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L’UE doit écouter ses villes

Les villes et les régions unies pour défendre leur rôle lors du prochain budget européen

Lors de la Semaine européenne des régions et des villes 2025, les dirigeants locaux et régionaux d’Europe ont envoyé un message clair : l’avenir du budget de l’Union Européenne ne doit pas marginaliser ceux qui font vivre l’Europe au quotidien.

À travers deux grands événements — l’un organisé dans le cadre de la #CohesionAlliance et l’autre par le Forum urbain européen et l’Alliance Locale — le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) et ses partenaires se sont mobilisés pour défendre le rôle des communes, des villes et des régions dans l’élaboration et la mise en œuvre du prochain budget à long terme de l’UE pour la période 2028–2034.

Ces actions s’inscrivent dans un effort de plaidoyer plus large, lancé juste après les élections européennes, alors que les nouvelles institutions de l’UE commençaient à définir les priorités politiques du mandat actuel.

Défendre le partenariat et la cohésion

Le 15 octobre, des représentants élus venus de toute l’Europe se sont rassemblés devant le Parlement européen pour appeler les institutions européennes à garantir aux gouvernements locaux et régionaux des droits de partenariat complets dans la future politique de cohésion, et à résister à toute tentative de nationalisation ou de centralisation.

Dans une action symbolique à laquelle ont participé des membres du Parlement Européen (MPE), du Comité européen des régions et des associations territoriales européennes, les partenaires de la #CohesionAlliance ont adopté un appel en sept points rejetant la proposition actuelle de la Commission Européenne.

«Regrouper la politique de cohésion avec les politiques agricoles, de défense ou de migration », avertit le communiqué, « obligerait les autorités locales et régionales à se concurrencer pour les fonds au niveau national».
Un tel changement, ont souligné les participants, risquerait de déplacer le pouvoir de décision loin des régions et des villes — là même où les objectifs de l’UE se concrétisent.

«Compétitivité et cohésion sont les deux faces d’une même médaille», a déclaré Christoph Schnaudigel, coprésident du CCRE et président du district de Karlsruhe (Allemagne). « Les entreprises de nos villes ont besoin d’infrastructures, de logements, d’écoles et de réseaux à haut débit. La cohésion fait partie des traités : nous avons besoin de compétitivité et de cohésion ensemble. Sinon, l’argent disparaîtra avant d’atteindre les communautés locales. La Commission européenne doit nous écouter. On ne peut pas savoir depuis Bruxelles ou Berlin ce dont les territoires ont besoin — nous, nous le savons, au niveau local».

Les villes au cœur des priorités européennes

Plus tard dans la journée, les dirigeants locaux se sont retrouvés au Parlement européen pour un débat intitulé « Façonner le prochain budget européen avec les villes », organisé par le Forum urbain européen en coopération avec la Local Alliance.

Le message des dirigeants municipaux, des MPE et des institutions européennes était unanime : les priorités de l’Europe — qu’il s’agisse de la transition verte ou de la transformation numérique — ne peuvent réussir sans le renforcement du rôle des villes et des régions. Comme l’a rappelé Christoph Schnaudigel (CCRE) : « On ne peut pas connaître les besoins depuis Bruxelles. Nous, nous les connaissons depuis le terrain».

Pascal Smet, membre du Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale et du Comité européen des régions, a mis en garde contre un risque de voir émerger «une Europe des États-nations».

D’autres dirigeants, tels que Peter Dermol, maire de Velenje (Slovénie), ont souligné le danger de perdre la confiance des citoyens si l’Europe ne tient pas ses promesses dans les régions en transition industrielle.

Depuis l’Allemagne, Eckart Würzner, maire de Heidelberg, a rappelé que « les villes sont les défenseurs de la démocratie » et qu’en l’absence de ressources adéquates, «nous nous lèverons pour protéger la dimension locale de l’avenir européen».

Anna Lisa Boni, adjointe au maire de Bologne (Italie), a appelé l’UE à faire de la prochaine Agenda for Cities « un phare » garantissant que le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) renforce, plutôt qu’il n’affaiblisse, le rôle des gouvernements locaux.

Les principales revendications du CCRE pour le prochain budget européen

Le CCRE mène déjà une campagne de plaidoyer intensive pour influencer la proposition de budget présentée par la Commission européenne.
Comme le précise le document « Budget de l’UE 2028-2034 : principaux changements, défis et opportunités pour les gouvernements locaux et régionaux », le CCRE formule sept demandes clés :

• Assurer une gouvernance multiniveau efficace et un partenariat significatif dans le prochain CFP

• Placer la cohésion et l’équilibre territorial au cœur du prochain budget de l’UE

• Garantir un accès équitable aux financements européens pour les gouvernements locaux dans l’ensemble des programmes de l’UE

• Renforcer le soutien aux gouvernements locaux dans le cadre de l’élargissement de l’UE et de l’adhésion des pays candidats

• Développer un programme européen dédié au renforcement de la démocratie locale

Ces propositions font écho au message porté par les dirigeants locaux tout au long de la Semaine européenne des régions et des villes : la force de l’Europe réside dans ses territoires.
Cohésion et compétitivité ne peuvent coexister que dans un véritable partenariat entre tous les niveaux de gouvernance.

Politiques migratoires de l’Europe

Le CCRE rencontre les villes du Bade-Wurtemberg


Le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) a rencontré cette semaine le groupe de travail des coordinateurs européens de l’Association des villes du Bade-Wurtemberg afin d’échanger sur l’évolution du contexte européen et national en matière de migration et d’intégration. Cette rencontre intervient alors que les États membres de l’UE commencent à mettre en œuvre des éléments clés du Pacte sur la migration et l’asile, soulevant des questions sur la manière dont les gouvernements locaux et régionaux (GLR) seront associés à la définition du cadre européen de gouvernance migratoire.

