Le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE), qui représente 110 000 collectivités locales et régionales et 1 000 000 d’élus à travers l’Europe, adresse une lettre au président de la Commission alors que se multiplient les informations faisant état d’un possible affaiblissement de la Direction générale de la politique régionale et urbaine (DG REGIO).
Bruxelles, le 13 juillet 2026 – Le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE), la plus grande association européenne de gouvernements locaux et régionaux, a adressé une lettre à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour la mettre en garde contre les graves conséquences qui pourraient résulter de toute mesure visant à affaiblir ou à supprimer la Direction générale de la politique régionale et urbaine (DG REGIO), suite aux informations persistantes concernant une possible restructuration interne.
Dans une lettre envoyée au nom de 110 000 collectivités locales et régionales et d’un million de représentants élus à travers l’Europe, le CCRE souligne qu’une telle mesure ne constituerait pas un simple changement administratif, mais représenterait un changement politique majeur dans la relation entre l’Union européenne et les villes, les communes et les régions chargées de mettre en œuvre sur le terrain une grande partie des politiques de l’UE.
« Si la DG REGIO était considérablement affaiblie ou si son rôle était réduit, cela enverrait un message politique profondément négatif aux gouvernements locaux et régionaux d’Europe : qu’ils n’ont plus de place centrale dans l’architecture institutionnelle de l’Union », écrit Christoph Schanudigel, président du CCRE et président du comté de Karlsruhe (Allemagne).
Le CCRE avertit qu’un affaiblissement de la DG REGIO compromettrait l’expertise, la connaissance du territoire et les partenariats de longue date qui ont fait de la politique de cohésion l’un des instruments les plus efficaces de l’UE pour promouvoir le développement, la compétitivité et la solidarité en Europe.
L’organisation met également en garde contre le risque qu’un rôle réduit de la DG REGIO n’affaiblisse la capacité de la Commission européenne à maintenir un contact direct avec les autorités de gestion chargées de la mise en œuvre des fonds européens, dont beaucoup sont des administrations régionales et locales.
Plutôt que de réduire le rôle de la DG REGIO, le CCRE soutient que les défis actuels exigent un renforcement des capacités territoriales au sein de la Commission européenne. Dans sa lettre, l’organisation souligne que le rôle de la DG REGIO deviendra encore plus important à mesure que la Commission préparera ses projets de plans de partenariat nationaux et régionaux (PPNR) pour le budget de l’UE post-2027. Elle cite également les initiatives récentes de la Commission concernant les îles, les communautés côtières, les régions ultrapériphériques et les régions frontalières orientales comme autant de preuves de l’importance croissante accordée à l’élaboration de politiques territoriales.
Pour que ces ambitions se concrétisent, l’Europe a besoin d’un ancrage institutionnel solide, capable de maintenir le dialogue avec les gouvernements régionaux et locaux et de veiller à ce que les réalités territoriales soient prises en compte dans l’élaboration des politiques de l’UE.
La lettre rappelle également que les collectivités locales et régionales sont responsables de la mise en œuvre de près de 70 % de la législation européenne et sont indispensables à l’efficacité de l’Union, à sa légitimité démocratique et à sa capacité à obtenir des résultats concrets pour les citoyens.
Le CCRE appelle la Commission européenne à clarifier ses intentions concernant la DG REGIO et demande une réunion avec la présidente von der Leyen et les commissaires concernés pour discuter de l’avenir de l’agenda territorial de l’UE.
La lettre, également adressée à Raffaele Fitto, vice-président exécutif chargé de la Cohésion et des Réformes ; Piotr Serafin, commissaire au Budget, à la Lutte contre la Fraude et à l’Administration publique ; et Ilze Juhansone, secrétaire générale de la Commission européenne, a été envoyée à ce stade car, selon Politico, Valère Moutarlier, directeur général adjoint de la direction générale du Marché intérieur, de l’Industrie, de l’Entrepreneuriat et des PME, qui supervise la révision du processus de restructuration de la Commission, devrait donner son avis dans le courant du mois. Les propositions finales de restructuration devraient être présentées par le commissaire au Budget, Piotr Serafin, à Ursula von der Leyen et au Collège d’ici la fin de 2026.
Alors qu’il reste moins de quatre ans pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2030, un nouveau rapport CCRE–PLATFORMA met en lumière un message clair des gouvernements locaux et régionaux à travers l’Europe : le développement durable ne réussira que si les villes, les communes et les régions sont placées au centre de la prise de décision, du financement et de la mise en œuvre.
Publié par le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) et PLATFORMA à l’occasion du Forum politique de haut niveau sur le développement durable (HLPF), l’édition 2026 du rapport « Les territoires européens localisent les ODD : les villes au cœur de la mise en œuvre » examine comment les gouvernements locaux et régionaux contribuent aux objectifs de développement durable (ODD) et ce qui est nécessaire pour accélérer les progrès dans la dernière ligne droite jusqu’en 2030.
L’étude repose sur un sondage mené auprès de 23 répondants issus de 17 pays, dont des associations de gouvernements locaux et régionaux de 15 États membres de l’UE et de deux pays non membres de l’UE.
L’action locale est essentielle à la réalisation des objectifs mondiaux
Ce rapport paraît à un moment charnière. Alors que le Nouvel Agenda urbain des Nations Unies et l’Agenda urbain de l’UE célèbrent leur dixième anniversaire, les collectivités locales et régionales réaffirment leur rôle indispensable dans la concrétisation des ambitions mondiales sur le terrain.
De la mobilité au logement, en passant par la résilience climatique et l’inclusion sociale, les villes, les agglomérations et les régions sont responsables de nombreuses politiques qui influent directement sur le quotidien de leurs habitants. Selon le rapport, la mise en œuvre des ODD relève davantage de la politique que de la technique et exige la décentralisation de la confiance, des ressources et des pouvoirs à l’échelle territoriale.
Cette publication met particulièrement l’accent sur l’ODD 11 – Villes et communautés durables, l’un des objectifs examinés lors du Forum politique de haut niveau de 2026. Elle soutient que le développement urbain durable ne peut être atteint sans une démocratie locale forte, une gouvernance multiniveaux efficace et une participation significative des autorités infranationales aux processus décisionnels nationaux et internationaux.
