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TTIP : Protéger l’autonomie locale

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Le CCRE met en garde : l’accord commercial ne doit pas compromettre les services publics ni l’autonomie locale


À mesure que progressent les négociations sur le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP), le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) appelle la Commission européenne à garantir que tout accord final respecte pleinement l’autonomie des gouvernements locaux et régionaux à travers l’Europe.

Tout en reconnaissant les bénéfices économiques potentiels du TTIP, le CCRE souligne que le libre-échange ne doit pas se faire au détriment de la gouvernance démocratique, de la qualité des services publics ou des droits des citoyens. Il insiste pour que les autorités locales et régionales (ALR) conservent la liberté de concevoir et de fournir des services publics adaptés aux besoins de leurs communautés.

Protéger les services publics

Le CCRE réclame une exclusion horizontale claire de tous les services publics dans le cadre du TTIP. Des définitions ambiguës comme « services publics » ou « services fournis dans l’exercice de l’autorité gouvernementale » sont jugées insuffisantes et sources d’incertitude juridique. Il rejette fermement les clauses de gel (“standstill”) et de cliquet (“ratchet”) qui rendraient la libéralisation irréversible, limitant ainsi les choix politiques futurs au niveau local.

Les collectivités doivent rester libres d’organiser, de financer et de fournir des services tels que l’eau, l’énergie, les transports, la santé et l’aide sociale. Ces services sont essentiels à la cohésion sociale et à l’égalité territoriale, et leur régulation ne doit pas être soumise aux règles commerciales.

Refus des privilèges pour les investisseurs

Le CCRE exprime une vive inquiétude quant à l’inclusion de mécanismes de règlement des différends entre investisseurs et États (ISDS). Ces dispositifs permettraient aux entreprises de poursuivre les autorités publiques devant des tribunaux privés, contournant ainsi les juridictions nationales et menaçant la décision démocratique et l’intérêt général. Dans des démocraties stables comme l’UE et les États-Unis, les systèmes juridiques nationaux offrent déjà une protection suffisante aux investisseurs.

Coopération réglementaire et normes

Si la coopération réglementaire peut contribuer à réduire les barrières commerciales, le CCRE insiste pour qu’elle ne conduise pas à un abaissement des normes européennes dans des domaines tels que l’environnement, la santé, la sécurité, les droits du travail ou la protection des données. Le TTIP devrait, au contraire, offrir l’occasion de rehausser les standards des deux côtés de l’Atlantique.

Les collectivités doivent également garder le droit d’imposer des règles plus strictes lorsqu’elles sont justifiées par l’intérêt général.

Transparence et responsabilité démocratique

Le CCRE critique le manque de transparence des négociations du TTIP et la faible implication des autorités locales. Étant donné les implications de l’accord sur la gouvernance locale, les ALR et leurs associations nationales doivent être véritablement impliquées dans le processus, et non simplement consultées a posteriori.

Le CCRE demande un dialogue régulier entre les négociateurs européens et les collectivités locales, ainsi qu’un rôle actif pour les parlements nationaux et le Parlement européen dans l’élaboration de l’accord.

« Le commerce ne doit jamais primer sur la démocratie. Les autorités locales ne sont pas seulement des acteurs économiques : ce sont des institutions démocratiquement élues, investies de la mission de servir l’intérêt général. Le TTIP doit en tenir compte. »
Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE)

Lire la prise de position complète ici

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Révision de la directive sur le temps de travail

Work - News Section

Le CCRE appelle à une révision équilibrée de la directive sur le temps de travail, respectueuse de l’autonomie locale et de la prestation des services publics


En réponse à la consultation publique de la Commission européenne sur la révision de la directive sur le temps de travail, le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) réaffirme sa position de longue date : toute révision doit garantir à la fois la santé et la sécurité des travailleurs, ainsi que la capacité des gouvernements locaux et régionaux (GLR) à fournir des services publics de qualité.

Le CCRE se félicite de cette opportunité de dialogue, tout en soulignant l’importance de la flexibilité, de la subsidiarité et de la clarté juridique dans toute proposition future. L’organisation insiste sur le fait que les solutions doivent être adaptées aux réalités du secteur public local et négociées par les partenaires sociaux les plus proches du terrain.

Une directive à moderniser… mais pas à n’importe quel prix

Inchangée depuis 2003, la directive sur le temps de travail doit être modernisée. Toutefois, le CCRE avertit que les modifications ne doivent pas imposer des règles universelles qui nuiraient à la capacité des municipalités et des régions à organiser efficacement leurs services.

Le CCRE soutient un cadre législatif qui laisse la place au dialogue social, permettant des solutions entre employeurs et salariés qui tiennent compte des conditions et besoins locaux. Il s’oppose également à l’élargissement du champ d’application de la directive à des domaines autres que la santé et la sécurité — comme la rémunération, la conciliation travail-vie privée ou les nouveaux modes de travail — qui relèvent soit d’une compétence non communautaire, soit de l’organisation nationale ou locale.

Flexibilité, clarté et absence d’excès

Dans sa réponse, le CCRE réitère la nécessité de :

  • Flexibilité pour adapter les règles relatives au temps de travail à la diversité des services et des contextes ;
  • Respect de l’autonomie locale et des accords entre partenaires sociaux ;
  • Clarté et sécurité juridique pour éviter toute confusion et faciliter la mise en œuvre ;
  • Pas de nouvelle initiative législative avant la publication et l’analyse complète des évaluations d’impact.

La position du CCRE repose sur son document politique de 2011, qui reste pertinent en raison du manque de suivi substantiel de la part de la Commission européenne depuis son adoption. Tant que les dernières évaluations et les retours des parties prenantes ne sont pas disponibles, toute action législative serait prématurée.

“Les gouvernements locaux et régionaux sont à la fois employeurs et prestataires de services. Ce sont eux qui savent le mieux comment équilibrer les droits des travailleurs et la nécessité d’assurer le bon fonctionnement des services essentiels, de jour comme de nuit.”
— Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE)

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