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Rapport TERRI – Date limite : 4 mai 

Housing policy paper - News 2026

Le CCRE recueille des données et des éléments d’information sur l’évolution des compétences et des responsabilités des collectivités locales et régionales dans le cadre de l’étude TERRI


Le CCRE prépare la prochaine édition de son étude phare sur les structures et les compétences, qui examine comment les collectivités locales et régionales sont organisées à travers l’Europe et comment leurs responsabilités évoluent au fil du temps. L’étude, dont la publication est prévue à l’automne 2026, explorera les réformes récentes touchant les communes et les régions, et évaluera leur impact sur l’efficacité de la prestation des services publics.

La politique du logement, une priorité croissante pour les membres du CCRE, sera au cœur de cette nouvelle édition. L’étude examinera le logement en tant que compétence clé des collectivités locales et régionales, en mettant particulièrement l’accent sur la manière dont elles équilibrent l’offre et la demande de logements, et sur la façon dont les dispositifs de gouvernance influencent la mise en œuvre des politiques sur le terrain.

Les membres du CCRE sont invités à contribuer à l’enquête, dont les réponses doivent être envoyées avant le 4 mai, afin d’étayer l’analyse sur laquelle repose l’étude.

Pour plus d’information, veuillez contacter :

Profil du pays – Belgique n° 4

Brussels city image

Profil de pays sur la coopération décentralisée au développement : le cas de la Belgique


Les profils de pays offrent un aperçu des modèles nationaux de cadres de coopération au développement (décentralisés) dans certains États membres de l’UE. L’objectif est d’éclairer les mécanismes et modalités spécifiques des cadres nationaux analysés et d’identifier les facteurs favorables ainsi que les difficultés liées à leur mise en œuvre pratique, en mettant l’accent sur le rôle et les opportunités pour les collectivités locales et régionales et leurs associations.
Based on the study, the Belgian framework for Decentralised Development Cooperation (DDC) is characterised by:

1) Les associations municipales sont au cœur du DDC en Belgique. Brulocalis, l’Association des villes et communes flamandes (VVSG) et l’Union des villes et communes de Wallonie (UVCW) jouent un rôle d’intermédiaires clés dans la coordination des programmes financés et constituent la principale source de soutien et de conseils pour les municipalités.

2) Privilégier la coopération à long terme avec des partenaires sélectionnés. Des partenariats durables contribuent à garantir l’efficacité et la valeur ajoutée de la coopération. La priorité est accordée aux pays les moins avancés et aux contextes fragiles.

3) Sensibilisation des citoyens belges à la solidarité internationale. Les acteurs belges, en partenariat avec des ONG, contribuent activement à informer les citoyens sur les questions liées à la coopération au développement par le biais d’activités de sensibilisation et d’éducation en Belgique.

Cet article fait partie d’une série de sept profils de pays analysant les cadres de coopération en matière de développement durable (CCDD) en Europe. Le cinquième volet, consacré à la France, paraîtra en juillet. Restez connectés !

Consultez le profil pays de la Belgique, disponible en quatre langues :

Vous trouverez le reste des publications de Mindcraft ici.

Le CCRE encourage les autorités belges à renforcer le rôle des gouvernements locaux et régionaux dans la politique de développement, non seulement en tant qu’acteurs de la mise en œuvre, mais aussi en tant que partenaires stratégiques contribuant à façonner un programme de développement plus résilient, inclusif et efficace.

Cette publication est produite dans le cadre du projet « Bridging and Mapping Knowledge Gaps in Decentralised Cooperation » (Mindcraft), financé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et soutenu par la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ).

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Call Simone épisode sur « Le budget de l’UE »

Qui décide de l’avenir de l’Europe ? La bataille autour du prochain budget de l’UE


Qui décide de l’avenir de l’Europe : les États membres, les institutions de l’UE ou les villes et les régions qui mettent en œuvre les politiques sur le terrain ?

Telle est la question au cœur des négociations sur le prochain budget à long terme de l’Union européenne (2028-2034), et le point de départ du dernier épisode de Call Simone avec Jan Olbrycht, ancien député européen et l’une des figures les plus expérimentées des négociations budgétaires de l’UE

Ce qui peut apparaître comme une discussion technique sur des chiffres et des lignes de financement est, en réalité, une lutte politique autour du pouvoir, des priorités et de la gouvernance. Et cela intervient à un moment où l’Europe doit définir ce qu’elle veut devenir : un acteur politique plus centralisé, ou une union qui reste fondamentalement différente des États-Unis – plus négociée, plus décentralisée et, en fin de compte, dépendante du consensus.

Un budget sous pression

Comme l’explique Olbrycht, le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) est façonné par un contexte exceptionnellement lourd : la guerre aux frontières de l’Europe, une concurrence mondiale croissante, le remboursement de la dette contractée pendant la pandémie et la perspective d’un élargissement.

La Commission européenne a proposé un budget nettement plus important — pouvant avoisiner les 2 000 milliards d’euros. Mais cette ambition dépend de nouvelles sources de recettes. Sans elles, l’UE risque de financer de nouvelles priorités en réduisant les dépenses existantes, transformant ainsi la négociation en un jeu à somme nulle.

Une évolution dans la manière dont l’Europe dépense et gouverne

L’un des points centraux soulevés dans la discussion est que le changement le plus controversé ne réside pas dans la taille du budget, mais dans sa structure.

Plutôt que d’organiser les dépenses autour de politiques établies comme la cohésion et l’agriculture, la proposition introduit des catégories plus larges et des plans nationaux qui regroupent différents flux de financement. Selon la Commission, cela vise à simplifier le système et à le rendre plus flexible en temps de crise

Dans la pratique, cependant, cela redistribue le pouvoir.

