Skip to main content

Forum de solidarité PL-UKR

Mayors in Ukraine - News 2023

Des dirigeants locaux polonais et ukrainiens planifient la coopération et les efforts de reconstruction


Plus de 170 représentants de gouvernements locaux se sont réunis en ligne lors du Forum de solidarité locale Pologne-Ukraine, le 14 juin. Les participants ont discuté des moyens d’aider leurs partenaires ukrainiens, ont écouté les maires ukrainiens dont les villes ont été touchées par l’agression russe, et ont esquissé des perspectives de coopération future.

Le Forum a été coorganisé avec le programme U-LEAD with Europe et l’Association des villes polonaises, dans le cadre du projet Bridges of Trust du CCRE.

Vyacheslav Nehoda, vice-ministre ukrainien des communautés et territoires, a souligné que la coopération au niveau local sera cruciale, en particulier pour la reconstruction et la relance des activités économiques.

Des propos repris par Tomasz Ostropolski, représentant de la délégation de l’UE en Ukraine, qui a déclaré :

« Pendant la reconstruction de l’Ukraine, les municipalités seront intégrées et joueront un rôle actif en tant que piliers et catalyseurs du développement. »

Les municipalités européennes ont également un rôle clé à jouer pour soutenir l’Ukraine. Zygmunt Frankiewicz, président de l’Association des villes polonaises, a noté que la société polonaise se mobilise pour aider l’Ukraine et que la coopération entre les autorités locales des deux pays ne pourra que s’intensifier, notamment en ce qui concerne la reconstruction.

Lilia Furtus, première secrétaire de l’ambassade d’Ukraine en Pologne, a remercié les gouvernements locaux et le peuple polonais pour leur engagement. Elle a souligné que :

« Nous devons unir nos efforts pour mettre fin à cette guerre, nous avons besoin d’aide militaire, humanitaire et d’un soutien pour la reconstruction de l’Ukraine. »

Le soutien peut aussi prendre la forme de projets multipartites impliquant les gouvernements locaux. Bastian Veigel, directeur du programme U-LEAD with Europe chez GIZ, a ajouté que ce projet fournit des outils essentiels aux communautés touchées par l’agression russe, et contribuera à la reconstruction post-conflit du pays.

Villes ukrainiennes : vivre avec la guerre

Dans la deuxième partie de la réunion, les maires de deux villes ukrainiennes ont partagé leur point de vue.

Volodymyr Shmatko, maire de Chortkiv (région de Ternopil, Ukraine de l’Ouest), a rappelé qu’au cours du processus de décentralisation, les responsables locaux ukrainiens ont beaucoup appris de l’expérience polonaise.

Depuis l’intensification de l’agression russe, près de 3 000 personnes déplacées sont arrivées à Chortkiv, une ville de 30 000 habitants. Le gouvernement local a reçu une aide humanitaire provenant de diverses sources, y compris de la ville polonaise de Leżajsk. Plus de 100 tonnes d’aide ont été réparties entre Chortkiv et d’autres municipalités des régions de Soumy et Kharkiv.

Le maire d’Irpin, région de Kyiv, Oleksandr Markushyn, a insisté sur la nécessité d’un soutien international pour la reconstruction post-guerre. Il a également précisé que des projets de reconstruction sont déjà en cours d’élaboration dans la ville :

« Irpin ne pourra pas faire face seule à la reconstruction. Avant la guerre, notre ville était prospère, l’une des petites villes les plus riches d’Ukraine, pro-européenne, très belle. Aujourd’hui, il est douloureux de constater que 50 % de notre ville est en ruines. »

Les villes polonaises aux côtés de l’Ukraine

La troisième partie de la réunion était consacrée aux initiatives mises en œuvre par les villes polonaises.

Kamil Czyż, directeur du Département de la marque de la ville, de la coopération économique et du tourisme de Rzeszów, a décrit l’ampleur de l’aide fournie aux nouveaux arrivants ukrainiens. La ville a reçu le titre honorifique de « ville sauveteuse », décerné par le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Chełm, ville de 60 000 habitants, a accueilli près de 25 000 Ukrainiens. Un accent particulier a été mis sur le soutien psychologique apporté aux personnes ayant vécu des expériences traumatisantes. Dorota Cieślik, maire adjointe de Chełm, a expliqué le nouveau défi consistant à aider les personnes qui souhaitent retourner en Ukraine.

