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Call Simone épisode sur « Le budget de l’UE »

Qui décide de l’avenir de l’Europe ? La bataille autour du prochain budget de l’UE


Qui décide de l’avenir de l’Europe : les États membres, les institutions de l’UE ou les villes et les régions qui mettent en œuvre les politiques sur le terrain ?

Telle est la question au cœur des négociations sur le prochain budget à long terme de l’Union européenne (2028-2034), et le point de départ du dernier épisode de Call Simone avec Jan Olbrycht, ancien député européen et l’une des figures les plus expérimentées des négociations budgétaires de l’UE

Ce qui peut apparaître comme une discussion technique sur des chiffres et des lignes de financement est, en réalité, une lutte politique autour du pouvoir, des priorités et de la gouvernance. Et cela intervient à un moment où l’Europe doit définir ce qu’elle veut devenir : un acteur politique plus centralisé, ou une union qui reste fondamentalement différente des États-Unis – plus négociée, plus décentralisée et, en fin de compte, dépendante du consensus.

Un budget sous pression

Comme l’explique Olbrycht, le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) est façonné par un contexte exceptionnellement lourd : la guerre aux frontières de l’Europe, une concurrence mondiale croissante, le remboursement de la dette contractée pendant la pandémie et la perspective d’un élargissement.

La Commission européenne a proposé un budget nettement plus important — pouvant avoisiner les 2 000 milliards d’euros. Mais cette ambition dépend de nouvelles sources de recettes. Sans elles, l’UE risque de financer de nouvelles priorités en réduisant les dépenses existantes, transformant ainsi la négociation en un jeu à somme nulle.

Une évolution dans la manière dont l’Europe dépense et gouverne

L’un des points centraux soulevés dans la discussion est que le changement le plus controversé ne réside pas dans la taille du budget, mais dans sa structure.

Plutôt que d’organiser les dépenses autour de politiques établies comme la cohésion et l’agriculture, la proposition introduit des catégories plus larges et des plans nationaux qui regroupent différents flux de financement. Selon la Commission, cela vise à simplifier le système et à le rendre plus flexible en temps de crise

Dans la pratique, cependant, cela redistribue le pouvoir.

Cela renforce le rôle des gouvernements nationaux tout en permettant à la Commission d’imposer des priorités obligatoires — telles que des dépenses minimales en matière de climat ou le soutien aux régions moins développées. Comme le souligne Fiorella Lavorgna, animatrice du podcast, dans la conversation, cela crée un système hybride qui soulève une question clé : s’agit-il d’une simplification ou d’une nouvelle forme de centralisation ?

La véritable ligne de fracture : qui a son mot à dire

Cela nous amène à l’une des lignes de fracture politiques les plus évidentes abordées dans l’épisode : la gouvernance.

Les villes et les régions seront-elles co-auteurs de ces plans nationaux, ou simplement consultées ?

Pour des organisations comme le CCRE — dont Jan Olbrycht a également été l’un des vice-présidents entre 1995 et 2001 —, il s’agit d’une ligne rouge. L’expérience des instruments récents, tels que la Facilité pour la reprise et la résilience, a montré qu’une consultation sans véritable implication risque d’affaiblir à la fois l’efficacité et la responsabilité.

Le Parlement européen a adopté une position relativement ferme en faveur du renforcement du rôle des collectivités locales et régionales. Mais au sein du Conseil, les positions restent divisées, reflétant les différents modèles de gouvernance nationaux.

Compétitivité vs cohésion

Une autre tension majeure mise en évidence lors de la discussion concerne l’équilibre entre compétitivité et cohésion.

Le fonds pour la compétitivité proposé reflète une réorientation vers l’innovation, les industries stratégiques et l’attraction des investissements — une reconnaissance du fait que l’Europe doit renforcer sa position économique mondiale. Cela soulève des inquiétudes quant à l’avenir de la politique de cohésion, qui a longtemps joué un rôle central dans la réduction des disparités régionales.

Il ne s’agit pas simplement d’un compromis budgétaire. C’est un compromis politique : une Europe plus compétitive qui aggrave les inégalités internes risque de saper ses propres fondements.

L’élargissement et les limites de l’unité

La conversation aborde également l’élargissement.

L’intégration de pays comme l’Ukraine ou la Moldavie n’est pas seulement un défi financier, c’est un défi politique qui exige l’unanimité des États membres. Comme le souligne Olbrycht, l’élargissement dépend en fin de compte autant de la volonté des membres actuels que de l’état de préparation des pays candidats.

Cela renforce une caractéristique centrale de l’UE : sa dépendance au consensus.

Pas d’États-Unis d’Europe

Lorsqu’on lui demande qui il faudrait « appeler » pour parler à l’Europe dans dix ans, la réponse d’Olbrycht est révélatrice : pas un seul dirigeant, mais plusieurs — reflétant un système où l’autorité est partagée plutôt que concentrée.

