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Prise de position sur la governance

Les collectivités locales et régionales : la compétitivité de l’Europe dépend d’une gouvernance efficace


Le CEMR appelle à renforcer la gouvernance européenne en plaçant les collectivités locales et régionales au cœur de la compétitivité de l’Europe.
La compétitivité ne peut pas se construire uniquement par la législation. Elle dépend avant tout de la capacité des politiques publiques à produire des résultats concrets sur le terrain — et cela repose largement sur les collectivités locales et régionales.

Dans toute l’Union européenne, les villes, les communes et les régions mettent en œuvre plus de 70 % de la législation européenne. Elles financent les investissements publics, assurent des services essentiels et traduisent les grandes priorités européennes — du Pacte vert à la transition numérique — en résultats tangibles pour les citoyens et les entreprises.

Pourtant, elles sont encore trop souvent associées trop tard aux processus décisionnels et confrontées à des règles fragmentées, à des obligations qui se superposent et à une charge administrative croissante — autant de signes des limites du système actuel. Des paquets législatifs complexes, des calendriers incohérents et des couches successives d’orientations rendent la mise en œuvre plus difficile, plus lente et plus coûteuse.

Les collectivités passent un temps précieux à gérer des procédures au lieu de déployer des solutions concrètes. À l’heure où l’Europe cherche à renforcer sa productivité, sa résilience et son autonomie stratégique, elle ne peut plus se permettre une telle inefficacité.

Cette déconnexion n’est pas seulement source d’inefficacité : elle a un coût réel. Et elle freine l’Europe.

Dans ce document de position, le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CEMR) appelle à un changement de paradigme dans la manière dont les politiques européennes sont conçues et mises en œuvre : passer d’une logique descendante à une véritable gouvernance multiniveaux.

Pour y parvenir, le CEMR appelle à :

  • Associer systématiquement les collectivités locales et régionales à l’ensemble du cycle des politiques européennes, de leur conception à leur évaluation.
  • Mettre en place des mécanismes de consultation structurés, garantissant une participation réelle et en temps utile des autorités infranationales.
  • Réaliser des évaluations d’impact territoriales et de gouvernance, afin de s’assurer que les politiques sont réalistes et applicables dans la diversité des contextes locaux.
  • Reconnaître pleinement le rôle politique des collectivités locales et régionales comme partenaires à part entière de la prise de décision européenne.
  • Adapter la législation et les financements européens aux réalités territoriales, en évitant les approches uniformes.
  • Faire de l’applicabilité des politiques publiques un objectif central de la gouvernance européenne, afin de garantir leur mise en œuvre effective sur le terrain.

La compétitivité ne se limite pas à la simplification réglementaire. Elle suppose des politiques publiques pertinentes pour les entreprises et les communautés qu’elles servent, et réellement applicables sur le terrain.

Le CEMR et ses membres sont prêts à apporter leur expertise, leurs données et leur expérience de terrain. Il est temps de dépasser les consultations ponctuelles et d’intégrer pleinement les collectivités locales et régionales là où elles doivent être : au cœur de la décision.

Car la compétitivité de l’Europe se gagnera — ou se perdra — au niveau local.

Découvrez l’ensemble des recommandations du CEMR pour renforcer la gouvernance multiniveaux dans le document de position.

Pour plus d’informations, contactez :

Extension de l’espace Schengen

Schengen Space - News

La Bulgarie et la Roumanie rejoignent l’espace Schengen : une réalisation majeure pour l’unité européenne 


Le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) félicite la Bulgarie et la Roumanie pour leur accession historique à l’espace Schengen, la plus grande zone de libre circulation au monde. Ce jalon significatif, marqué par des cérémonies frontalières au poste de Kulata et au Pont de l’Amitié, couronne des années d’efforts et de collaboration entre les États membres de l’Union européenne (UE).

Renforcement de l’intégration européenne

Avec cette extension, l’espace Schengen comprend désormais 25 États membres de l’UE, permettant à plus de 425 millions de personnes de voyager, travailler et résider sans contrôles aux frontières intérieures. Ce progrès renforce l’unité européenne, stimule la croissance économique et favorise les échanges culturels.

Une célébration du progrès

À minuit le 1er janvier, des responsables bulgares et roumains ont symboliquement levé les barrières frontalières, marquant la fin des contrôles terrestres entre leurs pays et les autres pays de Schengen. Ces célébrations illustrent le travail acharné et l’engagement nécessaires pour atteindre l’adhésion complète.

