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EWRC 2023

EWRC 2023 - News 2023

Le CCRE plaide pour un rôle renforcé des collectivités locales lors de la Semaine européenne des régions et des villes


Le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) a activement participé à la Semaine européenne des régions et des villes 2023, en participant à cinq sessions d’information consacrées aux défis régionaux et locaux majeurs. L’événement s’est déroulé du 9 au 12 octobre 2023.

Notre Secrétaire général, Fabrizio Rossi, a animé une discussion sur « L’engagement des régions et des villes envers les Objectifs de développement durable », au cours de laquelle les collectivités locales ont démontré l’intégration des ODD dans leurs plans d’action pour leurs territoires respectifs. Christoph Schnaudigel, Vice-président du CCRE, a apporté des contributions substantielles aux discussions sur « Les banques publiques et leur rôle pour garantir la sécurité énergétique et la durabilité verte », et a également participé à l’« Événement de l’Alliance pour la cohésion : Leçons tirées de la FRR : Préserver une approche territoriale ». Enfin, le CCRE a soutenu la session « Ensemble pour des actions ambitieuses en matière de climat et d’énergie » de la Convention des maires, qui a mis en lumière la manière dont la gouvernance participative mobilise des milliers de villes qui s’engagent à atteindre des objectifs ambitieux et à prendre des mesures locales en matière de climat et d’énergie.

Ces sessions stimulantes marquent le début de dialogues essentiels, d’échanges de connaissances et d’efforts collaboratifs visant à forger une Europe plus durable et plus solidaire. Le CCRE est résolument déterminé à favoriser le dialogue et la collaboration entre les collectivités territoriales, à répondre aux questions urgentes et à œuvrer collectivement pour un avenir plus vert et plus juste, où les positions des collectivités territoriales sont représentées aux plus hauts niveaux de discussion.

CCRE – Aide au Développement

Development Aid - News 2023

Le CCRE et DevelopmentAid s’associent pour des communautés locales plus durables et innovantes


Le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) a signé un accord de partenariat avec DevelopmentAid, alors que le CCRE s’efforce de rendre l’innovation durable accessible aux gouvernements locaux et régionaux.


DevelopmentAid est une organisation innovante créée en 2007, qui propose des informations essentielles aux bailleurs de fonds, agences, cabinets de conseil, organisations non gouvernementales et particuliers œuvrant dans le secteur du développement international. Avec un réseau de 500 000 acteurs de l’aide, cette organisation vise à rassembler la communauté internationale du développement.
Dans le cadre de cet accord, les membres du CCRE bénéficieront de plusieurs services, notamment un accès gratuit au service Calls4Partners et au tableau d’offres d’emploi de DevelopmentAid.


Le CCRE informera prochainement ses membres sur la manière d’accéder à la plateforme DevelopmentAid et de profiter des avantages liés à ce partenariat.

Sauvegarder les investissements locaux

Investing in Europe - News

Pourquoi la réforme de la gouvernance économique de l’UE doit protéger la capacité d’investissement des communes


Le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) a averti que la prochaine réforme du cadre de gouvernance économique de l’UE, y compris le Pacte de stabilité et de croissance (PSC), pourrait compromettre la capacité d’investissement des communes et des régions à travers l’Europe.

Les gouvernements locaux et régionaux sont responsables de près de la moitié de l’ensemble des investissements publics dans l’UE. Ces investissements sont essentiels pour concrétiser les priorités européennes telles que la transition verte, la numérisation et des infrastructures résilientes. Cependant, l’introduction envisagée de plafonds de dépenses nettes risque de pénaliser involontairement les collectivités locales, qui empruntent généralement uniquement pour des investissements de long terme dans des actifs durables.

La réforme et ses implications

La Commission européenne a annoncé son intention de simplifier le PSC en remplaçant certaines règles, y compris l’objectif budgétaire à moyen terme (OMT), par un nouveau système de plafonds de dépenses nettes. Si le CCRE salue l’abandon de l’OMT, qui avait jusque-là limité les investissements locaux à travers les contraintes de déficit et la réduction des transferts des gouvernements centraux, il exprime de vives inquiétudes quant à l’impact des nouveaux plafonds.