Six recommandations pour accélérer la mise en œuvre des ODD
S’appuyant sur l’expérience des collectivités locales et régionales, le rapport formule six recommandations adressées aux Nations Unies, à l’Union européenne et aux gouvernements nationaux.
Parmi ses principaux messages, l’étude préconise :
Renforcer la gouvernance à plusieurs niveaux comme priorité politique pour la période 2026-2030.
Placer le niveau infranational au cœur de la mise en œuvre des ODD, notamment en renforçant la participation des gouvernements locaux et régionaux aux processus d’examen mondiaux et en améliorant l’accès au financement du développement.
Réaffirmer l’importance du Nouvel Agenda urbain des Nations Unies en tant que principal cadre mondial pour une urbanisation durable.
Veiller à ce que les villes restent au cœur du programme de développement durable de l’Europe grâce à un alignement plus étroit entre les cadres politiques urbains de l’UE et des Nations Unies.
Reconnaître le rôle des territoires dans le prochain cadre financier pluriannuel de l’UE 2028-2034, avec un financement plus accessible et adapté aux spécificités locales pour les municipalités et les régions.
Accélérer la localisation des ODD en impliquant pleinement les gouvernements locaux et régionaux dans la conception et la mise en œuvre des politiques de développement durable.
Une contribution au débat mondial sur les ODD
Au-delà des recommandations politiques, le rapport présente des exemples de bonnes pratiques en Europe et examine comment les collectivités locales et régionales font progresser les objectifs examinés en 2026 (ODD 6 – Eau propre et assainissement, ODD 7 – Énergie propre et d’un coût abordable, ODD 9 – Industrie, innovation et infrastructure, et ODD 17 – Partenariats pour la réalisation des objectifs). Il consacre également une place importante au logement et aux conclusions des discussions menées dans le cadre du Forum urbain mondial, reflétant les préoccupations croissantes concernant l’accessibilité au logement, l’inclusion et la croissance urbaine durable.
Alors que la communauté internationale approche de la fin de l’Agenda 2030, le rapport envoie un message clair et sans équivoque : la réalisation – ou l’échec – des ODD dépendra des acteurs locaux. Donner aux villes, aux agglomérations et aux régions les moyens politiques, les ressources et les partenariats nécessaires n’est donc pas une option, mais une nécessité.
Objectifs de développement durable – Les dirigeants locaux européens à la table des Nations Unies
Une délégation de plus de 15 élus locaux européens se rendra à New York la semaine prochaine pour le Forum politique de haut niveau sur le développement durable (HLPF), organisé par les Nations Unies. Ils prendront la parole lors de plusieurs événements de haut niveau afin de défendre le rôle essentiel des villes, des agglomérations et des régions dans la mise en œuvre locale de l’Agenda 2030 et dans la définition de son orientation future. Parmi ces événements figurent notamment la réunion annuelle d’ONU-Habitat et de la coalition Local2030 (14 juillet), la Journée des collectivités locales et régionales de CGLU (15 juillet) et le petit-déjeuner de travail CCRE-PLATFORMA à la Délégation de l’UE (16 juillet).
Sous le thème « Actions transformatrices, équitables, innovantes et coordonnées pour le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et ses Objectifs de développement durable (ODD) pour un avenir durable pour tous », le Forum politique de haut niveau (FPHN) de cette année se concentrera sur l’examen d’un objectif crucial pour les collectivités locales et régionales : l’ODD 11 (Villes et communautés durables). Il examinera également l’ODD 6 (Eau propre et assainissement), l’ODD 7 (Énergie propre et d’un coût abordable), l’ODD 9 (Industrie, innovation et infrastructure) et l’ODD 17 (Partenariats pour la réalisation des objectifs), domaines dans lesquels les collectivités locales et régionales jouent un rôle essentiel.
Les maires et les conseillers présenteront l’étude annuelle CCRE-PLATFORMA : « Les territoires européens localisent les ODD | Les villes au cœur de la mise en œuvre ». S’appuyant sur des exemples tirés de 23 associations de collectivités locales et régionales, le rapport met en lumière des actions locales concrètes en faveur des ODD examinés en 2026, tout en soulignant la nécessité d’une gouvernance, d’un financement et de partenariats multiniveaux renforcés afin d’accélérer les progrès vers l’Agenda 2030.
L’accent mis sur les inégalités en matière de logement et de territoire souligne que la réalisation d’un développement durable nécessite de donner aux villes et aux régions les moyens d’agir, de partager les bonnes pratiques et de veiller à ce qu’aucune communauté ne soit laissée pour compte.
Une importante délégation de dirigeants locaux européens
Parmi les membres du CCRE et les responsables locaux des partenaires de PLATFORMA participant au HLPF cette année, on retrouve :
Rosa del Amo, troisième adjointe au maire de Badalona (Espagne), Fédération espagnole des communes et provinces (FEMP)
María del Mar Vázquez Agüero, maire d’Almería (Espagne), Fonds andalou des communes de solidarité internationale (FAMSI)
Óscar Bleda, conseiller municipal d’Almería (Espagne), Fonds andalou des communes de solidarité internationale (FAMSI)
Wim Dries, maire de Genk (Belgique), président de l’Association flamande des villes et communes (VVSG)
Xavier García Albiol, maire de Badalona (Espagne), Fédération espagnole des communes et provinces (FEMP)
Clare Hart, vice-présidente de Montpellier Méditerranée Métropole et présidente du Groupe de crise de Cités Unies France (CUF)
Gunn Marit Helgesen, président du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe et président de l’Association norvégienne des pouvoirs locaux et régionaux (KS)
Marek Hudak, conseiller municipal de Bardejov et membre du Conseil régional de Prešov (Slovaquie), membre du Comité des jeunes élus du CCRE (YEOC) et de l’Association des villes et communautés de Slovaquie (ZMOS)
Eider Inuntziaga, conseillère municipale chargée de la participation citoyenne, de l’Agenda 2030, des relations internationales et du basque de Bilbao (Espagne), porte-parole du CCRE pour la démocratie locale, les relations et le basque
Antoine LeSolleuz, adjoint au maire de Nancy et président du groupe Liban de Cités Unies France (CUF)
Michael Maas, maire de Pirmasens et membre de l’Association allemande des villes (DST)
Barbara Meyer, maire de Sarrebruck et membre de l’Association allemande des villes Villes (DST)
Giorgos Papanastasiou, maire d’Agrinio (Grèce) et deuxième vice-président de l’Union centrale des communes de Grèce (KEDE)
André Viola, président du Conseil départemental de l’Aude (France), Cités Unies France (CUF)
Dirk Wurm, maire d’Augsbourg, Association allemande des villes (DST)
Eckart Würzner, maire d’Heidelberg, Association allemande des villes (DST)
Quand Bart Somers parle de gouvernement local, une idée revient sans cesse : c’est à ce niveau que l’on peut vraiment faire la différence.
