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Stratégie du « droit au maintien sur le territoire »

Right to Stay strategy news

Le CCRE appelle à une stratégie de « droit au
maintien sur le territoire »

573 mots
2–4 minutes

Dans sa contribution à l’appel à contributions de la Commission européenne sur la future stratégie « droit au maintien sur le territoire », le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) plaide pour un cadre politiquement ambitieux et ancré dans le territoire, qui place les gouvernements locaux et régionaux au centre de la réponse de l’Europe aux déséquilibres territoriaux, sociaux, économiques et démographiques.

Pour le CCRE, le droit au maintien sur le territoire signifie que les personnes doivent pouvoir vivre, travailler et s’épanouir à l’endroit de leur choix : que ce soit dans une ville, un village ou une zone rurale, sans être contraintes de partir en raison d’un manque de services publics, d’opportunités économiques, d’une mauvaise connectivité ou de la hausse du coût de la vie.

Il ne s’agit pas seulement de cohésion territoriale. C’est aussi une question d’équité, de démocratie et de confiance dans le projet européen. Si l’UE veut répondre aux inégalités territoriales croissantes, elle doit commencer par investir dans les territoires où vivent les citoyens et par reconnaître les gouvernements les plus proches d’eux comme des partenaires stratégiques.

Dans sa réponse, le CCRE souligne qu’il ne saurait exister le droit au
maintien sur le territoire sans accès aux services, au logement et aux opportunités
. Partout en Europe, trop de territoires souffrent encore de pénuries en matière de santé, d’éducation, de mobilité, de garde d’enfants, d’énergie et d’infrastructures numériques. Parallèlement, la hausse des prix du logement pousse les populations à quitter les villes, tandis que de nombreuses zones rurales en déclin continuent de souffrir de dépopulation et de sous-investissement.

Le CCRE appelle donc l’UE à renforcer son soutien aux services d’intérêt général, au logement abordable et au développement territorial intégré. Il souligne également la nécessité de créer un environnement propice aux opportunités économiques locales sur l’ensemble du territoire, notamment grâce à de meilleurs transports et à une connectivité numérique renforcée, au soutien à l’entrepreneuriat et à des mesures visant à pallier la pénurie de main-d’œuvre dans les services publics locaux essentiels.

Le CCRE souligne également l’importance croissante de la résilience climatique, de la mobilité durable et de la production locale d’énergie pour l’attractivité territoriale et la sécurité énergétique. Les investissements dans l’adaptation, les énergies renouvelables et les transports accessibles doivent donc faire partie intégrante de tout programme crédible de « droit de rester ».

Pour le CCRE, la politique de cohésion doit être le principal instrument de mise en œuvre de la stratégie future. Dans le prochain budget de l’UE, le droit au
maintien sur le territoire doit être reconnu comme un objectif stratégique clair, assorti d’un financement conséquent, d’instruments territoriaux intégrés et d’un véritable partenariat avec les collectivités locales et régionales pour l’élaboration des plans nationaux et régionaux.

Le CCRE plaide également pour que le droit au maintien sur le territoire soit intégré à la gouvernance de l’UE, notamment par le biais du Semestre européen et d’évaluations d’impact territorial plus poussées. L’Europe ne peut plus élaborer de politiques pour les territoires sans associer systématiquement les autorités chargées de leur mise en œuvre.

Le message est clair : le droit de rester ne sera une réalité que si l’UE donne aux territoires les moyens de demeurer attractifs, abordables, connectés et résilients. Cela exige une ambition politique, des investissements à long terme et un véritable partenariat à plusieurs niveaux avec les collectivités locales et régionales.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

L’Alliance locale appelle à une gouvernance à plusieurs niveaux

EU budget 2026 news

L’Alliance locale exhorte les dirigeants de l’UE à soutenir la vision d’une gouvernance à plusieurs niveaux dans le prochain budget de l’UE.

1 412 mots
6–9 minutes

Alors que les négociations sur le prochain budget à long terme de l’UE entrent dans une phase cruciale, les maires et les dirigeants locaux de toute l’Europe exhortent les dirigeants nationaux à veiller à ce que les villes et les régions restent au cœur des investissements de l’UE.

En amont de la réunion du Conseil européen des 18 et 19 juin, le CCRE, dans le cadre et en partenariat avec l’Alliance locale – une coalition des principaux réseaux européens de gouvernements locaux et régionaux représentant plus de 1 800 villes, 60 régions, 60 agences de l’énergie et 42 associations nationales – a publié une lettre ouverte aux chefs d’État et de gouvernement.

La lettre a été signée par les présidents des huit réseaux membres, ainsi que par plus de 50 autres signataires, dont des municipalités comme Barcelone, Budapest, Lisbonne, Paris et Rome, ainsi que des provinces, des réseaux et des associations.

Les collectivités locales et régionales traduisent les priorités de l’UE en projets, services et investissements concrets qui améliorent le quotidien de leurs citoyens. De l’expansion des transports publics à la protection de la qualité de l’eau, en passant par la modernisation des écoles, des hôpitaux et des logements sociaux, la plupart des priorités de l’UE sont mises en œuvre localement.

C’est pourquoi l’Alliance locale a toujours plaidé pour que le prochain budget de l’UE soit axé sur les territoires, fondé sur une gouvernance à plusieurs niveaux et conçu pour atteindre nos objectifs européens communs, notamment la compétitivité et la transition écologique.

La coalition salue donc l’adoption du récent rapport intérimaire du Parlement européen sur le cadre financier pluriannuel (CFP), ainsi que des projets de rapports sur le Fonds européen pour la compétitivité et les plans de partenariat nationaux et régionaux.

