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L’inclusion commence au niveau local

Inclusive Migration - News 2023

Leçons clés du projet IncluCities pour améliorer l’intégration des migrants grâce à la coopération multiniveaux


Le projet IncluCities, dirigé par le CCRE et financé par le programme FAMI de l’UE, a démontré comment les gouvernements locaux et régionaux (GLR) peuvent conduire des politiques migratoires inclusives lorsqu’ils disposent des bons outils et du soutien nécessaire. Pendant trois ans, huit villes et six associations nationales ont collaboré dans un programme de mentorat visant à améliorer les stratégies locales d’intégration des ressortissants de pays tiers.

Grâce à des évaluations des besoins, des plans d’action et des académies de formation, IncluCities s’est concentré sur une véritable collaboration entre les villes et leurs associations, sous la coordination du CCRE. Le projet a clairement montré que l’échange entre pairs et le soutien coordonné permettent d’élaborer des politiques plus efficaces et durables.

De la pratique à la politique

Sur la base de l’expérience du projet, le CCRE formule sept recommandations clés :

  • Adopter une approche communautaire globale – Les politiques d’intégration doivent bénéficier à tous les résidents, et pas uniquement aux nouveaux arrivants, en promouvant une citoyenneté locale active.
  • Promouvoir l’inclusion plutôt que l’adaptation – L’inclusion doit être un processus réciproque impliquant l’ensemble de la communauté, et pas uniquement les migrants.
  • Former l’ensemble de l’écosystème – Une action durable nécessite la collaboration entre services municipaux, société civile et communautés migrantes.
  • Garantir une participation significative – La participation doit être reconnue comme un droit fondamental et intégrée dans les structures de gouvernance locale.
  • Soutenir les femmes migrantes – Les femmes jouent un rôle clé dans les communautés et doivent être placées au cœur des efforts d’inclusion.
  • Améliorer la gouvernance multiniveaux – Une coopération renforcée entre les niveaux européen, national et local est essentielle, tout comme un accès direct au financement.
  • Créer des réseaux de soutien locaux – Des partenariats regroupés permettent aux villes de partager leurs connaissances et de faire entendre leur voix dans les débats nationaux.

Conclusion

Les gouvernements locaux et régionaux sont essentiels à la gestion de l’intégration, mais restent sous-représentés dans l’élaboration des politiques de l’UE. Alors que le nouveau Pacte sur la migration et l’asile avance, le CCRE appelle à une inclusion pleine et entière des voix locales dans la définition des politiques migratoires, en particulier celles des petites et moyennes villes, qui sont les plus proches du terrain.

Lire le document de position complet ici

Pour plus d’informations, contactez :

Délégation municipale ukrainienne

Bridges of Trust Branding - News 2024

Une délégation des gouvernements locaux et régionaux ukrainiens est en visite d’étude en Hongrie dans le cadre de l’initiative « Bridges of Trust », où elle s’est rendue au Centre d’information et de coordination des gouvernements locaux de TÖOSZ


La délégation ukrainienne a été accueillie par le Secrétaire général de TÖOSZ, Dr Ferenc Gyergyák. Les participants ont échangé sur les systèmes de gouvernance locale en Hongrie et en Ukraine, la réforme de décentralisation en Ukraine, ainsi que le rôle des collectivités locales en temps de guerre.

Cette visite vise à faire progresser des projets de reconstruction dans les régions de Kyiv, Soumy et Poltava. Un travail approfondi est en cours avec trois municipalités membres de TÖOSZ : Bácsalmás, Budakeszi et Pápa.

Le projet « Bridges of Trust » est mis en œuvre par le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE), en partenariat avec l’Association des Villes d’Ukraine (AUC) et avec le soutien du programme U-LEAD with Europe. Son objectif est de contribuer aux efforts de reconstruction en Ukraine. Dans ce cadre, les associations de collectivités locales de 10 membres du CCRE, dont TÖOSZ, encouragent la création de 30 nouveaux partenariats municipaux.

La prochaine rencontre d’échange d’expériences, de connaissances et d’expertise se tiendra en Lettonie dans une semaine. Un Forum de solidarité aura également lieu le 8 mai en Lettonie pour promouvoir la coopération municipale entre les municipalités ukrainiennes et européennes, présenter les meilleures initiatives locales de soutien, sensibiliser aux efforts de relèvement et de reconstruction, et discuter des défis rencontrés et des solutions apportées.

