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Le Parlement interroge le modèle centralisé du CFP

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Le Parlement européen fixe les priorités du CFP 2028-2034 et remet en question le principe d’« un plan par État membre »


Le 28 avril 2026, le Parlement européen a adopté son rapport intérimaire sur la proposition de la Commission relative au cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034. Cette étape politique majeure servira de base aux négociations menées par le Parlement européen avec les États membres au sein du Conseil sur le prochain budget à long terme de l’UE. Par ce rapport, le Parlement envoie un signal clair : l’architecture budgétaire proposée par la Commission européenne risque de recentraliser le pouvoir de décision et d’affaiblir les investissements territoriaux.

Nombre de messages du rapport font écho aux appels du CCRE en faveur d’un budget qui renforce l’Europe à travers ses villes et ses régions.

En particulier, tout en confirmant les nouvelles priorités en matière de défense et de compétitivité, le Parlement européen garantit le financement de la politique de cohésion et de la politique agricole commune. Il souligne également la nécessité de concrétiser le partenariat et la gouvernance à plusieurs niveaux, notamment dans le cadre des plans de partenariat nationaux et régionaux (PPNR) proposés.

Arjen Gerritsen, commissaire du roi pour le Flevoland (Pays-Bas) et porte-parole du CEMR pour le budget de l’UE, a souligné l’importance de la position du Parlement :

« Les villes et les régions planifient leurs investissements dans l’innovation régionale, la durabilité et l’autonomie stratégique sur plusieurs décennies. Le prochain CFP doit garantir un financement prévisible et soutenir les investissements durables à long terme aux niveaux local et régional. »

Que dit le rapport intérimaire du Parlement européen ?

Un budget européen plus ambitieux, protégé de l’inflation et des pressions de la dette

Le Parlement demande que le CFP atteigne 1,27 % du revenu national brut (RNB) de l’UE et insiste pour que le service de la dette de NextGenerationEU soit traité en dehors des plafonds du CFP (c’est-à-dire sans concurrence avec les dépenses de programmes). Il soutient également une méthode d’ajustement qui protège mieux le pouvoir d’achat du budget face aux chocs inflationnistes. Cela permet au Parlement d’augmenter d’environ 10 % le budget des trois grands postes budgétaires : le modèle social européen et la qualité de vie (y compris les programmes nationaux de développement régional) ; la compétitivité, la prospérité et la sécurité (y compris le Fonds européen pour la compétitivité et Horizon 3D) ; et l’Europe dans le monde, par rapport à la proposition de la Commission.

Un rejet ferme de l’approche « à la carte » pour les États membres

L’un des messages politiques les plus forts du Parlement est son opposition à l’approche de la Commission consistant à proposer « un plan par État membre », soulignant qu’elle risque de renationaliser les politiques de l’UE, de compromettre la dimension européenne des dépenses, de créer une concurrence entre les bénéficiaires et d’affaiblir le principe de subsidiarité et la gouvernance à plusieurs niveaux.

Financement dédié aux priorités de cohésion et sociales

Le Parlement appelle à un financement solide, clairement distinct et adéquat de la politique de cohésion, du Fonds social européen (FSE+) et d’autres politiques de longue date. Il soutient que les montants « non affectés » au titre des programmes nationaux de politique de cohésion (PNPC) devraient être intégralement alloués afin d’assurer la prévisibilité pour les bénéficiaires. Il souligne également le fondement conventionnel de la politique de cohésion et plaide pour une enveloppe dédiée et robuste pour les fonds de cohésion. Toutefois, l’une des principales lacunes du rapport concerne le Fonds européen agricole pour le développement rural (FEAD), seul fonds de la politique de cohésion à ne pas bénéficier d’un budget spécifique clairement défini. Cette omission fragilise les communes et les régions rurales qui dépendent du FEAD.

Une gouvernance plus transparente : chapitres régionaux et pleine participation des collectivités locales et régionales

Le rapport intérimaire préconise la création de chapitres régionaux (conformément aux cadres institutionnels des États membres) et la pleine participation des collectivités locales et régionales à la conception, à la mise en œuvre, au suivi et à l’évaluation des programmes, en faisant explicitement référence à la gestion partagée, au partenariat et à la gouvernance à plusieurs niveaux. Il constate également que les lacunes du modèle de la Facilité pour la reprise et la résilience n’ont pas été suffisamment prises en compte dans la proposition de Programme national de relance et de soutien aux programmes (PNRPP).

Nouvelles priorités à impact territorial : logement, résilience et réponse aux crises

Le Parlement alerte sur la crise du logement, tant en termes d’accessibilité que de disponibilité, et appelle à des investissements plus stratégiques dans le logement décent, durable et abordable, l’énergie et la sécurité, tous secteurs confondus. Il plaide également pour des instruments de réponse aux crises renforcés et la création d’une réserve de solidarité dédiée aux catastrophes naturelles.

« Nous saluons la position du Parlement européen, qui envoie un signal clair en faveur d’une gouvernance à plusieurs niveaux et du rôle des collectivités locales et régionales dans la mise en œuvre des investissements de l’UE », a déclaré le porte-parole du CCRE. « À mesure que les négociations progressent, il sera essentiel que les collectivités locales et régionales soutiennent activement ces priorités dans leur dialogue avec les autorités nationales. »

Alors même que le Parlement européen adoptait son rapport intermédiaire, le groupe d’experts du CCRE sur la cohésion territoriale s’est réuni avec les représentants des États membres pour faire le point sur l’état d’avancement des négociations relatives au CFP et sur le processus d’élaboration des plans de partenariat nationaux et régionaux. Les discussions ont mis en évidence que ce processus est déjà engagé dans plusieurs États membres, avec des niveaux d’implication variables des associations de collectivités territoriales.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Call Simone épisode sur « Le budget de l’UE »

Qui décide de l’avenir de l’Europe ? La bataille autour du prochain budget de l’UE


Qui décide de l’avenir de l’Europe : les États membres, les institutions de l’UE ou les villes et les régions qui mettent en œuvre les politiques sur le terrain ?