L’application de plafonds de dépenses nettes aux communes ferait courir trois risques majeurs :

  • Des charges administratives accrues, car les collectivités locales n’utilisent pas le concept de dépenses nettes dans leur comptabilité.
  • Des décalages politiques, les cycles électoraux locaux ne coïncidant que rarement avec la programmation budgétaire nationale.
  • Des coupes dans l’investissement public, le report de projets d’infrastructures constituant souvent le seul ajustement rapide possible sous des plafonds de dépenses stricts.

Et ce, alors même que l’endettement des collectivités locales reste prudent dans tous les États membres de l’UE et fait déjà l’objet d’un suivi strict au niveau national.

La solution : exclure les dépenses locales

Le CCRE appelle donc à l’exclusion des dépenses des collectivités locales de la définition des plafonds de dépenses nettes dans le PSC réformé. Tout comme les dépenses liées au chômage conjoncturel sont exclues, retirer l’investissement local de ces calculs garantirait que les communes puissent continuer à fournir des services essentiels, à entretenir les infrastructures et à investir dans l’avenir sans être pénalisées par des objectifs budgétaires centralisés.

À un moment où l’Europe a un besoin urgent d’une action locale renforcée pour relever les défis climatiques, numériques et sociaux, affaiblir la capacité d’investissement des communes serait contre-productif. Protéger l’investissement public local dans le cadre de la réforme de la gouvernance économique de l’UE ne relève pas uniquement des budgets : il s’agit de préserver la capacité de l’Europe à concrétiser ses ambitions.

Lire le document de position ici

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Rapprocher l’Europe de ses citoyens

EU Cohesion Policy - News

Comment l’ITI et le CLLD renforcent la démocratie locale, la gouvernance multiniveaux et le développement territorial intégré dans la politique de cohésion de l’UE


La politique de cohésion de l’Union européenne est l’un de ses instruments les plus importants pour promouvoir la cohésion économique, sociale et territoriale entre ses États membres. Avec près de 392 milliards d’euros alloués pour la période 2021–2027, elle s’attaque aux inégalités entre régions tout en soutenant une Europe plus verte, plus compétitive et plus inclusive. Au cœur de cet effort se trouvent les Investissements Territoriaux Intégrés (ITI) et le Développement Local Mené par les Acteurs Locaux (CLLD), deux outils conçus pour placer les besoins territoriaux et les acteurs locaux au centre du financement européen.

Pourquoi les outils intégrés comptent

Les bases d’une approche territorialisée ont été posées dans le rapport Barca de 2009, qui plaidait pour une politique européenne axée sur la valorisation du potentiel des territoires spécifiques tout en luttant contre l’exclusion persistante. Introduits en 2014, l’ITI et le CLLD concrétisent cette vision en donnant aux gouvernements locaux et régionaux un rôle renforcé dans la programmation, la gouvernance et la mise en œuvre des projets.

Ces outils apportent de la flexibilité, favorisent la coopération entre niveaux de gouvernement et garantissent que les fonds européens répondent aux besoins réels des communautés. Pour les municipalités, les régions et leurs associations, ils comptent parmi les instruments les plus appréciés de la politique de cohésion.

ITI : intégrer les stratégies à travers les territoires

L’ITI permet de combiner des financements issus de plusieurs programmes européens pour soutenir des stratégies intégrées. Il a été particulièrement utilisé pour le développement urbain, où au moins 8 % des fonds FEDER sont réservés aux projets urbains durables. Bien qu’il soit conçu pour couvrir toute zone fonctionnelle, urbaine, rurale ou mixte, l’ITI est surtout répandu dans les espaces métropolitains, où des enjeux comme la mobilité, le logement et la régénération exigent des solutions intégrées.

CLLD : les communautés en première ligne

Le CLLD s’appuie sur l’approche LEADER de développement rural, en donnant aux groupes d’action locaux, citoyens, ONG, entreprises, les moyens de concevoir et de mettre en œuvre des stratégies. Bien qu’il soit surtout utilisé dans les zones rurales, il a également le potentiel de renforcer la participation et l’appropriation dans les villes. Le CLLD favorise la confiance, encourage l’innovation ascendante et aide à répondre aux besoins des groupes vulnérables tels que les jeunes, les migrants ou les personnes âgées.