Pour lui, l’UE ne s’oriente pas vers un modèle à dirigeant unique comme les États-Unis. Au contraire, elle conservera sa spécificité : un système politique fondé sur l’équilibre entre les institutions et les États membres, où les décisions émergent de la négociation plutôt que de la hiérarchie.

Le prochain budget de l’UE incarne cette réalité. Il ne s’agit pas seulement d’un cadre financier, mais d’un test du fonctionnement de l’Europe : peut-elle agir stratégiquement sans se centraliser, et peut-elle rester cohésive sans se fragmenter ?

En fin de compte, l’enjeu ne réside pas seulement dans le montant des dépenses de l’Europe, mais dans la manière dont elle se gouverne. Et en ce sens, l’issue de ces négociations en dira autant sur l’avenir politique de l’UE que n’importe quelle réforme des traités.

En savoir plus sur nos principales revendications concernant le budget de l’UE pour la période 2028-2034

Téléchargez ici la transcription intégrale de l’épisode

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Rencontre Eider Inuntziaga (Bilbao)

Rencontre avec l’héroïne locale : Eider Inuntziaga, bâtir la confiance depuis les rues de Bilbao


Lorsque Eider Inuntziaga parle des collectivités locales, un mot revient sans cesse : la proximité.

Depuis 2023, elle est conseillère municipale à Bilbao, après plusieurs années d’engagement politique au sein du Parti nationaliste basque. Il s’agit de son premier mandat public, une expérience qui a transformé sa vision de la vie politique.

Auparavant, elle observait la politique de l’intérieur. Aujourd’hui, elle la vit au quotidien — dans la rue, au fil des conversations de quartier et dans les réactions directes des citoyens face aux décisions locales. La distance entre les élus et les habitants est minimale, ce qui rend la politique locale à la fois particulièrement significative et particulièrement exposée. Elle porte également cette expérience au niveau européen en tant que porte-parole du Council of European Municipalities and Regions pour la démocratie locale.

Partout en Europe, ces défis sont de plus en plus visibles. Pour mieux les comprendre et y répondre, le CCRE et ses partenaires, dont la Ville de Bilbao, ont lancé l’Observatoire européen pour la défense de la démocratie au niveau local — une initiative qui collecte des données, documente les menaces et le harcèlement visant les élus locaux et développe des outils pratiques pour mieux protéger celles et ceux qui servent leurs communautés.

Comme elle le souligne :
« Les collectivités locales sont le niveau d’administration le plus proche ; nous sommes le visage de la démocratie. »

Cette proximité crée de la confiance, mais elle concentre aussi les frustrations. Lorsque les citoyens sont mécontents, les responsables locaux sont souvent les premiers — et les plus faciles — à être pris pour cible.

Réseaux sociaux : utiles, mais risqués

Cette visibilité dépasse désormais largement la rue.

Eider Inuntziaga décrit sa relation aux réseaux sociaux comme « ambivalente ». S’ils permettent de créer du lien et de partager des informations, elle en perçoit aussi clairement les dérives.

« Les réseaux sociaux peuvent connecter des personnes et des histoires, et ils peuvent être utiles — jusqu’à un certain point. Mais ils génèrent aussi du bruit, de la polarisation, et parfois de la haine. Cela peut être dangereux. »

Pour les responsables politiques locaux, les effets sont concrets :
« Cela affecte l’intégrité, cela influence notre manière de nous exprimer, et cela peut faire taire certaines personnes. Cela peut pousser des élus à abandonner leur engagement — ou à avoir peur de ce qui se passe. »

Elle limite sa présence en ligne, utilisant principalement Facebook et LinkedIn, et veille à équilibrer soigneusement communication personnelle et communication politique.

La participation au-delà du jour des élections

Malgré ces défis, Inuntziaga reste profondément optimiste quant au rôle que peuvent jouer les collectivités locales pour renforcer la démocratie.

Son approche est simple : rester proche, écouter attentivement et impliquer autant que possible les citoyens. Pour elle, les élections ne sont qu’un point de départ. La participation quotidienne est tout aussi essentielle. À Bilbao, cette philosophie s’est traduite par des initiatives participatives invitant les habitants à contribuer à l’orientation de la ville.

Un exemple est « Bilbao Ville de Valeurs », un processus par lequel les citoyens ont collectivement défini un ensemble de principes communs pour guider la vie publique. L’objectif est de créer un cadre partagé qui renforce le sentiment d’appartenance et lutte contre la désinformation. Il ne s’agit pas seulement d’améliorer les politiques publiques, explique-t-elle, mais aussi de renforcer les relations entre les institutions et les citoyens qu’elles servent.

Tirer les leçons du passé de Bilbao

L’histoire de Bilbao a également façonné sa vision de la gouvernance.

