comité européen des régions et de sa Commission COTER, sont, selon ses propres termes, « les deux faces d’une même pièce ».

« Mon expérience locale nourrit mon travail à Bruxelles, et ce que j’apprends à Bruxelles profite à ma commune. » Par le biais du COTER, elle participe activement aux discussions sur l’avenir du budget de l’UE et de la politique de cohésion, des sujets qui peuvent paraître abstraits, mais dont elle constate l’impact concret sur le terrain. À Purmerend, le soutien du Fonds social européen a permis de pérenniser le programme municipal pour l’emploi, géré par un organisme local de développement social, assurant ainsi sa continuité d’une année sur l’autre et lui offrant la possibilité d’innover.

Cet échange réciproque s’étend au-delà du Comité des régions. Mme Van Selm participe également à des réseaux européens de villes, comme l’Alliance des villes nouvelles, où elle partage son expérience avec des villes confrontées à des problématiques similaires en matière de logement, de transition énergétique, d’emploi et d’inclusion sociale. Purmerend étant membre de l’Association des communes néerlandaises (VNG), Mme Van Selm est également porte-parole du CCRE pour le logement.

« Ce qui fonctionne dans une ville peut inspirer des solutions dans une autre », explique-t-elle. « Les politiques publiques prennent tout leur sens lorsqu’elles touchent les citoyens et les communautés locales, et les expériences locales deviennent encore plus précieuses lorsqu’on les partage avec d’autres villes et qu’on s’en sert pour façonner les politiques européennes. »

Rester près, regarder vers l’extérieur

Interrogé sur ce qui compte le plus pour un maire aujourd’hui, van Selm insiste sur l’équilibre : rester proche des habitants tout en conservant une vision plus large. « Il faut rester proche de ses administrés, les écouter, comprendre ce qui fait la singularité de sa commune et préserver ce sentiment d’identité. Mais en même temps, il ne faut pas se replier sur soi-même, il faut se demander ce que sa commune peut apporter au pays, à l’Europe et aux autres régions et réseaux avec lesquels elle collabore. »

–

Pumerend est membre du CCRE de l’Association nationale des municipalités néerlandaises (VNG).

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Réaction : Loi européenne sur le logement abordable

EU Affordable Housing Act

La flexibilité locale doit rester au cœur du logement dans l’UE

1 354 mots
6–9 minutes

La Commission européenne a présenté sa proposition de loi sur le logement abordable, instaurant un cadre européen commun pour l’évaluation et la justification des mesures relatives au logement au niveau local. Cette proposition vise à renforcer la sécurité juridique des pouvoirs publics tout en reconnaissant explicitement que la politique du logement relève principalement des compétences nationales, régionales et locales.

La proposition législative est accompagnée d’une recommandation sur l’accessibilité et l’offre de logements dans les zones en situation de pénurie de logements, introduisant le concept de zones de logements abordables et proposant des mesures pour remédier à la pénurie de logements.

Le CCRE salue ces publications, qui constituent des étapes importantes dans la reconnaissance croissante du logement comme un enjeu européen nécessitant une action à tous les niveaux de gouvernance. Les collectivités locales et régionales sont en première ligne pour garantir l’accessibilité et la disponibilité des logements, et le CCRE plaide sans relâche pour un cadre renforçant leur capacité d’action dans le respect de la diversité territoriale.

Cependant, malgré les efforts répétés du CCRE soulignant l’importance de la flexibilité et du renforcement des capacités des gouvernements locaux et régionaux, la principale solution de la Commission pour remédier au problème d’accessibilité au logement est une définition standardisée de la pression sur le logement au niveau de l’UE.

Si le CEMR prend acte avec satisfaction de la reconnaissance récurrente des compétences régionales et locales dans la proposition, le recours aux « autorités compétentes » au sens de l’article 4 de la loi sur le logement suscite des inquiétudes chez les collectivités locales et régionales. En effet, cette terminologie laisse à l’interprétation de chaque État membre le soin de définir ce rôle. Son utilisation se poursuit tout au long de la recommandation, suggérant un pouvoir de décision et une responsabilité importants au niveau de l’« autorité compétente ».

Définition courante du stress lié au logement

Tout au long de son travail de plaidoyer, le CCRE s’est efforcé de maintenir la flexibilité de la loi sur le logement abordable afin qu’elle puisse refléter la diversité des réalités du logement en Europe. Dans ses recommandations à la Commission, le CCRE a plaidé pour une approche territoriale préservant les mécanismes d’évaluation locaux plutôt que d’imposer une définition unique et uniforme de la précarité du logement.

Pourtant, bien que laissant aux « autorités compétentes » la possibilité de décider des mesures nécessaires, l’article 6 de la loi établit une méthodologie commune de l’UE pour déterminer quand une zone est considérée comme étant en situation de pénurie de logements.

Selon les règles proposées, une zone ne peut être classée comme connaissant des tensions sur le logement que si trois conditions sont remplies : le ratio prix/revenu est de 8 ou plus, ce ratio a augmenté au cours de la dernière décennie et la pression ne montre aucun signe d’apaisement au cours des trois prochaines années.

Le CCRE a maintes fois souligné que cette vision trop restrictive risque de masquer la situation dans son ensemble. La crise du logement prend de multiples formes en Europe et ne peut se résumer à un seul indicateur d’accessibilité financière. Les pressions peuvent provenir du tourisme, de pénuries de logements, d’évolutions démographiques, de contraintes foncières, de difficultés d’accès à l’urbanisme et aux permis de construire, de lacunes en matière d’infrastructures, ou tout simplement d’une insuffisance de logements sociaux et abordables.

Cette nuance apparaît bien dans les sections explicatives de la proposition, dans la recommandation et dans les commentaires formulés lors de la conférence de presse. Mais elle disparaît largement dans les dispositions opérationnelles elles-mêmes, où la crise du logement est définie presque exclusivement par des indicateurs de prix et de revenus.

De plus, l’expérience montre que les autorités locales ont souvent des raisons légitimes d’intérêt public d’agir qui vont au-delà de la simple question d’accessibilité financière : les nuisances environnementales, par exemple, et la proposition ne tient pas compte de ces aspects.