Plus d’informations disponibles sur la page Facebook de TÖOSZ

Pacte des Maires

Covenant of Mayors - News 2023

Pacte des Maires


Les maires mettent en lumière le rôle essentiel des villes lors d’une discussion avec la Commission européenne sur la crise énergétique et les objectifs climatiques

Article du Pacte des Maires

Le Conseil politique du Pacte des Maires a rencontré les directeurs généraux de la DG Énergie et de la DG Action pour le Climat de la Commission européenne les 29 et 30 mars. À cette occasion, les maires ont profité de l’urgence de la crise énergétique pour faire passer un message clair : les villes jouent un rôle clé pour réduire la dépendance de l’Europe au gaz russe tout en atteignant les objectifs de neutralité climatique de l’UE. Le soutien constant des institutions européennes aux villes reste donc indispensable.

La force du Pacte des Maires réside dans sa dimension politique, avec un conseil de dix maires issus de villes pionnières. Ce conseil se réunit régulièrement avec des représentants de haut niveau de la Commission européenne pour exprimer les besoins les plus urgents des villes. Cela permet un dialogue permanent entre les collectivités locales et les institutions européennes, en matière de climat et d’énergie.

Cette année, la crise énergétique a été au centre des échanges à Bruxelles, lors de la Conférence 2023 du Pacte des Maires et des réunions du conseil. Cette crise a mis en lumière le rôle crucial des villes dans la réalisation des objectifs européens – et les maires ont saisi cette occasion pour faire entendre leur voix.

Donner aux villes les moyens de faire face aux crises énergétique et climatique

« Notre réponse à la crise énergétique est aussi une réponse à la crise climatique. C’est l’objectif de RePowerEU : réduire notre dépendance à l’énergie russe tout en s’alignant sur le Pacte vert pour l’Europe. »
Ditte Juul Jørgensen, Directrice générale de l’énergie – Commission européenne

Lors de sa rencontre avec les maires, Ditte Juul Jørgensen a souligné l’importance des villes dans la mise en œuvre des objectifs de REPowerEU et du Pacte vert européen. Elle a mis en avant des initiatives comme la Cities Energy Saving Sprint, qui montre le potentiel d’action à l’échelle locale.

Elle a aussi insisté sur la nécessité de changements structurels au-delà des réussites de l’hiver passé, notamment via la réforme du marché de l’électricité, destinée à renforcer le rôle des consommateurs et des communautés locales. Dans cette perspective, les villes sont des partenaires clés.

Les maires ont salué le travail remarquable de la DG Énergie pour sécuriser l’approvisionnement énergétique de l’Europe, tout en rappelant qu’ils ont été des acteurs fondamentaux dans cette réussite. Et, à ce titre, les villes doivent être associées durablement à la politique énergétique européenne.

Vers la neutralité climatique : les villes, moteurs du changement

Après la conférence du 30 mars, le Conseil a rencontré Kurt Vandenberghe, directeur général de la DG Climat. L’objectif de neutralité climatique d’ici 2050 et la mise en œuvre du Green Deal étaient au cœur des échanges.

M. Vandenberghe a lui aussi reconnu l’importance des villes et a sollicité leur retour sur plusieurs programmes les impliquant directement, tels que :

« Les villes sont des lieux d’innovation. Nous pouvons apprendre énormément de vous sur la mise en œuvre concrète des politiques européennes comme Fit for 55. »
Kurt Vandenberghe, Directeur général pour le climat – Commission européenne

Lors de ces deux rencontres, les maires ont affirmé que la crise énergétique représente une opportunité d’accélérer la transition énergétique locale. L’énergie est désormais une priorité politique européenne. Mais pour transformer cette impulsion en actions concrètes, les villes doivent recevoir un soutien adapté à tous les niveaux.

Les messages des maires aux deux directeurs généraux étaient concrets et clairs :

1. Les villes, clés de la mise en œuvre

Le message principal était limpide : sans les villes pour mettre en œuvre les politiques sur le terrain, l’Union européenne n’atteindra jamais ses objectifs.

Ce qui a véritablement donné le ton de la réunion, c’est le sentiment d’urgence : tous ont convenu que « le moment, c’est maintenant ». La mise en œuvre ne peut plus attendre, et les villes sont essentielles pour accélérer la transition sur le terrain. C’est là que le changement s’opère. À ce stade, il est crucial que l’UE capitalise sur ce potentiel et augmente son soutien aux villes.

