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Les voix de nos 75 ans d’histoire

The Hague

Jan Van Zanen : « Si nous voulons avoir un impact, les gouvernements mondiaux et locaux doivent travailler main dans la main »

912 mots
4–6 minutes

Jan Van Zanen, maire de La Haye et président de Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU), est une figure emblématique de la coopération municipale internationale. Fort d’une expérience de plus de dix ans au sein du CCRE et de CGLU, il a pu constater directement comment les villes influencent de plus en plus les réponses mondiales aux défis communs, du changement climatique à la cohésion sociale.

Cet entretien a été enregistré à Barcelone lors de la retraite de CGLU en février 2026. Van Zanen y revient sur les moments marquants de son engagement au sein du mouvement municipal mondial, sur l’importance des réseaux internationaux de villes et sur sa vision de l’avenir du CEMR et de CGLU.

Un moment décisif à La Haye

Pour Jan Van Zanen, un souvenir se détache clairement parmi ses années au sein du CEMR et de CGLU : l’organisation du Conseil mondial de CGLU à La Haye en 2024.

UCLG - Jan Van Zanen interview

Pendant trois jours, plus de 300 dirigeants locaux venus du monde entier se sont réunis à La Haye, un événement à la fois politique et symbolique. Cette rencontre s’est tenue 125 ans après la première Conférence de La Haye sur la paix, conférant ainsi à l’événement une dimension historique particulière.

« Voir cette communauté mondiale se rassembler à La Haye, se souvient-il, était très significatif. »

*Conseil mondial de CGLU à La Haye en 2024

Cet événement a également marqué une étape importante pour Van Zanen, qui a pris la présidence tournante de CGLU. Fidèle à la longue tradition de La Haye comme centre de paix et de justice, la réunion a abouti à l’adoption de la Charte de La Haye sur la paix municipale, un document destiné à guider les villes dans la promotion du dialogue et le renforcement des communautés pacifiques au niveau local.

« Le faire dans ma propre ville, entouré de collègues venus du monde entier, a rendu l’expérience vraiment inoubliable », dit-il. « C’est un souvenir dont je suis toujours fier. »

Les villes au cœur des défis mondiaux

Au-delà des étapes marquantes, Van Zanen souligne l’importance croissante de la coopération internationale entre les villes. Selon lui, les gouvernements locaux et régionaux sont aujourd’hui en première ligne des grandes transformations mondiales.

« De l’adaptation au changement climatique aux migrations, en passant par la numérisation et la cohésion sociale, ces évolutions peuvent être mondiales, mais elles ont toujours un impact local, dans nos rues et nos quartiers », explique-t-il.

C’est précisément pourquoi des réseaux comme le CCRE et la CGLU jouent un rôle crucial. Pour des villes comme La Haye, qui abrite de nombreuses institutions internationales, l’engagement au niveau mondial est à la fois naturel et nécessaire. Mais, insiste-t-il, la valeur de ces réseaux dépasse la simple visibilité ou le prestige.

« Il s’agit de créer des liens avec d’autres villes », explique-t-il. « S’asseoir autour d’une table avec d’autres maires et responsables locaux, et échanger ouvertement sur ce qui fonctionne dans la pratique. »

Grâce à cet échange entre pairs, les villes peuvent partager des solutions, apprendre les unes des autres et renforcer leur résilience collective. À terme, cette coopération se traduit par des politiques plus efficaces et des avantages concrets pour les citoyens.

Reconnaître les collectivités locales comme des partenaires clés

Pour l’avenir, Van Zanen expose une vision ambitieuse mais claire pour le CCRE et CGLU au cours de la prochaine décennie. Il souhaite que les deux organisations soient pleinement reconnues comme des partenaires indispensables à l’élaboration des politiques à tous les niveaux.

« J’espère que le CCRE et CGLU seront reconnus partout comme des acteurs clés dans l’élaboration de solutions », déclare-t-il, « non seulement au niveau mondial, mais aussi au sein de l’Union européenne et au niveau national. »

Au cœur de cette ambition se trouve l’idée que les collectivités locales doivent être impliquées dès le début de l’élaboration des grands accords, qu’ils portent sur le climat, les migrations ou le développement. Pour Van Zanen, cette implication précoce est essentielle pour garantir que les politiques soient à la fois concrètes et efficaces.

« Impliqué dès le début, avec un rôle clair et reconnu », insiste-t-il.

Toutefois, la reconnaissance à elle seule ne suffit pas. Il souligne également l’importance d’associer les responsabilités à des ressources adéquates, notamment en matière d’accès au financement. Sans cela, les villes ne pourront pas pleinement honorer leurs engagements.

De l’ambition à l’impact

Les réflexions de Van Zanen dégagent un message constant : les gouvernements locaux et régionaux ne sont pas seulement des exécutants, mais aussi des innovateurs et des moteurs essentiels du changement.

« Les villes mettent en œuvre, les villes innovent, les villes sont au plus près des citoyens », remarque-t-il.

Cette proximité confère aux collectivités locales une capacité unique à traduire les ambitions mondiales en actions concrètes. Mais pour exploiter pleinement ce potentiel, une collaboration renforcée entre les différents niveaux de gouvernance est nécessaire.

« Si nous voulons vraiment avoir un impact, les gouvernements mondiaux et les gouvernements locaux doivent travailler main dans la main », conclut-il.

Pour Van Zanen, l’histoire du CCRE au cours des 75 dernières années illustre parfaitement cette capacité : transformer une ambition partagée en résultats concrets. Renforcer ce rôle dans les années à venir sera essentiel pour relever les défis complexes qui nous attendent et pour garantir que les solutions soient ancrées là où elles sont les plus nécessaires : dans les villes, les régions et leurs communautés locales.

Regardez l’interview vidéo ici.

  • La Haye fait partie de l’association nationale VNG du CCRE.