Cette discussion s’inscrit dans la continuité du travail du CCRE sur les politiques migratoires et d’intégration, dans le cadre d’un engagement constant à soutenir les GLR autour de priorités clés : le Pacte européen sur la migration et l’asile, la directive sur la protection temporaire (DPT), le prochain cadre financier pluriannuel (CFP), le logement et l’inclusion sur le marché du travail.

Lors de la réunion, Annelies Coessens, chargée de mission au CCRE pour l’égalité, la diversité et la migration, a présenté les principaux défis qui façonnent actuellement la politique migratoire de l’UE. Bien que la migration demeure une priorité politique centrale — comme l’a réaffirmé la Présidente Ursula von der Leyen dans son discours sur l’état de l’Union 2025 — la mise en œuvre du Pacte sur la migration et l’asile manque encore de participation des GLR. Ce manque de coordination, conjugué à des récits nationaux axés sur la sécurité, freine le développement d’approches durables et communautaires en matière de migration.

Les participants ont partagé des perspectives issues de la réalité locale au Bade-Wurtemberg, notamment les défis rencontrés dans l’intégration des réfugiés ukrainiens — comme les barrières linguistiques, la pénurie de places en crèche et l’accès limité à l’emploi. Ces difficultés touchent particulièrement les femmes, notamment les mères célibataires, dont l’accès restreint à la garde d’enfants et aux opportunités professionnelles retarde significativement l’intégration et l’autonomie économique. Ces exemples illustrent le décalage entre les politiques européennes et la réalité locale, ainsi que la nécessité de renforcer les mécanismes de soutien pour les municipalités qui travaillent directement avec les nouveaux arrivants.

En regardant vers l’avenir, la discussion s’est tournée vers les prochaines négociations du budget de l’UE (2028–2034), où les fonds liés à la migration — notamment le FAMI et le FSE+ — devraient être intégrés dans les Plans nationaux et régionaux de partenariat (PNRP). Le CCRE a souligné que les GLR doivent être pleinement impliqués dans l’élaboration de ces plans afin de garantir que les ressources européennes répondent aux besoins réels sur le terrain.

Le CCRE a également présenté plusieurs initiatives en cours soutenant l’action locale, notamment le projet Bridges of Trust, qui relie les municipalités européennes et ukrainiennes, ainsi que de nouveaux jumelages favorisant les échanges de bonnes pratiques sur la migration et l’intégration. Le nouveau groupe de travail du CCRE sur le logement a également été présenté comme un espace clé de collaboration.

Cette rencontre a mis en lumière l’engagement commun du CCRE et de ses membres à faire en sorte que la politique migratoire fonctionne avec et pour les collectivités locales, afin que ceux qui sont au plus près des citoyens soient pleinement associés à la construction de la réponse européenne.

Que signifie la proposition de budget de l’UE au niveau local ?

Analyse de la proposition budgétaire de la Commission européenne : il est temps de faire entendre la voix des gouvernements locaux et régionaux


Le 16 juillet, la Commission européenne a présenté ses propositions pour le prochain budget à long terme de l’UE : le Cadre financier pluriannuel (CFP) pour 2028–2034. Cette proposition marque un tournant important dans l’approche et la gouvernance de l’UE concernant son budget à long terme. Bien que la Commission propose une augmentation globale du budget par rapport à la période actuelle, les priorités d’investissement sont profondément réorientées.
On observe une nette priorité accordée au financement de la défense, de la sécurité, de la compétitivité et du soutien aux entreprises et industries européennes. Toutefois, ce changement se fait au détriment des politiques traditionnelles de l’UE telles que la politique de cohésion et la politique agricole commune (PAC), qui ont longtemps apporté un financement essentiel aux gouvernements locaux et régionaux pour des investissements structurels dans leurs territoires.
Dans ce contexte, les mois à venir seront décisifs. Le CCRE et ses membres s’engageront auprès des décideurs du Conseil européen et du Parlement européen afin de veiller à ce que les gouvernements locaux et régionaux ne soient pas marginalisés dans les négociations.

Voici les principaux domaines dans lesquels le CCRE plaidera dans les mois à venir :

1. Gouvernance à plusieurs niveaux et financement de la politique de cohésion
La Commission propose une restructuration majeure de tous les fonds à gestion partagée, y compris la politique de cohésion, la PAC, la politique commune de la pêche, ainsi que les instruments de financement pour la sécurité intérieure, la gestion des frontières, l’asile et la migration. Tous ces fonds seraient désormais regroupés dans des « Plans nationaux et régionaux de partenariat » globaux.

Le cadre financier pluriannuel (CFP) proposé représente un tournant majeur pour le rôle des villes et des régions dans la promotion de la cohésion économique, sociale et territoriale. Bien que les États membres puissent encore choisir de collaborer avec les gouvernements locaux et régionaux en tant qu’autorités de gestion – comme c’est actuellement le cas dans le cadre de la politique de cohésion – le nouveau cadre leur confère une plus grande latitude dans la définition des priorités d’investissement.

Cette flexibilité accrue comporte cependant un risque évident : un déplacement vers une centralisation plus importante des décisions de financement tant au niveau européen que national. Une telle tendance pourrait affaiblir l’approche territoriale fondée sur les spécificités locales et marginaliser les acteurs mêmes – nos villes et régions – qui sont les mieux placés pour répondre aux besoins locaux et obtenir des résultats concrets sur le terrain.