Cela renforce le rôle des gouvernements nationaux tout en permettant à la Commission d’imposer des priorités obligatoires — telles que des dépenses minimales en matière de climat ou le soutien aux régions moins développées. Comme le souligne Fiorella Lavorgna, animatrice du podcast, dans la conversation, cela crée un système hybride qui soulève une question clé : s’agit-il d’une simplification ou d’une nouvelle forme de centralisation ?

La véritable ligne de fracture : qui a son mot à dire

Cela nous amène à l’une des lignes de fracture politiques les plus évidentes abordées dans l’épisode : la gouvernance.

Les villes et les régions seront-elles co-auteurs de ces plans nationaux, ou simplement consultées ?

Pour des organisations comme le CCRE — dont Jan Olbrycht a également été l’un des vice-présidents entre 1995 et 2001 —, il s’agit d’une ligne rouge. L’expérience des instruments récents, tels que la Facilité pour la reprise et la résilience, a montré qu’une consultation sans véritable implication risque d’affaiblir à la fois l’efficacité et la responsabilité.

Le Parlement européen a adopté une position relativement ferme en faveur du renforcement du rôle des collectivités locales et régionales. Mais au sein du Conseil, les positions restent divisées, reflétant les différents modèles de gouvernance nationaux.

Compétitivité vs cohésion

Une autre tension majeure mise en évidence lors de la discussion concerne l’équilibre entre compétitivité et cohésion.

Le fonds pour la compétitivité proposé reflète une réorientation vers l’innovation, les industries stratégiques et l’attraction des investissements — une reconnaissance du fait que l’Europe doit renforcer sa position économique mondiale. Cela soulève des inquiétudes quant à l’avenir de la politique de cohésion, qui a longtemps joué un rôle central dans la réduction des disparités régionales.

Il ne s’agit pas simplement d’un compromis budgétaire. C’est un compromis politique : une Europe plus compétitive qui aggrave les inégalités internes risque de saper ses propres fondements.

L’élargissement et les limites de l’unité

La conversation aborde également l’élargissement.

L’intégration de pays comme l’Ukraine ou la Moldavie n’est pas seulement un défi financier, c’est un défi politique qui exige l’unanimité des États membres. Comme le souligne Olbrycht, l’élargissement dépend en fin de compte autant de la volonté des membres actuels que de l’état de préparation des pays candidats.

Cela renforce une caractéristique centrale de l’UE : sa dépendance au consensus.

Pas d’États-Unis d’Europe

Lorsqu’on lui demande qui il faudrait « appeler » pour parler à l’Europe dans dix ans, la réponse d’Olbrycht est révélatrice : pas un seul dirigeant, mais plusieurs — reflétant un système où l’autorité est partagée plutôt que concentrée.

Pour lui, l’UE ne s’oriente pas vers un modèle à dirigeant unique comme les États-Unis. Au contraire, elle conservera sa spécificité : un système politique fondé sur l’équilibre entre les institutions et les États membres, où les décisions émergent de la négociation plutôt que de la hiérarchie.

Le prochain budget de l’UE incarne cette réalité. Il ne s’agit pas seulement d’un cadre financier, mais d’un test du fonctionnement de l’Europe : peut-elle agir stratégiquement sans se centraliser, et peut-elle rester cohésive sans se fragmenter ?

En fin de compte, l’enjeu ne réside pas seulement dans le montant des dépenses de l’Europe, mais dans la manière dont elle se gouverne. Et en ce sens, l’issue de ces négociations en dira autant sur l’avenir politique de l’UE que n’importe quelle réforme des traités.

En savoir plus sur nos principales revendications concernant le budget de l’UE pour la période 2028-2034

Téléchargez ici la transcription intégrale de l’épisode

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Stratégie de l’UE pour l’égalité de genre : notre réaction 

Gender Equality Strategy 2026-2030 news

Des principes à la pratique : faire en sorte que la nouvelle stratégie de la Commission européenne pour l’égalité entre les femmes et les hommes 2026-2030 porte ses fruits


La nouvelle stratégie de la Commission européenne pour l’égalité entre les femmes et les hommes 2026–2030 part d’un postulat essentiel : l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas une question secondaire, mais un principe qui doit façonner la vie publique dans son ensemble. S’appuyant sur la Feuille de route pour les droits des femmes et sa Déclaration de principes pour une société égalitaire, elle définit une vision globale couvrant l’éducation, la santé, le travail, le leadership et la vie en ligne, tout en s’attaquant à la cyberviolence, aux discours anti-genre et aux réactions hostiles à l’encontre de droits durement acquis.

Cette approche reflète étroitement le travail de longue date du CCRE. Depuis près de 20 ans, la Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale défend le même principe : l’égalité doit être ancrée dans des engagements communs, mais les progrès ne peuvent venir que d’actions menées à tous les niveaux de gouvernement. C’est pourquoi le véritable test de la nouvelle stratégie de l’UE, tout comme pour la Charte elle-même, sera sa mise en œuvre.

Cela est important car les femmes et les filles sont encore trop souvent écartées de la vie publique. Le rapport du CCRE intitulé Les femmes en politique : tendances locales et européennes montre qu’environ 32 % des femmes en politique ont été victimes de violences, la cyberviolence connaissant une forte augmentation. Le fait que la stratégie de la Commission s’appuie elle-même sur l’étude du CCRE souligne l’importance de l’expérience locale et régionale dans l’élaboration de l’agenda européen au sens large. L’étude met également en évidence des obstacles structurels plus larges : les femmes sont encore moins susceptibles d’être attirées par la vie politique et, une fois élues, se voient trop souvent refuser les responsabilités les plus influentes. La politique ne peut avoir de sens si elle exclut la moitié de la population.