Le dernier intervenant du Forum, Paweł Kost, directeur du Fonds de Solidarité Internationale PL en Ukraine, a expliqué que cette organisation, présente dans le pays depuis 10 ans, s’est recentrée depuis le 24 février sur l’aide humanitaire et sur le renforcement des capacités dans les secteurs sociaux, éducatifs et de la santé.

Pour conclure…

À la fin de l’événement, les municipalités ukrainiennes ont été invitées à laisser leurs coordonnées si elles souhaitaient trouver un partenaire en Pologne. Ces informations ont été partagées lors du Forum Urbain Mondial (WUF) à Katowice et publiées sur le site web de l’Association des villes polonaises.

Forum de Solidarité Locale

Bridges of Trust - News 2023 2

Rejoignez-nous à l’occasion du Forum de Solidarité Locale Slovaquie-Ukraine


Rejoignez-nous le 9 juin, de 10h00 à 12h00 CEST, pour un échange en ligne animé sur la manière de maintenir l’élan et de soutenir les municipalités ukrainiennes, qui sont le pilier de la résistance nationale. L’événement aura lieu en ligne et se déroulera en anglais, ukrainien et slovaque avec interprétation simultanée dans ces trois langues.

Le Forum de Solidarité Locale Slovaquie-Ukraine est organisé conjointement par le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CEMR), PLATFORMA, l’Association des Villes et Communes de Slovaquie et le programme U-LEAD with Europe. Il offrira un espace unique de dialogue et de renforcement de la coopération entre les autorités locales d’Ukraine et de Slovaquie.

L’objectif de ce forum de solidarité locale entre la Slovaquie et l’Ukraine est de :

  • Mettre en lumière les défis spécifiques de la gouvernance locale en temps de guerre, vécus sur le terrain en Ukraine ;
  • Présenter les meilleures pratiques de soutien local apporté par la Slovaquie, ainsi que les défis rencontrés et relevés ;
  • Encourager la création de nouveaux partenariats municipaux entre la Slovaquie et l’Ukraine.

Le programme complet du Forum est disponible ici : en anglais, ukrainien et slovaque.

Pour vous inscrire, veuillez remplir ce formulaire en ligne avant le 7 juin 2022. Pour toute question, veuillez contacter Yana.Brovdiy[at]ccre-cemr.org.


Форум місцевої солідарності: Словаччинa – Українa

Приєднуйтесь до нас 9 червня (з 11:00 до 13:00 за київським часом / 10:00-12:00 за словацьким часом) для того щоб обговорити, як ми можемо зберегти імпульс і продовжувати допомагати українським громадам, які є хребтом національного опору. Форум пройде онлайн. Трансляція буде доступна українською, словацькою та англійською.

Форум проводиться спільно Радою європейських муніципалітетів та регіонів,  ПЛАТФОРМОЮ
Асоціацією міст і громад Словаччини та програмою  « U-LEAD з Європою ». Він забезпечить унікальний простір для діалогу та сприяння співпраці між місцевими органами влади України та Словаччини. 
Форум місцевої солідарності між Словаччиною та Україною покликаний: 

Висвітлити конкретні виклики місцевого самоврядування під час воєнного часу в Україні; 

  • Представити найкращі приклади підтримки України з боку місцевої влади у Словаччині, проблеми, з
  • якими стикалися та як вони вирішувалися;
  • Сприяти створенню нових муніципальних партнерств між Словаччиною та Україною.

З повною програмою Форуму можна ознайомитися тут.

Щоб зареєструватися, будь ласка, заповніть цю форму до 7 червня 2022 р.

Якщо у Вас виникли запитання, будь ласка, зв’яжіться з нами за адресою Yana.Brovdiy[at]ccre-cemr.org.

