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Développement rural

Rural Development - News

Entretien exclusif : La Commissaire Dubravka Šuica sur l’avenir des zones rurales


Le 30 juin, la Commission européenne a publié la communication intitulée « Une vision à long terme pour les zones rurales de l’UE – Vers des zones rurales plus fortes, connectées, résilientes et prospères à l’horizon 2040 ». Cette communication couvre un large éventail de thématiques : services publics, solutions numériques, diversification économique… À cette occasion, nous avons interrogé Dubravka Šuica, vice-présidente de la Commission européenne et commissaire à la Démocratie et à la Démographie, sur les défis, objectifs et prochaines étapes de cette initiative.

Qu’est-ce qui a motivé la Commission à publier cette communication maintenant et quels en sont les objectifs ?

La transition démographique touche l’UE de manière différente selon les régions, mais nos zones rurales en subissent les effets de façon plus marquée : dépeuplement, vieillissement, difficulté d’accès aux services et aux infrastructures, notamment dans les zones les plus isolées. La pandémie de COVID-19 n’a fait qu’amplifier ces disparités.

Avec cette vision, nous voulons nous adresser aux 137 millions de personnes vivant dans environ 80 % du territoire de l’UE et veiller à ce qu’elles puissent s’épanouir là où elles ont choisi de vivre.

La vision propose des actions concrètes et immédiates, pour créer des emplois, moderniser les infrastructures, renforcer la mobilité et attirer ou retenir les jeunes talents.

En tant qu’ancienne maire, quels éléments de cette vision peuvent le plus aider les élus locaux à faire face au déclin démographique et économique ?

La vision est très large et sa mise en œuvre nécessitera l’implication de tous les niveaux de gouvernance : européen, national, régional et local. Elle exige aussi la participation de la société civile locale, des associations et du secteur économique.

C’est pourquoi elle propose un Pacte rural de l’UE, afin de favoriser le dialogue et les alliances. En tant qu’ancienne maire, je sais combien il est essentiel de dépasser l’échelle locale pour construire des coalitions efficaces. Ce pacte permettra aux maires d’échanger des idées et de construire des projets ciblés avec des acteurs parfois difficiles à mobiliser individuellement.

La communication n’est qu’un début. Quelles sont les prochaines étapes à venir jusqu’en 2024 ?

D’ici la fin de l’année, nous allons lancer officiellement le Pacte rural de l’UE, en coopération avec le Comité européen des Régions. Nous allons aussi commencer à mettre en œuvre le plan d’action rural, qui comprend des projets concrets et opérationnels.

En tout, le plan contient neuf projets phares et quinze actions complémentaires.

Parmi les projets :

Le projet « Avenir numérique des zones rurales » prévoit un ensemble d’actions pour accélérer la transition numérique durable dans les territoires ruraux.

Le premier est la plateforme de revitalisation rurale, axée sur les zones touchées par la perte démographique, le vieillissement et le manque d’opportunités économiques.

Selon un Eurobaromètre récent, 79 % des citoyens européens estiment que l’UE devrait tenir compte des zones rurales dans les décisions de dépenses publiques, et 65 % pensent que la région ou province locale devrait pouvoir décider de la manière dont les investissements de l’UE sont utilisés dans les zones rurales. Dans quelle mesure la nouvelle communication influencera-t-elle l’allocation des fonds européens dans les années à venir ?

La Vision met en avant l’importance de réaliser le plein potentiel des zones rurales, ce qui n’est possible qu’avec un soutien et des incitations appropriés. Elle adresse un message clair à tous les acteurs, y compris aux gouvernements nationaux, sur la nécessité d’offrir un financement et un cadre de soutien adéquat aux zones rurales.

Dès l’an dernier, j’ai adressé une lettre aux États membres, avec les commissaires Elisa Ferreira et Janusz Wojciechowski, les invitant à prendre en compte les zones rurales dans la préparation des plans stratégiques de la PAC et des programmes opérationnels de la politique de cohésion.

