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Rencontre Eider Inuntziaga (Bilbao)

Rencontre avec l’héroïne locale : Eider Inuntziaga, bâtir la confiance depuis les rues de Bilbao


Lorsque Eider Inuntziaga parle des collectivités locales, un mot revient sans cesse : la proximité.

Depuis 2023, elle est conseillère municipale à Bilbao, après plusieurs années d’engagement politique au sein du Parti nationaliste basque. Il s’agit de son premier mandat public, une expérience qui a transformé sa vision de la vie politique.

Auparavant, elle observait la politique de l’intérieur. Aujourd’hui, elle la vit au quotidien — dans la rue, au fil des conversations de quartier et dans les réactions directes des citoyens face aux décisions locales. La distance entre les élus et les habitants est minimale, ce qui rend la politique locale à la fois particulièrement significative et particulièrement exposée. Elle porte également cette expérience au niveau européen en tant que porte-parole du Council of European Municipalities and Regions pour la démocratie locale.

Partout en Europe, ces défis sont de plus en plus visibles. Pour mieux les comprendre et y répondre, le CCRE et ses partenaires, dont la Ville de Bilbao, ont lancé l’Observatoire européen pour la défense de la démocratie au niveau local — une initiative qui collecte des données, documente les menaces et le harcèlement visant les élus locaux et développe des outils pratiques pour mieux protéger celles et ceux qui servent leurs communautés.

Comme elle le souligne :
« Les collectivités locales sont le niveau d’administration le plus proche ; nous sommes le visage de la démocratie. »

Cette proximité crée de la confiance, mais elle concentre aussi les frustrations. Lorsque les citoyens sont mécontents, les responsables locaux sont souvent les premiers — et les plus faciles — à être pris pour cible.

Réseaux sociaux : utiles, mais risqués

Cette visibilité dépasse désormais largement la rue.

Eider Inuntziaga décrit sa relation aux réseaux sociaux comme « ambivalente ». S’ils permettent de créer du lien et de partager des informations, elle en perçoit aussi clairement les dérives.

« Les réseaux sociaux peuvent connecter des personnes et des histoires, et ils peuvent être utiles — jusqu’à un certain point. Mais ils génèrent aussi du bruit, de la polarisation, et parfois de la haine. Cela peut être dangereux. »

Pour les responsables politiques locaux, les effets sont concrets :
« Cela affecte l’intégrité, cela influence notre manière de nous exprimer, et cela peut faire taire certaines personnes. Cela peut pousser des élus à abandonner leur engagement — ou à avoir peur de ce qui se passe. »

Elle limite sa présence en ligne, utilisant principalement Facebook et LinkedIn, et veille à équilibrer soigneusement communication personnelle et communication politique.

La participation au-delà du jour des élections

Malgré ces défis, Inuntziaga reste profondément optimiste quant au rôle que peuvent jouer les collectivités locales pour renforcer la démocratie.

Son approche est simple : rester proche, écouter attentivement et impliquer autant que possible les citoyens. Pour elle, les élections ne sont qu’un point de départ. La participation quotidienne est tout aussi essentielle. À Bilbao, cette philosophie s’est traduite par des initiatives participatives invitant les habitants à contribuer à l’orientation de la ville.

Un exemple est « Bilbao Ville de Valeurs », un processus par lequel les citoyens ont collectivement défini un ensemble de principes communs pour guider la vie publique. L’objectif est de créer un cadre partagé qui renforce le sentiment d’appartenance et lutte contre la désinformation. Il ne s’agit pas seulement d’améliorer les politiques publiques, explique-t-elle, mais aussi de renforcer les relations entre les institutions et les citoyens qu’elles servent.

Tirer les leçons du passé de Bilbao

L’histoire de Bilbao a également façonné sa vision de la gouvernance.

La ville a connu une transformation profonde au cours des dernières décennies — passant du déclin industriel et du chômage à un renouveau fondé sur une planification de long terme et une coopération étroite entre institutions publiques, acteurs privés et société civile. Pour Inuntziaga, cette expérience démontre que le changement ne se produit pas du jour au lendemain et que la stabilité exige de la patience.

Elle évoque souvent trois éléments clés du redressement de Bilbao : la coopération, des valeurs partagées et une vision à long terme. Les solutions rapides fonctionnent rarement. Au contraire, des décisions cohérentes prises en gardant l’avenir à l’esprit permettent de reconstruire progressivement la confiance.

« Les décisions doivent être prises dans une perspective de long terme », affirme-t-elle, décrivant démocratie et stabilité comme des réalités qui se renforcent mutuellement.

Eider Inuntziaga lors du lancement de l’Observatoire européen pour la défense de la démocratie au niveau local.

Ancrée localement, tournée vers l’Europe

Bien que son action s’inscrive dans la politique municipale, Inuntziaga conserve une forte ouverture européenne. Elle suit attentivement les débats au-delà de l’Espagne et s’inspire de dirigeantes telles que Kaja Kallas, qu’elle admire pour sa vision du rôle de l’Europe dans un monde en mutation.

Néanmoins, son engagement reste résolument local. Pour elle, les villes sont les lieux où la démocratie est mise à l’épreuve chaque jour — là où les politiques publiques rencontrent la réalité, et où la confiance se construit ou se perd au fil des interactions quotidiennes.

Ce n’est peut-être pas le niveau politique le plus visible — mais c’est, à bien des égards, celui où la démocratie se vit le plus directement.