2. Donner aux villes les moyens de mettre en œuvre la transition énergétique

Ce soutien accru devrait prendre plusieurs formes :

En plus du financement, une autre préoccupation majeure des maires concerne le manque de capacité, d’expertise et de compétences disponibles au niveau local pour mettre en œuvre la transition. Ils ont demandé à l’UE de les aider à recruter plus de personnel local pour le climat (#localstaff4climate), en soulignant deux grands obstacles à l’adoption des énergies renouvelables dans les territoires : le manque de ressources humaines et le déficit d’expertise.

Les maires ont suggéré que l’UE finance des agences régionales de l’énergie pour soutenir la transition énergétique locale. Ce type d’agences serait particulièrement utile pour les villes frontalières, en facilitant la réalisation de projets énergétiques transfrontaliers, actuellement très complexes. Cela renforcerait les producteurs locaux et régionaux, et par extension, les citoyens.

Ils ont demandé à l’UE des financements plus directs vers les collectivités locales pour des projets concrets. Ce financement devrait aussi être plus durable, au-delà des projets limités à 2 ou 3 ans.

3. Faire pression sur les gouvernements nationaux pour qu’ils coopèrent

Les gouvernements nationaux devraient jouer un rôle de soutien en canalisant les financements et les compétences. Or, ils deviennent souvent un obstacle — voire le principal obstacle — à l’action locale. Non seulement ils ne s’alignent pas toujours sur les niveaux locaux, mais parfois, ils retiennent les financements ou bloquent des initiatives pour des raisons politiques, comme l’a souligné le maire de Varsovie, Rafał Trzaskowski, en évoquant la montée du populisme dans certains gouvernements nationaux européens.

La Directrice générale de l’énergie, Ditte Juul Jørgensen, a reconnu l’importance de la mise à jour actuelle des Plans Nationaux Énergie-Climat (PNEC), et a rappelé l’article 11 du Règlement sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action pour le climat, qui oblige les États membres à impliquer les collectivités locales dans ce processus via la mise en place de dialogues énergie-climat.

De son côté, le Directeur général pour le climat, Kurt Vandenberghe, a lui aussi mentionné ce règlement, en soulignant que sa révision prochaine constituait une opportunité pour renforcer le rôle des villes dans l’élaboration des politiques européennes. Il a rappelé que la Commission européenne demande également aux États membres de consulter les collectivités locales pour la mise en œuvre du Fonds social pour le climat.

Les maires ont donc appelé l’UE à faire respecter l’article 11 et à tenir les gouvernements nationaux responsables de sa mise en œuvre. Ils ont également demandé à l’UE de soutenir plus visiblement les efforts des villes dans l’application des objectifs et des étapes européennes, afin d’aider les villes à renforcer leurs ambitions et à affaiblir les oppositions qui peuvent venir du niveau national.

Source de l’article : Pacte des Maires (Covenant of Mayors)

Expertise pour le projet Bridges of Trust

BoT Consultant - CEMR

Recherche d’une expertise externe pour animer des formations sur l’impact des politiques européennes


Le CCRE est à la recherche d’un expert externe basé dans un État membre de l’UE pour animer des formations sur l’impact des politiques de l’Union européenne sur les collectivités locales.

  • Date limite de candidature : 10 avril 2023
  • Pour plus d’informations, veuillez consulter notre appel d’offres.

Cohésion européenne 

European cohesion - News 2023

Promouvoir la cohésion européenne au niveau local : l’appel à candidatures du Prix Empereur Maximilien s’adresse aux jeunes Européens


Le Prix Empereur Maximilien récompense des réalisations exceptionnelles dans tous les secteurs liés à la cohésion européenne. L’édition de cette année met l’accent sur la jeunesse et sur les projets inspirants qui encouragent les jeunes à façonner leur avenir. Les candidats à l’édition 2023 sont invités à soumettre leur candidature avant le 20 avril.

Le prix est ouvert aux citoyens des 27 pays membres de l’Union européenne et/ou des 46 pays membres du Conseil de l’Europe. Les initiatives proposées doivent renforcer la cohésion européenne et présenter des bonnes pratiques locales pouvant être reproduites dans d’autres communautés. Les candidatures doivent être déposées en ligne avant le 20 avril 2023.

