Le projet « Green Lungs for our Cities » illustre le pouvoir de l’action locale. Grâce à sa mise en œuvre, Tirana et ses partenaires ont développé une plateforme alternative pour surveiller la qualité de l’air, la pollution sonore et les écosystèmes de verdure urbaine. Cette initiative a non seulement influencé la gouvernance locale, mais elle s’est également alignée sur le processus d’adhésion à l’UE, soulignant l’importance de la coopération transfrontalière.
Cette bonne pratique met en avant la valeur de la prise de décision fondée sur des données probantes, contribuant à créer un environnement urbain qualitatif pour tous. Le succès du projet souligne le rôle crucial des gouvernements locaux dans la mise en œuvre des politiques environnementales, même en dehors du cadre de l’Union européenne.
Des municipalités comme Tirana démontrent comment l’innovation locale peut relever des défis mondiaux. Avec pour objectifs ultimes un air pur, des espaces verts dynamiques et des communautés en meilleure santé, le projet nous rappelle qu’une action audacieuse et inclusive peut engendrer des changements significatifs.
Tracer la voie à suivre
Alors que nous avons célébré hier la Journée internationale de l’énergie propre, le projet « Green Lungs » rappelle que la transition vers un avenir vert commence au niveau local. Qu’il s’agisse d’énergies renouvelables ou d’amélioration de la qualité de l’air, les villes et régions montrent que collaboration, résilience et pensée innovante peuvent façonner un avenir durable.
Le message est clair : investir dans l’énergie propre et les politiques vertes locales n’est pas seulement une nécessité, mais une opportunité de créer des communautés plus saines et dynamiques, rapprochant l’objectif de neutralité climatique d’ici 2050.
Gand, ville verte et urbaine : une bonne pratique en matière de résilience climatique
Alors que les villes du monde entier sont aux prises avec les défis croissants du changement climatique, Gand, en Belgique, se distingue comme un brillant exemple d’innovation et de détermination. Grâce à son initiative transformatrice « Gand, ville verte et urbaine », la ville démontre comment les zones urbaines peuvent s’adapter aux risques climatiques croissants tout en améliorant la qualité de vie et la biodiversité.
Transformer les trottoirs en opportunités
L’une des pierres angulaires de la stratégie de Gand est son plan ambitieux visant à remplacer 15 % des trottoirs de la ville par des espaces verts. Cette initiative audacieuse répond à des défis climatiques urgents tels que les vagues de chaleur, les sécheresses et les inondations récurrentes. En supprimant les surfaces dures des places publiques, des parcs, des jardins et des rues, la ville permet à l’eau de pluie de s’infiltrer naturellement dans le sol. Cet effet éponge atténue l’impact des fortes pluies, contribuant ainsi à protéger la ville des crues soudaines.
Cours d’eau et jardins de façade
L’engagement de Gand en faveur d’un environnement urbain plus vert et plus résilient au changement climatique va au-delà du dépavillage. La ville a rouvert ses cours d’eau, permettant à nouveau aux cours d’eau naturels de s’écouler librement. Cela améliore non seulement la gestion de l’eau, mais renforce également la valeur esthétique et écologique de la ville.
De plus, la promotion des jardins de façade encourage les habitants à transformer les murs et les petits espaces en poches de verdure dynamiques. Cette approche axée sur la communauté favorise l’engagement et souligne le rôle essentiel que jouent les citoyens dans la création d’une ville durable.
S’adapter aux risques climatiques
Les initiatives menées dans le cadre de « Urban Green Ghent » visent à faire face aux risques croissants du changement climatique. Les vagues de chaleur sont atténuées par l’effet rafraîchissant de la végétation accrue, tandis que les espaces verts améliorent la qualité de l’air et offrent des zones ombragées, rendant la ville plus confortable pour les résidents et les visiteurs. En période de fortes pluies, les infrastructures vertes aident à absorber l’excès d’eau, réduisant ainsi la pression sur les systèmes de drainage urbains.
Améliorer la qualité de vie et la biodiversité
Au-delà de ses avantages climatiques, la transition écologique de Gand transforme la ville en un lieu de vie plus agréable et plus sain. Les efforts de verdissement créent des espaces extérieurs attrayants, améliorent la biodiversité et favorisent un lien plus fort entre les résidents et leur environnement naturel.
Un modèle pour d’autres municipalités
L’approche globale de Gand en matière de verdissement urbain offre de précieuses leçons aux villes du monde entier. Son succès démontre la capacité des collectivités locales à jouer un rôle de premier plan en matière d’adaptation et de résilience au changement climatique. En investissant dans des infrastructures durables et en engageant la communauté, Gand trace la voie vers un avenir où les zones urbaines sont mieux équipées pour faire face aux réalités du changement climatique.
Découvrez ici plus d’informations sur les initiatives écologiques de Gand et leur impact.
Les ménages vulnérables risquent d’être mal desservis par le Fonds social pour le climat de 86 milliards d’euros de l’UE en raison d’un manque de consultation avec les gouvernements locaux et régionaux, avertit un nouveau rapport de l’Alliance locale.
Un nouveau rapport exclusif de huit grands réseaux européens de gouvernements locaux et régionaux révèle que les ménages vulnérables dans l’UE risquent d’être mal desservis par le Fonds social pour le climat (FSC) de 86 milliards d’euros en raison d’une consultation insuffisante des gouvernements nationaux avec les autorités locales et régionales.
Les articles 4 et 5 du FSC stipulent que les États membres doivent engager un dialogue avec les gouvernements locaux et régionaux lors de l’élaboration de leurs plans sociaux pour le climat. Cependant, le rapport constate que de nombreux gouvernements ne respectent pas ces obligations, se contentant souvent de consultations symboliques ou les évitant complètement.
Une occasion manquée de répondre aux besoins locaux
Le FSC est une initiative phare du Pacte vert pour l’Europe, visant à soutenir les ménages vulnérables. Mais les conclusions du rapport révèlent un fossé préoccupant entre les décideurs nationaux et leurs gouvernements locaux.
L’enquête, couvrant des villes et régions dans 14 États membres, notamment la Belgique, la Finlande, l’Allemagne, la Grèce et l’Espagne, dresse un constat sévère : des consultations tardives, des dialogues insuffisants et des occasions manquées d’intégrer l’expertise locale.
« Le Fonds social pour le climat de 86 milliards d’euros a le potentiel de transformer des vies et de construire une Europe plus équitable, mais seulement si les gouvernements locaux et régionaux sont impliqués. Ces autorités sont en première ligne face à la pauvreté énergétique et des transports, mais leur expertise est trop souvent négligée. Les gouvernements nationaux et les institutions européennes doivent reconnaître que la consultation significative n’est pas seulement une obligation légale, mais une nécessité pour une action efficace et inclusive. » Fabrizio Rossi, Secrétaire général du CCRE.
Les gouvernements locaux : des partenaires clés pour une action efficace
Les gouvernements locaux et régionaux sont particulièrement bien placés pour s’assurer que les fonds européens répondent aux besoins spécifiques de leurs communautés. Ils apportent expertise, proximité et une compréhension des priorités locales, essentielles pour adapter les mesures et soutenir efficacement les ménages vulnérables.
L’absence de consultation significative ne viole pas seulement les exigences législatives, mais compromet également l’efficacité du FSC, à seulement six mois de la date limite de soumission des plans par les États membres en juin.
Recommandations pour les décideurs nationaux et européens
Pour que le Fonds social pour le climat soutienne efficacement les ménages vulnérables, l’Alliance locale appelle les États membres, entre autres, à donner la priorité à une collaboration significative avec les gouvernements régionaux et locaux, à travers des plans locaux tels que les Plans d’action pour l’énergie durable et le climat (PAEDC) et les Plans de mobilité urbaine durable (PMUD).
Cela permettra des investissements européens alignés sur les besoins locaux pour lutter contre la pauvreté énergétique et des transports, garantissant des mesures ciblant les groupes vulnérables tels que les femmes, les personnes âgées et les familles monoparentales.
Les gouvernements locaux, moteurs de solutions climatiques sur la scène mondiale
Lors de la 29e Conférence des Nations Unies sur le changement climatique (COP29) à Bakou, le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) a mis en avant le rôle indispensable des gouvernements locaux et régionaux (GLR) dans l’action climatique mondiale. Par le biais de plaidoyers, de dialogues stratégiques et d’échanges directs avec des ministres, gouverneurs, parlementaires, banques multilatérales de développement et agences onusiennes, le CCRE a consolidé sa position en tant qu’acteur clé pour promouvoir le développement urbain durable et lutter contre le changement climatique.
Les gouvernements locaux et régionaux : une pierre angulaire de l’action climatique
Les GLR occupent une position unique pour relever les défis climatiques. En gérant 68 % des investissements publics liés au climat, ils se trouvent en première ligne des efforts d’adaptation et d’atténuation. Pourtant, ces gouvernements sont souvent exclus des processus de décision internationaux clés. À la COP29, le CCRE a cherché à changer cette dynamique en plaidant pour que les GLR soient pleinement intégrés en tant que partenaires stratégiques dans l’élaboration des politiques climatiques.
Le CCRE a également souligné l’importance d’une gouvernance multiniveau. Cette approche, combinant collaboration locale, régionale et nationale, garantit que les stratégies climatiques soient inclusives et efficaces. À travers plus de 170 événements, le CCRE et la Constituante LGMA ont démontré comment les villes et les régions mettent en œuvre des solutions climatiques innovantes, notamment en matière d’infrastructures durables, de financements verts et d’initiatives pour renforcer la résilience des communautés.
Une délégation du CCRE en action
Les dirigeants politiques du CCRE ont joué un rôle central durant la COP29. Marianne Overton, vice-présidente du CCRE, et Clifford Galea, membre de notre comité des jeunes élus, ont participé à des sessions de haut niveau, mettant en avant le rôle des gouvernements locaux dans la justice climatique et le financement. Moments clés:
Panel sur les solutions climatiques multiniveaux et multipartites : Clifford Galea a souligné l’urgence de canaliser des fonds directs vers les gouvernements locaux, déclarant :« Une action climatique efficace commence par donner les moyens à ceux qui sont les plus proches des communautés touchées. »
Table ronde sur le financement de l’action climatique urbaine : Marianne Overton a plaidé pour des mécanismes financiers innovants afin de garantir des financements accessibles pour des projets urbains durables et la restauration des écosystèmes.
« Une action climatique efficace commence par donner les moyens à ceux qui sont les plus proches des communautés touchées. »
Un plaidoyer pour répondre aux pertes et préjudices
L’un des sujets les plus critiques du sommet a été l’établissement d’un cadre efficace pour aborder les pertes et préjudices. Le CCRE, en collaboration avec la Constituante LGMA, a soutenu l’Appel à l’action sur les pertes et préjudices, initié par Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU). Cette initiative demande une distribution équitable des ressources, une collaboration Nord-Sud et l’inclusion des gouvernements infranationaux dans les mécanismes de financement.
Cet appel met particulièrement l’accent sur les besoins des communautés marginalisées et l’intégration des savoirs locaux dans les stratégies climatiques mondiales. Le soutien du CCRE reflète son engagement à garantir un accès direct au Fonds pour les pertes et préjudices pour les gouvernements locaux, en particulier dans les régions vulnérables.
Pourquoi les gouvernements locaux et régionaux comptent
L’urgence d’intégrer les GLR dans la gouvernance climatique ne saurait être surestimée. En tant que niveau de gouvernement le plus proche des communautés, ils possèdent les connaissances et les capacités nécessaires pour mettre en œuvre des solutions adaptées aux réalités locales. Cette perspective s’aligne sur la reconnaissance plus large, à la COP29, que l’atteinte des objectifs de l’Accord de Paris nécessite l’implication active de tous les niveaux de gouvernance.
Vers l’avenir : La COP des villes
Les résultats de la COP29 marquent une avancée significative avec une meilleure reconnaissance du rôle des villes dans le processus de la COP. Cependant, le chemin vers une gouvernance climatique équitable est encore long.
Alors que la COP29 touche à sa fin, l’espoir grandit que les villes joueront un rôle central l’année prochaine à Belem (Brésil). Tous les signaux sont au vert : « La COP30 doit être la COP des villes, car le climat est au cœur du lien entre les personnes », a déclaré Antonio Da Costa e Silva, conseiller international en chef au ministère brésilien des villes.
Espérons que les dirigeants nationaux aient reçu le message.
Événement « MEPs Meet Local Leaders » du CCRE : Relier la Gouvernance Locale et Européenne
Le 2 octobre, le CCRE a organisé l’événement de mise en réseau « MEPs Meet Local Leaders », qui a rassemblé plus de 80 participants, dont 15 nouveaux membres élus du Parlement européen (MEPs) ainsi que des élus locaux de toute l’Europe.
Cette rencontre a servi de plateforme cruciale pour discuter des besoins et des opportunités actuels, tant dans les zones urbaines que rurales. Les participants ont exploré les conclusions de l’étude récente du CCRE sur l’avenir de la transition verte, en soulignant la nécessité de faire entendre les voix locales dans la définition des politiques européennes.
L’urgence de l’heure était palpable, alors que les discussions se concentraient sur la manière dont les gouvernements locaux—souvent les véritables experts de leurs territoires—peuvent utiliser efficacement les ressources de l’UE au bénéfice des citoyens. Le rôle des leaders locaux est irremplaçable dans ce contexte, et l’événement a souligné avec force leur position unique pour favoriser un changement significatif.
La présidente du CCRE, Gunn Marit Helgesen, a souligné l’importance de la collaboration en déclarant : « Nous faisons face à des défis sans précédent qui mettent en évidence la nécessité de rassembler nos efforts à tous les niveaux de gouvernance—local, régional, national et européen—pour que le bien-être des citoyens européens demeure au cœur de notre mission collective. »
Jean-Paul Judson a modéré les débats avec expertise, guidant des discussions qui ont éclairé les perspectives et attentes des élus locaux et régionaux concernant le travail du Parlement européen. L’événement a mis en avant la nécessité d’une unité entre tous les niveaux de gouvernance alors que nous nous efforçons collectivement de placer le bien-être des citoyens au cœur du projet européen.
Depuis sa création en 1951, le CCRE est à l’avant-garde de la promotion de la collaboration entre les leaders locaux et régionaux, défendant une Europe unie, pacifique, durable et démocratique. Face à des défis de plus en plus complexes, le dialogue suscité lors de cet événement est essentiel pour façonner l’avenir de la gouvernance européenne.
Un immense merci à tous les participants pour avoir fait de cette soirée un succès. Ensemble, nous pouvons rapprocher les ressources de l’UE des citoyens, ouvrant la voie à une économie véritablement au service des générations futures d’Européens. Cette soirée mémorable a mis en lumière la puissance du partenariat et du dialogue, réaffirmant notre engagement à construire un avenir meilleur pour tous.
Le CCRE est ravi d’annoncer le lancement de son nouveau rapport, « Transition Verte Locale : Perspectives pour un Accord Inclusif et Compétitif ». Cette étude examine comment les gouvernements locaux et régionaux (GLR) s’adaptent et mettent en œuvre le Pacte Vert pour l’Europe, avec pour objectif la neutralité climatique d’ici 2050. Elle offre une évaluation complète des opportunités et des défis auxquels les GLR sont confrontés dans l’exécution des politiques vertes, soulignant leur rôle crucial dans la réalisation des objectifs climatiques de l’Europe. Avec plus de 300 GLR participant à des enquêtes approfondies, l’étude présente des recommandations transversales et spécifiques par secteur pour améliorer la mise en œuvre des stratégies vertes au niveau local.
Points Clés :
Haute Sensibilisation : Un impressionnant 92 % des GLR connaissent la législation sur la décarbonisation qui affecte leurs régions.
Impact du Changement Climatique et Préparation : De nombreux GLR signalent ressentir fortement les effets du changement climatique, avec seulement un tiers se sentant suffisamment préparés pour mettre en œuvre la législation nécessaire.
Résultats Positifs : Plus de la moitié des GLR interrogés ont constaté des avantages des politiques vertes, notamment la création d’emplois et l’amélioration de la qualité de l’air, bien que des défis tels que l’accès au financement et la complexité réglementaire demeurent significatifs.
Équité Sociale : Le rapport met l’accent sur la nécessité de politiques équitables et adaptées aux besoins diversifiés des zones urbaines et rurales.
Recommandations aux Décideurs de l’UE : Le CCRE identifie des priorités cruciales pour que les gouvernements européens et nationaux soutiennent les GLR dans leurs efforts de transition verte, notamment :
Répondre aux besoins locaux pendant la mise en œuvre du Pacte Vert pour l’Europe (EGD).
Favoriser un dialogue collaboratif et des partenariats avec les GLR.
Simplifier et augmenter le financement des initiatives locales.
Assurer une mise en œuvre équitable entre les régions.
Faire de la transition verte une priorité pour la coopération transfrontalière.
La présidente du CCRE, Gunn Marit Helgesen, a souligné l’importance des gouvernements locaux dans la facilitation de changements concrets, déclarant : « Les municipalités et les régions posent les bases d’une Europe plus compétitive en mettant en œuvre des projets d’énergie renouvelable et en développant des infrastructures durables. »
Ce rapport constitue une ressource essentielle pour les gouvernements locaux et régionaux, visant à les guider dans l’exploitation de la transition verte afin de favoriser la croissance économique tout en faisant face aux défis urgents du changement climatique.
La neutralité climatique en jeu : Pourquoi les gouvernements locaux doivent diriger la décarbonisation du chauffage et de la climatisation
La décarbonisation du chauffage et de la climatisation est une nécessité climatique. Le chauffage représente 80 % de la consommation d’énergie finale des ménages européens, avec plus de la moitié de la production de chaleur encore dépendante des combustibles fossiles. Cette dépendance significative aux sources d’énergie non renouvelables constitue un défi majeur pour atteindre la neutralité climatique.
Alors que les bâtiments représentent environ 40 % de la consommation d’énergie de l’UE, il existe un potentiel considérable pour améliorer l’efficacité énergétique et intégrer les énergies renouvelables dans le mix énergétique par le biais de solutions locales. La récente Semaine Européenne de l’Énergie Durable (EUSEW) organisée par le Pacte des Maires, le Prix Européen de l’Énergie et la Smart Cities Marketplace, a exploré le rôle que les Gouvernements Locaux et Régionaux (GLR) peuvent jouer dans ce secteur en promouvant la coopération décentralisée et des plans de chauffage et de refroidissement efficaces.
Les Gouvernements Locaux et Régionaux menant la transition du chauffage en Europe
Les gouvernements infranationaux sont responsables des deux tiers des politiques climatiques et énergétiques, représentant 58 % des dépenses publiques significatives pour le climat en Europe*. En ce qui concerne les politiques de chauffage et de refroidissement, les GLR détiennent 89 % des responsabilités de décision et de mise en œuvre. Cela fait des GLR des facilitateurs cruciaux des programmes de transition du chauffage et du refroidissement. Les défis auxquels ils sont confrontés consistent à garantir l’efficacité énergétique des bâtiments tout en fournissant des solutions de chauffage et de refroidissement renouvelables grâce à diverses technologies.
Le cas du comté de Karlsruhe
Dr. Schnaudigel, qui est également le président du comté de Karlsruhe, a présenté la solution trouvée par sa région lors de la conférence EUSEW. Les 32 municipalités de Karlsruhe ont coopéré pour cartographier les besoins – présents et potentiels – du comté et mutualiser leurs connaissances pour trouver la solution la plus rentable pour les plans de chauffage et de refroidissement de Karlsruhe. Cela a permis même aux petites municipalités de devenir indépendantes sur le plan énergétique, en tirant parti de l’énergie géothermique. Ce schéma a valu à Karlsruhe une reconnaissance en tant que District Or par le Prix Européen de l’Énergie.
Relever les défis municipaux et les contraintes financières
Cependant, des défis importants subsistent. La capacité fiscale est limitée pour atténuer les crises systémiques, qu’elles soient liées au changement climatique ou non. De plus, bien que les énergies renouvelables soient moins coûteuses que les combustibles fossiles, et que les districts verts de chauffage et de refroidissement aient des coûts opérationnels plus faibles, ils nécessitent toujours des investissements initiaux substantiels. Pour ces raisons, le Dr. Schnaudigel a souligné la nécessité pour les décideurs nationaux et européens de soutenir les GLR en fournissant des ressources financières par le biais de programmes de garantie, de lignes de financement directes ou de règles fiscales favorables aux investissements. Sans ce soutien, les solutions individuelles pourraient prévaloir sur les approches collectives durables, risquant d’exacerber les inégalités sociales et politiques.
Décarboniser le refroidissement et le chauffage locaux dans le cadre de l’Agenda Urbain pour l’UE et le Pacte des Maires
À la conclusion de la conférence, le Pacte des Maires a lancé l’initiative Cities Heat Detox, qui vise à détoxifier les sources de chaleur urbaines pour obtenir des bénéfices climatiques, un air plus propre, et créer de nouveaux emplois verts. Cette initiative met l’accent sur le rôle des politiques sociales pour garantir des transitions équitables, avec une attention particulière à la division rurale-urbaine. Le CCRE participera à cette initiative en promouvant la collaboration régionale et en plaidant pour des cadres financiers de soutien.
Les villes et les régions appellent à l’adoption rapide de la loi européenne sur la restauration de la nature pour lutter contre les crises climatiques et de la biodiversité
Alors que l’Europe est confrontée à des défis environnementaux croissants – perte de biodiversité, vagues de chaleur dues au climat, pollution – les villes et les régions intensifient leur appel à l’action. Les partenaires du Partenariat pour des villes vertes dans le cadre de l’Agenda urbain de l’UE, dont de nombreux gouvernements locaux et régionaux, ont publié une lettre conjointe appelant les États membres de l’UE à adopter rapidement la loi sur la restauration de la nature, longtemps retardée.
Les autorités locales sont souvent en première ligne face aux crises environnementales. Avec plus de 70 % des Européens vivant en zone urbaine, la restauration des espaces verts est non seulement une priorité climatique, mais aussi un impératif de santé publique et de qualité de vie. La loi proposée fournirait un cadre attendu de longue date pour renforcer la biodiversité, adapter les villes à la hausse des températures et soutenir une utilisation durable des sols.
Les retards dans l’adoption de la loi compromettent non seulement l’action environnementale urgente, mais menacent également la confiance démocratique dans les processus décisionnels de l’UE. Un accord provisoire entre le Parlement européen et le Conseil a été conclu il y a plusieurs mois, et ne pas le finaliser maintenant enverrait un mauvais signal, tant aux citoyens européens qu’à la communauté internationale.
Le CCRE et ses partenaires soulignent : restaurer la nature n’est pas une option. C’est essentiel ! Les gouvernements locaux sont prêts à agir, mais ils ont besoin d’une volonté politique au niveau européen à la hauteur de leur ambition.
Le CCRE est actuellement à la recherche d’une agence pour concevoir, publier et imprimer une étude
Le CCRE lance un appel à propositions pour des services externes afin de concevoir et produire une publication ainsi qu’un document d’une à deux pages pour la promouvoir.
Enseignements de la Journée verte 2024 du CCRE : À quoi ressemblera la transition verte dans les municipalités et régions européennes ?
La Journée verte 2024 du CCRE, qui s’est tenue le 10 avril, a offert une plateforme pour les décideurs politiques, experts et parties prenantes afin d’explorer l’avenir de la transition verte dans l’Union européenne et au-delà. Cet événement a favorisé un échange dynamique sur les stratégies, défis et opportunités pour accélérer l’action climatique aux niveaux local et régional.
Tadashi Matsumoto, chef de l’Unité des politiques urbaines nationales et de la résilience climatique de l’OCDE, a présenté le rapport « Une approche territoriale de l’action climatique et de la résilience ». Il a souligné la nécessité d’une approche territoriale cohérente pour renforcer la résilience climatique et réduire les disparités régionales. Il a introduit le cadre politique TACAR, conçu pour donner la priorité aux politiques climatiques locales et rendre l’action climatique plus efficace, en illustrant son applicabilité avec des exemples de Bratislava et de l’État de New York.
Table ronde : Regards croisés sur la transition verte
La discussion en panel a rassemblé des points de vue variés, avec notamment :
Michaël Quernez, maire de Quimperlé,
Patrick Princen, premier échevin de Malines,
Pedro Dias, directeur politique de Solar Heat Europe,
Lucian Pârvulescu, représentant de l’unité Green Deal européen de la Commission européenne.
Principaux messages :
Michaël Quernez a mis en avant l’importance des fonds européens pour accompagner les transitions locales.
Patrick Princen a partagé des initiatives réussies de résilience climatique menées à Malines.
Pedro Dias a insisté sur la nécessité d’autonomiser les gouvernements locaux et régionaux (GLR) dans la politique énergétique.
Lucian Pârvulescu a détaillé l’engagement de la Commission européenne à soutenir les initiatives locales.
Messages clés
La discussion a mis en lumière plusieurs priorités :
Renforcer le rôle des GLR dans la planification, la prise de décision et la mise en œuvre des mesures de durabilité.
Impliquer activement les citoyens dans l’action climatique.
Adopter une approche territoriale pour réduire les disparités régionales.
Améliorer le dialogue entre les niveaux national et local.
« Nous devons veiller à ce que les gouvernements locaux soient activement impliqués dans les processus de planification, de décision et de mise en œuvre pour garantir l’efficacité des mesures de durabilité », a conclu Marianne Overton, porte-parole du CCRE pour le climat.
Résilience de l’eau et objectifs climatiques 2040
Dans la seconde partie de la réunion, les experts du CCRE ont abordé les enjeux de la résilience de l’eau et les objectifs climatiques pour 2040. Ils ont également discuté de l’étude à venir du CCRE sur les défis liés à la mise en œuvre de l’agenda vert, prévue pour l’automne.