La Vision prévoit également la création d’une boîte à outils pour l’accès et la combinaison optimale des financements européens destinés aux zones rurales, permettant d’améliorer les synergies entre les différents fonds et de faire bénéficier les citoyens ruraux d’un éventail plus large de financements.

Comment l’initiative Next Generation EU peut-elle également contribuer à revitaliser les zones rurales et isolées ?

Des instruments comme la Facilité pour la reprise et la résilience, InvestEU, la Banque européenne d’investissement ou d’autres programmes européens peuvent être mobilisés pour financer des activités spécifiques dans les zones rurales. Nous avons invité les États membres à utiliser ces fonds en tenant compte des besoins particuliers de ces territoires.

Par ailleurs, comme proposé dans la Vision à long terme pour les zones rurales, toutes les politiques européennes futures seront passées au crible de leurs effets sur les zones rurales, à travers un processus de rural proofing. Au-delà du soutien financier, cette vision vise à créer une dynamique politique, impliquant un large éventail d’acteurs au service du développement rural.

On perçoit de plus en plus que les zones rurales ne sont pas une priorité de l’UE. Selon la consultation publique de la Commission, 56 % des habitants ruraux se sentent « laissés pour compte ». Comment la Conférence sur l’avenir de l’Europe peut-elle répondre à ce sentiment ? Et comment garantir la pertinence du débat pour les citoyens, notamment dans les zones rurales ?

Avec le lancement de cette Vision à long terme, la Commission européenne a clairement affiché son engagement en faveur du bien-être et de la prospérité des zones rurales, avec une approche qui va bien au-delà du prisme agricole traditionnel. Les nombreuses actions prévues toucheront concrètement la vie quotidienne de nombreux habitants et contribueront à combler le sentiment d’exclusion.

La Conférence sur l’avenir de l’Europe a justement pour vocation d’inclure tous les citoyens, y compris les plus sceptiques ou ceux qui se sentent marginalisés. Elle est une opportunité pour les acteurs ruraux d’exprimer leurs attentes, en organisant leurs propres événements et en les relayant sur la plateforme numérique multilingue, ainsi que via les panels de citoyens ou les séances plénières.

Comment les élus locaux – en dehors du Comité européen des Régions – peuvent-ils participer aux débats de la Conférence sur l’avenir de l’Europe ? Et comment leurs contributions peuvent-elles être prises en compte par les institutions de l’UE ?

Le Comité des Régions travaille à coordonner une participation équilibrée des représentants élus locaux qui ne sont pas eux-mêmes membres du Comité. Ces représentants pourront débattre des recommandations issues des panels citoyens européens et nationaux, et des contributions de la plateforme numérique, aux côtés de députés européens et nationaux, de représentants d’organisations de la société civile, de partenaires sociaux et d’autres acteurs.

Les élus locaux doivent saisir cette occasion pour faire entendre leurs points de vue et enrichir les débats à tous les niveaux : local, national et européen.

Dialogue social

Social Dialogue - News 2021

Comment les collectivités locales et régionales peuvent-elles lutter contre les violences et le harcèlement de la part de tiers sur le lieu de travail ?


Dans l’Union européenne, 41 % des employés travaillent en contact direct avec des usagers ou des clients. Parmi eux, 42 % – notamment des femmes – sont victimes de violence physique, d’agressions verbales ou de menaces de violence physique, provenant non pas de collègues, mais de tiers (par exemple, un agent municipal ciblé par du cyberharcèlement ou un enseignant agressé par un élève). Ces violences dites « de la part de tiers » affectent la santé et la sécurité des travailleurs ainsi que leur capacité à fournir des services publics de qualité.

Ces dernières années, ce type d’abus s’est fortement aggravé. L’émergence de nouvelles formes de travail, la montée en puissance des réseaux sociaux et le contexte de la pandémie de Covid-19 ont fortement contribué à l’augmentation des violences de tiers.

