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Acteurs régionaux dans la gouvernance économique

EU Semester - News 2024

Un rapport CCRE–FSESP cartographie l’implication actuelle des acteurs locaux et régionaux dans la gouvernance économique de l’UE


Créé en 2010 en réponse à la crise financière, le Semestre européen est le cycle annuel de l’UE visant à coordonner les politiques économiques, sociales, de l’emploi et budgétaires des États membres. Son objectif est d’aligner les réformes nationales sur des objectifs communs de l’UE, tels que la stabilité, la croissance durable et la stratégie Europe 2020.

Si les gouvernements centraux et les institutions européennes restent les principaux acteurs, le processus concerne de plus en plus les collectivités locales et régionales (CLR) ainsi que leurs partenaires sociaux. Des finances publiques et de la fiscalité à la santé, aux services sociaux et à l’emploi, de nombreuses réformes issues du Semestre touchent directement aux compétences des municipalités et des régions, ainsi qu’aux conditions de travail des employés de ce secteur.

Le projet conjoint CCRE–FSESP “Localiser le Semestre européen” (2018–2020) a été lancé pour mieux comprendre et renforcer cette implication. Le premier livrable, un rapport de fond publié en février 2018, a fourni un aperçu de l’évolution du Semestre, des preuves de l’engagement des CLR et des partenaires sociaux, et a identifié d’importantes lacunes dans les connaissances.

Principales conclusions du rapport :

  • Des preuves limitées d’une implication structurée : si les CLR sont souvent consultées via des structures de dialogue existantes, leur influence reste inégale selon les États membres. Pour les partenaires sociaux, l’implication est encore moins systématique : les syndicats sectoriels et les organisations d’employeurs sont souvent écartés au profit d’organisations de sommet.
  • Un impact encore flou : les études académiques analysent les conditions dans lesquelles les pays suivent les recommandations du Semestre (par exemple lors des cycles électoraux, sous pression des marchés ou lorsque des mesures sont soutenues par un mécanisme de contrainte de l’UE). Mais peu de recherches montrent si les réformes réussissent davantage lorsque les CLR et les partenaires sociaux y contribuent.
  • Un besoin d’analyse approfondie : la mesure dans laquelle les gouvernements locaux et les partenaires sociaux sectoriels influencent les Programmes nationaux de réforme (PNR) reste largement non documentée. De même, il n’est pas certain que les organisations de sommet représentent pleinement les préoccupations du secteur des collectivités locales dans les consultations nationales.
  • Des opportunités de bonnes pratiques : lorsqu’il y a implication, elle repose souvent sur des structures de dialogue social ou de coordination intergouvernementale déjà établies. Le défi consiste à transformer ces consultations ponctuelles en un dialogue régulier, structuré et ayant un impact clair.

Le rapport conclut que renforcer le rôle des CLR et de leurs partenaires sociaux dans le Semestre est à la fois nécessaire et possible. En documentant les expériences, en identifiant les bonnes pratiques et en plaidant pour un engagement significatif, le projet CCRE–FSESP vise à garantir que les voix des collectivités locales, des employeurs et des travailleurs soient mieux prises en compte dans l’un des outils de coordination politique les plus puissants de l’UE.

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Rendre le Semestre plus inclusif

EU Semester - News

Déclaration finale du projet CCRE–FSESP appelant à une plus forte implication des collectivités locales et des partenaires sociaux dans le Semestre européen


Le Semestre européen, autrefois principalement un outil de coordination économique, est devenu un processus politique de grande ampleur qui façonne la législation sociale, les priorités de financement de l’UE, ainsi que la mise en œuvre du Socle européen des droits sociaux et des Objectifs de développement durable (ODD). Pourtant, sa légitimité démocratique demeure limitée, avec une implication insuffisante des collectivités locales et régionales (CLR) et de leurs partenaires sociaux.

De 2018 à 2020, le CCRE et la FSESP ont mené le projet conjoint Localiser le Semestre européen avec le soutien de la Commission européenne. L’initiative a exploré des moyens de mieux associer les partenaires sociaux sectoriels des collectivités locales et régionales au cycle du Semestre. Ses conclusions confirment qu’environ 80 % des recommandations spécifiques par pays ont un impact territorial, ce qui rend l’engagement des municipalités, villes et régions indispensable à leur mise en œuvre efficace.