Ellen van Selm (porte-parole du CCRE pour le logement et maire de Purmerend (Pays-Bas)) :

« Nous nous félicitons des efforts déployés par la Commission européenne pour contribuer à la résolution de la crise du logement. Toutefois, nous l’encourageons à créer un cadre plus favorable aux collectivités locales et régionales. En introduisant une définition rigide de la précarité du logement, en alourdissant les exigences de justification alors que les données ne sont pas toujours disponibles, et en se concentrant systématiquement sur les locations de courte durée, la loi sur le logement abordable limite les solutions territoriales et innovantes dont les collectivités locales et régionales ont besoin. Concrètement, cela complique la tâche des villes, des agglomérations et des régions qui souhaitent agir de manière proactive face aux tensions sur le logement. »

Un éventail de mesures à la disposition des autorités

La proposition reflète en grande partie les demandes du CCRE : donner aux collectivités locales et régionales la latitude d’adapter leurs interventions aux spécificités locales. Conformément au règlement, les autorités compétentes pourraient limiter les locations de courte durée dans les résidences secondaires et réglementer l’acquisition ou l’utilisation de terrains et de biens immobiliers résidentiels à des fins autres que l’habitation principale. La proposition prévoit également un ciblage territorial et des approches différenciées.

Le CCRE a néanmoins toujours insisté sur la nécessité pour les collectivités locales d’agir avant que la crise du logement ne devienne incontrôlable, et des inquiétudes persistent à ce sujet. L’article 9 exige des autorités qu’elles prouvent qu’une activité a eu un impact négatif sur l’accessibilité ou la disponibilité du logement pendant au moins trois ans avant toute mesure restrictive. Pour de nombreuses collectivités locales, cela pourrait constituer une charge supplémentaire et retarder la mise en œuvre de mesures visant à résoudre la crise du logement suffisamment tôt.

Concernant la simplification des procédures, la recommandation propose la création de zones d’accélération du logement, identifiées par l’autorité compétente. Ces zones bénéficieraient d’un calendrier d’autorisation unifié et, le cas échéant, d’une approbation tacite. Cependant, le CCRE souligne que cette approche ne tient pas suffisamment compte des réalités locales, façonnées par des cadres législatifs complexes et nécessitant une évaluation au cas par cas.

La proposition législative vise également à clarifier l’articulation des mesures relatives au logement avec la législation existante sur le marché intérieur, notamment la directive sur les services, afin d’offrir aux autorités publiques une plus grande sécurité juridique et de réduire les risques de contentieux. Toutefois, le CEMR met en garde contre le risque que la loi sur le logement abordable produise l’effet inverse pour les municipalités, en complexifiant davantage les procédures et en renforçant l’incertitude juridique quant à la charge de la preuve requise dans les différents cadres réglementaires.

Perspectives d’avenir

La loi sur le logement abordable constitue une avancée majeure vers un cadre européen plus clair pour les mesures relatives au logement et intègre plusieurs éléments préconisés de longue date par les collectivités locales et régionales. La recommandation de la Commission reconnaît l’importance du principe de subsidiarité et encourage, à juste titre, une compréhension globale des défis rencontrés au niveau local.

Toutefois, d’importantes questions demeurent quant à la définition proposée du stress lié au logement, à la responsabilité attribuée à « l’autorité compétente », à la faisabilité pratique de réaliser les évaluations appropriées et à la flexibilité réduite dont disposent les autorités pour s’attaquer à des formes plus larges de pression sur le logement qui ne sont pas pleinement reflétées par les seuls indicateurs d’accessibilité financière.

Au-delà de la loi sur le logement abordable et de son action visant à garantir la légalité des politiques de logement locales et régionales, le CCRE souligne que la résolution de la crise du logement nécessitera également des investissements massifs. À cet égard, les discussions sur l’avenir du cadre financier pluriannuel et de la politique de cohésion devraient refléter l’attention politique portée au logement et permettre un soutien adéquat aux actions locales pour faire face à la crise du logement.

Le CCRE continuera de collaborer avec les institutions européennes tout au long du processus législatif afin de garantir que la législation finale offre aux gouvernements locaux et régionaux la flexibilité, la sécurité juridique et les outils pratiques nécessaires pour répondre efficacement aux divers défis du logement en Europe.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Le programme européen en matière de logement doit partir du niveau local 

Les villes, communes et régions appellent à investir, à simplifier intelligemment et à préserver l’autonomie locale alors que l’Europe renforce sa réponse à la crise du logement

1 113 mots
5–7 minutes

Les initiatives européennes en matière de logement ne pourront réussir que si elles tiennent compte des réalités auxquelles sont confrontées les villes, les communes et les régions. Tel est le message principal qui s’est dégagé de la dernière réunion du groupe de travail Logement du CCRE, tenue le 3 septembre, qui a réuni des participants issus de 12 associations nationales de collectivités locales et régionales, ainsi que des représentants du gouvernement irlandais et de la Commission européenne. 

Lors de cette réunion, les membres du groupe de travail Logement du CCRE ont partagé leurs expériences à travers l’Europe et examiné deux initiatives majeures appelées à façonner le programme européen en matière de logement: la future loi sur le logement abordable (Affordable Housing Act) et le paquet de mesures visant à simplifier la réglementation en matière de logement (Housing Simplification Package). Les échanges ont permis aux membres du CCRE de formuler leurs premiers commentaires directement auprès des décideurs européens et de contribuer à préparer la réponse du CCRE à l’appel à contributions de la Commission européenne sur la simplification dans le domaine du logement. 

Le logement: une priorité à l’agenda européen 

La réunion s’est ouverte par un échange sur les priorités de la présidence irlandaise de l’UE en matière de logement. L’Irlande entend s’appuyer sur l’élan politique créé par les présidences précédentes, avec l’offre de logements, l’accessibilité financière et le sans-abrisme parmi les priorités actuellement examinées. Les participants ont également été informés des projets visant à renforcer la coopération européenne, notamment à travers une plateforme paneuropéenne d’investissement dans le logement et l’Alliance européenne pour le logement (European Housing Alliance), récemment créée, qui a pour objectif de favoriser la mise en réseau et l’échange de bonnes pratiques. 

Les membres du CCRE ont souligné que les collectivités locales et régionales doivent occuper une place significative dans cette architecture européenne en construction, notamment dans les discussions ministérielles et les événements réunissant les parties prenantes. Ils ont également exprimé un vif intérêt pour des solutions financières capables de soutenir les investissements à long terme dans le logement public et abordable, telles que les fonds renouvelables. 

Simplifier la mise en œuvre ne signifie pas déréglementer 

Le futur paquet de mesures visant à simplifier la réglementation en matière de logement (Housing Simplification Package) de la Commission européenne, attendu au deuxième trimestre 2027, offre l’occasion de supprimer les coûts, délais et incohérences inutiles qui entravent la construction et la mise à disposition de logements. Les règles européennes en matière de marchés publics, d’aides d’État, d’évaluation environnementale, de performance énergétique, de fiscalité et de normes de construction peuvent toutes avoir une incidence sur ce que les collectivités locales et régionales sont en mesure de réaliser.