Il est donc crucial d’intégrer des garanties concrètes pour préserver la gouvernance à plusieurs niveaux ainsi que le principe de partenariat. Cela inclut la mise en place d’un mécanisme de contrôle garantissant l’application effective du principe de partenariat lors de l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi des plans. Par ailleurs, une véritable dimension de gouvernance multiniveaux doit être intégrée, en définissant clairement le rôle unique et la contribution des gouvernements locaux et régionaux dans le processus.

Le CCRE estime que la politique de cohésion pourrait ne représenter que 20 % du budget total de l’UE, contre près d’un tiers dans le CFP actuel. De plus, le remboursement de Next Generation EU a été intégré au premier compartiment budgétaire avec les plans de partenariat, ce qui pourrait entraîner une baisse supplémentaire en cas d’augmentation des taux d’intérêt.

2. Reconnaître le rôle des gouvernements locaux et régionaux dans la compétitivité
La priorité principale de la proposition de la Commission est la compétitivité, avec la création d’un nouveau Fonds européen pour la compétitivité, un programme Horizon Europe renforcé et des initiatives phares telles qu’Erasmus+.
Les gouvernements locaux et régionaux jouent un rôle central dans les écosystèmes économiques et sociaux locaux, en pilotant l’innovation et en stimulant le développement économique. De nombreuses municipalités et régions ont déjà bénéficié du programme Horizon. Il est donc essentiel d’identifier clairement les collectivités locales et régionales comme bénéficiaires clés afin d’atteindre l’objectif double d’une compétitivité cohésive.
De même, l’accent mis sur la défense et la sécurité doit s’accompagner d’une reconnaissance du rôle que jouent les autorités locales et régionales dans la protection des infrastructures critiques et des services publics essentiels, y compris la protection civile et la préparation aux crises. Ce rôle doit se refléter dans les allocations budgétaires nationales et régionales, ainsi que dans les financements directs de l’UE.

3. Une approche cohérente du rôle des collectivités locales dans le pilier Europe globale
Le CCRE et PLATFORMA se félicitent de l’attention portée aux collectivités locales dans la proposition de règlement Europe globale, en particulier leur inclusion dans les processus de consultation, de participation et de renforcement des capacités, conformément à leur mandat, ainsi que le soutien prévu pour les réseaux et alliances de collectivités en Europe et dans les pays partenaires.
Cependant, cette reconnaissance n’est pas appliquée de manière cohérente à tous les volets géographiques. Elle est notamment absente pour les pays candidats ou potentiellement candidats, y compris l’Ukraine, ainsi que pour les pays du voisinage à l’Est et au Sud. En outre, le règlement ne tient pas compte du potentiel de la coopération décentralisée (ville à ville, région à région), qui a fait ses preuves pour renforcer les capacités des autorités locales partenaires, fournir des services publics locaux, localiser les Objectifs de développement durable de l’Agenda 2030, et créer un environnement favorable aux investissements de Global Gateway et à la société civile.

Alors que les négociations interinstitutionnelles débutent, le CCRE s’engagera activement auprès des institutions européennes, en s’appuyant sur des coalitions existantes comme l’Alliance locale et l’Alliance pour la cohésion, afin de faire entendre les messages d’unité des gouvernements locaux et régionaux d’Europe.

Note : Il s’agit d’une analyse initiale de la proposition présentée par la Commission européenne. Le CCRE fournira à ses membres une évaluation plus approfondie dans les semaines à venir, une fois l’ensemble des règlements examinés.

Les dirigeants locaux font entendre leur voix à l’ONU

HLPF 2025 - News

Pas d’ODD sans action locale : les villes et régions européennes prennent la parole au FPHN de l’ONU


Du 14 au 23 juillet, le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) et PLATFORMA ont participé au Forum politique de haut niveau (FPHN) des Nations Unies 2025 à New York. Plus de 40 dirigeants locaux et régionaux venus de toute l’Europe ont rejoint la scène mondiale pour faire avancer l’Agenda 2030. Leur mission : faire entendre la voix des gouvernements locaux et régionaux (GLR) au cœur des décisions internationales.

En tant que membres du Groupe de travail mondial des gouvernements locaux et régionaux, dirigé par CGLU, le CCRE et PLATFORMA ont contribué à plusieurs sessions clés du FPHN, apportant des preuves concrètes du terrain et appelant à renforcer les partenariats pour accélérer la mise en œuvre des ODD.

Cette édition du Forum était aussi la première depuis l’adoption du Pacte pour l’avenir 2024, une étape majeure en faveur d’un multilatéralisme plus inclusif et efficace.

« Le Pacte pour l’avenir appelle clairement à inclure les voix locales et régionales dans les processus décisionnels mondiaux », a déclaré Fabrizio Rossi, Secrétaire général du CCRE.
« C’est pourquoi notre présence à New York cette année était plus pertinente que jamais : nous sommes là pour faire entendre ces voix. »

Porter les réalités locales sur la scène mondiale : lancement du rapport européen sur les ODD

Au FPHN 2025, le CCRE et PLATFORMA ont officiellement lancé leur dernière étude phare : « Les territoires européens localisent les ODD : accélérer l’action locale pour les ODD ». Basé sur une enquête menée avec CGLU et les contributions de 31 associations nationales, le rapport met en lumière les efforts des collectivités européennes dans la mise en œuvre de l’Agenda 2030 — souvent avec des moyens limités mais une forte ambition.

Avec plus de 150 exemples concrets recueillis, l’étude donne un aperçu détaillé de l’évolution de l’action locale sur les ODD : priorités politiques, freins rencontrés, et niveau d’implication des collectivités dans les Revues nationales volontaires (RNV). Un accent particulier a été mis sur les cinq ODD examinés cette année :

Cette publication s’inscrit dans un effort continu du CCRE et de PLATFORMA pour suivre les progrès, partager les innovations et garantir que les collectivités locales participent activement à la gouvernance mondiale. Depuis 2016, ces rapports annuels sont devenus une contribution essentielle au processus du FPHN.