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Sommet des dirigeants à Rovaniemi

CEMR Leaders Summit 2026 - Rovaniemi

Les dirigeants locaux du CCRE adoptent une déclaration politique appelant à placer la cohésion, la compétitivité et les partenariats mondiaux au cœur du prochain budget de l’UE


Réunis au Sommet des dirigeants du CCRE à Rovaniemi, quelque 150 élus locaux appellent les chefs d’État et de gouvernement de l’UE à intégrer les recommandations du Parlement européen sur le budget de l’UE relatives à la gouvernance à plusieurs niveaux, à la mise en œuvre territoriale et à la prévisibilité des financements dans leurs négociations avec le Conseil.


Plus de 150 dirigeants locaux de 29 pays européens se sont réunis à Rovaniemi, en Finlande, pour le Sommet des dirigeants du Conseil des communes et des régions d’Europe (CCRE), participant à des discussions opportunes sur les principales priorités européennes.

Une déclaration politique à un moment charnière

L’un des principaux résultats du sommet a été l’adoption d’une déclaration politique signée par 55 dirigeants locaux appelant les chefs d’État et de gouvernement de l’UE à intégrer les recommandations clés du Parlement européen concernant le prochain budget de l’UE (2028-2034) dans leurs négociations au sein du Conseil européen. Adoptée lors du sommet des dirigeants du CCRE à Rovaniemi, cette déclaration intervient à un moment crucial des discussions interinstitutionnelles sur le prochain cadre financier pluriannuel (CFP).

En approuvant cette déclaration en faveur d’un budget européen adapté à chaque territoire, les membres du CCRE insistent sur le fait que la cohésion, la compétitivité et les partenariats mondiaux demeurent au cœur du prochain budget à long terme de l’UE. Adressée aux dirigeants nationaux, la déclaration plaide pour un budget territorialisé et prévisible, fondé sur une véritable gouvernance à plusieurs niveaux.

Cette déclaration fait suite à l’adoption par le Parlement européen, lors de sa séance plénière du 28 avril 2026, de son rapport intérimaire sur le budget de l’UE pour la période 2028-2034, dans lequel le Parlement a défini ses priorités politiques et qui servira de base aux négociations avec le Conseil.

Étant donné que les États membres finaliseront leur position lors de la réunion du Conseil qui se tiendra les 18 et 19 juin, le CCRE les appelle à prendre en considération la position et les propositions présentées par le Parlement européen en vue d’un budget de l’UE qui garantisse la compétitivité, la cohésion et la confiance sur l’ensemble du territoire.

Christoph Schnaudigel, président du CCRE, a déclaré : « Le prochain budget de l’UE doit bénéficier à tous les territoires européens. C’est dans les villes et les régions que la politique européenne se concrétise : c’est là que l’on gère les inondations, que l’on a besoin de centres de rafraîchissement, que les entreprises investissent ou partent. La compétitivité et la résilience de l’Europe seront aussi fortes que son territoire le plus vulnérable. Il est temps d’agir. »

Les responsables locaux participant au Sommet des dirigeants du CCRE ont également eu l’occasion d’échanger avec Giuseppe Lupo, député européen et vice-président de la commission des budgets de l’UE, sur les négociations interinstitutionnelles relatives au prochain CFP. Au cours de cette discussion, M. Luppo a déclaré : « Nous demandons la position officielle du Conseil ; il est donc primordial de développer toute initiative visant à convaincre les États membres d’accepter la proposition du Parlement européen. »

Collectivités locales et régionales : renforcer la résilience par la prévoyance et la préparation

Le Sommet a également servi de plateforme pour discuter de la manière dont les gouvernements locaux et régionaux peuvent mieux utiliser la prévoyance et la préparation pour anticiper et atténuer les impacts des crises et des situations d’urgence.

En tant que pays hôte, la Finlande – reconnue internationalement comme un chef de file mondial en matière de préparation aux crises et de prospective stratégique à long terme – a apporté des contributions précieuses. Les participants ont examiné comment les institutions démocratiques, à tous les niveaux, doivent évoluer pour gouverner efficacement dans une ère marquée par l’incertitude et les bouleversements.

Katri Kulmuni, ancienne vice-Première ministre de Finlande et députée européenne la plus septentrionale, a déclaré : « La préparation est un mode de vie plus global. Il ne s’agit pas d’une dépense, mais d’un investissement, et cela ne fonctionnera que si les communautés locales y participent. »

Le débat politique a rassemblé des voix venues de tout le continent, du nord au sud.

Le directeur des services techniques de la ville de Rovaniemi, Pertti Onkalo, a déclaré : « Partout en Europe, les villes et les régions sont confrontées à des défis similaires, même si chacune présente des caractéristiques propres. En partageant les enseignements tirés de l’expérience, nous pouvons éviter de réinventer la roue.» Il a également ajouté : « Aujourd’hui, l’importance de la préparation est de plus en plus reconnue ; mais cette préparation doit être mise en place avant une crise, et non pendant. »

Voici ce qu’a déclaré Elisabeth Unell, maire de Västerås en Suède : « Se préparer signifie s’exercer à différents scénarios et se préparer ensemble. Nous avons besoin d’une coordination et d’un partage d’expériences plus étroits entre les collectivités locales à travers l’Europe. »

« La préparation et la prévoyance font de plus en plus partie de notre ADN, surtout en Europe occidentale. En cas de crise, l’élément essentiel, c’est la structure. Mais ce n’est pas toujours l’État qui peut intervenir immédiatement. Il est également important d’investir dans les collectivités locales.» Ap Reinders, maire de Stichtse Vecht.

La maire d’Estarreja (Portugal), Isabel Simoes Pinto, a soutenu que « pour les citoyens, la préparation ne peut pas être un concept abstrait. Elle doit provenir de la confiance des dirigeants locaux. Nous devons transformer la préparation en une dimension normale de la gouvernance, un aspect quotidien de la vie. » – Maire d’Estarreja (Portugal), Isabel Simoes Pinto

Christoph Schnaudigel nommé président du CCRE

Lors du Sommet, le Comité des politiques du CCRE a nommé Christoph Schaudigel nouveau président de l’organisation, suite à la démission de Gunn Marit Helgesen après son élection à la présidence du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux (CLRAE).