Le jury est composé de représentants de cinq institutions, dont le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE). Fabrizio Rossi, Secrétaire général du CCRE, a déclaré :

« Nous sommes honorés de participer à cet événement depuis 1999, car il représente à la fois une célébration et un encouragement des efforts en faveur d’une intégration européenne approfondie. »

En mai, le jury se réunira pour évaluer les projets selon divers critères : durabilité, créativité, visibilité, etc.

Le projet lauréat recevra le Prix Empereur Maximilien lors d’une cérémonie prestigieuse à Innsbruck en novembre. Le prix comprend :

  • 10 000 € de soutien financier,
  • un certificat,
  • une médaille de l’empereur Maximilien Ier datant de 1509.

Pour plus d’informations sur l’éligibilité et les critères de sélection, consultez le « Guide du candidat » officiel.

À propos du Prix

Le Prix Empereur Maximilien est un prix européen biennal, créé en 1997 par la Ville d’Innsbruck et la Région du Tyrol en l’honneur d’Alois Lugger, ancien maire d’Innsbruck. Ce prix vise à récompenser des initiatives locales et régionales qui incarnent le processus d’unification européenne, à travers la solidarité et des efforts durables.

En 2021, le projet « #EuropagegenCovid19 / #EUmythbusters », qui luttait contre la désinformation sur le Covid avec des contenus en ligne humoristiques et pédagogiques, a été récompensé pour sa contribution à l’intégration européenne.

Jury de l’édition 2023

Le jury sera composé de représentants de :

  • la Ville d’Innsbruck,
  • la Région du Tyrol,
  • l’Université d’Innsbruck,
  • le Comité européen des régions,
  • le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe,
  • l’Assemblée des Régions d’Europe,
  • et le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE).

Contact

Bridges of Trust – Expertise

BoT Expertise - News 2023

Recherche d’une expertise externe pour animer des formations sur l’impact des politiques de l’UE


Le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) est à la recherche d’un expert externe, basé dans un État membre de l’Union européenne, pour animer des formations sur l’impact des politiques de l’UE sur les gouvernements locaux.

Date limite pour postuler : 10 avril 2023

Pour plus d’informations, veuillez consulter notre appel d’offres.

Femmes en Ukraine

Women in Ukraine - News 2022

« Le courage et la résilience n’ont pas de genre », déclare une conseillère municipale de Tchernihiv


À l’occasion de l’atelier « Amplifier les voix des femmes ukrainiennes dans la reconstruction post-guerre » organisé par Cities Alliance, le CCRE a été représenté par Nataliia Kholchenkova, membre du conseil municipal de Tchernihiv – une ville assiégée par la Russie pendant 39 jours au printemps 2022. Une interview a été réalisée par Cities Alliance avec Nataliia Kholchenkova pour discuter des efforts de reconstruction de la ville et du rôle que jouent les femmes dans ce processus.

Tchernihiv a été assiégée par la Russie pendant 39 jours au printemps 2022. Depuis, un processus de reconstruction a été engagé. Pourriez-vous nous partager l’expérience de la ville pendant et après le siège ? Comment la ville a-t-elle tenté de répondre aux besoins de relèvement, y compris en matière de traumatisme et de pertes humaines ?

Tchernihiv est une ville du nord de l’Ukraine, située à environ 100 km de la frontière avec la Russie et la Biélorussie. Dès le début de la guerre, la ville a été attaquée. Tchernihiv a agi comme un bouclier face aux forces russes en route vers Kyiv. Grâce à la résistance de nos citoyens, l’ennemi n’a pas pu progresser. La ville n’a pas été occupée, mais elle a été encerclée et soumise à des bombardements intensifs pendant près de 40 jours.

Tchernihiv a été fortement détruite et endommagée. Notre seul pont reliant la ville à Kyiv et au reste de l’Ukraine a été détruit. Cela nous a empêchés de recevoir toute aide humanitaire, et la ville a frôlé une véritable crise humanitaire. Nous avons vécu sans électricité, sans gaz et sans eau pendant environ deux semaines. Ce fut une période extrêmement difficile.

Le plus terrible, c’est que de nombreux habitants ont été tués. Presque chaque jour, nous apprenions la mort de nos voisins, amis, proches à cause de la guerre. L’un des problèmes majeurs était l’impossibilité d’enterrer les défunts. Sous les bombardements constants, il n’était pas possible de procéder à des funérailles. Il n’y avait plus de médicaments, et certaines personnes sont mortes faute de pouvoir se soigner.