Donner une place aux collectivités dans les Revues nationales : pour des RNV vraiment inclusives

Cette année, six pays avec des membres actifs du CCRE — Malte, Finlande, Allemagne, Tchéquie, Bulgarie et Israël — ont présenté leur Revue nationale volontaire. Le CCRE et PLATFORMA y ont participé non seulement comme observateurs, mais aussi comme acteurs du processus.

Leur message était clair : les gouvernements nationaux doivent associer les collectivités dès le départ, et pas uniquement au moment du rapport.

« L’exemple de la Finlande montre que la coopération entre niveaux national et local donne des résultats pour les citoyens. Le CCRE et PLATFORMA sont des partenaires précieux pour porter ces résultats sur la scène internationale », a souligné Eveliina Kiema-Majanen, de l’association finlandaise Kuntaliitto.

Une présence active aux événements clés du FPHN

Les membres du CCRE et de PLATFORMA ont pris la parole lors de tous les événements majeurs dédiés aux GLR :

  • Initiative à fort impact sur la localisation des ODD par la coalition Local2030
  • Lancement du 9ᵉ rapport du Groupe de travail mondial
  • 8ᵉ Forum des gouvernements locaux et régionaux
  • Session officielle de l’ONU : « La transformation par la base : agir au niveau local »
  • Deuxième réunion annuelle de la Plateforme des partenariats pour la localisation des ODD

Tous ont plaidé pour une gouvernance multiniveau systémique et un renforcement de l’action locale.

« Les leaders locaux sont les mieux placés pour atteindre les ODD, car nous sommes les plus proches des besoins quotidiens des citoyens », a déclaré Clifford Galea, membre du Comité des jeunes élus CCRE-PLATFORMA, président de la région de Tramuntana et Haut-commissaire de Malte en Namibie.
Bettina Bunk, de la Ville de Stuttgart, a souligné le rôle clé de la coopération décentralisée :
« La coopération internationale entre collectivités et l’échange de bonnes pratiques sont essentiels pour faire avancer l’Agenda 2030. »

Leur message est sans équivoque : une implication institutionnalisée des collectivités territoriales n’est pas une option, mais une condition indispensable pour réussir les ODD.

Une voix dans les débats européens : rencontre avec la Délégation de l’UE sur l’avenir du financement

En marge du Forum, le CCRE et PLATFORMA ont organisé un petit-déjeuner de haut niveau avec la Délégation de l’UE auprès des Nations Unies — quelques jours après la publication de la proposition de cadre financier pluriannuel post-2027 par la Commission européenne.

Avec plus de 45 participants, les échanges ont porté sur la manière dont le prochain budget de l’UE peut mieux refléter les priorités locales pour atteindre les ODD.

« Le futur budget de l’UE doit tenir compte des besoins et contributions des collectivités locales dans la réalisation des ODD », a insisté Fabrizio Rossi.
« Qu’il s’agisse de neutralité climatique ou d’emploi des jeunes, toute transition équitable commence localement. Nous avons besoin de financements solides et accessibles, et de partenariats renforcés. »

L’échange a également permis de débattre du risque de recentralisation dans la gouvernance européenne. Le CCRE et PLATFORMA ont salué l’invitation de l’ambassadeur de l’UE, Renaud Savignat, à renforcer la collaboration avec les réseaux de collectivités locales à l’approche de la prochaine évaluation européenne des ODD.

Le message est clair : pas d’avenir durable sans ancrage local.

Au cœur du Forum : localiser les ODD, un objectif à la fois

Au-delà du plaidoyer et du dialogue politique, le CCRE et PLATFORMA ont mis en lumière des résultats concrets issus des villes et régions d’Europe :

ODD 5 – Égalité entre les sexes :
L’égalité de genre commence au niveau local. Qu’il s’agisse d’espaces publics sûrs ou de services inclusifs, les collectivités transforment les valeurs en politiques concrètes.

ODD 3 – Santé et bien-être :
De la télémédecine pour les personnes âgées en Macédoine du Nord aux « quartiers bienveillants » en Belgique, les collectivités comblent les inégalités sanitaires malgré les écarts croissants entre zones rurales et urbaines.

ODD 8 – Travail décent et croissance économique :
Les municipalités sont en première ligne pour l’emploi des jeunes, les compétences numériques et la création d’emplois locaux. Des budgets contraints exigent des outils innovants comme l’initiative Union des compétences de l’UE.

L’Alliance locale réagit à la proposition budgétaire de l’UE

Les propositions budgétaires de l’UE risquent d’exclure les villes et les régions


L’Alliance Locale – une coalition de huit grands réseaux de gouvernements locaux et régionaux – tire la sonnette d’alarme concernant la proposition de la Commission européenne pour le prochain budget de l’UE, avertissant qu’elle pourrait marginaliser les villes et les régions et compromettre la mise en œuvre des priorités clés de l’UE.

La proposition de la Commission pour le cadre financier pluriannuel 2028-2034, présentée le 16 juillet, introduit de nouveaux « Plans de partenariat nationaux et régionaux », censés simplifier le financement européen et réduire les disparités. Cependant, l’Alliance Locale estime que cette approche risque de centraliser le budget de l’UE, d’affaiblir la politique de cohésion, et de marginaliser les gouvernements locaux et régionaux dans la conception et la mise en œuvre des politiques.