Il a été maire de Malines en Belgique pendant 26 ans, un mandat qui s’est déroulé en parallèle d’une carrière politique nationale l’ayant mené au Parlement, à un poste ministériel et à la tête d’un parti politique. Somers a passé une grande partie de sa carrière à naviguer entre ces deux échelons politiques. Il n’a jamais douté de celui qu’il souhaitait privilégier.
« La véritable force de la politique au XXIe siècle réside au niveau local, là où l’on peut réellement faire la différence. »
L’amour de la ville, la défense du local
Né et élevé à Malines, Somers est profondément attaché à sa ville natale, ce qui explique en partie son choix de s’y installer. Mais ce n’est pas tout. Dès le début de sa carrière, il s’est convaincu que c’est au niveau local que la politique pouvait accomplir le plus de choses – une conviction qu’il a conservée même au sein du gouvernement et du parlement nationaux, où il a incité ses collègues à s’appuyer bien davantage sur les leviers locaux.
*Bart Somers, maire de Malines en Belgique – entretien du 29 avril 2026
L’action climatique reconnue au niveau de la rue
Cette conviction imprègne également l’action climatique de Malines, récemment récompensée par le Prix de la Convention des maires de l’UE pour sa réussite en matière de décarbonation du chauffage, une initiative qui a inspiré d’autres villes européennes. Alors que certaines institutions européennes semblent ralentir le rythme de la transition écologique, Somers estime que c’est au niveau local que l’urgence est la plus visible et que les actions sont les plus concrètes.
« Au niveau local, on peut constater de ses propres yeux l’impact du changement climatique, et parfois il est vraiment dévastateur. On ressent donc l’urgence d’agir. »
Malines a été reconnue pour le déploiement à grande échelle de réseaux de chaleur associés au stockage de chaleur afin de fournir de la chaleur verte aux zones densément peuplées, tout en maximisant le potentiel des sources de chaleur locales, renouvelables et résiduelles.
Le jury du Prix de la Convention des maires de l’UE a salué la planification rigoureuse et les mesures concrètes mises en œuvre par Malines pour ce projet. La mise en œuvre du plan chaleur de Malines repose sur une forte mobilisation des acteurs locaux, grâce à une Coalition chaleur regroupant plus de 25 organisations clés, allant des gestionnaires de réseaux de chaleur, des coopératives énergétiques et des organismes publics aux bailleurs sociaux et aux entreprises locales. Le jury a loué l’important travail de sensibilisation et d’implication de Malines pour obtenir l’adhésion de tous à son plan chaleur, ainsi que son engagement auprès des communautés vulnérables confrontées à la précarité énergétique.
Les cadres internationaux, européens et nationaux sont importants, dit-il, mais c’est dans ce cadre que les villes accomplissent le travail concret : inciter les gens à utiliser le vélo plutôt que la voiture et réorienter les investissements des énergies fossiles vers l’énergie solaire.
*Malines, centre-ville et hôtel de ville
Des réfugiés et une ville qui se souvient
Pour Somers, la réaction de Malines face à l’invasion russe de grande ampleur de l’Ukraine était autant émotionnelle que politique. Il s’était rendu sur le Maïdan en 2014, en tant que député, au moment où se déroulait le soulèvement contre le gouvernement ukrainien. Soutenir l’Ukraine par la suite lui semblait la seule option pour une ville qui, selon lui, défend les droits de l’homme et les valeurs européennes.
« Ils mènent notre combat. Ils sacrifient des vies pour protéger aussi mon pays. »
Convaincre la ville d’agir n’a pas été difficile, explique-t-il, notamment parce que Malines a elle-même une histoire marquée par les déplacements de population. Pendant la Première Guerre mondiale, 90 % des habitants de la ville sont devenus des réfugiés ; le grand-père de Somers a passé trois ans dans un camp de réfugiés aux Pays-Bas, à partir de l’âge de 14 ans. C’est une histoire que partagent de nombreuses familles à Malines, et c’est ce qui a naturellement conduit la ville à ouvrir ses portes cette fois-ci.
Sécurité et inclusion, main dans la main
Somers a bâti sa réputation sur une approche inclusive alliée à une ferme défense de l’état de droit – une combinaison qu’il reconnaît souvent mal comprise. Interrogé sur sa décision la plus difficile en tant que maire, il évoque le travail de persuasion nécessaire pour que la sécurité et l’inclusion se renforcent mutuellement, au lieu de s’opposer.
« Sécurité et inclusion vont de pair, elles se renforcent mutuellement. »
Selon lui, les personnes qui ont le plus besoin d’une ville sûre ne sont pas celles qui vivent dans les quartiers aisés de la classe moyenne, mais les mères élevant leurs enfants dans les zones plus vulnérables, où le danger est plus proche de leur domicile. Cette conviction, dit-il, a contribué à faire de Malines une ville où des personnes d’origines diverses vivent en harmonie.
Un message à Bruxelles : faites confiance au laboratoire local
Interrogé sur ce qu’il dirait aux dirigeants nationaux et européens, Somers est direct : la résolution des crises actuelles exige une action locale. Les villes et les communes bénéficient de la confiance des citoyens, sont proches d’eux et peuvent agir rapidement et avec pragmatisme, contrairement à ce que font souvent les échelons supérieurs du gouvernement.
« Nous avons besoin non seulement d’une politique descendante, mais aussi d’une politique ascendante. C’est au niveau local que l’on peut réinventer la démocratie, que l’on peut trouver de véritables réponses aux défis d’aujourd’hui et de demain. »
Son conseil est de considérer le niveau local comme un laboratoire : un lieu d’expérimentation et de développement de compétences qui, à leur tour, influencent la politique nationale et européenne.
Le CEMR lance un appel à propositions pour la conception et la production des trophées du prix Bridges of Trust Partnerships Award 2026.
La communauté Bridges of Trust réunit les villes ukrainiennes et leurs homologues européens, favorisant la coopération, la résilience, le redressement, la décentralisation et l’apprentissage mutuel. Le prix Bridges of Trust Partnerships Award 2026 récompensera les partenariats municipaux exceptionnels et célébrera leur contribution au processus d’intégration européenne de l’Ukraine.
Pour souligner ces réalisations, le CEMR décernera le titre d’Ambassadeurs Bridges of Trust 2026 à cinq partenariats municipaux et recherche un professionnel ou une organisation créative pour concevoir et produire les trophées remis lors de la cérémonie de remise des prix.
Que recherchons-nous ?
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L’entrepreneur sélectionné concevra et produira dix trophées (deux par partenariat retenu), inspirés par l’identité de Bridges of Trust et symbolisant le lien entre les municipalités partenaires.
Les trophées doivent refléter visuellement les valeurs de partenariat, de coopération euro-ukrainienne, de solidarité et de confiance, ainsi que de résilience et de reconstruction.
Comment postuler
Les candidats doivent soumettre :
Un portfolio présentant vos réalisations et votre expérience pertinentes
Une brève proposition de concept
Des références visuelles, des croquis ou des maquettes
Un calendrier prévisionnel pour la conception, la production et la livraison
Date limite de dépôt des candidatures : 17 juillet 2026
À Gdańsk, la Conférence pour la reconstruction de l’Ukraine a confirmé l’importance des gouvernements locaux et régionaux dans la reconstruction de l’Ukraine et son adhésion à l’UE
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La Conférence pour la reconstruction de l’Ukraine (URC 2026), coorganisée par la Pologne et l’Ukraine, s’est tenue à Gdańsk les 25 et 26 juin 2026. L’un des plus grands rassemblements internationaux consacrés au renforcement du soutien international à la reconstruction du pays, ainsi qu’à la catalyse des investissements pour les entreprises et les gouvernements locaux ukrainiens, cette édition a réuni plus de 5 000 participants.
Chefs d’État, ministres, bailleurs de fonds et organisations internationales se sont retrouvés dans la ville polonaise pour aborder les défis les plus pressants pour l’avenir de l’Ukraine : l’énergie, les infrastructures critiques, la logistique et, pour la première fois, les capacités de sécurité.
Le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) a participé à l’URC2026 en représentant le secrétariat du European Partnership Hub (EPH), qui anime la communauté Bridges of Trust (BoT). Deux ans après le lancement de la plateforme de mise en relation (Matchmaking Platform) à l’URC 2024, et un an après le lancement du European Partnership Hub (EPH) – hébergé par le CCRE – à l’URC 2025 pour faciliter les acteurs de la communauté BoT actifs dans la coopération municipale internationale avec l’Ukraine, le CCRE était présent à l’URC 2026 avec un stand dédié mettant en valeur les efforts collectifs de la communauté BoT et les meilleures pratiques en matière de coopération municipale internationale avec l’Ukraine.
Le CCRE a contribué à la dimension locale et régionale de la conférence et a ainsi porté une voix spécifique, celle des gouvernements locaux et régionaux. Le Président du CCRE, Christoph Schnaudigel, a représenté l’organisation tout au long des deux jours de conférence, aux côtés d’Olha Pikula, porte-parole du CCRE sur l’élargissement et maire adjointe du conseil municipal de Marioupol, et d’Oleksandr Vasylenko, chef du conseil de district de Tcherkassy et premier vice-président de l’Association ukrainienne des conseils de raion et d’oblast (UAROR).
Une déclaration commune et un appel à la coordination
À la veille de la conférence, l’Alliance européenne des villes et régions pour la reconstruction de l’Ukraine a réuni ses 100 membres pour approuver une déclaration commune définissant des priorités concrètes pour l’action des bailleurs de fonds et l’intégration de l’Ukraine à l’UE. Membre fondateur de l’Alliance, le CCRE a contribué directement à cet effort collectif. Oleksandr Vasylenko a représenté le CCRE lors de la réunion de l’Alliance au niveau politique.
Dans sa déclaration, il a souligné : « La communauté Bridges of Trust, animée par le European Partnership Hub et soutenue par U-LEAD with Europe, est un exemple réussi de coopération pratique et d’efforts conjoints de divers acteurs à travers l’Europe. Tous ces acteurs obtiennent des résultats tangibles en matière de partenariat et de développement des capacités, démontrant la diversité et le potentiel de la coopération municipale. »
La déclaration reconnaît que les villes, communes et régions ukrainiennes ont été au cœur de la résilience du pays depuis le début de l’invasion à grande échelle, assurant la réponse d’urgence, le maintien des infrastructures et servant de plaques tournantes opérationnelles pour l’aide humanitaire, tout en préparant un avenir durable. Elle appelle les partenaires institutionnels à traiter les gouvernements locaux et régionaux comme des partenaires stratégiques et des décideurs à part entière dans la gouvernance de la reconstruction, et exhorte les bailleurs de fonds à allouer un financement sanctuarisé et transparent au développement local et régional, incluant un accès direct au financement et une assistance technique dédiée.
Élément crucial pour le CCRE et l’EPH, la déclaration souligne le potentiel de la coopération municipale avec l’Ukraine et appelle à un renforcement des structures de coordination existantes, y compris l’Alliance elle-même et la communauté BoT animée par l’EPH, ainsi qu’à favoriser les liens entre les besoins locaux, les opportunités de financement et les outils déjà établis pour soutenir les partenariats de pair à pair, tels que la plateforme de mise en relation.
Niels Annen, secrétaire d’État au ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement, a souligné dans son intervention l’augmentation significative des partenariats internationaux avec les municipalités ukrainiennes ces dernières années : « Nous avons avancé dans la bonne direction, et nous appelons à la pérennisation opérationnelle de cet effort coordonné. »
Avec Muriel Lacoue-Labarthe, envoyée spéciale du président de la République française pour la reconstruction de l’Ukraine, il a annoncé le lancement d’une nouvelle ligne de financement pour la coopération multipartenaire impliquant des municipalités d’Allemagne, de France, de Pologne et d’Ukraine.
Rencontres et échanges au stand du European Partnership Hub
Le stand de l’EPH était bien plus qu’une simple présence à la conférence. Situé aux côtés des partenaires du Comité des régions, d’Eurocities et de l’Association polonaise des villes, il est devenu un point de convergence pour les partenaires ukrainiens et européens, accueillant une série d’échanges oscillant entre le politique et le technique, le bilatéral et le collectif.
Le président du CCRE, Christophe Schnaudigel, s’est entretenu avec Aleksandra Dulkiewicz, maire de Gdańsk, lors d’une conversation ciblée sur le prochain Cadre financier pluriannuel et la nécessité persistante de garantir aux gouvernements locaux et régionaux une véritable place à la table européenne. La discussion a également porté sur l’importance d’une communication coordonnée entre le CCRE, le Comité des régions et les réseaux de villes, avec la reconstruction de l’Ukraine et le potentiel des partenariats municipaux comme fil conducteur.
Un échange particulièrement significatif a eu lieu entre le président du CCRE, Christoph Schnaudigel, et Oleksandr Vasylenko, chef du conseil de district de Tcherkassy et premier vice-président de l’UAROR. Les deux parties ont exploré les perspectives futures de coopération, couvrant les liens institutionnels, les échanges de pair à pair et le soutien à l’autonomie locale. La conversation a également abordé une question structurelle d’une grande importance pour la gouvernance ukrainienne : la clarté des compétences attribuées aux raions et aux oblasts alors que le pays poursuit sa reconstruction et sa décentralisation.
Le président du CCRE, Christoph Schnaudigel, s’est également entretenu avec Vitali Klitschko, maire de Kyiv, le vice-ministre ukrainien Oleksii Riabykyn, et Olha Pikula, porte-parole du CCRE sur l’élargissement et maire adjointe du conseil municipal de Marioupol, ainsi qu’avec des représentants de la communauté BoT et des organisations partenaires.on the importance of coordinated messaging across CEMR, the Committee of the Regions, and city networks, with Ukraine’s recovery and the potential of municipal partnerships running as a thread throughout.
A particularly significant exchange took place between CEMR President Christoph Schnaudigel and Oleksandr Vasylenko, Head of the Cherkasy District Council and First Vice-President of the Ukrainian Association of Rayon and Oblast Councils (UAROR). The two sides explored future prospects of cooperation, covering institutional ties, peer-to-peer exchanges, and support for local self-government. The conversation also engaged with a structural question that matters enormously for Ukraine’s governance: the clarity of competences assigned to rayons and oblasts as the country pursues rebuilding and decentralisation.
CEMR President Christoph Schnaudigel also met with Vitali Klitschko, Mayor of Kyiv, Ukrainian Deputy Minister Oleksii Riabykyn, and Olha Pikula, CEMR Spokesperson on Enlargement and Deputy Mayor of Mariupol City Council, alongside representatives of the BoT Community and partner organisations.
Le directeur général d’Expertise France, l’un des acteurs clés de la communauté BoT, a également visité le stand de l’EPH. L’échange a porté sur l’intérêt de cartographier et d’évaluer les partenariats existants, ainsi que sur le rôle de l’EPH en tant que structure de coordination permettant d’éviter les doublons et la fragmentation entre acteurs internationaux. Dans le cadre du Global Gateway, l’EPH a été présenté comme un modèle pour construire un engagement cohérent et multipartite dans les pays partenaires.
Sur le plan technique, le directeur des projets et programmes du CCRE, Durmish Guri, s’est entretenu avec Astrid Kohl, nouvellement nommée directrice de programme d’U-LEAD with Europe. Cette rencontre a été l’occasion de revenir sur les résultats de ce partenariat : ce qui a débuté comme un projet est devenu une véritable communauté d’acteurs engagés pour la reconstruction, la décentralisation et l’adhésion à l’UE de l’Ukraine. Cette trajectoire doit beaucoup au soutien constant et à la coopération de longue date d’U-LEAD with Europe, sans laquelle la communauté BoT et l’EPH ne seraient pas ce qu’elles sont aujourd’hui.
L’URC 2026 a démontré un engagement fort en faveur de la dimension locale et régionale dans la reconstruction de l’Ukraine, tant de la part de la ville organisatrice de Gdańsk que des différentes associations et réseaux représentés. Les événements parallèles et les échanges au stand de l’EPH ont offert un aperçu du travail concret des partenariats municipaux, de leurs opportunités et de leurs défis. Le CCRE utilisera ces retours pour améliorer encore les services de l’EPH et façonner l’avenir de la coopération municipale avec l’Ukraine aux côtés des partenaires de la communauté BoT.
Le CCRE continuera à travailler avec ses membres et partenaires pour faire en sorte que les gouvernements locaux et régionaux demeurent des acteurs centraux dans la construction de l’avenir de l’Ukraine, en tant qu’institutions les plus proches des citoyens, à qui la reconstruction est en définitive destinée.
À propos de la prochaine Conférence pour la reconstruction de l’Ukraine 2027
À l’issue de l’URC 2026 à Gdańsk, l’Estonie a annoncé qu’elle accueillera la prochaine Conférence pour la reconstruction de l’Ukraine, qui se tiendra à Tallinn en 2027, succédant ainsi à la Pologne dans son rôle d’organisatrice. Le Premier ministre de la République d’Estonie, Kristen Michal, a confirmé cette nouvelle, présentant le soutien à la reconstruction de l’Ukraine comme directement lié à la sécurité européenne, et a indiqué que l’Estonie entendait s’appuyer sur l’élan généré à Gdańsk. La ministre des Affaires étrangères d’Estonie, Margus Tsahkna, a décrit la reconstruction de l’Ukraine comme le plus grand projet économique de l’Europe pour la décennie à venir, englobant les infrastructures, le renforcement des institutions démocratiques et l’intégration à l’UE. L’Estonie prévoit également de s’appuyer sur le format de coopération Nordique-Balte 8 (NB8) pour mutualiser l’expertise et les ressources régionales dans l’organisation de la conférence de 2027.
Pour le CCRE et l’EPH, cette transition dessine l’horizon de la prochaine phase de coopération municipale avec l’Ukraine, en s’appuyant sur les engagements et les structures de coordination renforcés à Gdańsk.
Dans un nouveau document de position, l’Alliance locale – une coalition de CCRE, ACR+, Climate Alliance, Energy Cities, Eurocities, FEDARENE, ICLEI Europe et POLIS – appelle l’UE à saisir l’occasion de la révision du règlement sur la gouvernance pour rendre les plans nationaux en matière d’énergie et de climat (PNEC) véritablement réalisables, susceptibles d’attirer des investissements et ancrés dans les réalités locales.
Partout en Europe, villes, communes et régions agissent déjà : rénovation des bâtiments, déploiement des énergies renouvelables, transformation des systèmes de mobilité. Pourtant, le cadre de planification climatique de l’UE n’a pas suivi le rythme. Les plans nationaux énergie-climat (PNEC) continuent d’être élaborés en grande partie sans la participation des collectivités locales et régionales qui seront chargées de leur mise en œuvre.
La révision du règlement sur la gouvernance, attendue de la Commission européenne au dernier trimestre 2026, constitue donc une opportunité cruciale que l’Alliance locale est déterminée à ne pas manquer.
Une déconnexion structurelle
Une multitude de données locales, de projets d’investissement et de plans climatiques existent déjà en Europe – des plans d’action pour l’énergie durable et le climat aux contrats de villes climatiques et aux stratégies locales de chauffage urbain. Pourtant, ces connaissances territoriales sont rarement intégrées aux PNE, ce qui engendre des doublons, une fragmentation et des opportunités d’investissement manquées.
Parallèlement, les dialogues à plusieurs niveaux déjà requis par l’article 11 du règlement actuel sont restés largement déconnectés des décisions de mise en œuvre réelles ou sont restés au niveau de la simple formalité.
Il en résulte une dynamique dangereuse à deux vitesses : une ambition élevée aux niveaux européen et national, et une attention insuffisante portée à ce qui se passe sur le terrain.
La réponse de l’Alliance locale : relier ce qui existe déjà
Le document de position préconise que le règlement révisé s’articule autour de quatre éléments qui se renforcent mutuellement :
une plateforme de dialogue permanente à plusieurs niveaux dans chaque État membre afin d’aligner tous les niveaux de gouvernement sur la préparation et le suivi du PECN, en tenant compte des structures et des besoins de gouvernance nationale ;
un chapitre territorial dans chaque NECP s’appuyant sur les plans locaux existants pour montrer où et comment les objectifs nationaux seront atteints ;
des parcours sectoriels adaptés au territoire reliant les objectifs nationaux dans les domaines du bâtiment, des transports, du chauffage, des énergies renouvelables et de l’économie circulaire aux réalités locales qui déterminent si leur mise en œuvre est réellement possible ;
et des stratégies d’investissement qui tiennent compte des besoins locaux en matière d’investissement et de capacités.
Il ne s’agit pas de réclamer plus de bureaucratie, mais de faire en sorte que les structures existantes fonctionnent de manière cohérente : réduire la lassitude liée aux consultations, éliminer les doublons administratifs et transformer les plans nationaux de coopération en de véritables cadres de mise en œuvre et d’investissement, au lieu de simples exercices de reporting.
Des dirigeants locaux européens se réunissent à Tanger pour défendre les priorités de l’Europe au sein du réseau mondial CGLU
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La ville de Tanger a accueilli le Congrès mondial et le Sommet mondial des dirigeants locaux et régionaux de Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU) 2026, du 22 au 26 juin 2026. Cet événement a réuni des dirigeants locaux et régionaux du monde entier afin de définir une vision commune pour l’avenir de leurs communautés. Le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE), section européenne de CGLU, était présent tout au long de la manifestation, deux journées en particulier marquant sa contribution au programme mondial.
Renforcer la voix de l’Europe sur la scène mondiale
Fabrizio Rossi, secrétaire général du CEMR, au Congrès CGLU 2026.
Le 23 juin, le CCRE a organisé la session parallèle de l’Assemblée intitulée « De l’action locale à l’impact mondial : renforcer la gouvernance multiniveaux dans une perspective européenne ». Cette session a réuni des responsables locaux de tout le continent afin de définir les priorités européennes pour le mandat 2026-2029 de CGLU, d’examiner comment l’action locale peut contribuer aux agendas mondiaux par le biais du Pacte social local et de renforcer le rôle des villes, des agglomérations et des régions en tant que véritables partenaires politiques dans la gouvernance mondiale.
Parmi les participants aux deux premières tables rondes figuraient les conseillers municipaux et porte-paroles du CCRE, Carola Gunnarsson et Eider Inuntziaga, ainsi que Shona Morrisson, Tiit Terik et André Viola, la maire adjointe Ursula Sautter et la présidente régionale Marta Prates. Le maire Jan van Zanen, qui a présidé CGLU jusqu’à ce congrès, a prononcé le discours de clôture, réaffirmant l’engagement de l’Europe à jouer un rôle déterminant dans l’élaboration du prochain mandat de CGLU.
Nouvelle étude sur les délégations de l’UE et les gouvernements locaux
Le 24 juin, troisième jour du Congrès, PLATFORMA et le CCREont annoncé la publication prochaine d’une étude sur la manière dont les délégations de l’UE interagissent avec les gouvernements locaux et régionaux à travers le monde – la première mise à jour de leur rapport phare de 2021, qui devrait paraître en juillet 2026. Des conclusions préliminaires ont été présentées lors de la session, soulignant les opportunités de coopération ainsi que les défis persistants.
En offrant un aperçu de la manière dont les délégations de l’UE interagissent avec les villes, les régions et leurs associations représentatives dans le cadre de l’initiative NDICI-Europe mondiale et de l’initiative Global Gateway, la session a contribué à la réflexion plus large sur la politique de développement de l’UE en amont du prochain cadre financier pluriannuel (CFP) pour 2028-2034.
Présentation du projet Mindcraft au Congrès CGLU 2026.
Cette étude a été réalisée dans le cadre du projet Mindcraft, financé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et soutenu par la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ).
Promouvoir l’égalité de genre : le mouvement municipal féministe
Le même jour, la première Assemblée des femmes de CGLU a réuni des maires, des gouverneures et des élues locales afin de promouvoir l’égalité des sexes et de renforcer le Mouvement municipal féministe à l’échelle mondiale. La porte-parole du CCRE pour les affaires internationales, la conseillère Carola Gunnarsson, a dressé le bilan de huit années de progrès au sein de CGLU en matière d’égalité des sexes : des premières propositions visant à intégrer des activités liées au genre dans le plan d’action de l’organisation jusqu’à son engagement plus large à devenir un Mouvement municipal féministe mondial.
Gunnarsson a parlé franchement du travail qui reste à accomplir, notamment en ce qui concerne la représentation des femmes lors des prochaines élections à la direction.
Gunnarsson a déclaré : « Il est temps pour nous de redoubler d’efforts pour soutenir et aider toutes les collectivités locales à devenir des mouvements municipaux féministes. Nous pourrons alors constater un véritable changement et donner aux femmes et aux filles le droit de s’épanouir, ainsi qu’à la société la possibilité de devenir plus forte et meilleure pour tous. »
Le congrès de CGLU à Tanger a réaffirmé le rôle central des gouvernements locaux et régionaux européens dans le mouvement municipal mondial, ainsi que l’engagement du CEMR à faire en sorte que les voix locales — dans toute leur diversité — soient au cœur de la prise de décision internationale.
Renouvellement de la gouvernance de CGLU
Lors du congrès de CGLU à Tanger, les organes de gouvernance de l’organisation mondiale ont été renouvelés.
Les membres de la nouvelle coprésidence de CGLU élus lors du Congrès mondial de Tanger.
Le Congrès mondial a également été l’occasion de renouveler les organes statutaires de CGLU, notamment par l’élection de sa présidence. Le maire de Konya, Uğur Ibrahim Altay, a été élu président de CGLU, tandis que M. Jan van Zanen, maire de La Haye, a été élu l’un des cinq coprésidents. Le CCRE adresse ses chaleureuses félicitations à la nouvelle présidence de CGLU.
Le maire de Konya élu président de CGLU lors du Congrès mondial de Tanger.
La nouvelle coprésidence de CGLU a également été nommée lors du Congrès et est composée de Bheke Stofile, Président de SALGA ; Aysen Nikolaev, chef de la République de Sakha ; Jan van Zanen, maire de La Haye ; Cristian Zamora, maire de Cuenca ; et Berry Vrbanovic, maire de Kitchener. Fatimetou Abdel Malick, a été nommée Présidente de la Commission Permanente pour l’Égalité des Genres et sera également Co-Présidente de CGLU.
Document final de Tanger
Le Document final de Tanger trace la voie vers un contrat social renouvelé, fondé sur la solidarité, l’entraide et des services publics locaux universels.
CGLU a adopté le Document final de Tanger, un engagement politique renouvelé qui engage les gouvernements locaux et régionaux du monde entier à fournir des services publics universels et fondés sur les droits. Il conçoit le logement, l’alimentation, la santé, la culture et l’aide à la personne non comme des marchandises, mais comme des biens publics essentiels à l’égalité, à la démocratie et à la paix, et définit des domaines prioritaires tels que le droit au logement, la réforme des finances locales, la justice climatique, les systèmes alimentaires et la prévention des conflits.
Il introduit également le concept de « Nouveaux essentiels » : des services comme l’aide à la personne, les droits numériques et la gouvernance démocratique de l’IA, qui s’inscrivent dans la prochaine génération de services publics locaux. Pour soutenir ces engagements, CGLU mettra en place de nouveaux organismes, notamment une Académie pour le droit au logement, un Conseil des femmes pour l’égalité, un Conseil intergénérationnel et un Mécanisme mondial pour l’innovation dans les services publics locaux.
Le Comité des régions adopte un avis sur AgoraEU intégrant les principales recommandations politiques du CCRE
Le Comité européen des régions (CdR) a adopté son avis sur le programme AgoraEU proposé lors de sa 171e session plénière. Rédigé par le rapporteur Csaba Borboly (RO/PPE), vice-président du Conseil du comté de Harghita (Roumanie), l’avis adresse un message clair aux institutions européennes : les gouvernements locaux et régionaux sont des partenaires de mise en œuvre essentiels pour l’avenir culturel, médiatique et démocratique de l’Europe.
AgoraEU est la proposition de la Commission visant à fusionner Europa Créativa et le programme Citizens, Equality, Rights and Values (CERV) en un cadre unique pour le budget de l’UE 2028–2034, articulé autour de trois volets : culture, médias et démocratie. Si l’ambition de créer de la cohérence est bienvenue, le CCRE et le CdR ont tous deux souligné que cette fusion ne doit pas diluer les objectifs spécifiques ni les financements de chaque volet.
En amont des délibérations du CdR, le CCRE a soumis plusieurs recommandations politiques au Comité européen des régions, qui se reflètent dans quatre domaines essentiels.
Jumelages de villes : de l’omission à la reconnaissance
L’alignement le plus important concerne les jumelages de villes et les réseaux de communes. Le CCRE a plaidé pour que les jumelages soient reconnus comme un instrument démocratique stratégique doté d’une ligne budgétaire clairement fléchée — un vecteur efficace de participation civique, de dialogue interculturel et de construction de l’identité européenne, notamment dans le contexte d’instabilité géopolitique et du processus d’élargissement.
Le CdR fait directement écho à cette position en appelant à des réseaux de jumelage et des partenariats municipaux transfrontaliers bénéficiant d’un financement pluriannuel dédié. Il regrette également formellement que la proposition de la Commission ait supprimé les actions de jumelage prévues dans le cadre du programme CERV et demande leur rétablissement. Les jumelages touchent chaque année des centaines de milliers de citoyens, y compris dans les petites villes et les zones rurales rarement desservies par des instruments de financement européens complexes. Une analyse du CCRE sur les jumelages en Europe en 2023 a montré que les associations de gouvernements locaux et régionaux (AGLR) jouent un rôle important dans ce domaine. Plus de 80 % des répondants ont déclaré avoir été actifs dans ce domaine au cours des deux dernières années, et 75 % ont exprimé leur souhait de poursuivre et de développer davantage ces activités, notamment les échanges culturels, l’apprentissage par les pairs et la mise en œuvre de projets communs.
Points de contact nationaux et simplification de l’accès
Les associations nationales de gouvernements locaux et régionaux et les réseaux de villes ont fait leurs preuves dans l’acheminement des fonds européens vers les acteurs de terrain. Le CCRE a soutenu que des points de contact nationaux bien dotés en ressources, hébergés par les associations nationales de gouvernements locaux et régionaux, sont indispensables pour atteindre les petites municipalités, les zones rurales et les primo-demandeurs, et que les associations nationales et les réseaux municipaux devraient être formellement reconnus comme acteurs-passerelles stratégiques habilités à gérer des mécanismes de soutien financier aux tiers (SFT).
Le CdR va dans le même sens, avec sa propre formulation. Il souligne que la proportionnalité doit être évaluée non seulement au regard du périmètre politique, mais aussi en termes d’accessibilité et d’inclusivité, et soutient des formats de subventions simplifiés, un soutien au renforcement des capacités, ainsi que des processus de candidature en deux étapes et des subventions en cascade qui ont fait leurs preuves dans les programmes précédents. Il appelle également à la création de points de contact AgoraEU au moins au niveau national, et le cas échéant au niveau régional. Il propose notamment de plafonner les exigences de contribution propre pour les initiatives de petite envergure et de terrain à 10 % des coûts totaux éligibles, cofinançables par des fonds nationaux, régionaux ou locaux — une mesure concrète qui répond directement à l’un des obstacles les plus persistants à la participation ascendante.
Intégrer les gouvernements locaux dans le cadre de gouvernance du programme
Le CdR considère qu’AgoraEU doit pleinement s’aligner sur la subsidiarité active et la gouvernance multiniveaux. Il appelle à une reconnaissance formelle du rôle des autorités locales et régionales dans le règlement, à l’introduction d’indicateurs de participation territoriale, et à ce que les critères d’évaluation soient explicitement liés à la cohésion territoriale et à l’engagement citoyen.
Et maintenant ?
L’avis du CdR constitue un signal institutionnel fort. L’enjeu est désormais de porter cette voix territoriale dans les négociations budgétaires de l’UE entre le Parlement européen et le Conseil.
Le CCRE continuera de plaider pour les quatre piliers essentiels au bon fonctionnement d’AgoraEU pour les gouvernements locaux et régionaux : une ligne budgétaire protégée pour les actions de jumelage ; des points de contact nationaux bien dotés en ressources avec un véritable mandat territorial ; la reconnaissance formelle des organisations intermédiaires pour faciliter l’accès aux petites subventions ; et une participation significative des représentants des gouvernements locaux et régionaux à la gouvernance du programme dès le départ.
La culture, les médias et la démocratie se vivent au quotidien sur les places de nos villes, dans les théâtres locaux et au sein des conseils municipaux à travers l’Europe. AgoraEU a le potentiel de renforcer cela. Le CdR a clairement indiqué ce qu’il faut — il appartient désormais au Parlement européen et au Conseil d’aller dans ce sens.
Le CCRE avertit que la mesure prise par le Parlement européen risque d’affaiblir le principe du pollueur-payeur et de compromettre les investissements des collectivités locales et régionales ainsi que des opérateurs de stations d’épuration
Suite au vote d’aujourd’hui au Parlement européen sur une motion de résolution demandant la suspension de la mise en œuvre de la directive révisée relative au traitement des eaux urbaines résiduaires (UWWTD), le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) regrette l’adoption d’amendements invitant la Commission européenne à envisager la suspension de la mise en œuvre de la responsabilité élargie des producteurs (REP) et des obligations de traitement quaternaire*. Le CCRE considère cette résolution comme contradictoire avec tous les efforts actuellement déployés par les collectivités locales et régionales et les exploitants de stations d’épuration, notamment pour optimiser les infrastructures afin de se conformer aux exigences de la directive révisée.
Selon Andrea Carli, porte-parole du CEMR pour l’environnement et conseillère régionale du Frioul-Vénétie Julienne :« Nous sommes profondément préoccupés par le résultat du vote en séance plénière d’aujourd’hui. Nous soutenons les collectivités locales et régionales ainsi que les exploitants de stations d’épuration européens qui ont déjà préparé les investissements nécessaires à la mise en œuvre de la directive révisée sur le traitement des eaux urbaines résiduaires. Ils ont désormais besoin d’un engagement clair quant au respect du calendrier de mise en œuvre convenu. »
Le principe du pollueur-payeur, qui stipule que les responsables de la pollution doivent en assumer les coûts de gestion et de réparation des dommages causés, est l’un des piliers de la politique environnementale de l’UE. Toute suggestion de suspension de la mise en œuvre de la responsabilité élargie du producteur (REP) risque de saper la confiance des investisseurs. La directive révisée a permis de trouver un juste équilibre, fruit d’un long dialogue, entre la protection de la santé publique, la préservation de l’environnement et la nécessité de garantir que les responsables de la pollution contribuent aux coûts de son élimination.
Le CCRE reconnaît la nécessité légitime de surveiller l’impact de la directive sur la disponibilité des médicaments essentiels et génériques. Cependant, il estime fermement que ces préoccupations devraient être prises en compte par le biais des mécanismes de surveillance et de flexibilité déjà prévus par la législation.
Par conséquent, le CCRE appelle la Commission à maintenir le calendrier de mise en œuvre convenu et à garantir la sécurité juridique nécessaire aux collectivités locales et régionales ainsi qu’aux exploitants de stations d’épuration pour investir dans le traitement quaternaire. Les États membres devront vraisemblablement commencer l’année prochaine à élaborer leurs plans de partenariat nationaux et régionaux (PPNR) dans le cadre du prochain budget de l’UE, tout retard dans la mise en œuvre pourrait entraîner une dépriorisation, voire une exclusion, des investissements dans les infrastructures d’assainissement des futurs plans de financement.
Dans une lettre adressée l’année dernière à la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, le CCRE et 11 autres organisations européennes représentant les gouvernements locaux et régionaux, les services publics, les ONG environnementales, les syndicats et les professionnels de l’eau ont exhorté la Commission à maintenir fermement le système EPR introduit par la directive révisée sur le traitement des eaux usées urbaines, qui est entrée en vigueur le 1er janvier 2025.
Le traitement quaternaire est une étape de traitement supplémentaire permettant d’éliminer les micropolluants des eaux usées urbaines. Ce traitement est désormais obligatoire depuis la dernière révision de la directive relative à la gestion des eaux usées urbaines (UWWTD). Le mécanisme de responsabilité élargie des producteurs (REP) permet aux entreprises (industries pharmaceutique et cosmétique) de prendre en charge au moins 80 % des coûts de traitement associés.