Pour en savoir plus, vous pouvez écouter l’épisode complet de Call Simone, également avec Gianmarco Daniele de l’Université Bocconi. Ils y discutent de l’impact croissant du harcèlement et de la désinformation sur les élus locaux en Europe, ainsi que de la manière dont l’Observatoire européen pour la défense de la démocratie au niveau local peut mieux suivre les menaces et protéger la démocratie locale.

Pour plus d’informations, contactez :

Nouvel épisode de Call Simone

« Si nous avons de la chance, elle sera maire »
Pouvoir, pression et démocratie locale en Europe


La démocratie locale est souvent décrite comme le niveau de gouvernement le plus proche de la vie quotidienne des citoyens. Mais dans toute l’Europe, cette proximité est de plus en plus mise à l’épreuve.

Dans le dernier épisode de Call Simone, nous explorons comment le pouvoir et la pression démocratique s’exercent au niveau local, là où la politique est la plus visible, la plus accessible et, de plus en plus, la plus exposée. Le harcèlement, l’intimidation, les campagnes de désinformation et les menaces font désormais partie de la réalité de nombreux élus locaux. Les conséquences vont bien au-delà des cas individuels : lorsque l’intimidation détermine qui s’exprime, qui se présente et qui reste, la représentation diminue et la démocratie s’affaiblit.

Cet épisode réunit deux voix qui associent expérience politique et recherche rigoureuse :

  • Eider Inunciaga, conseillère municipale à Bilbao, Espagne.
  • Gianmarco Daniele, directeur exécutif de l’unité CLEAN (Université Bocconi, Italie)

Ensemble, ils décortiquent ce à quoi ressemble le harcèlement dans la pratique, pourquoi il est en augmentation, qui est le plus touché et ce que les dirigeants locaux — et les institutions européennes — peuvent faire pour y répondre avec des politiques fondées sur des preuves.

Quand l’intimidation devient un filtre politique

Le harcèlement à l’encontre des élus locaux n’est pas seulement un « mauvais comportement » en ligne, et la manière dont les êtres humains réagissent à ces attaques n’a pas grand-chose à voir avec leur résilience personnelle. Comme le montre cet épisode, l’intimidation peut fonctionner comme un filtre politique : elle décourage la participation, pousse les gens à se retirer et réduit la diversité des voix au sein des conseils locaux.

Pour Eider Inunciaga, ce changement est devenu plus tangible lorsqu’elle est entrée en fonction en 2023. La politique locale est synonyme de proximité : on peut être abordé dans la rue, lors d’événements communautaires, à la sortie des écoles, et la colère est souvent dirigée contre les représentants locaux précisément parce qu’ils sont les plus accessibles. Comme elle le dit : « Les gouvernements locaux sont le visage de la démocratie. » Et cette visibilité s’accompagne d’une exposition.

« Les gouvernements locaux sont le visage de la démocratie, ce qui fait de nous les plus exposés. » – Eider Inunciaga, conseillère municipale de Bilbao

Qui paie le prix le plus élevé ?

Un thème récurrent dans la conversation:  e harcèlement ne touche pas tout le monde de la même manière. Ceux qui sont considérés comme « différents » – les femmes, les représentants des minorités, les politiciens LGBTQIA+ – sont souvent pris pour cible de manière plus agressive, avec un message implicite : vous n’avez pas votre place ici.

Gianmarco Daniele partage les résultats d’une étude menée en Italie qui chiffre ce que beaucoup pressentent déjà. À l’aide d’un ensemble de données soigneusement appariées pour comparer les femmes et les hommes dans des contextes similaires, ses travaux révèlent que les femmes sont trois fois plus susceptibles d’être prises pour cible et que près d’un quart des femmes maires subissent une attaque au cours de leur mandat. Il est important de noter qu’il s’agit d’attaques hors ligne : agressions, voitures incendiées, incendies criminels contre des biens, lettres de menace — et pas simplement d’hostilité en ligne.

Le moment choisi est également révélateur : les agressions se concentrent au cours de la première année suivant l’élection, ce qui correspond à une réaction hostile à la visibilité des femmes au pouvoir et ne s’explique pas par des différences de performance dans l’exercice de leurs fonctions. Le coût démocratique est direct : les femmes qui sont agressées sont moins susceptibles de se présenter à nouveau, ce qui transforme les progrès en matière de représentation en une porte tournante.

Comme le note M. Daniele, nous nous concentrons souvent sur la manière d’attirer des candidats plus diversifiés en politique, mais trop rarement sur les raisons pour lesquelles les gens la quittent.

« Sans données, nous nous battons à l’aveuglette. L’Europe a besoin de preuves comparables pour repérer les risques à un stade précoce et y répondre. » – Gianmarco Daniele, directeur exécutif de Clean Unit, Université Bocconi

La leçon de Bilbao : rétablir la confiance grâce à la participation et aux valeurs communes

L’épisode examine également l’autre côté de l’équation : comment les gouvernements locaux peuvent maintenir la confiance et rester proches des citoyens dans un environnement polarisé.

Pour Eider Inunciaga, le point de départ est la proximité et la participation : la démocratie ne se résume pas aux élections et au jour du scrutin. À Bilbao, elle met en avant le processus « Bilbao, ville de valeurs », dans le cadre duquel les citoyens ont contribué à définir un ensemble de valeurs communes afin de créer un cadre commun pour la vie communautaire. Selon elle, les valeurs communes et la participation font également partie de la réponse à la désinformation : elles renforcent le sentiment d’appartenance et réduisent l’espace dans lequel les fausses informations peuvent se propager.