Sans affectation claire des Fonds de cohésion à tous les territoires, y compris les villes, et sans gouvernance multiniveaux robuste, les autorités locales et régionales risquent de ne pas disposer des outils nécessaires pour mettre en œuvre les priorités européennes sur le terrain. S’appuyant sur les avertissements de la Cour des comptes concernant l’impact limité et la qualité des projets financés par les fonds de relance, l’Alliance Locale craint que cette nouvelle structure des plans nationaux et régionaux ne réponde pas aux véritables besoins de transition et de cohésion des territoires.

La proposition ne précise pas non plus comment les villes et régions seraient affectées si les gouvernements nationaux ne respectaient pas leurs engagements en matière de réformes ou enfreignaient des conditions transversales comme l’État de droit. Cela pourrait compromettre les progrès réalisés sur des objectifs locaux essentiels tels que les transports propres, le logement abordable, les communautés inclusives, la création d’emplois ou la qualité des services publics, tout en affaiblissant la gouvernance démocratique et le principe de démocratie à plusieurs niveaux.

L’Alliance salue la proposition de création d’un Fonds européen pour la compétitivité et du programme-cadre FP10 pour la recherche et l’innovation, reconnaissant leur potentiel pour combler les écarts de productivité et d’innovation entre les régions. Toutefois, ces deux instruments doivent garantir une implication réelle des villes et régions dans la définition des priorités et dans la mise en œuvre, car compétitivité et cohésion sont deux faces d’une même pièce, comme l’a souligné le rapport Letta.

Alors que les négociations budgétaires se poursuivent, l’Alliance Locale appelle le Parlement européen et le Conseil européen à saisir cette occasion cruciale pour renforcer le rôle des villes et régions, protéger la politique de cohésion et garantir que le budget de l’UE produise des résultats concrets pour les citoyens dans toute l’Europe.

À l’approche des négociations budgétaires, les dirigeants locaux demandent :

  • Que les réformes et les investissements soient définis selon une approche de gouvernance à plusieurs niveaux. Des garanties doivent être incluses dans les Plans de partenariat nationaux et régionaux pour assurer une coopération obligatoire avec les gouvernements locaux dans la conception et la mise en œuvre du plan.
  • Que le chapitre territorial de ces plans soit défini comme une obligation et non comme une option laissée à la discrétion des gouvernements centraux.
  • La mise en place de mécanismes de sauvegarde clairs et exécutoires pour garantir que les autorités locales et régionales puissent accéder directement aux fonds de l’UE, en particulier dans les cas où les gouvernements nationaux retardent ou limitent les décaissements.
  • Une coopération institutionnalisée et concrète avec les villes et les régions dans le cadre du Fonds européen pour la compétitivité (FEC) et du FP10. Les institutions européennes doivent impliquer les gouvernements locaux et régionaux comme partenaires dans la définition des priorités et le renforcement de l’innovation territorialisée.

Note aux rédacteurs :
L’Alliance Locale représente huit réseaux majeurs de gouvernements locaux et régionaux européens : ACR+, CCRE, Climate Alliance, Energy Cities, Eurocities, FEDARENE, ICLEI Europe et POLIS. Ensemble, ils œuvrent pour que le prochain budget de l’UE 2028–2034 serve les citoyens en renforçant le pouvoir d’action des collectivités territoriales dans la mise en œuvre des transitions sur le terrain.

Christoph Schnaudigel, co-président du CCRE, vice-président de la section allemande du CCRE (RGRE), président du district de Karlsruhe (Association allemande des districts), a déclaré :

« Après avoir analysé la proposition de la Commission européenne pour le budget de l’UE, il est clair que les gouvernements locaux et régionaux à travers l’Europe doivent se mobiliser. La proposition ne reconnaît pas la cohésion économique, sociale et territoriale comme un objectif central. En conséquence, la part du budget allouée à la politique de cohésion — y compris le développement social et territorial — a été réduite, avec de réelles conséquences sur la qualité de vie en Europe. En outre, la centralisation de la prise de décision vers les États membres ne permettra pas de répondre aux réalités et aux défis des territoires, rendant le financement européen moins efficace. Nous devons agir fermement dans les mois à venir pour inverser cette tendance et défendre une politique de cohésion forte et inclusive, ainsi que le respect de la gouvernance à plusieurs niveaux. »

Pour plus d’informations, contactez :

Tribune sur le budget de l’UE

EU budget - Op-Ed news

Ne répétons pas les erreurs de la Facilité pour la reprise et la résilience : les gouvernements locaux doivent participer à l’élaboration du budget à long terme de l’UE


Alors que la Commission européenne s’apprête à dévoiler aujourd’hui, mercredi 16 juillet, sa proposition pour le cadre financier pluriannuel (CFP) post-2027, l’attention se porte sur la manière dont l’UE façonnera sa stratégie d’investissement à long terme.

Ce qui est en jeu, ce n’est pas seulement le montant des financements, mais aussi la manière dont ces ressources seront planifiées et mises en œuvre — et avec qui.

Lors de la conférence annuelle sur le budget de l’UE en mai, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a opéré un changement de ton.

Pour la première fois, elle a parlé non seulement de plans « nationaux », mais de « partenariats nationaux et régionaux pour les investissements et les réformes ».

Ce changement ne relève pas simplement de la sémantique — mais les paroles doivent être suivies d’actes. Sans mesures concrètes, même le langage le plus inclusif risque de rester lettre morte.

La nouvelle architecture d’investissement proposée s’appuie sur les leçons tirées de la Facilité pour la reprise et la résilience (FRR). Mais à moins de corriger une faille majeure de la FRR — à savoir le manque d’implication des acteurs locaux — les mêmes erreurs se répéteront.