Les gouvernements doivent donc veiller à ce que la sécurité des femmes et des filles ne soit jamais reléguée au second plan lorsque d’autres priorités se font jour. Les filles doivent sentir que leur voix sera entendue et qu’elle débouchera sur des actions concrètes. Ce n’est qu’alors qu’elles croiront qu’il y a une place pour elles en politique. L’étude la plus récente du CCRE, Local Truth, Shared Trust, renforce ce message en montrant à quel point la confiance dans les institutions est étroitement liée au sentiment de sécurité et d’inclusion des personnes, en particulier pour celles qui envisagent de s’engager dans la vie publique. Les femmes doivent non seulement avoir une voix en politique, mais aussi disposer d’un espace sûr où l’exercer.

Si la stratégie reconnaît certains aspects du travail du CCRE, cette reconnaissance constitue un premier pas bienvenu plutôt qu’une fin en soi. Pour garantir que les ambitions de la stratégie se traduisent par des résultats concrets, il serait utile d’intégrer de manière plus systématique la richesse des données locales et régionales que le CCRE et ses membres ont accumulées au cours des deux dernières décennies. Après tout, l’égalité entre les femmes et les hommes se construit sur le terrain : dans les communes, les villes et les régions où les politiques prennent effet et où les femmes ressentent l’impact de l’action publique sur leur vie. La prise en compte des réalités locales et régionales tout au long du cycle politique de l’UE, de la collecte de données à la conception, la mise en œuvre et le suivi des programmes, aiderait la Stratégie à refléter les expériences vécues par les femmes et permettrait une mise en œuvre plus efficace et inclusive à travers l’Europe.

Alors que le CCRE célèbre le 20e anniversaire de sa Charte, il se réjouit de travailler avec la Commission européenne et ses partenaires à travers l’Europe pour transformer ces principes en changements durables. Ce même message a récemment été porté devant les Nations unies lors de la 70e Conférence sur la condition de la femme, où Flo Clucas, porte-parole du CCRE pour l’égalité des genres, a intégré la perspective locale dans un débat plus large entre femmes et hommes occupant des fonctions publiques : la vie politique locale doit être véritablement ouverte aux femmes comme aux hommes, et les femmes ne peuvent y participer pleinement si leur sécurité n’est pas garantie. Le travail est loin d’être terminé. Mais la direction à suivre est claire : les femmes et les filles doivent pouvoir participer pleinement et en toute sécurité à la vie publique, sans crainte de violence ou d’intimidation, dans chaque ville, région et pays.

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* Photo: EC – Audiovisual Service, Copyright European Union, 2026 – source: https://audiovisual.ec.europa.eu/en/media/photo/P-069195

Le chemin de Bonn vers l’égalité de genre

Bonn - European Charter for Equality signatory

Au cœur des 40 années d’efforts de Bonn pour promouvoir l’égalité de genre


La ville de Bonn (Allemagne) a signé la Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale il y a dix-neuf ans. Pourtant, l’histoire de Bonn en matière de promotion de l’égalité des genres ne commence pas là. Elle remonte à plus de quarante ans, à une époque où l’égalité des genres n’était guère plus qu’une ambition et où les structures nécessaires à un véritable changement étaient quasiment inexistantes.

En 1984, Bonn a créé un Bureau dédié à l’égalité des chances, une initiative audacieuse pour l’époque, qui montrait que l’égalité n’était pas une valeur abstraite mais une priorité de gouvernance. Dès 1991, la ville adoptait ses premiers règlements municipaux sur l’égalité des chances. Dix ans plus tard, en 2001, Bonn adoptait son premier Plan global pour l’égalité des chances, jetant ainsi les bases d’une transformation structurelle et durable du travail, des services à la personne, de la sécurité et de la représentation.

L’engagement de Bonn est resté inébranlable. Aujourd’hui, la mairie maintient une quasi-parité hommes-femmes au sein de sa direction, tandis que les femmes occupant des postes de cadres intermédiaires sont encouragées à assumer des responsabilités de leadership grâce à des programmes de mentorat structurés.

La maire adjointe de Bonn, Ursula Sautter, explique que l’administration locale « défend et promeut des solutions de soins équitables » en raison de la « répartition encore inégale du travail et des soins ».

Sautter souligne également que la ville lutte activement contre toutes les formes de violence et soutient fermement les victimes. Cet engagement est renforcé par la nouvelle loi allemande d’assistance aux victimes de violence de 2025, qui consolide les dispositifs de soutien dans tout le pays.

Bonn est signataire de la Charte européenne pour l’égalité du CCRE depuis 2007, témoignant ainsi de son engagement à traduire les principes en actions. Comme le souligne Sautter, « la Charte européenne pour l’égalité est pour nous une source d’inspiration et d’émancipation, nous unissant à une multitude de villes diverses dans cette entreprise essentielle ».

Ursula Sautter, adjointe au maire de Bonn

20 ans de la Charte européenne pour l’égalité

Cette année, nous célébrons le 20e anniversaire de la Charte européenne des égalités, une étape importante qui invite à la réflexion, à la célébration et à une ambition renouvelée.

Depuis sa création, la Charte est devenue l’un des cadres les plus solides d’Europe pour promouvoir l’égalité aux niveaux local et régional. Aujourd’hui, plus de 2 053 signataires issus de 36 pays font partie de ce mouvement croissant de villes, de communes et de régions engagées à concrétiser les principes d’égalité.