Le rôle des gouvernements locaux et régionaux

Le CCRE, représentant les gouvernements locaux et régionaux à travers l’Europe, souligne le rôle essentiel des municipalités et des régions dans la promotion de la coopération transfrontalière et de l’intégration. L’élargissement de l’espace Schengen renforcera les partenariats locaux, facilitera la mobilité des citoyens et des entreprises, et offrira de nouvelles opportunités de développement régional.

Une Europe plus forte

L’intégration de la Bulgarie et de la Roumanie dans Schengen est bien plus qu’une avancée pratique ; elle est un rappel symbolique de l’engagement de l’UE envers l’unité, la collaboration et la prospérité partagée. Ce jalon ouvre la voie à de nouveaux progrès dans l’intégration et la coopération européennes.

Le CCRE se tient prêt à soutenir les gouvernements locaux et régionaux dans leur adaptation aux opportunités et aux défis d’une Europe sans frontières.

Pour en savoir plus sur Schengen et ses avantages : https://ec.europa.eu/

Nouveau Mandat, Enjeux Financiers

Nouveau Mandat Européen : Naviguer à un carrefour du financement et de la gouvernance en Europe


Avec la confirmation du Collège des Commissaires européens, le second mandat d’Ursula von der Leyen est prêt à commencer. Si vous vous demandez quelle direction l’UE prendra, en particulier en ce qui concerne les collectivités locales, les auditions des commissaires désignés fournissent des indications précieuses sur leur état d’esprit, leurs priorités et les défis du prochain exécutif européen. Il est évident que relever ces défis – renforcer la compétitivité européenne et améliorer la vie des citoyens – nécessitera plus que de l’ambition. La vision doit se traduire en actions concrètes par une mise en œuvre efficace des politiques et un financement qui réponde aux besoins des Européens partout. Il sera également crucial d’éviter de tirer de mauvaises leçons des expériences passées, notamment en matière de gestion des fonds et de mise en œuvre des politiques.

Que révèlent les auditions des candidats au Collège des Commissaires au Parlement européen ? 

Pietro Naj-Oleari, European Parliament, Information General Directoratem, Web Communication Unit, Picture Editor and photographer. E-mail: pietro.naj-oleari@europarl.europa.eu

Les auditions ont cependant offert peu d’assurance aux collectivités locales. Les intentions centralisatrices clairement exprimées dans les orientations politiques de la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, qui propose de remplacer la Facilité pour la reprise et la résilience (FRR) par « moins de programmes et un plan pour chaque pays liant réformes clés et investissements », suscitent des préoccupations. La FRR, élément central du programme de relance NextGenerationEU de 800 milliards d’euros, a révélé les écueils d’une approche basée sur la performance et le financement conditionné aux réformes.

Dès le début, le CCRE, en partenariat avec le Comité des Régions (CdR), a suivi de près le déploiement de la FRR, en consultant les parties prenantes pour évaluer la participation des gouvernements locaux et régionaux. Les conclusions sont claires : l’exclusion des acteurs les plus proches des besoins locaux a limité l’efficacité de la FRR. Ce manque d’implication des collectivités locales a conduit à des priorités mal alignées, avec des réformes et des investissements qui ne répondent pas aux besoins locaux ou ne tirent pas parti des connaissances uniques des autorités régionales. Cela risque non seulement de compromettre les objectifs communautaires de la FRR, mais aussi de détourner d’autres fonds essentiels, tels que les fonds de cohésion, remettant en cause les objectifs de cohésion territoriale de l’UE.

Données issues de la consultation CCRE-CdR sur la mise en œuvre du FRR.

Lors des auditions, les commissaires désignés ont reconnu ces préoccupations. Valdis Dombrovskis a été vivement critiqué pour les lacunes de la FRR, avec des députés européens exprimant leur frustration quant à ses performances. M. Dombrovskis a admis qu’il est essentiel d’établir des partenariats plus solides avec les collectivités locales pour que la FRR ait un impact transformateur. De son côté, Piotr Serafin, commissaire désigné au budget, a soutenu l’idée d’un plan national unique pour les investissements et les réformes, tout en soulignant le rôle central que les régions devraient jouer dans l’élaboration de ces plans. Cependant, Raffaele Fitto, vice-président et commissaire désigné pour la cohésion et les réformes, n’a pas répondu de manière substantielle aux préoccupations des députés concernant les risques de centralisation. Il a toutefois reconnu l’importance de consulter les collectivités locales et régionales, démontrant au moins une reconnaissance de la gouvernance multiniveaux.