La longue histoire de Bilbao apporte une perspective supplémentaire. La transformation de la ville, marquée par la crise industrielle, les difficultés sociales, le terrorisme et les inondations de 1983, a été rendue possible grâce à la coopération entre les institutions, aux partenariats avec la société civile et à une vision à long terme. La leçon à en tirer est simple et exigeante : la coexistence ne s’hérite pas, elle se cultive, et la stabilité démocratique nécessite un investissement soutenu.

Des récits aux preuves, et des preuves à l’action

Cet épisode est directement lié au lancement de l’Observatoire européen pour la défense de la démocratie au niveau local : un nouveau partenariat qui rassemble les gouvernements locaux et régionaux (y compris Bilbao et les municipalités basques représentées par l’EUDEL) et la communauté de recherche de Bocconi, avec le soutien du Pays basque et du CCRE.

L’objectif de l’Observatoire est d’aider l’Europe à passer d’histoires éparses à une action coordonnée en reliant les points entre :

  • ce que les élus locaux vivent sur le terrain
  • ce que la recherche et les données peuvent montrer sur les tendances, les facteurs et l’impact
  • ce que les autorités publiques et les institutions peuvent faire pour prévenir, protéger et réagir plus efficacement

Le manque de données au centre de la conversation. Aujourd’hui, il n’existe pas de base de données comparable au niveau européen, même sur les politiciens locaux, sans parler des attaques et des menaces. Sans infrastructure commune de données, les risques sont plus difficiles à détecter à un stade précoce et les réponses politiques sont plus difficiles à évaluer.

Comme l’explique Daniele, des données plus fiables apportent non seulement une meilleure compréhension, mais aussi une meilleure visibilité. En Italie, on constate en moyenne plus d’une attaque par jour, mais la question reste souvent confinée à l’actualité locale et attire rarement l’attention de la classe politique au sens large. Les données peuvent contribuer à transformer une tendance cachée en une priorité européenne commune.

À propos de Call Simone

Call Simone est le podcast du CCRE sur le pouvoir et la démocratie en Europe, vu à travers le prisme du niveau local. Chaque épisode réunit des dirigeants locaux, des initiés et des chercheurs pour explorer qui a sa place à la table des négociations, qui en est exclu et pourquoi cela est important pour l’avenir de l’Europe.

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Lauréats du prix Sakharov 2025

Sakharov Prize 2025

Prix Sakharov 2025 : aux côtés de celles et ceux qui défendent la liberté de pensée


Le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit est la distinction la plus prestigieuse du Parlement européen en matière de droits humains. Créé en 1988, il récompense des personnes et des organisations faisant preuve d’un courage exceptionnel dans la défense de la démocratie, de la liberté d’expression et des libertés fondamentales, souvent dans des contextes de répression sévère.

Décerné chaque année, le Prix est à la fois une reconnaissance et un appel à l’action : il rappelle que la liberté de pensée n’est jamais acquise et qu’elle doit être défendue activement.

Les lauréats 2025

Le 16 décembre 2025, le Parlement européen a attribué le prix Sakharov à Mzia Amaglobeli, de Géorgie, et à Andrzej Poczobut, du Bélarus, deux journalistes emprisonnés pour leur engagement en faveur de la vérité, de la démocratie et des droits humains.

Andrzej Poczobut, journaliste, essayiste et militant issu de la minorité polonaise au Bélarus, critique de longue date du régime de Loukachenko, est détenu depuis 2021. Il a été condamné à huit ans de colonie pénitentiaire à l’issue de poursuites à caractère politique. Sa santé s’est détériorée, l’accès à sa famille lui est refusé, et pourtant il demeure un symbole de résistance face à la répression autoritaire.

Mzia Amaglobeli, journaliste géorgienne et directrice des médias indépendants Batumelebi et Netgazeti, a été arrêtée en janvier 2025 après avoir participé à des manifestations pro-démocratie. Condamnée à deux ans de prison, elle est devenue la première femme prisonnière politique en Géorgie depuis l’indépendance du pays, et un symbole puissant des aspirations démocratiques géorgiennes.

En annonçant les lauréats, la présidente du Parlement européen Roberta Metsola a déclaré que « tous deux ont payé un prix très lourd pour avoir dit la vérité au pouvoir, devenant des symboles de la lutte pour la liberté et la démocratie. Le Parlement se tient à leurs côtés, ainsi qu’aux côtés de toutes celles et ceux qui continuent d’exiger la liberté. »

Démocratie, valeurs de l’UE et élargissement

Le prix Sakharov reflète l’engagement de l’Union européenne en faveur de la défense de la démocratie au-delà de ses frontières. Tant au Bélarus qu’en Géorgie, le recul démocratique, la répression des médias indépendants et les attaques contre la société civile menacent non seulement les libertés nationales, mais aussi la trajectoire européenne de ces pays.

Le Parlement européen a appelé à plusieurs reprises à la libération immédiate et inconditionnelle des deux journalistes et a adopté des résolutions condamnant la répression, l’emprisonnement politique et l’érosion des institutions démocratiques.

Défendre la démocratie à partir du terrain

Au CCRE et à PLATFORMA, la défense des valeurs démocratiques est au cœur de notre action, avec une attention particulière portée au contexte de l’élargissement de l’UE et du Partenariat oriental. À travers la coopération avec les gouvernements locaux et régionaux, les associations nationales de collectivités locales (telles que la NALAG dans le cas de la Géorgie) et la société civile, nous soutenons la gouvernance démocratique, la liberté d’expression et la résilience institutionnelle.

La démocratie locale est souvent la première cible des pressions autoritaires mais aussi la première ligne de défense. En renforçant les acteurs locaux et régionaux, en soutenant l’échange entre pairs et en promouvant les valeurs de l’UE, le CCRE et PLATFORMA contribuent à une Europe démocratique, inclusive, résiliente et ancrée dans les droits fondamentaux.