Les membres du groupe de travail Logement du CCRE ont néanmoins souligné que la simplification ne doit pas se transformer en déréglementation. La protection de l’environnement, la qualité des bâtiments et la participation des citoyens restent essentielles. L’objectif devrait être de résoudre les conflits et les chevauchements entre les politiques, tout en préservant leurs objectifs d’intérêt général. 

Les participants ont notamment appelé au respect de l’autonomie municipale en matière de zonage, de fiscalité locale, d’octroi des permis et de plans de développement. Les définitions de l’accessibilité financière du logement, de la précarité liée au logement et des groupes prioritaires doivent refléter les conditions locales, plutôt que de s’appuyer exclusivement sur des indicateurs ou des ensembles de données uniformes qui peuvent ne pas rendre compte des réalités du terrain. 

Un dialogue direct sur la future loi sur le logement abordable. Lors d’un échange avec Matthew Baldwin, directeur général adjoint à la Commission européenne et responsable de son groupe de travail Logement, les membres ont examiné la manière dont la future loi sur le logement abordable (Affordable Housing Act) pourrait apporter davantage de clarté juridique aux autorités publiques dans les territoires confrontés à une forte pression sur le logement. Les membres ont salué les efforts visant à réduire l’insécurité juridique, tout en soulignant que les États membres doivent permettre aux autorités locales et régionales compétentes de jouer un rôle décisif dans l’évaluation de la pression sur le logement et dans le choix de la réponse appropriée. 

Les locations de courte durée ne sont pas la seule cause de la crise du logement en Europe. Néanmoins, dans certains territoires, les effets combinés du tourisme, des logements vacants et d’une offre insuffisante peuvent accentuer les pressions locales. Les villes ont besoin d’outils juridiques clairs et opérationnels pour agir lorsque cela est nécessaire, sans nouvelles charges administratives ni ingérence de l’UE dans les décisions locales.

Des marchés du logement différents, des obstacles communs 

La réunion a également donné lieu à une table ronde nationale, qui a mis en évidence la diversité des marchés du logement et des défis rencontrés à travers l’Europe. Les membres ont fait état d’objectifs ambitieux en matière de construction, de la hausse des coûts de développement, de taux hypothécaires élevés, d’un manque de financements publics et de difficultés à financer la rénovation dans les zones où la valeur des biens est plus faible. La forte pression exercée sur les budgets municipaux limite également la capacité des collectivités locales à construire et à entretenir des logements publics et sociaux. 

Malgré ces différences, plusieurs priorités communes se sont dégagées : des financements stables et accessibles, un renforcement des capacités de construction, un soutien à la rénovation et des cadres politiques permettant aux autorités locales de répondre aux spécificités de leurs propres marchés du logement. 

Les participants ont également mis en avant les dimensions sociales de la crise. Les politiques du logement devraient mieux prendre en compte le sans-abrisme et les besoins des personnes particulièrement exposées, notamment les femmes victimes de violences conjugales. La lutte contre la pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans le secteur de la construction, tout en ouvrant davantage ce dernier à une main-d’œuvre plus diversifiée, a été identifiée comme un autre domaine important pour les travaux futurs. 

Transformer l’expertise locale en influence européenne 

Les conclusions de la réunion alimenteront directement la réponse du CCRE à l’appel à contributions lancé par la Commission européenne dans le cadre du « paquet de simplification en matière de logement (Housing Simplification Package). En rassemblant les données et témoignages de ses membres et en maintenant un dialogue direct avec la Commission européenne et les présidences du Conseil, le CCRE veille à ce que l’expérience des collectivités territoriales contribue aux décisions européennes dès les premières étapes de leur élaboration.

Alors que l’UE élabore son programme en matière de logement, le CCRE continuera de défendre un principe simple : il faut faire confiance aux collectivités locales et régionales, leur faire bénéficier des financements nécessaires et les associer pleinement si l’Europe souhaite concrétiser ses ambitions en matière de logement abordable, durable et inclusif. 

Pour plus d’information, veuillez contacter :

Campagne budgétaire de l’UE – Slovénie

Nova Gorica - Slovenia

Le travail de plaidoyer de nos associations nationales : le cas de la Slovénie

440 mots
2–3 minutes

Alors que les négociations sur le prochain budget à long terme de l’UE progressent aux niveaux européen et national, le CCRE appelle à un rôle plus important pour les gouvernements locaux et régionaux dans la définition des investissements et des priorités de l’UE.

Dans un récent message vidéo, Samo Turel, maire de Nova Gorica et président de l’Association des municipalités urbaines de Slovénie, affirme que la proposition actuelle ne reflète pas pleinement les besoins et les réalités des villes. S’exprimant depuis Nova Gorica, ville frontalière qui a pu constater directement l’impact de la coopération européenne et des fonds de l’UE sur le développement local, il souligne notamment qu’une politique de cohésion moins ambitieuse risquerait d’accentuer les disparités de développement entre les régions au lieu de les réduire, éloignant ainsi l’Europe de ses objectifs communs.

L’Association des municipalités urbaines de Slovénie est active tant au niveau national qu’européen, s’engageant directement auprès des ministères nationaux, de la Commission européenne et des députés slovènes au Parlement européen pour faire valoir que l’implication du niveau local dans l’élaboration des politiques conduit à de meilleurs résultats pour les citoyens.


Notre point de vue sur la proposition budgétaire actuelle de l’UE

Le CCRE appelle à des garanties plus solides en matière de gouvernance et de partenariat à plusieurs niveaux, à une plus grande flexibilité pour les collectivités locales afin de répondre aux crises, et à un budget qui reflète les défis actuels : de l’adaptation au changement climatique et du logement aux services numériques et à la cohésion territoriale.

Le message de cette campagne est simple : lorsque les gouvernements locaux et régionaux sont impliqués dès le départ, l’Europe obtient de meilleurs résultats pour ses citoyens.

Depuis des mois, le CCRE réclame :

  • Un rôle important pour les collectivités locales et régionales dans les programmes et fonds de l’UE
  • Des garanties claires pour la gouvernance et le partenariat à plusieurs niveaux
  • Une plus grande flexibilité pour que les collectivités locales puissent réagir rapidement aux crises
  • Un budget à la hauteur des enjeux actuels, de l’adaptation au changement climatique au logement, en passant par les services numériques et la cohésion territoriale.