Les dirigeants locaux du CCRE ont également décidé que Gunn Marit Helgesen continuerait à exercer les fonctions de coprésidente du CCRE aux côtés de Philippe Laurent et Vince Maple.

Dans son discours d’investiture, Christoph Schnaudigel a déclaré : « C’est un honneur pour moi d’assumer la présidence du CCRE à un moment aussi crucial pour les villes et les régions d’Europe. Alors que les négociations sur le prochain budget de l’UE se poursuivent et que nos valeurs et notre démocratie locale sont de plus en plus mises à l’épreuve dans un contexte géopolitique turbulent, notre unité est plus importante que jamais. Je me réjouis de travailler encore plus étroitement avec tous nos membres afin de garantir que les voix locales soient entendues et impliquées dans le processus décisionnel européen. Cela implique également de renforcer l’engagement du CCRE en faveur des partenariats internationaux pour défendre la paix, la démocratie, la durabilité et la solidarité. »

Christoph Schnaudigel est le président de la section allemande du CCRE (RGRE) et le président du comté de Karlsruhe (Allemagne). Il est membre actif de la direction du CEMR depuis 2017, date à laquelle il est devenu porte-parole pour les services publics.

À l’occasion du 75e anniversaire du CCRE

Le Sommet de Rovaniemi s’appuie sur les 75 ans d’expérience du CCRE dans le soutien aux villes et aux régions confrontées à des transformations majeures, de la reconstruction d’après-guerre aux transitions climatiques et sociales actuelles.

Les dirigeants locaux ont célébré cet événement marquant par le lancement d’une nouvelle présentation vidéo du CCRE, ainsi que par une série d’entretiens intitulée « Les voix de nos 75 ans d’histoire ». Un photomaton présentant un journal « Local Time », mettant en vedette « Nos dirigeants locaux », faisait également partie des célébrations.

Le Sommet des dirigeants du CCRE à Rovaniemi était organisé par la ville de Rovaniemi et l’Association des villes et municipalités finlandaises (Kuntaliitto).

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Les voix de nos 75 ans d’histoire

Christoph Chaillou

Christophe Chaillou : « L’Europe ne peut se construire sans ses territoires locaux. »

787 mots
3–5 minutes

Christophe Chaillou a été directeur de cabinet du secrétaire général du Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) de 1992 à 2007, durant l’une des périodes les plus transformatrices de l’histoire européenne. Ayant accompagné l’organisation à travers les années charnières de la Commission Delors, les transitions démocratiques en Europe de l’Est et la reconnaissance formelle des collectivités locales et régionales par les institutions européennes, il a constaté de visu comment le CCRE a contribué à façonner la place des villes et des régions au sein du projet européen.

Dans cet entretien, il revient sur les moments marquants de son passage au CCRE, les présidents avec lesquels il a travaillé et le message qui, selon lui, doit continuer à guider le CCRE aujourd’hui.

Un témoin privilégié d’une époque fondatrice

Le passage de Christophe Chaillou au CCRE a coïncidé avec une période d’élan exceptionnel pour l’intégration européenne.

Ce fut le moment où les collectivités locales et régionales obtinrent une reconnaissance officielle de la part des institutions européennes, un objectif de longue date du CCRE qui devint enfin réalité. Pour Chaillou, cette convergence de forces politiques, institutionnelles et historiques fit de cette période un moment exceptionnel pour l’organisation.

“I had the privilege of accompanying CEMR at a time when the European project was especially valued,” he recalls. “It was a fantastic period. In many ways, it meant achieving many of our founding objectives.”

Au cœur de cette expérience résidait l’opportunité de travailler aux côtés de dirigeants exceptionnels. Parmi les présidents avec lesquels il a collaboré, il cite Pasqual Maragall [lire ici l’interview de Maragall en tant que chef de cabinet] et Valéry Giscard d’Estaing, figures marquantes qui l’ont profondément marqué. Chacun a apporté sa vision et son influence au travail du CCRE sur la scène européenne.

Un moment de réconciliation : Prague, 1993

De tous les moments qui ont marqué ses années au CCRE, un se distingue particulièrement. L’Assemblée générale tenue à Prague en 1993 reste, pour Chaillou, l’un des événements les plus marquants et symboliquement forts de l’histoire de l’organisation.

C’est à ce moment que le CCRE a accueilli les associations locales et régionales qui venaient d’être rétablies en Europe centrale et orientale, des organisations qui réclamaient leur place après des décennies de régime autoritaire et qui rejoignaient, pour la première fois, la grande famille européenne.

« Ce fut un moment de réconciliation européenne », dit-il. « Toutes les associations du continent étaient réunies. Ce fut sans aucun doute un moment très fort d’affirmation de notre message et, une fois de plus, de l’unité européenne. »

Cette assemblée revêtait une importance qui dépassait largement le cadre institutionnel. Pour les participants, elle illustrait de façon éclatante les valeurs défendues par le CCRE : la démocratie locale et l’intégration européenne n’étaient pas des ambitions distinctes, mais profondément liées.

Les libertés locales au cœur du travail de plaidoyer du CCRE

Au-delà des étapes symboliques, Chaillou souligne également le travail de plaidoyer stratégique mené par le CCRE durant son mandat de secrétaire général. Il mentionne notamment la reconnaissance accordée aux collectivités locales et régionales, qui a permis de garantir que les libertés locales soient non seulement reconnues en principe, mais aussi respectées dans la pratique au sein du cadre institutionnel européen.

Selon lui, cette réussite était le fruit d’une dynamique politique et d’efforts constants. Elle s’est construite grâce aux relations, à la crédibilité et à la clarté du message du CCRE, à une époque où l’Europe cherchait encore à définir son identité.

Le message fondateur du CCRE, toujours d’actualité aujourd’hui

Pour l’avenir, Chaillou est clair sur le défi le plus important. Dans une période marquée par la montée des menaces contre la démocratie, l’instabilité géopolitique croissante et les interrogations renouvelées sur l’avenir de l’intégration européenne, il estime que le CCRE doit renouer avec ses origines et porter son message fondateur avec une conviction renouvelée.

« Ce dont nous avons besoin aujourd’hui, c’est de renforcer tout cela », dit-il. « Le principal défi est de préserver et de promouvoir la démocratie locale sur tous les territoires ; l’esprit d’autonomie locale et d’intégration européenne. C’est le message fondateur du CCRE. »

Pour Chaillou, ce message est tout aussi pertinent aujourd’hui qu’au début des années 1990. L’Europe, insiste-t-il, ne peut se construire d’en haut. Elle doit s’enraciner dans ses territoires, là où vivent les citoyens, là où se prennent les décisions et là où la démocratie s’épanouit ou vacille.

« L’Europe ne peut se construire sans ses territoires », affirme-t-il. « Et c’est sur ces territoires que les libertés locales doivent s’affirmer. À une époque où les menaces sont nombreuses, notamment face à la remise en cause manifeste de la démocratie, il est essentiel de défendre ce message. »

Consultez l’intégralité de l’interview ici.

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Christophe Chaillou – thumbnail

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Les voix de nos 75 ans d’histoire

Barcelona - Antonia interview

Antònia Sabartés : « Je souhaite que le CCRE soit courageux et audacieux. »

1 206 mots
5–8 minutes

Antònia Sabartés

Antònia Sabartés a été chef de cabinet de Pasqual Maragall, maire de Barcelone, et président du Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) de 1992 à 1997. Étroitement impliquée dans la direction de l’organisation pendant une période charnière pour l’Europe, elle a constaté de visu comment le CCRE a contribué à façonner la place des gouvernements locaux et régionaux dans le projet européen.

*Antònia Sabartés – Chef de Cabinet de Pasqual Maragall, Président du CCRE de 1992 à 1997.

Dans cet entretien – enregistré à la Fundació Mies Van der Rohe à Barcelone, reconstruite pendant le mandat de Maragall en tant que maire de la capitale catalane et étroitement liée à l’Union européenne par le biais du Prix de l’Union européenne d’architecture contemporaine – elle revient sur la présidence de Maragall, les moments marquants de cette période et l’héritage qui, selon elle, continue de guider le CCRE aujourd’hui.

Pasqual Maragall : un Européen par conviction et par pratique

Pasqual Maragall a été élu président du CCRE en décembre 1991 à Paris et a pris ses fonctions le 9 mai 1992, à un moment de profonds bouleversements politiques, institutionnels et symboliques pour l’Europe. L’année de sa nomination a coïncidé avec les Jeux olympiques de Barcelone et la ratification du traité de Maastricht, le plaçant – ainsi que le CCRE – au cœur de la transformation européenne.

Pasqual Maragall with Jacques Delors - Arxiu Digital Pasqual Maragall, Fundació Catalunya Europa

En tant que maire de Barcelone, il incarna le rôle international croissant des villes, participant activement à la création d’Eurocités. Son parcours politique et intellectuel conforta cette vision : il avait étudié à Paris, avait été l’élève de Jacques Delors, connaissait des personnalités européennes importantes comme Romano Prodi et était issu d’une famille profondément pro-européenne.

*Pasqual Maragall avec Jacques Delors – Arxiu Digital Pasqual Maragall, Fundació Catalunya Europa

Pour Sabartés, cette combinaison d’expérience et de conviction le prédisposait particulièrement à diriger le CCRE à un moment où les collectivités locales et régionales revendiquaient une voix plus forte en Europe.

Des souvenirs qui ont compté : de Delors à Barcelone au Comité de pilotage à Prague

Certains moments restent particulièrement vivaces dans la mémoire de Sabartés, tant par leur poids symbolique que par leur importance historique. L’un d’eux fut l’investiture officielle de Pasqual Maragall à la présidence du CCRE à Barcelone, lors de la Journée de l’Europe en 1992 – un événement rendu exceptionnel par la présence de Jacques Delors. Ce dernier quittait rarement Bruxelles, et sa décision d’y assister soulignait à la fois l’importance de l’événement et la haute estime portée à Maragall et au CCRE.

Un autre événement marquant fut la réunion du Comité directeur de 1992 à Prague, tenue peu après les Jeux olympiques. Au-delà de son contexte, cette réunion a constitué un tournant pour le CCRE, renforçant sa consolidation interne et élargissant ses ambitions européennes à un moment crucial de transformation pour le continent.

Parallèlement à ces événements emblématiques, Sabartés évoque également des souvenirs plus personnels liés à la présidence de Maragall. Elle confie avoir eu des doutes au départ. Maire aux lourdes responsabilités, elle se demandait s’il pourrait consacrer suffisamment de temps au CCRE. Ces craintes furent rapidement dissipées. Maragall assista à toutes les réunions sans exception et s’investit pleinement dans sa fonction.

Pasqual Maragall avec Josef Hofmann, Conférence ECOS (Prague), dans les années 90. HAEU, CCRE-846

Elle se souvient aussi très bien de l’intense esprit de collaboration qui régnait au sein de l’équipe du CCRE durant ces années. Travaillant en étroite collaboration avec Elisabeth Gateau et Christophe Chaillou, la coordination entre Paris et Barcelone était constante et souvent exigeante. À l’ère pré-numérique, la communication reposait sur les appels téléphoniques et les fax, avec des messages courts parfois échangés plusieurs fois par jour. Réaliser ce qui est aujourd’hui chose aisée grâce à Internet nécessitait alors un véritable niveau de coordination.

Le rôle pertinent de Maragall dans la création du Comité des régions

Sous la direction de Maragall, le CEMR a joué un rôle central durant l’une des phases les plus importantes de l’intégration européenne. L’approbation du traité de Maastricht a ouvert de nouvelles perspectives, notamment la future création du Comité des régions.

*Vue générale dans l’auditorium de la cérémonie de signature du traité de Maastricht. © Communautés européennes, 1992.

L’obtention d’un siège pour le président du CCRE au sein de la première présidence du Comité des régions a constitué un succès majeur. Dès l’approbation du projet de Maastricht et jusqu’à la mise en place du Comité en 1994, le CCRE a œuvré sans relâche pour que les autorités locales et régionales soient prises en compte au sein du nouveau cadre institutionnel de l’UE.

Cet effort a été renforcé par la mise en place d’un Conseil consultatif des autorités locales et régionales par la Commission européenne, en étroite collaboration avec Eneko Landaburu, alors directeur général de la DG REGIO. Ces relations ont permis d’ouvrir des perspectives et de faire reconnaître le CCRE comme un interlocuteur clé.

Un autre accomplissement complexe mais décisif fut la réforme de la Conférence des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe, devenue le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux à deux chambres. Ce processus suscita un débat entre la CCRE et l’Assemblée des régions européennes, présidée par un autre Catalan, Jordi Pujol, alors président du gouvernement catalan.

Tout au long des discussions, les qualités personnelles de Maragall ont fait la différence. Polyglotte, accessible et profondément européen, il possédait un talent unique pour rapprocher les gens par-delà les clivages politiques et culturels, même lorsque leurs points de vue étaient opposés.

Un autre grand accomplissement : une vision qui compte encore

Au-delà des succès institutionnels, Sabartés estime que la contribution la plus importante de Maragall fut d’ordre stratégique et idéologique. Fédéraliste convaincu, il défendait une Europe fondée sur la subsidiarité, la proximité et la citoyenneté à une époque où ce discours était loin d’être dominant.

Il a également joué un rôle déterminant dans la définition du chemin qui allait mener à la création de Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU). En collaboration avec des maires tels que Jorge Sampaio de Lisbonne, Pierre Mauroy de Lille et les dirigeants de l’IULA, il a œuvré pour l’unification, notamment afin de renforcer la présence des collectivités locales au sein du système des Nations Unies.

*Pasqual Maragall avec Romani Prodí (2004) – Auteur : Bedmar, Jordi. Arxiu Digital Pasqual Maragall

La défense de la Charte européenne de l’autonomie locale comme référence mondiale a permis d’ouvrir des portes et de positionner l’Europe comme un chef de file en matière de démocratie locale, y compris au sein du système multilatéral.

« Courageux et audacieux », voilà ce que le CCRE doit devenir au cours des 10 prochaines années.

Pour l’avenir, Sabartés a une vision claire de ce qu’elle attend du CCRE aujourd’hui. Dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques, les inégalités sociales, les défis migratoires et la montée de l’extrême droite, elle estime que le CCRE doit faire preuve, une fois de plus, de courage.

« Je souhaite que le CCRE fasse preuve de courage et d’audace, comme nous l’avons fait durant les années Maragall », déclare-t-elle. « Il a surtout besoin d’un leadership fort. Si nous n’agissons pas, les gouvernements voisins risquent d’être marginalisés. Nous devons œuvrer pour améliorer la vie des citoyens européens, lutter contre les préjugés et défendre les valeurs auxquelles nous croyons. C’est mon rêve pour le CCRE. »

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Rencontrez Emil Boc (Cluj-Napoca) 

Cluj Napoca - Local Heroes 2026

À la rencontre du héros local : Emil Boc. De la direction nationale à la transformation locale — et un appel à placer les villes au cœur de l’avenir de l’Europe 


Pour Emil Boc, le leadership ne s’est jamais limité à un seul niveau de gouvernance. Ancien Premier ministre de la Roumanie jusqu’en 2012, devenu depuis maire de longue date de Cluj-Napoca, son parcours reflète une continuité rare entre vision nationale et mise en œuvre locale.

Aujourd’hui, alors que l’Europe débat de son prochain budget, le message de Boc est clair : sans les villes et les régions à la table des négociations, le projet européen risque de perdre à la fois en efficacité et en légitimité.

Du Premier ministre au maire : pourquoi la vision passe avant tout 

Les années de Boc en tant que Premier ministre ont profondément façonné son approche de la gouvernance locale.

« La première leçon », explique-t-il, « est qu’aucun pays — et aucune ville — ne peut se développer sans une vision claire, suivie d’une stratégie et d’un plan concret. »

De retour à Cluj-Napoca après son passage au niveau national, il a appliqué cette logique avec précision. La ville a identifié son avantage compétitif — les universités, l’éducation et l’innovation — et a construit un modèle de développement fondé sur une économie de la connaissance.

Mais au-delà de la stratégie économique, Boc insiste : le leadership ne se limite pas à l’administration :

« Un leader n’est pas là seulement pour maintenir les services ou nettoyer les rues. Il faut une vision à long terme et la discipline de s’y tenir. »

Transformer Cluj-Napoca en ville pro-européenne

Au cours des deux dernières décennies, Boc a supervisé une transformation profonde.

Autrefois considérée comme l’une des villes les plus eurosceptiques de Roumanie, Cluj-Napoca — une ville d’environ 300 000 habitants située dans le nord-ouest du pays, avec une économie dynamique fondée sur les universités et l’innovation — est aujourd’hui, selon ses mots, « la ville la plus pro-européenne du pays ».

Ce changement ne s’est pas fait du jour au lendemain. Il s’est construit « jour après jour », en intégrant ce que Boc appelle un mode de vie européen : ouverture, tolérance et coopération — combinés à une utilisation stratégique des fonds de l’UE.

Les résultats sont visibles partout : infrastructures, écoles, transports publics et rénovation urbaine. Pour Boc, il ne s’agit pas de politiques abstraites, mais de preuves concrètes de ce que l’Europe apporte.

« Si quelqu’un me demande pourquoi l’Europe est importante », dit-il, « je n’ai qu’à sortir dehors. Les écoles, les routes, les parcs — ils existent grâce aux financements européens. »

Au cœur de cette transformation se trouve une idée simple : la liberté de rester

« Les gens ne devraient pas être contraints de quitter leur ville ou leur pays pour des raisons économiques. L’Europe doit garantir non seulement la liberté de circulation, mais aussi la liberté de construire une vie chez soi. »

Ce message résonne particulièrement en Roumanie, un pays qui a connu l’une des plus grandes vagues d’émigration au sein de l’Union européenne. Depuis le début des années 2000, des millions de Roumains — dont beaucoup de jeunes, éduqués et mobiles — sont partis étudier et travailler à l’étranger, à la recherche de meilleures opportunités économiques et conditions de vie. Si cette mobilité reflète l’une des libertés fondamentales de l’UE, elle a aussi créé de profonds déséquilibres territoriaux, certaines villes et régions perdant des talents à un moment crucial de leur développement.