Telle est la question au cœur des négociations sur le prochain budget à long terme de l’Union européenne (2028-2034), et le point de départ du dernier épisode de Call Simone avec Jan Olbrycht, ancien député européen et l’une des figures les plus expérimentées des négociations budgétaires de l’UE

Ce qui peut apparaître comme une discussion technique sur des chiffres et des lignes de financement est, en réalité, une lutte politique autour du pouvoir, des priorités et de la gouvernance. Et cela intervient à un moment où l’Europe doit définir ce qu’elle veut devenir : un acteur politique plus centralisé, ou une union qui reste fondamentalement différente des États-Unis – plus négociée, plus décentralisée et, en fin de compte, dépendante du consensus.

Un budget sous pression

Comme l’explique Olbrycht, le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) est façonné par un contexte exceptionnellement lourd : la guerre aux frontières de l’Europe, une concurrence mondiale croissante, le remboursement de la dette contractée pendant la pandémie et la perspective d’un élargissement.

La Commission européenne a proposé un budget nettement plus important — pouvant avoisiner les 2 000 milliards d’euros. Mais cette ambition dépend de nouvelles sources de recettes. Sans elles, l’UE risque de financer de nouvelles priorités en réduisant les dépenses existantes, transformant ainsi la négociation en un jeu à somme nulle.

Une évolution dans la manière dont l’Europe dépense et gouverne

L’un des points centraux soulevés dans la discussion est que le changement le plus controversé ne réside pas dans la taille du budget, mais dans sa structure.

Plutôt que d’organiser les dépenses autour de politiques établies comme la cohésion et l’agriculture, la proposition introduit des catégories plus larges et des plans nationaux qui regroupent différents flux de financement. Selon la Commission, cela vise à simplifier le système et à le rendre plus flexible en temps de crise

Dans la pratique, cependant, cela redistribue le pouvoir.

Cela renforce le rôle des gouvernements nationaux tout en permettant à la Commission d’imposer des priorités obligatoires — telles que des dépenses minimales en matière de climat ou le soutien aux régions moins développées. Comme le souligne Fiorella Lavorgna, animatrice du podcast, dans la conversation, cela crée un système hybride qui soulève une question clé : s’agit-il d’une simplification ou d’une nouvelle forme de centralisation ?

La véritable ligne de fracture : qui a son mot à dire

Cela nous amène à l’une des lignes de fracture politiques les plus évidentes abordées dans l’épisode : la gouvernance.

Les villes et les régions seront-elles co-auteurs de ces plans nationaux, ou simplement consultées ?

Pour des organisations comme le CCRE — dont Jan Olbrycht a également été l’un des vice-présidents entre 1995 et 2001 —, il s’agit d’une ligne rouge. L’expérience des instruments récents, tels que la Facilité pour la reprise et la résilience, a montré qu’une consultation sans véritable implication risque d’affaiblir à la fois l’efficacité et la responsabilité.

Le Parlement européen a adopté une position relativement ferme en faveur du renforcement du rôle des collectivités locales et régionales. Mais au sein du Conseil, les positions restent divisées, reflétant les différents modèles de gouvernance nationaux.

Compétitivité vs cohésion

Une autre tension majeure mise en évidence lors de la discussion concerne l’équilibre entre compétitivité et cohésion.

Le fonds pour la compétitivité proposé reflète une réorientation vers l’innovation, les industries stratégiques et l’attraction des investissements — une reconnaissance du fait que l’Europe doit renforcer sa position économique mondiale. Cela soulève des inquiétudes quant à l’avenir de la politique de cohésion, qui a longtemps joué un rôle central dans la réduction des disparités régionales.

Il ne s’agit pas simplement d’un compromis budgétaire. C’est un compromis politique : une Europe plus compétitive qui aggrave les inégalités internes risque de saper ses propres fondements.

L’élargissement et les limites de l’unité

La conversation aborde également l’élargissement.

L’intégration de pays comme l’Ukraine ou la Moldavie n’est pas seulement un défi financier, c’est un défi politique qui exige l’unanimité des États membres. Comme le souligne Olbrycht, l’élargissement dépend en fin de compte autant de la volonté des membres actuels que de l’état de préparation des pays candidats.

Cela renforce une caractéristique centrale de l’UE : sa dépendance au consensus.

Pas d’États-Unis d’Europe

Lorsqu’on lui demande qui il faudrait « appeler » pour parler à l’Europe dans dix ans, la réponse d’Olbrycht est révélatrice : pas un seul dirigeant, mais plusieurs — reflétant un système où l’autorité est partagée plutôt que concentrée.

Pour lui, l’UE ne s’oriente pas vers un modèle à dirigeant unique comme les États-Unis. Au contraire, elle conservera sa spécificité : un système politique fondé sur l’équilibre entre les institutions et les États membres, où les décisions émergent de la négociation plutôt que de la hiérarchie.

Le prochain budget de l’UE incarne cette réalité. Il ne s’agit pas seulement d’un cadre financier, mais d’un test du fonctionnement de l’Europe : peut-elle agir stratégiquement sans se centraliser, et peut-elle rester cohésive sans se fragmenter ?

En fin de compte, l’enjeu ne réside pas seulement dans le montant des dépenses de l’Europe, mais dans la manière dont elle se gouverne. Et en ce sens, l’issue de ces négociations en dira autant sur l’avenir politique de l’UE que n’importe quelle réforme des traités.

En savoir plus sur nos principales revendications concernant le budget de l’UE pour la période 2028-2034

Téléchargez ici la transcription intégrale de l’épisode

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Campagne sur le budget de l’UE – Pays-Bas

EU budget campaign 2026

Le travail de plaidoyer de nos associations nationales : le cas des Pays-Bas


Alors que les négociations sur le prochain budget à long terme de l’UE avancent sur deux fronts — à la fois entre les institutions européennes et, au sein de chaque État membre, entre les gouvernements nationaux, les parties prenantes et les réseaux régionaux et locaux —, le CCRE envoie un message clair : l’Europe fonctionne mieux lorsque les villes et les régions ont véritablement leur place à la table des négociations.