Tirer des leçons complexes  

Conçue pour favoriser une Europe plus verte, résiliente et innovante, les retards dans la mise en œuvre des plans de relance nationaux ont exacerbé les débats sur la gouvernance de la FRR, jetant le doute sur sa capacité à atteindre ses objectifs. Cependant, les solutions envisagées risquent d’utiliser à mauvais escient les ressources de l’UE et de compromettre les transitions vertes et numériques essentielles pour les villes et les régions. 

Le CCRE reste déterminé à promouvoir des évaluations basées sur des données probantes de la performance des financements, afin de garantir que les politiques de développement cruciales ne subissent pas des ajustements précipités. Les collectivités locales, qui mettent en œuvre 70 % de la législation européenne – y compris des politiques clés pour la transition écologique – ne peuvent être exclues de ces discussions. Leur expertise territoriale unique garantit que les financements de l’UE répondent à des besoins locaux réels, au lieu de s’appuyer sur des stratégies nationales souvent aveugles aux disparités régionales. 

From the roundtable: Local and Regional Perspectives on the Recovery and Resilience Facility (RRF)

Alors que la nouvelle Commission entre en fonction, le CCRE continuera de plaider pour un suivi transparent des performances de la FRR, en insistant sur l’expertise territoriale pour façonner les politiques de financement de l’UE. S’assurer que ceux qui connaissent le mieux leur territoire aient leur mot à dire dans l’allocation des ressources n’est pas seulement une question d’équité – c’est la clé pour atteindre des résultats durables et transformateurs à travers l’Europe.

La Démocratie à vélo

Democracy on Bike

De Cologne à Bruxelles : Une Initiative Cycliste pour l’Action Climatique et la Démocratie


Face à la montée de l’extrême droite et aux défis environnementaux, un groupe d’activistes issus de 127 villes européennes a pédalé de Cologne à Bruxelles dans le cadre d’une initiative remarquable appelée Democracy On The Streets (DOTS). Ce mouvement, né de la campagne allemande « Ohne Kerosin nach Berlin », a pris une dimension transfrontalière pour la première fois, avec pour mission de demander une action climatique urgente, de protéger la démocratie, et de mobiliser les citoyens avant les élections européennes.

Du 20 au 26 mai, les cyclistes ont parcouru l’Allemagne jusqu’à la Belgique, marquant des arrêts dans différentes villes pour sensibiliser aux enjeux environnementaux pressants. Ces activistes—appelés cyclo-activistes—ont organisé des manifestations pacifiques mais visibles tout au long de leur parcours, plaidant pour la justice climatique, les droits humains et la démocratie. En chemin, ils ont rencontré des citoyens et des responsables politiques, créant ainsi des espaces de discussion et de débat sur des sujets qui leur tenaient à cœur. Parmi les moments clés, on note des manifestations devant des sites controversés tels que le collectif Stop Alibaba à Liège, qui s’oppose à l’extension de l’aéroport local, et une démonstration contre un projet de bétonisation dans la région rurale d’Anton, à Andenne.

Cette initiative se distingue par son approche communautaire et citoyenne. Les participants ont été hébergés chaque nuit par des particuliers, des églises, des écoles et des associations, renforçant ainsi l’esprit de solidarité et de communauté du projet. Elle incarnait la conviction que des actions individuelles, lorsqu’elles sont réunies, peuvent déclencher un changement significatif. Bien que le peloton ait été bruyant pour se faire voir et entendre, il est resté totalement pacifiste, veillant à transmettre son message à temps pour les élections européennes à venir.

Ce n’était pas seulement une manifestation, mais un appel puissant à l’action pour protéger à la fois l’environnement et la démocratie. Le grand final a eu lieu à Bruxelles, où de nombreux autres activistes ont rejoint le mouvement en solidarité, amplifiant le message de la campagne au cœur de la politique européenne.

Pour en savoir plus ou rejoindre le mouvement, visitez : https://ohnekerosinnachberlin.com/inscription-bruxelles-2024-fr/

Députés au Parlement européen

European Parliament - News

Le rôle essentiel de l’expérience locale et régionale au Parlement européen


Dans la composition actuelle du Parlement européen, une part significative de 31,5 % (227 sur 720) des députés européens (eurodéputés) ont exercé un mandat local ou régional. Cela souligne le lien crucial entre la gouvernance locale et le processus législatif européen.