Élaborée par le CCRE en collaboration avec ses associations nationales et ses partenaires de projet, la Charte rassemble diverses visions européennes de l’égalité. Des centaines de représentants locaux et régionaux ont contribué à l’élaboration d’un cadre commun qui prend en compte la diversité des compétences et des contextes à travers l’Europe. La signature de la Charte constitue un engagement public et formel, une promesse de promouvoir l’égalité des genres par le biais de politiques, de programmes et d’actions concrètes mis en œuvre en coopération avec les partenaires locaux et la société civile.

Bien que la Charte ne soit pas juridiquement contraignante, elle se veut volontairement ambitieuse. Le CCRE reconnaît que la réalisation de ces objectifs exige du temps, du dialogue et des changements structurels. C’est pourquoi les signataires sont encouragés à adopter une approche progressive, en identifiant les domaines d’action prioritaires tout en développant progressivement leurs efforts.

Pour soutenir les signataires, le CCRE a créé l’Observatoire européen de la Charte, dédié à aider les autorités locales et régionales à élaborer et à mettre en œuvre des politiques d’égalité fortes.

La mission de l’Observatoire est triple :

  • Soutenir l’élaboration de plans d’action locaux pour l’égalité des genres
  • Suivre la mise en œuvre et les progrès sur le terrain
  • Évaluer l’impact et partager les connaissances à travers l’Europe

En reliant les municipalités, en facilitant les échanges et en rendant les progrès visibles, l’Observatoire veille à ce que la Charte demeure un outil vivant et évolutif, ancré dans la pratique.

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Découvrez l’histoire d’Aubagne (France), qui a signé la Charte européenne pour l’égalité en novembre 2025.

Bonn est membre de l’association Deutscher Städtetag du CCRE.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Prise de position sur le logement

Housing policy paper - News 2026

Un plan local de logement visant à renforcer le rôle des villes, des communes et des régions face aux défis du logement en Europe


La crise du logement en Europe a atteint des niveaux sans précédent, avec des conséquences directes pour les citoyens vivant dans les villes et les régions du continent. Le plan européen pour le logement abordable constitue un progrès significatif, mais il ne portera ses fruits que si le plein potentiel des collectivités locales et régionales est mobilisé.

Le nouveau document de position du CCRE, intitulé « Un plan local pour le logement », présente des propositions au plan européen pour le logement abordable, arguant que les ambitions de l’Europe ne se traduiront par des résultats concrets que si les villes et les régions sont pleinement habilitées à agir.

Pour y parvenir, le CCRE identifie quatre priorités qu’il faut débloquer pour que les gouvernements locaux et régionaux puissent agir sur le terrain :

1. Mobiliser les investissements là où ils sont les plus nécessaires.

Le financement insuffisant et imprévisible constitue l’un des principaux obstacles au développement de logements abordables et durables dans les villes et les régions. Les collectivités locales et régionales ont besoin de cadres d’investissement à long terme. Le CCRE préconise :

  • Un accès plus simple et plus large aux financements européens et nationaux, notamment à la politique de cohésion et aux instruments du budget de l’UE pour la période 2028-2034, afin que les municipalités de toutes tailles puissent planifier et mettre en œuvre leurs projets.
  • Réformes des règles fiscales et modernisation des aides d’État, en considérant les logements abordables et économes en énergie comme un investissement à long terme plutôt que comme une dépense ordinaire.
  • Un soutien pour renforcer les capacités de construction et l’innovation, des compétences à la construction et à la rénovation circulaires et résilientes face au changement climatique.

2. Permettre une planification plus rapide et plus cohérente pour accélérer la mise en œuvre

Des procédures fragmentées et complexes retardent la construction de logements indispensables dans les États membres. Le CCRE exhorte les autorités européennes et nationales à :

  • Rationaliser la planification et les évaluations environnementales, en réduisant les doublons tout en maintenant des normes de durabilité élevées.
  • Favoriser les approches territoriales, en donnant aux villes et aux régions la flexibilité nécessaire pour accéder aux terrains, régénérer les friches industrielles et planifier des quartiers intégrés et inclusifs.
  • Promouvoir le marché unique de la construction en harmonisant les normes techniques afin de réduire les retards, de stimuler l’innovation et de faire baisser les coûts.

3. Améliorer l’efficacité grâce à la numérisation des permis

La délivrance de permis numériques peut accélérer les rénovations et les nouvelles constructions, mais de nombreuses administrations locales et régionales manquent de ressources pour la mettre en œuvre. Le CCRE préconise :

  • Des financements, des formations et une assistance technique dédiés sont nécessaires pour des systèmes d’autorisation interopérables au niveau local, national et européen.
  • Des directives plus claires à l’intention des candidats et des développeurs permettront d’améliorer la qualité des candidatures.

4. Exploiter pleinement le potentiel de l’Europe grâce à un véritable partenariat à plusieurs niveaux

Le plan européen pour le logement abordable ne réussira que grâce à une véritable coopération entre les différents niveaux de gouvernement. Le CCRE demande :

  • Une gouvernance structurée à plusieurs niveaux, avec la pleine participation des gouvernements locaux et régionaux à la conception, à la mise en œuvre et au suivi.
  • Une plus grande autonomie municipale et une clarification juridique, garantissant que les responsabilités correspondent au financement.
  • Des ressources adéquates pour l’Alliance européenne du logement, avec une participation structurée des gouvernements locaux et régionaux, qui sert également à coopérer au-delà de l’UE pour relever les défis du logement partagé.

Le défi du logement en Europe exige une action rapide et coordonnée. Le plan européen pour le logement abordable établit un cadre important, mais son succès dépendra de sa capacité à donner aux gouvernements les moyens d’agir au plus près des citoyens. En mobilisant les investissements, en assouplissant les règles d’urbanisme, en renforçant l’efficacité numérique et en instaurant une véritable gouvernance à plusieurs niveaux, l’Europe peut passer de l’ambition à la réalisation.

Le « Plan local pour le logement » du CCRE propose une stratégie claire : agir localement, investir judicieusement et collaborer à tous les niveaux de gouvernement. C’est uniquement en travaillant au niveau des villes, des communes et des régions que l’Europe pourra garantir à tous un logement abordable, durable et inclusif.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Rapport TERRI : consultation des membres

Local Alliance - News Section

Bientôt une nouvelle étude du CCRE sur les rôles et les responsabilités


En 2026, le CCRE mettra à jour son étude phare sur les tendances en matière de gouvernance, le Rapport Terri. La précédente édition, publiée en 2021, était axée sur le rôle des collectivités territoriales dans le secteur de la santé publique. La nouvelle édition mettra l’accent sur la politique du logement, un domaine politique qui illustre clairement la manière dont les responsabilités sont réparties entre les différents niveaux de gouvernement et dont une coordination efficace permet d’obtenir des résultats tangibles et d’améliorer le bien-être des citoyens et des communautés locales.

Depuis de nombreuses années, le CCRE suit l’évolution des territoires et de la gouvernance parmi ses membres, analysant l’impact des changements institutionnels et territoriaux sur la démocratie et la qualité des décisions publiques. Les défis en matière de gouvernance devenant de plus en plus complexes et variant d’un endroit à l’autre, les approches traditionnelles descendantes s’avèrent moins efficaces. Une coordination forte entre les niveaux national, régional et local est donc plus importante que jamais.

Outre la mise à jour des données sur les structures de gouvernance et les réformes administratives, l’étude utilisera le logement comme prisme pour examiner comment les compétences, les ressources financières et les capacités de mise en œuvre sont réparties entre les différents niveaux de gouvernement, et ce que cela implique pour remédier aux disparités territoriales et proposer des solutions adaptées à chaque lieu.

Pour soutenir ce travail, les membres du CCRE recevront début mars 2026 un questionnaire détaillé, adressé aux associations nationales et aux experts ayant une connaissance pratique de la politique du logement au niveau municipal ou régional. Le questionnaire est structuré en deux parties :

• La partie I se concentre sur les dispositifs de gouvernance, les compétences et les réformes.

• La partie II examine la politique du logement comme une étude de cas de coopération à plusieurs niveaux.

Il s’agit d’un exercice approfondi, de niveau expert, plutôt que d’une enquête rapide. Les données recueillies constitueront une base essentielle pour le plaidoyer du CCRE en faveur d’une gouvernance multiniveaux et d’une politique du logement efficaces. Les membres disposeront d’environ trois semaines pour répondre.

L’étude devrait être publiée à l’automne 2026, et le CCRE se réjouit de votre participation à ce travail. Votre contribution renforcera notre base de données collective et notre plaidoyer en faveur d’une meilleure gouvernance et de politiques locales plus fortes à travers l’Europe.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

« Les villes sont des laboratoires de solutions »

ODELL - News 2026

Pol Morillas (CIDOB), la députée européenne Hanna Jalloul et des dirigeants locaux réfléchissent à la géopolitique actuelle et à ses effets en Europe, au désordre mondial et à la raison pour laquelle les dirigeants locaux sont plus importants que jamais


À une époque où la politique mondiale est de plus en plus façonnée par les rivalités de pouvoir et la logique du tout ou rien, les villes et les régions peuvent sembler périphériques sur le grand échiquier géopolitique. Mais selon Pol Morillas, directeur du CIDOB (Centre des affaires internationales de Barcelone), cette perception est profondément trompeuse.

S’exprimant lors d’une réunion de la section européenne de CGLU, aux côtés de la députée européenne Hanna Jalloul, vice-présidente de la commission des affaires étrangères du Parlement européen, et de représentants de municipalités et de régions de toute l’Europe, M. Morillas a présenté un diagnostic pointu de la situation mondiale actuelle et un argument convaincant expliquant pourquoi les dirigeants locaux et régionaux sont des acteurs essentiels dans la réponse de l’Europe à cette situation.

« Nous entrons dans un monde pour lequel nous n’avons pas été préparés »

M. Morillas décrit 2026 comme l’année où la « géopolitique brutale » aura pris toute son ampleur.

Pol Morillas - CIDOB

« Nous ne vivons pas dans le monde que l’Union européenne souhaitait », a-t-il expliqué. « Les marchés ouverts, la mondialisation fondée sur des règles et le multilatéralisme coopératif défendus par l’Europe cèdent la place à la politique de puissance, aux alliances transactionnelles et au retour de l’État en tant qu’acteur dominant. »

*Pol Morillas, directeur du CIDOB (Centre des Affaires Internationales de Barcelone)

Ce changement dépasse le cadre d’une élection ou d’un dirigeant en particulier. Si le retour de Donald Trump à la Maison Blanche a accéléré cette tendance, Morillas voit une transformation plus large, impulsée par les grandes puissances, notamment la Chine et l’Inde, qui privilégient leurs intérêts nationaux et une concurrence à somme nulle.

Dans cet ordre émergent, les acteurs réagissent différemment. Certains s’adaptent. D’autres résistent, en particulier les mouvements de jeunesse à travers le monde. D’autres encore sont désorientés.

« Et l’Union européenne, note Morillas, navigue dans cette désorientation. » 

Les trois choix stratégiques de l’Europe 

Selon Morillas, l’Europe débat actuellement de trois grandes stratégies : 

  1. Maintenir l’engagement des États-Unis, même si cela nécessite un apaisement tactique, en particulier dans des domaines tels que la sécurité et le renseignement, où l’Europe ne dispose pas d’une autonomie totale.
  2. Construire de nouvelles alliances avec des puissances moyennes telles que le Japon, l’Inde et les pays du Mercosur afin de préserver les éléments d’un ordre fondé sur des règles.
  3. Rechercher une plus grande autonomie, en particulier dans des domaines tels que la technologie et la géoéconomie — même si, comme le souligne M. Morillas, « on parle souvent plus d’autonomie que d’actions concrètes ».

Ces stratégies coexistent, parfois difficilement, alors que l’Europe tente de se redéfinir dans un contexte mondial plus difficile. 

Mais ce n’est qu’une partie de l’histoire. 

De nouvelles opportunités diplomatiques pour les villes et les régions en tant que « laboratoires pour trouver des solutions »

Alors que la géopolitique fait la une des journaux, M. Morillas affirme que certaines des crises les plus urgentes se concentrent dans les villes et les régions, et que c’est précisément là que réside leur importance diplomatique. « Le rôle des villes et des régions sera particulièrement important lorsqu’elles serviront de laboratoires pour trouver des solutions aux crises qui touchent principalement les villes et les régions », a-t-il déclaré.

Il a notamment mentionné :

  • Le logement
  • Le coût de la vie
  • L’énergie
  • La mobilisation des jeunes et la réponse à leurs revendications

« Ces domaines sont loin de la géopolitique brutale et n’ont pas pour principale composante la défense », a expliqué M. Morillas. « Ils constituent des opportunités faciles à saisir pour les villes et les régions qui souhaitent jouer un rôle diplomatique intéressant. »

En d’autres termes, tandis que les États se disputent la sécurité et la domination stratégique, les gouvernements locaux gèrent les pressions quotidiennes qui façonnent la confiance des citoyens dans la démocratie. Leur capacité à innover et à réagir efficacement devient une forme de diplomatie en soi.

Mobilisation des jeunes et réponse démocratique 

M. Morillas a également souligné une tendance mondiale croissante : la résistance des jeunes à des systèmes politiques nationaux perçus comme peu réactifs.

« Nous voyons de plus en plus de jeunes résister à la politique nationale et proposer des modèles alternatifs de compréhension de la société », a-t-il déclaré.

Pour les villes et les régions, cela représente à la fois un défi et une opportunité. Les gouvernements locaux sont souvent les premiers à être confrontés aux revendications des jeunes, qu’il s’agisse de l’action climatique ou de l’accessibilité au logement. La qualité de leur réponse déterminera la résilience démocratique en Europe.

Un monde multipolaire, y compris au niveau local

La fragmentation de l’ordre mondial remodèle également la coopération entre les villes. Le directeur du CIDOB a souligné l’émergence de nouveaux forums au-delà des réseaux traditionnels dirigés par l’Occident, notamment des initiatives liées au BRICS+.

« Ce monde multipolaire existe également au sein des régions », a-t-il observé. « Les villes et les régions européennes doivent être conscientes de l’existence de ces nouveaux forums. »

L’alignement mondial n’est plus seulement l’affaire des ministères des Affaires étrangères. Il se reflète de plus en plus dans la manière dont les villes coopèrent, s’associent et se positionnent sur la scène internationale.

De la consultation à la codécision en Europe 

Plus important encore, M. Morillas considère que les villes et les régions gagnent en importance au sein même de l’architecture européenne. « Ce n’est pas seulement une question qui concerne les États membres », a-t-il affirmé. « Les villes peuvent jouer un rôle important dans l’architecture européenne, parfois seulement en tant que consultées, mais de plus en plus en ayant leur mot à dire sur l’avenir de l’intégration européenne. »

Des initiatives en matière de logement à la transition énergétique urbaine, les débats politiques européens touchent de plus en plus de domaines dans lesquels les villes ont une compétence première.

Pour faire avancer ce programme, le CIDOB a lancé l’initiative «Local Europe» avec le soutien de la mairie de Barcelone, dans le but de renforcer ce que Morillas appelle « l’Europe des villes ».

Le message sous-jacent est clair : l’avenir de l’intégration européenne ne se décidera pas uniquement dans les capitales nationales.

Comment les dirigeants locaux doivent-ils considérer le monde ?

Comment les dirigeants locaux et régionaux doivent-ils alors considérer le monde, et comment sont-ils perçus au sein de celui-ci ?

La discussion a clairement montré que les villes et les régions ne sont plus des acteurs périphériques, mais des piliers centraux de la crédibilité mondiale de l’Europe. 

GUNNARSSON Carola

Comme l’a également souligné Carola Gunnarsson, porte-parole du CCRE pour les affaires internationales et maire de Sala, en Suède, lors de cette session, « les municipalités et les régions ne sont pas de simples exécutants de la politique européenne. Nous sommes les co-créateurs de la crédibilité de l’Europe ».

*Carola Gunnarsson, porte-parole du CEMR pour les affaires internationales et maire de Sala, lors du Sommet des dirigeants en 2025

Dans un environnement géopolitique marqué par les confrontations idéologiques et les tensions démocratiques, la cohérence entre la gouvernance locale et l’ambition mondiale devient décisive. « Si nous voulons que l’Europe soit un acteur mondial fort, nous devons être cohérents tant au niveau international que local », a-t-elle souligné. 

Faisant écho à cet appel à la cohérence, la députée européenne Hanna Jalloul, vice-présidente de la commission des affaires étrangères du Parlement européen, a souligné l’impact direct des décisions de l’UE sur la vie quotidienne des citoyens.

Elle s’est toutefois interrogée sur le décalage démocratique persistant : « Pourquoi n’avons-nous atteint qu’un taux de participation de 50 % aux élections européennes ? » Selon Mme Jalloul, « de nombreux citoyens ne réalisent pas pleinement à quel point les décisions économiques et agricoles prises ici les affectent directement ».

*Hanna Jalloul, députée européenne et vice-présidente de la commission des affaires étrangères du Parlement européen (photo du Parlement européen)

Au-delà de la politique interne, elle a souligné l’importance de la cohérence dans l’action extérieure de l’Europe. « Nous parlons de paix, mais notre système multilatéral — que nous défendons depuis 1945 — doit être cohérent. » Dans un environnement géopolitique difficile, a-t-elle fait valoir, l’Union européenne doit aligner ses priorités commerciales et son autonomie stratégique sur ses valeurs fondamentales.

Quand le fossé démocratique atteint le niveau local

Ce fossé entre la prise de décision européenne et la perception des citoyens, qui avertit les participants, n’est pas abstrait. Lorsque les gens ont le sentiment que les décisions sont lointaines, floues ou incompatibles avec les valeurs proclamées, la frustration grandit, et elle se manifeste souvent d’abord au niveau local.

*Eider Enunciaga, porte-parole pour la démocratie locale au CEMR et représentante du conseil municipal de Bilbao, lors de l’événement du CEMR pour le lancement de l’Observatoire européen

Comme l’a souligné Eider Enunciaga, porte-parole pour la démocratie locale au CCRE et représentante du conseil municipal de Bilbao, les dirigeants locaux sont de plus en plus confrontés à l’hostilité et à l’intimidation, tant hors ligne qu’en ligne. « L’avenir de nos démocraties en Europe est en jeu ici », a-t-il souligné, notant que les tensions géopolitiques, la désinformation et la polarisation affectent directement les municipalités et les régions.

En réponse à cette pression croissante, le CCRE, en collaboration avec la ville de Bilbao, l’université Bocconi et l’Association basque des communes, a lancé l’Observatoire européen de la démocratie au niveau local. Cette initiative vise à recueillir des données sur les menaces pesant sur les représentants locaux, à identifier les tendances émergentes et à mieux comprendre les facteurs à l’origine des attaques contre les institutions démocratiques.

« En renforçant la démocratie au niveau local, nous renforçons également le projet européen », a conclu M. Enunciaga.

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Global Europe 2028–2034

Global Europe - position paper

Les collectivités locales et régionales au cœur de « Global Europe 2028–2034 » : notre position politique


Alors que l’Union européenne prépare son prochain cadre financier pluriannuel (CFP) pour 2028–2034, l’instrument Global Europe définira l’action extérieure de l’UE pour les années à venir — englobant la coopération au développement, l’aide humanitaire, le soutien à l’élargissement et l’initiative Global Gateway. Découvrez la position politique détaillée de PLATFORMA, qui expose comment cet instrument stratégique devrait être façonné pour favoriser des partenariats mondiaux durables et promouvoir une gouvernance inclusive.

À une époque marquée par des crises mondiales multiples et interconnectées — du dérèglement climatique à la réduction des financements du développement, en passant par l’instabilité géopolitique — le rôle des collectivités locales et régionales (CLR) est plus crucial que jamais. Le document de PLATFORMA repose ainsi sur la conviction qu’une action mondiale efficace commence au niveau local.

Les collectivités locales et régionales en tant que co-décideurs, acteurs de mise en œuvre et partenaires

La position de PLATFORMA part d’un constat clair : malgré leur proximité avec les citoyens et leur connaissance approfondie des contextes locaux, les CLR restent insuffisamment reconnues dans les cadres de l’action extérieure de l’UE. La coalition appelle à ce que l’instrument Global Europe aille au-delà de références symboliques aux « autorités locales » et intègre des mécanismes qui permettent réellement d’autonomiser les CLR en tant que co-décideurs, acteurs de mise en œuvre et partenaires des politiques extérieures de l’UE.

Recommandations clés

Le document formule 9 recommandations principales à l’attention des décideurs européens :

  1. Renforcer la gouvernance multiniveau dans Global Europe et placer les collectivités locales et régionales au cœur du développement territorial ;
  2. Associer flexibilité et simplification à des objectifs ambitieux d’aide publique au développement, tout en renforçant les mécanismes de redevabilité et de transparence ;
  3. Exploiter pleinement le potentiel de Global Gateway grâce à l’implication des collectivités locales et régionales ;
  4. Renforcer l’engagement des délégations de l’UE avec les collectivités locales et régionales ;
  5. Reconnaître et autonomiser les collectivités locales et régionales en tant que partenaires de développement uniques et efficaces dans les contextes fragiles ;
  6. Promouvoir la territorialisation des Objectifs de développement durable afin de parvenir à des sociétés décarbonées et à une justice climatique ;
  7. Impliquer les citoyens par le biais de l’éducation à la citoyenneté mondiale, en tant que composante clé de la coopération décentralisée au développement ;
  8. Promouvoir une gouvernance locale inclusive et participative : autonomiser les jeunes, les femmes ainsi que les groupes défavorisés et sous-représentés ;
  9. Renforcer la gouvernance locale dans le cadre de la politique de voisinage oriental et de la stratégie d’élargissement de l’UE.

À travers ces recommandations, PLATFORMA vise à améliorer la proposition actuelle relative à l’instrument Global Europe, afin qu’elle reconnaisse pleinement et soutienne la contribution des collectivités locales et régionales à l’action extérieure de l’UE, notamment via la coopération décentralisée comme modalité d’aide au développement.

PLATFORMA appelle également la Commission européenne à publier une communication actualisée sur l’implication structurée des collectivités locales et régionales et de leurs associations dans la nouvelle approche (géo)stratégique de l’action extérieure de l’UE.