Je tiens à souligner l’unité, le courage et la résilience de tous les habitants, qui se soutenaient mutuellement et partageaient les produits et médicaments disponibles. Il n’y avait aucune hésitation sur la manière d’agir : les hommes ont pris les armes et rejoint les forces armées ou les unités de défense territoriale locale, tandis que les femmes ont fait tout leur possible pour les soutenir – en fournissant nourriture, médicaments, vêtements, etc.

Quelles infrastructures et services ont été les plus touchés ? Comment la ville s’est-elle adaptée à leur absence ?

L’invasion russe a gravement endommagé les infrastructures sociales, critiques, et les logements. Environ 850 immeubles d’habitation collectifs ont été partiellement endommagés, 150 ont subi des dommages lourds dus à des frappes directes, et 5 ont été totalement détruits. Quelque 2 000 maisons individuelles ont été endommagées, dont 600 totalement détruites.

Les habitants partageaient tout entre eux, y compris leurs logements. Mais le pire, c’est qu’il n’y avait aucun abri. Nous n’étions pas préparés à la guerre. Au début du conflit, nous avons utilisé les caves et sous-sols comme refuges. Ce sont ces lieux qui ont servi de lieux de vie, car nous étions constamment sous les bombes, et il était trop dangereux de sortir pour chercher à manger.

Concernant les infrastructures critiques, la ville a vécu près de deux semaines sans eau. Le réseau centralisé d’eau potable a été endommagé. Sur cinq stations de pompage, deux ont été totalement détruites et deux gravement endommagées. Toute la ville – soit presque 300 000 habitants – était sans eau et sans système d’assainissement. Le chauffage urbain ne fonctionnait plus non plus. Il faisait froid, avec des températures descendant en dessous de zéro, atteignant parfois -7 °C. Il n’y avait plus d’électricité, donc aucun moyen d’utiliser des équipements électroniques, ni de téléphoner, ni de regarder les informations à la télévision ou sur internet. Nous étions complètement isolés dans les abris, uniquement accompagnés des autres personnes présentes. Mais nous avons dû survivre, coûte que coûte.

Comment les habitants ont-ils recommencé à vivre ? Comment les efforts de reconstruction ont-ils commencé ?

Pendant le siège, de nombreux habitants ont tenté de quitter la ville. Cela représentait un grand danger, et plusieurs civils ont été tués en essayant de fuir, car aucun corridor humanitaire ni conditions organisées de sortie n’étaient en place. Certaines voitures arborant des panneaux signalant la présence d’enfants et de familles à bord ont été ciblées par des tirs ennemis. C’était très dangereux, mais rester en ville l’était tout autant.

Avant la guerre, Tchernihiv comptait environ 284 000 habitants. Mi-mars, il n’en restait qu’environ 70 000. Après le retrait de l’ennemi, pendant l’été, les gens ont commencé à revenir. En septembre, environ 220 000 habitants étaient revenus. Bien sûr, il revenait au gouvernement local d’assurer la mise en place des mesures et services nécessaires à la reconstruction. Cela a aussi encouragé les citoyens à revenir.

Comment la reprise des moyens de subsistance s’est-elle organisée au retour des habitants ? Les femmes ont-elles assumé de nouveaux rôles, compte tenu de l’engagement des hommes au front ?

Je tiens à souligner le rôle des autorités locales dans le processus de reprise. Il a fallu prendre des décisions rapidement. La priorité a été de réparer les immeubles et les logements pour que les gens aient un toit, et de restaurer les systèmes d’eau et de chauffage avant l’automne et l’hiver. Il s’agissait d’un énorme travail de coordination pour fournir tous les services en même temps, et ce processus se poursuit encore aujourd’hui. Ensuite, nous avons commencé à construire de vrais abris, équipés de ventilation et de toilettes biologiques, dans les écoles et les immeubles.

Une autre action importante a été la réouverture des écoles et la reprise de l’enseignement en présentiel. Nous avons compris que les parents voulaient que leurs enfants retournent à l’école, et cela a fortement incité au retour. Désormais, l’enseignement est hybride, en ligne et en présentiel. Nous avons aussi rouvert les jardins d’enfants, tous équipés d’abris pour protéger les enfants en cas d’alerte. La reprise des structures éducatives était indispensable pour permettre aux parents de travailler. Sans garderies, les mères devaient rester à la maison.