Rapport annuel sur les ODD

SDG Report - News

Notre rapport annuel sur les Objectifs de Développement Durable passe au numérique


Disponible pour la première fois en format en ligne, PLATFORMA et le CCRE viennent de publier leur cinquième étude annuelle sur la localisation des Objectifs de Développement Durable (ODD). Publiée à l’occasion du Forum Politique de Haut Niveau des Nations Unies sur le Développement Durable (HLPF) à New York, découvrez cette publication innovante sur :
local-sdgs.eu

Cette étude rassemble les informations les plus récentes sur comment et dans quelle mesure les associations et réseaux de gouvernements locaux et régionaux ont été impliqués dans la localisation des ODD, en Europe et avec leurs partenaires internationaux, notamment pendant la pandémie de COVID-19. L’enquête de cette année comprenait donc des questions sur la mise en œuvre des ODD depuis 2015 et l’impact de la crise du COVID-19. Les deux dernières sections comprenaient également des questions sur les Examens Volontaires Subnationaux (VSR) et la coopération décentralisée.

L’étude se base sur 63 réponses provenant de 28 pays européens, 37 associations de gouvernements locaux et régionaux et 18 municipalités et régions.

Principales recommandations

L’étude a fait émerger six recommandations clés, à destination des institutions de l’UE, des gouvernements nationaux, ainsi que des gouvernements locaux et régionaux et de leurs associations nationales :

  1. La Commission européenne devrait faire rapport régulièrement sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre des ODD au niveau de l’UE, et indiquer comment les différents niveaux de gouvernance ont contribué à ce processus.
  2. Les associations de gouvernements locaux et régionaux sont encouragées à participer activement au processus des Examens Volontaires Subnationaux (VSR).
  3. Les gouvernements locaux et régionaux (GLR) demandent une reconnaissance claire et une inclusion explicite de leur rôle, ainsi que de celui de leurs associations, dans le suivi et le reporting national sur les ODD.
  4. Les États européens et l’UE doivent renforcer leur dialogue avec les niveaux subnationaux et les inclure dans toutes les délégations de haut niveau concernées.
  5. Il faut renforcer la coopération internationale afin d’atteindre l’Agenda 2030 au niveau local et régional.
  6. Il est toujours nécessaire de localiser et territorialiser les ODD en mobilisant les fonds et ressources appropriés.

Présentation au Forum Politique de Haut Niveau (HLPF)

Cette étude sera présentée par une délégation PLATFORMA-CCRE lors de différents événements organisés pendant la deuxième semaine du HLPF, qui se tient à New York du 5 au 15 juillet 2022.

La délégation est composée de :

  • Fabrizio Rossi, Secrétaire général du CCRE
  • José Hila, Maire de Palma de Majorque (Espagne, FEMP)
  • Hannah-Lea Braun, Membre du conseil local de Maichingen (Sindelfingen, Allemagne), membre du Comité des jeunes élus du CCRE
  • Luis Salaya, Maire de Cáceres (Espagne, FEMP)
  • Valérie Dumontet, Vice-présidente du Département de l’Aude (France, Cités Unies France)
  • Pilar Díaz, Maire d’Esplugues de Llobregat, Déléguée aux relations internationales à la Députation de Barcelone (Espagne, DIBA)
  • Jan van Zanen, Maire de La Haye (Pays-Bas, VNG International)

Des directeurs, conseillers et techniciens du CCRE, de la Ville de Paris, de DIBA, de FEMP, de l’Association norvégienne des autorités locales et régionales (KS), de CGLU et de VNG International participent également au HLPF cette année.

Le rapport annuel sur les ODD passe au numérique

PLATFORMA - banner 3

Notre rapport annuel sur les ODD devient numérique au Forum politique de haut niveau des Nations Unies sur le développement durable (FPHN)


Disponible pour la première fois dans un format en ligne, PLATFORMA et le CCRE viennent de publier leur cinquième étude annuelle sur la localisation des Objectifs de développement durable (ODD). Publiée à l’occasion du Forum politique de haut niveau des Nations Unies sur le développement durable (FPHN) à New York, découvrez dès aujourd’hui cette publication innovante sur local-sdgs.eu/fr.

Cette étude rassemble les informations les plus récentes sur les modalités et la portée de l’implication des associations et des réseaux de collectivités territoriales dans la localisation des ODD, à la fois en Europe et avec leurs pairs mondiaux, notamment pendant la pandémie de COVID-19. L’enquête de cette année comprenait également des questions sur la mise en œuvre des ODD depuis 2015 et sur l’impact de la crise due à la COVID-19. Dans les deux dernières sections, il y avait également des questions supplémentaires concernant les Examens infranationaux volontaires (EIV) et la coopération décentralisée.

Elle rassemble 63 réponses de 28 pays européens, 37 associations de gouvernements locaux et régionaux et 18 municipalités et régions.