En amont de la réunion du Conseil, la lettre ouverte exhorte les dirigeants nationaux à défendre les positions clés du Parlement, notamment :

  • Concernant le budget global de l’UE : il convient de définir clairement les allocations budgétaires des programmes clés destinés aux collectivités locales et régionales, notamment la politique de cohésion, le Fonds européen de développement régional (FEDER), le Fonds social européen (FSE) et le programme LIFE. Cela permettrait d’éviter toute incertitude et toute concurrence avec d’autres priorités telles que la politique agricole commune. Les maires demandent également des garanties afin d’éviter que les bénéficiaires locaux ne soient pénalisés en cas de suspension des fonds européens au niveau des États membres pour des raisons de respect de l’état de droit.
  • Concernant les plans de partenariat nationaux et régionaux (PPNR) : exiger des chapitres régionaux et territoriaux obligatoires dans les plans nationaux, faire de la gouvernance à plusieurs niveaux un principe fondamental, allouer des ressources pour renforcer les capacités administratives et protéger les outils de développement territorial et urbain intégrés grâce à un financement FEDER dédié.
  • Concernant le Fonds pour la compétitivité : maintenir le soutien à l’innovation territoriale grâce à des mécanismes dédiés, prévoir des flux de financement prévisibles spécifiquement destinés aux projets d’investissement locaux et régionaux, et reconnaître explicitement les collectivités locales comme bénéficiaires éligibles et partenaires de mise en œuvre.

L’Alliance locale est prête à fournir des données concrètes issues des villes et des régions et à contribuer à un dialogue structuré sur la mise en œuvre.

À propos de l’Alliance locale

L’Alliance locale est une coalition informelle regroupant les principaux réseaux européens représentant les collectivités locales et régionales, notamment CCRE, ACR+, Climate Alliance, Energy Cities, Eurocities, FEDARENE, ICLEI Europe et POLIS. Ensemble, ils militent pour une Union européenne plus forte et plus inclusive, qui renforce la démocratie locale.

Déclarations des signataires :

« Pour la prochaine période budgétaire, le CFP 2028-2034 doit impérativement renforcer la compétitivité, investir dans le développement durable et rétablir la stabilité de nos économies, de nos sociétés et de nos écosystèmes. À ce tournant décisif, l’Europe a plus que jamais besoin de ses villes et de ses régions. Pour répondre efficacement aux attentes des citoyens européens, il est essentiel que les autorités locales et régionales, actrices de terrain, connaissent au mieux leurs problématiques, agissent. Les villes et les régions sont le théâtre du projet européen, indispensables à la double transition écologique et numérique, et au cœur même de l’économie circulaire. ACR+ soutient cette lettre adressée aux chefs d’État et de gouvernement car ces objectifs communs requièrent notre force collective et une gouvernance à plusieurs niveaux. »

Hugh Coughlan, président par intérim d’ACR+

« Le prochain budget de l’UE doit garantir la compétitivité, la cohésion et la confiance sur l’ensemble du territoire. Cela implique un budget doté de financements clairs et prévisibles pour la cohésion, une véritable gouvernance à plusieurs niveaux et un rôle concret pour les collectivités locales et régionales dans l’élaboration et la mise en œuvre des instruments qui permettront de concrétiser les priorités de l’Europe. »

Arjen Gerritsen, Commissaire du Roi du Flevoland et porte-parole du CCRE pour le budget de l’UE

« Les ambitions de l’Europe en matière de climat, de durabilité et de résilience ne peuvent être atteintes par les seuls États membres. Les régions, les villes et les communes sont des partenaires essentiels pour la mise en œuvre concrète des priorités de l’UE. Le Conseil européen a aujourd’hui l’occasion de veiller à ce que le prochain budget de l’UE reflète cette réalité grâce à un véritable partenariat et à un financement adéquat et prévisible. »

Andreas Wolter, conseiller municipal et ancien maire de la ville de Cologne, en Allemagne

« Les collectivités locales concrétisent les objectifs de compétitivité et de cohésion de l’Europe en résultats tangibles pour les entreprises et les citoyens.
Les villes et les communes s’engagent déjà dans la construction d’un avenir énergétique plus résilient, grâce à la rénovation, la décarbonation et des projets d’infrastructures énergétiques locales, un bâtiment et un quartier à la fois.
Le prochain budget européen devrait reconnaître ce rôle en nous accordant une pleine autonomie dans la conception et la mise en œuvre des programmes de l’UE, et en investissant directement dans les projets territoriaux qui renforcent nos communautés et nos économies. »

Mohamed Ridouani, président d’Energy Cities et maire de Louvain

« L’Europe se trouve à un moment décisif des négociations sur le CFP. Il ne s’agit pas seulement du budget de l’UE, mais aussi de la manière dont l’Europe gouverne, investit et agit. Nous soutenons la simplification par le biais des plans de partenariat nationaux et régionaux, mais celle-ci ne doit pas conduire à une centralisation ni à une déconnexion entre la prise de décision et la mise en œuvre locale. C’est dans les villes et les régions que les priorités de l’UE se concrétisent, du climat et de l’innovation au logement, à la mobilité et à l’inclusion sociale. La position du Parlement européen évolue dans ce sens, et les gouvernements nationaux devraient en tenir compte.
Au cours de l’année écoulée, avec 20 autres maires de villes belges, nous avons constamment appelé le gouvernement belge à accorder une plus grande place aux villes et aux collectivités locales dans le prochain budget de l’UE. Nous exhortons maintenant le gouvernement belge, ainsi que tous les États membres du Conseil européen, à définir une orientation claire pour un budget qui garantisse compétitivité, cohésion et confiance sur l’ensemble du territoire. »

Mathias De Clercq, président d’Eurocities et bourgmestre de Gand

« La crédibilité du prochain budget de l’UE se mesurera non seulement à ses promesses, mais aussi à sa mise en œuvre concrète. Pour bâtir une Europe plus résiliente, compétitive et neutre pour le climat, les villes et les régions ont besoin d’investissements prévisibles, d’un véritable partenariat et d’un rôle renforcé dans l’élaboration des programmes qu’elles sont appelées à mettre en œuvre. Le Conseil européen devrait veiller à ce que le prochain CFP confère aux collectivités locales et régionales les pleins pouvoirs en tant que partenaires à part entière dans l’avenir de l’Europe. »

Martin W. W. Horn, président d’ICLEI Europe et maire de Fribourg

« De la mobilité durable à l’adaptation au changement climatique, c’est dans les villes que l’Europe obtient des résultats concrets pour ses citoyens. À Ljubljana, les financements européens nous ont permis de créer des rues plus sûres, des quartiers plus verts et des transports publics plus performants. Ces investissements démontrent ce qu’il est possible d’accomplir lorsque les priorités européennes se concrétisent par des actions locales. Le prochain budget de l’UE doit continuer à renforcer le rôle des villes en tant que partenaires clés dans la construction d’une Europe compétitive, résiliente et durable. »

Dejan Crnek, président de POLIS et maire adjoint de Ljubljana

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Événement : future politique de cohésion

Future Cohesion policy news

Événement « Renforcer la dimension territoriale dans la future politique de cohésion de l’UE »

476 mots
2–3 minutes

12oct17h0020h30Strengthening the Territorial Dimension in the future EU-Cohesion Policy (in-person)CCRE-CEMR, Square de Meeus 1, 1000 Brussels

Event Details

This high-level Brussels event, held during the European Week of Regions and Cities 2026, will bring together EU, national and local leaders to discuss the future of Cohesion Policy and its territorial dimension. It will focus on upcoming decisions on the EU budget and investment framework, while promoting balanced, place-based development across urban and rural areas and strengthening cooperation between key European stakeholders.