Concernant les emplois, la situation reste difficile, car la plupart de nos entreprises étaient situées en périphérie — les zones les plus bombardées. Beaucoup de sociétés ont déménagé vers l’ouest du pays, plus sûr. Le chômage a fortement augmenté.

De nombreux hommes sont partis au front, et beaucoup de femmes se sont retrouvées seules à s’occuper des enfants. Il est très difficile de concilier emploi et garde d’enfants. Cela reste un problème, bien que des progrès aient été faits au niveau communautaire. Certaines organisations féminines offrent du soutien, mais trouver un emploi reste très compliqué avec tant d’entreprises fermées ou déplacées. Comme nous sommes une région frontalière, encore exposée à la guerre, il est difficile de convaincre des investisseurs de venir.

Notre mission, en tant qu’autorité locale, est de soutenir l’économie et de créer les conditions pour que les entreprises reviennent. Nous travaillons actuellement avec des partenaires internationaux pour attirer des investisseurs. Ces coopérations sont un signal positif pour nos habitants — cela leur montre qu’ils ont un avenir ici.

Quel a été le rôle de la société civile et des organisations locales dans les derniers mois de reconstruction ? Les femmes ont-elles pris de nouveaux rôles ?

Je souhaite souligner le rôle des organisations de bénévoles, composées en grande partie de femmes. Ces femmes ont énormément aidé en apportant de l’aide humanitaire, en rassemblant des fournitures pour les forces armées, et en soutenant l’éducation et la garde d’enfants.

L’éducation est essentielle. Elle offre un soutien psychologique crucial pour nos enfants confrontés à cette guerre terrible. La guerre cause non seulement des blessures physiques, mais aussi un traumatisme psychologique, surtout pour les femmes. Elles subissent une forte pression pour assurer la sécurité et la santé de leurs enfants, tout en travaillant. Cette charge mentale a doublé, voire triplé pendant la guerre. Le rôle des femmes a été tout simplement incroyable.

Ce que je peux affirmer avec certitude, c’est que le courage et la résilience n’ont pas de genre. Les femmes sont des leaders sur tous les fronts — éducatif, culturel, sanitaire.

Vous avez évoqué les traumatismes psychologiques. Des programmes de santé mentale ont-ils été mis en place par la ville ou des organisations locales ?

Oui, nous avons des programmes municipaux gérés par le Département de la politique sociale et un service d’aide aux personnes isolées. Nous travaillons aussi avec des organisations internationales liées à l’ONU.

Mais avec la guerre encore en cours, et la menace constante de bombardements, les femmes n’ont souvent pas le temps de s’occuper de leur santé mentale. C’est notre devoir, en tant qu’autorité locale, de leur rappeler qu’elles doivent prendre soin aussi de leur bien-être psychologique, non seulement pour elles-mêmes, mais aussi pour leurs enfants, collègues, conjoints, et la ville.

Quelle est la situation actuelle à Tchernihiv ? De quoi la ville a-t-elle le plus besoin en ce moment ?

Nous avons réussi à rétablir certains services essentiels. Les coupures d’électricité sont moins fréquentes. Nous avons équipé les écoles et infrastructures critiques de générateurs, ainsi que des entreprises. Nous organisons des activités pour les enfants. Mais il reste beaucoup à faire. Par exemple, l’éclairage public est toujours coupé pour économiser l’électricité : à 17h, il fait déjà noir dans les rues.

Ce dont la ville a le plus besoin, c’est d’un soutien financier pour la reconstruction à grande échelle. Avec notre budget municipal, nous avons pu réparer les dégâts légers et moyens, mais pas les destructions lourdes. Par exemple, nous souhaitons reconstruire deux stations de pompage, mais nous n’en avons pas les moyens. C’est également le cas pour le réseau de transport public endommagé. Nous aimerions intégrer des solutions technologiques européennes innovantes pour créer un meilleur avenir pour nos citoyens et améliorer leur qualité de vie.

Je peux affirmer que la participation des femmes à tous les niveaux d’activité et de prise de décision est plus forte aujourd’hui qu’avant, grâce à la coopération avec des organisations féminines internationales. Cela fait partie de notre processus d’intégration européenne, et c’est essentiel pour nous. Cela nous donne de la force et de la motivation pour nous unir en tant que femmes, à l’image de l’Union européenne, où de nombreuses femmes jouent des rôles majeurs en politique, dans l’économie et les affaires. Nous devons poursuivre dans cette direction.