Le prix Sakharov nous rappelle que la démocratie repose sur le courage, mais aussi sur la solidarité.

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Nouvel Observatoire pour la démocratie

Launch event of the Observatory

Lancement d’un nouvel Observatoire pour protéger la démocratie locale en Europe 


  • Le premier Observatoire européen chargé de surveiller les menaces visant les maires et les conseillers locaux, allant du harcèlement en ligne à l’intimidation et à la désinformation.
  • Une initiative conjointe du CCRE, de la Ville de Bilbao, d’EUDEL, de l’Université Bocconi et du Gouvernement basque pour renforcer la qualité de la démocratie locale et soutenir les élu·e·s.

Bruxelles, le 11 décembre – Une nouvelle étape dans la protection de la démocratie locale a été franchie aujourd’hui avec le lancement de l’Observatoire européen pour la défense de la démocratie au niveau local, présenté au bureau du CCRE à Bruxelles.

L’Observatoire répond à une hausse marquée du harcèlement en ligne, de l’intimidation, de la désinformation et des campagnes de haine organisées visant maires, conseillers municipaux et responsables régionaux à travers l’Europe.

« La démocratie locale est la première ligne de défense de l’Europe », a souligné Gunn Marit Helgesen, Présidente du CCRE. « Lorsque des maires et des conseillers sont menacés, harcelés ou réduits au silence, ce ne sont pas seulement des individus qui sont visés — c’est le tissu démocratique de nos sociétés. Avec cet Observatoire, nous faisons un pas collectif pour protéger celles et ceux qui servent leurs communautés et pour garantir la solidité de notre démocratie. »

Lors de l’ouverture de l’événement, le Commissaire Michael McGrath, en charge de la démocratie, de la justice, de l’État de droit et de la protection des consommateurs au sein de la Commission européenne, a déclaré :
« Je suis ravi de lancer l’Observatoire européen pour la défense de la démocratie au niveau local. La démocratie locale n’est pas un simple concept : elle est la pierre angulaire de la vie politique. Elle façonne des décisions qui touchent directement les citoyens et donne à chacun un rôle concret dans les choix qui influencent leur quotidien. Aujourd’hui, nos démocraties font face à des menaces croissantes, souvent ressenties au niveau local. Ces menaces ne prennent pas toujours la forme d’attaques directes contre les institutions : elles s’immiscent parfois discrètement dans nos communautés, affectant directement les élus et le fonctionnement quotidien de la démocratie locale. C’est pourquoi le travail de l’Observatoire est si important — nous devons tous agir pour protéger et promouvoir les démocraties de demain. »

L’initiative — un partenariat entre le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE), le Conseil municipal de Bilbao, l’Association des municipalités basques (EUDEL), avec l’expertise scientifique de l’Université Bocconi et le soutien du Gouvernement basque — produira des données, analysera des tendances et renforcera les réponses institutionnelles à tous les niveaux.

Le maire de Bilbao, Juan Mari Aburto, a insisté sur l’urgence d’une action coordonnée :
« Bilbao est une ville de valeurs parce que nous avons collectivement choisi de la construire ainsi. En tant que ville fondatrice de cet Observatoire, nous partageons une conviction claire avec l’Europe : la démocratie se protège non seulement par la loi, mais aussi par la culture civique, le respect et l’écoute active. Défendre la démocratie, c’est aussi préserver la coexistence au quotidien dans nos quartiers, où la diversité enrichit nos communautés au lieu de les menacer. »

La Présidente d’EUDEL, Esther Apraiz, a souligné l’apport et l’expérience du Pays basque :
« Au Pays basque comme partout en Europe, la démocratie locale est incarnée par les élu·e·s qui servent leur communauté jour après jour. L’Observatoire doit protéger celles et ceux qui défendent la démocratie et encourager de nouveaux talents à s’engager en politique locale, car lorsque qu’un maire ou un conseiller se retire, c’est la démocratie qui s’affaiblit. Le fait d’accueillir l’Observatoire aussi au Pays basque nous permet de partager notre expérience de gouvernance collaborative à l’échelle internationale. »

Le Secrétaire général pour l’action extérieure du Gouvernement basque, Ander Caballero, a ajouté :
« Au Pays basque, nous travaillons chaque jour à bâtir un territoire fondé sur une démocratie avancée. C’est ainsi que nous renforçons la confiance et la satisfaction des citoyens, et que nous suscitons l’envie de s’impliquer dans la vie politique. C’est aussi une manière de consolider les fondations de notre maison commune face à ceux qui cherchent à affaiblir ou saper la démocratie. Nous disposons d’un outil pour progresser : la gouvernance collaborative. L’Observatoire soutient et promeut cette approche, en encourageant la coopération entre institutions locales — au Pays basque comme dans toute l’Europe. »

Représentant le partenariat scientifique, le recteur de l’Université Bocconi, Francesco Billari, a souligné l’importance de données fondées sur des preuves :
« Lorsque des responsables locaux subissent des intimidations, ce n’est pas seulement leur sécurité qui est en jeu — c’est la confiance et la participation, qui sont au cœur de la vie démocratique. Étudier ces violences avec des méthodes et des données de pointe est essentiel pour préserver ces fondations. »

L’Observatoire suivra les menaces, partagera des solutions, renforcera la solidarité et conseillera les institutions nationales et européennes.