Organisers: German Federal Ministry for Housing, Urban Development and Building in cooperation with the German Association for Housing, Urban and Spatial Development (DV) and Council of European Municipalities and Regions (CEMR)

Time

2026 10 12 5:00pm - 8:30pm(GMT+02:00)

Location

CCRE-CEMR, Square de Meeus 1, 1000 Brussels

Other Events

Dans le contexte de la Semaine européenne des régions et des villes 2026, cet événement de haut niveau en soirée à Bruxelles crée un espace politique opportun pour faire le point sur la direction que prend la politique de cohésion et sur les enjeux pour la dimension territoriale lors de la prochaine période de programmation de l’UE.

Cette semaine réunit les institutions européennes, les États membres et les responsables locaux et régionaux autour de la question centrale de la mise en œuvre de solutions territoriales adaptées aux transitions partagées. Cet événement établit un lien direct entre ce débat général et l’une des décisions les plus importantes à venir : l’élaboration du nouveau cadre financier pluriannuel (CFP) et la mise en place des plans de partenariat nationaux et régionaux (PPNR), au sein desquels seront négociées les priorités, la gouvernance et les outils de mise en œuvre des futurs investissements de l’UE.

Dans ce contexte, la dimension territoriale n’est pas un simple ajout technique, mais une condition essentielle à l’impact. La neutralité climatique, la compétitivité, l’inclusion sociale et la résilience ne seront atteintes que si les investissements de l’UE tiennent compte des spécificités territoriales et des capacités propres à chaque territoire : villes, zones périurbaines, régions fonctionnelles et zones rurales.

L’événement répond à cette situation par trois objectifs interdépendants :

  1. Pour ancrer les recommandations clés en faveur d’une forte dimension territoriale dans les négociations à venir sur le CFP et les PNR ;
  2. Afin de préserver une approche territoriale équilibrée qui prenne en compte les territoires urbains et ruraux de manière complémentaire ; et
  3. Renforcer une coalition européenne pour des approches territoriales intégrées rassemblant les États membres, les institutions européennes et la communauté des collectivités locales et régionales organisées, notamment par le biais du CCRE, du Comité des régions et de la Commission européenne.

Conçu comme une table ronde à vocation politique suivie d’une réception de réseautage, l’événement réunira une communauté ciblée de décideurs et de praticiens : des représentants des institutions de l’UE, des autorités de gestion nationales et régionales, des villes et régions ayant une expérience pratique des outils territoriaux, des associations européennes, ainsi que des chercheurs, des groupes de réflexion et des organisations de la société civile travaillant sur la politique de cohésion et le développement spatial.

En combinant dialogue politique et échanges entre praticiens, cet événement vise à construire une compréhension commune et à renforcer les alliances, précisément au moment où se définit le futur cadre d’investissement territorial de l’Europe.

Veuillez noter que le nombre de places est limité. Votre inscription ne constitue pas une confirmation de participation. Vous recevrez une confirmation séparée une fois votre participation approuvée.

Pour plus d’informations sur l’événement, vous pouvez contacter : r.hohmann@deutscher-verband.org.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Déclaration sur les marchés publics

Public procurement services news

Appel aux institutions européennes à préserver la coopération entre publics et les prestations internes dans le cadre de la révision des directives relatives aux marchés publics

400 mots
2–3 minutes

La coopération entre publics et l’internalisation des services sont des outils essentiels permettant aux administrations locales et régionales d’organiser, de fournir et de gérer directement les services publics — que ce soit par le biais d’une coopération avec d’autres autorités publiques ou par le biais d’entités sous leur contrôle — sans avoir recours à des opérateurs externes.

Le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) a publié une déclaration dans laquelle il exprime sa ferme opposition aux appels et propositions qui restreignent davantage la coopération public-public et la prestation de services en interne dans la perspective de la prochaine révision des directives de l’UE sur les marchés publics.

Dans cette nouvelle déclaration, le CCRE affirme que la coopération entre publics et la prestation de services en interne sont solidement ancrées dans les traités de l’UE, les directives relatives aux marchés publics et la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne. Les collectivités locales et régionales doivent conserver la liberté de choisir le modèle de prestation le plus adapté à leurs administrés, y compris la prestation directe et la coopération avec d’autres autorités publiques.

Le CCRE s’attaque également à l’idée que la coopération entre services publics ou la prestation de services en interne nuit à la concurrence. Rien ne prouve cette affirmation ; au contraire, ces modèles peuvent améliorer l’efficacité, soutenir l’investissement et renforcer les services publics essentiels aux citoyens.

De plus, dans un contexte d’incertitude géopolitique croissante, de risques accrus en matière de cybersécurité et de pression grandissante sur les services publics, les autorités locales ne peuvent se permettre de perdre la flexibilité nécessaire pour organiser les services essentiels en interne ou par le biais de partenariats publics de confiance.

Le CCRE appelle les institutions européennes à une plus grande sécurité juridique — et non à de nouvelles restrictions — dans la révision de l’article 12 de la directive sur les marchés publics, tout en préservant le droit des collectivités locales et régionales d’organiser les services publics en fonction des besoins locaux et des choix démocratiques.

Pour compléter ces informations, vous pouvez également consulter ici le document de position du CCRE exposant les besoins des gouvernements locaux et régionaux en matière de révision des directives de 2014 sur les marchés publics.

