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Journée internationale des migrants

Migration - News Section

Comment les villes changent le récit sur la migration


Mechelen, Belgique. Une femme d’âge moyen, vêtue de couleurs claires, est assise dans une bibliothèque publique. On dirait que quelqu’un l’a interrompue pendant sa lecture, mais cela ne semble pas la déranger. Elle regarde droit devant elle, et ses yeux bruns et chaleureux laissent deviner une histoire à raconter.

C’est Farida : femme, mère de trois enfants, grand-mère de cinq, comptable. Elle parle cinq langues, aime cuisiner et adore lire. Elle vit à Mechelen, mais a fui la Syrie il y a cinq ans. Elle est réfugiée. Cette photo, placée sur une fenêtre près de la bibliothèque, fait partie de l’exposition « People Make the City ». L’histoire de Farida n’est qu’une parmi tant d’autres.

Ce projet de narration « People Make the City » transforme les histoires de résidents en contenus publics (art de rue, podcasts, expositions, images, textes), afin de construire un récit plus nuancé sur les migrants et réfugiés et leur impact dans les quartiers. Ces contenus illustrent la diversité et les identités riches et multiples des habitants locaux.

Les personnes concernées participent à la manière dont leur histoire est présentée, choisissant le contenu et le lieu. « Écouter une histoire est la première étape pour se connecter à quelqu’un que l’on ne connaît pas », explique Sara Lanoye, coordinatrice du projet. La narration est un outil puissant de cohésion sociale, favorisant la compréhension mutuelle.

Lutter contre les rumeurs

Nous avons tendance à inventer des histoires sur les gens que nous ne connaissons pas. Le court-métrage « Tout a commencé par accident » tend un miroir aux personnes qui diffusent des préjugés sans vérifier les faits. De telles rumeurs peuvent se répandre rapidement, alimentant l’exclusion et la discrimination.

Cette vidéo animée, destinée aux enfants comme aux adultes, fait partie du projet Antirumeurs à Fuenlabrada, en Espagne. Il vise à sensibiliser aux effets néfastes des rumeurs. « Si nous ne les arrêtons pas, elles évoluent en formes plus dangereuses qui alimentent la peur et la désinformation », alerte Juan Carlos Hernandez, de la ville de Fuenlabrada.

La ville a connu une forte croissance démographique liée à la migration depuis 40 ans. Pour y répondre, la municipalité a mis en place des programmes de participation sociale et d’inclusion qui ont aidé à façonner une ville multiculturelle.

Le projet Antirumeurs rassemble aujourd’hui 25 villes, en collectant des données et en mobilisant un réseau d’acteurs de la société civile pour déconstruire les fausses idées. Il existe depuis 2013 dans le cadre de l’initiative « Villes interculturelles » du Conseil de l’Europe.

Il faut toute une communauté pour changer le récit

Aujourd’hui, les récits médiatiques sont souvent réactifs, liés à des événements ou des tragédies, et encadrés par des termes négatifs : vague, crise, invasion. Les migrants sont souvent perçus comme une menace ou des victimes impuissantes. Pourtant, les histoires personnelles et les messages qui suscitent l’émotion sont bien plus efficaces.

C’est l’une des leçons tirées de la campagne « It Takes a Community ». Cette campagne multicanal valorise la migration à travers des récits concrets de familles, d’amis, de voisins, de collègues ou de camarades de classe issus du monde entier, qui enrichissent nos communautés locales.

Elle est portée par une collaboration entre gouvernements locaux et nationaux, société civile, secteur privé et Organisation internationale pour les migrations (OIM).

« Le niveau international tente de mettre en valeur la richesse provenant du local », explique Sophie van Haasen, du GFMD Mayors Mechanism. « Collaborer avec les gouvernements nationaux est parfois difficile. Il faut dire que peu de campagnes nationales promeuvent l’inclusion et l’intégration. »

Dans certains pays, les migrants sont encore largement perçus comme une menace à l’identité nationale ou à la prospérité économique. Cependant, les gouvernements locaux et régionaux prennent l’initiative, avec des campagnes et projets d’intégration qui obtiennent souvent de meilleurs résultats que les démarches trop centralisées.

Changer les mentalités nécessite d’écouter les récits des nouveaux arrivants, de lutter contre les rumeurs et de créer un espace pour l’échange avec les habitants. Mais le vrai défi reste de relier les différents niveaux de gouvernance pour transformer durablement la façon dont la migration est perçue et traitée.

Europe accueillante

Refugees - News

Entretien avec le maire de Capaci : “Je rêve d’une Europe inclusive et accueillante”


La migration est un phénomène mondial ayant un impact fort au niveau local. Les villes supportent une part importante de la crise migratoire, en accueillant les nouveaux arrivants – parfois en leur fournissant un soutien vital – tout en tirant profit à long terme d’une intégration réussie. Cela est particulièrement vrai pour les villes et îles du sud de l’Europe, comme en Italie méridionale.

À l’approche de la Journée internationale des migrants (18 décembre), nous avons rencontré Pietro Puccio, porte-parole du CCRE pour les questions migratoires et maire de Capaci, une ville sicilienne engagée dans le projet IncluCities, qui vise à améliorer l’intégration des migrants et à construire des villes plus inclusives. Il partage avec nous l’expérience de sa ville en matière d’accueil, ainsi que sa vision d’une Europe unie, ouverte et inclusive.

Comment Capaci et la région de Palerme ont-elles été affectées par les migrations ces dernières années ? Quels outils les collectivités locales peuvent-elles utiliser, alors que les principales compétences relèvent des gouvernements nationaux ?

Lorsque les responsabilités sont entre les mains des gouvernements nationaux, les autorités locales disposent de peu de marge de manœuvre. Malgré cela, nous pouvons accomplir beaucoup en mobilisant les associations locales et leurs bénévoles engagés et nombreux. Dans notre région, par exemple, un important réseau de solidarité a vu le jour.

Capaci et Palerme ont sans doute été un peu en marge des flux migratoires ces dernières années. Les principales routes d’arrivée ont plutôt concerné Agrigente, Lampedusa, Raguse ou Syracuse, d’où les migrants sont directement relocalisés vers d’autres lieux.

Cependant, le port de Palerme continue de voir d’importants débarquements. Les associations de volontaires y jouent un rôle fondamental dans l’accueil. Grâce à leur travail, nous avons pu apporter une réponse significative face à l’augmentation du nombre de personnes accueillies.

Vous avez souvent affirmé qu’il fallait passer d’une gestion d’urgence de l’accueil à une véritable politique d’inclusion et d’intégration des nouveaux arrivants. Que pensez-vous de la politique migratoire et d’asile de l’UE, notamment à la lumière des récents événements en Afghanistan ?

Maintenir la gestion des migrations à nos seules frontières est une illusion. C’est irréaliste. Il y aura de plus en plus d’urgences dans le monde, notamment à cause de la crise climatique. On passe d’une urgence à l’autre : Syrie, Libye, Afghanistan…

L’Europe peut faire mieux. Elle n’a pas besoin de gendarmes aux frontières, ni d’accords avec le gouvernement illégitime libyen ou le régime d’Erdogan en Turquie.

Si l’on veut éliminer la honte et l’indignité des camps d’accueil dans les Balkans et ailleurs, si l’on veut vraiment aller au-delà de l’urgence immédiate, il faut bâtir une réponse commune et structurée au niveau européen.

Et si l’Europe ne le fait pas, personne ne le fera.

United Cities and Local Governments (UCLG) a lancé le débat sur la Charte de Lampedusa, où les gouvernements locaux et régionaux redéfinissent une notion de citoyenneté fondée sur la dignité, les droits humains, la paix et la mémoire collective, indépendamment du statut des personnes en déplacement. Que pensez-vous de cette nouvelle forme de « citoyenneté locale inclusive » que CGLU développe avec ses membres ?

L’Europe est le berceau de la civilisation mondiale et elle doit repartir sur la base de la dignité humaine et du respect des droits de l’homme pour tous. Mais il y a aussi un avantage économique majeur. Je vous donne un exemple : près de chez nous, il y a une commune voisine, Balestrate, où l’on cultive désormais des mangues sur plusieurs hectares. Les mangues sont normalement un fruit tropical, mais en raison du changement climatique, les conditions en Sicile sont devenues favorables à leur culture.

Les nouveaux arrivants peuvent devenir de nouveaux consommateurs. L’immigration peut ainsi créer de nouvelles opportunités économiques et des emplois. Si l’Europe veut formuler une réponse globale, elle devrait miser sur le travail décent, les opportunités d’emploi et le respect des droits humains.

Quel est l’enseignement principal que Capaci pourrait tirer du projet IncluCities ? Quel changement souhaitez-vous commencer à mettre en œuvre dans votre ville ?

Capaci est une ville qui possède une culture ancienne de l’accueil, mais ces dernières années, cette culture s’est en partie perdue. La peur a pris le dessus, la peur d’avoir un voisin un peu différent.

En participant à IncluCities, j’espère que la ville retrouvera l’esprit d’accueil que nous avons connu, qu’elle n’aura plus peur de ceux qui ont une peau d’une autre couleur, une religion différente ou une orientation politique différente. Je crois que c’est une chance exceptionnelle pour notre ville.

La première chose que je voudrais voir, c’est que les nouveaux arrivants n’aient plus peur, qu’ils sortent de chez eux, qu’ils se promènent, qu’ils jouent avec leurs enfants sur les places, qu’ils socialisent dans les lieux publics, et qu’ils rencontrent les habitants de Capaci. C’est le plus beau changement que je souhaite pour notre ville.

Quel est votre plus grand rêve en tant que citoyen italien et maire de Capaci pour l’avenir de l’Europe ? Quel rôle la migration devrait-elle jouer dans la Conférence sur l’avenir de l’Europe ?

Le thème de l’immigration est central dans le contexte mondial. Il suffit de regarder ce qui se passe en Amérique du Sud, à la frontière avec les États-Unis, ou ce qui se passe chaque jour ici en Europe. La migration doit occuper une place centrale et déterminante dans les discussions de la Conférence sur l’avenir de l’Europe.

Je rêve de l’Europe de nos pères fondateursAltiero Spinelli, Schuman – une Europe inclusive, où chacun a droit à la citoyenneté et au respect de ses droits humains.

La pandémie, qui malheureusement continue, nous a appris une chose essentielle : nous avons besoin les uns des autres. On ne peut battre le COVID que si chacun est vacciné. S’il y a une partie non vaccinée, on ne peut pas gagner. Nous sommes tous liés.

Mon rêve, c’est que nous travaillions ensemble à une Europe inclusive, tolérante et accueillante. Une Europe fédéralepersonne n’est laissé de côté, où chaque citoyen compte, où chaque opinion est entendue.

L’avenir de l’Europe, c’est mon rêve !

Rapprocher l’égalité de chez soi

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Rapport 2021 – Processus de réflexion « Charter15 » du CCRE


La Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale, élaborée par le CCRE, constitue à la fois un engagement politique et un outil pratique permettant aux gouvernements locaux et régionaux d’intégrer l’égalité de genre dans tous les aspects des politiques publiques et de l’administration. Depuis son lancement en 2006, près de 2 000 signataires dans 36 pays ont rejoint cette initiative.

À l’occasion de son 15e anniversaire en 2021, le CCRE a lancé un processus de réflexion afin de s’assurer que la Charte reste pertinente, inclusive et adaptée aux défis futurs. Ce processus s’est conclu par une série de recommandations pour revitaliser et adapter la Charte, avec le soutien du programme européen CERV.

Activités clés et participation

  • 6 ateliers en ligne (juin – novembre 2021)
  • 5 entretiens avec des personnes référentes nationales pour l’égalité
  • 75 participant·es de 21 pays : collectivités locales, associations et société civile

Thèmes des ateliers et constats

1. Emploi et développement économique (septembre 2021)
Des écarts de genre persistent en matière de salaires, de travail à temps partiel et de congé parental. La mise à jour de la Charte devrait renforcer l’égalité dans les pratiques d’emploi, en particulier dans les collectivités locales en tant qu’employeurs.

2. Climat, espace urbain et développement durable (octobre 2021)
Renforcer l’article 25 sur l’aménagement du territoire, avec des outils de suivi et d’évaluation. Mieux aligner la Charte sur l’ODD 5 à travers ses indicateurs.

3. Violences faites aux femmes et aux filles (novembre 2021)
Améliorer les mesures de prévention, inclure les enfants (notamment les filles) comme victimes, et mieux traiter les violences liées à l’« honneur ».

4. Communication, stéréotypes et coopération internationale (juin 2021)
Adopter une perspective intersectionnelle sans diluer l’approche centrée sur le genre, et montrer en quoi l’égalité de genre profite également aux hommes et aux garçons.

5. Discriminations multiples et intersectionnalité (septembre 2021)
Représenter de manière inclusive la diversité des discriminations vécues, en s’inspirant d’approches telles que celle de la Suède : « toujours le genre, mais jamais le genre seul ».

6. Services publics et administration (septembre 2021)
Rendre la Charte plus opérationnelle au niveau local. La crise COVID-19 a mis en lumière le besoin de plans de crise sensibles au genre, pour éviter un recul des avancées en matière d’égalité.

Prochaines étapes

Sur la base de toutes ces contributions, une version actualisée de la Charte sera développée en 2022, afin de continuer à servir de cadre dynamique pour l’égalité de genre, adaptable aux défis contemporains tout en respectant les engagements des signataires existants.

Consultez l’étude ici

Pour plus d’informations, contactez : 

Revitaliser la Charte pour l’Égalité

Gender Charter - News

Le processus de réflexion du CCRE, 15 ans après, prépare une relance ambitieuse de l’égalité de genre dans la vie locale et régionale en Europe


L’année 2021 a marqué le 15e anniversaire de la Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale, un moment clé pour célébrer les avancées, tirer les enseignements du passé et tracer une voie pour l’avenir. Initiée par le CCRE en 2006, la Charte est devenue un instrument puissant de promotion de l’égalité de genre au niveau local, avec près de 2 000 signataires dans 36 pays.

Cet anniversaire a été l’occasion non seulement de rendre hommage aux progrès réalisés, mais aussi d’examiner comment la Charte peut évoluer pour rester pertinente et efficace face aux réalités actuelles et futures des gouvernements locaux.

Pour marquer cet événement, le CCRE a lancé un vaste processus de réflexion. Une série de six ateliers en ligne s’est tenue entre juin et novembre 2021, rassemblant des signataires de la Charte, des associations nationales, des personnes référentes sur le genre et d’autres parties prenantes. Cinq entretiens approfondis ont complété ce processus afin d’approfondir l’analyse.

La réflexion s’est articulée autour de quatre axes principaux :

  • Reconnaître les acquis : mettre en lumière les avancées concrètes rendues possibles par la Charte au niveau local ;
  • Réfléchir à la pertinence : envisager des pistes pour moderniser la Charte et l’articuler aux cadres politiques plus larges ;
  • Célébrer l’engagement : rendre hommage aux personnes et organisations qui portent le changement sur le terrain ;
  • Revitaliser les outils : collecter des propositions concrètes pour renforcer la mise en œuvre de la Charte.

Les participants ont souligné que, si la Charte reste un cadre solide et précieux, son langage, son accessibilité et sa visibilité pourraient être améliorés. Un large consensus s’est dégagé en faveur d’un langage plus clair, inclusif et orienté vers l’action. Des inquiétudes ont été soulevées concernant les implications juridiques pour les signataires actuels ; une solution a été proposée : permettre aux signataires de reconfirmer ou de renforcer leur engagement, tout en maintenant la validité des adhésions antérieures.

La revue des 15 ans confirme la pertinence de la Charte comme document vivant. Le CCRE avance désormais des recommandations concrètes pour en améliorer la clarté, l’inclusivité et l’utilisabilité, et garantir son rôle central dans la promotion de l’égalité de genre aux niveaux local et régional :

  • Simplifier le langage, en mettant l’accent sur la clarté et l’accessibilité ;
  • Employer une formulation plus affirmative et orientée vers l’action pour renforcer les engagements ;
  • Améliorer la qualité des traductions en lien avec les associations nationales ;
  • Adapter le langage aux normes inclusives, notamment dans les langues genrées.

Comme l’a déclaré la Présidente de la Commission permanente pour l’égalité :

« Au-delà des chapitres et des articles, c’est un objectif commun qui nous unit : rapprocher l’égalité de chez nous. »

Consultez l’étude ici

Pour plus d’informations, contactez :

Renforcer capacités investissement public

COVID19 finances - news

Repenser la gouvernance économique de l’UE pour renforcer l’investissement local et favoriser une relance durable


La crise du COVID-19 a transformé le paysage économique de l’Europe et mis en lumière le rôle essentiel joué par les collectivités locales et régionales. Qu’il s’agisse de faire appliquer les mesures sanitaires ou de soutenir les communautés vulnérables, les communes et régions ont supporté une grande partie des impacts immédiats et à long terme de la pandémie, souvent en subissant une forte baisse de leurs recettes.

Alors que l’UE réfléchit à l’avenir de sa gouvernance économique, le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) appelle à une refonte du Pacte de stabilité et de croissance afin de mieux l’adapter aux réalités actuelles et aux défis de demain.

Les collectivités locales représentent près de la moitié de l’investissement public dans l’UE, mais les règles budgétaires actuelles limitent souvent leur capacité à financer des projets à long terme. Le document de position du CCRE propose plusieurs pistes d’évolution pour soutenir la relance, les transitions verte et numérique, ainsi que l’inclusion sociale. Parmi ces propositions figurent :

  • Une gouvernance à plusieurs niveaux renforcée et une véritable consultation des autorités locales dans la coordination économique de l’UE ;
  • Une plus grande flexibilité budgétaire pour soutenir des investissements locaux durables et à long terme ;
  • La résolution du retard d’investissement via un financement accessible et un renforcement des capacités ;
  • La création d’un instrument européen dédié à l’investissement municipal et régional au sein de la BEI pour stimuler le développement vert et numérique ;
  • La garantie que les contributions locales au Pacte vert européen ne soient pas bloquées par des règles budgétaires rigides.

La réforme de la gouvernance économique de l’UE est une occasion de reconnaître et de libérer le potentiel des villes et régions européennes. Une approche plus équilibrée et favorable à l’investissement renforcera la résilience, l’équité et la croissance durable dans toute l’Union.

Lire le document de position ici

Pour plus d’informations, contactez :

Conseil de l’Europe

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Avis de recrutement : Secrétaire Général du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux


Le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe recherche son nouveau Secrétaire Général. Ce poste exige une expérience avérée en gestion à un niveau élevé ainsi qu’une bonne compréhension du fonctionnement des organisations internationales.

Le Congrès renforce la démocratie locale et régionale dans les 47 États membres, conformément à la Charte européenne de l’autonomie locale, et promeut les droits de l’homme et l’État de droit à tous les niveaux de gouvernance territoriale.

Pour en savoir plus et postuler, veuillez consulter l’avis de recrutement (disponible en anglais et en français).

Plans de relance et de résilience

Cohesion Policy - News

L’eurodéputé Dragoș Pîslaru : « La Commission intensifie ses efforts pour amener les gouvernements nationaux à être plus ouverts, plus transparents et à impliquer les autorités régionales et locales »


Avec 750 milliards d’euros de prêts et de subventions, le plan de relance Next Generation EU constitue un acte historique de solidarité permettant à notre continent de faire face à l’impact dramatique de la pandémie de coronavirus, tout en accélérant les transitions numérique et écologique.

Depuis son adoption, plusieurs députés européens ont exprimé leur inquiétude quant au manque d’implication des gouvernements locaux et régionaux dans l’élaboration des plans de relance. Nous avons échangé avec Dragoș Pîslaru, eurodéputé et membre de la commission des affaires économiques et monétaires (ECON), pour comprendre quelles sont les initiatives concrètes du Parlement européen afin de garantir que les Plans nationaux de relance et de résilience (PNRR) intègrent pleinement les niveaux local et régional.

Quelles sont, selon vous, les principales priorités de la commission ECON pour les 12 prochains mois, en lien avec les gouvernements locaux et régionaux ?

Notre commission ECON a été très active, voire proactive pendant la pandémie. Le groupe Renew Europe a été l’un des premiers à saisir l’importance de créer de nouvelles ressources propres pour l’Union. Après l’adoption de la Facilité pour la reprise et la résilience, nous avons commencé à voir cet instrument comme un modèle amélioré de gouvernance économique. Le débat à venir le plus important, selon moi, est de repousser les limites actuelles de la gouvernance économique européenne, en tenant compte de la conception et du fonctionnement de la RRF.

La création d’un groupe de travail spécifique pour surveiller la mise en œuvre de la RRF est un outil important. Comment ce groupe se prépare-t-il à l’évaluation à mi-parcours de 2022 ? Comment éviter qu’elle ne se transforme en simple exercice administratif ?

Nous avons analysé en profondeur les plans soumis par la Commission européenne, organisé des échanges réguliers avec les experts en charge de la RRF pour questionner les mesures proposées pour chaque pilier. Nous avons aussi débattu du rôle des collectivités locales et de la société civile dans la conception et la mise en œuvre des plans nationaux. Plusieurs débats ont eu lieu en séance plénière, dont un spécifiquement consacré au dialogue entre gouvernements et citoyens dans le contexte de la RRF, et nous avons adopté plusieurs résolutions. Nous préparons désormais une nouvelle résolution pour formuler la position du Parlement lors de la revue à mi-parcours.

Êtes-vous confiant que le Dialogue sur la relance et la résilience avec la Commission permettra au Parlement d’avoir les informations nécessaires pour exercer pleinement son rôle de contrôle ?

Ce dialogue est extrêmement important, car il permet au Parlement de faire remonter ses conclusions, préoccupations et exigences au vice-président Dombrovskis et au commissaire Gentiloni. Il nous permet de comprendre les choix de la Commission sur des questions clés liées à la mise en œuvre de la RRF, et oblige cette dernière à être transparente. Mais surtout, ce dialogue a été conçu pour les citoyens : pour qu’ils puissent suivre par eux-mêmes ce que l’Union européenne fait des plans envoyés par leurs gouvernements nationaux.

Il y a un an, la Présidente von der Leyen affirmait que les collectivités locales et régionales devaient être au cœur de la relance. Quel conseil donneriez-vous aux membres du CCRE souhaitant jouer pleinement leur rôle pour garantir que les fonds soient bien ciblés et utilisés efficacement ?

Je tiens à remercier les membres du CCRE pour leur rôle et leur aide dans la conception de la Facilité. J’ai reçu de nombreuses demandes des autorités locales et régionales durant les négociations sur la RRF (Facilité pour la reprise et la résilience), dans lesquelles elles faisaient des propositions d’amélioration du règlement. J’ai répondu positivement à autant d’invitations au dialogue que possible, car je crois sincèrement que vous jouez un rôle essentiel dans la relance économique et sociale post-pandémie.

Mon seul et unique conseil est : NE VOUS ARRÊTEZ PAS. Continuez à faire pression, comme vous l’avez fait avec moi sur plusieurs dossiers. Surveillez l’activité de vos gouvernements nationaux, écrivez-leur, communiquez avec eux, impliquez-vous autant que vous le pouvez.

Dans une lettre envoyée plus tôt cette année par le groupe Renew à la Commission européenne, vous demandiez une meilleure implication des autorités locales et régionales dans la mise en œuvre des plans et leurs éventuelles révisions. Quelle a été la réponse du commissaire Dombrovskis ?

En effet, cette lettre visait avant tout à alerter sur le fait qu’une disposition spécifique du règlement n’était pas mise en œuvre comme elle aurait dû l’être par les autorités nationales. Le vice-président exécutif Dombrovskis a répondu favorablement à notre lettre, et nous avons également eu un dialogue à ce sujet, durant lequel il nous a expliqué les actions de la Commission pour faire respecter cette disposition de la RRF.

À la suite de cette lettre et de nos échanges, la Commission a renforcé ses efforts pour amener les gouvernements nationaux à être plus ouverts, plus transparents et à impliquer davantage les organisations de la société civile ainsi que les collectivités locales et régionales.

La pandémie de Covid-19 a mis entre parenthèses les règles budgétaires de l’UE et donné aux États membres une plus grande flexibilité en matière de dette et de dépenses. Comment concilier un retour à des plafonds budgétaires stricts avec les besoins d’investissement pour une relance verte et durable ?

La rapide évolution de la pandémie a montré qu’il nous fallait une gouvernance économique solide, mais aussi souple, car créer des règles applicables à toutes les situations possibles s’est avéré compliqué, difficile et peu réaliste.

Je pense qu’une fois la crise du COVID-19 terminée, nous devrons nous concentrer sur la réduction des ratios élevés de dette publique, tout en promouvant des finances publiques qui encouragent l’investissement public et privé, couplées à des réformes structurelles.

Nous devrions aussi chercher à renforcer la capacité de réaction des règles budgétaires européennes face aux cycles économiques, et à concevoir un cadre fiscal solide, plus simple et plus transparent.

Distinction nationale en Moldavie

Moldova - News Section

La Présidente du NALAS reçoit la plus haute distinction nationale – l’Ordre de la République de Moldavie


Tatiana Badan, maire de Selemet (Moldavie), présidente du Congrès des autorités locales de Moldavie (CALM) et présidente du Réseau des associations de pouvoirs locaux d’Europe du Sud-Est (NALAS), a reçu la plus haute distinction de la République de Moldavie, l’Ordre de la République, le 15 octobre 2021.

Cette distinction a été remise par la Présidente moldave Maia Sandu,

« en signe de haute reconnaissance pour les mérites exceptionnels envers l’État, pour sa contribution significative à la promotion des intérêts et de l’image de la République de Moldavie à l’échelle mondiale, pour ses remarquables réussites professionnelles, son esprit civique et sa participation active dans l’avancement des réformes. »

Ce prix a été remis à Mme Badan à l’occasion du 30ᵉ anniversaire de la proclamation de l’indépendance de la République de Moldavie.

Une carrière remarquable au service des citoyens

Tatiana Badan compte plus de 28 années d’expérience dans l’administration publique locale, et exerce les fonctions de maire depuis plus de 18 ans, réélue pour 5 mandats successifs.

À propos de NALAS et CALM

Le NALAS est un réseau d’associations de pouvoirs locaux d’Europe du Sud-Est.
Il rassemble 14 associations membres, représentant environ 9 000 autorités locales, directement élues par plus de 80 millions de citoyens de la région.

Le CALM promeut les intérêts et les droits des autorités locales en Moldavie.
Fondé en 2010, il est membre du Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE/CEMR) depuis 2013.

L’avenir de l’Europe

Future of Europe - News 2021

Les villes appellent la Conférence sur l’avenir de l’Europe à promouvoir une démocratie européenne plus participative, verte et inclusive


Lors de l’événement « Les villes, moteurs de la démocratie dans l’Union européenne : perspectives urbaines pour la Conférence sur l’avenir de l’Europe », coorganisé par le Comité européen des Régions (CdR), Eurocities et le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE), des responsables locaux et régionaux ont partagé leurs attentes vis-à-vis de la Conférence sur l’avenir de l’Europe et présenté leurs expériences de renforcement de la démocratie locale.

Des exemples d’initiatives participatives innovantes, de projets écologiques, de services numériques aux citoyens ou encore d’intégration des communautés ont été discutés. L’événement a débouché sur l’adoption de conclusions qui alimenteront la plateforme numérique de la Conférence sur l’avenir de l’Europe.

Des voix fortes pour une Europe plus démocratique

Apostolos Tzitzikostas, président du Comité des Régions et gouverneur de la région grecque de Macédoine centrale, a déclaré :

« Quand on dit “citizen”, “citoyen”, “cittadino” ou “πολίτης”, la racine est toujours la “cité”. La démocratie est née dans les villes. Elles sont le niveau le plus proche des citoyens, là où les meilleures pratiques démocratiques prennent vie. Les citoyens veulent s’engager, c’est notre devoir de leur en donner les moyens. Les villes sont de véritables laboratoires pour enrichir, moderniser et renforcer la démocratie. »

Dario Nardella, président d’Eurocities et maire de Florence, a ajouté :

« Presque toutes nos villes ont mis en place des formes de démocratie participative, et beaucoup expérimentent chaque jour de nouvelles pratiques. La Conférence sur l’avenir de l’Europe doit déboucher sur une stratégie européenne de la participation, pour rapprocher l’Europe de ses citoyens. »

Christoph Schnaudigel, coprésident du CCRE et président du district de Karlsruhe, a souligné :

« Le niveau local et régional peut être le canal par lequel les citoyens dialoguent directement avec les institutions européennes. Nous avons besoin d’un mécanisme permanent de dialogue structuré entre les citoyens et l’UE via les autorités locales. »

Conclusions pour la Conférence sur l’avenir de l’Europe

1. Vers une stratégie européenne de participation citoyenne
La Conférence offre une opportunité de promouvoir des pratiques participatives innovantes comme les budgets participatifs ou la co-gestion des espaces publics. Un mécanisme permanent de dialogue structuré avec les citoyens via les collectivités locales permettrait :

  • de travailler avec les citoyens sur les politiques européennes ;
  • de concevoir des politiques adaptées aux réalités locales ;
  • d’impliquer les citoyens dans un processus politique concret.

2. Villes et transition verte
Responsables de 70 à 80 % des émissions mondiales, les villes mettent en œuvre 70 % des politiques de réduction des émissions et 90 % des mesures d’adaptation au climat. Elles doivent être reconnues comme acteurs clés de la transition écologique, avec un soutien technique et financier renforcé.

3. Transformation numérique
Les villes sont à la pointe de l’innovation numérique locale. Une accélération du déploiement des infrastructures et des compétences numériques est nécessaire, notamment pour lutter contre la double fracture numérique (accès et littératie). L’impact local des plateformes numériques (logement, transports, tourisme) doit être pris en compte.

4. Inclusion sociale et cohésion
Les villes sont en première ligne pour promouvoir la cohésion sociale, l’égalité de genre, l’intégration des migrants et la lutte contre le vieillissement démographique. Leur accès direct aux fonds européens est essentiel pour renforcer leur rôle d’intégrateurs sociaux.

5. Cadres européens de référence
La Nouvelle Charte de Leipzig, l’Agenda Urbain de l’UE et l’Agenda Territorial 2030 doivent servir de référence pour impliquer les villes dans la conception et la mise en œuvre des politiques européennes, notamment dans le cadre du Pacte Vert européen.

Égalité locale

Local Equality - News 2021

Pologne : 16 villes pionnières s’engagent à aller plus loin pour l’égalité locale


Aujourd’hui, 16 villes polonaises représentant plus de 4 millions d’habitants signent la Charte européenne pour l’égalité entre les femmes et les hommes dans la vie locale lors d’une cérémonie collective à Poznań.

Cet événement historique, organisé par l’Association des villes polonaises (APC) et le Conseil des municipalités et régions d’Europe (CEMR), a lieu en ce jour symbolique de l’égalité des sexes et des droits humains, la Journée internationale de la fille, ainsi que le jour d’ouverture du Forum européen des droits fondamentaux 2021.

Il témoigne de la volonté politique et du désir de nombreuses villes polonaises d’être des lieux égalitaires et accueillants pour toutes et tous. Cette mobilisation offre aussi un visage différent des collectivités locales polonaises, contrastant avec la vague de résolutions anti-LGBT adoptées dans le pays ces dernières années. Malgré des contextes nationaux et débats politiques parfois conflictuels, les villes disposent d’une large marge de manœuvre pour mettre en œuvre des politiques et programmes locaux sensibles au genre et inclusifs.

Parmi les nouveaux signataires, figurent cinq des dix plus grandes villes polonaises : Bydgoszcz, Chelmno, Jaslo, Krosno, Lublin, Ostrów Wielkopolski, Plonsk, Poznan, Pruszkow, Puck, Skarzysko-Kamienna, Sopot, Świdnica, Walbrzych, Varsovie et Wolomin.

Helena Dalli, commissaire européenne à l’égalité, a exprimé son enthousiasme et son soutien à cette initiative :
« La signature de la Charte est un engagement public, qui implique l’acceptation de la diversité et la garantie de droits et d’opportunités égaux. Cet acte est d’autant plus important en ces temps difficiles où les femmes et les minorités ont subi un impact accru des effets de la pandémie. »

Pour sa part, Frédéric Vallier, Secrétaire général du CEMR, a déclaré :
« Cette cérémonie de signature marque une étape importante dans le renforcement de l’égalité des genres en Pologne. Ces villes pionnières inspireront sans aucun doute d’autres collectivités, en Pologne et ailleurs, à s’engager elles aussi et à agir localement en faveur d’une valeur européenne commune : l’égalité. »

Silvia Baraldi, porte-parole du CEMR pour l’égalité des genres, a ajouté dans un message vidéo :
« En tant que gardiens de la Charte, le CEMR et son Comité permanent promettent leur soutien et leur encouragement à celles et ceux qui souhaitent créer des espaces où chacun peut poursuivre ses ambitions à égalité, sans discrimination. »

Ces 16 nouvelles villes polonaises rejoignent une communauté européenne de près de 2 000 collectivités locales partageant les mêmes valeurs dans 36 pays, qui se sont engagées aux principes de la Charte et l’utilisent pour orienter leurs politiques d’égalité des genres.

À propos de la Charte :

La Charte européenne pour l’égalité entre les femmes et les hommes dans la vie locale est à la fois un document politique et un outil pratique. Elle encourage les collectivités locales et régionales à prendre un engagement public en faveur de l’égalité et à appliquer les principes qu’elle énonce. La Charte propose des méthodes concrètes pour promouvoir l’égalité entre femmes et hommes dans différents domaines de compétence : participation politique, emploi, services publics, urbanisme, etc. Lancée il y a 15 ans, elle est actuellement en cours de revitalisation.

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