Principales recommandations

Six recommandations principales sont ressorties de cette étude, ciblant les institutions européennes, les gouvernements nationaux et les collectivités territoriales et leurs associations nationales :

  1. La Commission européenne doit rendre compte régulièrement de tout progrès réalisé pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) au niveau de l’UE et indiquer comment les différents niveaux de gouvernance ont contribué à ce processus.
  2. Nous encourageons les associations de collectivités territoriales à prendre activement part au processus des examens infranationaux volontaires (EIV).
  3. Les collectivités territoriales demandent que les gouvernements nationaux reconnaissent et incluent fermement leur rôle et celui de leurs associations dans le suivi et le compte rendu des progrès de la mise en œuvre des ODD au niveau national.
  4. Les États européens et l’UE doivent renforcer leur dialogue avec les niveaux infranationaux et les inclure dans toute réunion pertinente des délégations de haut niveau.
  5. Renforcer la coopération internationale pour réaliser l’Agenda 2030 aux niveaux local et régional.
  6. Il est toujours nécessaire de localiser et de territorialiser les ODD par le déploiement de fonds et de ressources appropriés.

Cette étude sera présentée par une délégation de PLATFORMA-CEMR lors de différents événements au cours de la deuxième semaine du Forum politique de haut niveau sur le développement durable (FPHN) qui se tiendra à New York du 5 au 15 juillet 2022.

Cette délégation est composée de :

  • Fabrizio Rossi, Secrétaire Général du CCRE
  • José Hila, Maire de Palma de Mallorca (Espagne, FEMP)
  • Hannah-Lea Braun, Membre du Conseil de Maichingen (Sindelfingen, Allemagne) et du Comité des jeunes élus du CCRE
  • Luis Salaya, Maire de Cáceres (Espagne, FEMP)
  • Valérie Dumontet, Vice-Présidente de l’Aude (France, Cités Unies France)
  • Pilar Díaz, Maire d’Espluges de Llobregat, Adjointe à la Présidence, Déléguée aux Relations Internationales à la Diputació de Barcelona (Espagne, Députation Provinciale de Barcelone – DIBA)
  • Jan van Zanen, maire de La Haye (Pays-Bas, VNG International)

Des directeurs, conseillers et techniciens du CCRE, de la Ville de Paris, de la DIBA, de la FEMP, de l’Association norvégienne des autorités locales et régionales (KS), de CGLU et de VNG International participent également au FPHN cette année.

En savoir plus

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Débat politique sur l’IA

AI - News Section

L’IA et l’adaptation locale : un antidote essentiel au chaos climatique


De la traduction automatique à la détection des cellules cancéreuses, en passant par la promesse des voitures autonomes, l’intelligence artificielle (IA) transforme déjà le travail et les processus dans de nombreux domaines de la vie. Mais cette révolution, qui ne fera que s’intensifier dans les années à venir, concerne aussi les services publics, et en particulier les gouvernements locaux et régionaux.

Cela est particulièrement vrai dans le domaine de l’adaptation au changement climatique, étant donné que les risques météorologiques sont aussi divers que le patchwork des territoires mondiaux. C’est pourquoi le CEMR a organisé un débat politique sur l’IA et l’adaptation climatique à Bologne, le lundi 4 juillet, réunissant des dirigeants politiques nationaux, régionaux et locaux, ainsi que des experts académiques et internationaux.

Stefano Bonaccini, président du CEMR et de la région Émilie-Romagne, a souligné que Bologne accueille les superordinateurs du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF). « Il s’agit d’un centre de données pour l’ensemble de l’Union européenne, contenant certains des superordinateurs les plus puissants du continent », a-t-il déclaré. « En prévoyant les risques météorologiques, le Centre contribue à façonner les actions locales et régionales les plus appropriées pour s’adapter à un climat de plus en plus instable. »

Ces données seront grandement nécessaires. Les territoires européens sont de plus en plus dévastés par les incendies de forêt, les inondations et autres phénomènes météorologiques extrêmes. Andreas Wolter, maire de Cologne, a rappelé que l’année dernière, des inondations en Allemagne et en Belgique ont causé près de 250 morts et infligé des dommages de 20 à 40 milliards d’euros. L’été 2021 a également été le plus chaud jamais enregistré en Europe, atteignant 48,8 degrés Celsius en Sicile en août.