La ville a connu une transformation profonde au cours des dernières décennies — passant du déclin industriel et du chômage à un renouveau fondé sur une planification de long terme et une coopération étroite entre institutions publiques, acteurs privés et société civile. Pour Inuntziaga, cette expérience démontre que le changement ne se produit pas du jour au lendemain et que la stabilité exige de la patience.

Elle évoque souvent trois éléments clés du redressement de Bilbao : la coopération, des valeurs partagées et une vision à long terme. Les solutions rapides fonctionnent rarement. Au contraire, des décisions cohérentes prises en gardant l’avenir à l’esprit permettent de reconstruire progressivement la confiance.

« Les décisions doivent être prises dans une perspective de long terme », affirme-t-elle, décrivant démocratie et stabilité comme des réalités qui se renforcent mutuellement.

Eider Inuntziaga lors du lancement de l’Observatoire européen pour la défense de la démocratie au niveau local.

Ancrée localement, tournée vers l’Europe

Bien que son action s’inscrive dans la politique municipale, Inuntziaga conserve une forte ouverture européenne. Elle suit attentivement les débats au-delà de l’Espagne et s’inspire de dirigeantes telles que Kaja Kallas, qu’elle admire pour sa vision du rôle de l’Europe dans un monde en mutation.

Néanmoins, son engagement reste résolument local. Pour elle, les villes sont les lieux où la démocratie est mise à l’épreuve chaque jour — là où les politiques publiques rencontrent la réalité, et où la confiance se construit ou se perd au fil des interactions quotidiennes.

Ce n’est peut-être pas le niveau politique le plus visible — mais c’est, à bien des égards, celui où la démocratie se vit le plus directement.


Pour en savoir plus, vous pouvez écouter l’épisode complet de Call Simone, également avec Gianmarco Daniele de l’Université Bocconi. Ils y discutent de l’impact croissant du harcèlement et de la désinformation sur les élus locaux en Europe, ainsi que de la manière dont l’Observatoire européen pour la défense de la démocratie au niveau local peut mieux suivre les menaces et protéger la démocratie locale.

Pour plus d’informations, contactez :

Nouvel épisode de Call Simone

« Si nous avons de la chance, elle sera maire »
Pouvoir, pression et démocratie locale en Europe


La démocratie locale est souvent décrite comme le niveau de gouvernement le plus proche de la vie quotidienne des citoyens. Mais dans toute l’Europe, cette proximité est de plus en plus mise à l’épreuve.

Dans le dernier épisode de Call Simone, nous explorons comment le pouvoir et la pression démocratique s’exercent au niveau local, là où la politique est la plus visible, la plus accessible et, de plus en plus, la plus exposée. Le harcèlement, l’intimidation, les campagnes de désinformation et les menaces font désormais partie de la réalité de nombreux élus locaux. Les conséquences vont bien au-delà des cas individuels : lorsque l’intimidation détermine qui s’exprime, qui se présente et qui reste, la représentation diminue et la démocratie s’affaiblit.

Cet épisode réunit deux voix qui associent expérience politique et recherche rigoureuse :

  • Eider Inunciaga, conseillère municipale à Bilbao, Espagne.
  • Gianmarco Daniele, directeur exécutif de l’unité CLEAN (Université Bocconi, Italie)

Ensemble, ils décortiquent ce à quoi ressemble le harcèlement dans la pratique, pourquoi il est en augmentation, qui est le plus touché et ce que les dirigeants locaux — et les institutions européennes — peuvent faire pour y répondre avec des politiques fondées sur des preuves.

Quand l’intimidation devient un filtre politique

Le harcèlement à l’encontre des élus locaux n’est pas seulement un « mauvais comportement » en ligne, et la manière dont les êtres humains réagissent à ces attaques n’a pas grand-chose à voir avec leur résilience personnelle. Comme le montre cet épisode, l’intimidation peut fonctionner comme un filtre politique : elle décourage la participation, pousse les gens à se retirer et réduit la diversité des voix au sein des conseils locaux.

Pour Eider Inunciaga, ce changement est devenu plus tangible lorsqu’elle est entrée en fonction en 2023. La politique locale est synonyme de proximité : on peut être abordé dans la rue, lors d’événements communautaires, à la sortie des écoles, et la colère est souvent dirigée contre les représentants locaux précisément parce qu’ils sont les plus accessibles. Comme elle le dit : « Les gouvernements locaux sont le visage de la démocratie. » Et cette visibilité s’accompagne d’une exposition.

« Les gouvernements locaux sont le visage de la démocratie, ce qui fait de nous les plus exposés. » – Eider Inunciaga, conseillère municipale de Bilbao

Qui paie le prix le plus élevé ?