Nataliia Kholchenkova est cheffe du département des relations internationales et des investissements au Conseil municipal de Tchernihiv. Depuis 2020, elle est également présidente de la Commission permanente sur les règlements, la légalité, la lutte contre la corruption, les libertés et droits des citoyens, ainsi que de l’association de députés « Pour l’égalité des droits et des chances » à Tchernihiv. Titulaire d’un doctorat en éducation secondaire de l’Université nationale T.H. Shevchenko « Collège de Tchernihiv », elle y a également été professeure associée. Elle est membre du conseil de l’Union des femmes de Tchernihiv, de l’Association des villes ukrainiennes (AUC), du Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE), et porte-parole PLATFORMA pour l’AUC.

Guerre en Ukraine – première déclaration

Les dirigeants locaux et régionaux européens réaffirment leur solidarité avec l’Ukraine et appellent à la paix, à la justice et à la reconstruction


À l’occasion du premier anniversaire de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, les dirigeants locaux et régionaux de toute l’Europe renouvellent leur plus ferme soutien à l’Ukraine, à son peuple et à ses institutions démocratiques.

Condamnation de l’agression

La guerre a provoqué des dévastations parmi les civils, les représentants élus et les infrastructures essentielles. L’enlèvement de maires ukrainiens et la détention continue de cinq d’entre eux illustrent l’attaque contre la démocratie et l’État de droit. Ces actes sont condamnés avec la plus grande fermeté, accompagnés d’appels urgents à la libération immédiate des dirigeants détenus.

Solidarité et soutien

Les gouvernements locaux et régionaux de toute l’Europe se tiennent fermement aux côtés de l’Ukraine. Des partenariats tels que le projet Bridges of Trust, le programme Partenariat oriental et l’Alliance européenne des villes et régions pour la reconstruction de l’Ukraine mobilisent ressources, expertise et coopération. Ces initiatives contribuent non seulement à la reprise des communautés, mais préparent également l’Ukraine à son avenir en tant que membre à part entière de l’Union européenne.

Valeurs communes

Cette déclaration rappelle que les fondements de l’Europe reposent sur la paix, la démocratie et le respect du droit international. Alors que la guerre se poursuit, les dirigeants européens rejoignent la communauté internationale pour réaffirmer la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine, et pour exhorter la Fédération de Russie à mettre fin à sa guerre illégale.

Un an après le début de ce conflit injustifié, l’engagement des municipalités, villes et régions d’Europe demeure inébranlable : se tenir aux côtés de l’Ukraine, défendre des valeurs partagées et contribuer à la reconstruction d’un avenir pacifique et démocratique.

Lire la déclaration ici

Pour plus d’informations, contactez :

Libération des maires ukrainiens

Mayors in Ukraine - News 2023

Le CCRE soutient l’Ukraine et appelle à la libération des maires capturés


À l’occasion du premier anniversaire du début de l’agression russe contre l’Ukraine, le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) demande la libération de cinq maires ukrainiens enlevés.

Dans une déclaration publiée par le Secrétariat du CCRE, la présidente Gunn Marit Helgesen condamne fermement la violation de la souveraineté de l’Ukraine :

« Un an après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, je tiens à réaffirmer mon soutien indéfectible à nos collègues ukrainiens, en particulier aux dirigeants locaux détenus. »

Gunn Marit Helgesen rappelle l’enlèvement d’élus locaux ukrainiens :

« Au cours de l’année écoulée, 35 maires ukrainiens ont été enlevés, et cinq sont toujours détenus par les forces russes. S’en prendre aux représentants élus locaux est une attaque contre les fondements mêmes de notre Europe — une Europe fondée sur le respect de l’État de droit et des libertés. Il ne peut y avoir d’Europe libre sans une Ukraine libre. »

Une déclaration de soutien

À l’occasion de cet anniversaire, le CCRE a également publié une déclaration (EN, FR, UA) réitérant son soutien total à l’Ukraine et à son peuple. L’organisation dénonce la violence ciblant les civils innocents ainsi que les élus locaux et régionaux faits prisonniers :

« Nous réaffirmons notre plein engagement à soutenir le peuple ukrainien et les représentants élus locaux et régionaux dans leur chemin vers la victoire et la reconstruction. »

Le CCRE rejoint ainsi la communauté internationale dans son soutien ferme à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine et appelle la Fédération de Russie à cesser sa guerre illégale.