Une réponse européenne est indispensable pour lutter contre ces abus. C’est pourquoi les partenaires sociaux européens ont adopté en 2010 des lignes directrices multisectorielles. Mais ces dernières doivent être actualisées face aux défis posés par la pandémie, notamment pour les travailleurs de première ligne. Cet été, par exemple, des centres de vaccination ont été la cible de menaces et d’attaques en France et en Pologne.

Un atelier franco-européen pour échanger sur les solutions

Dans ce contexte, les partenaires sociaux, membres du CCRE (CEMR) et de la Fédération européenne des syndicats des services publics (FSESP/EPSU), se sont réunis le 16 septembre lors d’un atelier en ligne : « La violence de tiers sur le lieu de travail : politiques et accords des partenaires sociaux français ».

L’atelier a mis en lumière la situation en France, où, malgré un cadre législatif élaboré, employeurs comme salariés ignorent souvent les responsabilités et les mécanismes existants pour prévenir ou gérer ces violences.

Quelles solutions pour mettre fin aux violences de tiers ?

Des représentants des services de propreté, d’accueil, et des services d’urgence ont insisté sur l’importance :

  • de la sensibilisation et de la formation du personnel,
  • de la prévention via des chartes d’usagers,
  • de dispositifs de plainte et de soutien psychologique,
  • de l’appui d’experts en gestion de conflits.

Mads Samsing, président d’EPSU, a souligné l’importance du dialogue entre employeurs, salariés et citoyens :

« Le dialogue est essentiel pour arriver à des décisions utiles pour les autorités publiques. Il faut un bon nombre de salariés bien formés. »

Mais il a aussi souligné que les services publics ont besoin de moyens accrus pour faire face aux défis liés aux nouvelles technologies.

Quelles suites ? Le rôle des collectivités locales dans la mise à jour des lignes directrices

Concernant la France, Philippe Laurent, maire de Sceaux et président de l’AFCCRE, a regretté le manque de protection des agents publics par rapport au secteur privé. Il a appelé à :

  • partager les bonnes pratiques entre collectivités,
  • améliorer le dialogue social local.

« Il faut poursuivre cette prise de conscience. À ce titre, les échanges de bonnes pratiques que peuvent promouvoir le CCRE et l’EPSU sont particulièrement utiles. »

Gail MacGregor, porte-parole du CCRE et de COSLA, a quant à elle attiré l’attention sur les contraintes budgétaires :

« Les effets financiers du COVID-19 ont été sévères. Ils mettent une forte pression sur des budgets déjà restreints, et sur nos effectifs. Nous restons engagés en faveur du bien-être physique et mental de nos agents, mais les gouvernements nationaux doivent reconnaître cette pression extrême et investir davantage dans les collectivités locales. »

Mads Samsing a rejoint cette inquiétude, et a souligné que la mise à jour des lignes directrices doit impérativement inclure :

  • le harcèlement numérique,
  • de nouveaux outils de protection.

Un nouvel atelier, dédié aux violences basées sur le genre, s’est tenu le 24 septembre, afin d’actualiser les lignes directrices à la lumière des évolutions politiques et législatives récentes, notamment la Convention 190 de l’OIT sur la violence et le harcèlement.

Source de données : Eurofound, 2020
Cet événement a eu lieu dans le cadre du projet conjoint CCRE-FSESP « Dialogue européen, solutions locales ».

Plateforme d’action des maires

Green City - News Section

Maires d’Europe et d’ailleurs, participez à la Plateforme d’action des maires


PPubliez vos propres réussites, découvrez les études de cas d’autres municipalités et entrez directement en contact avec des représentants d’autres villes grâce à la messagerie intégrée de la Plateforme d’action des maires (MAP) en ligne.

La Geneva Cities Hub a mis en place cette plateforme, sous l’égide de la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (CEE-ONU) et d’ONU-Habitat, afin de :

  • partager les pratiques innovantes mises en œuvre par les villes ;
  • suivre les avancées dans la mise en œuvre de la Déclaration des maires, adoptée l’année dernière lors du tout premier Forum des maires.

Objectifs de la plateforme :

  1. Mettre en lumière des actions concrètes et des solutions développées par les villes pour répondre aux enjeux identifiés dans la Déclaration des maires ;
  2. Créer un espace sécurisé d’échange entre pairs, à destination des maires et de leurs équipes.

Les maires peuvent également partager leurs propres histoires de réussite avec le Geneva Cities Hub en répondant à ce questionnaire.

Cérémonie 2021

Green City - News

Les inscriptions sont ouvertes : venez célébrer l’engagement des villes pour atteindre la neutralité carbone


Date : 7 octobre 2021, de 9h30 à 13h00
Lieu : en ligne… et partout en Europe !
Informations sur l’événement | Programme | Inscriptions

Le grand moment approche : la Cérémonie 2021 du Pacte des Maires, placée sous le thème « Vers une Europe plus juste et climatiquement neutre pour tous », se tiendra le mois prochain. Les municipalités et associations de collectivités locales sont invitées à se joindre à nous pour cet événement majeur, célébrant les réussites de la communauté du Pacte et l’ambition des villes de se décarboner d’ici 2050. Nous y discuterons aussi des moyens de s’engager, d’agir et de construire une Europe plus équitable et neutre pour le climat.

Parmi les intervenants :

  • David Sassoli, président du Parlement européen (ouverture)
  • Frans Timmermans, vice-président de la Commission pour le Pacte vert européen
  • Kadri Simson, commissaire européenne à l’énergie
  • …ainsi que de nombreux maires et représentants des collectivités locales.

4 sessions thématiques seront également proposées :

  1. Adaptation climatique et dispositif de soutien aux politiques
  2. Le paquet Fit for 55
  3. L’ambition du Pacte 2050 et comment renouveler son engagement
  4. Le Pacte climatique européen

Von der Leyen soutient les objectifs renforcés du Pacte 2050

Avec plus de 10 000 signataires, le Pacte des Maires est le plus grand mouvement mondial pour l’action locale en faveur du climat et de l’énergie. En le rejoignant, les villes, communes et villages s’engagent à :

  • Réduire leurs émissions de gaz à effet de serre,
  • S’adapter au changement climatique,
  • Garantir l’accès à une énergie durable et abordable,
  • Améliorer la qualité de vie des citoyens.

En avril 2021, l’initiative a lancé une nouvelle phase avec une ambition renforcée : un objectif intermédiaire à l’horizon 2030 (au moins aussi ambitieux que les objectifs nationaux) et la neutralité climatique d’ici 2050.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, soutient directement cette nouvelle étape. Elle a lancé un appel aux villes :

« Que vous soyez un membre de longue date, un nouveau venu ou que vous envisagiez simplement de rejoindre le Pacte des Maires, je vous invite à nous rejoindre pour bâtir un mouvement toujours plus ambitieux et inclusif.
Chaque effort compte pour mettre en œuvre le Pacte vert européen. Quelle que soit la taille ou la capacité de votre ville, village ou commune, où que vous soyez en Europe : vous avez un rôle clé à jouer. »

Organisez votre propre événement satellite

Chaque membre de la communauté du Pacte est invité à organiser un événement satellite de la Cérémonie 2021.
Ces événements permettront de :

  • Promouvoir la vision 2050 du Pacte des Maires,
  • Engager le dialogue avec votre communauté locale ou régionale,
  • Inclure un moment de signature de l’engagement politique renouvelé.

Les événements satellites peuvent avoir lieu de septembre à décembre 2021 et bénéficieront d’une visibilité via le site web et les réseaux sociaux du Pacte.

[Inscrire un événement satellite national]

EWRC

Global - News Section

Semaine européenne des régions et des villes : rejoignez-nous lors de ces événements


C’est l’événement incontournable de l’année pour les gouvernements locaux et régionaux d’Europe : la Semaine européenne des régions et des villes (EWRC).

Dates : du 11 au 14 octobre
Format : en ligne et à travers toute l’Europe

Des milliers de responsables locaux, experts et citoyens se réuniront avec leurs homologues à travers le continent pour débattre, se connecter, apprendre et démontrer l’impact des municipalités et régions européennes aujourd’hui.
Cette année, les événements sont centrés sur :

  • La transition verte
  • La cohésion
  • La transition numérique
  • L’engagement citoyen

Le CEMR (Conseil des Communes et Régions d’Europe) jouera un rôle actif dans plusieurs sessions, en tant qu’organisateur ou participant. Voici les événements où le CEMR sera impliqué :

Lundi 11 octobre 2021

  • Les villes petites et moyennes et la montée en puissance de la transformation numérique
    [Inscription]

Mardi 12 octobre

  • Le Nouveau Bauhaus Européen et sa pertinence pour les citoyens – Façonner un avenir plus beau en Europe
    (Événement organisé par le CEMR)
    [Inscription]
  • Politiques urbaines nationales : moteurs de la mise en œuvre de la Nouvelle Charte de Leipzig
    [Inscription]
  • Cohésion pour la relance en Méditerranée : les autorités locales renforcent la résilience territoriale
    (organisé par la Province de Barcelone, DIBA)
    [Inscription]

Mercredi 13 octobre

  • Localiser les ODD – Une feuille de route pour la relance
    (Événement du CEMR)
    [Inscription]
  • Comment intégrer l’engagement citoyen et la démocratie délibérative dans les institutions publiques ?
    [Inscription]
  • Comment interagir avec l’Europe via le numérique : enseignements et opportunités
    [Inscription]
  • La Communauté du Pacte : pionnière de la transition verte
    (Événement du CEMR)
    [Inscription]

Jeudi 14 octobre

  • Connexions rurales : innovation verte et numérique pour libérer le potentiel des zones rurales et éloignées
    (Événement du CEMR)
    [Inscription]
  • Transition verte dans les villes comme héritage européen du WUF11 en Pologne
    [Inscription]

Vendredi 15 octobre

  • Naviguer dans le labyrinthe européen pour financer la relance : financements 2021-2027 pour la transition écologique
    [Inscription]

Participez au débat !

Inscrivez-vous dès aujourd’hui et rejoignez la conversation sur Twitter avec le hashtag #EURegionsWeek.

État de l’Union

Ursula von der Leyen - News

La Présidente von der Leyen : Il est temps que les municipalités et régions soient pleinement engagées dans la relance de l’Europe


Cet article a été initialement publié par Agence Europe.

Avec le lancement du colossal plan de relance NextGenEU, l’Union européenne espère accélérer les transitions numérique et écologique. Mais ces transitions ne pourront aboutir qu’avec les acteurs de terrain : les gouvernements locaux et régionaux. Il est grand temps que les municipalités et les régions soient pleinement impliquées dans la mise en œuvre et le suivi des plans nationaux de relance, condition indispensable pour garantir leur succès.

Ces deux dernières années ont révélé la vulnérabilité de nos sociétés et la nécessité d’affronter ensemble des menaces planétaires : la pandémie, le changement climatique, les catastrophes naturelles, mais aussi l’érosion de la démocratie et des droits humains.

En tant que représentants des gouvernements locaux et régionaux de toutes tailles, nous avons pu constater à quel point le niveau territorial est devenu le principal point de référence pour l’action publique en temps de crise. Les villes et régions ont fourni des services essentiels tout en limitant les ruptures : soins sociaux, gestion des déchets, assainissement, mobilité, santé… Elles ont aussi préparé le retour à la vie normale, en accueillant à nouveau les touristes, en organisant des événements culturels, en maintenant la qualité des services publics, et en assurant des conditions de travail sûres pour leurs agents.

Des finances locales fragilisées

Si la crise a confirmé le rôle central des collectivités, l’impact sur les finances territoriales a été dévastateur. Notre suivi montre un effet de ciseaux : une chute des recettes conjuguée à une explosion des dépenses, notamment en raison de la prise en charge sociale, de l’achat d’équipements de protection et du soutien aux entreprises et associations locales. En Allemagne, les municipalités et comtés font face à un déficit budgétaire de plus de 10 milliards d’euros.

Dans cette crise, l’UE a rapidement réagi en lançant un programme de relance de 800 milliards d’euros. Maintenant que la plupart des plans nationaux de relance et de résilience ont été approuvés par Bruxelles et que les fonds commencent à être versés, il est temps de penser à la suite.

Comment s’assurer que l’argent de l’UE soit bien utilisé ?

Pour nous, la réponse est claire : en impliquant pleinement les collectivités territoriales dans la mise en œuvre et le suivi des plans de relance. Les collectivités disposent du savoir-faire, de la connaissance du terrain et de la confiance des citoyens, autant d’atouts pour une gestion efficace.

Malgré les recommandations de la Commission européenne, la plupart des gouvernements nationaux n’ont pas suffisamment associé les collectivités locales à l’élaboration des priorités d’investissement.
Depuis, nous avons obtenu que les États membres soient tenus de rapporter leur niveau d’implication des territoires, mais cela ne va pas assez loin. Une évaluation approfondie de cette implication locale doit être une priorité lors de la revue à mi-parcours des plans de relance par la Commission, en 2022.

Adapter la relance aux besoins du monde rural

Les zones rurales représentent 80 % du territoire de l’UE. Elles abritent un patrimoine géographique, culturel et agricole considérable, ainsi qu’un fort potentiel touristique. Pourtant, elles sont souvent confrontées à l’exode et au déclin démographique. La crise pourrait accentuer ces fractures. Selon une consultation publique de la Commission, 56 % des habitants des zones rurales se sentent « laissés-pour-compte ».

Les plans de relance sont une occasion de revitaliser les zones rurales et les villes moyennes, à travers des investissements ciblés. Par exemple, la digitalisation et le développement du télétravail peuvent renouveler l’attractivité des territoires ruraux. Mais cela ne peut fonctionner qu’en impliquant les collectivités concernées, afin de garantir que les plans répondent à leurs besoins réels. 79 % des Européens estiment d’ailleurs que les dépenses publiques doivent tenir compte des spécificités rurales.

Les citoyens font confiance aux collectivités pour la transition écologique

Le Pacte vert européen lancé par la Présidente von der Leyen et les nouvelles propositions législatives sur le climat, l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables montrent que l’UE veut aller de l’avant. Mais aucun résultat concret ne sera possible sans les collectivités.

De Nantes à Constanța, d’Andalousie à la Laponie, nos villes, comtés et régions sont prêtes à mener les grandes transitions de ce siècle — à condition d’en avoir les moyens.

Au moins 37 % des dépenses des plans de relance doivent concerner le climat. Ici aussi, le rôle des territoires est décisif, notamment pour les politiques de mobilité ou d’efficacité énergétique. Selon un sondage Eurobaromètre, 43 % des citoyens considèrent que le niveau local et régional est le plus adapté pour lutter contre le changement climatique.

De nombreux dirigeants européens, y compris la Présidente von der Leyen, reconnaissent que les collectivités doivent être impliquées dans la relance. Il est maintenant temps de passer des paroles aux actes : la Commission européenne doit s’assurer que les gouvernements locaux et régionaux soient pleinement intégrés au processus.

C’est la seule garantie que le programme de relance européen, l’un des projets les plus ambitieux de l’histoire de l’intégration européenne, soit un succès.

Frédéric Vallier, Secrétaire général du Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE)

Appel à prestataire

Call for Proposals - News 2023

Mission : réaliser une étude sur les finances locales en Europe


Le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) recherche un prestataire pour mener une étude sur les finances locales en Europe depuis 2010, en intégrant l’impact de la pandémie de COVID-19 ainsi que le développement des finances locales vertes.

Les travaux sont prévus entre fin octobre 2021 et avril 2022.

Les candidats intéressés sont invités à soumettre leur offre avant le dimanche 17 octobre 2021 au plus tard.

Pour plus d’informations sur la mission et les modalités de candidature, veuillez consulter les Termes de Référence ainsi que la Note de concept de la publication.

Congrès mondial de la nature

Environment - News

Les collectivités locales et régionales jouent un « rôle vital » dans la préservation de la biodiversité


Des maires, des dirigeants régionaux et des associations de collectivités locales se sont réunis le mercredi 8 septembre lors du Congrès mondial de la nature de l’UICN à Marseille pour réaffirmer le rôle essentiel que jouent les collectivités locales et régionales dans la préservation de la biodiversité. Les participants ont également tiré la sonnette d’alarme face au déclin continu de la biodiversité, soulignant notamment l’interdépendance entre l’environnement et la santé humaine, illustrée de manière frappante par la propagation des maladies zoonotiques transmises des animaux aux humains.

Les sessions ont été organisées par l’Association française du CCRE (AFCCRE), en amont de la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (COP15), qui se tiendra le 11 octobre 2021 à Kunming, en Chine. L’événement a réuni des représentants de différents niveaux de gouvernement, dont l’UE, la France, l’Écosse, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et la ville de Marseille. Parmi les réseaux présents figuraient CGLU, ICLEI et Regions4.

Les villes et régions réaffirment leur engagement en faveur de la biodiversité dans la « Déclaration de Marseille »

Lors de la session du matin, les réseaux de collectivités locales et régionales ont adopté une déclaration soulignant « le rôle vital des autorités locales et régionales dans les politiques de protection et de restauration des espèces et des espaces naturels ». En effet, les communes et régions disposent de nombreux leviers puissants pour protéger la biodiversité : suivi environnemental, aménagement du territoire, gestion des espaces urbains et naturels, transports, gestion de l’eau, et coopération décentralisée avec d’autres collectivités.

Ronan Dantec, sénateur français, conseiller municipal de Nantes et porte-parole du CCRE pour le climat, a déclaré :

« Sans la mobilisation des élus locaux et régionaux, il est évident que nous n’atteindrons aucun des objectifs de reconquête de la biodiversité, qui dépend énormément de l’action que nous menons localement. »

La Déclaration reconnaît également l’importance de la biodiversité pour la santé humaine et la durabilité, et appelle à l’adoption d’objectifs ambitieux en matière de zones protégées (30 % des territoires). La session a également souligné les défis liés à la coopération décentralisée et à la recherche de financements.

Des actions portées localement pour impliquer les citoyens

Lors de l’événement, Marianne Overton, conseillère du comté du Lincolnshire et porte-parole du CCRE pour l’environnement, a présenté plusieurs façons dont les collectivités locales peuvent contribuer à la biodiversité tout en impliquant les citoyens.

Depuis les confinements liés au coronavirus, l’intérêt des citoyens pour les espaces verts s’est nettement accru. Parmi d’innombrables initiatives locales, le district de Forest of Dean, au Royaume-Uni, a récemment publié un guide destiné aux professionnels du bâtiment et aux particuliers, pour les accompagner dans leurs projets de logement à zéro émission nette de carbone.

Mme Overton a observé que « de nombreuses actions efficaces ont déjà été menées au niveau des villes, mais une approche coordonnée et globale reste un défi ». C’est pourquoi la Commission européenne a lancé le Green City Accord, une initiative encourageant l’échange d’expériences entre les villes engagées dans la transition écologique.

Coopération décentralisée : l’action internationale des collectivités pour la biodiversité

L’après-midi, PLATFORMA et l’AFCCRE ont organisé une session sur le rôle de la coopération décentralisée dans la protection de la biodiversité. Des représentants locaux, régionaux et européens ont débattu sur la manière dont les collectivités mènent des actions internationales dans ce domaine, notamment en partageant leur expertise sur les causes de l’érosion de la biodiversité et les bonnes pratiques pour trouver des solutions fondées sur la nature.

Atelier vert

Environment - News section

Comment les villes peuvent respecter leurs engagements environnementaux


Les signataires du Green City Accord vont plus loin pour garantir à leurs citoyens un avenir plus propre et plus sain, en planifiant des initiatives efficaces dans cinq domaines prioritaires :

  • la qualité de l’air,
  • l’eau,
  • la nature et la biodiversité,
  • les déchets et l’économie circulaire,
  • le bruit.

À ce jour, plus de 60 villes ont signé l’Accord des villes vertes (Green City Accord), et beaucoup d’entre elles sont en train d’élaborer des plans innovants pour tenir leurs engagements.

Le consortium du Green City Accord est heureux d’organiser un atelier le 29 septembre de 10h00 à 12h30 CEST, intitulé :
« Green City Accord : comment mettre en œuvre votre engagement ».

Cet événement interactif présentera les étapes concrètes nécessaires pour planifier et satisfaire aux exigences de l’Accord, tout en offrant aux villes l’occasion d’exprimer leurs besoins d’accompagnement dans ce processus.

L’atelier se déroulera en anglais.
Les villes signataires, les futures signataires ainsi que les organisations de soutien peuvent s’inscrire ici.

Congrès de la nature de l’UICN

Calendar - internal events

Les gouvernements locaux participent au Congrès mondial de la nature de l’UICN à Marseille


Le Congrès mondial de la nature de l’UICN, qui se tiendra à Marseille du 3 au 11 septembre, constituera un moment fort pour exprimer et affirmer l’engagement des collectivités locales en faveur de la biodiversité, dans un contexte marqué par la pandémie et ses conséquences.

Cet événement représente une étape-clé pour la conservation de la nature et pour l’élaboration d’un nouveau cadre mondial de la biodiversité en vue de la 15e Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (COP15).

Il s’agira notamment de définir un nouveau cadre mondial pour la biodiversité post-2020, succédant au plan établi lors de la Conférence de Nagoya (Japon, 2010), en intégrant les actions des collectivités territoriales. L’objectif est d’assurer une forte reconnaissance du rôle des autorités locales, et de renouveler la décision X/22 adoptée à Nagoya, qui définissait un plan d’action spécifique pour les gouvernements infra-nationaux, les villes et les collectivités locales.

À l’initiative de l’AFCCRE et de son porte-parole pour le climat, l’environnement et le développement durable, Ronan DANTEC (sénateur, conseiller municipal de Nantes), et en lien avec des représentants de l’UICN, du gouvernement français, d’organisations nationales, européennes et de réseaux mondiaux de collectivités, plusieurs temps forts consacrés aux autorités locales sont prévus :

  • Vendredi 3 septembre (12h00–16h00) : Sommet de l’action locale de l’UICN, organisé par et pour les membres de l’UICN. Plus d’infos : iucnlasummit.org.
  • Mardi 7 septembre (8h30–18h00) : session thématique portée par la métropole Aix-Marseille-Provence et France Urbaine, réunissant des métropoles françaises souhaitant affirmer leur engagement pour la biodiversité et partager leurs initiatives.
  • Mercredi 8 septembre (10h00–13h00) : Sommet des réseaux – « Les collectivités territoriales et leurs réseaux en route vers la COP15 », organisé par l’AFCCRE, consacré à la contribution des autorités locales et de leurs réseaux aux négociations européennes et internationales.
  • Mercredi 8 septembre (15h00–17h30) : session dédiée à la coopération décentralisée, organisée par PLATFORMA, l’AFCCRE, la DAECT et le Comité français de l’UICN.

La participation est gratuite le mercredi 8 septembre, mais l’inscription est obligatoire via ce formulaire.

Consultez le programme détaillé de ces différentes séquences dédiées aux collectivités locales.

Suivez la conversation sur Twitter avec le hashtag #IUCNCongress.