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Stratégie de l’UE pour l’égalité de genre : notre réaction 

Gender Equality Strategy 2026-2030 news

Des principes à la pratique : faire en sorte que la nouvelle stratégie de la Commission européenne pour l’égalité entre les femmes et les hommes 2026-2030 porte ses fruits


La nouvelle stratégie de la Commission européenne pour l’égalité entre les femmes et les hommes 2026–2030 part d’un postulat essentiel : l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas une question secondaire, mais un principe qui doit façonner la vie publique dans son ensemble. S’appuyant sur la Feuille de route pour les droits des femmes et sa Déclaration de principes pour une société égalitaire, elle définit une vision globale couvrant l’éducation, la santé, le travail, le leadership et la vie en ligne, tout en s’attaquant à la cyberviolence, aux discours anti-genre et aux réactions hostiles à l’encontre de droits durement acquis.

Cette approche reflète étroitement le travail de longue date du CCRE. Depuis près de 20 ans, la Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale défend le même principe : l’égalité doit être ancrée dans des engagements communs, mais les progrès ne peuvent venir que d’actions menées à tous les niveaux de gouvernement. C’est pourquoi le véritable test de la nouvelle stratégie de l’UE, tout comme pour la Charte elle-même, sera sa mise en œuvre.

Cela est important car les femmes et les filles sont encore trop souvent écartées de la vie publique. Le rapport du CCRE intitulé Les femmes en politique : tendances locales et européennes montre qu’environ 32 % des femmes en politique ont été victimes de violences, la cyberviolence connaissant une forte augmentation. Le fait que la stratégie de la Commission s’appuie elle-même sur l’étude du CCRE souligne l’importance de l’expérience locale et régionale dans l’élaboration de l’agenda européen au sens large. L’étude met également en évidence des obstacles structurels plus larges : les femmes sont encore moins susceptibles d’être attirées par la vie politique et, une fois élues, se voient trop souvent refuser les responsabilités les plus influentes. La politique ne peut avoir de sens si elle exclut la moitié de la population.

Les gouvernements doivent donc veiller à ce que la sécurité des femmes et des filles ne soit jamais reléguée au second plan lorsque d’autres priorités se font jour. Les filles doivent sentir que leur voix sera entendue et qu’elle débouchera sur des actions concrètes. Ce n’est qu’alors qu’elles croiront qu’il y a une place pour elles en politique. L’étude la plus récente du CCRE, Local Truth, Shared Trust, renforce ce message en montrant à quel point la confiance dans les institutions est étroitement liée au sentiment de sécurité et d’inclusion des personnes, en particulier pour celles qui envisagent de s’engager dans la vie publique. Les femmes doivent non seulement avoir une voix en politique, mais aussi disposer d’un espace sûr où l’exercer.

Si la stratégie reconnaît certains aspects du travail du CCRE, cette reconnaissance constitue un premier pas bienvenu plutôt qu’une fin en soi. Pour garantir que les ambitions de la stratégie se traduisent par des résultats concrets, il serait utile d’intégrer de manière plus systématique la richesse des données locales et régionales que le CCRE et ses membres ont accumulées au cours des deux dernières décennies. Après tout, l’égalité entre les femmes et les hommes se construit sur le terrain : dans les communes, les villes et les régions où les politiques prennent effet et où les femmes ressentent l’impact de l’action publique sur leur vie. La prise en compte des réalités locales et régionales tout au long du cycle politique de l’UE, de la collecte de données à la conception, la mise en œuvre et le suivi des programmes, aiderait la Stratégie à refléter les expériences vécues par les femmes et permettrait une mise en œuvre plus efficace et inclusive à travers l’Europe.

Alors que le CCRE célèbre le 20e anniversaire de sa Charte, il se réjouit de travailler avec la Commission européenne et ses partenaires à travers l’Europe pour transformer ces principes en changements durables. Ce même message a récemment été porté devant les Nations unies lors de la 70e Conférence sur la condition de la femme, où Flo Clucas, porte-parole du CCRE pour l’égalité des genres, a intégré la perspective locale dans un débat plus large entre femmes et hommes occupant des fonctions publiques : la vie politique locale doit être véritablement ouverte aux femmes comme aux hommes, et les femmes ne peuvent y participer pleinement si leur sécurité n’est pas garantie. Le travail est loin d’être terminé. Mais la direction à suivre est claire : les femmes et les filles doivent pouvoir participer pleinement et en toute sécurité à la vie publique, sans crainte de violence ou d’intimidation, dans chaque ville, région et pays.

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* Photo: EC – Audiovisual Service, Copyright European Union, 2026 – source: https://audiovisual.ec.europa.eu/en/media/photo/P-069195

Le chemin de Bonn vers l’égalité de genre

Bonn - European Charter for Equality signatory

Au cœur des 40 années d’efforts de Bonn pour promouvoir l’égalité de genre


La ville de Bonn (Allemagne) a signé la Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale il y a dix-neuf ans. Pourtant, l’histoire de Bonn en matière de promotion de l’égalité des genres ne commence pas là. Elle remonte à plus de quarante ans, à une époque où l’égalité des genres n’était guère plus qu’une ambition et où les structures nécessaires à un véritable changement étaient quasiment inexistantes.

En 1984, Bonn a créé un Bureau dédié à l’égalité des chances, une initiative audacieuse pour l’époque, qui montrait que l’égalité n’était pas une valeur abstraite mais une priorité de gouvernance. Dès 1991, la ville adoptait ses premiers règlements municipaux sur l’égalité des chances. Dix ans plus tard, en 2001, Bonn adoptait son premier Plan global pour l’égalité des chances, jetant ainsi les bases d’une transformation structurelle et durable du travail, des services à la personne, de la sécurité et de la représentation.

L’engagement de Bonn est resté inébranlable. Aujourd’hui, la mairie maintient une quasi-parité hommes-femmes au sein de sa direction, tandis que les femmes occupant des postes de cadres intermédiaires sont encouragées à assumer des responsabilités de leadership grâce à des programmes de mentorat structurés.

La maire adjointe de Bonn, Ursula Sautter, explique que l’administration locale « défend et promeut des solutions de soins équitables » en raison de la « répartition encore inégale du travail et des soins ».