Dans ce message vidéo, Arjen Gerritsen, commissaire du roi de Flevoland et porte-parole du CCRE sur le budget de l’UE, souligne pourquoi les enjeux sont importants — non seulement pour les collectivités locales, mais pour chaque communauté européenne.

C’est dans les villes et les régions que les politiques de l’UE prennent vie. C’est là que les routes sont construites, que les logements sont planifiés, que la protection du climat est mise en œuvre, que les petites entreprises bénéficient d’un soutien et que les services publics essentiels sont fournis chaque jour. Les ambitions de l’Europe ne peuvent se concrétiser que si elles fonctionnent au niveau local.

Les discussions les plus cruciales ont actuellement lieu au sein du Conseil et du Parlement européen. C’est pourquoi les échanges entre les capitales des différents États membres sont plus pertinents que jamais. Le CCRE mobilise toutes ses forces pour défendre ses intérêts aux niveaux national et régional, en s’appuyant sur l’influence de nos associations nationales dans les États membres.

Dans cette vidéo, Arjen Gerritsen souligne que des organisations telles que l’Association des provinces des Pays-Bas (IPO) s’efforcent déjà de faire entendre la voix des régions au niveau national. Mais cet effort doit être partagé à travers l’Europe et invite tous les élus locaux et régionaux à faire de même : « Parlez à vos gouvernements. Faites entendre votre voix. Défendez la gouvernance à plusieurs niveaux. »

Notre point de vue sur la proposition actuelle de budget de l’UE

La proposition actuelle pour le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) risque d’éloigner encore davantage les décisions des collectivités locales et régionales. Et lorsque les choix sont pris trop loin de la base, les investissements perdent en efficacité — et les citoyens en ressentent les conséquences.

C’est pourquoi le message du CCRE est clair : le partenariat ne doit pas être facultatif — il doit être la norme.

Depuis des mois, le CCRE réclame :

  • Un rôle fort pour les collectivités locales et régionales dans les programmes et les fonds de l’UE
  • Des garanties claires en faveur de la gouvernance à plusieurs niveaux et du partenariat
  • Une plus grande flexibilité afin que les collectivités locales puissent réagir rapidement aux crises
  • Un budget à la hauteur des défis réels d’aujourd’hui, de l’adaptation au changement climatique au logement, en passant par les services numériques et la cohésion territoriale

La campagne du CCRE sur le budget de l’UE repose sur une vérité simple : Lorsque les collectivités locales et régionales sont impliquées dès le départ, l’Europe obtient de meilleurs résultats pour ses citoyens.

C’est ainsi que fonctionne la démocratie : grâce à la coopération, au partenariat et à des décisions prises au plus près des personnes concernées.

Rejoignez-nous pour défendre ce principe.

En savoir plus sur la campagne du CCRE sur le budget de l’UE

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Prise de position sur le logement

Housing policy paper - News 2026

Un plan local de logement visant à renforcer le rôle des villes, des communes et des régions face aux défis du logement en Europe


La crise du logement en Europe a atteint des niveaux sans précédent, avec des conséquences directes pour les citoyens vivant dans les villes et les régions du continent. Le plan européen pour le logement abordable constitue un progrès significatif, mais il ne portera ses fruits que si le plein potentiel des collectivités locales et régionales est mobilisé.

Le nouveau document de position du CCRE, intitulé « Un plan local pour le logement », présente des propositions au plan européen pour le logement abordable, arguant que les ambitions de l’Europe ne se traduiront par des résultats concrets que si les villes et les régions sont pleinement habilitées à agir.

Pour y parvenir, le CCRE identifie quatre priorités qu’il faut débloquer pour que les gouvernements locaux et régionaux puissent agir sur le terrain :

1. Mobiliser les investissements là où ils sont les plus nécessaires.

Le financement insuffisant et imprévisible constitue l’un des principaux obstacles au développement de logements abordables et durables dans les villes et les régions. Les collectivités locales et régionales ont besoin de cadres d’investissement à long terme. Le CCRE préconise :

  • Un accès plus simple et plus large aux financements européens et nationaux, notamment à la politique de cohésion et aux instruments du budget de l’UE pour la période 2028-2034, afin que les municipalités de toutes tailles puissent planifier et mettre en œuvre leurs projets.
  • Réformes des règles fiscales et modernisation des aides d’État, en considérant les logements abordables et économes en énergie comme un investissement à long terme plutôt que comme une dépense ordinaire.
  • Un soutien pour renforcer les capacités de construction et l’innovation, des compétences à la construction et à la rénovation circulaires et résilientes face au changement climatique.

2. Permettre une planification plus rapide et plus cohérente pour accélérer la mise en œuvre

Des procédures fragmentées et complexes retardent la construction de logements indispensables dans les États membres. Le CCRE exhorte les autorités européennes et nationales à :

  • Rationaliser la planification et les évaluations environnementales, en réduisant les doublons tout en maintenant des normes de durabilité élevées.
  • Favoriser les approches territoriales, en donnant aux villes et aux régions la flexibilité nécessaire pour accéder aux terrains, régénérer les friches industrielles et planifier des quartiers intégrés et inclusifs.
  • Promouvoir le marché unique de la construction en harmonisant les normes techniques afin de réduire les retards, de stimuler l’innovation et de faire baisser les coûts.

3. Améliorer l’efficacité grâce à la numérisation des permis

La délivrance de permis numériques peut accélérer les rénovations et les nouvelles constructions, mais de nombreuses administrations locales et régionales manquent de ressources pour la mettre en œuvre. Le CCRE préconise :

  • Des financements, des formations et une assistance technique dédiés sont nécessaires pour des systèmes d’autorisation interopérables au niveau local, national et européen.
  • Des directives plus claires à l’intention des candidats et des développeurs permettront d’améliorer la qualité des candidatures.