La campagne budgétaire européenne du CCRE repose sur une vérité simple : lorsque les gouvernements locaux et régionaux sont impliqués dès le départ, l’Europe obtient de meilleurs résultats pour ses citoyens.

Voilà comment fonctionne la démocratie : par la coopération, le partenariat et les décisions prises au plus près des personnes concernées.

Rejoignez-nous pour défendre ce principe.

Apprenez-en davantage sur la campagne budgétaire du CCRE auprès de l’UE

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Lettre à Von der Leyen sur la DG REGIO

European Commission image

Les dirigeants locaux et régionaux mettent en garde Von der Leyen contre la marginalisation de la DG REGIO

714 mots
3–5 minutes

Le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE), qui représente 110 000 collectivités locales et régionales et 1 000 000 d’élus à travers l’Europe, adresse une lettre au président de la Commission alors que se multiplient les informations faisant état d’un possible affaiblissement de la Direction générale de la politique régionale et urbaine (DG REGIO).

Bruxelles, le 13 juillet 2026 – Le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE), la plus grande association européenne de gouvernements locaux et régionaux, a adressé une lettre à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour la mettre en garde contre les graves conséquences qui pourraient résulter de toute mesure visant à affaiblir ou à supprimer la Direction générale de la politique régionale et urbaine (DG REGIO), suite aux informations persistantes concernant une possible restructuration interne.

Dans une lettre envoyée au nom de 110 000 collectivités locales et régionales et d’un million de représentants élus à travers l’Europe, le CCRE souligne qu’une telle mesure ne constituerait pas un simple changement administratif, mais représenterait un changement politique majeur dans la relation entre l’Union européenne et les villes, les communes et les régions chargées de mettre en œuvre sur le terrain une grande partie des politiques de l’UE.

« Si la DG REGIO était considérablement affaiblie ou si son rôle était réduit, cela enverrait un message politique profondément négatif aux gouvernements locaux et régionaux d’Europe : qu’ils n’ont plus de place centrale dans l’architecture institutionnelle de l’Union », écrit Christoph Schanudigel, président du CCRE et président du comté de Karlsruhe (Allemagne).

Le CCRE avertit qu’un affaiblissement de la DG REGIO compromettrait l’expertise, la connaissance du territoire et les partenariats de longue date qui ont fait de la politique de cohésion l’un des instruments les plus efficaces de l’UE pour promouvoir le développement, la compétitivité et la solidarité en Europe.

L’organisation met également en garde contre le risque qu’un rôle réduit de la DG REGIO n’affaiblisse la capacité de la Commission européenne à maintenir un contact direct avec les autorités de gestion chargées de la mise en œuvre des fonds européens, dont beaucoup sont des administrations régionales et locales.

Plutôt que de réduire le rôle de la DG REGIO, le CCRE soutient que les défis actuels exigent un renforcement des capacités territoriales au sein de la Commission européenne. Dans sa lettre, l’organisation souligne que le rôle de la DG REGIO deviendra encore plus important à mesure que la Commission préparera ses projets de plans de partenariat nationaux et régionaux (PPNR) pour le budget de l’UE post-2027. Elle cite également les initiatives récentes de la Commission concernant les îles, les communautés côtières, les régions ultrapériphériques et les régions frontalières orientales comme autant de preuves de l’importance croissante accordée à l’élaboration de politiques territoriales.

Pour que ces ambitions se concrétisent, l’Europe a besoin d’un ancrage institutionnel solide, capable de maintenir le dialogue avec les gouvernements régionaux et locaux et de veiller à ce que les réalités territoriales soient prises en compte dans l’élaboration des politiques de l’UE.

La lettre rappelle également que les collectivités locales et régionales sont responsables de la mise en œuvre de près de 70 % de la législation européenne et sont indispensables à l’efficacité de l’Union, à sa légitimité démocratique et à sa capacité à obtenir des résultats concrets pour les citoyens.

Le CCRE appelle la Commission européenne à clarifier ses intentions concernant la DG REGIO et demande une réunion avec la présidente von der Leyen et les commissaires concernés pour discuter de l’avenir de l’agenda territorial de l’UE.

La lettre, également adressée à Raffaele Fitto, vice-président exécutif chargé de la Cohésion et des Réformes ; Piotr Serafin, commissaire au Budget, à la Lutte contre la Fraude et à l’Administration publique ; et Ilze Juhansone, secrétaire générale de la Commission européenne, a été envoyée à ce stade car, selon Politico, Valère Moutarlier, directeur général adjoint de la direction générale du Marché intérieur, de l’Industrie, de l’Entrepreneuriat et des PME, qui supervise la révision du processus de restructuration de la Commission, devrait donner son avis dans le courant du mois. Les propositions finales de restructuration devraient être présentées par le commissaire au Budget, Piotr Serafin, à Ursula von der Leyen et au Collège d’ici la fin de 2026.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Localiser les objectifs de développement durable en Europe

Reference Framework for Sustainable Cities - image 1

Les territoires européens localisent les ODD : les villes au cœur de la mise en œuvre

725 mots
3–5 minutes

Alors qu’il reste moins de quatre ans pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2030, un nouveau rapport CCRE–PLATFORMA met en lumière un message clair des gouvernements locaux et régionaux à travers l’Europe : le développement durable ne réussira que si les villes, les communes et les régions sont placées au centre de la prise de décision, du financement et de la mise en œuvre.

Publié par le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) et PLATFORMA à l’occasion du Forum politique de haut niveau sur le développement durable (HLPF), l’édition 2026 du rapport « Les territoires européens localisent les ODD : les villes au cœur de la mise en œuvre » examine comment les gouvernements locaux et régionaux contribuent aux objectifs de développement durable (ODD) et ce qui est nécessaire pour accélérer les progrès dans la dernière ligne droite jusqu’en 2030.

L’étude repose sur un sondage mené auprès de 23 répondants issus de 17 pays, dont des associations de gouvernements locaux et régionaux de 15 États membres de l’UE et de deux pays non membres de l’UE.

L’action locale est essentielle à la réalisation des objectifs mondiaux

Ce rapport paraît à un moment charnière. Alors que le Nouvel Agenda urbain des Nations Unies et l’Agenda urbain de l’UE célèbrent leur dixième anniversaire, les collectivités locales et régionales réaffirment leur rôle indispensable dans la concrétisation des ambitions mondiales sur le terrain.

De la mobilité au logement, en passant par la résilience climatique et l’inclusion sociale, les villes, les agglomérations et les régions sont responsables de nombreuses politiques qui influent directement sur le quotidien de leurs habitants. Selon le rapport, la mise en œuvre des ODD relève davantage de la politique que de la technique et exige la décentralisation de la confiance, des ressources et des pouvoirs à l’échelle territoriale.