Aide financière et humanitaire

Au cours de l’année passée, le CCRE et ses organisations partenaires ont exprimé leur solidarité avec l’Ukraine à travers de nombreuses actions, notamment par la mobilisation d’aide humanitaire.

L’Association des villes et communes de Slovaquie (ZMOS) a ainsi alloué 50 000 € d’aide humanitaire. Elle a également envoyé des milliers de colis contenant des fournitures médicales (pansements, compresses, désinfectants), des kits d’hygiène et des sacs de couchage d’urgence.

D’autres membres du CCRE — municipalités, régions, ONG et citoyens — ont également apporté leur aide financière. Par exemple, la municipalité de Tõrva, l’une des plus petites d’Estonie, a transféré 10 000 € de son budget local et a collecté plus de 2 000 € auprès de ses habitants pour soutenir sa ville jumelée en Ukraine, Baranivka.

Accueil des réfugiés

Les municipalités européennes ont aussi joué un rôle central en accueillant des réfugiés ukrainiens. Le CCRE et les collectivités locales ont coordonné leurs efforts pour leur venir en aide :

  • Hébergement,
  • Scolarisation des enfants,
  • Aide administrative,
  • Enseignement des langues locales.

La ville de Tbilissi a rendu les transports publics gratuits pour tous les citoyens ukrainiens, ainsi que l’accès aux services municipaux, centres culturels, sportifs et éducatifs. La municipalité a également organisé une campagne de don de sang.

Initiatives et partenariats solidaires

La solidarité s’est aussi manifestée par le maintien et la création de partenariats internationaux.
Dans le cadre de l’initiative Bridges of Trust, la municipalité de Ukmergė (Lituanie) a signé un accord de partenariat avec la ville ukrainienne de Korosten pour renforcer leur coopération.

Le maire de Korosten, Volodymyr Moskalenko, a salué cette amitié :

« Chacune de nos conversations commence par la question : ‘Comment pouvons-nous vous aider ?’ »
Selon lui, « la ville a trouvé de véritables amis ».

Et pour l’avenir ?

L’attaque russe ayant laissé de nombreuses villes ukrainiennes en ruines, la reconstruction sera un enjeu majeur dans les années à venir.
Des efforts sont déjà en cours, principalement à l’échelle régionale, mais le CCRE appelle ses membres à intensifier leur soutien.

En soutenant pleinement l’initiative phare du CCRE — le programme de partenariat avec les municipalités ukrainiennes, actuellement mis en œuvre avec l’appui du programme U-LEAD with Europe, les collectivités locales peuvent contribuer à la reconstruction de l’Ukraine et renforcer la coopération internationale municipale.

RFSC – Villes Globales

RFSC - News 2022

C’est terminé ! Le réseau pilote « Global Goals for Cities » est achevé !


À travers l’Europe, les 19 villes membres du réseau se sont rendues visite, ont appris les unes des autres et ont élaboré ensemble leurs plans d’action intégrés, afin de mieux mettre en œuvre les Objectifs de Développement Durable (ODD) dans leur planification urbaine stratégique.

Pour garantir la réalisation de l’Agenda 2030 et de ses 17 objectifs, les villes sont des actrices clés. Des villes plus durables permettent de bâtir une planète meilleure. C’est pourquoi URBACT et le CCRE ont soutenu la création du réseau pilote Global Goals for Cities, dont l’objectif est d’accélérer les progrès vers la réalisation des ODD.
Dans ce cadre, 19 villes ont été sélectionnées et ont démontré leur engagement à localiser les ODD.

Nos 19 villes ont également organisé ou participé à des événements nationaux et internationaux pour présenter et partager leurs expériences et leurs résultats.

Pour mieux comprendre comment les villes peuvent contribuer aux ODD, elles ont utilisé le Cadre de Référence pour les Villes Durables (RFSC) ainsi que d’autres outils d’URBACT. Ces outils leur ont permis :

  • d’analyser les lacunes et priorités de leurs stratégies locales,
  • d’identifier les meilleures actions pour progresser sur les objectifs choisis,
  • de concevoir leurs plans d’action intégrés,
  • et d’intégrer les ODD dans leurs stratégies urbaines à long terme.

Enfin, le réseau a développé une boîte à outils pédagogique sur le programme Global Goals for Cities, disponible en ligne, afin d’aider toutes les villes à mieux localiser et mettre en œuvre les ODD dans leurs politiques locales.