Pour que ces partenariats soient couronnés de succès, ils doivent être co-construits avec les gouvernements locaux et régionaux qui seront chargés de leur mise en œuvre. De la mobilité verte au logement en passant par les infrastructures numériques, la réussite dépend aussi d’une gouvernance adéquate.

Heureusement, nous n’avons pas besoin de repartir de zéro. Le mot « partenariat » renvoie à un modèle existant : les accords de partenariat utilisés dans le cadre de la politique de cohésion. Ces accords exigent déjà que les États membres associent les gouvernements locaux et régionaux à l’élaboration des stratégies d’investissement.

Dans des pays comme la Pologne et le Portugal, cela a conduit à des investissements alignés sur les besoins réels du territoire — revitalisation des zones industrielles, développement du transport durable — montrant que lorsque les acteurs locaux sont impliqués, les financements de l’UE ont un réel impact.

Mais il ne s’agit pas seulement de financements. À l’heure où l’UE cherche à associer investissements et réformes, la gouvernance à plusieurs niveaux doit devenir un principe central de l’agenda des réformes. Nous appelons donc à :

  1. Une approche de co-construction pour les nouveaux partenariats en matière d’investissement et de réforme, avec des mécanismes transparents et structurés permettant l’implication des gouvernements locaux et régionaux dans la définition des priorités, tant au niveau national qu’européen (ex. : Semestre européen).
  2. L’intégration de la gouvernance à plusieurs niveaux dans la dimension réformatrice de ces partenariats, afin de garantir que les États membres ne se contentent pas de consulter, mais habilitent aussi les gouvernements locaux et régionaux à agir en tant que planificateurs et exécutants.
  3. Un modèle de financement respectant le principe de subsidiarité, avec des approches souples, ascendantes, et une concentration thématique moins rigide définie au niveau de la Commission, pour éviter la répétition des problèmes évoqués lors de la révision à mi-parcours de la FRR.

L’UE se trouve à un tournant. Le prochain budget à long terme est une opportunité de progresser vers une élaboration des politiques plus démocratique, ancrée dans la réalité et efficace — ou de répéter les erreurs du passé. Ne manquons pas cette chance. Faisons du partenariat la règle, et non l’exception.

Signataires :

  • Christopher Schnaudigel est co-président du Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE), vice-président de la section allemande du CCRE (RGRE) et président du district de Karlsruhe (Association allemande des districts)
  • Ľubica Karvašová est députée européenne, vice-présidente de la commission du développement régional, coordinatrice Renew Europe au sein de la commission REGI
  • Vladimir Prebilič est député européen, rapporteur sur la simplification de la politique de cohésion, coordinateur des Verts/ALE au sein de la commission REGI

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Cet article d’opinion a été publié dans EU Observer le 15 juillet 2025. Vous pouvez le lire ici

Pour plus d’informations, contactez :

Le Centre de partenariat européen

Ukraine Recovery Conference - News 2025

Le CCRE lance le Centre de partenariat européen pour renforcer la coopération intercommunale entre l’Ukraine et l’UE


Lors de la Conférence sur la reconstruction de l’Ukraine (URC) à Rome en 2025, et dans le cadre de la Coalition pour des municipalités durables, le Secrétaire général du CCRE, Fabrizio Rossi, a annoncé le lancement de la Centre de partenariat européen (CPE) — une réponse concrète à l’Appel de Berlin et une nouvelle étape dans le rapprochement des collectivités territoriales ukrainiennes et européennes.

Ce centre agira en tant que secrétariat opérationnel de la communauté Bridges of Trust (BoT) — un réseau paneuropéen rassemblant des gouvernements locaux et régionaux ainsi que des parties prenantes clés pour renforcer la coopération intercommunale entre l’Ukraine et l’UE, promouvoir la décentralisation, renforcer la résilience locale et accompagner l’intégration de l’Ukraine dans l’Union européenne.

Cette annonce marque une étape importante après le lancement, l’an dernier, de la Matchmaking Platform — un outil innovant permettant de connecter les villes ukrainiennes à d’autres municipalités européennes afin de faciliter la coopération et mobiliser des financements ciblés.

Connecter, consolider et coordonner pour maximiser les efforts

« Nous savons que les partenariats ne fonctionnent pas seuls : ils ont besoin de coordination, d’un objectif partagé et d’un soutien à long terme », a rappelé Fabrizio Rossi aux ministres, maires et partenaires présents à la conférence.

Objectifs de la Plateforme européenne de partenariat :
– Étendre et connecter : relier les collectivités locales et régionales via la Matchmaking Platform et d’autres outils numériques, tout en activant des réseaux sectoriels et les associations nationales.
– Renforcer les capacités : offrir des services personnalisés pour soutenir les partenariats, incluant un accès ciblé aux financements, projets conjoints, accompagnement à la gestion de projets et mentorat, en fonction des besoins de reconstruction de l’Ukraine.
– Favoriser les synergies : assurer une coordination entre les acteurs, programmes et initiatives existantes pour maximiser l’impact collectif.

Grâce à cette Plateforme et à l’outil de mise en relation, chaque ville ou région peut trouver le bon partenaire, monter des projets communs, obtenir un financement, rejoindre un réseau dynamique et contribuer activement à la reconstruction durable de l’Ukraine et à son avenir européen.

Ce projet est rendu possible grâce au soutien de l’Union européenne et de ses États membres, notamment l’Allemagne (à travers le ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement), le Danemark, la France, la Pologne et la Slovénie, via le programme U-LEAD with Europe, ainsi que d’autres soutiens européens comme l’Alliance des villes et régions pour la reconstruction de l’Ukraine et de nombreuses associations membres du CCRE.