Cette publication met particulièrement l’accent sur l’ODD 11 – Villes et communautés durables, l’un des objectifs examinés lors du Forum politique de haut niveau de 2026. Elle soutient que le développement urbain durable ne peut être atteint sans une démocratie locale forte, une gouvernance multiniveaux efficace et une participation significative des autorités infranationales aux processus décisionnels nationaux et internationaux.

Six recommandations pour accélérer la mise en œuvre des ODD

S’appuyant sur l’expérience des collectivités locales et régionales, le rapport formule six recommandations adressées aux Nations Unies, à l’Union européenne et aux gouvernements nationaux.

Parmi ses principaux messages, l’étude préconise :

  • Renforcer la gouvernance à plusieurs niveaux comme priorité politique pour la période 2026-2030.
  • Placer le niveau infranational au cœur de la mise en œuvre des ODD, notamment en renforçant la participation des gouvernements locaux et régionaux aux processus d’examen mondiaux et en améliorant l’accès au financement du développement.
  • Réaffirmer l’importance du Nouvel Agenda urbain des Nations Unies en tant que principal cadre mondial pour une urbanisation durable.
  • Veiller à ce que les villes restent au cœur du programme de développement durable de l’Europe grâce à un alignement plus étroit entre les cadres politiques urbains de l’UE et des Nations Unies.
  • Reconnaître le rôle des territoires dans le prochain cadre financier pluriannuel de l’UE 2028-2034, avec un financement plus accessible et adapté aux spécificités locales pour les municipalités et les régions.
  • Accélérer la localisation des ODD en impliquant pleinement les gouvernements locaux et régionaux dans la conception et la mise en œuvre des politiques de développement durable.

Une contribution au débat mondial sur les ODD

Au-delà des recommandations politiques, le rapport présente des exemples de bonnes pratiques en Europe et examine comment les collectivités locales et régionales font progresser les objectifs examinés en 2026 (ODD 6 – Eau propre et assainissement, ODD 7 – Énergie propre et d’un coût abordable, ODD 9 – Industrie, innovation et infrastructure, et ODD 17 – Partenariats pour la réalisation des objectifs). Il consacre également une place importante au logement et aux conclusions des discussions menées dans le cadre du Forum urbain mondial, reflétant les préoccupations croissantes concernant l’accessibilité au logement, l’inclusion et la croissance urbaine durable.

Alors que la communauté internationale approche de la fin de l’Agenda 2030, le rapport envoie un message clair et sans équivoque : la réalisation – ou l’échec – des ODD dépendra des acteurs locaux. Donner aux villes, aux agglomérations et aux régions les moyens politiques, les ressources et les partenariats nécessaires n’est donc pas une option, mais une nécessité.

Découvrez également ce rapport en ligne : Les territoires européens localisent les ODD

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Voici Bart Somers (Malines)

Bart Somers Interview 2026

Rencontrez le héros local : Bart Somers, qui prouve que l’avenir de l’Europe se construit localement.

985 mots
4–6 minutes

Quand Bart Somers parle de gouvernement local, une idée revient sans cesse : c’est à ce niveau que l’on peut vraiment faire la différence.

Il a été maire de Malines en Belgique pendant 26 ans, un mandat qui s’est déroulé en parallèle d’une carrière politique nationale l’ayant mené au Parlement, à un poste ministériel et à la tête d’un parti politique. Somers a passé une grande partie de sa carrière à naviguer entre ces deux échelons politiques. Il n’a jamais douté de celui qu’il souhaitait privilégier.

« La véritable force de la politique au XXIe siècle réside au niveau local, là où l’on peut réellement faire la différence. »

L’amour de la ville, la défense du local

Né et élevé à Malines, Somers est profondément attaché à sa ville natale, ce qui explique en partie son choix de s’y installer. Mais ce n’est pas tout. Dès le début de sa carrière, il s’est convaincu que c’est au niveau local que la politique pouvait accomplir le plus de choses – une conviction qu’il a conservée même au sein du gouvernement et du parlement nationaux, où il a incité ses collègues à s’appuyer bien davantage sur les leviers locaux.

Bart Somers interview 2026

*Bart Somers, maire de Malines en Belgique – entretien du 29 avril 2026

L’action climatique reconnue au niveau de la rue

Cette conviction imprègne également l’action climatique de Malines, récemment récompensée par le Prix de la Convention des maires de l’UE pour sa réussite en matière de décarbonation du chauffage, une initiative qui a inspiré d’autres villes européennes. Alors que certaines institutions européennes semblent ralentir le rythme de la transition écologique, Somers estime que c’est au niveau local que l’urgence est la plus visible et que les actions sont les plus concrètes.

« Au niveau local, on peut constater de ses propres yeux l’impact du changement climatique, et parfois il est vraiment dévastateur. On ressent donc l’urgence d’agir. »

Malines a été reconnue pour le déploiement à grande échelle de réseaux de chaleur associés au stockage de chaleur afin de fournir de la chaleur verte aux zones densément peuplées, tout en maximisant le potentiel des sources de chaleur locales, renouvelables et résiduelles.

Le jury du Prix de la Convention des maires de l’UE a salué la planification rigoureuse et les mesures concrètes mises en œuvre par Malines pour ce projet. La mise en œuvre du plan chaleur de Malines repose sur une forte mobilisation des acteurs locaux, grâce à une Coalition chaleur regroupant plus de 25 organisations clés, allant des gestionnaires de réseaux de chaleur, des coopératives énergétiques et des organismes publics aux bailleurs sociaux et aux entreprises locales. Le jury a loué l’important travail de sensibilisation et d’implication de Malines pour obtenir l’adhésion de tous à son plan chaleur, ainsi que son engagement auprès des communautés vulnérables confrontées à la précarité énergétique.

Les cadres internationaux, européens et nationaux sont importants, dit-il, mais c’est dans ce cadre que les villes accomplissent le travail concret : inciter les gens à utiliser le vélo plutôt que la voiture et réorienter les investissements des énergies fossiles vers l’énergie solaire.

*Malines, centre-ville et hôtel de ville

Des réfugiés et une ville qui se souvient

Pour Somers, la réaction de Malines face à l’invasion russe de grande ampleur de l’Ukraine était autant émotionnelle que politique. Il s’était rendu sur le Maïdan en 2014, en tant que député, au moment où se déroulait le soulèvement contre le gouvernement ukrainien. Soutenir l’Ukraine par la suite lui semblait la seule option pour une ville qui, selon lui, défend les droits de l’homme et les valeurs européennes.