4. Exploiter pleinement le potentiel de l’Europe grâce à un véritable partenariat à plusieurs niveaux

Le plan européen pour le logement abordable ne réussira que grâce à une véritable coopération entre les différents niveaux de gouvernement. Le CCRE demande :

  • Une gouvernance structurée à plusieurs niveaux, avec la pleine participation des gouvernements locaux et régionaux à la conception, à la mise en œuvre et au suivi.
  • Une plus grande autonomie municipale et une clarification juridique, garantissant que les responsabilités correspondent au financement.
  • Des ressources adéquates pour l’Alliance européenne du logement, avec une participation structurée des gouvernements locaux et régionaux, qui sert également à coopérer au-delà de l’UE pour relever les défis du logement partagé.

Le défi du logement en Europe exige une action rapide et coordonnée. Le plan européen pour le logement abordable établit un cadre important, mais son succès dépendra de sa capacité à donner aux gouvernements les moyens d’agir au plus près des citoyens. En mobilisant les investissements, en assouplissant les règles d’urbanisme, en renforçant l’efficacité numérique et en instaurant une véritable gouvernance à plusieurs niveaux, l’Europe peut passer de l’ambition à la réalisation.

Le « Plan local pour le logement » du CCRE propose une stratégie claire : agir localement, investir judicieusement et collaborer à tous les niveaux de gouvernement. C’est uniquement en travaillant au niveau des villes, des communes et des régions que l’Europe pourra garantir à tous un logement abordable, durable et inclusif.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Rapport TERRI : consultation des membres

Local Alliance - News Section

Bientôt une nouvelle étude du CCRE sur les rôles et les responsabilités


En 2026, le CCRE mettra à jour son étude phare sur les tendances en matière de gouvernance, le Rapport Terri. La précédente édition, publiée en 2021, était axée sur le rôle des collectivités territoriales dans le secteur de la santé publique. La nouvelle édition mettra l’accent sur la politique du logement, un domaine politique qui illustre clairement la manière dont les responsabilités sont réparties entre les différents niveaux de gouvernement et dont une coordination efficace permet d’obtenir des résultats tangibles et d’améliorer le bien-être des citoyens et des communautés locales.

Depuis de nombreuses années, le CCRE suit l’évolution des territoires et de la gouvernance parmi ses membres, analysant l’impact des changements institutionnels et territoriaux sur la démocratie et la qualité des décisions publiques. Les défis en matière de gouvernance devenant de plus en plus complexes et variant d’un endroit à l’autre, les approches traditionnelles descendantes s’avèrent moins efficaces. Une coordination forte entre les niveaux national, régional et local est donc plus importante que jamais.

Outre la mise à jour des données sur les structures de gouvernance et les réformes administratives, l’étude utilisera le logement comme prisme pour examiner comment les compétences, les ressources financières et les capacités de mise en œuvre sont réparties entre les différents niveaux de gouvernement, et ce que cela implique pour remédier aux disparités territoriales et proposer des solutions adaptées à chaque lieu.

Pour soutenir ce travail, les membres du CCRE recevront début mars 2026 un questionnaire détaillé, adressé aux associations nationales et aux experts ayant une connaissance pratique de la politique du logement au niveau municipal ou régional. Le questionnaire est structuré en deux parties :

• La partie I se concentre sur les dispositifs de gouvernance, les compétences et les réformes.

• La partie II examine la politique du logement comme une étude de cas de coopération à plusieurs niveaux.

Il s’agit d’un exercice approfondi, de niveau expert, plutôt que d’une enquête rapide. Les données recueillies constitueront une base essentielle pour le plaidoyer du CCRE en faveur d’une gouvernance multiniveaux et d’une politique du logement efficaces. Les membres disposeront d’environ trois semaines pour répondre.

L’étude devrait être publiée à l’automne 2026, et le CCRE se réjouit de votre participation à ce travail. Votre contribution renforcera notre base de données collective et notre plaidoyer en faveur d’une meilleure gouvernance et de politiques locales plus fortes à travers l’Europe.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Global Europe 2028–2034

Global Europe - position paper

Les collectivités locales et régionales au cœur de « Global Europe 2028–2034 » : notre position politique


Alors que l’Union européenne prépare son prochain cadre financier pluriannuel (CFP) pour 2028–2034, l’instrument Global Europe définira l’action extérieure de l’UE pour les années à venir — englobant la coopération au développement, l’aide humanitaire, le soutien à l’élargissement et l’initiative Global Gateway. Découvrez la position politique détaillée de PLATFORMA, qui expose comment cet instrument stratégique devrait être façonné pour favoriser des partenariats mondiaux durables et promouvoir une gouvernance inclusive.

À une époque marquée par des crises mondiales multiples et interconnectées — du dérèglement climatique à la réduction des financements du développement, en passant par l’instabilité géopolitique — le rôle des collectivités locales et régionales (CLR) est plus crucial que jamais. Le document de PLATFORMA repose ainsi sur la conviction qu’une action mondiale efficace commence au niveau local.

Les collectivités locales et régionales en tant que co-décideurs, acteurs de mise en œuvre et partenaires

La position de PLATFORMA part d’un constat clair : malgré leur proximité avec les citoyens et leur connaissance approfondie des contextes locaux, les CLR restent insuffisamment reconnues dans les cadres de l’action extérieure de l’UE. La coalition appelle à ce que l’instrument Global Europe aille au-delà de références symboliques aux « autorités locales » et intègre des mécanismes qui permettent réellement d’autonomiser les CLR en tant que co-décideurs, acteurs de mise en œuvre et partenaires des politiques extérieures de l’UE.