Sautter souligne également que la ville lutte activement contre toutes les formes de violence et soutient fermement les victimes. Cet engagement est renforcé par la nouvelle loi allemande d’assistance aux victimes de violence de 2025, qui consolide les dispositifs de soutien dans tout le pays.

Bonn est signataire de la Charte européenne pour l’égalité du CCRE depuis 2007, témoignant ainsi de son engagement à traduire les principes en actions. Comme le souligne Sautter, « la Charte européenne pour l’égalité est pour nous une source d’inspiration et d’émancipation, nous unissant à une multitude de villes diverses dans cette entreprise essentielle ».

Ursula Sautter, adjointe au maire de Bonn

20 ans de la Charte européenne pour l’égalité

Cette année, nous célébrons le 20e anniversaire de la Charte européenne des égalités, une étape importante qui invite à la réflexion, à la célébration et à une ambition renouvelée.

Depuis sa création, la Charte est devenue l’un des cadres les plus solides d’Europe pour promouvoir l’égalité aux niveaux local et régional. Aujourd’hui, plus de 2 053 signataires issus de 36 pays font partie de ce mouvement croissant de villes, de communes et de régions engagées à concrétiser les principes d’égalité.

Élaborée par le CCRE en collaboration avec ses associations nationales et ses partenaires de projet, la Charte rassemble diverses visions européennes de l’égalité. Des centaines de représentants locaux et régionaux ont contribué à l’élaboration d’un cadre commun qui prend en compte la diversité des compétences et des contextes à travers l’Europe. La signature de la Charte constitue un engagement public et formel, une promesse de promouvoir l’égalité des genres par le biais de politiques, de programmes et d’actions concrètes mis en œuvre en coopération avec les partenaires locaux et la société civile.

Bien que la Charte ne soit pas juridiquement contraignante, elle se veut volontairement ambitieuse. Le CCRE reconnaît que la réalisation de ces objectifs exige du temps, du dialogue et des changements structurels. C’est pourquoi les signataires sont encouragés à adopter une approche progressive, en identifiant les domaines d’action prioritaires tout en développant progressivement leurs efforts.

Pour soutenir les signataires, le CCRE a créé l’Observatoire européen de la Charte, dédié à aider les autorités locales et régionales à élaborer et à mettre en œuvre des politiques d’égalité fortes.

La mission de l’Observatoire est triple :

  • Soutenir l’élaboration de plans d’action locaux pour l’égalité des genres
  • Suivre la mise en œuvre et les progrès sur le terrain
  • Évaluer l’impact et partager les connaissances à travers l’Europe

En reliant les municipalités, en facilitant les échanges et en rendant les progrès visibles, l’Observatoire veille à ce que la Charte demeure un outil vivant et évolutif, ancré dans la pratique.

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Découvrez l’histoire d’Aubagne (France), qui a signé la Charte européenne pour l’égalité en novembre 2025.

Bonn est membre de l’association Deutscher Städtetag du CCRE.

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Atelier sur les actions pour l’égalité de genre

Women - News Section

Formation sur l’égalité de genre au niveau local : du principe à l’action


Le 18 novembre, le CCRE a organisé l’atelier en ligne « Du principe à l’action : formation à l’élaboration de plans d’action pour l’égalité de genre ». L’événement a réuni près de 60 participant·e·s provenant de plus de 10 pays, dont la France, l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, la Macédoine du Nord, la Roumanie, l’Ukraine, la Grèce, la Pologne, le Royaume-Uni et l’Autriche. Des représentant·e·s municipaux, coordinateurs nationaux et expert·e·s ont échangé pour renforcer leurs capacités à concevoir, actualiser et mettre en œuvre des Plans d’Action pour l’Égalité de Genre (GEAP), en cohérence avec la Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale.

À l’approche du 20e anniversaire de la Charte en 2026, la session a offert des orientations pratiques, des outils et des exemples pour soutenir un engagement renouvelé aux niveaux local et régional.

Plans d’action pour l’égalité de genre : outils et méthodologie

L’atelier a débuté par une intervention sur l’importance de l’intégration transversale du genre comme fondement des stratégies locales d’égalité.
Miguel Hernandez Littlewood (DG REGIO) a présenté le cadre stratégique de l’UE, les mécanismes de financement disponibles ainsi que la nouvelle méthodologie de suivi budgétaire sensible au genre.

Aline Burni, chercheuse au sein du think tank ODI Europe, a présenté les résultats du rapport GAP III et partagé des conseils pratiques : analyse des besoins, sécurisation de ressources financières, engagement politique, mise en place de systèmes de suivi axés sur l’impact plutôt que sur l’activité.

L’expérience des signataires de la Charte

Plusieurs signataires ont présenté leurs expériences et défis dans l’élaboration de leurs Plans d’Action.

Nataliya Lazarenko (Association des Villes Ukrainiennes) et Alina Khaletska (Conseil d’Experts sur l’Intégration du Genre de la Ville de Kyiv) ont évoqué leur expérience de la Charte, rappelant que Vinnytsia fut la première signataire ukrainienne en 2017, et soulignant que le contexte de guerre renforce les enjeux liés à l’égalité de genre.

Pascale Douineau, élue en charge de l’égalité femmes-hommes à Quimperlé (France), a partagé son travail sur la visibilité des femmes dans l’espace public, tout en rappelant la réalité et les défis propres aux territoires ruraux.

Toutes ont insisté sur la nécessité d’un engagement politique fort : la signature de la Charte marque une volonté d’agir, tandis que les Plans d’Action constituent les outils indispensables pour traduire cet engagement dans la vie quotidienne.

Outils pratiques, échanges et principales conclusions

Un exercice collectif a permis aux participant·e·s de concevoir un plan d’action à partir des articles de la Charte, notamment l’article 22 sur les violences de genre. Les échanges ont mis en lumière :

  • l’importance d’une approche intégrée ;
  • les besoins en ressources financières dédiées ;
  • la nécessité de fixer des objectifs budgétaires clairs ;
  • la valeur d’outils de suivi efficaces.