Contact presse, interviews ou demandes d’accréditation :

Atelier sur les actions pour l’égalité de genre

Women - News Section

Formation sur l’égalité de genre au niveau local : du principe à l’action


Le 18 novembre, le CCRE a organisé l’atelier en ligne « Du principe à l’action : formation à l’élaboration de plans d’action pour l’égalité de genre ». L’événement a réuni près de 60 participant·e·s provenant de plus de 10 pays, dont la France, l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, la Macédoine du Nord, la Roumanie, l’Ukraine, la Grèce, la Pologne, le Royaume-Uni et l’Autriche. Des représentant·e·s municipaux, coordinateurs nationaux et expert·e·s ont échangé pour renforcer leurs capacités à concevoir, actualiser et mettre en œuvre des Plans d’Action pour l’Égalité de Genre (GEAP), en cohérence avec la Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale.

À l’approche du 20e anniversaire de la Charte en 2026, la session a offert des orientations pratiques, des outils et des exemples pour soutenir un engagement renouvelé aux niveaux local et régional.

Plans d’action pour l’égalité de genre : outils et méthodologie

L’atelier a débuté par une intervention sur l’importance de l’intégration transversale du genre comme fondement des stratégies locales d’égalité.
Miguel Hernandez Littlewood (DG REGIO) a présenté le cadre stratégique de l’UE, les mécanismes de financement disponibles ainsi que la nouvelle méthodologie de suivi budgétaire sensible au genre.

Aline Burni, chercheuse au sein du think tank ODI Europe, a présenté les résultats du rapport GAP III et partagé des conseils pratiques : analyse des besoins, sécurisation de ressources financières, engagement politique, mise en place de systèmes de suivi axés sur l’impact plutôt que sur l’activité.

L’expérience des signataires de la Charte

Plusieurs signataires ont présenté leurs expériences et défis dans l’élaboration de leurs Plans d’Action.

Nataliya Lazarenko (Association des Villes Ukrainiennes) et Alina Khaletska (Conseil d’Experts sur l’Intégration du Genre de la Ville de Kyiv) ont évoqué leur expérience de la Charte, rappelant que Vinnytsia fut la première signataire ukrainienne en 2017, et soulignant que le contexte de guerre renforce les enjeux liés à l’égalité de genre.

Pascale Douineau, élue en charge de l’égalité femmes-hommes à Quimperlé (France), a partagé son travail sur la visibilité des femmes dans l’espace public, tout en rappelant la réalité et les défis propres aux territoires ruraux.

Toutes ont insisté sur la nécessité d’un engagement politique fort : la signature de la Charte marque une volonté d’agir, tandis que les Plans d’Action constituent les outils indispensables pour traduire cet engagement dans la vie quotidienne.

Outils pratiques, échanges et principales conclusions

Un exercice collectif a permis aux participant·e·s de concevoir un plan d’action à partir des articles de la Charte, notamment l’article 22 sur les violences de genre. Les échanges ont mis en lumière :

  • l’importance d’une approche intégrée ;
  • les besoins en ressources financières dédiées ;
  • la nécessité de fixer des objectifs budgétaires clairs ;
  • la valeur d’outils de suivi efficaces.

Les conclusions principales soulignent que l’évaluation des besoins est essentielle pour définir des priorités adaptées au territoire, et que la mise en œuvre durable requiert des financements adéquats, un leadership engagé et des structures pérennes. Aucun modèle unique ne peut s’appliquer partout : chaque plan doit être conçu selon les réalités locales. Les Plans d’Action constituent donc des instruments clés pour traduire les engagements en actions mesurables et concrètes.

Cap sur le 20e anniversaire de la Charte

À l’approche de 2026, année du 20e anniversaire de la Charte, le CCRE continuera d’accompagner les villes, communes et régions dans le renforcement de leurs stratégies d’égalité de genre. Les participant·e·s sont invité·e·s à s’appuyer sur les outils et enseignements présentés, à les intégrer dans leurs plans locaux et à rester des partenaires actifs de la progression collective en faveur de l’égalité.

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L’impact de la dé/mésinformation

Local truth study 2025

Renforcer les villes face à la désinformation : développer les capacités, la coordination et la confiance


Selon la dernière étude du CCRE, près de la moitié des collectivités locales et régionales (CLR) déclarent subir un impact modéré à significatif de la désinformation, notamment dans les domaines de la santé publique, des attaques personnelles contre les élus et de l’ingérence électorale. Pendant la pandémie, par exemple, les fausses informations sur les vaccins et les mesures sanitaires ont gravement ébranlé la confiance du public.

L’impact humain est également préoccupant : un élu local sur quatre a été victime d’intimidations ou d’abus en ligne, et plus d’un sur deux a fait l’objet de fausses accusations portant sur son intégrité ou sa conduite. Ces menaces ne sont pas abstraites — elles fragilisent la sécurité individuelle et minent la confiance démocratique.

Les résultats de l’étude montrent que les vagues de désinformation atteignent leur pic en période de crise, comme durant la COVID-19, les débats sur les zones à faibles émissions ou sur les questions de logement et de migration. Dans ces moments de forte tension, les collectivités se retrouvent souvent en première ligne, mais manquent encore de moyens pour réagir efficacement. 58 % des municipalités n’ont pas de stratégie formelle pour contrer la désinformation, et seulement un quart en développent une. La majorité agit de manière réactive : 58 % surveillent les réseaux sociaux, environ un tiers mènent des campagnes de sensibilisation, et une minorité collabore avec des vérificateurs de faits (4 %) ou engage des actions juridiques (21 %). Ces approches, bien que nécessaires, demeurent insuffisantes sans planification proactive.