Recommandations clés

Le document formule 9 recommandations principales à l’attention des décideurs européens :

  1. Renforcer la gouvernance multiniveau dans Global Europe et placer les collectivités locales et régionales au cœur du développement territorial ;
  2. Associer flexibilité et simplification à des objectifs ambitieux d’aide publique au développement, tout en renforçant les mécanismes de redevabilité et de transparence ;
  3. Exploiter pleinement le potentiel de Global Gateway grâce à l’implication des collectivités locales et régionales ;
  4. Renforcer l’engagement des délégations de l’UE avec les collectivités locales et régionales ;
  5. Reconnaître et autonomiser les collectivités locales et régionales en tant que partenaires de développement uniques et efficaces dans les contextes fragiles ;
  6. Promouvoir la territorialisation des Objectifs de développement durable afin de parvenir à des sociétés décarbonées et à une justice climatique ;
  7. Impliquer les citoyens par le biais de l’éducation à la citoyenneté mondiale, en tant que composante clé de la coopération décentralisée au développement ;
  8. Promouvoir une gouvernance locale inclusive et participative : autonomiser les jeunes, les femmes ainsi que les groupes défavorisés et sous-représentés ;
  9. Renforcer la gouvernance locale dans le cadre de la politique de voisinage oriental et de la stratégie d’élargissement de l’UE.

À travers ces recommandations, PLATFORMA vise à améliorer la proposition actuelle relative à l’instrument Global Europe, afin qu’elle reconnaisse pleinement et soutienne la contribution des collectivités locales et régionales à l’action extérieure de l’UE, notamment via la coopération décentralisée comme modalité d’aide au développement.

PLATFORMA appelle également la Commission européenne à publier une communication actualisée sur l’implication structurée des collectivités locales et régionales et de leurs associations dans la nouvelle approche (géo)stratégique de l’action extérieure de l’UE.

Lire la position politique complète

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Amendements au budget de l’UE

Façonner l’avenir de la politique de cohésion de l’UE : les amendements du CCRE à la proposition de Plans nationaux et régionaux de partenariat


L’approche territorialisée (« place-based ») de l’élaboration des politiques de l’Union européenne — qui reconnaît la diversité des territoires et s’appuie sur le rôle des collectivités locales et régionales — est aujourd’hui soumise à une pression critique. La proposition de la Commission européenne pour le prochain cadre financier pluriannuel risque d’affaiblir cette approche en centralisant les décisions d’investissement et en brouillant les objectifs distincts de politiques européennes aux logiques territoriales très différentes.

C’est pourquoi le CCRE a élaboré des propositions d’amendements ciblées au règlement établissant les Plans nationaux et régionaux de partenariat. Ces propositions visent à préserver l’élaboration de politiques fondées sur les territoires dans l’ensemble des investissements de l’UE, à renforcer la gouvernance démocratique et territoriale, et à garantir que les politiques conçues à Bruxelles et dans les capitales continuent de produire des bénéfices concrets et durables pour les villes, les communes et les régions.

Les principaux messages qui sous-tendent les amendements du CCRE

1. Préserver la cohésion comme priorité fondamentale de l’UE
Le CCRE appelle à un engagement budgétaire renforcé en faveur de la cohésion économique, sociale et territoriale. Réduire le poids relatif de la politique de cohésion — tout en élargissant l’accès aux fonds à l’ensemble des acteurs privés — risque d’affaiblir les services publics, d’accroître la concurrence pour des ressources limitées et de réduire la capacité de l’Europe à construire des territoires et des communautés résilients.

2. Remettre les territoires et les personnes au cœur de l’action
La politique de cohésion doit s’appliquer à toutes les régions et répondre à la diversité territoriale. Nos amendements renforcent la dimension territoriale des investissements de l’UE, afin de garantir qu’aucune région ni aucune communauté ne soit laissée pour compte et que les objectifs des traités de l’UE soient pleinement respectés.

3. Rendre effectifs le partenariat et la gouvernance à plusieurs niveaux
Bien que la proposition de la Commission fasse référence au partenariat et à la gouvernance multiniveau, elle ne prévoit pas de garanties suffisantes. Le CCRE propose des obligations claires, des mécanismes de suivi et des conséquences concrètes afin d’assurer que les collectivités locales et régionales soient véritablement associées à la conception, à la mise en œuvre et au suivi des plans nationaux — et non simplement consultées de manière formelle.

4. Prévenir une centralisation excessive des investissements de l’UE
Les expériences récentes liées à la Facilité pour la reprise et la résilience et à d’autres plans nationaux ont mis en évidence les risques des approches centralisées. Le CCRE appelle donc à rendre obligatoires des chapitres régionaux et territoriaux dans les plans nationaux, garantissant des stratégies fondées sur les territoires et une implication réelle des gouvernements infranationaux tout au long de la période de programmation.

5. Renforcer le développement territorial intégré
Les approches territoriales intégrées — dans les zones urbaines comme non urbaines — rapprochent l’Europe des citoyens et ont démontré leur valeur sur le terrain. Le CCRE propose d’affecter au minimum 30 % des allocations nationales au développement territorial intégré, avec un cofinancement européen renforcé et une augmentation du préfinancement afin de permettre aux autorités locales de participer pleinement.

6. Soutenir les zones rurales, les villes et les territoires fonctionnels
Nos amendements renforcent le soutien au développement rural, au développement urbain durable, aux liens urbain-rural et aux territoires fonctionnels. Ces approches sont essentielles pour répondre de manière cohérente et coordonnée aux évolutions démographiques, aux défis climatiques et aux inégalités sociales.

Un appel pour une politique de cohésion plus forte et plus équitable

Les propositions d’amendements du CCRE reposent sur une conviction claire : la résilience, la prospérité et la solidité démocratique de l’Europe dépendent de collectivités locales et régionales fortes et d’une politique de cohésion ambitieuse, inclusive et fondée sur les territoires.

Nous appelons le Parlement européen et les États membres à prendre ces propositions au sérieux et à veiller à ce que la future politique de cohésion de l’UE bénéficie à tous les territoires et à tous les citoyens.

👇 Nous vous invitons à consulter l’ensemble des propositions d’amendements du CCRE pour une vue détaillée de nos recommandations et des modifications juridiques apportées à la proposition de la Commission.