Les conclusions principales soulignent que l’évaluation des besoins est essentielle pour définir des priorités adaptées au territoire, et que la mise en œuvre durable requiert des financements adéquats, un leadership engagé et des structures pérennes. Aucun modèle unique ne peut s’appliquer partout : chaque plan doit être conçu selon les réalités locales. Les Plans d’Action constituent donc des instruments clés pour traduire les engagements en actions mesurables et concrètes.

Cap sur le 20e anniversaire de la Charte

À l’approche de 2026, année du 20e anniversaire de la Charte, le CCRE continuera d’accompagner les villes, communes et régions dans le renforcement de leurs stratégies d’égalité de genre. Les participant·e·s sont invité·e·s à s’appuyer sur les outils et enseignements présentés, à les intégrer dans leurs plans locaux et à rester des partenaires actifs de la progression collective en faveur de l’égalité.

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Politiques migratoires de l’Europe

Le CCRE rencontre les villes du Bade-Wurtemberg


Le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) a rencontré cette semaine le groupe de travail des coordinateurs européens de l’Association des villes du Bade-Wurtemberg afin d’échanger sur l’évolution du contexte européen et national en matière de migration et d’intégration. Cette rencontre intervient alors que les États membres de l’UE commencent à mettre en œuvre des éléments clés du Pacte sur la migration et l’asile, soulevant des questions sur la manière dont les gouvernements locaux et régionaux (GLR) seront associés à la définition du cadre européen de gouvernance migratoire.

Cette discussion s’inscrit dans la continuité du travail du CCRE sur les politiques migratoires et d’intégration, dans le cadre d’un engagement constant à soutenir les GLR autour de priorités clés : le Pacte européen sur la migration et l’asile, la directive sur la protection temporaire (DPT), le prochain cadre financier pluriannuel (CFP), le logement et l’inclusion sur le marché du travail.

Lors de la réunion, Annelies Coessens, chargée de mission au CCRE pour l’égalité, la diversité et la migration, a présenté les principaux défis qui façonnent actuellement la politique migratoire de l’UE. Bien que la migration demeure une priorité politique centrale — comme l’a réaffirmé la Présidente Ursula von der Leyen dans son discours sur l’état de l’Union 2025 — la mise en œuvre du Pacte sur la migration et l’asile manque encore de participation des GLR. Ce manque de coordination, conjugué à des récits nationaux axés sur la sécurité, freine le développement d’approches durables et communautaires en matière de migration.

Les participants ont partagé des perspectives issues de la réalité locale au Bade-Wurtemberg, notamment les défis rencontrés dans l’intégration des réfugiés ukrainiens — comme les barrières linguistiques, la pénurie de places en crèche et l’accès limité à l’emploi. Ces difficultés touchent particulièrement les femmes, notamment les mères célibataires, dont l’accès restreint à la garde d’enfants et aux opportunités professionnelles retarde significativement l’intégration et l’autonomie économique. Ces exemples illustrent le décalage entre les politiques européennes et la réalité locale, ainsi que la nécessité de renforcer les mécanismes de soutien pour les municipalités qui travaillent directement avec les nouveaux arrivants.

En regardant vers l’avenir, la discussion s’est tournée vers les prochaines négociations du budget de l’UE (2028–2034), où les fonds liés à la migration — notamment le FAMI et le FSE+ — devraient être intégrés dans les Plans nationaux et régionaux de partenariat (PNRP). Le CCRE a souligné que les GLR doivent être pleinement impliqués dans l’élaboration de ces plans afin de garantir que les ressources européennes répondent aux besoins réels sur le terrain.

Le CCRE a également présenté plusieurs initiatives en cours soutenant l’action locale, notamment le projet Bridges of Trust, qui relie les municipalités européennes et ukrainiennes, ainsi que de nouveaux jumelages favorisant les échanges de bonnes pratiques sur la migration et l’intégration. Le nouveau groupe de travail du CCRE sur le logement a également été présenté comme un espace clé de collaboration.

Cette rencontre a mis en lumière l’engagement commun du CCRE et de ses membres à faire en sorte que la politique migratoire fonctionne avec et pour les collectivités locales, afin que ceux qui sont au plus près des citoyens soient pleinement associés à la construction de la réponse européenne.

Les dirigeants locaux font entendre leur voix à l’ONU

HLPF 2025 - News

Pas d’ODD sans action locale : les villes et régions européennes prennent la parole au FPHN de l’ONU


Du 14 au 23 juillet, le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) et PLATFORMA ont participé au Forum politique de haut niveau (FPHN) des Nations Unies 2025 à New York. Plus de 40 dirigeants locaux et régionaux venus de toute l’Europe ont rejoint la scène mondiale pour faire avancer l’Agenda 2030. Leur mission : faire entendre la voix des gouvernements locaux et régionaux (GLR) au cœur des décisions internationales.

En tant que membres du Groupe de travail mondial des gouvernements locaux et régionaux, dirigé par CGLU, le CCRE et PLATFORMA ont contribué à plusieurs sessions clés du FPHN, apportant des preuves concrètes du terrain et appelant à renforcer les partenariats pour accélérer la mise en œuvre des ODD.

Cette édition du Forum était aussi la première depuis l’adoption du Pacte pour l’avenir 2024, une étape majeure en faveur d’un multilatéralisme plus inclusif et efficace.

« Le Pacte pour l’avenir appelle clairement à inclure les voix locales et régionales dans les processus décisionnels mondiaux », a déclaré Fabrizio Rossi, Secrétaire général du CCRE.
« C’est pourquoi notre présence à New York cette année était plus pertinente que jamais : nous sommes là pour faire entendre ces voix. »

Porter les réalités locales sur la scène mondiale : lancement du rapport européen sur les ODD

Au FPHN 2025, le CCRE et PLATFORMA ont officiellement lancé leur dernière étude phare : « Les territoires européens localisent les ODD : accélérer l’action locale pour les ODD ». Basé sur une enquête menée avec CGLU et les contributions de 31 associations nationales, le rapport met en lumière les efforts des collectivités européennes dans la mise en œuvre de l’Agenda 2030 — souvent avec des moyens limités mais une forte ambition.

Avec plus de 150 exemples concrets recueillis, l’étude donne un aperçu détaillé de l’évolution de l’action locale sur les ODD : priorités politiques, freins rencontrés, et niveau d’implication des collectivités dans les Revues nationales volontaires (RNV). Un accent particulier a été mis sur les cinq ODD examinés cette année :

Cette publication s’inscrit dans un effort continu du CCRE et de PLATFORMA pour suivre les progrès, partager les innovations et garantir que les collectivités locales participent activement à la gouvernance mondiale. Depuis 2016, ces rapports annuels sont devenus une contribution essentielle au processus du FPHN.

Donner une place aux collectivités dans les Revues nationales : pour des RNV vraiment inclusives

Cette année, six pays avec des membres actifs du CCRE — Malte, Finlande, Allemagne, Tchéquie, Bulgarie et Israël — ont présenté leur Revue nationale volontaire. Le CCRE et PLATFORMA y ont participé non seulement comme observateurs, mais aussi comme acteurs du processus.

Leur message était clair : les gouvernements nationaux doivent associer les collectivités dès le départ, et pas uniquement au moment du rapport.

« L’exemple de la Finlande montre que la coopération entre niveaux national et local donne des résultats pour les citoyens. Le CCRE et PLATFORMA sont des partenaires précieux pour porter ces résultats sur la scène internationale », a souligné Eveliina Kiema-Majanen, de l’association finlandaise Kuntaliitto.

Une présence active aux événements clés du FPHN

Les membres du CCRE et de PLATFORMA ont pris la parole lors de tous les événements majeurs dédiés aux GLR :

  • Initiative à fort impact sur la localisation des ODD par la coalition Local2030
  • Lancement du 9ᵉ rapport du Groupe de travail mondial
  • 8ᵉ Forum des gouvernements locaux et régionaux
  • Session officielle de l’ONU : « La transformation par la base : agir au niveau local »
  • Deuxième réunion annuelle de la Plateforme des partenariats pour la localisation des ODD

Tous ont plaidé pour une gouvernance multiniveau systémique et un renforcement de l’action locale.

« Les leaders locaux sont les mieux placés pour atteindre les ODD, car nous sommes les plus proches des besoins quotidiens des citoyens », a déclaré Clifford Galea, membre du Comité des jeunes élus CCRE-PLATFORMA, président de la région de Tramuntana et Haut-commissaire de Malte en Namibie.
Bettina Bunk, de la Ville de Stuttgart, a souligné le rôle clé de la coopération décentralisée :
« La coopération internationale entre collectivités et l’échange de bonnes pratiques sont essentiels pour faire avancer l’Agenda 2030. »

Leur message est sans équivoque : une implication institutionnalisée des collectivités territoriales n’est pas une option, mais une condition indispensable pour réussir les ODD.

Une voix dans les débats européens : rencontre avec la Délégation de l’UE sur l’avenir du financement

En marge du Forum, le CCRE et PLATFORMA ont organisé un petit-déjeuner de haut niveau avec la Délégation de l’UE auprès des Nations Unies — quelques jours après la publication de la proposition de cadre financier pluriannuel post-2027 par la Commission européenne.

Avec plus de 45 participants, les échanges ont porté sur la manière dont le prochain budget de l’UE peut mieux refléter les priorités locales pour atteindre les ODD.

« Le futur budget de l’UE doit tenir compte des besoins et contributions des collectivités locales dans la réalisation des ODD », a insisté Fabrizio Rossi.
« Qu’il s’agisse de neutralité climatique ou d’emploi des jeunes, toute transition équitable commence localement. Nous avons besoin de financements solides et accessibles, et de partenariats renforcés. »

L’échange a également permis de débattre du risque de recentralisation dans la gouvernance européenne. Le CCRE et PLATFORMA ont salué l’invitation de l’ambassadeur de l’UE, Renaud Savignat, à renforcer la collaboration avec les réseaux de collectivités locales à l’approche de la prochaine évaluation européenne des ODD.

Le message est clair : pas d’avenir durable sans ancrage local.

Au cœur du Forum : localiser les ODD, un objectif à la fois

Au-delà du plaidoyer et du dialogue politique, le CCRE et PLATFORMA ont mis en lumière des résultats concrets issus des villes et régions d’Europe :

ODD 5 – Égalité entre les sexes :
L’égalité de genre commence au niveau local. Qu’il s’agisse d’espaces publics sûrs ou de services inclusifs, les collectivités transforment les valeurs en politiques concrètes.

ODD 3 – Santé et bien-être :
De la télémédecine pour les personnes âgées en Macédoine du Nord aux « quartiers bienveillants » en Belgique, les collectivités comblent les inégalités sanitaires malgré les écarts croissants entre zones rurales et urbaines.

ODD 8 – Travail décent et croissance économique :
Les municipalités sont en première ligne pour l’emploi des jeunes, les compétences numériques et la création d’emplois locaux. Des budgets contraints exigent des outils innovants comme l’initiative Union des compétences de l’UE.

Cyberviolence aux femmes en politique

Protéger la démocratie à l’ère numérique : le CCRE organise un événement sur la cyberviolence visant les femmes en politique


Le 21 mai 2025, le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) a réuni des décideurs politiques, des experts et des responsables locaux au sein d’ACE Events à Bruxelles pour mettre en lumière une menace croissante pour la démocratie : la cyberviolence ciblant les femmes en politique.

L’événement intitulé « Violences en ligne à l’encontre des femmes en politique : protéger la démocratie à l’ère numérique » a permis aux participants d’examiner les réalités du harcèlement, de l’intimidation et des abus numériques, qui touchent de manière disproportionnée les femmes engagées en politique. Ce phénomène, reconnu comme une forme de violence basée sur le genre, réduit au silence les voix féminines et menace les fondements mêmes de nos institutions démocratiques.

Définir les enjeux

S’appuyant sur l’étude du CCRE sur les femmes en politique, Annelies Coessens, chargée de mission pour l’égalité de genre, la diversité et les migrations, a souligné une réalité alarmante : 32 % des femmes politiques déclarent avoir subi des violences, et près d’une sur trois a été victime de cyberviolence. Ces chiffres illustrent les obstacles que rencontrent les femmes dans la vie publique.

Estela Bulku d’ONU Femmes a apporté une perspective mondiale, déclarant : « La violence à l’égard des femmes dépasse les écosystèmes politiques et les sociétés. Les nouvelles technologies créent de nouveaux canaux pour l’intimidation et le harcèlement. » Elle a cité des initiatives telles que la loi pionnière de la Bolivie contre le harcèlement politique, ainsi que les efforts menés au Brésil et au Zimbabwe en matière de sensibilisation et de renforcement des capacités.

Carina Ohlsson, rapporteure au Comité des Régions, a présenté la dimension locale du phénomène : « La cyberviolence est une nouvelle forme de violence fondée sur le genre, et elle affecte la démocratie. Il nous faut une législation solide et une action à tous les niveaux. Les hommes doivent faire partie de la discussion. » Elle a souligné le rôle des autorités locales dans la création d’espaces politiques sûrs.

Perspectives des médias et de la gouvernance locale

Shada Islam, commentatrice reconnue des affaires européennes, a partagé ses expériences personnelles de harcèlement en ligne, mettant en lumière le déséquilibre des pouvoirs dans l’espace public : « Dans ce monde, il n’y a pas d’impartialité. Nous devons toutes et tous devenir des défenseurs. » Elle a plaidé pour un renforcement de l’application des directives existantes, une attention particulière à l’intersectionnalité et le développement de la culture médiatique, notamment auprès des jeunes.

Flo Clucas, présidente de la Commission Égalité du CCRE et conseillère municipale au Royaume-Uni, a insisté sur le besoin crucial de faire appliquer les lois :
« Il n’y a pas d’application. Nous devons interpeller l’Union européenne, les Nations unies, tous les niveaux de gouvernement et les médias : cela doit cesser. Il faut de l’action. »
Elle a partagé des exemples d’initiatives locales au Royaume-Uni, notamment des partenariats avec les écoles, les familles et les institutions pour lutter contre les stéréotypes de genre et promouvoir le respect mutuel.

Perspectives européennes et actions locales

Ana Carla Pereira de la Commission européenne (DG JUST) a présenté la nouvelle directive européenne contre les violences faites aux femmes, avec un accent marqué sur la cyberviolence. Elle a souligné les difficultés liées au respect par les États membres, tout en mettant en avant la coopération volontaire avec les plateformes en ligne sur la modération des contenus.

« La baisse de la représentation féminine lors des dernières élections européennes est également un symptôme du recul démocratique », a-t-elle averti.

Elle a conclu en appelant les participants à contribuer aux consultations européennes en cours et à s’inspirer des initiatives locales et régionales. Le message final a été clair : protéger la participation des femmes à la vie politique n’est pas seulement une question de genre, c’est un impératif démocratique.

Responsabilité collective et prochaines étapes

L’initiative du CCRE visant à créer un Observatoire de l’égalité de genre a été largement saluée comme un outil indispensable pour suivre les tendances et partager les bonnes pratiques. L’événement a laissé une impression forte : la lutte contre la cyberviolence est une responsabilité partagée, qui requiert une législation efficace, une mobilisation citoyenne, une réforme des médias et une réflexion sociétale.

Comme l’a si bien résumé Flo Clucas :
« Il faut de l’action. Si ce n’est pas nous, qui alors ? »

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Congrès des Pouvoirs Locaux et Régionaux

Congress of Local and Regional Authorities - News 2025

Participation du CCRE au Congrès des Pouvoirs Locaux et Régionaux du Conseil de l’Europe


Lors de la 48e Session du Congrès des Pouvoirs Locaux et Régionaux à Strasbourg, le CCRE a réaffirmé son engagement à lutter contre la violence à l’égard des femmes en politique (VAWIP) et à assurer une représentation égale à tous les niveaux de gouvernance.

Parmi les voix influentes de la session figurait Flo Clucas, présidente de la Commission permanente pour l’égalité des genres au CCRE, qui a souligné les menaces croissantes auxquelles sont confrontées les femmes en politique, allant du harcèlement en ligne à la violence physique directe. Comme elle l’a noté, 32 % des femmes en politique ont subi des violences, la cyberviolence devenant une préoccupation majeure. Ces réalités découragent les femmes à se porter candidates, sapant finalement la démocratie elle-même.

Le Témoignage de la Lord Provost de Glasgow

Une intervention particulièrement marquante est venue de la Lord Provost de Glasgow, qui a partagé son expérience personnelle de violence et d’intimidation en tant que conseillère locale et leader civique.

Grâce à sa participation au programme de mentorat Eurocities Women City Leaders, elle œuvre pour autonomiser la prochaine génération de femmes leaders dans la gouvernance urbaine à travers l’Europe. Pourtant, malgré ces avancées, elle a personnellement été confrontée au harcèlement, à la misogynie et aux menaces, y compris des attaques sur son apparence, le doxxing et même des appels directs à la violence physique.

« Est-ce que cela serait arrivé si j’étais un homme ? » a-t-elle demandé, exhortant les dirigeants à agir de manière décisive.

Au lieu de reculer, elle a choisi d’agir, utilisant sa plateforme pour promouvoir un environnement plus sûr et inclusif où les femmes peuvent s’épanouir sans crainte.

La Puissance de l’Action Locale : Sophie’s Stop

L’une des initiatives les plus inspirantes présentées était Sophie’s Stop, une campagne multimédia et une application d’orientation conçues pour aider les jeunes femmes à identifier et à répondre aux différentes formes de violence. Dirigée par le Glasgow Girls Club, elle fournit des outils pratiques et un soutien à celles qui sont confrontées au harcèlement ou aux abus. L’impact de la campagne a été profond, les jeunes femmes rapportant qu’elle a transformé leur confiance en soi et leur conscience de la sécurité.

The Power of Local Action: Sophie’s Stop 

L’une des initiatives les plus inspirantes présentées était Sophie’s Stop, une campagne multimédia et une application d’orientation conçues pour aider les jeunes femmes à identifier et à répondre aux différentes formes de violence. Dirigée par le Glasgow Girls Club, elle fournit des outils pratiques et un soutien à celles qui sont confrontées au harcèlement ou aux abus. L’impact de la campagne a été profond, les jeunes femmes rapportant qu’elle a transformé leur confiance en soi et leur conscience de la sécurité.

Une Approche Sociétale Globale pour le Changement

Les discussions à Strasbourg ont mis en évidence une chose claire : le changement doit se produire au niveau local. Les gouvernements, les autorités locales, la société civile et des institutions comme le Conseil de l’Europe et le CCRE ont tous un rôle à jouer pour garantir que :

  • Les femmes aient un accès égal aux espaces politiques
  • Les menaces et le harcèlement soient traités avec une tolérance zéro
  • L’éducation et le mentorat soutiennent les jeunes femmes dans le leadership

Le rapport du CCRE, « Les femmes en politique : tendances locales et européennes », souligne l’urgence de ces actions. Sans elles, les voix des femmes resteront inaudibles et la démocratie elle-même sera affaiblie.

La lutte pour l’égalité des sexes en politique ne concerne pas seulement la représentation, mais aussi la création d’une culture politique où les femmes peuvent diriger sans crainte.

Travaillons ensemble. Agissons maintenant.

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Les leaders locaux défendent l’égalité

CSW69 - News Banner 2025

Beijing+30 : Autonomiser les gouvernements locaux pour tenir la promesse de l’égalité des genres


En entrant dans les couloirs des Nations Unies pour la CSW69, il est impossible de ne pas ressentir le poids de l’histoire. Il y a trente ans, la Déclaration et le Programme d’action de Pékin (PfA) étaient salués comme une avancée majeure — une promesse que l’égalité des genres ne serait plus une simple aspiration mais une priorité mondiale urgente. Pourtant, trois décennies plus tard, la lutte pour les droits des femmes demeure cruciale.

La 69e session de la Commission de la condition de la femme (CSW69) coïncide avec le 30e anniversaire de la Déclaration de Pékin, mais aussi avec le début du second mandat de Trump, qui sape activement les progrès réalisés ces trente dernières années. Le refus des États-Unis d’appuyer la Déclaration politique de la CSW illustre un recul plus large des droits des femmes. En s’opposant aux références à l’Agenda 2030 et aux Objectifs de développement durable (ODD), les États-Unis tentent de dissocier l’égalité des genres des engagements internationaux en matière de progrès social et économique. Leur insistance à définir les femmes uniquement comme des « femmes biologiques » marginalise encore davantage les groupes vulnérables, tandis que la présentation des violences de genre comme une question migratoire détourne l’attention des inégalités structurelles.


D’après le Global Gender Gap Report 2024, la parité totale entre les sexes est encore à 134 ans de distance, et l’autonomisation politique prendra encore plus de temps — 169 ans. Les femmes restent sous-représentées dans la prise de décision, en particulier au niveau local, où les politiques influencent directement le quotidien des citoyen·nes. Les violences basées sur le genre persistent, avec 1 femme sur 3 confrontée à des violences au cours de sa vie. Ces réalités soulignent l’urgence de renforcer les réponses institutionnelles et l’action des gouvernements locaux.

Lors de la CSW69, des responsables politiques locaux réunis par CGLU, le CCRE et PLATFORMA ont débattu de la manière de contrer cette régression. L’égalité des genres est indissociable du développement local et de l’action climatique, et remettre en cause ces liens menace des acquis durement obtenus.

Pourquoi les politiques d’égalité des genres nécessitent l’implication des gouvernements locaux et régionaux

Si les cadres internationaux et les politiques nationales définissent les grandes orientations de l’égalité des genres, ce sont les gouvernements locaux qui sont responsables de leur mise en œuvre concrète auprès des citoyen·nes. Sans leur engagement, ces politiques risquent d’être inefficaces et déconnectées des réalités locales. Plusieurs domaines clés illustrent cette nécessité :

  • Sécurité dans l’espace public : Les collectivités locales ont la responsabilité d’assurer des espaces publics sûrs pour les femmes sous toutes leurs diversités. L’éclairage des rues, la police de proximité et des transports en commun sécurisés sont des leviers essentiels pour réduire le harcèlement et la violence.
  • Accès à la garde d’enfants et à l’éducation préscolaire : La garde d’enfants reste un obstacle majeur pour de nombreuses femmes souhaitant travailler. En développant des services de garde accessibles et abordables, les municipalités permettent aux femmes de participer au marché du travail tout en garantissant le bien-être des enfants.
  • Accès au marché du travail : Les femmes continuent de faire face à des écarts de salaires, à des discriminations et à un manque d’opportunités professionnelles. Les gouvernements locaux peuvent adopter des politiques de soutien à l’entrepreneuriat féminin et à l’égalité salariale.
  • Représentation politique : Les femmes sont toujours sous-représentées dans les organes de décision locaux. Les municipalités peuvent instaurer des quotas, des formations au leadership et des mesures pour encourager leur engagement politique.
  • Aménagement urbain inclusif : L’urbanisme doit prendre en compte les besoins spécifiques des femmes et des groupes marginalisés, à travers des transports, logements et espaces publics adaptés.
  • Accès aux soins et aux services sociaux : Les collectivités locales jouent un rôle clé dans l’accès aux soins de santé genrés, incluant la santé reproductive, le soutien en santé mentale et les services pour les victimes de violences basées sur le genre.

En intégrant l’égalité des genres dans la gouvernance locale, les municipalités créent des environnements inclusifs qui autonomisent les femmes et favorisent le progrès social.

Messages clés du CCRE à la CSW69

Le CCRE a porté un message fort et urgent lors de la CSW69 : l’égalité des genres ne peut pas rester un objectif lointain — elle doit être mise en œuvre au niveau local, là où les politiques ont un impact direct sur les communautés.

L’une des préoccupations majeures abordées à la CSW69 était la violence contre les femmes en politique. Selon l’étude du CCRE sur les femmes en politique, 41 % des élues locales subissent des attaques psychologiques portant sur leur vie privée, leur apparence ou leur statut, ce qui conduit à leur isolement et à un désengagement politique. La cyberviolence touche particulièrement les jeunes femmes : 67 % des moins de 24 ans déclarent avoir été victimes d’abus en ligne.

« La réalité est que les femmes en politique font face à une hostilité dont leurs homologues masculins ne font pas l’expérience. C’est une menace directe pour la démocratie et l’inclusivité », a déclaré Gunn Marit Helgesen, présidente du CCRE, lors de la Journée des gouvernements locaux et régionaux à la conférence.

Malgré des chiffres alarmants, seulement 29 % des victimes signalent ces violences, et encore moins — 22 % — voient des sanctions appliquées contre les agresseurs.

Le CCRE a réitéré son appel à une représentation égale à tous les niveaux de gouvernance, soulignant que les femmes ne représentent que 32 % des élu·es locaux en Europe, et que seulement 17,4 % des maires sont des femmes.

Pour soutenir un changement structurel, les mécanismes institutionnels en faveur de l’égalité des genres doivent être renforcés. Le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) plaide depuis longtemps pour l’intégration de l’intersectionnalité dans la gouvernance locale et régionale, garantissant que les politiques abordent les multiples formes de discrimination. La Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale demeure un outil clé pour les municipalités engagées dans l’intégration de la dimension de genre.

Au-delà de l’Europe, la coopération décentralisée offre des opportunités pour promouvoir l’égalité des genres à travers des partenariats internationaux. Un exemple est le programme « Les Élues », un projet mené par le Fonds Majorquin de Solidarité et de Coopération (Espagne) et l’Association des Femmes Conseillères de Bolivie (ACOBOL), entre autres organisations, visant à accroître la participation des femmes dans les structures décisionnelles et à favoriser un débat démocratique sur les questions de genre au niveau local.

Enfin, atteindre l’Objectif de Développement Durable (ODD) 5 (Égalité entre les sexes) nécessite une action localisée. Les gouvernements locaux et régionaux sont des acteurs clés pour sensibiliser et renforcer les capacités en faveur de l’égalité des genres. Sans leur leadership, les objectifs mondiaux risquent de rester des promesses non tenues plutôt que des réalités tangibles.

Programme de CGLU et participation de la délégation du CCRE

Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU), en partenariat avec le CCRE et PLATFORMA, a organisé un programme solide lors de la CSW69. Sous le thème « Localiser Pékin+30 : le mouvement municipal mène la voie vers l’égalité et la démocratie », CGLU a animé des discussions sur le leadership municipal féministe, la gouvernance multiniveau et les engagements intergénérationnels en faveur de l’égalité des genres. Les élus du CCRE et de CGLU ont également participé à des événements clés organisés par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), Cities Alliance et d’autres agences onusiennes. Ces événements ont offert une plateforme pour plaider en faveur d’une implication accrue des gouvernements locaux dans l’élaboration de politiques sensibles au genre et pour échanger des exemples concrets d’actions locales en matière de genre menées par des municipalités du monde entier.

Dans le cadre des engagements plus larges autour de la CSW69, Boris Tonhauser, directeur de PLATFORMA, a participé à une réunion organisée par la délégation de l’UE à l’ONU. Cette rencontre a rassemblé des acteurs clés de la société civile présents à New York pour la conférence. Lors de cette réunion, Boris a présenté l’étude du CCRE sur les femmes en politique à la commissaire européenne à l’Égalité, Hadja Lahbib, et aux autres organisations présentes, soulignant la nécessité de politiques renforcées au niveau local pour soutenir le leadership féminin et la participation aux processus décisionnels.

Déclaration politique de la CSW : protéger l’égalité des genres au niveau local

La déclaration politique de la CSW69 a mis en lumière les défis actuels pour la mise en œuvre de la Déclaration de Pékin et du Programme d’action, et a inclus les engagements des États membres pour faire progresser l’égalité des genres. Cependant, dès les premiers jours de l’approbation de la déclaration par les États membres, le CCRE, PLATFORMA et CGLU ont exprimé leur inquiétude concernant des régressions linguistiques susceptibles de compromettre les avancées. Alors que les engagements pris à Pékin il y a 30 ans devraient être non négociables, les récentes années ont montré que les acquis durement obtenus en matière d’égalité des genres sont remis en question et, dans certains cas, même inversés.

Les cinq dernières années ont été marquées par des adversités mondiales — crises sanitaires et financières, conflits renouvelés et dégradation environnementale — qui ont toutes affecté de manière disproportionnée les femmes et les filles, creusant les écarts entre les genres. C’est pourquoi les gouvernements locaux et régionaux appellent à un engagement renforcé, garantissant que l’égalité des genres reste une priorité mondiale.

L’un des principaux défis de la déclaration de cette année est de s’assurer que les gouvernements locaux sont explicitement reconnus comme des acteurs essentiels dans la mise en œuvre des politiques de genre. Sans leur implication, les engagements internationaux risquent de rester des promesses vides. Face au recul de l’égalité des genres, les gouvernements locaux et régionaux continueront de plaider pour une reconnaissance accrue, des engagements financiers et des actions concrètes qui protègent et font progresser les droits des femmes au niveau communautaire. Ce n’est qu’avec une action locale, un leadership féminin et une solidarité mondiale que l’égalité des genres peut être atteinte.

Conclusion : l’avenir du multilatéralisme et le rôle du financement local

L’année 2025 est cruciale pour l’avenir du multilatéralisme et de l’égalité des genres. La CSW69 n’est qu’un des nombreux forums mondiaux où les gouvernements locaux doivent affirmer leur rôle. Les événements à venir, tels que la quatrième Conférence internationale sur le financement du développement (FfD4) et le Forum politique de haut niveau (HLPF), seront essentiels pour garantir que les autorités locales soient reconnues en tant qu’acteurs de la coopération au développement et reçoivent les financements et ressources nécessaires pour mettre en œuvre efficacement les politiques d’égalité des genres aux niveaux local et international.

Les gouvernements locaux sont en première ligne du progrès. Si le monde veut capitaliser sur les réalisations de la Plateforme d’action de Pékin, le financement des initiatives locales doit être une priorité. En reconnaissant le rôle indispensable des municipalités et des autorités régionales, la communauté internationale peut s’assurer que l’égalité des genres n’est pas seulement un objectif lointain, mais une réalité vécue dans les communautés du monde entier.

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Femmes en politique : tendances européennes

Women - News Section

Lancement de l’étude sur les femmes en politique – Briser le silence, mettre fin à la violence


Le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) est fier de lancer sa deuxième étude révolutionnaire, Les femmes en politique : tendances locales et européennes, qui fournit des données et des analyses essentielles sur la représentation des femmes en politique à travers l’Europe de 2019 à 2024.

Présentée lors d’une table ronde en ligne le 29 octobre 2024, l’étude met en lumière les progrès réalisés ainsi que les défis systémiques persistants, notamment la sous-représentation dans les rôles de leadership et la montée de la violence envers les femmes en politique – en particulier les abus en ligne et la cyberviolence.

Cette étude arrive à un moment critique. Bien que la représentation des femmes dans les conseils locaux ait dépassé 40 % dans certains pays européens, les rôles de leadership à tous les niveaux révèlent encore un écart préoccupant. Au niveau national, la représentation féminine dans les parlements se situe en moyenne autour de 33 %, avec des disparités notables entre les pays. Au Parlement européen, les femmes occupent actuellement 38,5 % des sièges, marquant la première baisse de la proportion de femmes députées européennes depuis 1979.

Source : Les femmes en politique – tendances locales et européennes, page 14

La violence contre les femmes en politique, qu’elle soit physique ou numérique, reste un frein majeur à leur participation. Les données montrent que 32 % des répondantes ont subi des violences au cours de leur carrière politique, et parmi elles, 29 % ont été victimes de cyberviolence. Comme l’a souligné la conseillère Marta Mazurek de Poznan, il est important de « reconnaître les conséquences graves de la cyberviolence », signalant que la lutte contre le harcèlement en ligne incombe non seulement aux instances nationales, mais aussi aux autorités locales, qui doivent promouvoir une gouvernance inclusive.

Seulement 29 % des femmes touchées par la violence ont déclaré avoir signalé ces incidents, ce qui peut non seulement nuire à leur bien-être personnel mais aussi à leur participation potentielle en politique. Angela Lowe, conseillère principale chez Women Political Leaders (WPL), a insisté sur le fait que « le chemin vers un environnement sûr pour les femmes nécessite un effort collaboratif », soulignant l’importance de la coopération entre les secteurs pour protéger les femmes en politique.

Source : Les femmes en politique – tendances locales et européennes, page 87

L’étude Les femmes en politique a recueilli des données à travers l’Europe, mettant en avant l’importance et la nécessité de données fiables sur la représentation et l’expérience des femmes en politique pour garantir des politiques éclairées et des actions ciblées. Robin Devroe, chercheur à la Vrije Universiteit Brussel (VUB), a évoqué l’impact plus large de ces défis, notant que « ces problèmes de violence sexiste contribuent à un cycle mondial de sous-représentation », affaiblissant les structures démocratiques et l’inclusivité des décisions politiques. De plus, les femmes issues de milieux défavorisés – notamment les femmes de couleur et les femmes LGBTQI+ – sont particulièrement vulnérables, confrontées à des défis uniques et cumulés qui entravent encore plus leur participation politique.

L’étude souligne également que le changement durable nécessitera l’engagement de toute la société et un changement des mentalités concernant les normes et attitudes sociales et culturelles actuelles, comme l’a rappelé Sari Rautio, conseillère municipale de Hämeenlinna en Finlande : « Tous les genres, toutes les filles et tous les garçons devraient s’intéresser à la question de l’équilibre entre les sexes. »

Lire le rapport complet

Pour une compréhension plus approfondie de ces conclusions et des recommandations pratiques, le rapport Les femmes en politique : tendances locales et européennes est désormais disponible sur le site du CCRE. Cette étude est un appel à l’action pour que les gouvernements, les communautés et les défenseurs travaillent ensemble à bâtir un paysage politique qui défend l’égalité des genres et protège la participation des femmes à tous les niveaux de la gouvernance.

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Égalité de genre pour tous

Gender Charter - News

Les municipalités peuvent montrer l’exemple : La Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale.


Aujourd’hui, au Forum mondial de la démocratie à Strasbourg, en France, Bella Tskhelishvili du CCRE a partagé des perspectives sur un instrument puissant de changement local : la Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale. « L’égalité de genre est plus qu’une ambition — c’est une base nécessaire pour des communautés démocratiques et inclusives », a affirmé Bella.

Depuis son lancement en 2006, la Charte a permis à plus de 2 035 gouvernements locaux et régionaux dans 36 pays de s’engager en faveur de l’égalité de genre. Avec des mises à jour en 2022 portant sur des enjeux tels que la cyber-violence, la flexibilité au travail et le changement climatique, la Charte a su s’adapter aux défis contemporains, en faisant un document vivant qui continue d’évoluer.

Renforcer les gouvernements locaux
Les gouvernements locaux sont dans une position unique pour promouvoir l’égalité de genre. Des initiatives inspirées par la Charte, telles que la budgétisation sensible au genre à Ixelles et la prévention des stéréotypes à Sienne, montrent comment des mesures locales peuvent produire des résultats concrets. L’Observatoire de la Charte européenne pour l’égalité soutient les municipalités avec des outils et des cadres pour élaborer et suivre des plans d’action, garantissant ainsi des progrès significatifs.

Un appel à l’action continue
Malgré des défis tels que les contraintes de ressources et l’opposition de mouvements anti-genre, la quête de l’égalité de genre persiste. Comme l’a souligné Bella, « Notre chemin vers l’égalité nécessite de la résilience, de la collaboration et un engagement sans faille. »

La diffusion de la Charte à travers l’Europe et au-delà est essentielle. En élargissant la portée de la Charte européenne pour l’égalité et en forgeant des liens internationaux, le CCRE montre que cette mission est mondiale. La Charte euro-méditerranéenne pour l’égalité et la Charte des autorités locales pour l’égalité de genre en Afrique soulignent cet engagement, en promouvant des valeurs communes et des stratégies concrètes dans des régions diverses. Ces efforts reflètent la vision du CCRE d’inspirer un monde où chaque gouvernement local adopte et fait progresser l’égalité de genre.

Pour plus d’informations sur la Charte, visitez la Charte européenne pour l’égalité. En savoir plus sur les initiatives mondiales à la Charte euro-méditerranéenne pour l’égalité et la Charte des autorités locales pour l’égalité de genre en Afrique.