« Ils mènent notre combat. Ils sacrifient des vies pour protéger aussi mon pays. »

Convaincre la ville d’agir n’a pas été difficile, explique-t-il, notamment parce que Malines a elle-même une histoire marquée par les déplacements de population. Pendant la Première Guerre mondiale, 90 % des habitants de la ville sont devenus des réfugiés ; le grand-père de Somers a passé trois ans dans un camp de réfugiés aux Pays-Bas, à partir de l’âge de 14 ans. C’est une histoire que partagent de nombreuses familles à Malines, et c’est ce qui a naturellement conduit la ville à ouvrir ses portes cette fois-ci.

Sécurité et inclusion, main dans la main

Somers a bâti sa réputation sur une approche inclusive alliée à une ferme défense de l’état de droit – une combinaison qu’il reconnaît souvent mal comprise. Interrogé sur sa décision la plus difficile en tant que maire, il évoque le travail de persuasion nécessaire pour que la sécurité et l’inclusion se renforcent mutuellement, au lieu de s’opposer.

« Sécurité et inclusion vont de pair, elles se renforcent mutuellement. »

Selon lui, les personnes qui ont le plus besoin d’une ville sûre ne sont pas celles qui vivent dans les quartiers aisés de la classe moyenne, mais les mères élevant leurs enfants dans les zones plus vulnérables, où le danger est plus proche de leur domicile. Cette conviction, dit-il, a contribué à faire de Malines une ville où des personnes d’origines diverses vivent en harmonie.

Un message à Bruxelles : faites confiance au laboratoire local

Interrogé sur ce qu’il dirait aux dirigeants nationaux et européens, Somers est direct : la résolution des crises actuelles exige une action locale. Les villes et les communes bénéficient de la confiance des citoyens, sont proches d’eux et peuvent agir rapidement et avec pragmatisme, contrairement à ce que font souvent les échelons supérieurs du gouvernement.

« Nous avons besoin non seulement d’une politique descendante, mais aussi d’une politique ascendante. C’est au niveau local que l’on peut réinventer la démocratie, que l’on peut trouver de véritables réponses aux défis d’aujourd’hui et de demain. »

Son conseil est de considérer le niveau local comme un laboratoire : un lieu d’expérimentation et de développement de compétences qui, à leur tour, influencent la politique nationale et européenne.

–

La ville de Malines est membre de l’association nationale du CCRE – VVSG (Association des villes et communes flamandes).

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Stratégie du « droit au maintien sur le territoire »

Right to Stay strategy news

Le CCRE appelle à une stratégie de « droit au
maintien sur le territoire »

573 mots
2–4 minutes

Dans sa contribution à l’appel à contributions de la Commission européenne sur la future stratégie « droit au maintien sur le territoire », le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) plaide pour un cadre politiquement ambitieux et ancré dans le territoire, qui place les gouvernements locaux et régionaux au centre de la réponse de l’Europe aux déséquilibres territoriaux, sociaux, économiques et démographiques.

Pour le CCRE, le droit au maintien sur le territoire signifie que les personnes doivent pouvoir vivre, travailler et s’épanouir à l’endroit de leur choix : que ce soit dans une ville, un village ou une zone rurale, sans être contraintes de partir en raison d’un manque de services publics, d’opportunités économiques, d’une mauvaise connectivité ou de la hausse du coût de la vie.

Il ne s’agit pas seulement de cohésion territoriale. C’est aussi une question d’équité, de démocratie et de confiance dans le projet européen. Si l’UE veut répondre aux inégalités territoriales croissantes, elle doit commencer par investir dans les territoires où vivent les citoyens et par reconnaître les gouvernements les plus proches d’eux comme des partenaires stratégiques.

Dans sa réponse, le CCRE souligne qu’il ne saurait exister le droit au
maintien sur le territoire sans accès aux services, au logement et aux opportunités
. Partout en Europe, trop de territoires souffrent encore de pénuries en matière de santé, d’éducation, de mobilité, de garde d’enfants, d’énergie et d’infrastructures numériques. Parallèlement, la hausse des prix du logement pousse les populations à quitter les villes, tandis que de nombreuses zones rurales en déclin continuent de souffrir de dépopulation et de sous-investissement.

Le CCRE appelle donc l’UE à renforcer son soutien aux services d’intérêt général, au logement abordable et au développement territorial intégré. Il souligne également la nécessité de créer un environnement propice aux opportunités économiques locales sur l’ensemble du territoire, notamment grâce à de meilleurs transports et à une connectivité numérique renforcée, au soutien à l’entrepreneuriat et à des mesures visant à pallier la pénurie de main-d’œuvre dans les services publics locaux essentiels.

Le CCRE souligne également l’importance croissante de la résilience climatique, de la mobilité durable et de la production locale d’énergie pour l’attractivité territoriale et la sécurité énergétique. Les investissements dans l’adaptation, les énergies renouvelables et les transports accessibles doivent donc faire partie intégrante de tout programme crédible de « droit de rester ».

Pour le CCRE, la politique de cohésion doit être le principal instrument de mise en œuvre de la stratégie future. Dans le prochain budget de l’UE, le droit au
maintien sur le territoire doit être reconnu comme un objectif stratégique clair, assorti d’un financement conséquent, d’instruments territoriaux intégrés et d’un véritable partenariat avec les collectivités locales et régionales pour l’élaboration des plans nationaux et régionaux.

Le CCRE plaide également pour que le droit au maintien sur le territoire soit intégré à la gouvernance de l’UE, notamment par le biais du Semestre européen et d’évaluations d’impact territorial plus poussées. L’Europe ne peut plus élaborer de politiques pour les territoires sans associer systématiquement les autorités chargées de leur mise en œuvre.

Le message est clair : le droit de rester ne sera une réalité que si l’UE donne aux territoires les moyens de demeurer attractifs, abordables, connectés et résilients. Cela exige une ambition politique, des investissements à long terme et un véritable partenariat à plusieurs niveaux avec les collectivités locales et régionales.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

L’Alliance locale appelle à une gouvernance à plusieurs niveaux

EU budget 2026 news

L’Alliance locale exhorte les dirigeants de l’UE à soutenir la vision d’une gouvernance à plusieurs niveaux dans le prochain budget de l’UE.

1 412 mots
6–9 minutes

Alors que les négociations sur le prochain budget à long terme de l’UE entrent dans une phase cruciale, les maires et les dirigeants locaux de toute l’Europe exhortent les dirigeants nationaux à veiller à ce que les villes et les régions restent au cœur des investissements de l’UE.