Plus d’informations :

Prise de position sur le budget de l’UE

EU Budget - News 2025

Une Europe plus forte se construit localement : le CEMR publie sa prise de position sur le budget de l’UE pour 2028-2034


L’approche territorialisée (« place-based ») des politiques et investissements de l’Union européenne — qui reconnaît la diversité des territoires et s’appuie sur le rôle des collectivités territoriales — est aujourd’hui remise en question. La proposition de la Commission européenne pour le prochain cadre financier pluriannuel risque d’affaiblir cette approche en centralisant les décisions d’investissement et en brouillant des politiques européennes aux objectifs très distincts.

C’est pourquoi le CCRE a élaboré des propositions d’amendements ciblées au règlement établissant les Plans nationaux et régionaux de partenariat. Ces propositions visent à préserver l’approche territorialisée des investissements européens, à renforcer la gouvernance démocratique et territoriale, et à garantir que les politiques conçues à Bruxelles et dans les états membres continuent de produire des bénéfices concrets et durables pour les villes, les communes et les régions.

Les principaux messages qui sous-tendent les amendements du CCRE :

1. Préserver la cohésion comme priorité fondamentale de l’UE
Le CCRE appelle à un engagement budgétaire plus fort en faveur de la cohésion économique, sociale et territoriale. Réduire le poids relatif de la politique de cohésion — tout en élargissant l’accès aux fonds à différents acteurs, dont du secteur privé — risque d’affaiblir les services publics, d’intensifier la concurrence pour des ressources limitées et de réduire la capacité de l’Europe à construire des communautés et territoires résilients.

2. Remettre l’humain et les territoires au cœur de l’action
La politique de cohésion doit s’appliquer à l’ensemble des régions et répondre à la diversité territoriale. Nos amendements renforcent la dimension territoriale des investissements européens, afin de garantir qu’aucune région ni aucune communauté ne soit laissée pour compte, respectant ainsi les objectifs des traités européens.

3. Rendre effectifs le partenariat et la gouvernance à plusieurs niveaux
Bien que la proposition de la Commission fasse référence au partenariat et à la gouvernance multiniveau, elle ne prévoit pas de garanties suffisantes. Le CCRE propose des obligations claires, des mécanismes de suivi et des conséquences concrètes afin d’assurer que les collectivités territoriales soient véritablement associées à la conception, à la mise en œuvre et au suivi des plans nationaux — et non simplement consultées de manière formelle.

4. Prévenir une centralisation excessive des investissements de l’UE
Les expériences récentes liées à la Facilité pour la reprise et la résilience et à d’autres plans nationaux ont mis en évidence les risques des approches centralisées. Le CCRE appelle donc à rendre obligatoires des chapitres régionaux et territoriaux dans les plans nationaux, garantissant des stratégies fondées sur les territoires et une implication réelle des gouvernements infranationaux tout au long de la période de programmation.

5. Renforcer le développement territorial intégré
Les approches territoriales intégrées — dans les zones urbaines comme non urbaines — rapprochent l’Europe des citoyens et ont démontré leur valeur sur le terrain. Le CCRE propose d’affecter au minimum 30 % des allocations nationales au développement territorial intégré, avec un cofinancement européen renforcé et une augmentation du préfinancement afin de permettre aux autorités locales de participer pleinement.

6. Soutenir les zones rurales, les villes et les aires fonctionnels
Nos amendements renforcent le soutien au développement rural, au développement urbain durable, aux liens urbain-rural et aux aires fonctionnels. Ces approches sont essentielles pour faire face de manière cohérente et coordonnée aux évolutions démographiques, aux défis climatiques et aux inégalités sociales.

Un appel pour une politique de cohésion plus forte et plus équitable

Les propositions d’amendements du CCRE reposent sur une conviction claire : la résilience, la prospérité et la solidité démocratique de l’Europe dépendent de collectivités territoriales fortes et d’une politique de cohésion ambitieuse, inclusive et fondée sur les territoires.

Nous appelons le Parlement européen et les États membres à prendre ces propositions au sérieux et à veiller à ce que la future politique de cohésion de l’UE bénéficie à tous les territoires et à tous les citoyens.

👇 Nous vous invitons à consulter l’ensemble des propositions d’amendements du CCRE pour plus de détails sur nos recommandations et modifications juridiques apportées à la proposition de la Commission.

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Mise en œuvre de la Global Gateway

Global Gateway - Event news

Les villes et régions appellent à un partenariat renforcé pour faire avancer la stratégie Global Gateway


Des réseaux internationaux de villes et de régions ont publié hier [10 décembre 2025] à Bruxelles une Déclaration conjointe appelant à une implication plus forte et plus structurée des gouvernements locaux dans la mise en œuvre de la stratégie Global Gateway de l’Union européenne. Représentant des milliers de villes, de régions et d’associations de collectivités locales dans le monde entier, les signataires soulignent que le partenariat avec les gouvernements locaux et régionaux (GLR) est essentiel pour garantir la légitimité, la durabilité et l’impact à long terme des investissements du Global Gateway.

Cette Déclaration a été remise, au nom des signataires, par Joseph Bernard Wagner, maire de Belize City (Belize) et président du Commonwealth Local Government Forum (CLGF), à Koen Doens, directeur général de la Direction générale des partenariats internationaux de la Commission européenne (DG INTPA), lors de la session plénière du Comité européen des régions, marquant la clôture du Forum 2025 « Cities and Regions for International Partnerships », organisé sur trois jours.

Les gouvernements locaux et régionaux sont reconnus par l’UE comme des acteurs du développement à part entière et jouent un rôle central dans la promotion d’une croissance économique inclusive, la fourniture de services publics et la connexion des communautés aux opportunités mondiales. Leurs responsables alertent : sans une implication systématique des villes et des régions, les projets du Global Gateway risquent de ne pas atteindre leur plein potentiel de développement.

