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L’inclusion commence au niveau local

Inclusive Migration - News 2023

Leçons clés du projet IncluCities pour améliorer l’intégration des migrants grâce à la coopération multiniveaux


Le projet IncluCities, dirigé par le CCRE et financé par le programme FAMI de l’UE, a démontré comment les gouvernements locaux et régionaux (GLR) peuvent conduire des politiques migratoires inclusives lorsqu’ils disposent des bons outils et du soutien nécessaire. Pendant trois ans, huit villes et six associations nationales ont collaboré dans un programme de mentorat visant à améliorer les stratégies locales d’intégration des ressortissants de pays tiers.

Grâce à des évaluations des besoins, des plans d’action et des académies de formation, IncluCities s’est concentré sur une véritable collaboration entre les villes et leurs associations, sous la coordination du CCRE. Le projet a clairement montré que l’échange entre pairs et le soutien coordonné permettent d’élaborer des politiques plus efficaces et durables.

De la pratique à la politique

Sur la base de l’expérience du projet, le CCRE formule sept recommandations clés :

  • Adopter une approche communautaire globale – Les politiques d’intégration doivent bénéficier à tous les résidents, et pas uniquement aux nouveaux arrivants, en promouvant une citoyenneté locale active.
  • Promouvoir l’inclusion plutôt que l’adaptation – L’inclusion doit être un processus réciproque impliquant l’ensemble de la communauté, et pas uniquement les migrants.
  • Former l’ensemble de l’écosystème – Une action durable nécessite la collaboration entre services municipaux, société civile et communautés migrantes.
  • Garantir une participation significative – La participation doit être reconnue comme un droit fondamental et intégrée dans les structures de gouvernance locale.
  • Soutenir les femmes migrantes – Les femmes jouent un rôle clé dans les communautés et doivent être placées au cœur des efforts d’inclusion.
  • Améliorer la gouvernance multiniveaux – Une coopération renforcée entre les niveaux européen, national et local est essentielle, tout comme un accès direct au financement.
  • Créer des réseaux de soutien locaux – Des partenariats regroupés permettent aux villes de partager leurs connaissances et de faire entendre leur voix dans les débats nationaux.

Conclusion

Les gouvernements locaux et régionaux sont essentiels à la gestion de l’intégration, mais restent sous-représentés dans l’élaboration des politiques de l’UE. Alors que le nouveau Pacte sur la migration et l’asile avance, le CCRE appelle à une inclusion pleine et entière des voix locales dans la définition des politiques migratoires, en particulier celles des petites et moyennes villes, qui sont les plus proches du terrain.

Lire le document de position complet ici

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IncluCities

IncluCities - News 2022

Être une source d’inspiration pour les autres est la meilleure reconnaissance de notre travail


IncluCities poursuit sa série en présentant les personnes clés derrière le projet avec une double interview spéciale. Vincent Vanhalewyn, échevin responsable de la cohésion sociale à Schaerbeek, et Janaki Decleire, Directrice de l’association VIA, un partenaire essentiel du projet, répondent aux questions sur l’intégration des migrants et les impacts de la crise des réfugiés ukrainiens sur la municipalité de Schaerbeek, une ville mentor du programme IncluCities.

Schaerbeek est l’une des 19 communes de la Région de Bruxelles-Capitale. Une grande diversité culturelle caractérise sa population de plus de 133 000 habitants. D’où viennent les nouveaux arrivants ?

Janaki Decleire :

Schaerbeek est effectivement une commune cosmopolite. Plus d’un tiers (37 %) de la population est de nationalité étrangère, sans compter les personnes devenues récemment Belges. Ceux qui viennent à notre bureau d’accueil BAPA VIA, chargé de l’accueil des nouveaux arrivants, ne viennent pas uniquement de la commune de Schaerbeek, car notre programme d’accueil est ouvert à toute personne vivant dans la région bruxelloise. Environ un cinquième vient de Schaerbeek et 18 % de Molenbeek, le reste provenant d’autres communes. Ces personnes viennent principalement de Syrie, du Maroc, d’Inde, d’Afghanistan et de Guinée.

Schaerbeek est la quatrième commune la plus densément peuplée de Bruxelles. Comment cela affecte-t-il la vie urbaine ?

Vincent Vanhalewyn :

La population de Schaerbeek a continuellement augmenté – malgré 2020, une année exceptionnelle avec la plus faible croissance enregistrée dans la Région depuis 1998 – et une croissance plus élevée est attendue, bien que dans une moindre mesure. Nous avons une population multiculturelle, avec plus de 100 nationalités en 2019.

Cette situation est à la fois un atout et un défi en ce qui concerne les infrastructures publiques, avec un besoin significatif en crèches, écoles, logements, etc. Pour répondre à ces besoins, nous avons lancé plusieurs projets urbains, notamment avec le soutien de la Région dans le cadre des contrats de quartier, pour améliorer les espaces publics, développer les infrastructures sociales et le logement et, dans une moindre mesure, renforcer notre tissu économique et social.

Depuis les années 1960, Schaerbeek a également développé un réseau important et actif d’associations, ce qui contribue à créer des liens au sein des quartiers et à améliorer la coexistence de personnes de divers horizons.

La gestion des migrations est une compétence nationale, mais elle devient une responsabilité locale dès l’arrivée des personnes sur un territoire spécifique. De quoi êtes-vous responsable ?

Vincent Vanhalewyn :

En effet, la commune intervient à différents niveaux dans l’accueil des migrants, de la tenue et mise à jour du registre civil à l’enregistrement des nouveaux arrivants dans le registre des étrangers. L’objectif est également de veiller au bien-être des citoyens et de s’assurer que chacun trouve sa place.

Avec son service de quartier et son Programme de Prévention Urbaine (PPU), elle cherche à créer une relation étroite avec la population pour établir un dialogue et améliorer la vie communautaire à Schaerbeek. Depuis 2016, les communes de Schaerbeek et Molenbeek ont promu l’ouverture d’un Bureau d’Accueil des Nouveaux Arrivants (BAPA), l’un des acteurs centraux de l’intégration des nouveaux arrivants dans la Région bruxelloise, conférant à Schaerbeek un rôle significatif dans l’accueil des migrants.

Nous avons assisté à un élan de solidarité pour accueillir les réfugiés ukrainiens dans les villes européennes, y compris à Bruxelles. Comment avez-vous géré les premiers mois de la crise des réfugiés ukrainiens ? Quelle est la tendance et quels sont les problèmes les plus pressants ?

Vincent Vanhalewyn :

Au cours des premiers mois de la crise, la municipalité a mis en place une page web avec des informations de base pour les réfugiés ukrainiens concernant le logement, les procédures administratives et les droits, y compris l’existence du CPAS (l’agence de bien-être de Bruxelles). Un coordinateur temporaire a été nommé au niveau municipal pour centraliser les informations et répondre aux questions des personnes, qu’il s’agisse des réfugiés ou des citoyens de Schaerbeek.

Grâce à une subvention régionale, le soutien a été formalisé depuis juillet, avec deux agents municipaux supplémentaires offrant aux réfugiés et à toute personne impliquée dans le processus d’accueil toutes les informations de base, y compris un soutien psychosocial pour les réfugiés ukrainiens.

En attendant la fourniture de logements collectifs par la Région, la municipalité a dû fortement compter sur les bénévoles pour accueillir les réfugiés durant les premiers mois de la crise.

Janaki Decleire :

VIA a réagi très rapidement à l’arrivée de nombreux Ukrainiens sans compromettre la capacité d’accueil pour d’autres nouveaux arrivants. Grâce au soutien financier de la Commission communautaire française, nous avons pu recruter rapidement de nouveaux collègues parlant russe et ukrainien pour organiser des sessions d’information de 15 heures adaptées à ce nouveau public dans leur langue, leur offrant ainsi le même service que toute autre personne venant à nos bureaux.

Dans le cadre du projet IncluCities, Schaerbeek participe à un processus de mentorat avec la ville lettone de Jelgava. Que pouvez-vous leur offrir et quelle est la leçon la plus importante de ce processus pour vous ?

Vincent Vanhalewyn :

Dans le projet IncluCities, nous sommes dans un processus d’apprentissage mutuel avec la ville de Jelgava. Cela nous permet de réfléchir stratégiquement à l’intégration des nouveaux arrivants et d’évaluer nos pratiques. Grâce à ce projet, nous avons pu examiner la pertinence de créer un outil d’information numérique pour les nouveaux arrivants, tel qu’une application mobile, et d’apprendre de ce que d’autres autorités locales ont fait en Belgique et au-delà. La ville de Malines, par exemple, a réalisé un excellent travail avec son Welcome App. L’association DUNE a créé une application spéciale, Le Bon Plan, répertoriant tous les services sociaux et médicaux divers de Bruxelles. Le financement du projet ne nous a pas permis d’aller plus loin dans le développement d’une application mobile ; néanmoins, ces expériences nous ont inspirés pour mettre à jour le site web de VIA dans le cadre du projet.

Jelgava a récemment dû faire face courageusement à un grand flux migratoire en raison de la guerre en Ukraine. La municipalité de Schaerbeek a déjà dû faire face à de nombreux flux migratoires dans le passé. Nous avons voulu partager cette expertise avec nos partenaires lettons en leur montrant ce que nous avons fait, en espérant leur donner de l’inspiration pour une perspective moyenne et longue sur l’intégration.

L’un des résultats de ce projet est également un guichet unique, une plateforme en ligne améliorée pour les nouveaux arrivants dans la municipalité. Pouvez-vous présenter les principaux éléments de ce site web et son objectif ?

Janaki Decleire :

Avec le budget alloué par le projet IncluCities, nous avons pu retravailler la page de notre site web BAPA VIA décrivant le parcours d’accueil et la rendre plus accessible à tous. Le parcours est expliqué de manière plus ludique et intuitive qu’auparavant. Le contenu est également traduit en dix langues et disponible en version audio pour les personnes ayant des difficultés de lecture, car il y a parmi la population des nouveaux arrivants beaucoup de personnes qui ne lisent pas ou ont très peu d’éducation scolaire. Nous avons également créé une nouvelle page offrant un annuaire essentiel de services utiles à tout nouvel arrivant dans divers domaines, tels que l’aide sociale et les services juridiques, la santé, les services pour enfants et les cours de français. Ainsi, les personnes qui ne souhaitent pas entamer un processus d’accueil chez VIA auront des adresses utiles pour trouver des réponses à leurs questions.

Le projet IncluCities touche bientôt à sa fin. Quel a été le principal avantage pour vous ?

Janaki Decleire :

Le plus grand avantage est l’échange entre les différents partenaires du projet. Participer à un programme qui regroupe huit villes différentes partageant leur expérience d’accueil des nouveaux arrivants est inspirant. Même si leur contexte et leur réalité sont différents, comprendre ces diverses réalités et voir ce qu’ils ont pu mettre en place, ce qui a bien fonctionné et ce qui n’a pas fonctionné, nous permet d’enrichir notre réflexion et notre travail.

Le rôle de mentor nous a également rendus encore plus conscients du chemin parcouru depuis 2016, lorsque VIA a été créée. Si nous pouvons rayonner et inspirer d’autres acteurs dans le domaine de l’intégration des migrants, c’est une excellente reconnaissance de notre travail.

Schaerbeek est décrite comme étant « aussi têtue que l’âne » (le symbole de Schaerbeek) et « aussi fertile que la terre sur laquelle poussent les cerisiers ». Que signifient ces dictons ?

Vincent Vanhalewyn :

Autrefois, les habitants de Schaerbeek, qui cultivaient des cerises, avaient le privilège de se rendre au marché de Bruxelles avec leurs ânes pour les vendre aux brasseurs qui fabriquaient de la bière (Kriek !). Lorsqu’ils arrivaient, les Bruxellois s’exclamaient : Hei ! doë zên die

Vue d’ensemble des projets du CCRE

Les projets financés par des fonds externes du CCRE favorisent la coopération, l’innovation et la durabilité à travers l’Europe


Grâce à ses activités financées par des fonds externes, le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) réunit des élus locaux et régionaux afin d’échanger des idées, tester des solutions et renforcer les communautés. Ces projets ne sont pas de simples initiatives : ce sont de véritables plates-formes de coopération, où municipalités et régions travaillent ensemble sur les défis les plus urgents de l’Europe – de l’action climatique à l’égalité, en passant par la numérisation et la participation démocratique.

Aperçu des projets

Le portefeuille de projets financés par des fonds externes reflète l’engagement du CCRE en faveur de l’innovation, de la durabilité et de l’inclusion :

  • Cadre de référence pour des villes durables (RFSC) – Un outil pratique pour aider les villes à planifier et évaluer leurs politiques de durabilité.
  • IncluCities – Favoriser l’intégration des migrants grâce à l’apprentissage par les pairs entre municipalités.
  • Initiative Villes et Régions Circulaires (CCRI) – Développer des solutions d’économie circulaire pour les villes et régions.
  • Green City Accord – Aider les villes européennes à s’engager sur des objectifs environnementaux ambitieux.
  • Pacte des Maires – Rassembler les responsables locaux dans l’action pour le climat et l’énergie.
  • PLATFORMA – Renforcer les partenariats internationaux et la coopération décentralisée.
  • Bridges of Trust – Tisser des liens entre municipalités ukrainiennes et européennes.
  • EPSU (Transition numérique locale) – Accompagner les administrations locales dans leur transformation numérique.
  • EPSU (Violence envers les agents publics) – Lutter contre les violences envers les travailleurs des services publics.
  • Go.Li.EU – Promouvoir l’engagement des jeunes et la citoyenneté européenne.

Ensemble, ces projets illustrent la manière dont le CCRE canalise des ressources externes vers des actions concrètes. En reliant les réalités locales aux priorités européennes, ils renforcent non seulement les municipalités et les régions, mais contribuent aussi à bâtir un avenir plus durable, inclusif et résilient pour tous.

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Journée mondiale des réfugiés

Refugees - News Section

Le CCRE célèbre la Journée mondiale des réfugiés avec un événement de haut niveau


Les gouvernements locaux et régionaux (GLR) partout en Europe jouent un rôle crucial dans la gestion de cette nouvelle vague migratoire ainsi que dans le processus d’intégration des nouveaux arrivants. Mais cette crise des réfugiés ne se limite pas à une gestion d’urgence, elle rappelle aussi l’urgence d’établir des stratégies d’intégration mieux coordonnées et plus durables, prenant en compte la perspective locale comme la plus pertinente.

Pour cette raison, le prochain débat de la série IncluCities sur les questions clés liées à la crise migratoire actuelle mettra en lumière l’importance d’une gouvernance multiniveaux efficace comme outil essentiel pour faire face aux urgences migratoires. Nous discuterons avec des députés européens : Birgit Sippel (S&D), Fabienne Keller (Renew), Damian Boeselager (Green/EFA) et Thomas Liebeig de l’OCDE. (Agenda) Vous pouvez encore vous inscrire pour suivre l’événement en personne ou en ligne.

Protection temporaire

Ukraine people - News

Quel est le rôle des gouvernements locaux et régionaux dans l’accueil des réfugiés ukrainiens ?


De nombreuses femmes, mineurs et hommes âgés s’installent au sein des frontières de l’Union européenne. À ce jour, plus de 5,5 millions d’Ukrainiens ont été contraints de quitter leur pays. Ils cherchent refuge notamment dans les pays frontaliers de l’UE, tels que la Pologne et la Roumanie.

L’activation par l’UE de la Directive sur la Protection Temporaire (DPT) début mars 2022 a montré la volonté unanime des gouvernements nationaux d’accueillir les réfugiés ukrainiens. Cette directive garantit une protection immédiate et temporaire aux personnes fuyant la guerre en Ukraine, pour une durée d’un an, renouvelable automatiquement par périodes de six mois, jusqu’à un maximum de trois ans.

Mais quelles sont les responsabilités des gouvernements locaux et régionaux, notamment dans des domaines tels que la santé, le logement et l’emploi ? Découvrez-le en lisant l’analyse du rôle des gouvernements locaux dans la Directive sur la Protection Temporaire par IncluCities.

Accueil des réfugiés

Refugees - News

Maires français et crise ukrainienne : Entretien avec Christophe Chaillou


Dans le cadre d’une série d’entretiens avec les dirigeants locaux impliqués dans le projet IncluCities, nous avons rencontré Christophe Chaillou, maire de Saint-Jean-de-la-Ruelle (France), pour évoquer la crise ukrainienne, l’intégration des migrants et le rôle des collectivités locales.
Maire depuis 1998 et conseiller départemental du Loiret depuis 2001, Christophe Chaillou est également Directeur général de l’Association française du Conseil des Communes et Régions d’Europe (AFCCRE).

Avec plus de 4 millions de réfugiés ukrainiens en Europe, nous assistons au plus grand mouvement migratoire depuis la Seconde Guerre mondiale. Que cela implique-t-il pour les gouvernements locaux et régionaux ?

Les municipalités et les régions jouent un rôle de premier plan dans la gestion quotidienne des grandes crises. En réponse à l’émotion des citoyens et aux élans de solidarité, les collectivités territoriales ont immédiatement agi pour accueillir les réfugiés, chacune selon ses compétences. Elles ont été en première ligne pour identifier les possibilités d’hébergement sur leur territoire.

Les associations nationales de collectivités comme l’AFCCRE sont également mobilisées. Quel rôle peuvent-elles jouer pour soutenir les Ukrainiens ?

Ces associations soutiennent à juste titre ces actions, notamment dans les pays les plus touchés par l’afflux massif de personnes déplacées. J’ai pu le constater récemment en Roumanie, où les maires et autres élus sont mobilisés pour gérer et anticiper cette situation en constante évolution.

L’AFCCRE travaille avec les associations de collectivités des pays les plus concernés afin de faire remonter les besoins de leurs collectivités locales auprès de leurs homologues français, comme ce fut le cas lors d’une réunion en ligne avec nos collègues polonais, le 31 mars. En solidarité avec les citoyens ukrainiens et les élus locaux, l’AFCCRE a également partagé avec ses membres la Déclaration du CCRE sur l’Ukraine.

Votre ville, Saint-Jean-de-la-Ruelle, se montre solidaire de l’Ukraine. Vous avez décidé de mener des actions en partenariat avec votre ville jumelée Niepolomice, en Pologne, elle-même jumelée avec Kobeliaky, en Ukraine. Quelles sont les actions prévues ?

Notre ville jumelle est confrontée à l’arrivée massive de réfugiés : plus de 2 000 en dix jours. Elle a dû mobiliser toutes ses ressources pour les accueillir, avec le soutien déterminant des citoyens et des grandes associations. Nous avons aussitôt proposé notre aide, qui va se concrétiser dans les prochains jours.

Par exemple, dans le domaine de l’éducation, nous allons contribuer au financement de cours de langue. Notre Conseil municipal a voté à l’unanimité une aide financière de 30 000 € en soutien aux citoyens ukrainiens, dont 10 000 € destinés spécifiquement à notre jumelle polonaise. Cette somme permettra de financer des cours de langue dans la bibliothèque municipale de Niepolomice pour les familles ukrainiennes hébergées.

Nous assistons à un moment sans précédent d’unité européenne dans l’accueil des réfugiés ukrainiens. La proposition de la Commission européenne d’activer la directive sur la protection temporaire leur offrirait un droit de séjour ainsi qu’un accès au marché du travail et à l’école. Pourtant, des inquiétudes ont été soulevées concernant des discriminations à l’égard d’autres populations réfugiées. Quelle est votre position ?

Je suis profondément attaché à la tradition d’accueil et de protection des personnes, en particulier de celles qui demandent l’asile. C’est pour moi un droit humain fondamental et une valeur essentielle de l’Europe. Dans cet esprit, nous avons accueilli une famille syrienne dans notre commune, et j’avais également exprimé ma volonté de recevoir une famille afghane l’été dernier.

L’intégration des réfugiés ukrainiens est un défi majeur. Comment les villes et autres collectivités locales peuvent-elles s’y préparer ?

Nous sommes particulièrement conscients de ce défi. Nous savons que les personnes qui arrivent sont principalement des femmes et des enfants, et nous veillerons à prendre en compte leurs besoins spécifiques. C’est pourquoi nous mettons en place un accompagnement psychologique adapté à leur situation familiale et nous assurerons la scolarisation des enfants.

À l’approche de l’élection présidentielle en France, quel rôle joue l’immigration dans les débats politiques ?

Cette question a polarisé les débats dès le début de la campagne, en offrant — avec l’appui des médias et des réseaux sociaux — une tribune de choix aux populistes. La guerre en Ukraine est venue bouleverser ce cycle de haine et de rejet.

Revenons à Saint-Jean-de-la-Ruelle, à Orléans Métropole et au département du Loiret. D’où proviennent les populations d’origine migrante ?

Nos territoires comptent des communautés issues des grandes vagues migratoires, notamment celles liées au développement économique et aux besoins en main-d’œuvre : Europe du Sud, Maghreb, Afrique subsaharienne, Turquie et, plus récemment, Europe de l’Est.

Votre partenaire municipal dans le cadre du projet IncluCities est la Ville de Bruxelles. Vous entretenez également des liens étroits avec six autres villes et associations de collectivités via le réseau IncluCities. Que signifie cette coopération directe entre villes et quelles sont vos attentes vis-à-vis de ce projet ?

Notre commune a toujours privilégié la coopération, les échanges, l’ouverture et le travail en réseau. L’échange de bonnes pratiques, notamment au niveau européen, est une démarche extrêmement enrichissante pour nous. IncluCities est une occasion de bénéficier de l’expérience de la Ville de Bruxelles et des autres villes européennes participantes pour renforcer notre savoir-faire et capitaliser sur notre propre expérience en matière d’accueil des migrants. Avec l’arrivée de milliers de réfugiés ukrainiens dans nos territoires, nous aurons plus que jamais besoin de progresser dans ce domaine, et d’aller au-delà d’une simple réponse à une urgence humanitaire.

IncluCities Interview

Inclucities Interview - News 2022

“La ville est ce qui nous unit, peu importe d’où nous venons”


Fuenlabrada est une municipalité espagnole située dans la zone métropolitaine de Madrid. En tant que ville mentor du projet IncluCities, Fuenlabrada a connu une croissance rapide de sa population en raison de la migration. En réponse, les autorités municipales ont développé des politiques de cohésion sociale et d’égalité qui sont devenues une référence pour les pratiques d’inclusion efficaces.

Francisco Javier Ayala Ortega a une vaste expérience dans le domaine des politiques publiques et a occupé divers postes au sein du Conseil municipal de Fuenlabrada avant d’être élu maire en 2018. Il préside la Commission des Relations Internationales de la Fédération Espagnole des Municipalités et Provinces (FEMP) et est Porte-parole pour l’Emploi au CCRE. Titulaire d’un diplôme en droit et passionné de danse andalouse, il promeut les droits égaux, la participation active et le travail collectif comme fondements des villes inclusives.

Au cours de l’année marquée par la COVID, les maires des villes du monde entier ont fait face à des défis sans précédent. Comment la ville de Fuenlabrada a-t-elle géré la pandémie ?

Nous avons eu une stratégie claire dès le début : mettre le budget municipal à disposition pour soutenir l’hôpital de la ville et pour venir en aide aux personnes les plus touchées par le confinement, en particulier les personnes âgées et les enfants. Je suis fier qu’en seulement quelques jours, nous ayons pu mettre en place un hôpital de campagne efficace pour les patients COVID à côté du centre hospitalier de la ville.

Le monde est secoué par des problèmes complexes – la pandémie, la reprise, le changement climatique, la migration. Quel est selon vous le rôle des villes pour les aborder ?

Il ne fait aucun doute que les gouvernements locaux sont les plus proches des citoyens et, par conséquent, ceux qui connaissent le mieux leurs besoins et comprennent la réalité de leurs territoires. Bien sûr, les défis sont mondiaux et nécessitent la collaboration de la communauté internationale pour créer des efforts communs et atteindre des objectifs globaux. Mais les réponses, les manières d’atteindre ces objectifs communs de reprise, de lutte contre le changement climatique ou de gestion de la migration doivent être adaptées à la population locale. Dans ce processus, les gouvernements locaux jouent un rôle essentiel et de leadership.

La population de Fuenlabrada a beaucoup augmenté au cours des 40 dernières années en raison de la migration. La population a triplé, et l’âge moyen des habitants est désormais 6 ans inférieur à la moyenne nationale. Comment la ville s’est-elle adaptée ?

À mon avis, il y a deux clés principales pour relever ce défi : la participation civique et les politiques de cohésion sociale. Fuenlabrada est un point de référence important en matière de participation des citoyens. Nous avons réussi à développer la participation des citoyens à travers leur implication dans les processus de transformation avec un objectif commun d’améliorer notre ville et la vie des citoyens. Nous avons également été vus comme un exemple réussi de politiques de cohésion au cours des dernières décennies. En parallèle avec la croissance démographique, nous avons développé des programmes innovants qui nous ont aidés à diminuer le taux de chômage et à améliorer l’inclusion.

Quelle est la situation actuelle des migrants à Fuenlabrada ?

Actuellement, la population étrangère représente légèrement moins de 13,5 % de la population de la ville, et la majorité ont entre 20 et 49 ans. La plupart viennent de Roumanie, du Maroc, du Nigéria, de Guinée Équatoriale, de Colombie et de Chine. En matière d’intégration, nos efforts se concentrent sur la fourniture de services municipaux adaptés aux besoins de base des nouveaux arrivants. En outre, nous soutenons le développement de projets interculturels et transversaux d’intégration. Nous visons également à promouvoir les associations qui représentent le mieux les migrants, à les motiver à participer activement à la vie de la ville et à rechercher des solutions aux problèmes communs. Grâce à tous ces efforts, nous avons établi un important réseau de participation citoyenne. Parmi plus de 400 entités enregistrées, environ 60 sont dirigées par des migrants ou favorables à l’immigration.

Comment prévenir l’exclusion sociale, notamment parmi les groupes vulnérables tels que les migrants, si le chômage est déjà particulièrement élevé parmi les jeunes peu qualifiés ?

Ces dernières années, Fuenlabrada a développé un projet financé par l’UE appelé MILMA, sélectionné parmi des centaines de projets à travers l’Europe. Son objectif était de favoriser la collaboration entre l’administration publique, les entreprises et d’autres organisations. Plus concrètement, MILMA permet aux demandeurs d’emploi de se connecter avec des employeurs potentiels. Avec le développement de modèles efficaces et innovants pour accéder à l’emploi, nous avons réussi à inclure les personnes sans emploi, qu’elles soient nationales ou migrantes, dans la vie de la ville de Fuenlabrada. La réponse en termes de participation a dépassé nos attentes, et nous comptons en faire un modèle exportable dans d’autres villes d’Europe.

Quel rôle joue le récit sur les migrants dans le processus d’intégration ? Comment abordez-vous les attitudes négatives et la désinformation dans votre ville ?

Depuis des années, Fuenlabrada participe au Réseau Anti-Rumeurs. Ce programme est l’une de nos meilleures pratiques pour lutter contre le racisme et la xénophobie. Il vise à enseigner aux enfants et aux adultes la valeur de la vérité et à mettre en garde contre les fausses rumeurs nuisibles et les préjugés dans la communauté locale et la société en général. De plus, nous participons à un projet bien établi comme la Commission de la Convivialité (Mesa por la Convivencia), où des dizaines de quartiers et d’organisations sociales ou migrantes travaillent ensemble. Cette initiative a également lancé un Réseau de Solidarité pour aider les personnes touchées par la pandémie. Cela a montré comment nous pouvons tous travailler côte à côte si nous avons un objectif commun – lutter contre la pandémie et aider tous nos concitoyens, en veillant à ce que personne ne soit laissé pour compte.

En tant que mentor dans IncluCities, vous travaillez avec la ville grecque de Levadia pour améliorer ses pratiques d’intégration et développer des outils pour un emploi décent des réfugiés et des migrants. Qu’attendez-vous de cette participation ?

Nous apprendrons beaucoup de l’expérience de Levadia, de ses politiques et de ses activités, ainsi que des autres villes, municipalités et associations participant au projet. D’autre part, travailler sur un plan d’action pour améliorer l’intégration locale des migrants et des réfugiés et partager des expériences est une très bonne méthodologie qui nous permettra d’évaluer nos propres actions et de les améliorer.

Pensez-vous que les gens sont là d’où ils viennent ? Dans quelle mesure, par exemple, le fait d’être né à Córdoba a-t-il marqué votre personnalité ou votre carrière politique à Fuenlabrada ? Continuez-vous à visiter la maison régionale de l’Andalousie et à danser les “sevillanas” ?

Les gens ont de nombreuses dimensions. Nous sommes influencés par notre lieu de naissance et par le lieu où nous avons passé notre enfance, mais aussi par les endroits où nous passons nos vies. Nous sommes façonnés non seulement par les lieux mais aussi par les personnes. Je suis né à Córdoba, j’ai passé une partie de mon enfance à Almería et, depuis l’âge de 6 ans, je suis un voisin de Fuenlabrada. Je représente en partie toutes ces personnes dont les parents sont venus dans cette ville il y a 30 ou 40 ans depuis l’Andalousie, l’Extrémadure ou Castilla La Mancha en quête d’un avenir meilleur. Vous voyez, je comprends les personnes venant d’autres pays avec le rêve d’une vie meilleure. Cependant, je peux dire que je suis de Fuenlabrada, et la ville est ce qui nous unit, peu importe d’où nous venons. Oui, le sang andalou coule aussi dans mes veines, et cela se remarque aussi, surtout quand je danse.

Comment maintenez-vous le contact avec vos concitoyens ?

Chaque jour, je rencontre de nombreuses personnes, des individus qui viennent me voir dans la rue ou qui me contactent par les réseaux sociaux. Je me promène dans ma ville tous les jours. Il est essentiel de ne pas perdre le contact direct et permanent avec les citoyens. Cependant, il est également important de rester en contact avec l’espace, les rues, les places et les parcs.

Inclucities – Recrutement

BoT Expertise - News 2023

Nous recrutons un(e) Chargé(e) de Projet – Migration et Intégration


Le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) recrute un.e Chargé.e de Projet pour IncluCities (contrat à temps plein au Secrétariat du CCRE à Bruxelles jusqu’en janvier 2023).

Tous les détails se trouvent dans la description du poste.

Merci d’envoyer votre CV et une lettre de motivation expliquant votre intérêt pour le poste à application@ccre-cemr.org avant le 10 janvier 2021 à 23h59. Veuillez indiquer « Chargé.e de Projet – IncluCities » dans l’objet de votre e-mail.

IncluCities Website

IncluCities Website - News 2020

IncluCities est en ligne


Nous lançons un tout nouveau site web IncluCities !

Avec toutes les informations relatives au projet et tout ce qu’il faut savoir pour se tenir à jour sur les politiques européennes d’intégration et d’inclusion des migrants, ce site devient le point central de la communauté IncluCities.

En impliquant les huit villes participantes et leurs associations de gouvernements locaux, nous offrirons des aperçus sur les progrès du projet IncluCities, ses dynamiques, les idées issues du terrain, les leçons apprises et les plans d’action pour améliorer l’accueil des nouveaux arrivants dans les communautés locales.

Le LOCAL est le nouveau GLOBAL

Ce site rassemblera des actualités sur des sujets liés à la migration, l’intégration et l’inclusion. L’objectif principal est de mettre en avant des problématiques globales à travers la présentation de pratiques locales des partenaires d’IncluCities et le partage d’idées provenant d’autres villes et municipalités à travers l’Europe. Nous couvrirons également les initiatives clés de l’UE, telles que le nouveau Plan d’action européen sur l’intégration et l’inclusion des migrants.

Découvrez les partenariats

Avec une carte interactive des villes participantes, nous souhaitons présenter les acteurs et leurs associations. Cliquez sur les poignées de main de la carte pour accéder à une présentation visuelle de chaque coopération en binôme, incluant des données, les points forts, les besoins et les bonnes pratiques des villes participantes.

La méthodologie en un clin d’œil

Pour ceux intéressés par une méthodologie approfondie, consultez notre page ressources où vous trouverez tous les documents relatifs au mentorat. Découvrez une explication graphique, étape par étape, de chaque processus. Des visites d’étude aux académies de formation en passant par les ateliers, ce processus mènera à des plans d’action efficaces qui ouvriront de nouvelles approches et structures pour l’intégration des migrants.

Rencontrez nos partenaires

Une section complète est dédiée à nos partenaires, comprenant les sept associations de gouvernements locaux et régionaux et leurs villes participantes. Pour en savoir plus sur eux, suivez les liens ou contactez directement la personne de référence.

Dans les coulisses

Chaque initiative cache une histoire humaine. Nous espérons en présenter plusieurs à travers des interviews et diverses vidéos illustrant comment l’intégration et l’éducation se traduisent dans la vie quotidienne.

  • Envie de savoir comment les enfants réfugiés s’en sortent à Livadia, en Grèce ?
  • Ou comment la ville espagnole de Fuenlabrada lutte contre la discrimination avec une vidéo animée réfutant des rumeurs infondées ?
  • Ou encore comment des migrants et personnes d’origine migrante à Bruxelles aident des réfugiés dans les centres d’accueil en tant que bénévoles ?

Si c’est le cas, la section consacrée aux travaux dans les coulisses est l’endroit idéal pour vous. Vous y trouverez également de nombreuses publications externes, livrables du projet et documents de travail sous la rubrique ressources.

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