Le CCRE et SGI Europe rencontrent le commissaire Raffaele Fitto

En marge de la conférence, le Secrétaire général du CCRE, Fabrizio Rossi, accompagné de SGI Europe, a rencontré le vice-président de la Commission européenne et commissaire à la Cohésion et aux Réformes, Raffaele Fitto. Cette rencontre a permis de réaffirmer le soutien des deux organisations à une politique de cohésion fidèle à sa mission inscrite dans les traités : réduire les disparités régionales et soutenir les territoires les plus défavorisés d’Europe.

Le CCRE et SGI Europe ont reconnu la nécessité d’adapter le budget de l’UE aux défis actuels, tout en soulignant que l’avenir de la politique de cohésion doit rester fondé sur la solidarité, la flexibilité, l’accessibilité et l’efficacité. À l’orée d’un nouveau cycle institutionnel, les deux organisations ont rappelé que toute réforme de cette politique doit renforcer — et non remplacer — sa mission fondamentale.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Réunion de CGLU avec le Commissaire Síkela

“Les gouvernements locaux doivent être au cœur des partenariats internationaux de l’UE”


Le Président de CGLU, Jan van Zanen, a rencontré le Commissaire européen Jozef Síkela :
« Les gouvernements locaux doivent être au cœur des partenariats internationaux de l’UE »

Lors d’une réunion bilatérale tenue le 10 juin, le Président de CGLU et Maire de La Haye, Jan van Zanen, a rencontré le Commissaire européen aux partenariats internationaux, Jozef Síkela, à l’occasion des 10 ans des accords de partenariat stratégique entre les principales associations de gouvernements locaux et régionaux et la DG INTPA (2015–2025). L’objectif : plaider en faveur d’un rôle renforcé des gouvernements locaux et régionaux (GLR) dans la coopération au développement de l’UE — et garantir un soutien à long terme à la coopération décentralisée dans le prochain budget européen.

La délégation du CCRE et de PLATFORMA, conduite par le maire van Zanen et comprenant le Secrétaire général du CCRE, Fabrizio Rossi, a trouvé un terrain d’entente prometteur avec le Commissaire. Les deux parties ont convenu que les objectifs de la stratégie Global Gateway et les finalités de l’action extérieure de l’UE — du développement durable aux investissements dans les infrastructures — ne peuvent être atteints qu’en responsabilisant les acteurs les plus proches des citoyens : les gouvernements locaux.

« Les maires et les élus locaux ne sont pas de simples exécutants. Ce sont des acteurs politiques, démocratiquement élus et redevables envers leurs communautés », a déclaré le maire Jan van Zanen.
« Ils ont un rôle unique à jouer dans la réalisation des objectifs de l’UE — mais ils ont besoin des moyens et de la reconnaissance pour le faire. »

Le Commissaire Síkela a reconnu la contribution essentielle des villes et régions à la stratégie Global Gateway de l’UE et à ses partenariats internationaux. Ancien ministre tchèque de l’Industrie et du Commerce et représentant du parti libéral « Maires et Indépendants », il a exprimé une forte sensibilité politique à la valeur ajoutée du leadership local et régional dans la coopération mondiale.

La rencontre s’inscrivait dans un effort coordonné de plaidoyer, basé sur la Déclaration politique de PLATFORMA sur le rôle des gouvernements locaux et régionaux dans le prochain Cadre financier pluriannuel (CFP) et l’action extérieure de l’UE, adoptée par les dirigeants locaux en avril 2025. Le CCRE et PLATFORMA ont souligné la nécessité d’un mécanisme financier dédié dans le prochain CFP 2028–2034, permettant aux GLR et à leurs associations d’intensifier leur coopération internationale et de renforcer les partenariats de pairs à pairs avec leurs homologues dans les pays partenaires.

Ils ont également appelé à :

  • un dialogue renforcé avec les délégations de l’UE sur le terrain
  • une distinction plus claire entre GLR et organisations de la société civile dans les instruments européens
  • des appels à projets adaptés, réalistes et à fort impact

Au-delà des outils financiers, le CCRE et PLATFORMA ont insisté sur l’importance de la reconnaissance politique du rôle des gouvernements locaux et régionaux, ainsi que de leurs associations et réseaux, dans la mise en œuvre et la gouvernance de la stratégie Global Gateway. En tant que plus grand réseau européen de collectivités locales, le CCRE a mis en avant l’importance du dialogue politique structuré et de la gouvernance inclusive — notamment dans les contextes fragiles, où les acteurs locaux sont souvent la dernière ligne de défense des valeurs démocratiques et les garants de la fourniture de services publics de base à la population.

Cet échange avec le Commissaire Síkela intervient en amont de la conférence “2025 Villes et Régions pour les Partenariats Internationaux”, prévue en décembre, où le Commissaire est invité à poursuivre le dialogue avec les présidents des cinq principales associations signataires d’un accord de partenariat stratégique avec la DG INTPA.

Alors que l’UE commence à définir son prochain cycle budgétaire, le message des maires et dirigeants locaux d’Europe est clair :
Pour que la coopération au développement de l’UE soit un succès, et que la stratégie Global Gateway tienne ses promesses en tant qu’offre fondée sur des valeurs envers les pays partenaires, le niveau local doit être pleinement inclus.

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Contributions du CCRE à l’Agenda de l’UE

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Vers un Agenda de l’UE inclusif pour les villes de toutes tailles 


Alors que l’Union européenne s’apprête à façonner sa prochaine stratégie urbaine, le CCRE publie un nouveau document d’orientation appelant à un Agenda de l’UE véritablement inclusif pour les villes — un agenda qui reconnaît le rôle essentiel des gouvernements locaux et régionaux (GLR) dans la construction de l’avenir de l’Europe.