Un appel commun pour un Global Gateway plus inclusif

La Déclaration est signée par les dirigeants de quatre grands réseaux mondiaux de gouvernements locaux et régionaux :

  • Frédéric Vallier, Délégué général, Association internationale des maires francophones (AIMF)
  • Fabrizio Rossi, Secrétaire général, Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) – PLATFORMA
  • Lucy Slack, Secrétaire générale, Commonwealth Local Government Forum (CLGF)
  • Emilia Saiz, Secrétaire générale, Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU / UCLG)

Ensemble, ils appellent les institutions européennes, les pays partenaires et les acteurs du développement à reconnaître les villes et les régions comme co-créatrices de l’environnement favorable nécessaire à des investissements durables, inclusifs et démocratiques.

Citations

« Il est essentiel que les gouvernements locaux soient autour de la table lorsqu’il s’agit des investissements réalisés dans le cadre du Global Gateway. Après tout, nous sommes responsables du développement de nos territoires et devons être reconnus comme partenaires à part entière dans la planification et la mise en œuvre », a souligné Joseph Bernard Wagner, maire de Belize City (Belize) et président du CLGF.

« Les gouvernements locaux et régionaux devraient être impliqués dès la phase de conception du Global Gateway. Au CCRE et à PLATFORMA, nous nous considérons comme des institutions facilitatrices : nous sommes là pour capitaliser les enseignements et les données, ainsi que pour suivre et évaluer les actions », a déclaré Fabrizio Rossi, Secrétaire général du CCRE, plus tôt lors du Forum.

« La coopération décentralisée est un véritable levier de solidarité et de développement au service des communautés locales. Toutefois, elle ne peut être efficace que si la décentralisation elle-même l’est, et si nos collectivités disposent de ressources financières et humaines sécurisées. Le Global Gateway constitue à cet égard une opportunité importante de soutien », a déclaré Dieudonné Bantsimba, maire de Brazzaville et vice-président de l’AIMF.

« La mobilisation de nos membres lors du Forum des villes et des régions montre l’engagement fort des gouvernements locaux et régionaux en faveur de la coopération et de la diplomatie des villes. Mais la territorialisation du Global Gateway ne sera possible que si les gouvernements locaux sont pleinement reconnus comme partenaires stratégiques », a souligné Emilia Saiz, Secrétaire générale de CGLU.

« Les villes et les régions constituent le lien entre les investissements et les citoyens. En tant que premier point de contact avec la population, elles apportent légitimité, appropriation locale et durabilité à long terme aux projets du Global Gateway », insistent les signataires.

« Les gouvernements locaux et régionaux sont des partenaires indispensables pour faire du Global Gateway une stratégie qui fonctionne réellement pour les citoyens », réaffirment-ils.

Villes et régions : des partenaires essentiels pour un impact durable

Dans leur Déclaration, les associations de gouvernements locaux et régionaux rappellent que les GLR disposent de compétences étendues dans les secteurs prioritaires du Global Gateway, notamment la numérisation, le climat et l’énergie, les transports, la santé, l’éducation et la recherche. En ancrant les investissements dans les réalités locales, ils garantissent que les projets répondent aux besoins et priorités des communautés, renforcent la cohérence des politiques publiques et favorisent des écosystèmes économiques inclusifs impliquant PME, investisseurs, organisations de la société civile, institutions académiques et citoyens.

La Déclaration souligne également le rôle décisif des gouvernements locaux dans les contextes fragiles et touchés par les conflits, où ils sont souvent les seules institutions publiques opérationnelles capables de coordonner les acteurs locaux et de fournir des services de base.

Principales recommandations pour renforcer le Global Gateway

Afin de libérer pleinement le potentiel des collectivités locales en tant que partenaires d’investissements durables, les signataires formulent trois recommandations majeures :

  1. Engager directement les gouvernements locaux et leur donner un accès direct aux financements dans le cadre des investissements du Global Gateway.
    Cela inclut des appels à projets dédiés, des critères d’évaluation adaptés, des lignes de financement spécifiques similaires à l’ancien programme « Partenariats pour des villes durables », ainsi que des mécanismes nationaux garantissant un dialogue structuré entre les délégations de l’UE, les équipes Europe (Team Europe) et les GLR.
  2. Assurer l’implication systématique des gouvernements locaux et régionaux à toutes les phases des projets Global Gateway.
    Des orientations claires doivent être fournies aux délégations de l’UE et aux équipes Europe afin d’inclure de manière significative les autorités locales dans la planification, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation.
  3. Soutenir les associations nationales et les réseaux internationaux de gouvernements locaux.
    Ces organisations — signataires d’accords-cadres de partenariat avec l’UE depuis 2015 — jouent un rôle clé dans la coordination de la participation des GLR, le partage des connaissances et la diffusion des innovations au-delà des frontières.

Lire la Déclaration complète.

Lire la note de PLATFORMA sur le Global Gateway.

Photo : © Union européenne 2025 / Emile Windal

Notre réaction à l’Agenda pour les villes

Twinning Report - News

Le CCRE salue la publication de l’Agenda européen pour les villes et la reconnaissance renouvelée des collectivités locales et régionales en tant que partenaires essentiels dans la mise en œuvre des priorités européennes


La publication de l’Agenda pour les villes marque une étape importante vers le renforcement de la dimension urbaine des politiques de l’UE. Elle reconnaît le rôle clé des collectivités locales et régionales dans la mise en œuvre de 70 % de la législation européenne, et donc l’importance de mieux informer et associer les collectivités locales à la préparation des législations européennes. Mais l’agenda ne répond pas à l’« ambition » annoncée par la présidente Ursula von der Leyen dans sa lettre de mission au vice-président exécutif Raffaele Fitto.

Au-delà d’un catalogue des domaines politiques dans lesquels les villes jouent un rôle important et d’une liste d’initiatives déjà mises en œuvre par la Commission européenne, plusieurs éléments devront être clarifiés et améliorés afin de garantir que l’Agenda apporte véritablement des solutions aux villes de toutes tailles et contribue à une meilleure élaboration des politiques grâce à un partenariat transparent et représentatif avec les collectivités locales et régionales au niveau européen.