Le projet a démontré un intérêt croissant des organisations de partenaires sociaux pour contribuer au Semestre. Cependant, les pratiques varient fortement selon les États membres, et les processus de consultation restent souvent trop formels pour être efficaces. Le CCRE et la FSESP appellent donc à des normes plus claires et à des mécanismes renforcés afin de garantir une participation réelle.

Principales recommandations :

  • Garantir que les points de vue des partenaires sociaux locaux et régionaux soient pleinement pris en compte.
  • Définir des normes de qualité à l’échelle européenne pour des processus de consultation inclusifs.
  • Fournir des forums dédiés et de la visibilité aux partenaires sociaux sectoriels dans le cycle du Semestre.
  • Mettre en place une subvention ad hoc pour soutenir l’information et la consultation au niveau national.
  • Faire du Semestre un cadre inclusif pour atteindre les ODD.

Le CCRE et la FSESP soulignent que les municipalités, villes et régions sont des acteurs socio-économiques essentiels, apportant investissements, croissance et services de qualité. Pour renforcer la légitimité et l’impact du Semestre européen, les institutions de l’UE et les gouvernements nationaux doivent les impliquer, ainsi que leurs partenaires sociaux, de manière beaucoup plus étroite. C’est seulement ainsi que le Semestre pourra tenir sa promesse de soutenir un développement durable et inclusif dans toute l’Europe.

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Financer l’intégration des migrants

Migration - News Section

Comment les fonds de l’UE peuvent mieux soutenir les gouvernements locaux et régionaux dans la gestion des migrations et l’inclusion à long terme


La migration continue de façonner l’avenir de l’Europe, apportant à la fois des défis et des opportunités. Si les gouvernements nationaux définissent les politiques migratoires, ce sont les gouvernements locaux et régionaux qui portent la responsabilité d’accueillir les nouveaux arrivants, de fournir logement, écoles, soins de santé et emplois. Pourtant, l’accès aux fonds européens destinés à soutenir l’intégration reste complexe et souvent hors de portée des municipalités qui en ont le plus besoin.

Vers un financement européen plus intelligent

Le cadre budgétaire de l’UE après 2020 est une occasion de repenser la conception et l’accès aux fonds pour la migration. Les collectivités locales appellent à :

  • Davantage de ressources pour l’intégration : une part plus importante du Fonds Asile, Migration et Intégration (FAMI) devrait être consacrée à l’intégration, passant de 20 % à au moins 30 %.
  • Un accès direct au financement : les villes et régions devraient pouvoir déposer directement des projets auprès de l’UE, notamment en cas de pressions urgentes.
  • Des règles plus simples et équitables : les procédures actuelles sont souvent trop bureaucratiques, excluant les petites et moyennes municipalités. Plus de simplification et de flexibilité permettraient à davantage d’acteurs de participer.
  • Des subventions globales et instruments financiers combinés : des outils innovants regroupant plusieurs ressources de l’UE (FAMI, FSE, FEDER) avec des prêts ou du microcrédit pourraient fournir des solutions intégrées et durables, adaptées aux réalités locales.
  • Une meilleure coordination : renforcer le principe de partenariat garantirait l’implication des municipalités dans la programmation, évitant les doublons et assurant que les ressources européennes répondent aux besoins réels sur le terrain.

D’une réponse d’urgence à une stratégie de long terme

Trop souvent, les fonds européens pour la migration sont conçus pour répondre à des urgences à court terme plutôt qu’à l’intégration durable. Or, l’intégration n’est pas une réponse ponctuelle ; c’est un processus de long terme qui exige éducation, création d’emplois, cohésion sociale et investissements communautaires. Aligner les fonds de l’UE sur les priorités locales et reconnaître que l’intégration est une responsabilité partagée garantira de meilleurs résultats, à la fois pour les migrants et pour les communautés d’accueil.

La migration est un défi européen, mais ses solutions sont locales. En améliorant l’accès aux fonds de l’UE, en simplifiant les procédures et en investissant dans des stratégies d’intégration à long terme, l’Europe peut donner aux municipalités et aux régions les moyens de transformer la migration en un moteur de cohésion sociale et de développement durable. Le futur budget de l’UE doit concrétiser ce changement.

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