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Réaction aux règles de l’UE en matière de marchés publics

Public Procurement news

Le CCRE appelle à une révision plus simple et plus équitable des directives européennes sur les marchés publics, plaçant les réalités locales au cœur de la réforme.

658 mots
3–4 minutes

Les collectivités territoriales sont les principaux investisseurs publics en Europe, dépensant plus de 3 000 milliards d’euros par an en marchés publics. Des services de santé à la construction, des outils numériques aux infrastructures énergétiques, chaque euro dépensé dans le cadre de contrats publics a un impact direct sur le quotidien des citoyens. Or, les règles encadrant leurs achats sont de plus en plus fragmentées, complexes et déconnectées des réalités locales.

Alors que la Commission européenne s’apprête à réviser les directives de 2014 relatives aux marchés publics, le CCRE a adopté une prise de position exposant les besoins des collectivités locales en matière de réforme. Le message est clair : la révision doit privilégier la simplicité, la flexibilité et le principe de subsidiarité plutôt que d’alourdir encore davantage les contraintes pesant déjà sur les villes et les régions.

Un cadre flexible qui convient à tous

La plupart des collectivités territoriales européennes sont de petite taille et disposent de capacités juridiques, techniques et administratives limitées. Le cadre actuel, dispersé dans plus de 60 actes législatifs sectoriels de l’UE, n’a pas été conçu pour elles. Le CCRE préconise une approche par directives qui préserve la flexibilité et dans laquelle les clauses européennes relatives aux critères environnementaux, sociaux et d’innovation restent facultatives. Un mécanisme d’examen exhaustif devrait consolider les obligations en matière de marchés publics dans l’ensemble des législations sectorielles afin d’éliminer les contradictions et d’alléger la charge pesant sur les pouvoirs adjudicateurs.

Des seuils plus élevés, moins d’interventions inutiles

Les seuils des marchés publics de l’UE n’ont pas été modifiés depuis plus de dix ans, malgré une inflation importante et une hausse des coûts. De ce fait, un nombre croissant d’achats publics sont désormais soumis à des procédures complètes au niveau de l’UE, en l’absence de réel intérêt transfrontalier. En effet, les marchés publics transfrontaliers directs ne représentent qu’environ 2 % de l’ensemble des attributions de contrats. Le CCRE préconise une augmentation substantielle de ces seuils, indexée sur l’inflation cumulée depuis 2014, ainsi qu’un mécanisme d’indexation automatique afin d’éviter que ce problème ne se reproduise.

Le « Made in Europe » et les objectifs stratégiques ne doivent pas se faire au détriment des populations locales.

Le CCRE soutient les ambitions plus larges de la Commission en matière de compétitivité européenne et d’autonomie stratégique, objectifs qui importent tout autant aux collectivités territoriales locales qui dépendent de chaînes d’approvisionnement résilientes. Cependant, une approche « Fabriqué en Europe » augmentera considérablement les coûts pour les pouvoirs adjudicateurs si elle est appliquée à grande échelle. Les collectivités territoriales locales ne doivent pas être pénalisées lorsque l’approvisionnement en provenance de l’UE est indisponible et ne doivent pas être tenues de vérifier la documentation complexe relative à l’origine des chaînes d’approvisionnement. Cette responsabilité devrait incomber aux opérateurs économiques, appuyés par une certification au niveau de l’UE.

Protection de la coopération entre les secteurs public et privé et des dispositions internes

Les collectivités locales collaborent régulièrement au-delà de leurs frontières pour mutualiser leurs ressources et fournir des services plus efficacement, notamment dans les zones rurales ou les régions aux capacités limitées. Or, l’article 12 de la directive actuelle demeure trop restrictif et imprécis, créant une insécurité juridique pour de nombreuses formes légitimes de coopération public-public et d’accords internes. Le CCRE appelle donc à une exemption plus large et plus claire pour la véritable coopération entre autorités publiques, ainsi qu’à la protection des marchés publics internes contre les interprétations mercantiles, permettant aux collectivités locales de conserver leur marge de manœuvre démocratique pour organiser et fournir des services publics de la manière la plus adaptée à leurs administrés.

Le CCRE continuera de collaborer activement avec les institutions européennes tout au long du processus de révision afin de garantir que la voix des gouvernements locaux et régionaux influence le résultat de cette réforme cruciale.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Sommet des dirigeants à Rovaniemi

CEMR Leaders Summit 2026 - Rovaniemi

Les dirigeants locaux du CCRE adoptent une déclaration politique appelant à placer la cohésion, la compétitivité et les partenariats mondiaux au cœur du prochain budget de l’UE


Réunis au Sommet des dirigeants du CCRE à Rovaniemi, quelque 150 élus locaux appellent les chefs d’État et de gouvernement de l’UE à intégrer les recommandations du Parlement européen sur le budget de l’UE relatives à la gouvernance à plusieurs niveaux, à la mise en œuvre territoriale et à la prévisibilité des financements dans leurs négociations avec le Conseil.


Plus de 150 dirigeants locaux de 29 pays européens se sont réunis à Rovaniemi, en Finlande, pour le Sommet des dirigeants du Conseil des communes et des régions d’Europe (CCRE), participant à des discussions opportunes sur les principales priorités européennes.

Une déclaration politique à un moment charnière

L’un des principaux résultats du sommet a été l’adoption d’une déclaration politique signée par 55 dirigeants locaux appelant les chefs d’État et de gouvernement de l’UE à intégrer les recommandations clés du Parlement européen concernant le prochain budget de l’UE (2028-2034) dans leurs négociations au sein du Conseil européen. Adoptée lors du sommet des dirigeants du CCRE à Rovaniemi, cette déclaration intervient à un moment crucial des discussions interinstitutionnelles sur le prochain cadre financier pluriannuel (CFP).

En approuvant cette déclaration en faveur d’un budget européen adapté à chaque territoire, les membres du CCRE insistent sur le fait que la cohésion, la compétitivité et les partenariats mondiaux demeurent au cœur du prochain budget à long terme de l’UE. Adressée aux dirigeants nationaux, la déclaration plaide pour un budget territorialisé et prévisible, fondé sur une véritable gouvernance à plusieurs niveaux.

Cette déclaration fait suite à l’adoption par le Parlement européen, lors de sa séance plénière du 28 avril 2026, de son rapport intérimaire sur le budget de l’UE pour la période 2028-2034, dans lequel le Parlement a défini ses priorités politiques et qui servira de base aux négociations avec le Conseil.

Étant donné que les États membres finaliseront leur position lors de la réunion du Conseil qui se tiendra les 18 et 19 juin, le CCRE les appelle à prendre en considération la position et les propositions présentées par le Parlement européen en vue d’un budget de l’UE qui garantisse la compétitivité, la cohésion et la confiance sur l’ensemble du territoire.

Christoph Schnaudigel, président du CCRE, a déclaré : « Le prochain budget de l’UE doit bénéficier à tous les territoires européens. C’est dans les villes et les régions que la politique européenne se concrétise : c’est là que l’on gère les inondations, que l’on a besoin de centres de rafraîchissement, que les entreprises investissent ou partent. La compétitivité et la résilience de l’Europe seront aussi fortes que son territoire le plus vulnérable. Il est temps d’agir. »

Les responsables locaux participant au Sommet des dirigeants du CCRE ont également eu l’occasion d’échanger avec Giuseppe Lupo, député européen et vice-président de la commission des budgets de l’UE, sur les négociations interinstitutionnelles relatives au prochain CFP. Au cours de cette discussion, M. Luppo a déclaré : « Nous demandons la position officielle du Conseil ; il est donc primordial de développer toute initiative visant à convaincre les États membres d’accepter la proposition du Parlement européen. »

Collectivités locales et régionales : renforcer la résilience par la prévoyance et la préparation

Le Sommet a également servi de plateforme pour discuter de la manière dont les gouvernements locaux et régionaux peuvent mieux utiliser la prévoyance et la préparation pour anticiper et atténuer les impacts des crises et des situations d’urgence.

En tant que pays hôte, la Finlande – reconnue internationalement comme un chef de file mondial en matière de préparation aux crises et de prospective stratégique à long terme – a apporté des contributions précieuses. Les participants ont examiné comment les institutions démocratiques, à tous les niveaux, doivent évoluer pour gouverner efficacement dans une ère marquée par l’incertitude et les bouleversements.

Katri Kulmuni, ancienne vice-Première ministre de Finlande et députée européenne la plus septentrionale, a déclaré : « La préparation est un mode de vie plus global. Il ne s’agit pas d’une dépense, mais d’un investissement, et cela ne fonctionnera que si les communautés locales y participent. »

Le débat politique a rassemblé des voix venues de tout le continent, du nord au sud.

Le directeur des services techniques de la ville de Rovaniemi, Pertti Onkalo, a déclaré : « Partout en Europe, les villes et les régions sont confrontées à des défis similaires, même si chacune présente des caractéristiques propres. En partageant les enseignements tirés de l’expérience, nous pouvons éviter de réinventer la roue.» Il a également ajouté : « Aujourd’hui, l’importance de la préparation est de plus en plus reconnue ; mais cette préparation doit être mise en place avant une crise, et non pendant. »

Voici ce qu’a déclaré Elisabeth Unell, maire de Västerås en Suède : « Se préparer signifie s’exercer à différents scénarios et se préparer ensemble. Nous avons besoin d’une coordination et d’un partage d’expériences plus étroits entre les collectivités locales à travers l’Europe. »

« La préparation et la prévoyance font de plus en plus partie de notre ADN, surtout en Europe occidentale. En cas de crise, l’élément essentiel, c’est la structure. Mais ce n’est pas toujours l’État qui peut intervenir immédiatement. Il est également important d’investir dans les collectivités locales.» Ap Reinders, maire de Stichtse Vecht.

La maire d’Estarreja (Portugal), Isabel Simoes Pinto, a soutenu que « pour les citoyens, la préparation ne peut pas être un concept abstrait. Elle doit provenir de la confiance des dirigeants locaux. Nous devons transformer la préparation en une dimension normale de la gouvernance, un aspect quotidien de la vie. » – Maire d’Estarreja (Portugal), Isabel Simoes Pinto

Christoph Schnaudigel nommé président du CCRE

Lors du Sommet, le Comité des politiques du CCRE a nommé Christoph Schaudigel nouveau président de l’organisation, suite à la démission de Gunn Marit Helgesen après son élection à la présidence du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux (CLRAE).

Les dirigeants locaux du CCRE ont également décidé que Gunn Marit Helgesen continuerait à exercer les fonctions de coprésidente du CCRE aux côtés de Philippe Laurent et Vince Maple.

Dans son discours d’investiture, Christoph Schnaudigel a déclaré : « C’est un honneur pour moi d’assumer la présidence du CCRE à un moment aussi crucial pour les villes et les régions d’Europe. Alors que les négociations sur le prochain budget de l’UE se poursuivent et que nos valeurs et notre démocratie locale sont de plus en plus mises à l’épreuve dans un contexte géopolitique turbulent, notre unité est plus importante que jamais. Je me réjouis de travailler encore plus étroitement avec tous nos membres afin de garantir que les voix locales soient entendues et impliquées dans le processus décisionnel européen. Cela implique également de renforcer l’engagement du CCRE en faveur des partenariats internationaux pour défendre la paix, la démocratie, la durabilité et la solidarité. »

Christoph Schnaudigel est le président de la section allemande du CCRE (RGRE) et le président du comté de Karlsruhe (Allemagne). Il est membre actif de la direction du CEMR depuis 2017, date à laquelle il est devenu porte-parole pour les services publics.

À l’occasion du 75e anniversaire du CCRE

Le Sommet de Rovaniemi s’appuie sur les 75 ans d’expérience du CCRE dans le soutien aux villes et aux régions confrontées à des transformations majeures, de la reconstruction d’après-guerre aux transitions climatiques et sociales actuelles.

Les dirigeants locaux ont célébré cet événement marquant par le lancement d’une nouvelle présentation vidéo du CCRE, ainsi que par une série d’entretiens intitulée « Les voix de nos 75 ans d’histoire ». Un photomaton présentant un journal « Local Time », mettant en vedette « Nos dirigeants locaux », faisait également partie des célébrations.

Le Sommet des dirigeants du CCRE à Rovaniemi était organisé par la ville de Rovaniemi et l’Association des villes et municipalités finlandaises (Kuntaliitto).

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Déclaration politique budgétaire de l’UE

Leaders Summit Finland 2026

Les dirigeants locaux du CCRE adoptent une déclaration politique en faveur d’un budget de l’UE qui profite à tous les territoires.


Réunis à Rovaniemi le 5 juin, les dirigeants locaux appellent les chefs d’État et de gouvernement de l’UE à inclure dans leurs négociations avec le Conseil les recommandations du Parlement européen concernant le budget de l’UE relatives à la gouvernance multiniveaux, à la mise en œuvre territoriale et à la prévisibilité des financements.


Les dirigeants locaux du Comité politique du Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) ont adopté une déclaration politique appelant les chefs d’État et de gouvernement de l’UE à intégrer les principales recommandations du Parlement européen relatives au prochain budget de l’UE (2028-2034) dans leurs négociations au sein du Conseil européen. Cette déclaration, avec 55 signatures, approuvée lors du sommet des dirigeants du CCRE à Rovaniemi, intervient à un moment crucial des discussions interinstitutionnelles sur le prochain cadre financier pluriannuel (CFP).

En approuvant cette déclaration en faveur d’un budget européen adapté à chaque territoire, les membres du CCRE insistent sur la nécessité de veiller à ce que le prochain budget à long terme soit à la hauteur des ambitions de l’UE en matière de cohésion, de compétitivité et de partenariat mondial. Adressée aux dirigeants nationaux, la déclaration plaide pour un budget territorialisé, prévisible et fondé sur une véritable gouvernance à plusieurs niveaux.

Un timing particulièrement significatif

Cette déclaration fait suite à l’adoption par le Parlement européen, lors de sa séance plénière du 28 avril 2026, de son rapport intérimaire sur le budget de l’UE pour la période 2028-2034, dans lequel le Parlement a défini ses priorités politiques et qui servira de base aux négociations avec le Conseil.

Alors que les États membres, réunis les 18 et 19 juin, finaliseront leur position, le CCRE les appelle à prendre en considération la position et les propositions présentées par le Parlement européen en vue d’un budget de l’UE qui garantisse la compétitivité, la cohésion et la confiance sur l’ensemble du territoire.

Principales revendications de la déclaration politique

Concrètement, la déclaration encourage les chefs d’État et de gouvernement à respecter les principales recommandations du Parlement européen concernant la gouvernance à plusieurs niveaux, la mise en œuvre territoriale et la prévisibilité des financements dans le cadre des futurs plans de partenariat nationaux et régionaux (PPNR). Elle appelle également au maintien des instruments territoriaux d’innovation et de compétitivité, ainsi qu’à un soutien stable et prévisible à l’innovation, au développement et à l’investissement dans les villes et les régions au titre du futur Fonds européen pour la compétitivité (FEC).

Les collectivités locales et régionales sont essentielles pour concrétiser les priorités de l’UE en projets, services et investissements sur le terrain. Parmi les principaux appels de la déclaration politique figure la nécessité de maintenir un financement solide et clairement défini pour la politique de cohésion, garantissant ainsi des investissements clés pour la cohésion économique, sociale et territoriale dans toutes les régions.

Elle insiste également sur le fait que les gouvernements locaux et régionaux doivent être dûment impliqués dans la conception et la mise en œuvre des futurs programmes de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Le texte appelle en outre à la protection des outils intégrés de développement territorial et urbain, à un renforcement des capacités administratives des gouvernements locaux et régionaux, et à une approche plus réaliste des règles de performance et de réalisation des investissements à long terme.

Concernant la compétitivité, la déclaration affirme que la future CCE doit être accessible sur l’ensemble du territoire et mieux adaptée aux réalités locales. Elle appelle également l’UE à reconnaître les collectivités locales et régionales comme des partenaires à part entière de l’action extérieure et de la coopération au développement.

Le message général est clair : si l’UE veut que son prochain budget produise des résultats concrets pour les citoyens, elle doit donner aux gouvernements locaux et régionaux les moyens et le rôle nécessaires pour y parvenir.

Campagne de plaidoyer du CEMR sur le prochain budget de l’UE

Cette action s’inscrit dans le cadre de la campagne plus vaste menée par le CCRE sur le futur budget de l’UE. Cette campagne souligne que les décisions actuellement en cours de négociation détermineront la capacité de l’Union européenne à investir dans les citoyens et les territoires pour la prochaine décennie. Elle met également en garde contre le risque qu’une plus grande flexibilité dans la nouvelle architecture budgétaire se fasse au détriment des garanties en matière d’investissement territorial, de gouvernance à plusieurs niveaux et de financement prévisible pour les villes, les agglomérations et les régions.

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Le CCRE salue l’orientation du Parlement sur PPNR

ODELL - Democracy news

Notre réaction au projet de rapport du Parlement européen sur les plans de partenariat nationaux et régionaux (PPNR)


Le Parlement européen a franchi une étape importante vers l’élaboration du futur budget de l’UE pour la période 2028-2034 avec la publication de son projet de rapport sur les plans de partenariat nationaux et régionaux (PPNR). Rédigé conjointement par trois députés européens des commissions REGI (Andrey Novakov), BUDG (Karlo Ressler) et AGRI (Elsi Katainen), ce projet de rapport constitue une première étape vers la prise de position du Parlement sur la manière dont les fonds européens devraient être conçus et distribués dans les régions et les villes d’Europe.

Pour le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE), ce rapport envoie un signal encourageant : les collectivités locales et régionales doivent rester au cœur de la politique d’investissement de l’UE.

Le projet de rapport reflète plusieurs propositions d’amendement importantes au CCRE. Celles-ci comprennent :

  • Une gouvernance à plusieurs niveaux plus forte et applicable, reconnue comme une conditionnalité horizontale.
  • Un budget dédié aux stratégies territoriales et urbaines intégrées.
  • Des conditions plus favorables pour les gouvernements locaux et régionaux, notamment une réduction du cofinancement national, une augmentation du préfinancement et le retour à la règle de désengagement N+3.

Elle garantit également des avantages concrets tels que le soutien au renforcement des capacités administratives et des outils de mise en œuvre territoriale plus clairs, reconnaissant le rôle central des autorités locales dans la mise en œuvre des priorités de l’UE sur le terrain.

