Suite au Conseil Environnement du 12 octobre 2026 et avant le Conseil Énergie du 29 octobre 2026, le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) s’est joint à l’appel de la Coalition pour une ambition plus élevée, une alliance d’entreprises, de réseaux de gouvernements locaux et régionaux et d’organisations de la société civile, pour exhorter les ministres de l’UE à soutenir un cadre solide pour le climat et l’énergie après 2030.
Après un nouvel été marqué par des canicules record, la sécheresse et des incendies de forêt, les signataires soulignent que la poursuite du Pacte vert pour l’Europe est à la fois un impératif climatique et un investissement stratégique. Une transition fondée sur l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables et l’électrification basée sur les énergies renouvelables, affirment-ils, renforce la compétitivité et la sécurité énergétique de l’Europe, réduit et stabilise les factures d’énergie et protège la santé publique.
La lettre, adressée à la présidence irlandaise de l’UE et aux ministres des États membres, appelle à une réduction nette des émissions nationales d’au moins 90 % d’ici 2040, en limitant le recours aux crédits internationaux. Le CCRE et d’autres signataires avertissent que l’utilisation de 5 % de crédits internationaux ne permettrait de garantir que 85 % de la réduction des émissions nationales. Ils appellent également à un système d’échange de quotas d’émission (SEQE) crédible au niveau de l’UE, garantissant des réductions d’émissions réelles et prévisibles et un signal fort concernant le prix du carbone, les recettes devant être prioritairement allouées à l’efficacité énergétique, aux énergies renouvelables et à une transition juste.
La déclaration exhorte également les ministres à maintenir des objectifs climatiques nationaux, en accordant la priorité à la réduction des émissions brutes et en fixant des objectifs distincts pour la séquestration du carbone à partir de terres et dans l’industrie. Par ailleurs, les signataires considèrent comme essentiels des objectifs européens en matière d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique, appuyés par un règlement de gouvernance solide et une approche multiniveaux reliant les plans nationaux aux plans locaux et régionaux et aux besoins d’investissement. Enfin, la lettre demande un cadre financier pluriannuel (CFP) ambitieux pour la période 2028-2034 afin de combler le déficit d’investissement de l’Europe en matière de décarbonation et de résilience.
Pour les collectivités locales et régionales, chargées de la mise en œuvre concrète des politiques climatiques, des objectifs prévisibles et une véritable gouvernance à plusieurs niveaux sont indispensables. Le CCRE continuera de défendre ces priorités tout au long des négociations.
À l’heure où les saisons changent et où les impacts du changement climatique deviennent de plus en plus visibles, les gouvernements locaux et régionaux sont en première ligne pour construire des systèmes de chauffage et de refroidissement résilients et abordables.
Le dernier webinaire de la Convention des maires, qui s’est tenu le 23 septembre 2026 et a réuni sa communauté et les membres du CCRE, a donné un aperçu des dernières évolutions de la politique de l’UE en matière de chauffage et de refroidissement et a visé à explorer comment traduire ces dernières en pratique.
Les discussions ont mis en lumière les initiatives passées et à venir de la Commission, des exemples inspirants de territoires européens, les politiques nationales de transition énergétique, ainsi que les besoins et les réalités des collectivités locales et régionales. Le dialogue a largement dépassé le cadre des solutions techniques, étant donné l’impact du chauffage et du refroidissement sur l’environnement, la santé publique, l’inclusion sociale, la compétitivité économique, l’aménagement urbain et l’éducation.
La solution la plus appropriée
En ouvrant le webinaire, Andreas Wolter, conseiller municipal de Cologne (Allemagne) et porte-parole du CCRE pour le climat et l’énergie, a souligné la nécessité d’une approche intégrée de la planification énergétique. Il a plaidé pour la décarbonation du chauffage et du refroidissement afin de renforcer l’indépendance énergétique européenne, de stimuler la compétitivité à long terme et d’atteindre les objectifs climatiques.
Il a insisté sur la nécessité de collaborer avec les associations pour élaborer des solutions concrètes, ainsi que sur le rôle des collectivités locales dans l’identification de solutions renouvelables et à faibles émissions de carbone et dans la facilitation de l’accès des collectivités au financement. Il a également présenté des exemples d’initiatives réussies, comme les systèmes de récupération de chaleur et les pompes à chaleur utilisant l’eau de rivière. Andreas Wolter a souligné l’importance d’un financement stable et prévisible, ainsi que celle de processus de planification adaptés aux réalités territoriales.
Vers un chauffage et un refroidissement décarbonés et abordables
Heidelinde Adesam, de la DG ENER de la Commission européenne, a présenté les liens entre le cadre politique de l’UE en matière d’électrification et le chauffage et le refroidissement. Le chauffage et le refroidissement représentant 50 % de la consommation énergétique européenne, ce secteur demeure une préoccupation majeure.
Par ailleurs, elle a présenté le Plan d’action pour l’électrification de la Commission, qui intègre des mesures pour la transition énergétique dans le secteur du chauffage et du refroidissement. Ce plan met l’accent sur des initiatives d’avenir, propres et abordables, la récupération de la chaleur fatale, le chauffage et le refroidissement urbains, ainsi que le financement et la planification.
Pour l’avenir, la Commission européenne lancera de nouvelles initiatives en 2027, notamment une initiative européenne sur la chaleur résiduelle, un plan d’action pour le chauffage et le refroidissement et des orientations relatives aux plans locaux de chauffage et de refroidissement.
Perspectives nationales du Portugal, de la Slovénie et des Pays-Bas
Paulo Machado, de la ville de Guimarães au Portugal, a présenté le plan de la Capitale verte européenne 2026 pour la décarbonation du secteur du chauffage. Il a mis l’accent sur les bâtiments à zéro émission de carbone dont les systèmes de chauffage reposent sur des mesures passives combinées à des mesures actives entièrement électrifiées. Il a également évoqué différents projets pour démontrer que, malgré la présence de bâtiments classés, les projets de construction neuve et de rénovation peuvent intégrer des solutions de chauffage et de refroidissement durables.
Mateja Bitenc, de la ville de Maribor en Slovénie, a présenté le processus d’élaboration et de mise en œuvre d’une stratégie et d’un plan d’action contre la chaleur. Elle a illustré le rôle des municipalités à travers le plan d’action de Maribor pour le rafraîchissement de l’air, qui comprend la sensibilisation du public, des directives de protection, des actions d’éducation et de formation, la création d’espaces publics frais et le développement d’infrastructures vertes. Parmi les enseignements tirés, elle a souligné l’importance de l’implication de la communauté, du choix des essences d’arbres et de la création d’un groupe de travail municipal.
Cilou Bertin, représentante de VNG, l’Association des municipalités néerlandaises et membre du CCRE, a présenté les initiatives néerlandaises en matière de planification décentralisée du chauffage et du refroidissement. Elle a réaffirmé le rôle crucial des municipalités pour une mise en œuvre réussie. Elle a évoqué la nécessité d’une nouvelle législation décentralisée, qui présente à la fois des avantages (approche globale, réalisation d’objectifs sociaux, implication des citoyens et des entreprises) et des défis (conditions financières, adaptation organisationnelle des municipalités, transition du secteur privé au secteur public, congestion du réseau).
Alors que les discussions portaient sur l’avenir de la politique européenne de chauffage et de refroidissement, les participants ont été invités à partager leurs besoins et leurs attentes concernant une politique européenne idéale en matière de chauffage et de refroidissement qui fonctionne dans la pratique.
* Les idées des participants sur ce qu’il faudrait pour que la politique idéale de l’UE en matière de chauffage et de refroidissement fonctionne en pratique.
L’enregistrement du webinaire est disponible ici. Le CCRE continuera d’approfondir cette discussion et de contribuer aux débats politiques à venir, notamment dans le cadre post-2030, en mettant l’accent sur le soutien à des solutions de chauffage et de refroidissement efficaces et durables au niveau local.
La Journée verte annuelle du CCRE explore comment les villes et les régions contribuent à bâtir une Europe résiliente et compétitive
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Le CCRE a organisé cette année sa Journée verte, un débat à Bruxelles sur l’équilibre entre ambition climatique et compétitivité verte, et ses implications pour les collectivités locales et régionales. Cet événement, qui s’est tenu le 15 octobre, a réuni des décideurs politiques, des spécialistes du climat et des analystes afin d’examiner ce que signifie pour les villes et les régions le passage, au-delà de l’ambition climatique, de l’UE à la compétitivité verte. Ensemble, ils ont exploré comment la résilience, l’adaptation, l’efficacité des ressources, la décarbonation et la mobilité propre peuvent s’intégrer à la compétitivité territoriale.
Le panel : Comment concilier ambition et résilience du programme climatique de l’UE
Les négociations sur des dossiers tels que la loi sur l’accélération industrielle, lancée dans le cadre du Pacte pour une industrie propre, montrent comment les ambitions du Pacte vert pour l’Europe sont de plus en plus axées sur la compétitivité, les capacités industrielles et la sécurité économique. Pour les collectivités locales et régionales, cette évolution soulève des questions quant aux opportunités et aux risques, ainsi que sur les conditions nécessaires à la concrétisation de leurs ambitions.
Le secrétaire général du CCRE, Fabrizio Rossi, a ouvert la session en réaffirmant le message central du CCRE : « Les territoires ne seront attractifs que si nous travaillons sur leur résilience. Il n’y a pas d’Europe compétitive sans territoires forts, résilients et autonomes.» Federica Bordelot, directrice des politiques et de l’impact du CCRE, a animé le débat et a réitéré que « la transition verte et la compétitivité doivent aller de pair, et que la transition verte peut même contribuer aux objectifs de compétitivité. »
Le panel réunissait Arnas Liauksminas, de la Représentation permanente de la Lituanie, représentant la prochaine présidence du Conseil ; Gary Robinson, porte-parole du CCRE pour l’environnement et conseiller des îles Shetland ; Aurélie Beauvais, directrice générale d’EuroHeat & Power ; Michael Forte, conseiller politique principal chez E3G ; et Kirstine Bille, membre du Comité des régions et du Conseil municipal de Syddjurs.
CEMR Green Day event 2026 speakers
Interrogée sur les projets de la présidence lituanienne, Liauksminas a souligné que son gouvernement travaillerait sur le CFP, la résilience, l’eau, l’économie circulaire et la révision du SEQE. Il a également ajouté que les municipalités sont directement confrontées à ces problématiques sur le terrain, mais que leurs voix ne sont pas toujours entendues lors des débats à Bruxelles. « Nous sommes donc heureux de coopérer avec vous en amont de la présidence », a-t-il conclu.
Gary Robinson, porte-parole du CCRE pour l’environnement et conseiller des îles Shetland, a évoqué les problèmes de connectivité dans les îles Shetland et a déclaré que « les politiques territoriales s’appuient sur les atouts des différents territoires : les nouvelles technologies dans les régions industrielles, les énergies renouvelables dans les zones rurales ou sur les îles ».
Aurélie Beauvais, d’EuroHeat & Power, a présenté les arguments en faveur du chauffage et du refroidissement urbains. Selon elle, « pour que ce système soit viable pour les collectivités et pour l’Europe, il est indispensable de relever les deux grands défis de la transition : la flexibilité et la sécurité d’approvisionnement, ainsi que l’accessibilité financière ». « Les réseaux de chauffage et de refroidissement urbains constituent une réponse très efficace à ces défis », a-t-elle affirmé.
Kirstine Bille, membre du Comité des régions et conseillère municipale de la commune de Syddjurs, a réaffirmé la nécessité d’aborder la transition écologique, souvent négligée au profit de la compétitivité. « Nous sommes confrontés à un problème de sécurité énergétique. Il nous faut investir dans les énergies renouvelables locales, améliorer l’efficacité énergétique, œuvrer à la transition vers une économie circulaire et garantir un réseau de chauffage urbain performant », a-t-elle ajouté.
Enfin, Michael Forte, conseiller principal en politiques publiques chez E3G, s’est appuyé sur une étude récente de ce groupe de réflexion démontrant que les collectivités locales et régionales, bien qu’assurant la mise en œuvre du programme climatique et des pratiques de résilience de l’UE, disposent d’un faible pouvoir de décision. Il a souligné trois conditions qui doivent être remplies collectivement par les institutions européennes : « Nous avons besoin de responsabilités clairement définies, de capacités institutionnelles et techniques renforcées, et d’une coordination beaucoup plus structurée et formalisée au sein des territoires et entre les différents niveaux de gouvernement », a-t-il déclaré.
CEMR Green Day event 2026
Pleins feux sur les territoires : la compétitivité dans la pratique locale
Dans la deuxième partie de l’événement, les participants ont montré comment les actions locales et régionales permettent déjà de lier la politique verte à des avantages économiques et sociaux.
Arnhem en est un exemple particulièrement intéressant. Cette ville néerlandaise a construit 17 ponts circulaires en réutilisant des matériaux provenant d’autres ponts, d’une piscine et d’anciens murs de palplanches. L’économie circulaire est un objectif prioritaire de sa stratégie d’approvisionnement, soutenue par son propre dépôt de matières premières. Arnhem passe d’une approche où le choix des matériaux est basé sur la conception à une approche où la conception est basée sur les matériaux disponibles. La ville vise 25 % de bâtiments circulaires en 2025 et 50 % d’ici 2030, tout en réduisant de 55 % ses émissions de CO₂ par rapport à 1990 et en diminuant de 50 % sa consommation de matières premières vierges.
Dans un contexte de hausse des coûts de l’énergie et de risques climatiques croissants, des centaines de maires se sont réunis à Bruxelles pour la cérémonie annuelle de la Convention des maires de l’UE. En tant que membre du consortium chargé de la mise en œuvre de cette Convention, le CCRE a contribué à rassembler les dirigeants européens et les élus locaux afin de discuter des moyens de rendre l’énergie plus abordable, de renforcer la résilience et de préserver la qualité de vie des citoyens européens.
Les collectivités locales sont en première ligne face aux crises successives d’aujourd’hui. Signataires de la Convention des maires de l’UE, elles œuvrent depuis plus de dix ans, par le biais de leurs plans climat et énergie, à la transformation de leurs systèmes énergétiques et de leurs territoires, afin de les rendre plus propres, plus sûrs et mieux préparés aux défis à venir.
Leur expérience en fait des partenaires essentiels pour la réalisation des priorités de l’UE, de la sécurité énergétique à l’accès à un logement abordable en passant par la résilience climatique. La cérémonie a permis d’aborder concrètement la manière dont les politiques et les investissements européens peuvent aider les villes à concrétiser leurs ambitions.
« Nous sommes tous concernés. Je suis à vos côtés et je travaillerai avec vous. Nous avons un devoir essentiel : construire un avenir résilient, sobre en carbone et équitable, et vos villes sont le point de départ de cette démarche. » – Teresa Ribera, vice-présidente exécutive de la Commission européenne pour une transition propre, juste et compétitive
Covenant of Mayors 2026 – Teresa Ribera
Face aux défis énergétiques et climatiques actuels, garantir un quotidien sûr et abordable est devenu une priorité partagée par l’UE et ses villes. En œuvrant de concert pour faire progresser la transition énergétique et climatique, elles contribuent à assurer à tous une qualité de vie décente et accessible à tous.
C’est là le cœur de la nouvelle action de la Convention des maires de l’UE, « Des lieux faits pour les gens », lancée lors de la cérémonie d’aujourd’hui : soutenir les collectivités locales dans la création de lieux où les gens peuvent vivre et s’épanouir aujourd’hui et pour les générations à venir.
L’énergie locale produite sur place signifie plus de sécurité et d’accessibilité
Réduire l’exposition de l’Europe aux marchés internationaux volatils de l’énergie implique de réduire sa dépendance aux énergies fossiles importées. Cela nécessite une transition plus rapide vers les énergies renouvelables produites localement et l’électrification. Le plan d’action de l’UE pour l’électrification définit l’ambition du bloc de faire de l’Europe le premier continent entièrement électrifié au monde.
« L’Europe a plus que jamais besoin de ses villes, de ses communes et de ses régions. Pour atteindre la neutralité climatique. Pour renforcer notre sécurité, notre compétitivité et notre indépendance énergétique. Et pour garantir une transition juste, abordable et démocratique. Dans tous ces domaines, nous ne pourrons réussir que par des actions locales qui produisent des résultats concrets. » – Dan Jørgensen, commissaire européen à l’énergie et au logement
Covenant of Mayors 2026 – Dan Jørgensen
Les villes ont un rôle central à jouer pour que cela se réalise sur le terrain, en développant la production d’énergie renouvelable, en mettant en place des réseaux de chauffage urbain propres et en soutenant des solutions de flexibilité telles que les batteries, le stockage et les compteurs intelligents.
Des systèmes énergétiques décentralisés qui permettent à des villes ukrainiennes comme Lviv de maintenir leurs services essentiels pendant les attaques, aux initiatives énergétiques communautaires à Gabrovo, en Bulgarie, l’action locale peut rendre l’énergie à la fois plus sûre et plus abordable. En diversifiant leur production d’énergie et en impliquant les citoyens, les municipalités peuvent réduire leur vulnérabilité aux coupures de courant et rapprocher les avantages de l’énergie propre des populations.
Les maires ont échangé leurs points de vue avec la Commission européenne sur les investissements considérables nécessaires à la transformation des systèmes énergétiques locaux. À Louvain, les projets d’énergies renouvelables sont mutualisés afin d’assurer leur viabilité financière. Pour le déploiement de nouveaux réseaux de chauffage et de refroidissement urbains, dont la rentabilité est souvent moins évidente, les pouvoirs publics doivent accroître leurs investissements afin d’accélérer leur développement, à l’instar des infrastructures scolaires et routières. De nombreux maires pilotent ces investissements et sollicitent un soutien continu de l’Union européenne.
Protéger les populations des risques climatiques commence au niveau local
Maintenir des prix de l’énergie stables et abordables n’est pas la seule préoccupation des Européens. Les vagues de chaleur et les incendies de forêt de cet été ont cruellement mis en évidence l’urgence accrue de protéger les populations des conséquences du changement climatique. De nombreuses villes, particulièrement vulnérables aux fortes chaleurs, prennent déjà des mesures pour rafraîchir leur environnement urbain, qu’il s’agisse d’adapter les espaces publics et les bâtiments ou de proposer des protections spécifiques aux résidents les plus vulnérables.
À Matosinhos, 5 millions d’euros de fonds européens sont investis dans la collecte de données afin de mieux anticiper les risques futurs, en impliquant les acteurs des écoles, des clubs sportifs et des initiatives locales. Le déploiement à plus grande échelle de ces efforts nécessite des outils adaptés et un financement européen suffisant. La Convention des maires joue un rôle essentiel dans le partage des connaissances et sert de plateforme d’harmonisation entre les acteurs européens et locaux.
Alors que l’UE élabore son cadre pour la résilience climatique, la coopération avec les collectivités locales sera essentielle. Les maires connaissent les risques spécifiques auxquels leurs administrés sont confrontés et sont responsables de nombreux services et infrastructures nécessaires pour y faire face. Cependant, la planification seule ne suffit pas. Les collectivités locales ont besoin de ressources et d’une visibilité à long terme pour investir dans l’adaptation et préparer leurs villes aux futurs impacts du changement climatique.
« L’année écoulée a démontré que chaque région est vulnérable, que partout nous pouvons être confrontés à des phénomènes météorologiques atypiques, à des sécheresses et à des incendies de forêt… Il est essentiel que nous relevions ces défis non pas isolément, mais en travaillant ensemble à l’échelle du continent et au-delà des clivages politiques. » – Wopke Hoekstra, commissaire européen au climat, à la neutralité carbone et à la croissance propre
Covenant of Mayors 2026 – Wopke Hoekstra
Les ambitions de l’Europe ont besoin d’investissements locaux
La cérémonie de signature du Pacte européen a mis en lumière un point essentiel : les villes s’emploient déjà à promouvoir l’accès à une énergie abordable et la résilience, protégeant ainsi les populations des crises énergétiques et climatiques. Maintenir cette dynamique exige un engagement politique et des investissements constants.
« Notre budget, c’est notre avenir. Il doit refléter nos ambitions politiques, notamment nos objectifs climatiques. Nous avons besoin d’un financement continu pour l’action climatique. Il est essentiel de garantir ce financement au niveau européen et, tout aussi important, de veiller à ce qu’il parvienne aux collectivités locales, là où il peut avoir un impact concret. » – Emil Boc, maire de Cluj-Napoca (Roumanie) et membre du Conseil de la Convention des maires de l’UE
Covenant of Mayors 2026 – Emil Boc
Alors que l’UE élabore ses futurs cadres de financement et de gouvernance, la question est de savoir comment garantir aux villes les moyens d’atteindre les objectifs européens communs. Un financement stable, des politiques favorisant l’investissement local et une coopération efficace entre les autorités européennes, nationales et locales sont indispensables pour progresser au rythme qu’exigent les crises actuelles.
« Le nouvel agenda de l’UE pour les villes offre un cadre pour un développement urbain durable, aidant les villes à façonner les politiques de l’UE et rendant le soutien de l’UE plus accessible quelle que soit la taille de la ville. » – Raffaele Fitto, vice-président exécutif de la Commission européenne chargé de la cohésion et des réformes.
Le plan d’électrification de l’Europe ne peut réussir qu’avec la participation des gouvernements locaux.
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La Commission européenne a présenté son plan d’action pour l’électrification, qui détaille comment l’Europe peut accélérer la transition vers une électricité propre dans les bâtiments, l’industrie et les transports, et réduire le coût des solutions durables. Pour le CCRE, il s’agit d’une étape importante vers une Europe plus compétitive, plus sûre et décarbonée.
L’électrification efficace n’est plus une simple politique énergétique sectorielle ; elle devient un élément déterminant de la transformation économique et territoriale de l’Europe. C’est pourquoi les collectivités locales et régionales doivent être pleinement impliquées pour que ce plan soit couronné de succès.
Le plan d’action reconnaît à juste titre la nécessité d’investissements majeurs dans les réseaux électriques, le stockage de l’énergie, les énergies renouvelables, la mobilité électrique et les systèmes de chauffage plus propres.
Le CCRE salue la proposition de la Commission de soutenir la planification locale du chauffage et du refroidissement par le biais du mécanisme européen pour les villes. Le programme débutera avec un budget de 15 millions d’euros pour aider 180 collectivités locales et régionales à élaborer des plans locaux, avant d’être étendu à près de 1 000 plans locaux prêts à recevoir des investissements.
Le CCRE salue également l’accent mis sur les solutions de chauffage propres, notamment les pompes à chaleur et les réseaux de chaleur et de froid urbains, qui jouent déjà un rôle important dans la transition énergétique de nombreuses villes et régions. Les collectivités locales pilotent des projets et des investissements dans ces solutions et contribuent à rendre les bâtiments et les quartiers plus durables. Parallèlement, le CCRE souligne que les mesures de soutien et les nouvelles exigences doivent être mises en œuvre de manière coordonnée.
Le CCRE souligne également l’importance d’une valorisation énergétique efficace des déchets non recyclables. La législation européenne devrait clairement reconnaître l’énergie récupérée à partir de ces déchets et garantir que les émissions liées à la composante fossile de ces déchets soient équitablement imputées aux producteurs et aux générateurs de déchets, plutôt qu’aux exploitants de réseaux de chaleur urbains ou aux consommateurs d’énergie.
Si la Commission appelle à une simplification des procédures d’autorisation pour les projets d’énergie propre, la mise en œuvre se fera au niveau local. Chaque nouvelle borne de recharge, pompe à chaleur, réseau de chauffage urbain, installation de stockage d’énergie ou raccordement au réseau dépend de la planification locale, des autorisations et de la coopération avec les citoyens et les parties prenantes. Les collectivités locales et régionales ne se contentent donc pas de mettre en œuvre la transition ; elles sont des partenaires stratégiques qui contribuent à la façonner. Des autorisations efficaces requièrent des solutions et des processus adaptés aux réalités locales et régionales, ainsi qu’une coordination précoce entre les parties prenantes, plutôt que des échéances uniformes à l’échelle de l’UE.
Les régions européennes sont également confrontées à des défis différents. Les solutions qui fonctionnent dans les grandes villes peuvent ne pas convenir aux zones rurales, aux îles ou aux régions industrielles. Il est essentiel de prendre en compte les lacunes en matière de compétences et de capacités aux niveaux techniques et administratifs. Une approche flexible et adaptée aux réalités locales est indispensable pour garantir que chaque communauté puisse bénéficier de l’électrification.
Étant donné que les objectifs d’électrification de l’Europe seront finalement atteints dans ses villes, ses agglomérations et ses régions, les gouvernements locaux et régionaux investissent déjà dans les infrastructures nécessaires à la transition, des réseaux électriques et de chauffage aux bornes de recharge pour véhicules électriques.
Le CCRE salue donc l’ambition du Plan d’action pour l’électrification et la reconnaissance des opportunités offertes par l’électricité propre et les solutions modernes de chauffage et de refroidissement. Pour que ce Plan soit une réussite, les collectivités locales et régionales doivent disposer des ressources, de la flexibilité et du rôle nécessaires pour être des partenaires à part entière de la transition énergétique européenne.
Le CCRE continuera de contribuer à ces travaux dans les mois à venir et attend le plan d’action européen pour le refroidissement et le chauffage qui aura été annoncé.
Alors qu’il reste moins de quatre ans pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2030, un nouveau rapport CCRE–PLATFORMA met en lumière un message clair des gouvernements locaux et régionaux à travers l’Europe : le développement durable ne réussira que si les villes, les communes et les régions sont placées au centre de la prise de décision, du financement et de la mise en œuvre.
Publié par le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) et PLATFORMA à l’occasion du Forum politique de haut niveau sur le développement durable (HLPF), l’édition 2026 du rapport « Les territoires européens localisent les ODD : les villes au cœur de la mise en œuvre » examine comment les gouvernements locaux et régionaux contribuent aux objectifs de développement durable (ODD) et ce qui est nécessaire pour accélérer les progrès dans la dernière ligne droite jusqu’en 2030.
L’étude repose sur un sondage mené auprès de 23 répondants issus de 17 pays, dont des associations de gouvernements locaux et régionaux de 15 États membres de l’UE et de deux pays non membres de l’UE.
L’action locale est essentielle à la réalisation des objectifs mondiaux
Ce rapport paraît à un moment charnière. Alors que le Nouvel Agenda urbain des Nations Unies et l’Agenda urbain de l’UE célèbrent leur dixième anniversaire, les collectivités locales et régionales réaffirment leur rôle indispensable dans la concrétisation des ambitions mondiales sur le terrain.
De la mobilité au logement, en passant par la résilience climatique et l’inclusion sociale, les villes, les agglomérations et les régions sont responsables de nombreuses politiques qui influent directement sur le quotidien de leurs habitants. Selon le rapport, la mise en œuvre des ODD relève davantage de la politique que de la technique et exige la décentralisation de la confiance, des ressources et des pouvoirs à l’échelle territoriale.
Cette publication met particulièrement l’accent sur l’ODD 11 – Villes et communautés durables, l’un des objectifs examinés lors du Forum politique de haut niveau de 2026. Elle soutient que le développement urbain durable ne peut être atteint sans une démocratie locale forte, une gouvernance multiniveaux efficace et une participation significative des autorités infranationales aux processus décisionnels nationaux et internationaux.
Six recommandations pour accélérer la mise en œuvre des ODD
S’appuyant sur l’expérience des collectivités locales et régionales, le rapport formule six recommandations adressées aux Nations Unies, à l’Union européenne et aux gouvernements nationaux.
Parmi ses principaux messages, l’étude préconise :
Renforcer la gouvernance à plusieurs niveaux comme priorité politique pour la période 2026-2030.
Placer le niveau infranational au cœur de la mise en œuvre des ODD, notamment en renforçant la participation des gouvernements locaux et régionaux aux processus d’examen mondiaux et en améliorant l’accès au financement du développement.
Réaffirmer l’importance du Nouvel Agenda urbain des Nations Unies en tant que principal cadre mondial pour une urbanisation durable.
Veiller à ce que les villes restent au cœur du programme de développement durable de l’Europe grâce à un alignement plus étroit entre les cadres politiques urbains de l’UE et des Nations Unies.
Reconnaître le rôle des territoires dans le prochain cadre financier pluriannuel de l’UE 2028-2034, avec un financement plus accessible et adapté aux spécificités locales pour les municipalités et les régions.
Accélérer la localisation des ODD en impliquant pleinement les gouvernements locaux et régionaux dans la conception et la mise en œuvre des politiques de développement durable.
Une contribution au débat mondial sur les ODD
Au-delà des recommandations politiques, le rapport présente des exemples de bonnes pratiques en Europe et examine comment les collectivités locales et régionales font progresser les objectifs examinés en 2026 (ODD 6 – Eau propre et assainissement, ODD 7 – Énergie propre et d’un coût abordable, ODD 9 – Industrie, innovation et infrastructure, et ODD 17 – Partenariats pour la réalisation des objectifs). Il consacre également une place importante au logement et aux conclusions des discussions menées dans le cadre du Forum urbain mondial, reflétant les préoccupations croissantes concernant l’accessibilité au logement, l’inclusion et la croissance urbaine durable.
Alors que la communauté internationale approche de la fin de l’Agenda 2030, le rapport envoie un message clair et sans équivoque : la réalisation – ou l’échec – des ODD dépendra des acteurs locaux. Donner aux villes, aux agglomérations et aux régions les moyens politiques, les ressources et les partenariats nécessaires n’est donc pas une option, mais une nécessité.
Dans un nouveau document de position, l’Alliance locale – une coalition de CCRE, ACR+, Climate Alliance, Energy Cities, Eurocities, FEDARENE, ICLEI Europe et POLIS – appelle l’UE à saisir l’occasion de la révision du règlement sur la gouvernance pour rendre les plans nationaux en matière d’énergie et de climat (PNEC) véritablement réalisables, susceptibles d’attirer des investissements et ancrés dans les réalités locales.
Partout en Europe, villes, communes et régions agissent déjà : rénovation des bâtiments, déploiement des énergies renouvelables, transformation des systèmes de mobilité. Pourtant, le cadre de planification climatique de l’UE n’a pas suivi le rythme. Les plans nationaux énergie-climat (PNEC) continuent d’être élaborés en grande partie sans la participation des collectivités locales et régionales qui seront chargées de leur mise en œuvre.
La révision du règlement sur la gouvernance, attendue de la Commission européenne au dernier trimestre 2026, constitue donc une opportunité cruciale que l’Alliance locale est déterminée à ne pas manquer.
Une déconnexion structurelle
Une multitude de données locales, de projets d’investissement et de plans climatiques existent déjà en Europe – des plans d’action pour l’énergie durable et le climat aux contrats de villes climatiques et aux stratégies locales de chauffage urbain. Pourtant, ces connaissances territoriales sont rarement intégrées aux PNE, ce qui engendre des doublons, une fragmentation et des opportunités d’investissement manquées.
Parallèlement, les dialogues à plusieurs niveaux déjà requis par l’article 11 du règlement actuel sont restés largement déconnectés des décisions de mise en œuvre réelles ou sont restés au niveau de la simple formalité.
Il en résulte une dynamique dangereuse à deux vitesses : une ambition élevée aux niveaux européen et national, et une attention insuffisante portée à ce qui se passe sur le terrain.
La réponse de l’Alliance locale : relier ce qui existe déjà
Le document de position préconise que le règlement révisé s’articule autour de quatre éléments qui se renforcent mutuellement :
une plateforme de dialogue permanente à plusieurs niveaux dans chaque État membre afin d’aligner tous les niveaux de gouvernement sur la préparation et le suivi du PECN, en tenant compte des structures et des besoins de gouvernance nationale ;
un chapitre territorial dans chaque NECP s’appuyant sur les plans locaux existants pour montrer où et comment les objectifs nationaux seront atteints ;
des parcours sectoriels adaptés au territoire reliant les objectifs nationaux dans les domaines du bâtiment, des transports, du chauffage, des énergies renouvelables et de l’économie circulaire aux réalités locales qui déterminent si leur mise en œuvre est réellement possible ;
et des stratégies d’investissement qui tiennent compte des besoins locaux en matière d’investissement et de capacités.
Il ne s’agit pas de réclamer plus de bureaucratie, mais de faire en sorte que les structures existantes fonctionnent de manière cohérente : réduire la lassitude liée aux consultations, éliminer les doublons administratifs et transformer les plans nationaux de coopération en de véritables cadres de mise en œuvre et d’investissement, au lieu de simples exercices de reporting.
Rencontrez le héros local : Fabien Pérez, qui fait de Marseille une ville climatiquement neutre
La voie de Marseille vers la neutralité climatique
Marseille est en pleine mutation écologique, amorcée en 2020 avec l’entrée de la lutte contre le changement climatique au cœur du débat politique local. Ce nouvel élan est apparu au moment même où l’Europe renforçait son soutien aux villes pionnières en matière de neutralité climatique, offrant ainsi à Marseille l’opportunité d’accélérer sa transition.
La ville a reconnu que ses défis étaient multidimensionnels. Réduire les émissions de gaz à effet de serre, s’adapter au changement climatique et lutter contre la précarité énergétique figuraient parmi les priorités urgentes. Les responsables locaux ont compris que l’action climatique était indissociable des réalités sociales.
En février 2026, avant les élections locales françaises, nous avons interviewé Fabien Pérez, alors conseiller municipal de Marseille chargé des Fonds européens, afin d’en savoir plus sur cette expérience.
Relier la vision locale à l’ambition européenne
En 2022, Marseille a été sélectionnée parmi 377 candidates pour rejoindre les 100 villes participant à la « Mission de l’UE : Villes neutres en carbone et intelligentes», un moment que Fabien Pérez décrit comme « le début d’un nouveau chapitre dans la transition écologique de Marseille ».
Deux ans plus tard, en 2024, la ville a officiellement reçu le label « 100 villes neutres en carbone » suite à une évaluation de la Commission européenne. Cette distinction renforce non seulement sa visibilité au niveau européen, mais lui donne également accès à une expertise technique et à des financements dédiés pour accélérer sa décarbonation — étapes cruciales vers l’objectif de neutralité climatique de l’Europe d’ici 2050.
Un processus collectif : élaborer un contrat partagé pour une ville climatique
L’un des piliers de cette transformation est le Contrat Ville Climat de Marseille, élaboré en collaboration avec la Métropole Aix-Marseille-Provence, la Région Sud et plus de 250 acteurs privés. Comme l’explique Pérez, « le Contrat Ville Climat a été préparé avec les citoyens, les entreprises, les associations… une feuille de route collective pour décarboner le territoire d’ici 2030 ».
Derrière cette feuille de route se cache un choix politique : abandonner une vision verticale et construire une stratégie partagée qui aborde divers sujets tels que la mobilité, le bâtiment, les énergies renouvelables, l’économie circulaire et les déchets, la nature en ville, l’agriculture urbaine, la mer et le littoral ou l’éducation.
L’élaboration du contrat a également créé un nouvel élan sur l’ensemble du territoire — une volonté de transformer la ville et d’accélérer la transition, conjuguée à la nécessité de sécuriser et de coordonner les ressources financières nécessaires.
Action climatique ancrée dans les réalités marseillaises
La transition écologique de Marseille est façonnée par les défis spécifiques à son territoire. Comme dans de nombreuses villes européennes, le transport routier est une source importante d’émissions. Mais Marseille subit également la pression des activités industrielles qui l’entourent, les émissions liées au transport aérien ou aux chaînes d’approvisionnement alimentaire, et les contraintes géographiques liées à son statut de grand port.
Son appartenance à la région méditerranéenne rend également cette ville extrêmement vulnérable aux effets du changement climatique. Comme l’explique Pérez, Marseille est régulièrement confrontée à des phénomènes météorologiques extrêmes, à la fragilité de ses sols et à un littoral déjà en pleine mutation – et qui continuera d’évoluer dans les années à venir. Ces vulnérabilités ont contraint les autorités locales à adopter une vision à long terme et à se préparer aux défis de demain.
L’urgence sociale est un autre facteur déterminant. Lutter contre la précarité énergétique est devenu non seulement une priorité environnementale, mais aussi un moyen de renforcer la cohésion sociale et d’apporter un soutien concret et significatif aux habitants. « La transition écologique doit aller de pair avec la justice sociale », affirme Pérez.
De la planification à l’action : des projets pertinents sur le terrain
Le label européen a déjà permis de débloquer de nouveaux financements pour la transition de Marseille. Près de 6 millions d’euros sont investis dans des initiatives concrètes et ancrées dans la communauté, notamment :
Un programme de sensibilisation de proximité (600 000 €), envoyant des ambassadeurs dans les quartiers clés pour travailler directement avec les résidents et les entreprises sur des initiatives écologiques.
Projet Jet Cities, soutenant les changements dans l’emploi et les compétences induits par la transition écologique (1,5 million d’euros).
Le projet « Poséidon » (400 000 €) promeut les énergies renouvelables, les systèmes de récupération de chaleur et la rénovation écoénergétique.
Le projet PeriAsty (1,2 million d’euros) soutient la transition des zones périurbaines d’Europe vers des environnements neutres en carbone, durables et résilients dans des domaines tels que la mobilité.
Un soutien supplémentaire via le mécanisme ELENA, contribuant au financement de rénovations à grande échelle des bâtiments publics et au développement des solutions d’énergies renouvelables.
Ces premiers projets illustrent comment Marseille passe de la planification à la réalisation, et comment le soutien européen peut aider les collectivités locales à transformer les stratégies à long terme en actions concrètes.
Sous l’égide de la Métropole Aix-Marseille-Provence, la ville a participé aux missions de l’UE « Adaptation au changement climatique », une autre initiative à laquelle participe le CEMR, avec un budget de 999 000 € pour un projet combinant partenariats public-privé visant à réduire les émissions de CO₂.
Une ville méditerranéenne capable d’inspirer l’Europe
L’initiative de Marseille dans ce domaine, conjuguée à sa situation géographique et à son identité, en fait un exemple inspirant pour les autres villes européennes. Carrefour méditerranéen majeur, riche de communautés diverses et d’un paysage socio-climatique complexe, elle est confrontée à nombre de défis communs à toutes les villes d’Europe.
C’est pourquoi Pérez souligne l’importance plus large de la ville :
« Mettre en avant des villes représentatives comme Marseille, avec son port méditerranéen, peut inspirer d’autres villes européennes à s’orienter vers la neutralité carbone. »
Marseille démontre que la neutralité climatique n’est pas seulement un impératif environnemental, mais aussi une opportunité de repenser la gouvernance, de renforcer la cohésion sociale et de construire une vision partagée de l’avenir. Son initiative montre comment les villes obtiennent déjà des résultats conformes aux objectifs mondiaux de neutralité climatique d’ici 2050.
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Marseille est membre de l’AFCCRE, l’association française du CEMR.
L’Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement au monde. Les vagues de chaleur, les inondations, les sécheresses et les phénomènes météorologiques extrêmes affectent déjà les communautés, les infrastructures et les écosystèmes sur l’ensemble du continent — avec des impacts qui varient fortement d’un territoire à l’autre. Dans ce contexte, l’adaptation au changement climatique est devenue une priorité urgente pour les villes, les communes et les régions, qui sont en première ligne pour maintenir les services essentiels et renforcer la résilience sur le terrain.
Un nouveau document de position : S’adapter ensemble
Le document met en évidence une réalité claire : les collectivités locales et régionales mettent déjà en œuvre la grande majorité des mesures d’adaptation, mais leur rôle reste insuffisamment reconnu et soutenu dans les cadres européens et nationaux. Le document appelle à une approche territoriale de la résilience climatique, fondée sur la gouvernance multiniveau et structurée autour de six priorités clés :
Donner aux collectivités locales et régionales des mandats clairs et la flexibilité nécessaire pour agir ;
Renforcer les capacités locales grâce à un meilleur accès aux données, aux outils et à l’apprentissage entre pairs ;
Garantir des financements prévisibles et accessibles pour les investissements en matière d’adaptation ;
Améliorer la préparation et la gestion des risques de catastrophe ;
Restaurer les écosystèmes et développer les solutions fondées sur la nature ;
Assurer la résilience de l’eau grâce à une gestion intégrée et pilotée au niveau local.
En combinant des leviers horizontaux (gouvernance, capacités et financements) avec des recommandations sectorielles, le document montre que l’autonomisation des villes, des communes et des régions est essentielle à la résilience globale de l’Europe.
Les villes, communes et régions en première ligne des politiques d’adaptation
Ronan Dantec, porte-parole du CCRE pour le climat, souligne :
« Aujourd’hui, il est urgent de reconnaître que l’adaptation au changement climatique est un enjeu central pour les municipalités et les régions de toutes tailles. Investir dans des infrastructures durables et utiliser nos ressources de manière plus efficace n’est pas une option, mais une nécessité pour garantir un avenir prospère pour toutes et tous. »
Les impacts climatiques sont intrinsèquement locaux. Même au sein d’un même pays, les risques peuvent varier considérablement entre zones urbaines et rurales, régions côtières et intérieures, ou territoires du nord et du sud. Les villes, communes et régions sont donc les mieux placées pour :
Évaluer les risques et vulnérabilités climatiques locaux ;
Protéger les populations vulnérables ;
Planifier et gérer des infrastructures résilientes ;
Assurer la continuité des services essentiels tels que l’eau, les transports et l’énergie ;
Mettre en œuvre des solutions fondées sur la nature et restaurer les écosystèmes.
Leur proximité avec les citoyens leur permet également d’intégrer la résilience sociale dans les politiques d’adaptation, afin de garantir que personne ne soit laissé de côté à mesure que les impacts climatiques s’intensifient.
Se préparer au futur cadre intégré de l’UE sur la résilience climatique
Le document de position du CCRE intervient à un moment politique clé, alors que le nouveau cadre intégré européen pour la résilience climatique et la gestion des risques devrait être adopté par la Commission européenne au second semestre 2026. Ce cadre visera à établir une approche européenne globale et cohérente en matière de résilience et de préparation face aux risques climatiques.
La consultation publique en cours de la Commission européenne sur ce futur cadre intégré comprend des questions portant notamment sur : l’intégration de la résilience dans les politiques de l’UE (« resilience by design »), l’harmonisation et la comparabilité des évaluations des risques climatiques, le financement de l’adaptation, le soutien aux niveaux local et régional, ainsi que la prise en compte des impacts du changement climatique sur la santé.
Le CCRE élabore actuellement une réponse à cette consultation en coopération avec son groupe d’experts, en demandant que les villes, les communes et les régions soient reconnues non seulement comme des acteurs de mise en œuvre, mais aussi comme des partenaires stratégiques dans la conception, le financement et le suivi de ce futur cadre. La consultation est ouverte jusqu’au 23 février 2026. Le CCRE encourage ses membres à y participer et à faire entendre leur voix.
Accélération des procédures d’autorisation pour les énergies renouvelables : « Les gouvernements locaux doivent être pleinement impliqués à toutes les étapes ! »
Alors que le Conseil de l’UE a adopté un nouveau règlement visant à accélérer le déploiement des énergies renouvelables grâce à des procédures d’autorisation plus simples et plus rapides, le CCRE appelle à une implication pleine et entière des municipalités et des régions dans ce processus.
Le CCRE salue l’adoption de mesures d’urgence destinées à faciliter les autorisations pour les énergies renouvelables et considère les collectivités locales et régionales comme des moteurs essentiels pour atteindre les objectifs du Pacte vert pour l’Europe. Il exprime néanmoins des réserves importantes sur plusieurs aspects du texte.
Réagissant à l’accord des ministres de l’Énergie de l’UE, Belinda Gottardi, porte-parole du CCRE sur le climat et l’énergie, a souligné la nécessité de laisser un temps suffisant pour que les processus aboutissent à des solutions équilibrées prenant en compte les intérêts légitimes locaux et nationaux.
« Il est indispensable d’impliquer pleinement les municipalités et les régions à chaque étape de la procédure d’autorisation pour les énergies renouvelables. Dans la majorité des États membres, ce sont les collectivités locales qui sont compétentes pour délivrer les permis relatifs à de nombreuses énergies renouvelables et aux connexions au réseau », a-t-elle rappelé. « Elles doivent gérer les conflits d’usage du sol afin de garantir des solutions équilibrées et acceptées localement. »
Elle a conclu :
« Les municipalités et les régions possèdent une expérience précieuse et des compétences essentielles à la transition énergétique. Les contourner ou leur accorder un temps insuffisant pourrait avoir des effets contre-productifs et diminuer l’adhésion des citoyens. »
Mise en œuvre nationale à adapter
Le règlement devra désormais être interprété et appliqué dans les contextes nationaux respectifs, avec les ajustements nécessaires pour respecter les délais fixés. Des clarifications seront indispensables, notamment sur l’impact sur la planification spatiale, les évaluations environnementales, et les types d’installations concernés.
Contexte
Le 19 décembre, les États membres de l’UE ont adopté le contenu d’un règlement du Conseil établissant un cadre pour accélérer le déploiement des énergies renouvelables. Ce règlement fait partie d’un ensemble de mesures prises sur la base de l’article 122 du Traité sur le fonctionnement de l’UE (TFUE), en réponse au caractère d’urgence lié à la crise énergétique provoquée par la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine.
Ce règlement intéresse particulièrement le CCRE car, dans de nombreux pays européens, les gouvernements locaux et régionaux sont les autorités compétentes pour la planification spatiale et la délivrance des permis d’installation de panneaux solaires, pompes à chaleur, éoliennes, autres sources renouvelables, ainsi que pour les raccordements au réseau.
Les éléments clés du règlement incluent :
la notion d’intérêt public majeur pour la production d’énergie renouvelable et son raccordement ;
la réduction des délais d’autorisation à des périodes précises ;
l’application simplifiée des évaluations environnementales, conformément à certaines directives européennes.
Exemples concrets :
Les équipements solaires doivent recevoir une autorisation en moins de trois mois, ou être automatiquement acceptés après un mois de silence administratif positif pour des installations de moins de 50 kW (ou 10,8 kW selon le cas).
Les projets de repowering (modernisation d’installations existantes) devront être autorisés dans un délai maximum de six mois, ou trois mois si l’augmentation est inférieure à 15 %.
Les pompes à chaleur inférieures à 50 MW bénéficient d’un délai d’un mois pour l’autorisation, et trois mois pour les pompes géothermiques.