Le CCRE identifie trois axes prioritaires pour renforcer la résilience locale :

  1. Renforcer les capacités locales et la confiance. Former le personnel, protéger les élus ciblés, et recourir à des outils de démocratie participative comme les assemblées citoyennes peuvent rendre les communautés moins vulnérables aux fausses informations.
  2. Améliorer la coordination et les outils. Des systèmes de veille partagés, des partenariats et des plateformes nationales ou européennes d’échange de connaissances peuvent permettre aux municipalités d’agir plus rapidement et d’éviter les doublons.
  3. Créer un cadre favorable. Le soutien des niveaux national et européen — via des instruments tels que le Digital Services Act, le règlement sur l’intelligence artificielle (AI Act) ou les lois nationales de lutte contre la désinformation — doit offrir des ressources, une sécurité juridique et des lignes directrices claires.

En définitive, si la désinformation est un défi mondial, ses effets se font sentir avant tout au niveau local. Donner aux collectivités locales les moyens, la coordination et les cadres nécessaires est essentiel pour protéger les citoyens, défendre la démocratie et restaurer la confiance publique.

Lire l’étude complète

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Politiques migratoires de l’Europe

Le CCRE rencontre les villes du Bade-Wurtemberg


Le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) a rencontré cette semaine le groupe de travail des coordinateurs européens de l’Association des villes du Bade-Wurtemberg afin d’échanger sur l’évolution du contexte européen et national en matière de migration et d’intégration. Cette rencontre intervient alors que les États membres de l’UE commencent à mettre en œuvre des éléments clés du Pacte sur la migration et l’asile, soulevant des questions sur la manière dont les gouvernements locaux et régionaux (GLR) seront associés à la définition du cadre européen de gouvernance migratoire.

Cette discussion s’inscrit dans la continuité du travail du CCRE sur les politiques migratoires et d’intégration, dans le cadre d’un engagement constant à soutenir les GLR autour de priorités clés : le Pacte européen sur la migration et l’asile, la directive sur la protection temporaire (DPT), le prochain cadre financier pluriannuel (CFP), le logement et l’inclusion sur le marché du travail.

Lors de la réunion, Annelies Coessens, chargée de mission au CCRE pour l’égalité, la diversité et la migration, a présenté les principaux défis qui façonnent actuellement la politique migratoire de l’UE. Bien que la migration demeure une priorité politique centrale — comme l’a réaffirmé la Présidente Ursula von der Leyen dans son discours sur l’état de l’Union 2025 — la mise en œuvre du Pacte sur la migration et l’asile manque encore de participation des GLR. Ce manque de coordination, conjugué à des récits nationaux axés sur la sécurité, freine le développement d’approches durables et communautaires en matière de migration.

Les participants ont partagé des perspectives issues de la réalité locale au Bade-Wurtemberg, notamment les défis rencontrés dans l’intégration des réfugiés ukrainiens — comme les barrières linguistiques, la pénurie de places en crèche et l’accès limité à l’emploi. Ces difficultés touchent particulièrement les femmes, notamment les mères célibataires, dont l’accès restreint à la garde d’enfants et aux opportunités professionnelles retarde significativement l’intégration et l’autonomie économique. Ces exemples illustrent le décalage entre les politiques européennes et la réalité locale, ainsi que la nécessité de renforcer les mécanismes de soutien pour les municipalités qui travaillent directement avec les nouveaux arrivants.

En regardant vers l’avenir, la discussion s’est tournée vers les prochaines négociations du budget de l’UE (2028–2034), où les fonds liés à la migration — notamment le FAMI et le FSE+ — devraient être intégrés dans les Plans nationaux et régionaux de partenariat (PNRP). Le CCRE a souligné que les GLR doivent être pleinement impliqués dans l’élaboration de ces plans afin de garantir que les ressources européennes répondent aux besoins réels sur le terrain.

Le CCRE a également présenté plusieurs initiatives en cours soutenant l’action locale, notamment le projet Bridges of Trust, qui relie les municipalités européennes et ukrainiennes, ainsi que de nouveaux jumelages favorisant les échanges de bonnes pratiques sur la migration et l’intégration. Le nouveau groupe de travail du CCRE sur le logement a également été présenté comme un espace clé de collaboration.

Cette rencontre a mis en lumière l’engagement commun du CCRE et de ses membres à faire en sorte que la politique migratoire fonctionne avec et pour les collectivités locales, afin que ceux qui sont au plus près des citoyens soient pleinement associés à la construction de la réponse européenne.

Renforcer la coopération en Europe

EU Semester - News 2024

Les dirigeants du Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) et du Réseau des associations de pouvoirs locaux d’Europe du Sud-Est (NALAS) se rencontrent pour renforcer leur coopération


Aujourd’hui, le Secrétaire général du Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) a rencontré le Président et le Secrétaire général du Réseau des associations de pouvoirs locaux d’Europe du Sud-Est (NALAS) afin de réaffirmer l’esprit de collaboration solide qui unit les deux organisations.

Lors de la rencontre, le Secrétaire général du CCRE a souligné le partenariat de longue date ainsi que le rôle précieux que joue NALAS dans la représentation et le soutien aux collectivités locales à travers l’Europe du Sud-Est. Les deux équipes dirigeantes ont insisté sur l’importance de renforcer les capacités des gouvernements locaux et régionaux (GLR) et de leurs associations (AGLR), en s’appuyant sur l’adhésion commune et les initiatives conjointes.

Le CCRE et NALAS ont échangé leurs points de vue sur la manière d’institutionnaliser leur coopération, afin qu’elle ne soit pas seulement poursuivie mais également pleinement intégrée dans les structures politiques du CCRE. Cette étape permettrait d’assurer un échange plus systématique, une meilleure représentation des priorités communes au niveau européen et un soutien accru aux communes, régions et à leurs associations — en particulier face aux défis actuels et dans le cadre du processus d’élargissement des six pays des Balkans occidentaux ainsi que du Trio du Partenariat oriental.