Les enjeux du prochain budget de l’UE

Alors que les négociations s’intensifient sur le prochain cadre financier pluriannuel, Boc avertit que le rôle des villes et des régions est loin d’être garanti.

Son inquiétude n’est pas rhétorique — elle est structurelle.

D’abord, il estime que les gouvernements locaux doivent passer d’un rôle consultatif à un véritable pouvoir décisionnel :

« Nous voulons être à la table, pas au menu. »

Une question clé concerne la manière dont la Commission européenne prévoit d’introduire les « contrôles régionaux ». Sans valeur juridique, Boc craint qu’ils ne deviennent un simple exercice administratif plutôt qu’un véritable partenariat.

Sa proposition est claire : une clause de subsidiarité contraignante, garantissant l’implication des municipalités et des régions à chaque étape — de la conception à la mise en œuvre et à l’évaluation — avec la possibilité de rejeter des plans nationaux qui les ignorent.

Ensuite, il s’oppose aux propositions visant à fusionner les fonds de la politique de cohésion avec d’autres priorités, notamment l’agriculture.

« Ce sont deux piliers de l’Union européenne. S’ils sont mis dans le même panier, les villes et les régions risquent d’y perdre. »

Troisièmement, Boc insiste pour que la politique de cohésion reste universelle. Limiter l’accès uniquement aux régions moins développées affaiblirait la capacité de l’Europe à réduire les inégalités sur l’ensemble du territoire.

« La cohésion est la colle qui maintient l’Europe unie — et cette colle est nécessaire partout. »

Enfin, il appelle à inclure des chapitres régionaux dédiés dans les plans nationaux, afin de garantir que les perspectives locales ne soient pas marginalisées.

Du climat à la défense : investir dans les villes, c’est investir dans l’Europe 

Pour Boc, le débat sur le budget de l’UE est avant tout une question de crédibilité.

« L’Europe a la vision. Elle doit maintenant avoir les moyens de la concrétiser. »

Il cite la politique climatique comme exemple concret. Les villes sont appelées à jouer un rôle moteur dans la transition — notamment à travers des initiatives de neutralité climatique — mais sans financements suffisants, ces ambitions risquent de rester théoriques.

Dans le même temps, il souligne l’interconnexion croissante entre les politiques publiques. Les investissements dans les infrastructures urbaines, comme les systèmes de métro, remplissent plusieurs fonctions : durabilité, mobilité et même résilience en temps de crise.

« Regardez comment les métros sont utilisés en situation d’urgence », note-t-il. « Ce n’est pas seulement une politique climatique — c’est aussi une question de sécurité et de préparation. »” 

Une Europe construite avec ses villes

L’argument de Boc est autant politique que financier.

L’Union européenne, affirme-t-il, ne peut pas être réduite à des négociations entre capitales.

« Ce n’est pas seulement une union d’États. C’est une union de municipalités, de régions et de villes. »

Les exclure de la prise de décision affaiblirait non seulement les politiques publiques, mais éroderait également la diversité et la cohésion qui définissent l’Europe elle-même.

Alors que l’UE se projette vers 2034 et au-delà, le message de Boc est à la fois un avertissement et une feuille de route :

Sans des gouvernements locaux forts, il n’y a pas d’Europe forte.

Découvrez notre campagne pour le budget de l’UE et ce que nous avons réalisé jusqu’à présent :

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Rencontrez Fabien Pérez (Marseille)

Marseille city image

Rencontrez le héros local : Fabien Pérez, qui fait de Marseille une ville climatiquement neutre


La voie de Marseille vers la neutralité climatique

Marseille est en pleine mutation écologique, amorcée en 2020 avec l’entrée de la lutte contre le changement climatique au cœur du débat politique local. Ce nouvel élan est apparu au moment même où l’Europe renforçait son soutien aux villes pionnières en matière de neutralité climatique, offrant ainsi à Marseille l’opportunité d’accélérer sa transition.

La ville a reconnu que ses défis étaient multidimensionnels. Réduire les émissions de gaz à effet de serre, s’adapter au changement climatique et lutter contre la précarité énergétique figuraient parmi les priorités urgentes. Les responsables locaux ont compris que l’action climatique était indissociable des réalités sociales.

En février 2026, avant les élections locales françaises, nous avons interviewé Fabien Pérez, alors conseiller municipal de Marseille chargé des Fonds européens, afin d’en savoir plus sur cette expérience.

Relier la vision locale à l’ambition européenne

En 2022, Marseille a été sélectionnée parmi 377 candidates pour rejoindre les 100 villes participant à la « Mission de l’UE : Villes neutres en carbone et intelligentes », un moment que Fabien Pérez décrit comme « le début d’un nouveau chapitre dans la transition écologique de Marseille ».

Deux ans plus tard, en 2024, la ville a officiellement reçu le label « 100 villes neutres en carbone » suite à une évaluation de la Commission européenne. Cette distinction renforce non seulement sa visibilité au niveau européen, mais lui donne également accès à une expertise technique et à des financements dédiés pour accélérer sa décarbonation — étapes cruciales vers l’objectif de neutralité climatique de l’Europe d’ici 2050.

Un processus collectif : élaborer un contrat partagé pour une ville climatique

L’un des piliers de cette transformation est le Contrat Ville Climat de Marseille, élaboré en collaboration avec la Métropole Aix-Marseille-Provence, la Région Sud et plus de 250 acteurs privés. Comme l’explique Pérez, « le Contrat Ville Climat a été préparé avec les citoyens, les entreprises, les associations… une feuille de route collective pour décarboner le territoire d’ici 2030 ».

Derrière cette feuille de route se cache un choix politique : abandonner une vision verticale et construire une stratégie partagée qui aborde divers sujets tels que la mobilité, le bâtiment, les énergies renouvelables, l’économie circulaire et les déchets, la nature en ville, l’agriculture urbaine, la mer et le littoral ou l’éducation.

L’élaboration du contrat a également créé un nouvel élan sur l’ensemble du territoire — une volonté de transformer la ville et d’accélérer la transition, conjuguée à la nécessité de sécuriser et de coordonner les ressources financières nécessaires.

Action climatique ancrée dans les réalités marseillaises

La transition écologique de Marseille est façonnée par les défis spécifiques à son territoire. Comme dans de nombreuses villes européennes, le transport routier est une source importante d’émissions. Mais Marseille subit également la pression des activités industrielles qui l’entourent, les émissions liées au transport aérien ou aux chaînes d’approvisionnement alimentaire, et les contraintes géographiques liées à son statut de grand port.

Son appartenance à la région méditerranéenne rend également cette ville extrêmement vulnérable aux effets du changement climatique. Comme l’explique Pérez, Marseille est régulièrement confrontée à des phénomènes météorologiques extrêmes, à la fragilité de ses sols et à un littoral déjà en pleine mutation – et qui continuera d’évoluer dans les années à venir. Ces vulnérabilités ont contraint les autorités locales à adopter une vision à long terme et à se préparer aux défis de demain.

L’urgence sociale est un autre facteur déterminant. Lutter contre la précarité énergétique est devenu non seulement une priorité environnementale, mais aussi un moyen de renforcer la cohésion sociale et d’apporter un soutien concret et significatif aux habitants. « La transition écologique doit aller de pair avec la justice sociale », affirme Pérez.

De la planification à l’action : des projets pertinents sur le terrain

Le label européen a déjà permis de débloquer de nouveaux financements pour la transition de Marseille. Près de 6 millions d’euros sont investis dans des initiatives concrètes et ancrées dans la communauté, notamment :

  • Un programme de sensibilisation de proximité (600 000 €), envoyant des ambassadeurs dans les quartiers clés pour travailler directement avec les résidents et les entreprises sur des initiatives écologiques.
  • Projet Jet Cities, soutenant les changements dans l’emploi et les compétences induits par la transition écologique (1,5 million d’euros).
  • Le projet « Poséidon » (400 000 €) promeut les énergies renouvelables, les systèmes de récupération de chaleur et la rénovation écoénergétique.
  • Le projet PeriAsty (1,2 million d’euros) soutient la transition des zones périurbaines d’Europe vers des environnements neutres en carbone, durables et résilients dans des domaines tels que la mobilité.
  • Un soutien supplémentaire via le mécanisme ELENA, contribuant au financement de rénovations à grande échelle des bâtiments publics et au développement des solutions d’énergies renouvelables.

Ces premiers projets illustrent comment Marseille passe de la planification à la réalisation, et comment le soutien européen peut aider les collectivités locales à transformer les stratégies à long terme en actions concrètes.

Marseille est également devenue signataire de la Convention des maires de l’UE en 2021, une initiative à laquelle participe également le CEMR. Dans le cadre de cette initiative, la ville a partagé plusieurs études de cas, notamment son plan pour des factures d’électricité à zéro euro, sa stratégie de rénovation des espaces publics, sa stratégie de chauffage urbain et sa stratégie de transformation énergétique communautaire.

Sous l’égide de la Métropole Aix-Marseille-Provence, la ville a participé aux missions de l’UE « Adaptation au changement climatique », une autre initiative à laquelle participe le CEMR, avec un budget de 999 000 € pour un projet combinant partenariats public-privé visant à réduire les émissions de CO₂.

Une ville méditerranéenne capable d’inspirer l’Europe

L’initiative de Marseille dans ce domaine, conjuguée à sa situation géographique et à son identité, en fait un exemple inspirant pour les autres villes européennes. Carrefour méditerranéen majeur, riche de communautés diverses et d’un paysage socio-climatique complexe, elle est confrontée à nombre de défis communs à toutes les villes d’Europe.

Fabien Perez - Local Hero Marseille

C’est pourquoi Pérez souligne l’importance plus large de la ville :

« Mettre en avant des villes représentatives comme Marseille, avec son port méditerranéen, peut inspirer d’autres villes européennes à s’orienter vers la neutralité carbone. »

Marseille démontre que la neutralité climatique n’est pas seulement un impératif environnemental, mais aussi une opportunité de repenser la gouvernance, de renforcer la cohésion sociale et de construire une vision partagée de l’avenir. Son initiative montre comment les villes obtiennent déjà des résultats conformes aux objectifs mondiaux de neutralité climatique d’ici 2050.

Marseille est membre de l’AFCCRE, l’association française du CEMR.

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Enquête aux besoins de formation à l’IA

Le CCRE sollicite l’avis de ses associations membres sur les besoins et priorités en matière de formation à l’IA pour les gouvernements locaux et régionaux


Le CCRE, avec PLATFORMA et en collaboration avec 28DIGITAL (anciennement EIT Digital), lance une courte enquête sur les besoins et priorités en matière de formation à l’intelligence artificielle (IA) pour les gouvernements locaux et régionaux et leurs associations à travers l’Europe.

Cette enquête, qui dure environ 5 à 7 minutes, vise à recueillir des informations sur les besoins, les priorités et les préférences d’apprentissage. Les résultats contribueront à la conception d’un programme de formation en IA adapté aux autorités locales et régionales ainsi qu’à leurs associations représentatives.

Le CCRE invite ses associations membres à partager le questionnaire avec les profils suivants :

  • Associations membres du CCRE et leurs réseaux (villes, régions, associations)
  • Élus locaux et régionaux
  • Agents publics au niveau local ou régional
  • Experts en informatique et en numérisation

L’enquête est ouverte jusqu’au 8 avril. Chaque répondant est invité à remplir le questionnaire individuellement via le lien suivant.

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Appel à propositions – rédacteur multimédia

Looking for Proposals EU Green Deal - News 2024

Le CCRE cherche une agence pour la production de vidéos


Le CEMR recherche un monteur multimédia capable de créer 4 vidéos présentant les initiatives clés et le travail du CEMR tout au long de l’année, selon un calendrier précis.

Le prestataire travaillera en étroite collaboration et de manière continue avec le responsable de la communication du CEMR.

Veuillez consulter nos conditions générales

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Appel à propositions – Communications

Call for Proposals BoT - News 2023

Le CCRE recherche actuellement une agence avec laquelle collaborer afin de produire l’ensemble des livrables pour 2026


Le CCRE souhaite collaborer avec une agence de branding ou de design professionnelle et certifiée afin de développer l’ensemble des livrables détaillés dans ce document.

L’agence devra travailler en étroite collaboration avec le CCRE afin de produire des livrables et des supports de haute qualité.

Veuillez consulter nos termes de référence.

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Nouvel Observatoire pour la démocratie

Launch event of the Observatory

Lancement d’un nouvel Observatoire pour protéger la démocratie locale en Europe 


  • Le premier Observatoire européen chargé de surveiller les menaces visant les maires et les conseillers locaux, allant du harcèlement en ligne à l’intimidation et à la désinformation.
  • Une initiative conjointe du CCRE, de la Ville de Bilbao, d’EUDEL, de l’Université Bocconi et du Gouvernement basque pour renforcer la qualité de la démocratie locale et soutenir les élu·e·s.

Bruxelles, le 11 décembre – Une nouvelle étape dans la protection de la démocratie locale a été franchie aujourd’hui avec le lancement de l’Observatoire européen pour la défense de la démocratie au niveau local, présenté au bureau du CCRE à Bruxelles.

L’Observatoire répond à une hausse marquée du harcèlement en ligne, de l’intimidation, de la désinformation et des campagnes de haine organisées visant maires, conseillers municipaux et responsables régionaux à travers l’Europe.

« La démocratie locale est la première ligne de défense de l’Europe », a souligné Gunn Marit Helgesen, Présidente du CCRE. « Lorsque des maires et des conseillers sont menacés, harcelés ou réduits au silence, ce ne sont pas seulement des individus qui sont visés — c’est le tissu démocratique de nos sociétés. Avec cet Observatoire, nous faisons un pas collectif pour protéger celles et ceux qui servent leurs communautés et pour garantir la solidité de notre démocratie. »

Lors de l’ouverture de l’événement, le Commissaire Michael McGrath, en charge de la démocratie, de la justice, de l’État de droit et de la protection des consommateurs au sein de la Commission européenne, a déclaré :
« Je suis ravi de lancer l’Observatoire européen pour la défense de la démocratie au niveau local. La démocratie locale n’est pas un simple concept : elle est la pierre angulaire de la vie politique. Elle façonne des décisions qui touchent directement les citoyens et donne à chacun un rôle concret dans les choix qui influencent leur quotidien. Aujourd’hui, nos démocraties font face à des menaces croissantes, souvent ressenties au niveau local. Ces menaces ne prennent pas toujours la forme d’attaques directes contre les institutions : elles s’immiscent parfois discrètement dans nos communautés, affectant directement les élus et le fonctionnement quotidien de la démocratie locale. C’est pourquoi le travail de l’Observatoire est si important — nous devons tous agir pour protéger et promouvoir les démocraties de demain. »

L’initiative — un partenariat entre le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE), le Conseil municipal de Bilbao, l’Association des municipalités basques (EUDEL), avec l’expertise scientifique de l’Université Bocconi et le soutien du Gouvernement basque — produira des données, analysera des tendances et renforcera les réponses institutionnelles à tous les niveaux.

Le maire de Bilbao, Juan Mari Aburto, a insisté sur l’urgence d’une action coordonnée :
« Bilbao est une ville de valeurs parce que nous avons collectivement choisi de la construire ainsi. En tant que ville fondatrice de cet Observatoire, nous partageons une conviction claire avec l’Europe : la démocratie se protège non seulement par la loi, mais aussi par la culture civique, le respect et l’écoute active. Défendre la démocratie, c’est aussi préserver la coexistence au quotidien dans nos quartiers, où la diversité enrichit nos communautés au lieu de les menacer. »

La Présidente d’EUDEL, Esther Apraiz, a souligné l’apport et l’expérience du Pays basque :
« Au Pays basque comme partout en Europe, la démocratie locale est incarnée par les élu·e·s qui servent leur communauté jour après jour. L’Observatoire doit protéger celles et ceux qui défendent la démocratie et encourager de nouveaux talents à s’engager en politique locale, car lorsque qu’un maire ou un conseiller se retire, c’est la démocratie qui s’affaiblit. Le fait d’accueillir l’Observatoire aussi au Pays basque nous permet de partager notre expérience de gouvernance collaborative à l’échelle internationale. »

Le Secrétaire général pour l’action extérieure du Gouvernement basque, Ander Caballero, a ajouté :
« Au Pays basque, nous travaillons chaque jour à bâtir un territoire fondé sur une démocratie avancée. C’est ainsi que nous renforçons la confiance et la satisfaction des citoyens, et que nous suscitons l’envie de s’impliquer dans la vie politique. C’est aussi une manière de consolider les fondations de notre maison commune face à ceux qui cherchent à affaiblir ou saper la démocratie. Nous disposons d’un outil pour progresser : la gouvernance collaborative. L’Observatoire soutient et promeut cette approche, en encourageant la coopération entre institutions locales — au Pays basque comme dans toute l’Europe. »

Représentant le partenariat scientifique, le recteur de l’Université Bocconi, Francesco Billari, a souligné l’importance de données fondées sur des preuves :
« Lorsque des responsables locaux subissent des intimidations, ce n’est pas seulement leur sécurité qui est en jeu — c’est la confiance et la participation, qui sont au cœur de la vie démocratique. Étudier ces violences avec des méthodes et des données de pointe est essentiel pour préserver ces fondations. »

L’Observatoire suivra les menaces, partagera des solutions, renforcera la solidarité et conseillera les institutions nationales et européennes.

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