En amont de la réunion du Conseil européen des 18 et 19 juin, le CCRE, dans le cadre et en partenariat avec l’Alliance locale – une coalition des principaux réseaux européens de gouvernements locaux et régionaux représentant plus de 1 800 villes, 60 régions, 60 agences de l’énergie et 42 associations nationales – a publié une lettre ouverte aux chefs d’État et de gouvernement.

La lettre a été signée par les présidents des huit réseaux membres, ainsi que par plus de 50 autres signataires, dont des municipalités comme Barcelone, Budapest, Lisbonne, Paris et Rome, ainsi que des provinces, des réseaux et des associations.

Les collectivités locales et régionales traduisent les priorités de l’UE en projets, services et investissements concrets qui améliorent le quotidien de leurs citoyens. De l’expansion des transports publics à la protection de la qualité de l’eau, en passant par la modernisation des écoles, des hôpitaux et des logements sociaux, la plupart des priorités de l’UE sont mises en œuvre localement.

C’est pourquoi l’Alliance locale a toujours plaidé pour que le prochain budget de l’UE soit axé sur les territoires, fondé sur une gouvernance à plusieurs niveaux et conçu pour atteindre nos objectifs européens communs, notamment la compétitivité et la transition écologique.

La coalition salue donc l’adoption du récent rapport intérimaire du Parlement européen sur le cadre financier pluriannuel (CFP), ainsi que des projets de rapports sur le Fonds européen pour la compétitivité et les plans de partenariat nationaux et régionaux.

En amont de la réunion du Conseil, la lettre ouverte exhorte les dirigeants nationaux à défendre les positions clés du Parlement, notamment :

  • Concernant le budget global de l’UE : il convient de définir clairement les allocations budgétaires des programmes clés destinés aux collectivités locales et régionales, notamment la politique de cohésion, le Fonds européen de développement régional (FEDER), le Fonds social européen (FSE) et le programme LIFE. Cela permettrait d’éviter toute incertitude et toute concurrence avec d’autres priorités telles que la politique agricole commune. Les maires demandent également des garanties afin d’éviter que les bénéficiaires locaux ne soient pénalisés en cas de suspension des fonds européens au niveau des États membres pour des raisons de respect de l’état de droit.
  • Concernant les plans de partenariat nationaux et régionaux (PPNR) : exiger des chapitres régionaux et territoriaux obligatoires dans les plans nationaux, faire de la gouvernance à plusieurs niveaux un principe fondamental, allouer des ressources pour renforcer les capacités administratives et protéger les outils de développement territorial et urbain intégrés grâce à un financement FEDER dédié.
  • Concernant le Fonds pour la compétitivité : maintenir le soutien à l’innovation territoriale grâce à des mécanismes dédiés, prévoir des flux de financement prévisibles spécifiquement destinés aux projets d’investissement locaux et régionaux, et reconnaître explicitement les collectivités locales comme bénéficiaires éligibles et partenaires de mise en œuvre.

L’Alliance locale est prête à fournir des données concrètes issues des villes et des régions et à contribuer à un dialogue structuré sur la mise en œuvre.

À propos de l’Alliance locale

L’Alliance locale est une coalition informelle regroupant les principaux réseaux européens représentant les collectivités locales et régionales, notamment CCRE, ACR+, Climate Alliance, Energy Cities, Eurocities, FEDARENE, ICLEI Europe et POLIS. Ensemble, ils militent pour une Union européenne plus forte et plus inclusive, qui renforce la démocratie locale.

Déclarations des signataires :

« Pour la prochaine période budgétaire, le CFP 2028-2034 doit impérativement renforcer la compétitivité, investir dans le développement durable et rétablir la stabilité de nos économies, de nos sociétés et de nos écosystèmes. À ce tournant décisif, l’Europe a plus que jamais besoin de ses villes et de ses régions. Pour répondre efficacement aux attentes des citoyens européens, il est essentiel que les autorités locales et régionales, actrices de terrain, connaissent au mieux leurs problématiques, agissent. Les villes et les régions sont le théâtre du projet européen, indispensables à la double transition écologique et numérique, et au cœur même de l’économie circulaire. ACR+ soutient cette lettre adressée aux chefs d’État et de gouvernement car ces objectifs communs requièrent notre force collective et une gouvernance à plusieurs niveaux. »

Hugh Coughlan, président par intérim d’ACR+

« Le prochain budget de l’UE doit garantir la compétitivité, la cohésion et la confiance sur l’ensemble du territoire. Cela implique un budget doté de financements clairs et prévisibles pour la cohésion, une véritable gouvernance à plusieurs niveaux et un rôle concret pour les collectivités locales et régionales dans l’élaboration et la mise en œuvre des instruments qui permettront de concrétiser les priorités de l’Europe. »

Arjen Gerritsen, Commissaire du Roi du Flevoland et porte-parole du CCRE pour le budget de l’UE

« Les ambitions de l’Europe en matière de climat, de durabilité et de résilience ne peuvent être atteintes par les seuls États membres. Les régions, les villes et les communes sont des partenaires essentiels pour la mise en œuvre concrète des priorités de l’UE. Le Conseil européen a aujourd’hui l’occasion de veiller à ce que le prochain budget de l’UE reflète cette réalité grâce à un véritable partenariat et à un financement adéquat et prévisible. »

Andreas Wolter, conseiller municipal et ancien maire de la ville de Cologne, en Allemagne

« Les collectivités locales concrétisent les objectifs de compétitivité et de cohésion de l’Europe en résultats tangibles pour les entreprises et les citoyens.
Les villes et les communes s’engagent déjà dans la construction d’un avenir énergétique plus résilient, grâce à la rénovation, la décarbonation et des projets d’infrastructures énergétiques locales, un bâtiment et un quartier à la fois.
Le prochain budget européen devrait reconnaître ce rôle en nous accordant une pleine autonomie dans la conception et la mise en œuvre des programmes de l’UE, et en investissant directement dans les projets territoriaux qui renforcent nos communautés et nos économies. »