Un thème récurrent dans la conversation:  e harcèlement ne touche pas tout le monde de la même manière. Ceux qui sont considérés comme « différents » – les femmes, les représentants des minorités, les politiciens LGBTQIA+ – sont souvent pris pour cible de manière plus agressive, avec un message implicite : vous n’avez pas votre place ici.

Gianmarco Daniele partage les résultats d’une étude menée en Italie qui chiffre ce que beaucoup pressentent déjà. À l’aide d’un ensemble de données soigneusement appariées pour comparer les femmes et les hommes dans des contextes similaires, ses travaux révèlent que les femmes sont trois fois plus susceptibles d’être prises pour cible et que près d’un quart des femmes maires subissent une attaque au cours de leur mandat. Il est important de noter qu’il s’agit d’attaques hors ligne : agressions, voitures incendiées, incendies criminels contre des biens, lettres de menace — et pas simplement d’hostilité en ligne.

Le moment choisi est également révélateur : les agressions se concentrent au cours de la première année suivant l’élection, ce qui correspond à une réaction hostile à la visibilité des femmes au pouvoir et ne s’explique pas par des différences de performance dans l’exercice de leurs fonctions. Le coût démocratique est direct : les femmes qui sont agressées sont moins susceptibles de se présenter à nouveau, ce qui transforme les progrès en matière de représentation en une porte tournante.

Comme le note M. Daniele, nous nous concentrons souvent sur la manière d’attirer des candidats plus diversifiés en politique, mais trop rarement sur les raisons pour lesquelles les gens la quittent.

« Sans données, nous nous battons à l’aveuglette. L’Europe a besoin de preuves comparables pour repérer les risques à un stade précoce et y répondre. » – Gianmarco Daniele, directeur exécutif de Clean Unit, Université Bocconi

La leçon de Bilbao : rétablir la confiance grâce à la participation et aux valeurs communes

L’épisode examine également l’autre côté de l’équation : comment les gouvernements locaux peuvent maintenir la confiance et rester proches des citoyens dans un environnement polarisé.

Pour Eider Inunciaga, le point de départ est la proximité et la participation : la démocratie ne se résume pas aux élections et au jour du scrutin. À Bilbao, elle met en avant le processus « Bilbao, ville de valeurs », dans le cadre duquel les citoyens ont contribué à définir un ensemble de valeurs communes afin de créer un cadre commun pour la vie communautaire. Selon elle, les valeurs communes et la participation font également partie de la réponse à la désinformation : elles renforcent le sentiment d’appartenance et réduisent l’espace dans lequel les fausses informations peuvent se propager.

La longue histoire de Bilbao apporte une perspective supplémentaire. La transformation de la ville, marquée par la crise industrielle, les difficultés sociales, le terrorisme et les inondations de 1983, a été rendue possible grâce à la coopération entre les institutions, aux partenariats avec la société civile et à une vision à long terme. La leçon à en tirer est simple et exigeante : la coexistence ne s’hérite pas, elle se cultive, et la stabilité démocratique nécessite un investissement soutenu.

Des récits aux preuves, et des preuves à l’action

Cet épisode est directement lié au lancement de l’Observatoire européen pour la défense de la démocratie au niveau local : un nouveau partenariat qui rassemble les gouvernements locaux et régionaux (y compris Bilbao et les municipalités basques représentées par l’EUDEL) et la communauté de recherche de Bocconi, avec le soutien du Pays basque et du CCRE.

L’objectif de l’Observatoire est d’aider l’Europe à passer d’histoires éparses à une action coordonnée en reliant les points entre :

  • ce que les élus locaux vivent sur le terrain
  • ce que la recherche et les données peuvent montrer sur les tendances, les facteurs et l’impact
  • ce que les autorités publiques et les institutions peuvent faire pour prévenir, protéger et réagir plus efficacement

Le manque de données au centre de la conversation. Aujourd’hui, il n’existe pas de base de données comparable au niveau européen, même sur les politiciens locaux, sans parler des attaques et des menaces. Sans infrastructure commune de données, les risques sont plus difficiles à détecter à un stade précoce et les réponses politiques sont plus difficiles à évaluer.

Comme l’explique Daniele, des données plus fiables apportent non seulement une meilleure compréhension, mais aussi une meilleure visibilité. En Italie, on constate en moyenne plus d’une attaque par jour, mais la question reste souvent confinée à l’actualité locale et attire rarement l’attention de la classe politique au sens large. Les données peuvent contribuer à transformer une tendance cachée en une priorité européenne commune.

À propos de Call Simone

Call Simone est le podcast du CCRE sur le pouvoir et la démocratie en Europe, vu à travers le prisme du niveau local. Chaque épisode réunit des dirigeants locaux, des initiés et des chercheurs pour explorer qui a sa place à la table des négociations, qui en est exclu et pourquoi cela est important pour l’avenir de l’Europe.

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