Lire la position politique complète

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Rencontre Eider Inuntziaga (Bilbao)

Rencontre avec l’héroïne locale : Eider Inuntziaga, bâtir la confiance depuis les rues de Bilbao


Lorsque Eider Inuntziaga parle des collectivités locales, un mot revient sans cesse : la proximité.

Depuis 2023, elle est conseillère municipale à Bilbao, après plusieurs années d’engagement politique au sein du Parti nationaliste basque. Il s’agit de son premier mandat public, une expérience qui a transformé sa vision de la vie politique.

Auparavant, elle observait la politique de l’intérieur. Aujourd’hui, elle la vit au quotidien — dans la rue, au fil des conversations de quartier et dans les réactions directes des citoyens face aux décisions locales. La distance entre les élus et les habitants est minimale, ce qui rend la politique locale à la fois particulièrement significative et particulièrement exposée. Elle porte également cette expérience au niveau européen en tant que porte-parole du Council of European Municipalities and Regions pour la démocratie locale.

Partout en Europe, ces défis sont de plus en plus visibles. Pour mieux les comprendre et y répondre, le CCRE et ses partenaires, dont la Ville de Bilbao, ont lancé l’Observatoire européen pour la défense de la démocratie au niveau local — une initiative qui collecte des données, documente les menaces et le harcèlement visant les élus locaux et développe des outils pratiques pour mieux protéger celles et ceux qui servent leurs communautés.

Comme elle le souligne :
« Les collectivités locales sont le niveau d’administration le plus proche ; nous sommes le visage de la démocratie. »

Cette proximité crée de la confiance, mais elle concentre aussi les frustrations. Lorsque les citoyens sont mécontents, les responsables locaux sont souvent les premiers — et les plus faciles — à être pris pour cible.

Réseaux sociaux : utiles, mais risqués

Cette visibilité dépasse désormais largement la rue.

Eider Inuntziaga décrit sa relation aux réseaux sociaux comme « ambivalente ». S’ils permettent de créer du lien et de partager des informations, elle en perçoit aussi clairement les dérives.

« Les réseaux sociaux peuvent connecter des personnes et des histoires, et ils peuvent être utiles — jusqu’à un certain point. Mais ils génèrent aussi du bruit, de la polarisation, et parfois de la haine. Cela peut être dangereux. »

Pour les responsables politiques locaux, les effets sont concrets :
« Cela affecte l’intégrité, cela influence notre manière de nous exprimer, et cela peut faire taire certaines personnes. Cela peut pousser des élus à abandonner leur engagement — ou à avoir peur de ce qui se passe. »

Elle limite sa présence en ligne, utilisant principalement Facebook et LinkedIn, et veille à équilibrer soigneusement communication personnelle et communication politique.

La participation au-delà du jour des élections

Malgré ces défis, Inuntziaga reste profondément optimiste quant au rôle que peuvent jouer les collectivités locales pour renforcer la démocratie.

Son approche est simple : rester proche, écouter attentivement et impliquer autant que possible les citoyens. Pour elle, les élections ne sont qu’un point de départ. La participation quotidienne est tout aussi essentielle. À Bilbao, cette philosophie s’est traduite par des initiatives participatives invitant les habitants à contribuer à l’orientation de la ville.

Un exemple est « Bilbao Ville de Valeurs », un processus par lequel les citoyens ont collectivement défini un ensemble de principes communs pour guider la vie publique. L’objectif est de créer un cadre partagé qui renforce le sentiment d’appartenance et lutte contre la désinformation. Il ne s’agit pas seulement d’améliorer les politiques publiques, explique-t-elle, mais aussi de renforcer les relations entre les institutions et les citoyens qu’elles servent.

Tirer les leçons du passé de Bilbao

L’histoire de Bilbao a également façonné sa vision de la gouvernance.

La ville a connu une transformation profonde au cours des dernières décennies — passant du déclin industriel et du chômage à un renouveau fondé sur une planification de long terme et une coopération étroite entre institutions publiques, acteurs privés et société civile. Pour Inuntziaga, cette expérience démontre que le changement ne se produit pas du jour au lendemain et que la stabilité exige de la patience.

Elle évoque souvent trois éléments clés du redressement de Bilbao : la coopération, des valeurs partagées et une vision à long terme. Les solutions rapides fonctionnent rarement. Au contraire, des décisions cohérentes prises en gardant l’avenir à l’esprit permettent de reconstruire progressivement la confiance.

« Les décisions doivent être prises dans une perspective de long terme », affirme-t-elle, décrivant démocratie et stabilité comme des réalités qui se renforcent mutuellement.

Eider Inuntziaga lors du lancement de l’Observatoire européen pour la défense de la démocratie au niveau local.

Ancrée localement, tournée vers l’Europe

Bien que son action s’inscrive dans la politique municipale, Inuntziaga conserve une forte ouverture européenne. Elle suit attentivement les débats au-delà de l’Espagne et s’inspire de dirigeantes telles que Kaja Kallas, qu’elle admire pour sa vision du rôle de l’Europe dans un monde en mutation.

Néanmoins, son engagement reste résolument local. Pour elle, les villes sont les lieux où la démocratie est mise à l’épreuve chaque jour — là où les politiques publiques rencontrent la réalité, et où la confiance se construit ou se perd au fil des interactions quotidiennes.

Ce n’est peut-être pas le niveau politique le plus visible — mais c’est, à bien des égards, celui où la démocratie se vit le plus directement.


Pour en savoir plus, vous pouvez écouter l’épisode complet de Call Simone, également avec Gianmarco Daniele de l’Université Bocconi. Ils y discutent de l’impact croissant du harcèlement et de la désinformation sur les élus locaux en Europe, ainsi que de la manière dont l’Observatoire européen pour la défense de la démocratie au niveau local peut mieux suivre les menaces et protéger la démocratie locale.

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