Mohamed Ridouani, président d’Energy Cities et maire de Louvain

« L’Europe se trouve à un moment décisif des négociations sur le CFP. Il ne s’agit pas seulement du budget de l’UE, mais aussi de la manière dont l’Europe gouverne, investit et agit. Nous soutenons la simplification par le biais des plans de partenariat nationaux et régionaux, mais celle-ci ne doit pas conduire à une centralisation ni à une déconnexion entre la prise de décision et la mise en œuvre locale. C’est dans les villes et les régions que les priorités de l’UE se concrétisent, du climat et de l’innovation au logement, à la mobilité et à l’inclusion sociale. La position du Parlement européen évolue dans ce sens, et les gouvernements nationaux devraient en tenir compte.
Au cours de l’année écoulée, avec 20 autres maires de villes belges, nous avons constamment appelé le gouvernement belge à accorder une plus grande place aux villes et aux collectivités locales dans le prochain budget de l’UE. Nous exhortons maintenant le gouvernement belge, ainsi que tous les États membres du Conseil européen, à définir une orientation claire pour un budget qui garantisse compétitivité, cohésion et confiance sur l’ensemble du territoire. »

Mathias De Clercq, président d’Eurocities et bourgmestre de Gand

« La crédibilité du prochain budget de l’UE se mesurera non seulement à ses promesses, mais aussi à sa mise en œuvre concrète. Pour bâtir une Europe plus résiliente, compétitive et neutre pour le climat, les villes et les régions ont besoin d’investissements prévisibles, d’un véritable partenariat et d’un rôle renforcé dans l’élaboration des programmes qu’elles sont appelées à mettre en œuvre. Le Conseil européen devrait veiller à ce que le prochain CFP confère aux collectivités locales et régionales les pleins pouvoirs en tant que partenaires à part entière dans l’avenir de l’Europe. »

Martin W. W. Horn, président d’ICLEI Europe et maire de Fribourg

« De la mobilité durable à l’adaptation au changement climatique, c’est dans les villes que l’Europe obtient des résultats concrets pour ses citoyens. À Ljubljana, les financements européens nous ont permis de créer des rues plus sûres, des quartiers plus verts et des transports publics plus performants. Ces investissements démontrent ce qu’il est possible d’accomplir lorsque les priorités européennes se concrétisent par des actions locales. Le prochain budget de l’UE doit continuer à renforcer le rôle des villes en tant que partenaires clés dans la construction d’une Europe compétitive, résiliente et durable. »

Dejan Crnek, président de POLIS et maire adjoint de Ljubljana

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Événement : future politique de cohésion

Future Cohesion policy news

Événement « Renforcer la dimension territoriale dans la future politique de cohésion de l’UE »

476 mots
2–3 minutes

12oct17h0020h30Strengthening the Territorial Dimension in the future EU-Cohesion Policy (in-person)CCRE-CEMR, Square de Meeus 1, 1000 Brussels

Event Details

This high-level Brussels event, held during the European Week of Regions and Cities 2026, will bring together EU, national and local leaders to discuss the future of Cohesion Policy and its territorial dimension. It will focus on upcoming decisions on the EU budget and investment framework, while promoting balanced, place-based development across urban and rural areas and strengthening cooperation between key European stakeholders.

You will hear from the following speakers:

Dr Christoph Schnaudigel – President of Council of European Municipalities and Regions (CEMR) and the President of the County of Karlsruhe (Germany)

Matija Kovač – Mayor, City of Celje (Slovenia)

Vasco Alves Cordeiro – Member of the European Committee of the Regions

Arjen Gerritsen – King’s Commissioner of Flevoland, The Netherlands

Renata Calak – Director of the Strategy Department in the Ministry of Funds and Regional Policy, Poland

Claragh Mulhern – Principal Adviser, National Strategic Planning in the Department of Housing, Local Government and Heritage, Republic of Ireland

Hugo Sobral – Deputy Directorate-General for Regional and Urban Policy, European Commission

and Tilman Buchholz – Federal Ministry for Housing, Urban Development and Building (BMWSB)

Organisers: German Federal Ministry for Housing, Urban Development and Building in cooperation with the German Association for Housing, Urban and Spatial Development (DV) and Council of European Municipalities and Regions (CEMR)

Time

2026 10 12 5:00pm - 8:30pm(GMT+02:00)

Location

CCRE-CEMR, Square de Meeus 1, 1000 Brussels

Other Events

Dans le contexte de la Semaine européenne des régions et des villes 2026, cet événement de haut niveau en soirée à Bruxelles crée un espace politique opportun pour faire le point sur la direction que prend la politique de cohésion et sur les enjeux pour la dimension territoriale lors de la prochaine période de programmation de l’UE.

Cette semaine réunit les institutions européennes, les États membres et les responsables locaux et régionaux autour de la question centrale de la mise en œuvre de solutions territoriales adaptées aux transitions partagées. Cet événement établit un lien direct entre ce débat général et l’une des décisions les plus importantes à venir : l’élaboration du nouveau cadre financier pluriannuel (CFP) et la mise en place des plans de partenariat nationaux et régionaux (PPNR), au sein desquels seront négociées les priorités, la gouvernance et les outils de mise en œuvre des futurs investissements de l’UE.

Dans ce contexte, la dimension territoriale n’est pas un simple ajout technique, mais une condition essentielle à l’impact. La neutralité climatique, la compétitivité, l’inclusion sociale et la résilience ne seront atteintes que si les investissements de l’UE tiennent compte des spécificités territoriales et des capacités propres à chaque territoire : villes, zones périurbaines, régions fonctionnelles et zones rurales.

L’événement répond à cette situation par trois objectifs interdépendants :

  1. Pour ancrer les recommandations clés en faveur d’une forte dimension territoriale dans les négociations à venir sur le CFP et les PNR ;
  2. Afin de préserver une approche territoriale équilibrée qui prenne en compte les territoires urbains et ruraux de manière complémentaire ; et
  3. Renforcer une coalition européenne pour des approches territoriales intégrées rassemblant les États membres, les institutions européennes et la communauté des collectivités locales et régionales organisées, notamment par le biais du CCRE, du Comité des régions et de la Commission européenne.

Conçu comme une table ronde à vocation politique suivie d’une réception de réseautage, l’événement réunira une communauté ciblée de décideurs et de praticiens : des représentants des institutions de l’UE, des autorités de gestion nationales et régionales, des villes et régions ayant une expérience pratique des outils territoriaux, des associations européennes, ainsi que des chercheurs, des groupes de réflexion et des organisations de la société civile travaillant sur la politique de cohésion et le développement spatial.

En combinant dialogue politique et échanges entre praticiens, cet événement vise à construire une compréhension commune et à renforcer les alliances, précisément au moment où se définit le futur cadre d’investissement territorial de l’Europe.

Veuillez noter que le nombre de places est limité. Votre inscription ne constitue pas une confirmation de participation. Vous recevrez une confirmation séparée une fois votre participation approuvée.

Pour plus d’informations sur l’événement, vous pouvez contacter : r.hohmann@deutscher-verband.org.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :