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86 milliards d’euros en risque

Local-Alliance

Les ménages vulnérables risquent d’être mal desservis par le Fonds social pour le climat de 86 milliards d’euros de l’UE en raison d’un manque de consultation avec les gouvernements locaux et régionaux, avertit un nouveau rapport de l’Alliance locale.


Un nouveau rapport exclusif de huit grands réseaux européens de gouvernements locaux et régionaux révèle que les ménages vulnérables dans l’UE risquent d’être mal desservis par le Fonds social pour le climat (FSC) de 86 milliards d’euros en raison d’une consultation insuffisante des gouvernements nationaux avec les autorités locales et régionales.

L’enquête à la base de ce rapport, réalisée par l’Alliance locale — une coalition composée de ACR+, CCRE, Climate Alliance, Energy Cities, Eurocities, FEDARENE, ICLEI Europe et POLIS — met en lumière une non-conformité généralisée avec les exigences clés de la législation du FSC.

Les articles 4 et 5 du FSC stipulent que les États membres doivent engager un dialogue avec les gouvernements locaux et régionaux lors de l’élaboration de leurs plans sociaux pour le climat. Cependant, le rapport constate que de nombreux gouvernements ne respectent pas ces obligations, se contentant souvent de consultations symboliques ou les évitant complètement.

Une occasion manquée de répondre aux besoins locaux

Le FSC est une initiative phare du Pacte vert pour l’Europe, visant à soutenir les ménages vulnérables. Mais les conclusions du rapport révèlent un fossé préoccupant entre les décideurs nationaux et leurs gouvernements locaux.

L’enquête, couvrant des villes et régions dans 14 États membres, notamment la Belgique, la Finlande, l’Allemagne, la Grèce et l’Espagne, dresse un constat sévère : des consultations tardives, des dialogues insuffisants et des occasions manquées d’intégrer l’expertise locale.

« Le Fonds social pour le climat de 86 milliards d’euros a le potentiel de transformer des vies et de construire une Europe plus équitable, mais seulement si les gouvernements locaux et régionaux sont impliqués. Ces autorités sont en première ligne face à la pauvreté énergétique et des transports, mais leur expertise est trop souvent négligée. Les gouvernements nationaux et les institutions européennes doivent reconnaître que la consultation significative n’est pas seulement une obligation légale, mais une nécessité pour une action efficace et inclusive. »
Fabrizio Rossi, Secrétaire général du CCRE.

Les gouvernements locaux : des partenaires clés pour une action efficace

Les gouvernements locaux et régionaux sont particulièrement bien placés pour s’assurer que les fonds européens répondent aux besoins spécifiques de leurs communautés. Ils apportent expertise, proximité et une compréhension des priorités locales, essentielles pour adapter les mesures et soutenir efficacement les ménages vulnérables.

L’absence de consultation significative ne viole pas seulement les exigences législatives, mais compromet également l’efficacité du FSC, à seulement six mois de la date limite de soumission des plans par les États membres en juin.

Recommandations pour les décideurs nationaux et européens

Pour que le Fonds social pour le climat soutienne efficacement les ménages vulnérables, l’Alliance locale appelle les États membres, entre autres, à donner la priorité à une collaboration significative avec les gouvernements régionaux et locaux, à travers des plans locaux tels que les Plans d’action pour l’énergie durable et le climat (PAEDC) et les Plans de mobilité urbaine durable (PMUD).

Cela permettra des investissements européens alignés sur les besoins locaux pour lutter contre la pauvreté énergétique et des transports, garantissant des mesures ciblant les groupes vulnérables tels que les femmes, les personnes âgées et les familles monoparentales.

Pour plus d’informations, téléchargez le rapport complet ici.

Le CCRE à la COP29

Les gouvernements locaux, moteurs de solutions climatiques sur la scène mondiale


Lors de la 29e Conférence des Nations Unies sur le changement climatique (COP29) à Bakou, le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) a mis en avant le rôle indispensable des gouvernements locaux et régionaux (GLR) dans l’action climatique mondiale. Par le biais de plaidoyers, de dialogues stratégiques et d’échanges directs avec des ministres, gouverneurs, parlementaires, banques multilatérales de développement et agences onusiennes, le CCRE a consolidé sa position en tant qu’acteur clé pour promouvoir le développement urbain durable et lutter contre le changement climatique.

Les gouvernements locaux et régionaux : une pierre angulaire de l’action climatique

Les GLR occupent une position unique pour relever les défis climatiques. En gérant 68 % des investissements publics liés au climat, ils se trouvent en première ligne des efforts d’adaptation et d’atténuation. Pourtant, ces gouvernements sont souvent exclus des processus de décision internationaux clés. À la COP29, le CCRE a cherché à changer cette dynamique en plaidant pour que les GLR soient pleinement intégrés en tant que partenaires stratégiques dans l’élaboration des politiques climatiques.

Le CCRE a également souligné l’importance d’une gouvernance multiniveau. Cette approche, combinant collaboration locale, régionale et nationale, garantit que les stratégies climatiques soient inclusives et efficaces. À travers plus de 170 événements, le CCRE et la Constituante LGMA ont démontré comment les villes et les régions mettent en œuvre des solutions climatiques innovantes, notamment en matière d’infrastructures durables, de financements verts et d’initiatives pour renforcer la résilience des communautés.

Une délégation du CCRE en action

Les dirigeants politiques du CCRE ont joué un rôle central durant la COP29. Marianne Overton, vice-présidente du CCRE, et Clifford Galea, membre de notre comité des jeunes élus, ont participé à des sessions de haut niveau, mettant en avant le rôle des gouvernements locaux dans la justice climatique et le financement. Moments clés:

  • Panel sur les solutions climatiques multiniveaux et multipartites : Clifford Galea a souligné l’urgence de canaliser des fonds directs vers les gouvernements locaux, déclarant :« Une action climatique efficace commence par donner les moyens à ceux qui sont les plus proches des communautés touchées. »
  • Table ronde sur le financement de l’action climatique urbaine : Marianne Overton a plaidé pour des mécanismes financiers innovants afin de garantir des financements accessibles pour des projets urbains durables et la restauration des écosystèmes.

« Une action climatique efficace commence par donner les moyens à ceux qui sont les plus proches des communautés touchées. »

 Un plaidoyer pour répondre aux pertes et préjudices

L’un des sujets les plus critiques du sommet a été l’établissement d’un cadre efficace pour aborder les pertes et préjudices. Le CCRE, en collaboration avec la Constituante LGMA, a soutenu l’Appel à l’action sur les pertes et préjudices, initié par Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU). Cette initiative demande une distribution équitable des ressources, une collaboration Nord-Sud et l’inclusion des gouvernements infranationaux dans les mécanismes de financement.

Cet appel met particulièrement l’accent sur les besoins des communautés marginalisées et l’intégration des savoirs locaux dans les stratégies climatiques mondiales. Le soutien du CCRE reflète son engagement à garantir un accès direct au Fonds pour les pertes et préjudices pour les gouvernements locaux, en particulier dans les régions vulnérables.

 Pourquoi les gouvernements locaux et régionaux comptent

L’urgence d’intégrer les GLR dans la gouvernance climatique ne saurait être surestimée. En tant que niveau de gouvernement le plus proche des communautés, ils possèdent les connaissances et les capacités nécessaires pour mettre en œuvre des solutions adaptées aux réalités locales. Cette perspective s’aligne sur la reconnaissance plus large, à la COP29, que l’atteinte des objectifs de l’Accord de Paris nécessite l’implication active de tous les niveaux de gouvernance.

 Vers l’avenir : La COP des villes

Les résultats de la COP29 marquent une avancée significative avec une meilleure reconnaissance du rôle des villes dans le processus de la COP. Cependant, le chemin vers une gouvernance climatique équitable est encore long.

Alors que la COP29 touche à sa fin, l’espoir grandit que les villes joueront un rôle central l’année prochaine à Belem (Brésil). Tous les signaux sont au vert :
« La COP30 doit être la COP des villes, car le climat est au cœur du lien entre les personnes », a déclaré Antonio Da Costa e Silva, conseiller international en chef au ministère brésilien des villes.

Espérons que les dirigeants nationaux aient reçu le message.

Conférence Publique

Environment - News section

« Gérer l’avenir pour la résilience environnementale »


Le CCRE et ALDA ont le plaisir d’annoncer la Conférence Publique « Gérer l’avenir pour la résilience environnementale », organisée le 9 octobre, de 11h00 à 17h00. La conférence sera une occasion d’échanger de manière interactive sur la manière de surmonter la préférence pour des solutions à court terme en matière de gestion locale du changement climatique et de planification pour une gouvernance environnementale plus participative et préparée.

La conférence offre une plateforme interactive pour explorer comment dépasser le court-termisme dans la gestion locale du climat, en mettant l’accent sur une gouvernance environnementale orientée vers l’avenir et participative. Elle débutera par un discours d’ouverture de l’Agence européenne pour l’environnement, suivi d’un débat en panel intitulé « Élaboration de politiques locales et régionales pour un avenir durable », avec des intervenants institutionnels discutant des défis auxquels font face les villes européennes et des approches innovantes pour lutter contre le changement climatique. L’après-midi, des experts partageront des perspectives sur la prospective stratégique et les éléments clés pour des politiques climatiques tournées vers l’avenir, y compris la coopération décentralisée, l’élaboration participative des politiques et l’éducation non formelle.

Inscrivez-vous ici et rejoignez-nous le 9 octobre !

Le projet FOSTER vise à contribuer au développement de cadres de gouvernance qui peuvent aborder de manière efficace et inclusive les défis environnementaux futurs au niveau local, en favorisant la prospective stratégique et la gestion préventive locale des phénomènes liés au changement climatique. Il s’agit d’un projet de deux ans financé par le programme CERV – Citoyens, Égalité, Droits et Valeurs de l’Union européenne.

Loi sur la restauration de la nature

Green City - News Section

Les villes et les régions appellent à l’adoption rapide de la loi européenne sur la restauration de la nature pour lutter contre les crises climatiques et de la biodiversité


Alors que l’Europe est confrontée à des défis environnementaux croissants – perte de biodiversité, vagues de chaleur dues au climat, pollution – les villes et les régions intensifient leur appel à l’action. Les partenaires du Partenariat pour des villes vertes dans le cadre de l’Agenda urbain de l’UE, dont de nombreux gouvernements locaux et régionaux, ont publié une lettre conjointe appelant les États membres de l’UE à adopter rapidement la loi sur la restauration de la nature, longtemps retardée.

Les autorités locales sont souvent en première ligne face aux crises environnementales. Avec plus de 70 % des Européens vivant en zone urbaine, la restauration des espaces verts est non seulement une priorité climatique, mais aussi un impératif de santé publique et de qualité de vie. La loi proposée fournirait un cadre attendu de longue date pour renforcer la biodiversité, adapter les villes à la hausse des températures et soutenir une utilisation durable des sols.

Les retards dans l’adoption de la loi compromettent non seulement l’action environnementale urgente, mais menacent également la confiance démocratique dans les processus décisionnels de l’UE. Un accord provisoire entre le Parlement européen et le Conseil a été conclu il y a plusieurs mois, et ne pas le finaliser maintenant enverrait un mauvais signal, tant aux citoyens européens qu’à la communauté internationale.

Le CCRE et ses partenaires soulignent : restaurer la nature n’est pas une option. C’est essentiel ! Les gouvernements locaux sont prêts à agir, mais ils ont besoin d’une volonté politique au niveau européen à la hauteur de leur ambition.

Pour plus d’informations, contactez : 

La Santé des Sols

Les négociations sont en cours sur l’adoption d’une directive sur la santé des sols


Dans un continent où plus de 60 % des sols sont estimés être en mauvaise santé, il est aujourd’hui impératif de s’attaquer à la dégradation des sols. Les preuves scientifiques soulignent la tendance alarmante de la détérioration des sols, causée par des pratiques de gestion des terres non durables, la contamination et les impacts croissants du changement climatique. Cette dégradation met non seulement en péril les services écosystémiques essentiels, mais elle entraîne également un coût économique important, la Commission européenne estimant que la dégradation des sols coûte chaque année au moins 50 milliards d’euros à l’UE.

Le suivi des sols, déjà pratiqué dans plusieurs États membres de l’UE, implique souvent la participation des régions et des municipalités. Les autorités publiques détiennent fréquemment la propriété des terres, et elles sont directement touchées par les problèmes de santé des sols. Par conséquent, elles jouent un rôle crucial dans la surveillance et la gestion de la santé des sols dans leurs juridictions.

En juillet 2022, la Commission européenne a présenté sa proposition de Directive sur la Surveillance et la Résilience des Sols, visant à garantir des sols sains à travers l’Europe d’ici 2050. La directive comprend trois éléments principaux :

  1. Un cadre de surveillance complet couvrant tous les sols de l’UE, permettant aux États membres de prendre des mesures pour régénérer les sols dégradés.
  2. La promotion de la gestion durable des sols : Les États membres définiront des pratiques de gestion durable des sols tout en limitant les activités contribuant à la dégradation des sols.
  3. L’identification et la réhabilitation des sites contaminés : Les États membres devront identifier les sites potentiellement contaminés, mener des enquêtes et atténuer les risques pour la santé humaine et l’environnement.

CEMR se réjouit de la proposition législative de la Commission, qui équilibre de manière appropriée ambition et faisabilité pour les États membres. Nous proposons six messages clés pour les négociations avec le Parlement européen et le Conseil :

  1. Accent sur le suivi des sols : CEMR soutient que l’objectif principal de la directive soit le suivi des sols et plaide pour la mise en place d’un cadre de surveillance pratique visant à améliorer la santé des sols.
  2. Implication des gouvernements locaux et régionaux : CEMR souligne l’importance d’impliquer les autorités infranationales dans la mise en œuvre de la loi sur la surveillance des sols, en veillant à une collaboration au sein des cadres nationaux existants, sans imposer de charges administratives excessives.
  3. Cadre de mise en œuvre flexible : Il est primordial de privilégier la flexibilité au niveau national pour tenir compte des variations locales et garantir une adaptation efficace dans les différents États membres.
  4. Soutien à une approche basée sur les risques : CEMR approuve l’adoption d’une approche basée sur les risques, en mettant l’accent sur des considérations telles que l’utilisation des terres dans les cadres de surveillance et les efforts de réhabilitation.
  5. Approche réaliste pour atténuer l’artificialisation des sols : CEMR plaide pour l’établissement d’un mécanisme de compensation au niveau agrégé afin d’atténuer les impacts de l’artificialisation des sols, adapté aux spécificités locales et régionales.
  6. Renforcement du principe du pollueur-payeur : Pour prévenir la pollution des sols et parvenir à des sols sains d’ici 2050, CEMR souligne l’importance de définir des normes de prévention de la pollution parallèlement aux efforts de surveillance et de réhabilitation.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Depuis la publication de la proposition législative par la Commission l’année dernière, des progrès significatifs ont été réalisés pour faire avancer la loi sur la surveillance des sols. La proposition bénéficie d’un large soutien, notamment avec son adoption par la Commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire (ENVI) le 11 mars 2023. Le rapporteur, le député européen Martin Hojsík, a fortement contribué à l’inclusion des vues des autorités locales et régionales dans le projet de rapport. À mesure que les discussions se poursuivent, nous appelons les députés européens à soutenir l’adoption du projet de rapport en plénière le 10 avril.

Les négociations en trilogue reprendront après les élections européennes, sous réserve de l’adoption par le Conseil d’une approche générale.

Sommet de Wallonie 2024

Le CCRE porte la voix des collectivités locales et régionales au Sommet Climat Chance Europe 2024 en Wallonie


Le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) a représenté la voix des gouvernements locaux et régionaux lors du Sommet Climat Chance Europe 2024 Wallonie, organisé par la présidence belge les 8 et 9 février à Liège.

Eva Banos, conseillère du CCRE pour les agendas mondiaux, les Objectifs de Développement Durable (ODD) et le climat, a animé la session intitulée : « Coopération transfrontalière et décentralisée – Comment renforcer l’adaptation au changement climatique fondée et menée par les communautés ». Cette session a mis l’accent sur l’autonomisation des citoyen·ne·s et des communautés, et sur la nécessité de repenser la gouvernance multiniveau de manière plus ancrée dans les territoires.

Lors du sommet, Marlon Hilden, chargé de mission Climat et Financement durable au CCRE, a présenté les résultats de l’étude « Powering the Future: Driving Europe’s Climate and Energy Policies through Regions and Municipalities », apportant des analyses cruciales qui devraient influencer et orienter les politiques climatiques et énergétiques européennes aux niveaux régional et local.

L’événement s’est conclu par la signature de la « Déclaration de Liège » : une feuille de route pour l’adaptation au changement climatique en Europe à destination des acteurs non étatiques.

Commission européenne

Le CCRE engage un dialogue avec la Commission européenne sur la mise en œuvre du Pacte vert au niveau local et régional


Le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) s’est réuni cette semaine avec Maroš Šefčovič, vice-président exécutif chargé du Pacte vert pour l’Europe à la Commission européenne. Cette rencontre a constitué une occasion importante pour le CCRE de dialoguer avec la Commission sur la mise en œuvre du Pacte vert au niveau local et régional.

Federica Bordelot, directrice des politiques et de l’impact, et Marlon Hilden, chargé de mission Climat et Financement durable, ont participé aux échanges. Lors de la réunion, ils ont souligné l’importance de l’implication des gouvernements locaux et régionaux (GLR) dans la réalisation des objectifs du Pacte vert. La délégation du CCRE a profité de l’occasion pour mettre en avant des initiatives exemplaires présentées dans ses dernières études, illustrant des modèles de réussite pouvant être reproduits dans d’autres communes et régions européennes. Le CCRE a également exprimé ses préoccupations concernant la participation relativement faible des GLR aux processus décisionnels et à la mise en œuvre des politiques. Il est essentiel de remédier à cette situation afin d’assurer l’inclusivité et l’efficacité des politiques environnementales sur le terrain.

Le dialogue a mis en lumière l’importance d’un effort coordonné entre la Commission européenne et les entités locales et régionales pour construire un avenir durable et résilient. Alors que les discussions se poursuivent, le CCRE reste déterminé à apporter des contributions pertinentes et à défendre l’implication active des gouvernements locaux et régionaux dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques environnementales à travers l’Europe.

Gestion durable des déchets textiles

Textile Waste - News

Renforcer la législation européenne sur les déchets grâce à la collaboration locale et à la responsabilité des producteurs


Alors que l’UE se prépare à mettre en œuvre les principales dispositions de la directive-cadre révisée sur les déchets — notamment l’obligation de collecte séparée des textiles d’ici janvier 2025 — le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) appelle à des améliorations urgentes pour garantir l’équité, la clarté et l’efficacité de la gestion des déchets textiles. S’appuyant sur l’expérience de terrain et les bonnes pratiques politiques, en particulier le système français de Responsabilité élargie du producteur (REP), le CCRE formule des recommandations ciblées pour combler les lacunes législatives critiques et renforcer la capacité des gouvernements locaux à mettre en œuvre des solutions durables en matière de déchets.

1. Élargir la définition des déchets textiles

La directive actuelle se concentre uniquement sur les « textiles ménagers », excluant ainsi des sources importantes de déchets textiles provenant de milieux commerciaux et institutionnels tels que les hôtels, hôpitaux, restaurants, bureaux et écoles. Le CCRE recommande une définition plus large et plus inclusive des « déchets textiles » qui reflète la diversité de leurs origines et respecte le principe du pollueur-payeur.

2. Clarifier le rôle des entreprises sociales

Les entreprises sociales jouent un rôle essentiel dans la collecte, le tri, le réemploi et la revente des textiles. Ces acteurs doivent être pleinement reconnus dans la législation sur les déchets et les cadres REP, avec un accès équitable au financement et aux opportunités de partenariat. Leurs contributions uniques peuvent renforcer l’économie circulaire tout en apportant des bénéfices sociaux significatifs.

3. Renforcer la Responsabilité élargie du producteur (REP) pour les textiles

a) Aligner les échéances de mise en œuvre
Il existe actuellement un décalage entre l’obligation de collecte séparée des textiles en 2025 et la mise en œuvre prévue de la REP, qui pourrait n’entrer en vigueur qu’en 2027 ou 2028. Le CCRE demande que le dispositif REP soit mis en œuvre simultanément avec l’obligation de collecte, et que les producteurs remboursent rétroactivement les collectivités pour les coûts liés à la collecte à partir de janvier 2025.

b) Reconnaître les collectivités locales comme partenaires clés
Les municipalités sont au cœur de la collecte des déchets et de la sensibilisation des citoyens, mais leur rôle n’est pas clairement défini dans le cadre REP proposé. Le CCRE demande une collaboration obligatoire entre les organismes de responsabilité des producteurs (ORP) et les municipalités pour garantir des systèmes de collecte harmonisés et une communication publique cohérente.

c) Assurer une couverture complète des coûts
Le financement de la REP doit couvrir non seulement les coûts d’infrastructure et d’exploitation, mais aussi les campagnes continues de communication publique, essentielles pour un tri et un réemploi réussis. De plus, les producteurs devraient assumer une part de responsabilité pour les textiles restant dans les déchets résiduels, afin d’encourager un meilleur éco-conception et un comportement plus responsable des citoyens.

d) Inclure les textiles invendus dans les obligations REP
Afin d’aligner la directive sur le Règlement sur l’écoconception des produits durables, qui interdit la destruction des invendus, le CCRE plaide pour l’inclusion des textiles invendus dans le champ d’application de la REP. Une définition claire devrait être ajoutée à la directive pour garantir une gestion responsable et transparente de ces produits.

4. Introduire des mesures claires de prévention des déchets textiles

La surproduction et la mode éphémère sont des facteurs clés de la crise des déchets textiles en Europe. La directive révisée doit aller au-delà de la simple gestion des déchets et aborder la prévention à la source. Cela inclut des incitations à la conception durable, à la durée de vie prolongée, aux systèmes de réemploi, et à la régulation contre la surproduction.

Étude de cas : le système REP « Refashion » en France

Le programme pionnier de REP en France, « Refashion », constitue un modèle éprouvé. Depuis 2007, il a triplé les taux de collecte et de recyclage des textiles post-consommation. En 2020 seulement, il a mobilisé plus de 4 000 producteurs et alloué 36 millions d’euros au tri, à des projets communautaires et à l’innovation. Près de 40 % des textiles mis sur le marché ont été collectés, contre 27 % en 2013, avec un taux de valorisation matière de 90 % et de réemploi direct de 50 %.

Cette réussite démontre que la responsabilisation des producteurs, combinée à une coopération public-privé solide, peut générer des progrès significatifs. Toutefois, des défis subsistent, notamment le tri manuel intensif et la difficulté à recycler les fibres mélangées, qui doivent être abordés au niveau européen.