Ce qui a bien fonctionné

L’analyse du CCRE met en lumière plusieurs avantages clairs :

  • Flexibilité et pertinence – l’ITI et le CLLD adaptent les financements européens aux besoins locaux.
  • Renforcement des capacités – les autorités locales acquièrent de l’expertise dans la gestion des programmes européens.
  • Gouvernance renforcée – en favorisant la confiance et la coopération entre niveaux local, régional et national.
  • Visibilité de l’action européenne – les projets proches des citoyens démontrent la valeur des fonds de l’UE.
  • Cohésion communautaire – en encourageant la coopération entre acteurs locaux et en construisant une identité métropolitaine ou régionale.

Défis persistants

Malgré leur valeur, les outils intégrés se heurtent à plusieurs obstacles :

  • Charge administrative élevée, avec des procédures complexes et une absorption lente des fonds.
  • Flexibilité limitée – les stratégies doivent toujours s’aligner sur les programmes opérationnels nationaux, ce qui restreint parfois les priorités locales réelles.
  • Pressions temporelles – les projets intégrés nécessitent confiance et participation, souvent en contradiction avec la règle stricte du N+3 de l’UE.
  • Utilisation inégale de l’Objectif politique 5 (“Une Europe plus proche des citoyens”) – certains États membres sous-financent cette priorité pourtant directement liée à l’ITI et au CLLD.
  • Mise en œuvre urbaine du CLLD – l’adaptation du modèle axé sur le rural aux villes reste difficile.

Recommandations du CCRE

Pour l’avenir, les municipalités et régions invitent l’UE à :

  • Maintenir et renforcer les outils intégrés dans la politique de cohésion.
  • Simplifier les procédures aux niveaux européen et national, en évitant la « surréglementation ».
  • Clarifier les orientations sur le multi-financement, la sélection des projets et l’utilisation de l’Objectif politique 5.
  • Exempter les projets ITI/CLLD de la règle N+3 afin de laisser plus de temps aux approches participatives.
  • Réintégrer le FEADER dans le règlement sur les dispositions communes afin de faciliter les projets multifonds.
  • Garantir une implication locale significative dans la programmation, la mise en œuvre et l’évaluation.

Conclusion

L’ITI et le CLLD ont démontré leur utilité en tant qu’outils de développement territorial, de participation démocratique et de coopération renforcée entre l’Europe et ses citoyens. Bien que des défis persistent, le renforcement de ces instruments est essentiel pour rendre la politique de cohésion de l’UE plus visible, plus inclusive et plus adaptée aux réalités locales.

Lire l’étude ici

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Renouvellement urbain

Urban renewal - News 2022

Cadde54 Bazaar : Relancer la vie urbaine après la pandémie


Revitaliser la vie urbaine est devenu particulièrement important après la pandémie de coronavirus. Les centres commerciaux créent des emplois et des entreprises en fournissant des biens et services utiles, mais ils peuvent également dynamiser un quartier et lui donner une identité unique.

C’était l’ambition du « Projet Cadde54 Bazaar » à Serdivan, une ville de 160 000 habitants dans le nord-ouest de la Turquie. Cadde54 allie la logique d’un bazar turc à des fonctions culturelles et sociales. Les visiteurs peuvent se promener dans plusieurs places en plein air ou passer du temps dans des cafés où ils peuvent déguster une cuisine locale et internationale.

Il est notable que le lancement de Cadde54 Bazaar a coïncidé avec la période post-pandémique. Les confinements et la fermeture des bâtiments publics ont laissé les gens désireux de passer du temps dans des espaces ouverts. Contrairement aux centres commerciaux intérieurs, à Cadde54, les visiteurs peuvent marcher en plein air dans des conditions agréables et saines.

Le projet a conduit à la création de nouveaux espaces de bureaux, d’entreprises et d’emplois. Le centre rassemble, pour la première fois dans la province de Sakarya, des commerçants locaux et des entreprises de classe mondiale sous le même toit.

Cadde54 Bazaar contribue également à un mode de vie sain et durable. Le centre dispose d’un toit vert riche en végétation et d’un système de recyclage des eaux grises pour limiter l’impact environnemental. La zone est piétonne et comporte un centre sportif. Le projet a également inclus la création de nouveaux logements dans la région.

Le projet, achevé en avril 2022, a reçu un investissement de 1,5 milliard de livres turques (82 millions d’euros) de la part de la municipalité.

Muni World 2022

Muni World - News 2021

Réservez la date : Muni World 2022, un événement axé sur les villes intelligentes


La Fédération des autorités locales en Israël, Masham, organise son événement annuel MUNIWORLD 2022, en partenariat avec la municipalité de Jérusalem. Il se tiendra du 6 au 8 décembre, à Tel-Aviv et Jérusalem.

Des espaces uniques pour un brainstorming mondial sur les défis urbains et l’innovation en ville, l’exposition MUNIEXPO 2022, ainsi que la 6ᵉ conférence internationale MUNIWORLD qui en fait partie intégrante, accueilleront des exposants, des décideurs israéliens et étrangers, ainsi que des milliers de visiteurs.

Découvrez MuniWorld de l’année dernière avec une courte vidéo.

Parc utilitaire

Bucharest - News

Comment un parc utilitaire à Bucarest favorise la durabilité et l’inclusion


Les espaces verts peuvent être un excellent moyen de renforcer le sentiment de communauté et la biodiversité dans nos villes. C’est pourquoi le secteur 2 de Bucarest a décidé de créer un parc utilitaire dans le quartier Ion Creanga, une zone souffrant de privations sociales et d’un manque d’installations de loisirs.

Le parc utilitaire a été conçu pour répondre à la fois aux défis sociaux et environnementaux, conformément aux Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies, et financé par le Fonds européen de développement régional (FEDER).

Les autorités locales ont travaillé en étroite collaboration avec les communautés locales et les ont habilitées à avoir leur mot à dire sur leur avenir. Ainsi, la mairie a organisé une série de débats et de consultations publiques, communiqué sur le projet en ligne et intégré activement les demandes locales dans le projet.

La création du parc a fait une énorme différence dans la vie des résidents :

  • Le quartier est devenu plus vivable, car les familles à faible revenu et les jeunes à risque ont bénéficié d’opportunités de loisirs.
  • Le sentiment de communauté des résidents a augmenté, car le parc a permis aux personnes issues de divers horizons et cultures de se connecter, facilité l’organisation d’activités de quartier et exposé les jeunes à la nature.
  • La qualité de l’environnement s’est améliorée grâce à une gestion durable et rationnelle des déchets, à une efficacité énergétique accrue et à la réduction de la pollution de l’air.
  • Le parc a attiré les acheteurs de logements, et la valeur des biens immobiliers résidentiels a augmenté de 15 %.

Pour en savoir plus sur cette initiative et d’autres bonnes pratiques locales, consultez le site Web d’URBACT, le programme de coopération territoriale européenne qui vise à promouvoir le développement urbain durable et intégré dans les villes à travers l’Europe.

Depuis 2021, l’outil RFSC est utilisé par les villes et les partenaires du réseau « Global Goals for Cities » d’URBACT, soutenant la localisation des ODD dans 19 villes européennes.

Investissement public pour la relance

Cohesion Policy Alliance - News 2021

Le CCRE appelle à une réforme de la gouvernance économique de l’UE favorable à l’investissement


La crise de la COVID-19 a mis en lumière les vulnérabilités de la gouvernance économique européenne et la nécessité de repenser la manière dont les règles de l’UE soutiennent l’investissement durable à long terme à tous les niveaux de gouvernement. Dans sa position de 2022, le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) soutient que la réforme du cadre de gouvernance économique de l’UE est une opportunité essentielle pour libérer le potentiel d’investissement des collectivités locales et régionales.

Les collectivités territoriales, qui représentent 45 % de l’investissement public dans l’UE, ont été fortement impactées par la crise. Elles ont renforcé les services essentiels et soutenu les communautés, tout en subissant une baisse de leurs recettes et une réduction de leur marge de manœuvre budgétaire. Le CCRE alerte : sans réforme urgente, les municipalités risquent d’être empêchées d’investir dans les transitions verte, numérique et sociale.

Le CCRE propose plusieurs changements clés :

  • Renforcer la gouvernance à plusieurs niveaux : les voix locales et régionales doivent être intégrées dans la coordination économique, notamment via un Semestre européen réformé appliquant obligatoirement le principe de partenariat.
  • Reconnaître l’investissement comme une priorité : le nouveau cadre doit faire la distinction entre les dépenses courantes et les investissements durables à long terme, afin d’éviter que les projets tournés vers l’avenir ne pénalisent les collectivités.
  • Assouplir les règles d’endettement : les emprunts locaux et régionaux dédiés aux investissements structurels ne devraient pas être comptabilisés dans la dette nationale au titre du Pacte de stabilité et de croissance.
  • Créer une banque municipale et régionale européenne : cette nouvelle structure au sein de la BEI (Banque européenne d’investissement) permettrait de soutenir l’investissement local, en s’appuyant notamment sur des ressources mutualisées et des obligations vertes ou sociales sur mesure.
  • Renforcer les capacités locales : les municipalités ont besoin d’outils et de compétences pour planifier et mettre en œuvre des investissements stratégiques, en particulier dans les domaines de la santé, des soins et des infrastructures.

Le CCRE insiste également sur l’importance de maintenir un rôle de premier plan pour les collectivités locales dans la mise en œuvre des Plans nationaux de relance et de résilience. Sans autonomie suffisante, sans financements adaptés et sans participation active, les objectifs de relance durable de l’UE, notamment ceux du Green Deal, risquent d’être retardés ou compromis.

En définitive, le CCRE appelle à un cadre de gouvernance qui favorise – et non freine – l’ambition locale, et donne aux municipalités et aux régions les moyens d’investir dans l’avenir des communautés européennes.

Lire le document de position ici

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Développement rural

Rural Development - News

Entretien exclusif : La Commissaire Dubravka Šuica sur l’avenir des zones rurales


Le 30 juin, la Commission européenne a publié la communication intitulée « Une vision à long terme pour les zones rurales de l’UE – Vers des zones rurales plus fortes, connectées, résilientes et prospères à l’horizon 2040 ». Cette communication couvre un large éventail de thématiques : services publics, solutions numériques, diversification économique… À cette occasion, nous avons interrogé Dubravka Šuica, vice-présidente de la Commission européenne et commissaire à la Démocratie et à la Démographie, sur les défis, objectifs et prochaines étapes de cette initiative.

Qu’est-ce qui a motivé la Commission à publier cette communication maintenant et quels en sont les objectifs ?

La transition démographique touche l’UE de manière différente selon les régions, mais nos zones rurales en subissent les effets de façon plus marquée : dépeuplement, vieillissement, difficulté d’accès aux services et aux infrastructures, notamment dans les zones les plus isolées. La pandémie de COVID-19 n’a fait qu’amplifier ces disparités.

Avec cette vision, nous voulons nous adresser aux 137 millions de personnes vivant dans environ 80 % du territoire de l’UE et veiller à ce qu’elles puissent s’épanouir là où elles ont choisi de vivre.

La vision propose des actions concrètes et immédiates, pour créer des emplois, moderniser les infrastructures, renforcer la mobilité et attirer ou retenir les jeunes talents.

En tant qu’ancienne maire, quels éléments de cette vision peuvent le plus aider les élus locaux à faire face au déclin démographique et économique ?

La vision est très large et sa mise en œuvre nécessitera l’implication de tous les niveaux de gouvernance : européen, national, régional et local. Elle exige aussi la participation de la société civile locale, des associations et du secteur économique.

C’est pourquoi elle propose un Pacte rural de l’UE, afin de favoriser le dialogue et les alliances. En tant qu’ancienne maire, je sais combien il est essentiel de dépasser l’échelle locale pour construire des coalitions efficaces. Ce pacte permettra aux maires d’échanger des idées et de construire des projets ciblés avec des acteurs parfois difficiles à mobiliser individuellement.

La communication n’est qu’un début. Quelles sont les prochaines étapes à venir jusqu’en 2024 ?

D’ici la fin de l’année, nous allons lancer officiellement le Pacte rural de l’UE, en coopération avec le Comité européen des Régions. Nous allons aussi commencer à mettre en œuvre le plan d’action rural, qui comprend des projets concrets et opérationnels.

En tout, le plan contient neuf projets phares et quinze actions complémentaires.

Parmi les projets :

Le projet « Avenir numérique des zones rurales » prévoit un ensemble d’actions pour accélérer la transition numérique durable dans les territoires ruraux.

Le premier est la plateforme de revitalisation rurale, axée sur les zones touchées par la perte démographique, le vieillissement et le manque d’opportunités économiques.

Selon un Eurobaromètre récent, 79 % des citoyens européens estiment que l’UE devrait tenir compte des zones rurales dans les décisions de dépenses publiques, et 65 % pensent que la région ou province locale devrait pouvoir décider de la manière dont les investissements de l’UE sont utilisés dans les zones rurales. Dans quelle mesure la nouvelle communication influencera-t-elle l’allocation des fonds européens dans les années à venir ?

La Vision met en avant l’importance de réaliser le plein potentiel des zones rurales, ce qui n’est possible qu’avec un soutien et des incitations appropriés. Elle adresse un message clair à tous les acteurs, y compris aux gouvernements nationaux, sur la nécessité d’offrir un financement et un cadre de soutien adéquat aux zones rurales.

Dès l’an dernier, j’ai adressé une lettre aux États membres, avec les commissaires Elisa Ferreira et Janusz Wojciechowski, les invitant à prendre en compte les zones rurales dans la préparation des plans stratégiques de la PAC et des programmes opérationnels de la politique de cohésion.

La Vision prévoit également la création d’une boîte à outils pour l’accès et la combinaison optimale des financements européens destinés aux zones rurales, permettant d’améliorer les synergies entre les différents fonds et de faire bénéficier les citoyens ruraux d’un éventail plus large de financements.

Comment l’initiative Next Generation EU peut-elle également contribuer à revitaliser les zones rurales et isolées ?

Des instruments comme la Facilité pour la reprise et la résilience, InvestEU, la Banque européenne d’investissement ou d’autres programmes européens peuvent être mobilisés pour financer des activités spécifiques dans les zones rurales. Nous avons invité les États membres à utiliser ces fonds en tenant compte des besoins particuliers de ces territoires.

Par ailleurs, comme proposé dans la Vision à long terme pour les zones rurales, toutes les politiques européennes futures seront passées au crible de leurs effets sur les zones rurales, à travers un processus de rural proofing. Au-delà du soutien financier, cette vision vise à créer une dynamique politique, impliquant un large éventail d’acteurs au service du développement rural.

On perçoit de plus en plus que les zones rurales ne sont pas une priorité de l’UE. Selon la consultation publique de la Commission, 56 % des habitants ruraux se sentent « laissés pour compte ». Comment la Conférence sur l’avenir de l’Europe peut-elle répondre à ce sentiment ? Et comment garantir la pertinence du débat pour les citoyens, notamment dans les zones rurales ?

Avec le lancement de cette Vision à long terme, la Commission européenne a clairement affiché son engagement en faveur du bien-être et de la prospérité des zones rurales, avec une approche qui va bien au-delà du prisme agricole traditionnel. Les nombreuses actions prévues toucheront concrètement la vie quotidienne de nombreux habitants et contribueront à combler le sentiment d’exclusion.

La Conférence sur l’avenir de l’Europe a justement pour vocation d’inclure tous les citoyens, y compris les plus sceptiques ou ceux qui se sentent marginalisés. Elle est une opportunité pour les acteurs ruraux d’exprimer leurs attentes, en organisant leurs propres événements et en les relayant sur la plateforme numérique multilingue, ainsi que via les panels de citoyens ou les séances plénières.

Comment les élus locaux – en dehors du Comité européen des Régions – peuvent-ils participer aux débats de la Conférence sur l’avenir de l’Europe ? Et comment leurs contributions peuvent-elles être prises en compte par les institutions de l’UE ?

Le Comité des Régions travaille à coordonner une participation équilibrée des représentants élus locaux qui ne sont pas eux-mêmes membres du Comité. Ces représentants pourront débattre des recommandations issues des panels citoyens européens et nationaux, et des contributions de la plateforme numérique, aux côtés de députés européens et nationaux, de représentants d’organisations de la société civile, de partenaires sociaux et d’autres acteurs.

Les élus locaux doivent saisir cette occasion pour faire entendre leurs points de vue et enrichir les débats à tous les niveaux : local, national et européen.

Dévelopement Rural

Rural Development - Press

EU develops its vision for rural areas alongside local governments


L’UE élabore sa vision pour les zones rurales en collaboration avec les gouvernements locaux

La Commission européenne a présenté cette semaine sa vision à long terme pour les zones rurales à l’horizon 2040, avec la participation de la vice-présidente Dubravka Suica et des commissaires Elisa Ferreira (Cohésion) et Janusz Wojciechowski (Agriculture).

Les défis des zones rurales en Europe

Les zones rurales abritent environ 30 % de la population européenne, soit 137 millions de personnes, et couvrent 80 % du territoire de l’UE. Cependant, elles font face à des défis majeurs, notamment la dépopulation et la diminution des services publics, qui alimentent le mécontentement politique.

La nouvelle vision vise à transformer ces zones en des espaces plus connectés, grâce à des solutions de mobilité et de numérisation, plus résilients face aux crises climatiques et économiques, et plus prospères grâce à une économie diversifiée.

Un rôle central pour les gouvernements locaux et régionaux

La Commission propose de mobiliser les autorités publiques à tous les niveaux et les parties prenantes rurales via un Pacte rural d’ici la fin de 2021. Les gouvernements locaux et régionaux seront invités à élaborer une stratégie et un plan d’action pour relever les défis spécifiques à ces zones.

L’initiative phare, la création d’une plateforme de revitalisation rurale, servira de guichet unique pour les communautés rurales, offrant des conseils sur les opportunités de financement et mettant en lumière les projets réussis.

Un accent particulier sera mis sur :

  • La mobilité multimodale durable
  • La transition énergétique
  • L’adaptation au climat

Le CEMR a plaidé pour un changement de discours, en promouvant les atouts culturels, touristiques et économiques des zones rurales. Il est encourageant de voir que la vision de l’UE s’aligne sur ces recommandations en appelant à des solutions conçues localement.

Un plan d’action pour concrétiser la vision

Le plan d’action rural s’appuiera sur des financements existants, notamment :

  • Le Fonds agricole européen pour le développement rural (FEADER)
  • Les fonds de cohésion
  • La Facilité pour la reprise et la résilience
  • InvestEU

Pour maximiser l’utilisation de ces fonds, la Commission développera un outil d’accès aux financements pour les parties prenantes rurales.

Un mécanisme de « vérification rurale » analysera désormais l’impact des politiques de l’UE sur l’emploi, la croissance et le développement durable dans les zones rurales. De plus, un observatoire rural sera créé en 2022 pour suivre les tendances économiques, sociales et démographiques.

Les citoyens veulent une prise de décision locale

Un Eurobaromètre récent montre un fort soutien des citoyens pour des politiques rurales :

  • 79 % des citoyens soutiennent que l’UE prenne en compte les zones rurales dans les décisions budgétaires.
  • 65 % pensent que les décisions sur les investissements ruraux de l’UE devraient être prises au niveau local ou provincial.
  • 44 % identifient les infrastructures de transport comme un besoin clé.

Prochaines étapes

D’ici mi-2023, la Commission évaluera les progrès réalisés et identifiera les lacunes en matière de financement. En 2024, elle formulera des recommandations pour le budget 2028-2032.

Pour le CEMR, le travail continue avec des événements tels que la session « Rural Connections » le 14 octobre lors de la Semaine européenne des régions et des villes, centrée sur la mobilité et l’innovation numérique.

Cette vision offre une opportunité unique de revitaliser les zones rurales et de bâtir un avenir équitable et durable pour leurs habitants.