Patrizio Bianchi, ministre italien de l’Éducation, a insisté sur l’importance de l’IA et des données pour développer des réponses locales, nationales et européennes au changement climatique et aux catastrophes potentielles. « Nous avons besoin de données, encore de données, et toujours plus de données ! Et de la capacité à exploiter ces données », a-t-il dit. « Nous utilisons ces données pour améliorer notre capacité à bien vivre et à rester en bonne santé, ainsi que pour éviter la guerre et les catastrophes. »

Le ministre Bianchi a souligné que le centre de données de Bologne est un maillon d’un système paneuropéen de simulations climatiques et que la coopération à tous les niveaux est essentielle. Il a aussi insisté sur le fait que l’IA ne peut remplacer l’intelligence collective humaine et la responsabilité civique : « Le seul vrai danger, c’est la stupidité humaine. Nous pouvons l’éviter en revenant aux valeurs fondamentales de nos démocraties. »

Action européenne et locale combinée

Les rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) suggèrent de plus en plus que nous n’atteindrons pas l’objectif de l’Accord de Paris, qui vise à limiter la hausse globale des températures à 2 degrés Celsius. Par conséquent, l’adaptation climatique locale sera nécessaire en plus de la réduction des émissions globales.

L’Union européenne prend de nombreuses mesures pour anticiper et s’adapter aux risques climatiques. Parmi celles-ci figurent le programme d’observation satellitaire Copernicus, le modèle numérique Destination Terre de notre système environnemental planétaire, ainsi qu’une avalanche de législations et financements dans le cadre du Pacte vert pour l’Europe.

Un projet européen particulièrement important pour les gouvernements locaux et régionaux est le Pacte des maires. Les villes et régions membres, au nombre de 11 000 signataires représentant 341 millions d’habitants, s’engagent toutes à prendre des mesures pour décarboner leurs économies et s’adapter activement au changement climatique.

L’organe scientifique de la Commission européenne, le Centre commun de recherche (JRC), produit régulièrement des études basées sur les données relatives aux risques climatiques locaux et à l’adaptation. Celles-ci aident notamment à identifier les actions les plus cohérentes et efficaces à mener dans différentes localités, tout en mettant en lumière des questions parfois négligées, telles que les inégalités sociales.

Les données publiques et les modèles sont clés pour concevoir des adaptations locales efficaces

Enrico Biffis, professeur associé en finance actuarielle à l’Imperial College de Londres, a insisté sur l’importance des données et de modèles climatiques précis pour prendre les mesures d’adaptation locale les plus pertinentes. « Si nous ne faisons pas cela correctement, les coûts seront énormes. Certains de ces projets s’étendent sur plusieurs années, 10, 20, 30 ans », a-t-il expliqué. « On ne peut pas revenir en arrière dix ans plus tard. Il est impératif de bien faire les choses dès le départ. »

Des maires et autres élus locaux et régionaux ont partagé leurs expériences et défis concernant l’adaptation climatique. Michaël Quernez, maire de Quimperlé, vice-président de la Bretagne et secrétaire général de l’association française du CEMR (AFCCRE), a cité les problèmes de privatisation des données climatiques. « En France, pour qu’un maire comme moi puisse accéder aux données de Météo-France (un service public de prévision météorologique), il doit les acheter », a-t-il dit. « Que pouvons-nous faire pour garantir que ces données restent publiques et ne soient pas commercialisées ? »

C’est l’un des nombreux enjeux que les représentants locaux et régionaux peuvent soulever auprès des décideurs nationaux et européens. Une chose est sûre : nous avons besoin d’informations précises et d’une coopération à tous les niveaux si les Européens veulent lutter et s’adapter au changement climatique.

Adhésion à l’UE

European Union - News

Comment soutenir l’Ukraine, la Moldavie et la Géorgie dans leur adhésion à l’Union européenne ?


Quelques jours après le déclenchement de la guerre par la Russie, l’Ukraine, la Moldavie et la Géorgie ont chacune soumis une demande officielle d’adhésion à l’UE. Depuis, l’Ukraine et la Moldavie ont obtenu le statut officiel de pays candidats à rejoindre l’Union, tandis que pour la Géorgie, les dirigeants européens ont reconnu sa « perspective européenne », une sorte de prélude à une candidature formelle.

Mais comment ces pays, qui misent sur un avenir européen, peuvent-ils se préparer ? Les membres du CEMR ont adopté une déclaration sur ce sujet lors de leur réunion du Comité politique, le 5 juillet 2022.

S’il est indéniable que les élargissements de 2004, 2007 et 2013 ont mécaniquement conduit l’UE à jouer un rôle plus important dans la politique ukrainienne, géorgienne et moldave, le chemin vers l’adhésion pour ces pays reste long et périlleux.

Dans ce contexte, les gouvernements locaux et régionaux ainsi que leurs associations représentatives peuvent contribuer à les rapprocher de l’UE. Comme le confirme la déclaration, le CEMR « s’engage à défendre une approche holistique du Trio et est prêt à accompagner le processus d’adhésion à l’UE de l’Ukraine, de la Moldavie et de la Géorgie sous un angle local. »

Depuis près de 25 ans, le CEMR, ensuite soutenu par PLATFORMA, apporte un soutien constant aux gouvernements locaux des voisins de l’Est de l’UE. Comme l’explique la déclaration, le réseau du CEMR travaille en continu « à renforcer l’autonomie locale et la capacité institutionnelle et à favoriser les réformes de gouvernance à plusieurs niveaux. »

Pour accompagner les réformes institutionnelles nécessaires et assurer un processus d’intégration durable, les membres du CEMR recommandent « la coopération décentralisée (…) pour garantir un processus d’intégration durable. » Ils précisent que « les échanges entre pairs, les partenariats municipaux, le mentorat, les visites d’études, le jumelage, les séminaires et la formation » sont autant de leviers pour rapprocher ces trois pays de l’Union européenne.

Alors que le CEMR est prêt à « continuer de soutenir ses associations membres en Géorgie, en Moldavie et en Ukraine dans leur contribution au processus d’adhésion à l’UE », espérons que les institutions européennes et les autorités concernées impliqueront pleinement les gouvernements locaux et régionaux dans ce processus en temps utile.

Comme le souligne la Commission européenne, « la réforme de l’administration publique et le processus de décentralisation dans ces trois pays sont des composantes essentielles des critères d’adhésion à l’UE. » L’Europe ne se construit pas de haut en bas. Pour créer une base commune, il est nécessaire de partir du bas.

Le CCRE à Kyiv

Bridges of Trust Branding - News 2024

« Rencontrer le maire Klitschko à Kyiv fut une véritable expérience »


Cet article d’opinion a été initialement publié dans Euractiv et rédigé par Fabrizio Rossi, secrétaire général du CEMR, à son retour de Kyiv en juin 2022.

Lorsque je me suis retrouvé assis à la même table que M. Vitali Klitschko dans un restaurant sur un toit à Kyiv en juin dernier, j’ai pu mesurer à la fois le charisme et l’authenticité de ce multiple champion du monde de boxe et actuel maire de Kyiv.

Bien que je connaissais Vitali Klitschko et son frère comme des icônes sportives, des boxeurs coriaces, puissants et extrêmement techniques, avant de le rencontrer, je ne savais pas à quoi m’attendre. Après avoir passé une demi-journée avec lui à Kyiv, je peux dire que c’est un leader qui ne peut pas se cacher : il est totalement lui-même.

Il est assez rare de rencontrer un leader politique qui ne soit pas tenté de fournir des réponses complaisantes pour satisfaire son auditoire et ses interlocuteurs. Le maire Klitschko semble indifférent à tout cela et animé uniquement par sa détermination à lutter, surmonter les défis et avancer.

Lorsque je lui ai demandé comment il parvenait à tenir les forces russes à distance alors qu’elles ont déjà enlevé plus de 50 élus locaux à travers le pays, il a réagi instinctivement : « Eh bien, si les Russes viennent me chercher, je serai prêt. » Il s’est arrêté, m’a regardé résolument puis a repris : « Parfois, on m’appelle et on me dit : ‘Vitali, tu devrais te cacher, ils te cherchent.’ Mais pour une personne comme moi, il est difficile de se cacher. Une fois, ils ont appelé au milieu de la nuit alors que je patrouillais la ville avec mon équipe et m’ont dit de me cacher sous terre : ‘Les Russes te cherchent !’ Nous avons trouvé un bâtiment en ruines et passé la nuit à dormir par terre. »

C’est à ce moment que j’ai réalisé que M. Klitschko était redevenu une icône. Cette fois, l’immense admiration et respect qu’on lui porte vient des élus locaux de toute l’Europe. Ces leaders locaux qui, en effet, ne peuvent pas se cacher face aux responsabilités urgentes et cruciales qu’ils affrontent : du changement climatique aux inégalités sociales, en passant par la reprise économique et même la guerre. Pour eux, le maire Klitschko est devenu une véritable référence. Quelqu’un qui montre l’exemple. Un leader qui agit conformément à ses paroles.

M. Klitschko est peut-être le plus célèbre des leaders locaux ukrainiens, mais beaucoup d’autres se sacrifient aussi sans compter et risquent leur vie chaque jour dans cette guerre. Les maires, chefs de districts et agents publics locaux à travers l’Ukraine continuent de servir héroïquement leur population dans des circonstances extrêmement difficiles. Les conditions varient beaucoup selon les territoires. Les gouvernements locaux des zones de combats intenses travaillent à évacuer les habitants et à fournir de l’eau et des biens essentiels malgré les bombardements réguliers.

Dans les territoires libérés depuis avril, les maires ont déjà commencé les travaux de reconstruction, la remise en état des bâtiments endommagés étant particulièrement importante avant l’arrivée de l’hiver. Dans d’autres régions du pays, les gouvernements locaux doivent gérer l’afflux massif de personnes déplacées internes et la nécessité de les loger et de les intégrer à la vie locale.

Il est impressionnant de voir ce travail accompli par les maires et leaders locaux malgré les menaces permanentes d’enlèvement et de mort. Les associations de gouvernements locaux ukrainiens travaillent également d’arrache-pied depuis le début du conflit : coordonnant la fourniture d’aide, identifiant les besoins spécifiques des différents territoires et facilitant le contact avec leurs soutiens européens.

Les associations de gouvernements locaux et régionaux à travers l’Europe font leur part pour soutenir l’Ukraine durant cette période difficile. L’Association des villes et communes de Slovaquie a envoyé des milliers de colis de matériel médical divers. Au Royaume-Uni, la Local Government Association a demandé de nouveaux pouvoirs pour exclure légalement les entreprises soutenant la Russie de l’attribution des marchés publics. Par ailleurs, le Réseau des Associations des Autorités Locales d’Europe du Sud-Est (NALAS) a été parmi les premiers à apporter une aide financière d’urgence à l’Association des Villes Ukrainiennes ; de nombreuses autres associations ont suivi. Ces exemples ne sont que la partie émergée de l’iceberg de ce qui a été accompli.

L’engagement des leaders locaux en soutien à leurs pairs ukrainiens et dans la gestion des conséquences directes et indirectes de cette guerre confirme une fois de plus que dans cette nouvelle ère de crise systémique, le leadership territorial est la base sur laquelle construire nos réponses. Au Conseil des municipalités et régions d’Europe (CEMR), nous recevons des signes très encourageants de la forte volonté des gouvernements locaux et régionaux de jouer un rôle crucial dans la reconstruction post-conflit.

Le maire de Kyiv est prêt à relever ce défi. « Les efforts de reconstruction doivent se concentrer sur des projets de terrain et être conçus par les communautés locales », m’a-t-il confié. Lors de notre rencontre bilatérale, il a souligné l’urgence d’un soutien à court terme pour construire des infrastructures clés dans la ville de Kyiv, comme de nouvelles casernes de pompiers.

C’est l’un des projets pour lequel nous, au CEMR, rassemblons du soutien. Notre groupe de travail sur la guerre en Ukraine se réunit régulièrement pour coordonner l’aide des gouvernements locaux et régionaux à l’Ukraine et s’assurer que l’aide politique, matérielle et financière répond aux besoins les plus urgents sur le terrain.

Espérons que beaucoup d’autres projets seront discutés lors de ma prochaine visite à M. Klitschko à Kyiv. Le maire de la capitale ukrainienne m’a invité à venir pour une visite plus longue la prochaine fois et m’a rassuré avec son style inimitable : « Si vous vous inquiétez pour votre sécurité, je tiens à vous rassurer, vous aurez les deux gardes du corps les plus coriaces de la ville : mon frère et moi ! »