Conclusion

Avec les bonnes révisions, la directive-cadre sur les déchets mise à jour peut devenir un outil puissant pour transformer la gestion des déchets textiles en Europe. Le CCRE exhorte les institutions européennes à agir de manière décisive en harmonisant les calendriers, en renforçant le rôle des collectivités locales et en assurant une répartition équitable des responsabilités sociales et environnementales tout au long de la chaîne de valeur textile. Ce n’est qu’à cette condition que l’UE pourra véritablement progresser vers un avenir circulaire, équitable et durable.

Lire le document de position ici 

Pour plus d’informations, contactez :

Résoudre le problème des déchets textiles

Textile Waste Management - News

Le CCRE appelle à un rôle local renforcé et à une responsabilité accrue des producteurs dans la réforme européenne de la gestion des déchets textiles


En réponse à la proposition de la Commission européenne de réviser la directive-cadre sur les déchets, le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) a publié des messages clés afin de garantir que les autorités locales et régionales soient au cœur d’un système de gestion des déchets textiles équitable et efficace.

La révision, qui inclut la mise en place obligatoire de systèmes de Responsabilité élargie des producteurs (REP) pour les textiles, est saluée par le CCRE. Toutefois, des améliorations urgentes sont nécessaires pour garantir une mise en œuvre rapide, une couverture complète des coûts et des rôles clairement définis pour les autorités publiques et les entreprises sociales.

Les recommandations du CCRE soulignent plusieurs domaines critiques :

  • Élargir la définition des déchets textiles pour inclure les sources non domestiques telles que les hôtels, hôpitaux et bureaux.
  • Clarifier le rôle des entreprises sociales et garantir leur intégration complète dans les systèmes REP.
  • Aligner les délais de collecte séparée (prévue d’ici 2025) avec la mise en place des systèmes REP afin d’éviter des obligations non financées pour les municipalités.
  • Garantir la couverture totale des coûts liés à la collecte, au tri, au traitement et aux campagnes de sensibilisation.
  • Inclure les textiles invendus dans le champ d’application de la REP, conformément au futur règlement sur l’écoconception.
  • Promouvoir la prévention, notamment en luttant contre la surproduction et la fast fashion.

En s’inspirant des bonnes pratiques du dispositif « Refashion » en France, le CCRE montre comment la REP peut favoriser des taux plus élevés de collecte et de réutilisation, stimuler l’innovation et améliorer la coopération tout au long de la chaîne de valeur, mais uniquement si elle est correctement mise en œuvre.

Le CCRE appelle les institutions de l’UE à intégrer ces recommandations dans la directive révisée afin de permettre aux gouvernements locaux de continuer à jouer un rôle moteur dans l’économie circulaire, sans être accablés par des obligations non financées.

Pour plus d’informations, contactez :

CCRE et Eurocities

CEMR & Eurocities - News 2023

En réponse à la proposition de loi sur la restauration de la nature présentée par la Commission européenne, le CCRE et Eurocities ont publié une lettre conjointe appelant à des amendements, afin de permettre son adoption effective par les villes européennes


Cette proposition vise à restaurer les écosystèmes, les habitats et les espèces sur les terres et mers de l’UE, dans le but de permettre une récupération durable et à long terme d’une nature résiliente et riche en biodiversité. Elle contribue également aux objectifs climatiques de l’UE en matière d’atténuation et d’adaptation au changement climatique, ainsi qu’au respect des engagements internationaux. Des objectifs spécifiques sont fixés pour 2030, 2040 et 2050, avec un renforcement progressif au fil du temps.

Dans leur lettre conjointe, le CCRE et Eurocities ont exprimé leur soutien à la proposition, tout en soulignant l’importance d’objectifs plus clairs, inclusifs et complets, prenant en compte la qualité des espaces verts autant que leur quantité.

Les deux organisations ont également recommandé de compléter les données satellitaires de l’UE par des données locales et nationales afin d’améliorer la précision du suivi de la mise en œuvre des objectifs. Enfin, elles ont appelé à augmenter les financements destinés aux autorités locales pour leur permettre d’assumer les responsabilités croissantes liées à cette loi.