Les GLR sont les premiers à répondre à bon nombre des défis les plus urgents de l’Europe. Qu’il s’agisse de faire face à la crise énergétique, d’investir dans la mobilité durable ou de gérer les services publics, les villes et régions ne se contentent pas de mettre en œuvre les politiques européennes — elles innovent, s’adaptent et obtiennent des résultats sur le terrain. Leur proximité avec les citoyens les place dans une position unique pour renforcer la confiance, garantir une gouvernance inclusive et répondre efficacement aux besoins évolutifs de leurs communautés locales respectives.

Pourtant, trop souvent, les politiques européennes sont élaborées sans impliquer pleinement les autorités chargées de leur mise en œuvre. Les GLR sont responsables de la mise en oeuvre de 70% des politiques publiques européennes. Malgré cela, les gouvernements infranationaux ne disposent toujours pas d’un rôle formel dans l’élaboration de ces textes.

Le document du CCRE propose une vision pour un nouvel Agenda de l’UE pour les villes, qui soit inclusif de tous les territoires — des petites municipalités aux grandes métropoles — et doté des mécanismes de gouvernance, des outils de financement et de la reconnaissance institutionnelle nécessaires pour générer un impact réel.

Les principales propositions comprennent :

  • D’établir un processus de consultations de gouvernance multiniveau permanent et structuré pour tout nouveau projet de politique publique européenne ayant un impact potentiel sur les GLR.
  • D’utiliser la composante « réformes » de la prochaine politique de cohésion de l’UE pour veiller à ce que les GLR disposent des capacités financières, techniques et humaines nécessaires à la mise en œuvre des réglementations européennes.
  • De simplifier et améliorer l’accès aux financements européens, notamment en prévoyant une part de 15 % dédiée au développement territorial durable dans le prochain cadre financier pluriannuel. Le CCRE appelle également à une meilleure adéquation entre les opportunités de financement européen et les réalités locales, ainsi qu’au renforcement des capacités administratives des gouvernements infranationaux.

Le document souligne qu’il est temps de passer d’une approche fragmentée à une approche systémique, intégrant les voix locales et régionales à chaque étape du cycle politique européen — de la conception à la mise en œuvre.

Le nouvel Agenda de l’UE pour les villes représente une occasion unique de combler l’écart entre ambition et mise en œuvre. Avec les bons outils et une gouvernance adaptée, les GLR peuvent porter les transitions verte et numérique de l’Europe, renforcer la résilience économique et concrétiser la promesse de communautés inclusives et durables pour tous.

Le CCRE présentera ces propositions au Forum des villes à Cracovie, qui se tiendra du 17 au 19 juin 2025. Notre Secrétaire général, Fabrizio Rossi, participera à la discussion sur l’Agenda avec le Vice-président exécutif de la Commission européenne, Raffaele Fitto.

Lisez le document complet ici

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Consultation sur le budget de l’UE

MFF - Position paper News 2025

Contributions du CCRE à la consultation de la Commission européenne sur le budget de l’UE


Le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) a récemment soumis ses contributions à la consultation publique de la Commission européenne sur le prochain Cadre financier pluriannuel (CFP) post-2027. Le CCRE plaide pour une réforme du budget de l’UE qui renforce la gouvernance multiniveaux, simplifie l’accès aux fonds et aligne les investissements sur les besoins locaux.

1. Une gouvernance multiniveaux renforcée

Le CCRE insiste sur l’importance d’impliquer les gouvernements locaux et régionaux (GLR) non seulement dans la mise en œuvre, mais aussi dans la planification des priorités d’investissement de l’UE. Il recommande que le principe de partenariat soit rendu obligatoire dans tous les programmes financés par l’UE, garantissant ainsi que les fonds répondent efficacement aux besoins réels des territoires.

2. Simplification et flexibilité accrues

Pour améliorer l’efficacité des fonds de l’UE, le CCRE propose une approche simplifiée et harmonisée, incluant :

  • Un ensemble unique de règles pour les bénéficiaires, réduisant les charges administratives.
  • Une flexibilité accrue dans la concentration thématique, permettant une définition des priorités basée sur les spécificités locales.
  • Une harmonisation des processus d’audit, évitant la multiplication des contrôles.

Ces mesures visent à faciliter l’accès aux fonds pour les GLR et à accélérer la mise en œuvre des projets.

3. Cohésion et compétitivité complémentaires

Le CCRE souligne que la cohésion et la compétitivité ne sont pas des objectifs contradictoires. Il appelle à un budget de l’UE équitable et inclusif qui :

  • Renforce les capacités des GLR.
  • Stimule la compétitivité des petites et moyennes entreprises (PME).
  • Améliore l’accès aux services numériques et écologiques essentiels.

Une attention particulière est portée à la nécessité de renforcer les effectifs publics locaux, confrontés à des pénuries de main-d’œuvre entravant leur capacité à innover et à fournir des services.

4. Action locale pour un impact global

Le CCRE affirme que l’autonomisation des GLR par une gestion décentralisée des fonds de l’UE permettra d’aligner les investissements sur les priorités locales, tout en maximisant leur impact, notamment en matière de cohésion sociale et de transformation numérique. Le prochain CFP doit contribuer à la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD), tant en Europe qu’à l’international. Les GLR et leurs associations sont des atouts sous-exploités pour l’action extérieure de l’UE, notamment dans des initiatives telles que Global Gateway et Team Europe.

Voici les contributions du CCRE aux consultations publiques ouvertes :

La Déclaration politique de PLATFORMA et le document de position ont également servi de base à la contribution.