L’Agenda pour les villes n’est qu’une pièce du puzzle

Si la Commission européenne affirme que l’Agenda s’applique aux villes de toutes tailles, ainsi qu’aux banlieues et aux petites villes, le fait de continuer à s’appuyer sur la définition d’Eurostat des « centres urbains » (plus de 50 000 habitants) risque de laisser une grande partie de l’Europe à la traîne. Comme nous l’avons vu avec la mise en œuvre de l’action innovante européenne, la définition d’Eurostat est devenue le critère minimal de population dans les appels à propositions gérés directement par la Commission européenne. Cette approche peut involontairement exclure les petites et moyennes municipalités, qui constituent la majorité des collectivités locales et sont au cœur de la mise en œuvre des politiques de l’UE.

Mais au-delà de l’Agenda pour les villes, le CCRE regrette que cette initiative n’ait pas été inscrite dans une stratégie de développement territorial plus large et plus complète pour l’Europe. Comme indiqué dans notre prise de position Vers un agenda européen inclusif pour les villes de toutes tailles et de tous contextes, un agenda européen efficace doit refléter la pleine diversité territoriale de l’UE et éviter de renforcer les divisions entre zones urbaines et rurales.

Une reconnaissance bienvenue du rôle des villes, mais une gouvernance structurée à plusieurs niveaux fait toujours défaut

Le CCRE se félicite de la reconnaissance des collectivités locales et régionales en tant qu’acteurs clés de la mise en œuvre de la législation européenne. Cependant, le modèle de gouvernance proposé dans l’Agenda repose encore largement sur des consultations ad hoc, notamment la référence au dialogue de mise en œuvre de juin 2025, qui manquait de transparence et de représentativité.

Nous réaffirmons la nécessité d’un mécanisme de gouvernance multiniveaux permanent, structuré et inclusif, associant les collectivités locales et régionales et leurs associations représentatives au niveau national et européen. Cela est essentiel pour façonner, et pas seulement mettre en œuvre, les politiques de l’UE. À cet égard, les associations représentant les collectivités locales et régionales au niveau européen mais aussi national doivent être les partenaires de référence de la Commission européenne, afin de garantir la représentativité et la légitimité de ses processus de consultation.

Lorsqu’elle évoque la préparation du « plan de partenariat national et régional » pour le budget de l’UE après 2027, la Commission indique qu’un dialogue structuré à plusieurs niveaux sera un élément clé de la préparation et de la mise en œuvre du plan, mais elle n’a prévu aucune mesure contraignante pour garantir que ce soit le cas. Le CCRE a également formulé des recommandations concrètes pour garantir la participation des collectivités locales et régionales à la préparation de ces plans.

Une meilleure mise en œuvre doit devenir une priorité de l’agenda de l’UE

Il est positif que l’agenda prévoie un soutien spécifique dans le cadre d’une nouvelle « plateforme des villes de l’UE » pour le renforcement des capacités, l’innovation et la participation au dialogue. Il sera important que cette offre de soutien ne soit pas limitée à quelques villes, mais qu’elle soit accessible à toutes les collectivités territoriales.

Le CCRE demande en particulier la création d’un pilier dédié à une meilleure mise en œuvre dans le cadre de l’agenda urbain de l’UE, comprenant :

  • des évaluations d’impact sur la gouvernance et les compétences pour toutes les nouvelles propositions de l’UE,
  • des ressources pour le renforcement des capacités dans le pilier « réformes » du prochain CFP,
  • des dialogues réguliers et inclusifs sur la mise en œuvre,
  • et un guichet unique intégrant tous les outils de soutien aux gouvernements infranationaux.

Ces éléments sont indispensables pour traduire les ambitions de l’UE en résultats concrets au niveau local.

Financement : plus de clarté, mais des incertitudes subsistent

Nous saluons le lancement du nouveau portail des villes de l’UE, qui peut aider les villes à s’y retrouver plus facilement parmi les possibilités de financement. Dans le même temps, la future facilité de l’UE, qui sera gérée directement par la Commission européenne, soulève des questions sur l’avenir des programmes existants (EUI et URBACT) et sur la gouvernance, l’accessibilité et la garantie de la participation des petites municipalités. Pour libérer tout le potentiel des gouvernements locaux, l’UE doit fournir un financement plus simple, plus équitable et mieux adapté, comme indiqué dans notre document de position.

Des mesures prometteuses dans l’agenda, si elles restent accessibles à tous

Le CCRE se félicite des nouvelles initiatives annoncées dans l’agenda, notamment:

  • l’accès « potentiel » au Fonds européen pour la compétitivité pour la transition vers une économie propre et la décarbonisation industrielle, ainsi que pour la résilience, la sécurité et la défense
  • des consultations de haut niveau et techniques avec les acteurs urbains
  • un soutien renforcé au renforcement des capacités, notamment en matière de marchés publics.

Si les villes sont encouragées à adopter l’« approche par mission », on ne sait pas encore s’il s’agit d’une simple suggestion ou si cela s’accompagnera d’un nouvel appel à projets et d’un financement potentiel pour ces « villes missionnaires ».

Ces mesures peuvent aider les villes à accélérer les transitions verte et numérique, à condition que l’accès soit équitable et ne soit pas réservé aux grandes municipalités ou à celles qui disposent de ressources importantes.

Notre message final

La publication d’aujourd’hui marque une étape importante pour l’avenir urbain de l’Europe. Mais un agenda européen pour les villes doit être inclusif, territorialement équilibré et fondé sur une véritable gouvernance à plusieurs niveaux. Le CCRE est prêt à travailler avec la Commission européenne, les États membres et ses associations nationales membres pour faire en sorte que cet agenda devienne un cadre véritablement transformateur, qui réponde aux besoins des villes et des régions de toutes tailles et de tous contextes.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :