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Planification urbaine

Urban Planning Sweden - News 2022

Planification urbaine sensible au genre : des rues plus sûres et inclusives à Umeå, Suède


Comme les femmes restent sous-représentées dans le domaine de la planification urbaine, les villes sont souvent conçues selon une perspective masculine, influencée par l’expérience des hommes dans l’espace public. En mettant l’accent sur l’égalité des genres dans le développement et la planification urbaine, les municipalités peuvent créer des espaces urbains plus sûrs et inclusifs pour tous.

Un exemple de réussite vient de la ville suédoise d’Umeå (population 130 224), qui travaille à intégrer l’égalité des genres dans sa planification urbaine depuis la fin des années 1970. Signataire de la Charte européenne pour l’égalité du CCRE depuis 2008, Umeå a été choisie comme partenaire principal du programme financé par l’UE en 2019, le réseau Gendered Landscape organisé par URBACT.

En 2009, Umeå a lancé une initiative novatrice et toujours en cours : le circuit en bus intitulé « The Gendered Landscape », avec 25 arrêts représentant des initiatives municipales intégrant les considérations de genre et la planification urbaine. Ce circuit sensibilise à l’importance d’une perspective genrée et à long terme dans la planification urbaine, présente les réussites en matière d’égalité des genres, et met en lumière les problèmes qui nécessitent encore d’être abordés.

L’entreprise municipale de stationnement, Upab, a transformé le parking Nanna en un lieu sûr et accessible à tous : le bâtiment a été repeint, un meilleur éclairage a été installé, les portes ont été rendues plus faciles à ouvrir, et les murs en briques des cages d’escalier ont été remplacés par des murs en verre pour une meilleure visibilité.

La municipalité d’Umeå a également construit la Zone Libre dans le parc Årstidernas en étroite collaboration avec un groupe de jeunes filles qui ont partagé leurs expériences et leur ressenti en matière de sécurité dans l’espace public. Cela a conduit la municipalité à travailler sur la visibilité, l’éclairage et la proximité de la route pour que la Zone Libre devienne un lieu de rencontre sûr et convivial, avec des sièges, des prises électriques, le Wi-Fi et la possibilité d’écouter de la musique.

Un tunnel sombre et étroit de la gare a été transformé en un espace sûr et accessible, avec un apport de lumière important et des coins arrondis pour améliorer la visibilité. Ce tunnel est également animé par une œuvre d’art rendant hommage à l’écrivaine locale Sara Lidman. Les citations de l’autrice et des sons environnementaux peuvent être activés en appuyant sur des boutons, créant une atmosphère accueillante.

Ces exemples ne sont qu’un aperçu des nombreuses initiatives qu’Umeå peut mettre en avant. Comme l’a constaté la ville, les avantages d’une approche sensible au genre sont multiples : concevoir des espaces pour les femmes contribue à créer un sentiment d’appartenance, de bienvenue et de sécurité pour des personnes de tous âges et de divers horizons.

S’inspirant d’autres villes, Linda Gustafsson, responsable de l’égalité des genres à Umeå, souligne l’importance pour les villes de comparer et d’échanger sur leurs pratiques. Cela permet à chaque ville de trouver des solutions adaptées à son contexte local pour promouvoir l’égalité des genres dans la planification urbaine.er equality and integrate it into urban planning.

Les gens façonnent la ville

Cities - News Section

La narration comme un moyen puissant de renforcer la cohésion sociale en promouvant la compréhension mutuelle


Mechelen. Une femme d’âge moyen vêtue de couleurs claires est assise dans une bibliothèque publique. On dirait que quelqu’un l’a interrompue alors qu’elle était en train de lire un livre, mais cela ne semble pas la déranger. Elle fixe droit devant elle, et vous sentez immédiatement qu’il y a une histoire à raconter derrière ces yeux bruns chaleureux.

Voici Farida, une femme, mère de trois enfants, grand-mère de cinq petits-enfants, et comptable. Elle parle cinq langues, aime cuisiner et adore lire. Elle vit à Mechelen, mais elle a fui la Syrie il y a des années : elle est réfugiée. Sa photo, placée sur une fenêtre près de la bibliothèque publique de Mechelen, faisait partie de l’exposition « Les gens façonnent la ville » et l’histoire de Farida n’est qu’une parmi beaucoup d’autres dans la série.

« Les gens façonnent la ville » est un projet de narration qui traduit les expériences des résidents en contenu public tel que l’art de rue, les podcasts, les expositions, les images et les textes, construisant un récit plus nuancé de l’impact des migrants et des réfugiés sur leurs quartiers locaux. Ces éléments montrent la diversité et les identités riches et complexes des personnes vivant dans la communauté locale.

Les personnes concernées peuvent co-créer la manière dont elles souhaitent être présentées, car il leur revient de décider comment et où leur histoire sera racontée. La narration est un moyen puissant de renforcer la cohésion sociale en promouvant la compréhension mutuelle.

Vous pouvez en savoir plus sur le projet « Les gens façonnent la ville » et d’autres bonnes pratiques et outils pour l’intégration des migrants sur le site web de l’OCDE.

Directive européenne – genre et violence domestique

Gender Violence - News 2023

Le CCRE appelle à une coordination multi-niveaux, un meilleur soutien aux victimes et à la reconnaissance de la sécurité des femmes en politique


La violence à l’égard des femmes et la violence domestique comptent parmi les violations des droits fondamentaux les plus répandues en Europe. En réponse à la proposition de directive de la Commission européenne visant à lutter contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) a publié un document de position appelant à une approche unifiée et multi-niveaux pour garantir une mise en œuvre efficace dans toute l’UE.

Le CCRE salue plusieurs éléments essentiels de la directive, notamment les dispositions relatives à la protection des victimes, à la formation des professionnels, à la lutte contre les stéréotypes de genre nuisibles et à la prise en compte du harcèlement sexuel au travail. Toutefois, l’organisation souligne que la directive doit aller plus loin en reconnaissant le rôle central des gouvernements locaux et régionaux (GLR), qui se trouvent en première ligne en matière de prévention, de soutien aux victimes et d’accès à la justice.

Parmi ses recommandations, le CCRE appelle à :

  • Une consultation formelle des GLR dans la conception et la coordination des politiques, en veillant à ce que l’Article 39 sur la réponse multi-niveaux exige explicitement leur implication.
  • Un financement européen ciblé pour les autorités locales via des programmes tels que CERV, FEDER et FSE+, afin de renforcer la prévention, la sensibilisation et les services aux victimes.
  • Une meilleure collecte de données, ventilées par sexe, âge et région (NUTS 2, NUTS 3 et niveau local), afin d’adapter les politiques de manière efficace.
  • L’amélioration des systèmes de soutien aux victimes, combinant un guichet unique en ligne et des centres physiques, avec des normes minimales de couverture géographique.

Le document met également en lumière la violence à l’égard des femmes en politique, soulignant que le harcèlement et les menaces visant les représentantes élues sapent la démocratie elle-même. Le CCRE demande l’ajout d’une clause spécifique à l’Article 13 sur les circonstances aggravantes en cas de violences commises contre des femmes exerçant un mandat public.

Enfin, le CCRE insiste sur l’importance de la prévention, qui doit commencer dès l’éducation précoce pour déconstruire les stéréotypes de genre, et s’étendre aux milieux de travail, où les femmes exerçant des professions en contact avec le public sont particulièrement exposées à la violence de tiers. L’organisation recommande un article dédié à la coopération entre GLR et partenaires sociaux pour renforcer les protections en milieu professionnel.

En adoptant une approche véritablement coordonnée et multi-niveaux, la directive pourrait transformer la réponse fragmentée de l’Europe en un cadre cohérent, permettant aux gouvernements à tous les échelons de protéger les droits et la sécurité des femmes.

Lire la prise de position complète

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Rapport du CCRE – 2021

Meet Local Leaders - News

Rapport sur les publications, le partage de connaissances, le plaidoyer et la communication en 2021


Le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) a le plaisir de présenter son rapport d’activité 2021, qui offre une vue d’ensemble des principales actions et réalisations de l’organisation au cours de l’année. Guidé par la stratégie pluriannuelle 2021–2030 et le programme de travail 2021–2022, le CCRE a axé son action sur quatre objectifs :

  • Politiques et plaidoyer
  • Partage de connaissances et renforcement des capacités
  • Campagnes paneuropéennes et visibilité
  • Organisation interne et durabilité

Toutes les actions étaient alignées sur l’objectif de faire progresser les Objectifs de Développement Durable (ODD) dans les territoires européens.

Façonner les agendas européens et mondiaux

En 2021, le CCRE a joué un rôle actif dans les débats européens et internationaux, en influençant les initiatives et en alertant ses membres sur les évolutions concernant les collectivités locales et régionales :

  • Suivi des initiatives de l’UE sur la relance, la résilience et la coopération internationale.
  • Participation aux dialogues structurés sur la politique de cohésion, le développement rural, les droits des personnes handicapées et le développement urbain.
  • Contribution aux analyses de l’OCDE, aux conclusions du Conseil et à la vision à long terme de l’UE pour les zones rurales.
  • Publication de prises de position et résolutions sur l’égalité femmes-hommes, la migration, le paquet énergie Fit for 55, l’eau et la numérisation.
  • Renforcement des coopérations internationales avec CGLU, la Global Taskforce, l’OCDE et le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux.

Renforcer les connaissances et les capacités

Pour aider ses membres à mieux comprendre les politiques de l’UE et agir efficacement, le CCRE a :

  • Publié des études et organisé des webinaires, dont une nouvelle édition du rapport TERRI sur les réformes de décentralisation.
  • Mis en place des ateliers sur la participation des membres aux processus nationaux et européens.
  • Déployé des formations via des projets financés, portant sur les financements européens, l’adaptation au climat, l’égalité de genre, la migration et la mise en œuvre des ODD.

Visibilité et mobilisation des citoyens

L’année 2021 a également marqué plusieurs anniversaires :

  • 70e anniversaire du CCRE et 15e anniversaire de la Charte européenne pour l’égalité, célébrés avec 500 participants en ligne.
  • Lancement de campagnes paneuropéennes pour la Journée de l’Europe, la Journée des ODD et l’égalité, mettant en avant la voix des élues et élus locaux.
  • Visibilité accrue des porte-paroles via les réseaux sociaux, interviews, vidéos et événements internationaux.

En chiffres :

  • Plus de 120 articles publiés en anglais et en français.
  • Plus de 650 tweets générant 1 million de vues.
  • 14 newsletters diffusées dans le réseau.

Consolider l’organisation interne

Le CCRE a pris des mesures pour devenir une organisation plus durable, inclusive et résiliente :

  • Deux réunions en ligne du Comité des Politiques, réunissant 170 représentants pour adopter des positions et valider la stratégie.
  • Lancement du processus de sélection d’un nouveau Secrétaire général.
  • Modernisation interne avec modèles numériques, signatures électroniques et réduction de l’usage du papier.
  • Formation du personnel sur la gestion de projet, le suivi budgétaire, la prise de parole en public et le travail en équipe.

Points forts et campagnes marquantes

  • Plaidoyer pour inclure les collectivités locales dans les plans de relance post-COVID (#CohesionAlliance).
  • Mise en avant des visions des élus locaux lors de la Conférence sur l’avenir de l’Europe.
  • Poursuite des campagnes #Power2Her et #LocalEquality sur l’égalité femmes-hommes.
  • Reconnaissance du modèle coopératif multi-niveaux dans l’accord de la COP26 de Glasgow.

2021 fut une année d’adaptation, de résilience et d’influence pour le CCRE. Malgré les défis de la pandémie, le réseau a réussi à influencer les débats européens, amplifier la voix des collectivités locales et régionales et renforcer ses capacités internes. Fort de cette base consolidée et d’une stratégie renouvelée, le CCRE poursuit sa mission : donner aux communes et régions d’Europe les moyens de conduire le changement durable.

Lire l’étude complète ici

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Journée mondiale des réfugiés

Refugees - News Section

Le CCRE célèbre la Journée mondiale des réfugiés avec un événement de haut niveau


Les gouvernements locaux et régionaux (GLR) partout en Europe jouent un rôle crucial dans la gestion de cette nouvelle vague migratoire ainsi que dans le processus d’intégration des nouveaux arrivants. Mais cette crise des réfugiés ne se limite pas à une gestion d’urgence, elle rappelle aussi l’urgence d’établir des stratégies d’intégration mieux coordonnées et plus durables, prenant en compte la perspective locale comme la plus pertinente.

Pour cette raison, le prochain débat de la série IncluCities sur les questions clés liées à la crise migratoire actuelle mettra en lumière l’importance d’une gouvernance multiniveaux efficace comme outil essentiel pour faire face aux urgences migratoires. Nous discuterons avec des députés européens : Birgit Sippel (S&D), Fabienne Keller (Renew), Damian Boeselager (Green/EFA) et Thomas Liebeig de l’OCDE. (Agenda) Vous pouvez encore vous inscrire pour suivre l’événement en personne ou en ligne.

Charte de l’Europe

Gender Equality - News Section

Renouveler la Charte européenne pour l’égalité locale : rapprocher l’égalité femmes-hommes de chez soi, une municipalité à la fois


L’égalité entre les femmes et les hommes ne peut être imposée de manière descendante, ni atteinte dans l’isolement. Il s’agit d’un enjeu qui nous concerne toutes et tous – femmes et hommes, filles et garçons – à tous les niveaux de la société et des gouvernements, dans un combat commun pour l’égalité des chances et les droits fondamentaux.

C’est dans cet esprit que le CCRE promeut l’égalité femmes-hommes dans nos municipalités et régions. En particulier, la Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale a été élaborée pour soutenir les efforts des gouvernements locaux et régionaux en faveur d’une action proactive en matière d’égalité. Aujourd’hui, plus de 1 850 signataires dans 36 pays se sont engagés à promouvoir l’égalité femmes-hommes à l’échelle locale.

Rénover la Charte

Quinze ans se sont écoulés depuis que le texte initial de la Charte a été présenté à un groupe de dirigeants locaux à Innsbruck, en Autriche. Le monde a naturellement beaucoup changé depuis, notamment avec l’essor d’Internet, l’agenda du développement durable et le mouvement #MeToo contre le harcèlement et les violences sexuelles. La pandémie de COVID a également imposé des charges privées et professionnelles disproportionnées sur les femmes, tout en provoquant une hausse des violences domestiques.

C’est pourquoi, par le biais de webinaires et d’entretiens, nous avons consulté nos membres et partenaires afin de revitaliser la Charte. Les conclusions de ce processus de réflexion ont été présentées lors d’un séminaire le 7 mars, à la veille de la Journée internationale des droits des femmes, accompagnées d’un rapport contenant des recommandations concrètes à introduire dans le texte au cours de l’année 2022.

Le nouveau texte de la Charte traitera désormais de sujets tels que les Objectifs de développement durable (ODD), l’environnement, la numérisation (notamment le harcèlement en ligne), l’intersectionnalité, le COVID et la commande publique. Nous modernisons également les outils de communication destinés à promouvoir la Charte.

Notre objectif est de continuer à toucher de nouvelles générations de dirigeant·es et d’administrateurs·trices qui font de l’égalité de genre un pilier de leur territoire, et de maintenir la Charte pertinente face aux nouveaux enjeux du siècle.

Un outil d’action locale

La Charte ne constitue pas simplement une déclaration d’intention, mais bien un outil concret pour aider les collectivités à progresser vers l’égalité. En octobre 2021, l’Association des Villes Polonaises a organisé un événement lors duquel 16 municipalités polonaises ont signé ensemble la Charte dans une cérémonie collective.

Ce fut un moment fort de fédération entre gouvernements locaux partageant les mêmes valeurs, dans un contexte national marqué par une hostilité croissante aux droits des femmes et, en matière d’avortement, mettant en danger leur vie même. Ce mouvement municipal, mené par la ville de Poznań, montre comment les élu·es locaux peuvent utiliser la Charte pour contester un discours national rétrograde.

Par ailleurs, cette même année, la ville de Graz, en Autriche, a célébré 20 ans d’engagement local en faveur de l’égalité de genre. Graz a renforcé cet engagement en signant la Charte en 2012, et continue à mettre en œuvre des plans d’action ambitieux. En 2021, la ville a adopté son troisième plan d’action pour l’égalité, qui guidera ses travaux pour les années à venir.

Rejoignez le mouvement

Ce travail reste plus pertinent que jamais. Toute municipalité, département ou région souhaitant rejoindre ce mouvement local pour l’égalité de genre en Europe peut signer la Charte dès aujourd’hui. Vous bénéficierez de la version actualisée du texte ainsi que de ressources d’accompagnement toujours plus nombreuses, mises à disposition par le CCRE et ses associations membres.

Charte européenne pour l’égalité

Gender Equality News

Les villes et régions d’Europe s’engagent à construire des sociétés plus justes grâce à la Charte européenne pour l’égalité


L’égalité entre les femmes et les hommes est un droit fondamental et une pierre angulaire de la démocratie. Pourtant, malgré sa reconnaissance juridique, des disparités persistent en matière de rémunération, de représentation et d’opportunités quotidiennes à travers l’Europe. Reconnaissant le rôle central des gouvernements locaux et régionaux dans la lutte contre ces inégalités, le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) a élaboré en 2006 la Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale.

En signant la Charte, les municipalités et régions prennent un engagement public à promouvoir l’égalité dans l’ensemble de leurs politiques, services et institutions, et à développer des Plans d’action pour l’égalité afin de transformer les principes en pratique.

La Charte a été rédigée avec le soutien de la Commission européenne et est depuis devenue un outil de référence pour les villes et régions souhaitant intégrer l’égalité entre les femmes et les hommes dans toutes leurs politiques. Elle encourage les signataires à agir non seulement au sein de leurs propres administrations, mais aussi avec les institutions locales, les organisations et les citoyens.

Au fil des années, divers outils ont renforcé sa mise en œuvre :

  • Un Observatoire en ligne, lancé en 2011, met à disposition des ressources et des exemples de bonnes pratiques.
  • Une boîte à outils d’indicateurs, développée en 2014, aide à suivre et évaluer les progrès réalisés.
  • Une mise à jour en 2022, financée par l’UE, a introduit des amendements pour renforcer la Charte, en clarifiant le langage et en mettant l’accent sur l’intersectionnalité sous le principe directeur : « toujours le genre, mais jamais le genre seul ».
  • De nouvelles dispositions ont également été ajoutées, notamment la nécessité d’appliquer une perspective de genre dans la gestion des crises et de prendre en compte les dimensions de genre dans la numérisation et la vie en ligne. À partir de 2023, tous les nouveaux signataires adhèrent automatiquement à la fois à la Charte initiale et aux amendements de 2022.

La Charte européenne pour l’égalité démontre combien la démocratie locale et régionale est cruciale pour faire progresser la justice dans la vie quotidienne, que ce soit dans le logement, les transports, la santé ou la participation politique. En intégrant l’égalité entre les femmes et les hommes dans la prise de décision et la gouvernance, les villes et régions peuvent à la fois protéger les droits et libérer un potentiel économique et social.

Plus qu’un document symbolique, la Charte est un instrument pratique de changement, mobilisant les autorités locales à travers l’Europe pour veiller à ce que l’égalité entre les femmes et les hommes ne soit pas seulement un principe écrit, mais une réalité dans chaque communauté.

Lire la charte complète

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Autonomiser l’Europe locale

European Town - News

Le CCRE dévoile sa vision pour des territoires plus forts, inclusifs et durables à travers l’Europe


Le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) a lancé son manifeste politique appelant à une Union européenne plus inclusive, résiliente et centrée sur les citoyens. Soutenu par plus de 41 associations nationales de gouvernements locaux et régionaux, ce manifeste trace une feuille de route pour rapprocher l’Europe de ses citoyens, en partant de l’échelon local.

Au cœur du manifeste se trouvent six propositions concrètes pour revitaliser la démocratie européenne : mettre en place des panels citoyens permanents, organiser des débats de la Journée de l’Europe dans les écoles chaque année, relancer les jumelages de villes, ou encore créer un programme de type Erasmus pour les agents publics.

Le CCRE insiste également sur le fait qu’une Europe forte ne doit laisser personne ni aucun territoire de côté. Il appelle à des efforts renouvelés pour réduire les disparités territoriales, lutter contre la dépopulation et garantir l’accès aux services publics — de l’éducation à la santé — pour tous les citoyens, quel que soit leur lieu de résidence.

Le manifeste met aussi l’accent sur les priorités clés de la décennie à venir, notamment :

  • La participation citoyenne à travers une démocratie locale inclusive ;
  • L’autonomisation de l’action climatique locale, avec les villes et régions en tête de la transition verte européenne ;
  • Des politiques migratoires équitables et coordonnées, avec un fort soutien local à l’intégration ;
  • Une transformation numérique qui comble le fossé entre zones urbaines et rurales ;
  • De nouvelles formes de partenariats entre villes, notamment au-delà des frontières de l’UE ;
  • Et des moyens financiers pour investir dans des infrastructures locales durables et l’innovation.

Les propositions du CCRE soulignent l’urgence de reconnaître pleinement les gouvernements locaux et régionaux dans le processus décisionnel européen. Cela comprend un rôle renforcé pour le Comité des Régions, la création d’une chambre locale, ainsi qu’une consultation systématique des associations représentatives comme le CCRE lors de l’élaboration des législations et stratégies européennes.

En appelant à une Europe démocratique, durable et proche de ses citoyens, ce manifeste constitue une invitation audacieuse à repenser l’Union depuis le niveau local, avec les municipalités et régions au cœur de l’avenir du continent.

Lire le document de position ici

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Journée internationale des migrants

Migration - News Section

Comment les villes changent le récit sur la migration


Mechelen, Belgique. Une femme d’âge moyen, vêtue de couleurs claires, est assise dans une bibliothèque publique. On dirait que quelqu’un l’a interrompue pendant sa lecture, mais cela ne semble pas la déranger. Elle regarde droit devant elle, et ses yeux bruns et chaleureux laissent deviner une histoire à raconter.

C’est Farida : femme, mère de trois enfants, grand-mère de cinq, comptable. Elle parle cinq langues, aime cuisiner et adore lire. Elle vit à Mechelen, mais a fui la Syrie il y a cinq ans. Elle est réfugiée. Cette photo, placée sur une fenêtre près de la bibliothèque, fait partie de l’exposition « People Make the City ». L’histoire de Farida n’est qu’une parmi tant d’autres.

Ce projet de narration « People Make the City » transforme les histoires de résidents en contenus publics (art de rue, podcasts, expositions, images, textes), afin de construire un récit plus nuancé sur les migrants et réfugiés et leur impact dans les quartiers. Ces contenus illustrent la diversité et les identités riches et multiples des habitants locaux.

Les personnes concernées participent à la manière dont leur histoire est présentée, choisissant le contenu et le lieu. « Écouter une histoire est la première étape pour se connecter à quelqu’un que l’on ne connaît pas », explique Sara Lanoye, coordinatrice du projet. La narration est un outil puissant de cohésion sociale, favorisant la compréhension mutuelle.

Lutter contre les rumeurs

Nous avons tendance à inventer des histoires sur les gens que nous ne connaissons pas. Le court-métrage « Tout a commencé par accident » tend un miroir aux personnes qui diffusent des préjugés sans vérifier les faits. De telles rumeurs peuvent se répandre rapidement, alimentant l’exclusion et la discrimination.

Cette vidéo animée, destinée aux enfants comme aux adultes, fait partie du projet Antirumeurs à Fuenlabrada, en Espagne. Il vise à sensibiliser aux effets néfastes des rumeurs. « Si nous ne les arrêtons pas, elles évoluent en formes plus dangereuses qui alimentent la peur et la désinformation », alerte Juan Carlos Hernandez, de la ville de Fuenlabrada.

La ville a connu une forte croissance démographique liée à la migration depuis 40 ans. Pour y répondre, la municipalité a mis en place des programmes de participation sociale et d’inclusion qui ont aidé à façonner une ville multiculturelle.

Le projet Antirumeurs rassemble aujourd’hui 25 villes, en collectant des données et en mobilisant un réseau d’acteurs de la société civile pour déconstruire les fausses idées. Il existe depuis 2013 dans le cadre de l’initiative « Villes interculturelles » du Conseil de l’Europe.

Il faut toute une communauté pour changer le récit

Aujourd’hui, les récits médiatiques sont souvent réactifs, liés à des événements ou des tragédies, et encadrés par des termes négatifs : vague, crise, invasion. Les migrants sont souvent perçus comme une menace ou des victimes impuissantes. Pourtant, les histoires personnelles et les messages qui suscitent l’émotion sont bien plus efficaces.

C’est l’une des leçons tirées de la campagne « It Takes a Community ». Cette campagne multicanal valorise la migration à travers des récits concrets de familles, d’amis, de voisins, de collègues ou de camarades de classe issus du monde entier, qui enrichissent nos communautés locales.

Elle est portée par une collaboration entre gouvernements locaux et nationaux, société civile, secteur privé et Organisation internationale pour les migrations (OIM).

« Le niveau international tente de mettre en valeur la richesse provenant du local », explique Sophie van Haasen, du GFMD Mayors Mechanism. « Collaborer avec les gouvernements nationaux est parfois difficile. Il faut dire que peu de campagnes nationales promeuvent l’inclusion et l’intégration. »

Dans certains pays, les migrants sont encore largement perçus comme une menace à l’identité nationale ou à la prospérité économique. Cependant, les gouvernements locaux et régionaux prennent l’initiative, avec des campagnes et projets d’intégration qui obtiennent souvent de meilleurs résultats que les démarches trop centralisées.

Changer les mentalités nécessite d’écouter les récits des nouveaux arrivants, de lutter contre les rumeurs et de créer un espace pour l’échange avec les habitants. Mais le vrai défi reste de relier les différents niveaux de gouvernance pour transformer durablement la façon dont la migration est perçue et traitée.

Europe accueillante

Refugees - News

Entretien avec le maire de Capaci : “Je rêve d’une Europe inclusive et accueillante”


La migration est un phénomène mondial ayant un impact fort au niveau local. Les villes supportent une part importante de la crise migratoire, en accueillant les nouveaux arrivants – parfois en leur fournissant un soutien vital – tout en tirant profit à long terme d’une intégration réussie. Cela est particulièrement vrai pour les villes et îles du sud de l’Europe, comme en Italie méridionale.

À l’approche de la Journée internationale des migrants (18 décembre), nous avons rencontré Pietro Puccio, porte-parole du CCRE pour les questions migratoires et maire de Capaci, une ville sicilienne engagée dans le projet IncluCities, qui vise à améliorer l’intégration des migrants et à construire des villes plus inclusives. Il partage avec nous l’expérience de sa ville en matière d’accueil, ainsi que sa vision d’une Europe unie, ouverte et inclusive.

Comment Capaci et la région de Palerme ont-elles été affectées par les migrations ces dernières années ? Quels outils les collectivités locales peuvent-elles utiliser, alors que les principales compétences relèvent des gouvernements nationaux ?

Lorsque les responsabilités sont entre les mains des gouvernements nationaux, les autorités locales disposent de peu de marge de manœuvre. Malgré cela, nous pouvons accomplir beaucoup en mobilisant les associations locales et leurs bénévoles engagés et nombreux. Dans notre région, par exemple, un important réseau de solidarité a vu le jour.

Capaci et Palerme ont sans doute été un peu en marge des flux migratoires ces dernières années. Les principales routes d’arrivée ont plutôt concerné Agrigente, Lampedusa, Raguse ou Syracuse, d’où les migrants sont directement relocalisés vers d’autres lieux.

Cependant, le port de Palerme continue de voir d’importants débarquements. Les associations de volontaires y jouent un rôle fondamental dans l’accueil. Grâce à leur travail, nous avons pu apporter une réponse significative face à l’augmentation du nombre de personnes accueillies.

Vous avez souvent affirmé qu’il fallait passer d’une gestion d’urgence de l’accueil à une véritable politique d’inclusion et d’intégration des nouveaux arrivants. Que pensez-vous de la politique migratoire et d’asile de l’UE, notamment à la lumière des récents événements en Afghanistan ?

Maintenir la gestion des migrations à nos seules frontières est une illusion. C’est irréaliste. Il y aura de plus en plus d’urgences dans le monde, notamment à cause de la crise climatique. On passe d’une urgence à l’autre : Syrie, Libye, Afghanistan…

L’Europe peut faire mieux. Elle n’a pas besoin de gendarmes aux frontières, ni d’accords avec le gouvernement illégitime libyen ou le régime d’Erdogan en Turquie.

Si l’on veut éliminer la honte et l’indignité des camps d’accueil dans les Balkans et ailleurs, si l’on veut vraiment aller au-delà de l’urgence immédiate, il faut bâtir une réponse commune et structurée au niveau européen.

Et si l’Europe ne le fait pas, personne ne le fera.

United Cities and Local Governments (UCLG) a lancé le débat sur la Charte de Lampedusa, où les gouvernements locaux et régionaux redéfinissent une notion de citoyenneté fondée sur la dignité, les droits humains, la paix et la mémoire collective, indépendamment du statut des personnes en déplacement. Que pensez-vous de cette nouvelle forme de « citoyenneté locale inclusive » que CGLU développe avec ses membres ?

L’Europe est le berceau de la civilisation mondiale et elle doit repartir sur la base de la dignité humaine et du respect des droits de l’homme pour tous. Mais il y a aussi un avantage économique majeur. Je vous donne un exemple : près de chez nous, il y a une commune voisine, Balestrate, où l’on cultive désormais des mangues sur plusieurs hectares. Les mangues sont normalement un fruit tropical, mais en raison du changement climatique, les conditions en Sicile sont devenues favorables à leur culture.

Les nouveaux arrivants peuvent devenir de nouveaux consommateurs. L’immigration peut ainsi créer de nouvelles opportunités économiques et des emplois. Si l’Europe veut formuler une réponse globale, elle devrait miser sur le travail décent, les opportunités d’emploi et le respect des droits humains.

Quel est l’enseignement principal que Capaci pourrait tirer du projet IncluCities ? Quel changement souhaitez-vous commencer à mettre en œuvre dans votre ville ?

Capaci est une ville qui possède une culture ancienne de l’accueil, mais ces dernières années, cette culture s’est en partie perdue. La peur a pris le dessus, la peur d’avoir un voisin un peu différent.

En participant à IncluCities, j’espère que la ville retrouvera l’esprit d’accueil que nous avons connu, qu’elle n’aura plus peur de ceux qui ont une peau d’une autre couleur, une religion différente ou une orientation politique différente. Je crois que c’est une chance exceptionnelle pour notre ville.

La première chose que je voudrais voir, c’est que les nouveaux arrivants n’aient plus peur, qu’ils sortent de chez eux, qu’ils se promènent, qu’ils jouent avec leurs enfants sur les places, qu’ils socialisent dans les lieux publics, et qu’ils rencontrent les habitants de Capaci. C’est le plus beau changement que je souhaite pour notre ville.

Quel est votre plus grand rêve en tant que citoyen italien et maire de Capaci pour l’avenir de l’Europe ? Quel rôle la migration devrait-elle jouer dans la Conférence sur l’avenir de l’Europe ?

Le thème de l’immigration est central dans le contexte mondial. Il suffit de regarder ce qui se passe en Amérique du Sud, à la frontière avec les États-Unis, ou ce qui se passe chaque jour ici en Europe. La migration doit occuper une place centrale et déterminante dans les discussions de la Conférence sur l’avenir de l’Europe.

Je rêve de l’Europe de nos pères fondateursAltiero Spinelli, Schuman – une Europe inclusive, où chacun a droit à la citoyenneté et au respect de ses droits humains.

La pandémie, qui malheureusement continue, nous a appris une chose essentielle : nous avons besoin les uns des autres. On ne peut battre le COVID que si chacun est vacciné. S’il y a une partie non vaccinée, on ne peut pas gagner. Nous sommes tous liés.

Mon rêve, c’est que nous travaillions ensemble à une Europe inclusive, tolérante et accueillante. Une Europe fédéralepersonne n’est laissé de côté, où chaque citoyen compte, où chaque opinion est entendue.

L’avenir de l’Europe, c’est mon rêve !