Une disposition particulièrement importante du CEMR est la proposition d’affecter une partie des fonds de l’UE à des stratégies territoriales et urbaines intégrées :

« Nous saluons la proposition visant à allouer au moins 11 % du financement du Fonds européen de développement régional (FEDER) aux stratégies territoriales et urbaines intégrées. Cela renforce l’approche territoriale et offre aux collectivités locales et régionales la visibilité nécessaire pour planifier, investir et obtenir des résultats. »

Kamila Blahova, Maire de Litvínov, Porte-parole du CCRE pour la cohésion territoriale.

Cet engagement contribuerait à garantir que les investissements répondent directement aux besoins des communautés, tout en renforçant la capacité des villes et des régions à planifier leur développement à long terme.

Vous trouverez ici tous les détails des modifications apportées par le CEMR.

Cities and regions united 

Le CEMR fait partie de l’Alliance locale, une coalition de réseaux de premier plan représentant environ 2 000 villes et régions à travers l’Europe, qui a réagi conjointement au rapport du Parlement. L’Alliance salue le rôle renforcé des autorités locales et régionales et appelle les institutions de l’UE à veiller à ce que ces engagements soient pleinement pris en compte dans le budget final de l’UE.

Lire le communiqué de presse complet de l’Alliance locale ici

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Rencontrez Emil Boc (Cluj-Napoca) 

Cluj Napoca - Local Heroes 2026

À la rencontre du héros local : Emil Boc. De la direction nationale à la transformation locale — et un appel à placer les villes au cœur de l’avenir de l’Europe 


Pour Emil Boc, le leadership ne s’est jamais limité à un seul niveau de gouvernance. Ancien Premier ministre de la Roumanie jusqu’en 2012, devenu depuis maire de longue date de Cluj-Napoca, son parcours reflète une continuité rare entre vision nationale et mise en œuvre locale.

Aujourd’hui, alors que l’Europe débat de son prochain budget, le message de Boc est clair : sans les villes et les régions à la table des négociations, le projet européen risque de perdre à la fois en efficacité et en légitimité.

Du Premier ministre au maire : pourquoi la vision passe avant tout 

Les années de Boc en tant que Premier ministre ont profondément façonné son approche de la gouvernance locale.

« La première leçon », explique-t-il, « est qu’aucun pays — et aucune ville — ne peut se développer sans une vision claire, suivie d’une stratégie et d’un plan concret. »

De retour à Cluj-Napoca après son passage au niveau national, il a appliqué cette logique avec précision. La ville a identifié son avantage compétitif — les universités, l’éducation et l’innovation — et a construit un modèle de développement fondé sur une économie de la connaissance.

Mais au-delà de la stratégie économique, Boc insiste : le leadership ne se limite pas à l’administration :

« Un leader n’est pas là seulement pour maintenir les services ou nettoyer les rues. Il faut une vision à long terme et la discipline de s’y tenir. »

Transformer Cluj-Napoca en ville pro-européenne

Au cours des deux dernières décennies, Boc a supervisé une transformation profonde.

Autrefois considérée comme l’une des villes les plus eurosceptiques de Roumanie, Cluj-Napoca — une ville d’environ 300 000 habitants située dans le nord-ouest du pays, avec une économie dynamique fondée sur les universités et l’innovation — est aujourd’hui, selon ses mots, « la ville la plus pro-européenne du pays ».

Ce changement ne s’est pas fait du jour au lendemain. Il s’est construit « jour après jour », en intégrant ce que Boc appelle un mode de vie européen : ouverture, tolérance et coopération — combinés à une utilisation stratégique des fonds de l’UE.

Les résultats sont visibles partout : infrastructures, écoles, transports publics et rénovation urbaine. Pour Boc, il ne s’agit pas de politiques abstraites, mais de preuves concrètes de ce que l’Europe apporte.

« Si quelqu’un me demande pourquoi l’Europe est importante », dit-il, « je n’ai qu’à sortir dehors. Les écoles, les routes, les parcs — ils existent grâce aux financements européens. »

Au cœur de cette transformation se trouve une idée simple : la liberté de rester

« Les gens ne devraient pas être contraints de quitter leur ville ou leur pays pour des raisons économiques. L’Europe doit garantir non seulement la liberté de circulation, mais aussi la liberté de construire une vie chez soi. »

Ce message résonne particulièrement en Roumanie, un pays qui a connu l’une des plus grandes vagues d’émigration au sein de l’Union européenne. Depuis le début des années 2000, des millions de Roumains — dont beaucoup de jeunes, éduqués et mobiles — sont partis étudier et travailler à l’étranger, à la recherche de meilleures opportunités économiques et conditions de vie. Si cette mobilité reflète l’une des libertés fondamentales de l’UE, elle a aussi créé de profonds déséquilibres territoriaux, certaines villes et régions perdant des talents à un moment crucial de leur développement.

Les enjeux du prochain budget de l’UE

Alors que les négociations s’intensifient sur le prochain cadre financier pluriannuel, Boc avertit que le rôle des villes et des régions est loin d’être garanti.

Son inquiétude n’est pas rhétorique — elle est structurelle.

D’abord, il estime que les gouvernements locaux doivent passer d’un rôle consultatif à un véritable pouvoir décisionnel :

« Nous voulons être à la table, pas au menu. »

Une question clé concerne la manière dont la Commission européenne prévoit d’introduire les « contrôles régionaux ». Sans valeur juridique, Boc craint qu’ils ne deviennent un simple exercice administratif plutôt qu’un véritable partenariat.

Sa proposition est claire : une clause de subsidiarité contraignante, garantissant l’implication des municipalités et des régions à chaque étape — de la conception à la mise en œuvre et à l’évaluation — avec la possibilité de rejeter des plans nationaux qui les ignorent.

Ensuite, il s’oppose aux propositions visant à fusionner les fonds de la politique de cohésion avec d’autres priorités, notamment l’agriculture.

« Ce sont deux piliers de l’Union européenne. S’ils sont mis dans le même panier, les villes et les régions risquent d’y perdre. »

Troisièmement, Boc insiste pour que la politique de cohésion reste universelle. Limiter l’accès uniquement aux régions moins développées affaiblirait la capacité de l’Europe à réduire les inégalités sur l’ensemble du territoire.

« La cohésion est la colle qui maintient l’Europe unie — et cette colle est nécessaire partout. »

Enfin, il appelle à inclure des chapitres régionaux dédiés dans les plans nationaux, afin de garantir que les perspectives locales ne soient pas marginalisées.

Du climat à la défense : investir dans les villes, c’est investir dans l’Europe 

Pour Boc, le débat sur le budget de l’UE est avant tout une question de crédibilité.

« L’Europe a la vision. Elle doit maintenant avoir les moyens de la concrétiser. »

Il cite la politique climatique comme exemple concret. Les villes sont appelées à jouer un rôle moteur dans la transition — notamment à travers des initiatives de neutralité climatique — mais sans financements suffisants, ces ambitions risquent de rester théoriques.

Dans le même temps, il souligne l’interconnexion croissante entre les politiques publiques. Les investissements dans les infrastructures urbaines, comme les systèmes de métro, remplissent plusieurs fonctions : durabilité, mobilité et même résilience en temps de crise.

« Regardez comment les métros sont utilisés en situation d’urgence », note-t-il. « Ce n’est pas seulement une politique climatique — c’est aussi une question de sécurité et de préparation. »” 

Une Europe construite avec ses villes

L’argument de Boc est autant politique que financier.

L’Union européenne, affirme-t-il, ne peut pas être réduite à des négociations entre capitales.

« Ce n’est pas seulement une union d’États. C’est une union de municipalités, de régions et de villes. »

Les exclure de la prise de décision affaiblirait non seulement les politiques publiques, mais éroderait également la diversité et la cohésion qui définissent l’Europe elle-même.

Alors que l’UE se projette vers 2034 et au-delà, le message de Boc est à la fois un avertissement et une feuille de route :

Sans des gouvernements locaux forts, il n’y a pas d’Europe forte.

Découvrez notre campagne pour le budget de l’UE et ce que nous avons réalisé jusqu’à présent :

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Groupe de travail du CCRE sur le logement

EU housing news 2026

Abordable, durable, agréable à vivre : ce que les collectivités locales attendent de l’UE en matière de logement 


La crise du logement est devenue l’un des défis sociétaux majeurs du XXIe siècle, touchant les communautés à travers toute l’Europe : des grandes villes aux zones rurales, elle redéfinit les réalités sociales, économiques et démographiques. La hausse des coûts du logement, le sans-abrisme et le sous-investissement chronique sapent l’égalité, la cohésion et la durabilité. Pour faire face à cette situation d’urgence, il faut des solutions intégrées et adaptées au contexte local qui relient le logement aux services, à la mobilité, à l’emploi et à la qualité de vie. En tant qu’acteurs de première ligne, les collectivités locales et régionales doivent être reconnues comme des partenaires clés de la réponse européenne, travaillant avec les institutions nationales et européennes pour offrir à tous des logements abordables, durables et inclusifs.

La crise du logement en Europe se fait le plus vivement ressentir là où les gens vivent, travaillent et étudient. Le 9 avril 2026, le groupe de travail sur le logement du CCRE a réuni les points de vue des collectivités locales et régionales sur la manière de mesurer l’accessibilité financière, de répondre aux locations de courte durée et d’accélérer la construction de logements.

Cette discussion intervient à un moment charnière, alors que le Plan européen pour le logement abordable de la Commission européenne a placé le logement au cœur de l’agenda de l’UE et que les préparatifs sont en cours pour une loi sur le logement abordable visant à aider les autorités publiques à faire face à la pression dans les « zones en situation de pénurie de logements », notamment par des mesures liées aux locations de courte durée. Le Parlement européen intensifiant également ses travaux sur la crise du logement, la dynamique politique s’accélère clairement.

L’accessibilité financière au-delà d’un simple chiffre

L’un des principaux enseignements tirés d’un échange avec Sandra Di Biaggio, responsable de la recherche et des politiques à l’ESPON, à l’occasion d’une présentation sur le projet Housing4All, est que l’accessibilité financière est multidimensionnelle. Elle ne peut se réduire aux seuls prix : les revenus et le revenu résiduel comptent, mais il en va de même pour les factures d’énergie, les coûts de mobilité, l’accès aux services et la qualité du logement. Les participants ont également souligné que les lacunes en matière de données, notamment le manque de données harmonisées sur les revenus au niveau local, peuvent rendre les comparaisons difficiles, ce qui renforce la nécessité d’une analyse basée sur le lieu.

Des combinaisons de politiques sur mesure

La discussion au sein du groupe de travail a souligné qu’aucun instrument unique ne peut résoudre le problème de l’accessibilité financière partout. Les pressions sur le logement varient considérablement, allant de l’urbanisation et du tourisme à la demande étudiante et à la financiarisation, parallèlement à des contraintes d’offre telles que la hausse des coûts et la capacité de construction. Cela nécessite des combinaisons de politiques adaptées aux réalités locales, où l’action de l’UE apporte une valeur ajoutée en créant les conditions propices (investissement, clarté juridique, meilleures données, simplification intelligente) plutôt qu’en imposant des solutions uniformes.

Locations de courte durée et autonomie locale

En ce qui concerne les locations de courte durée, les participants ont souligné la nécessité d’une sécurité juridique pour les collectivités locales lorsqu’elles adoptent des politiques en la matière, sans porter atteinte à leurs compétences. Des définitions trop rigides dans la réglementation risquent de limiter la capacité d’action locale, en particulier si les règles ne s’appliquent qu’au sein de « zones de tension » étroitement définies. Parallèlement, une meilleure application des outils existants et des orientations plus claires sur ce qui est compatible avec le droit de l’UE pourraient renforcer l’action locale.

Construire plus vite et mieux. Enfin, le groupe de travail a examiné comment l’industrialisation, la normalisation et la numérisation dans le secteur de la construction, parallèlement à la rénovation, à la circularité et à la performance énergétique, pourraient accélérer la livraison tout en soutenant les objectifs climatiques de l’Europe.

Le CCRE continuera à faire valoir les perspectives locales et régionales dans le débat européen à mesure que les travaux avancent vers l’adoption de la loi sur le logement abordable (prévue pour fin 2026).

En savoir plus sur la position du CCRE en matière de logement

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