Le Parlement européen, composé de 720 députés élus dans les 27 États membres de l’UE, est l’une des principales institutions de l’Union européenne. Depuis 1979, les députés européens sont élus au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans. Leurs décisions influencent les lois et les politiques qui affectent directement les 447 millions de citoyens de l’UE.

L’expérience dans la gouvernance locale et régionale permet aux députés européens d’avoir des perspectives uniques sur les défis quotidiens rencontrés par les citoyens. Ce parcours leur permet de mieux appréhender les répercussions de la législation européenne sur les communautés locales et de s’assurer que les voix des municipalités et des régions soient entendues au niveau européen.

Fonctions clés du Parlement européen :

  • Co-législation : Le Parlement partage le pouvoir législatif avec le Conseil de l’UE. Ensemble, ils adoptent et modifient les propositions législatives pour s’assurer que les lois reflètent les besoins divers des citoyens européens.
  • Budget : Le Parlement joue un rôle crucial dans la décision du budget de l’UE, déterminant comment les ressources sont allouées à différents secteurs et initiatives.
  • Supervision : Il supervise le travail de la Commission européenne et d’autres organes de l’UE pour garantir la transparence et la responsabilité.
  • Promotion de la démocratie mondiale : En dehors de ses fonctions législatives, le Parlement européen est un défenseur des valeurs démocratiques en Europe et dans le monde. Il soutient activement la lutte pour la démocratie, la liberté d’expression et les élections équitables à l’échelle mondiale.

La présence significative de députés ayant exercé des mandats locaux et régionaux au Parlement européen souligne l’importance de la gouvernance locale dans l’élaboration des politiques européennes. À mesure que les nouveaux députés entament leurs fonctions, leurs décisions continueront à influencer l’avenir de l’Union européenne et de ses citoyens.

En savoir plus : Pour approfondir votre compréhension du Parlement européen et de ses fonctions, consultez le site officiel.

Consultation CdR-CCRE

Une consultation de suivi du CdR et du CCRE sur la mise en œuvre du FRR


Depuis son lancement, le CCRE a suivi de près le mécanisme de relance et de résilience de l’Union européenne (FRR) afin d’évaluer les expériences des gouvernements locaux et régionaux dans l’utilisation de cet instrument de financement essentiel pour revitaliser l’économie européenne après la crise du COVID-19. En collaboration avec le Comité des Régions (CdR), le CCRE a mené une consultation ciblée en 2021, impliquant des associations de gouvernements locaux et régionaux. L’objectif était d’analyser leur participation aux phases de conception et d’exécution du FRR. Les premières conclusions ont mis en évidence une implication très limitée de ces acteurs.

Cette année, le CdR et le CCRE ont conduit une consultation de suivi pour évaluer les éventuels changements. Bien que le FRR soit à mi-parcours de sa mise en œuvre, les gouvernements locaux et régionaux continuent d’exprimer leur frustration face à leur exclusion des Plans nationaux de relance et de résilience (PNRR). Les résultats de l’enquête CdR-CCRE confirment une gestion hautement centralisée du FRR par les États membres.

Le 16 avril, le CCRE a organisé un débat de haut niveau réunissant des représentants des institutions européennes pour présenter les principales conclusions de cette consultation.

Vous pouvez consulter les résultats de la consultation CoR-CCRE en cliquant ici.

Répartition inéquitable des fonds de relance

Fonds de relance post-COVID : La centralisation et la répartition inéquitable des ressources risquent de nuire à la cohésion en Europe


Une nouvelle consultation CoR-CCRE montre que la répartition territoriale des fonds du Fonds de relance et de résilience (RRF) est largement perçue comme déséquilibrée sur le terrain.

À l’approche d’une réunion cruciale des chefs d’État et de gouvernement européens consacrée à la compétitivité, le Comité des Régions (CdR) et le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) dévoilent les résultats de leur troisième enquête conjointe sur la mise en œuvre du Fonds de relance et de résilience post-pandémie (RRF), d’un montant de 648 milliards d’euros.

Bien que la mise en œuvre du RRF en soit à mi-parcours, les régions et les villes estiment encore être laissées de côté dans les Plans nationaux de relance et de résilience (PNRR). Une nouvelle consultation menée conjointement par le CdR et le CCRE confirme la gestion hautement centralisée du RRF par les États membres.

Principaux résultats :

  • La répartition territoriale des fonds du RRF est largement perçue comme injuste. Près de la moitié des répondants jugent la justice territoriale « mauvaise ou très mauvaise », tandis que seuls quelques-uns la considèrent comme « bonne ou très bonne ». Le degré de prise en charge au niveau local et régional est également insatisfaisant, avec beaucoup plus de répondants qui le qualifient de « mauvais ou très mauvais » que de « bon ou très bon ».
  • Les transitions verte et numérique sont les deux objectifs les plus soutenus par les PNRR, selon les répondants à la consultation.
  • En revanche, un tiers des répondants affirment que les PNRR ne contribuent « pas du tout » à renforcer la cohésion territoriale, bien que ce soit l’objectif légal et général du RRF.
  • L’implication des autorités locales et régionales reste insuffisante à chaque étape de la préparation, de la mise en œuvre et du suivi des PNRR. Les dispositions spécifiques de REPowerEU pour améliorer l’implication des ALR ne semblent pas avoir donné de résultats concrets.
  • Les obstacles à l’implication des autorités locales et régionales sont nombreux. Le principal obstacle identifié est le cadre inapproprié fourni par le gouvernement national.
  • Le manque de capacité ou d’expertise au sein des régions ou des villes est un obstacle beaucoup plus important qu’auparavant, probablement en raison de la charge administrative plus élevée que prévu du RRF.
  • Les chevauchements possibles et le manque de coordination avec les fonds de cohésion restent les risques les plus importants perçus par les gouvernements locaux et régionaux dans la mise en œuvre du RRF.
  • Bien que l’impact global des projets financés par le RRF soit jugé positivement par les répondants, ceux-ci sont partagés quant à ses synergies avec d’autres fonds, son additionnalité et sa flexibilité.

Citations clés :

Christophe Rouillon (FR/PES), Maire de Coulaines et rapporteur du CdR sur l’évaluation à mi-parcours du RRF, a déclaré :
« Les résultats de la consultation conjointe soulignent que le RRF n’est pas la solution miracle qu’on nous avait annoncée. Le RRF a été une réponse appropriée dans un contexte de crise multiple et aura probablement eu un impact macroéconomique positif. Cependant, la centralisation qu’il a engendrée ainsi que les lacunes du mécanisme basé sur la performance ne doivent pas être extrapolées pour la future Politique de Cohésion après 2027 si nous ne voulons pas mettre en péril l’efficacité de cette politique, la plus efficace de l’UE pour garantir des transitions justes dans toutes les régions de l’UE. »

Kamila Bláhová, vice-présidente pour les affaires européennes de l’Union des Villes et Municipalités de la République tchèque (SMOCR), a déclaré :
« Le RRF et les plans de relance nationaux de la République tchèque ont un énorme potentiel pour soutenir les efforts des gouvernements locaux et régionaux en matière de revitalisation de l’économie locale et d’investissements dans les infrastructures vertes. Cependant, la question de la capacité administrative et des mauvaises synergies entre le RRF et d’autres fonds de l’UE représente un défi majeur. Il est essentiel d’optimiser la manière dont les gouvernements infranationaux peuvent maximiser l’utilisation de cette source de financement substantielle et de remédier à toute lacune au fur et à mesure de l’avancement du RRF. »

Contexte :

La consultation a été menée entre janvier et mars 2024, recueillant les avis et expériences de 36 organisations représentatives de divers niveaux de gouvernements infranationaux dans 22 États membres de l’UE. Les répondants provenaient d’Autriche, Belgique, Bulgarie, Croatie, Chypre, République tchèque, Estonie, Finlande, France, Allemagne, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Slovaquie, Espagne et Suède. La composition géographique des répondants ne correspondait pas exactement à celle des consultations précédentes. Les réponses reçues de gouvernements locaux et régionaux individuels ont également été prises en compte.

Résultats des précédentes consultations conjointes CoR-CCRE (janvier 2021 et avril 2022).

Lire l’étude ici

Contacts :
Matteo Miglietta – CdR
Tél. (+32) 470 895382
matteo.miglietta@cor.europa.eu

Événement sur la FRR

Le CCRE organise un débat de haut niveau sur « Les voies vers la résilience : perspectives locales et régionales sur la Facilité pour la reprise et la résilience »


AUne nouvelle consultation conjointe du Comité européen des régions (CdR) et du Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) révèle que l’allocation territoriale des fonds issus de la Facilité pour la reprise et la résilience (FRR) est largement perçue comme déséquilibrée sur le terrain.

Le CCRE a le plaisir d’annoncer un débat en présentiel intitulé :
« Les voies vers la résilience : perspectives locales et régionales sur la Facilité pour la reprise et la résilience (FRR) »,
prévu le 16 avril, de 9h30 à 12h15, au Secrétariat du CCRE, Square de Meeûs, Bruxelles.

Les participant·es sont invité·es à s’inscrire avant le 11 avril via le lien suivant :
https://forms.office.com/e/qbbVqMrZjp

À l’approche de la session plénière du Comité européen des régions, qui se tiendra les 17 et 18 avril à Bruxelles, le CCRE invite chaleureusement les élu·es à s’inscrire à cet événement.

Ce débat permettra d’aller au-delà du récit officiel basé sur les jalons et les objectifs de la FRR, en évaluant son impact réel aux niveaux local et régional. Les leçons tirées seront partagées lors du panel, en vue de réfléchir à la manière dont cette initiative pourrait influencer les futurs programmes d’investissement de l’UE, notamment les politiques de cohésion à venir.

Intervenant·es de haut niveau confirmé·es pour l’événement :

  • Kamila Bláhová, vice-présidente aux affaires européennes, SMOCR (République tchèque)
  • Maria Teresa Fernandez, directrice à la DG RECOVER de la Commission européenne
  • Monika Hohlmeier, présidente de la commission du contrôle budgétaire (CONT), Parlement européen
  • Ivana Maletić, membre croate de la Cour des comptes européenne
  • Christophe Rouillon, membre du CdR, rapporteur de l’avis du CdR sur le rapport d’étape concernant la mise en œuvre de la FRR

Le CCRE prévoit une participation active à cet événement de haut niveau et encourage vivement les parties prenantes à y contribuer pleinement.

Élections européennes 2024

Un appel à l’action : L’Europe ne peut réussir qu’avec ses communes


Le Dr Christoph Schnaudigel, co-président de l’Association allemande des comtés (Deutscher Landkreistag) et du CCRE (RGRE), vice-président de la section allemande du CCRE (RGRE), ainsi que président du comté de Karlsruhe, lance un appel fort à l’approche des dixièmes élections européennes au suffrage direct, prévues du 6 au 9 juin 2024.

Soulignant le rôle essentiel des municipalités européennes, il met en avant la nécessité d’une collaboration étroite entre les autorités locales et les institutions européennes pour répondre efficacement aux défis complexes auxquels l’Union européenne est confrontée. Parmi ces enjeux : l’agression russe en Ukraine, les crises énergétiques et migratoires, ainsi que les finances locales.

Il appelle également à un cadre réglementaire européen plus souple et moins contraignant, afin que les législations européennes tiennent compte des réalités et des capacités des collectivités territoriales. L’éditorial insiste également sur l’importance d’une politique régionale significative, appelant à ce que les fonds soient alloués selon les besoins locaux, dans le respect du principe de partenariat.

Un appel à l’action : L’Europe uniquement avec ses communes

Les dixièmes élections au suffrage direct du Parlement européen, qui se tiendront du 6 au 9 juin 2024, revêtiront également une grande importance pour les municipalités européennes. L’Union européenne (UE) et le monde continuent de faire face à des défis profonds auxquels les gouvernements nationaux ne peuvent répondre seuls de manière adéquate. Les effets de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, les crises énergétique et migratoire et la pression sur les finances municipales s’ajoutent à des transformations économiques et sociales de grande ampleur telles que le Pacte vert et la numérisation.

Afin de relever ces défis de manière proactive, le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) a adopté un « Appel à l’action » lors de son Assemblée générale à Prague en décembre 2023. Celui-ci formule des demandes pour une politique européenne municipale réussie, à l’attention des institutions européennes, des candidats et des nouveaux membres du Parlement européen.

En tant que l’association européenne la plus représentative des autorités locales et régionales, le CCRE rassemble depuis 1951 un million d’élus européens démocratiquement élus issus de 60 associations membres dans 40 pays. Sa mission est de construire une Europe unie, pacifique et démocratique, fondée sur l’autonomie locale, le principe de subsidiarité et une participation citoyenne appropriée.

Une participation accrue aux processus décisionnels européens : une meilleure réglementation pour et avec les autorités locales

Les autorités locales sont des acteurs publics économiques, sociaux et politiques importants, elles sont responsables du développement et de l’entretien des infrastructures locales, des soins de santé, de la gestion des déchets et des transports publics locaux. Ce faisant, elles appliquent directement les règlements européens en matière de marchés publics et de droit des aides d’État.

Cependant, les autorités locales ne se contentent pas de fournir des services publics essentiels. Elles et leurs associations représentatives construisent également un pont entre l’Europe et ses citoyens. D’une part, elles aident les habitants des comtés, des villes et des municipalités à comprendre l’importance de l’UE dans leur vie quotidienne, et d’autre part, elles communiquent et transmettent les intérêts et besoins locaux à l’UE et aux autres décideurs internationaux.

En raison de leurs responsabilités, les autorités locales sont confrontées à un grand nombre d’initiatives de l’UE. Cela s’applique actuellement en particulier au Pacte vert pour l’Europe. Le climat, l’énergie et l’environnement sont des domaines dans lesquels le législateur européen a été très actif ces dernières années et l’est toujours. Cependant, la réussite de la mise en œuvre d’un avenir climatiquement neutre dépend en grande partie du niveau municipal, qui est le plus proche des citoyens. Les autorités locales mettent déjà en œuvre environ 70 % de la législation européenne. L’aménagement du territoire pour les énergies renouvelables, la mise en œuvre de taux de rénovation obligatoires pour les bâtiments publics et la restauration des écosystèmes locaux en sont quelques exemples actuels.

Pour cette seule raison, les districts, les villes et les municipalités doivent être impliqués en temps utile dans le processus décisionnel au niveau européen. Les connaissances et l’expérience locales sont indispensables au processus législatif européen. Le modèle de gouvernance en partenariat en Europe, qui s’est déjà exprimé dans la politique de cohésion, est un instrument important pour obtenir des résultats inclusifs qui tentent au moins de prendre en compte de manière appropriée les besoins locaux.

Le prochain Parlement européen et la Commission devraient donc s’engager en faveur d’un programme politique qui intègre fondamentalement les conditions locales dans leurs décisions. Cela inclut, avant tout, le renforcement du principe de partenariat dans la politique de cohésion, ainsi qu’un examen rigoureux de la subsidiarité et de la proportionnalité des nouvelles directives et réglementations concernant les intérêts locaux et régionaux.
Il faut tenir compte du fait que le niveau local est déjà confronté à un niveau presque ingérable de surrèglementation et à la complexité des normes. Cette situation est encore aggravée par le manque de personnel et les faibles ressources financières dont disposent les autorités locales dans de nombreux endroits. En vue des futures nouvelles réglementations de l’UE, il convient donc de renoncer à une réglementation accrue et à une densité excessive de règles. Il sera essentiel de concentrer la législation européenne sur les grands enjeux pertinents pour le marché intérieur, pour lesquels les réglementations européennes apportent une réelle valeur ajoutée. En outre, les réglementations européennes existantes doivent être simplifiées et rationalisées, et les obstacles bureaucratiques éliminés.

Une politique régionale européenne qui génère une réelle valeur ajoutée sur le terrain !

Pour une politique régionale de l’UE significative et généralement reconnue, il est également nécessaire que les fonds soient utilisés en fonction des besoins. Cela suppose, à son tour, que les municipalités, en tant que niveau le plus proche des citoyens, soient impliquées de manière appropriée dans les décisions relatives aux objectifs de financement et aux mesures, conformément au principe dit de partenariat. Ce principe existe déjà, mais il est parfois interprété par les autorités administratives des États fédéraux de telle manière que les autorités locales ne sont qu’informées des décisions, sans y être associées. C’est pourquoi le CCRE s’engage à renforcer et à préciser les exigences liées à ce principe.

La participation des autorités locales de tous types et tailles apporte également des avantages au niveau européen en rendant visible la diversité du niveau local et en mettant en évidence les forces et les besoins existants. Elle permet l’élaboration de stratégies adaptées aux réalités locales, mieux à même de répondre aux préoccupations des autorités locales concernées. Les approches centralisées fondées sur le principe du « même modèle pour tous » doivent appartenir au passé.

En tant que CCRE, nous demandons donc également aux décideurs européens de respecter le principe de « ne pas nuire à la cohésion » lors de l’élaboration de nouvelles législations ou de la révision de celles existantes. Ce principe stipule essentiellement que les règlements européens ne doivent pas nuire au développement socio-économique des territoires, car cela annulerait les effets des financements. Par exemple, les autorités locales ne devraient pas être obligées d’effectuer des rénovations coûteuses de bâtiments existants sans disposer des fonds nécessaires.

Nous encourageons en outre la prochaine Commission européenne à nommer un Commissaire dédié au développement territorial, doté d’un mandat clair pour faire progresser la politique de cohésion stratégique et à long terme de l’UE. Une telle concentration de compétences pourrait notamment contribuer à établir des lignes directrices applicables aussi bien dans les grandes villes que dans les zones rurales. Le soutien parfois incohérent entre les zones urbaines et rurales doit être mieux coordonné, entre elles et avec les défis locaux. Nous appelons les nouveaux députés européens à mettre en place un intergroupe sur les services d’intérêt général, qui concentrera ses travaux sur l’amélioration des services publics locaux et régionaux.

Approches systémiques et outils innovants pour une meilleure coopération locale

Notre vision va toutefois au-delà du débat politique actuel ; elle inclut également des approches systémiques et des outils innovants pour promouvoir des sociétés locales équitables, inclusives et durables. Le Parlement européen doit soutenir la promotion des compétences numériques au sein des administrations locales. Le cadre de l’UE doit être développé en cohérence avec des services publics centrés sur les usagers, afin d’en améliorer la qualité et l’accessibilité pour nos citoyens.

Dans un monde de plus en plus interconnecté, un modèle de coopération internationale ouvert et responsable est indispensable. Plus que jamais, les évolutions internationales ont un impact concret sur notre manière de vivre ensemble au niveau local. Les décideurs européens doivent continuer à soutenir la coopération décentralisée, en tant qu’outil éprouvé pour promouvoir une coopération internationale inclusive et la démocratie.

Les partenariats municipaux et les jumelages jouent également un rôle important dans ce contexte. Ils favorisent les valeurs communes et contribuent à l’ouverture et à une meilleure compréhension entre les citoyens européens. Les instruments de financement destinés au travail en partenariat doivent continuer d’être mis à disposition des municipalités de manière décentralisée.

En résumé, les élections européennes de 2024 constituent une opportunité importante pour l’Association allemande des districts et le CCRE de plaider en faveur d’une Europe à l’écoute de ses voix locales. La mise en œuvre de notre « Appel à l’action » peut permettre au Parlement européen et à la prochaine Commission de créer les bases d’une Union européenne réactive et centrée sur les citoyens, au service de tous. Avec nos messages et recommandations communs, nous voulons façonner l’Europe ensemble.

État de l’Union 2023

State of the Union - News 2023

Le maillon manquant : les gouvernements locaux dans le discours de la Présidente Von der Leyen


Le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) a invité ses associations membres au Secrétariat situé au Square de Meeus à Bruxelles pour suivre ensemble le discours sur l’État de l’Union (SOTEU).

Dans son discours 2023 sur l’État de l’Union, la Présidente de la Commission européenne, Madame Von der Leyen, a mis en lumière les principaux enjeux qui devraient influencer les élections de 2024, en ouvrant son allocution par un appel aux jeunes générations, les encourageant implicitement à défendre la nature unique de la démocratie européenne, particulièrement en période de guerre sur le sol européen. Elle a fortement insisté sur les réalisations de son mandat depuis 2019, telles que le Pacte vert pour l’Europe, la compétitivité, l’intelligence artificielle, la transition numérique, l’élargissement, l’inflation et l’égalité des genres. Si nous saluons tous ces engagements et accomplissements, il n’y a cependant eu aucune mention du rôle stratégique que jouent les gouvernements locaux et régionaux dans la mise en œuvre réussie de ces initiatives.

Les gouvernements locaux et régionaux jouent un rôle fondamental dans la vie quotidienne des citoyens européens. La Présidente a évoqué « l’Europe des régions », mais celles-ci mériteraient davantage d’attention et d’investissements, notamment dans les domaines de l’éducation, de l’intégration des minorités, de la politique de cohésion et de la sécurité sociale.

Le CCRE a salué l’engagement de la Présidente Von der Leyen à revitaliser le dialogue social européen pour répondre aux profondes transformations technologiques, sociales et démographiques. Cependant, la politique de cohésion aurait dû trouver sa place dans ce discours. Nous savons que cette politique est essentielle pour promouvoir la convergence économique et sociale à travers l’Europe tout en évitant l’apparition de nouvelles inégalités. Le CCRE estime qu’elle doit rester un élément central de l’agenda de l’UE.

Néanmoins, le CCRE demeure déterminé à travailler main dans la main avec la Commission européenne pour façonner une Europe plus verte et plus juste. Avec sa capacité unique à représenter un million d’élus dans 40 pays, le CCRE constitue un pont essentiel entre les gouvernements locaux et la Commission européenne. Dans un esprit d’unité et de coopération, le CCRE et ses membres se réjouissent de participer activement au dialogue en cours afin de garantir que la voix des gouvernements locaux soit entendue et prise en compte dans les futures politiques et initiatives de l’UE.