La rencontre a été suivie d’une discussion stratégique avec des représentants de la Direction générale du voisinage et des négociations d’élargissement de la Commission européenne (DG NEAR) sur la manière de garantir que les GLR et leurs associations soient activement impliqués dans le Plan de croissance pour les Balkans occidentaux. Cette initiative majeure, lancée par l’Union européenne, vise à accélérer le développement économique de la région et à faciliter son intégration dans le marché unique de l’UE.

Les deux organisations ont insisté sur l’importance de renforcer la coopération et le dialogue avec les gouvernements nationaux, tout en démontrant les responsabilités clés que les GLR doivent assumer dans les processus d’élargissement et de négociation.

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Semaine européenne régions et villes 25

EWRC 2023 - News 2023

Agenda du CCRE pour la Semaine européenne des régions et des villes


La Semaine européenne des régions et des villes se tiendra du 13 au 15 octobre 2025.

Organisée par la Direction générale de la politique régionale et urbaine de la Commission européenne et le Comité européen des régions, la Semaine européenne des régions et des villes est le plus grand événement annuel à Bruxelles au cours duquel les villes et régions démontrent leur capacité à créer de la croissance et des emplois, à mettre en œuvre la politique de cohésion de l’Union européenne et à prouver l’importance du niveau local et régional pour une bonne gouvernance européenne.

Si vous êtes membre du CCRE et prévoyez d’être à Bruxelles cette semaine-là, merci de remplir ce formulaire afin que nous puissions vous contacter concernant des opportunités de visibilité.


Événement CCRE inscrit au programme officiel de la Semaine européenne des régions et des villes

Pas d’avenir pour la cohésion sans représentation !

L’événement réunira des représentants de haut niveau des partenaires de l’#AllianceCohesion, des associations et du Comité européen des régions. Ensemble, ils échangeront leurs points de vue sur l’avenir de la politique de cohésion et réfléchiront à la manière dont la proposition de la Commission européenne favorise la cohésion économique, sociale et territoriale.

  • Date et heure : 15 octobre 2025, de 16h30 à 18h00 (CET)
  • Lieu : Bâtiment Jacques Delors, salle JDE 52

« Le chemin de l’Ukraine vers l’UE : municipalités et partenariats pour la cohésion et la croissance »

Organisé par EasyBusiness, le CCRE et l’Agence pour la reconstruction et le développement, avec le soutien de U-LEAD, cette session portera sur les progrès de l’Ukraine dans le cadre du chapitre 22 de l’acquis communautaire, sur le rôle central des municipalités en tant que bénéficiaires finaux et sur la force des partenariats municipaux internationaux.

En reconnaissant l’expérience directe limitée des municipalités, la session mettra en lumière la manière dont les échanges de connaissances et les initiatives collaboratives facilitent un apprentissage essentiel, accélèrent l’alignement sur l’UE et contribuent de manière déterminante à l’intégration et à la cohésion de l’Ukraine avec l’UE, favorisant ainsi une reconstruction durable et une croissance future.


Autres événements organisés pendant la Semaine européenne des régions et des villes (hors programme officiel)

Événement conjoint avec le Congrès – La Charte a 40 ans : renouveler la démocratie à l’ère numérique

  • Date et heure : 13 octobre 2025, 14h – 16h30 CET
  • Lieu : ACE events, Avenue d’Auderghem 22, Bruxelles
  • [Inscription ici]
  • Organisateurs : CCRE et Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe

L’année 2025 marque les 40 ans de l’ouverture à la signature de la Charte européenne de l’autonomie locale, un document fondamental qui consacre la gouvernance démocratique locale.

À l’ère numérique, la démocratie locale est confrontée à des défis inédits liés à la désinformation, la mésinformation et aux tentatives délibérées d’éroder la confiance dans les institutions publiques. C’est pourquoi le CCRE et le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe réunissent décideurs, élus locaux, universitaires et société civile pour un échange crucial sur la manière de renforcer la résilience démocratique.

Cet événement mettra en avant des actions locales innovantes, présentera le nouveau rapport du CCRE sur la lutte des collectivités locales et régionales contre les menaces de més/désinformation et introduira le Nouveau Pacte démocratique pour l’Europe, une initiative audacieuse pour renforcer la démocratie de demain.


Bridges of Trust – Rencontre annuelle

  • Date et heure : 16 octobre 2025, 13h30 – 19h00 CET
  • Lieu : CCRE, Square de Meeûs 1, 1er étage, Bruxelles
  • Organisateurs : CCRE, U-LEAD with Europe

La rencontre annuelle de Bridges of Trust réunit des municipalités européennes et ukrainiennes pour renforcer la coopération et soutenir la reconstruction de l’Ukraine. En présence de dirigeants locaux, d’institutions européennes et d’organisations partenaires, l’événement favorise des partenariats de confiance, des échanges de savoir-faire et des actions concrètes pour reconstruire les communautés et faire progresser l’intégration européenne.


Cérémonie 2025 du Pacte des Maires pour le climat et l’énergie

  • Date et heure : 16 octobre 2025, 8h00 – 13h30 CET
  • Lieu : Parlement européen
  • [Inscription ici]
  • Organisateur : Pacte européen des Maires

À l’heure où les défis géopolitiques s’intensifient et où les risques climatiques s’accélèrent, le rôle des villes et régions européennes n’a jamais été aussi crucial.

La Cérémonie 2025 rassemblera maires, présidents de régions et décideurs européens de haut niveau pour débattre de la manière dont les collectivités locales assurent l’avenir de l’Europe en garantissant une énergie propre et abordable, tout en renforçant la résilience locale.

Depuis plus de 15 ans, le Pacte européen des Maires mobilise le leadership local pour planifier, agir et travailler avec les communautés en faveur d’un avenir plus résilient, prospère et neutre en carbone, faisant des villes et régions des alliés indispensables dans la mise en œuvre de la vision européenne.

L’édition 2025 se déroule à un moment charnière, alors que de nouvelles priorités et stratégies se mettent en place dans le cadre du nouveau mandat de l’UE. L’événement mettra en lumière le rôle essentiel des collectivités dans la réalisation de ces priorités, en soulignant que la sécurité, la résilience et la prospérité de l’Europe ne peuvent être atteintes qu’en coopération étroite avec ses villes et régions.

Parmi les intervenants de haut niveau figureront :

  • Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission européenne
  • Roberta Metsola, Présidente du Parlement européen
  • Kata Tüttő, Présidente du Comité européen des régions
  • Raffaele Fitto, Vice-président exécutif de la Commission européenne chargé de la Cohésion et des Réformes
    ainsi que des maires et dirigeants régionaux venus de toute l’Europe.

La Cérémonie honorera également les lauréats du Prix 2025 du Pacte européen des Maires, récompensant leur leadership exemplaire et leurs réussites dans la décarbonation du chauffage et du refroidissement au niveau local.


Pour plus d’informations, contactez :

Rapport sur la més/dés information

Mis-Disinformation report launch

Vérité, confiance et démocratie locale à l’ère de la mésinformation et de la désinformation


Tout commence souvent par une rumeur. En Suède, lorsqu’un conseil municipal a proposé d’utiliser un terrain communal pour accueillir de nouveaux migrants, le débat aurait dû porter sur la politique à suivre. Mais des récits trompeurs ont pris le dessus. La confiance dans le processus s’est effondrée, les divisions se sont accentuées et la planification s’est arrêtée, non pas parce que les habitants rejetaient l’idée en elle-même, mais parce que leur confiance dans les responsables avait été ébranlée.

Des schémas similaires se retrouvent ailleurs. Au Royaume-Uni, de fausses affirmations propagées par des extrémistes ont alimenté des menaces contre des élus locaux et même perturbé des réunions de conseil. En Roumanie, des autorités locales affirment devoir détourner du temps et des ressources de leurs services essentiels, simplement pour contrer des rumeurs persistantes.

Ces histoires révèlent une vérité plus large : lorsque les faits sont déformés, le dialogue démocratique perd son assise. Les décisions censées servir les communautés sont retardées ou bloquées, tandis que les représentants élus – en particulier les femmes et les personnes issues de minorités – subissent une hostilité et des intimidations accrues.

Une enquête du CCRE menée auprès de ses associations nationales au printemps 2025 illustre cette dynamique. Les gouvernements locaux et régionaux (GLR) signalent une hausse de la mésinformation et de la désinformation visant à discréditer les responsables, à entraver la mise en œuvre des politiques et à accentuer les divisions au sein des communautés. S’appuyant sur des expériences réelles de GLR, le rapport montre à quel point ces campagnes perturbent gravement le bon fonctionnement des administrations locales.

La vérité en démocratie a toujours été un terrain disputé, où les faits se mêlent aux croyances et où les récits politiques façonnent la compréhension du monde. Mais le défi actuel va bien au-delà d’un désaccord sain. Nous faisons face à des manipulations délibérées destinées à diviser. Résultat : un espace public plus polarisé, moins participatif et moins capable d’assurer efficacement ses fonctions essentielles, qu’il s’agisse du maintien de l’ordre public, de la protection des populations vulnérables ou de la gestion des crises.

Les GLR figurent parmi les plus exposés à ces pressions. Institutions démocratiques les plus proches des citoyens, elles sont à la fois très dignes de confiance et particulièrement vulnérables. Leur rôle central dans la prestation de services et leur engagement quotidien avec les habitants les rendent visibles et donc plus facilement ciblées par des récits manipulés qui cherchent à fausser les faits, à alimenter la méfiance et à saper leur crédibilité.

Si les réponses à la mésinformation et à la désinformation veulent réussir, elles doivent inclure le niveau local. Renforcer la démocratie locale, ce n’est pas seulement protéger des valeurs, c’est aussi garantir que les GLR puissent continuer à fournir les services et le leadership indispensables à des sociétés pacifiques et cohésives. Cela implique d’investir dans des outils et des formations pour les agents publics, de soutenir les médias locaux indépendants, de promouvoir l’éducation aux médias et d’intégrer les GLR dans les stratégies nationales et européennes qui prennent en compte les réalités locales.

Ces questions sont examinées en détail dans le nouveau rapport du Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE), qui sera lancé le 13 octobre 2025 à Bruxelles (14h-18h30) lors de l’événement « La Charte fête ses 40 ans | Renouveler la démocratie à l’ère numérique », organisé conjointement avec le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe. À l’heure où la résilience démocratique est mise à rude épreuve, la mésinformation et la désinformation représentent un défi collectif qu’aucune institution ne peut relever seule.

Renforcer les gouvernements locaux est essentiel pour bâtir la confiance, protéger les valeurs démocratiques et assurer la cohésion des sociétés. L’événement de lancement réunira des participants capables d’apporter des éclairages, des expériences et une expertise pour enrichir le débat et inspirer des solutions concrètes.

Les places étant limitées, l’inscription est obligatoire pour toute participation.

Pour plus d’informations, contactez :