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Nouvel Observatoire pour la démocratie

Launch event of the Observatory

Lancement d’un nouvel Observatoire pour protéger la démocratie locale en Europe 


  • Le premier Observatoire européen chargé de surveiller les menaces visant les maires et les conseillers locaux, allant du harcèlement en ligne à l’intimidation et à la désinformation.
  • Une initiative conjointe du CCRE, de la Ville de Bilbao, d’EUDEL, de l’Université Bocconi et du Gouvernement basque pour renforcer la qualité de la démocratie locale et soutenir les élu·e·s.

Bruxelles, le 11 décembre – Une nouvelle étape dans la protection de la démocratie locale a été franchie aujourd’hui avec le lancement de l’Observatoire européen pour la défense de la démocratie au niveau local, présenté au bureau du CCRE à Bruxelles.

L’Observatoire répond à une hausse marquée du harcèlement en ligne, de l’intimidation, de la désinformation et des campagnes de haine organisées visant maires, conseillers municipaux et responsables régionaux à travers l’Europe.

« La démocratie locale est la première ligne de défense de l’Europe », a souligné Gunn Marit Helgesen, Présidente du CCRE. « Lorsque des maires et des conseillers sont menacés, harcelés ou réduits au silence, ce ne sont pas seulement des individus qui sont visés — c’est le tissu démocratique de nos sociétés. Avec cet Observatoire, nous faisons un pas collectif pour protéger celles et ceux qui servent leurs communautés et pour garantir la solidité de notre démocratie. »

Lors de l’ouverture de l’événement, le Commissaire Michael McGrath, en charge de la démocratie, de la justice, de l’État de droit et de la protection des consommateurs au sein de la Commission européenne, a déclaré :
« Je suis ravi de lancer l’Observatoire européen pour la défense de la démocratie au niveau local. La démocratie locale n’est pas un simple concept : elle est la pierre angulaire de la vie politique. Elle façonne des décisions qui touchent directement les citoyens et donne à chacun un rôle concret dans les choix qui influencent leur quotidien. Aujourd’hui, nos démocraties font face à des menaces croissantes, souvent ressenties au niveau local. Ces menaces ne prennent pas toujours la forme d’attaques directes contre les institutions : elles s’immiscent parfois discrètement dans nos communautés, affectant directement les élus et le fonctionnement quotidien de la démocratie locale. C’est pourquoi le travail de l’Observatoire est si important — nous devons tous agir pour protéger et promouvoir les démocraties de demain. »

L’initiative — un partenariat entre le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE), le Conseil municipal de Bilbao, l’Association des municipalités basques (EUDEL), avec l’expertise scientifique de l’Université Bocconi et le soutien du Gouvernement basque — produira des données, analysera des tendances et renforcera les réponses institutionnelles à tous les niveaux.

Le maire de Bilbao, Juan Mari Aburto, a insisté sur l’urgence d’une action coordonnée :
« Bilbao est une ville de valeurs parce que nous avons collectivement choisi de la construire ainsi. En tant que ville fondatrice de cet Observatoire, nous partageons une conviction claire avec l’Europe : la démocratie se protège non seulement par la loi, mais aussi par la culture civique, le respect et l’écoute active. Défendre la démocratie, c’est aussi préserver la coexistence au quotidien dans nos quartiers, où la diversité enrichit nos communautés au lieu de les menacer. »

La Présidente d’EUDEL, Esther Apraiz, a souligné l’apport et l’expérience du Pays basque :
« Au Pays basque comme partout en Europe, la démocratie locale est incarnée par les élu·e·s qui servent leur communauté jour après jour. L’Observatoire doit protéger celles et ceux qui défendent la démocratie et encourager de nouveaux talents à s’engager en politique locale, car lorsque qu’un maire ou un conseiller se retire, c’est la démocratie qui s’affaiblit. Le fait d’accueillir l’Observatoire aussi au Pays basque nous permet de partager notre expérience de gouvernance collaborative à l’échelle internationale. »

Le Secrétaire général pour l’action extérieure du Gouvernement basque, Ander Caballero, a ajouté :
« Au Pays basque, nous travaillons chaque jour à bâtir un territoire fondé sur une démocratie avancée. C’est ainsi que nous renforçons la confiance et la satisfaction des citoyens, et que nous suscitons l’envie de s’impliquer dans la vie politique. C’est aussi une manière de consolider les fondations de notre maison commune face à ceux qui cherchent à affaiblir ou saper la démocratie. Nous disposons d’un outil pour progresser : la gouvernance collaborative. L’Observatoire soutient et promeut cette approche, en encourageant la coopération entre institutions locales — au Pays basque comme dans toute l’Europe. »

Représentant le partenariat scientifique, le recteur de l’Université Bocconi, Francesco Billari, a souligné l’importance de données fondées sur des preuves :
« Lorsque des responsables locaux subissent des intimidations, ce n’est pas seulement leur sécurité qui est en jeu — c’est la confiance et la participation, qui sont au cœur de la vie démocratique. Étudier ces violences avec des méthodes et des données de pointe est essentiel pour préserver ces fondations. »

L’Observatoire suivra les menaces, partagera des solutions, renforcera la solidarité et conseillera les institutions nationales et européennes.

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Atelier sur les actions pour l’égalité de genre

Women - News Section

Formation sur l’égalité de genre au niveau local : du principe à l’action


Le 18 novembre, le CCRE a organisé l’atelier en ligne « Du principe à l’action : formation à l’élaboration de plans d’action pour l’égalité de genre ». L’événement a réuni près de 60 participant·e·s provenant de plus de 10 pays, dont la France, l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, la Macédoine du Nord, la Roumanie, l’Ukraine, la Grèce, la Pologne, le Royaume-Uni et l’Autriche. Des représentant·e·s municipaux, coordinateurs nationaux et expert·e·s ont échangé pour renforcer leurs capacités à concevoir, actualiser et mettre en œuvre des Plans d’Action pour l’Égalité de Genre (GEAP), en cohérence avec la Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale.

À l’approche du 20e anniversaire de la Charte en 2026, la session a offert des orientations pratiques, des outils et des exemples pour soutenir un engagement renouvelé aux niveaux local et régional.

Plans d’action pour l’égalité de genre : outils et méthodologie

L’atelier a débuté par une intervention sur l’importance de l’intégration transversale du genre comme fondement des stratégies locales d’égalité.
Miguel Hernandez Littlewood (DG REGIO) a présenté le cadre stratégique de l’UE, les mécanismes de financement disponibles ainsi que la nouvelle méthodologie de suivi budgétaire sensible au genre.

Aline Burni, chercheuse au sein du think tank ODI Europe, a présenté les résultats du rapport GAP III et partagé des conseils pratiques : analyse des besoins, sécurisation de ressources financières, engagement politique, mise en place de systèmes de suivi axés sur l’impact plutôt que sur l’activité.

L’expérience des signataires de la Charte

Plusieurs signataires ont présenté leurs expériences et défis dans l’élaboration de leurs Plans d’Action.

Nataliya Lazarenko (Association des Villes Ukrainiennes) et Alina Khaletska (Conseil d’Experts sur l’Intégration du Genre de la Ville de Kyiv) ont évoqué leur expérience de la Charte, rappelant que Vinnytsia fut la première signataire ukrainienne en 2017, et soulignant que le contexte de guerre renforce les enjeux liés à l’égalité de genre.

Pascale Douineau, élue en charge de l’égalité femmes-hommes à Quimperlé (France), a partagé son travail sur la visibilité des femmes dans l’espace public, tout en rappelant la réalité et les défis propres aux territoires ruraux.

Toutes ont insisté sur la nécessité d’un engagement politique fort : la signature de la Charte marque une volonté d’agir, tandis que les Plans d’Action constituent les outils indispensables pour traduire cet engagement dans la vie quotidienne.

Outils pratiques, échanges et principales conclusions

Un exercice collectif a permis aux participant·e·s de concevoir un plan d’action à partir des articles de la Charte, notamment l’article 22 sur les violences de genre. Les échanges ont mis en lumière :

  • l’importance d’une approche intégrée ;
  • les besoins en ressources financières dédiées ;
  • la nécessité de fixer des objectifs budgétaires clairs ;
  • la valeur d’outils de suivi efficaces.

Les conclusions principales soulignent que l’évaluation des besoins est essentielle pour définir des priorités adaptées au territoire, et que la mise en œuvre durable requiert des financements adéquats, un leadership engagé et des structures pérennes. Aucun modèle unique ne peut s’appliquer partout : chaque plan doit être conçu selon les réalités locales. Les Plans d’Action constituent donc des instruments clés pour traduire les engagements en actions mesurables et concrètes.

Cap sur le 20e anniversaire de la Charte

À l’approche de 2026, année du 20e anniversaire de la Charte, le CCRE continuera d’accompagner les villes, communes et régions dans le renforcement de leurs stratégies d’égalité de genre. Les participant·e·s sont invité·e·s à s’appuyer sur les outils et enseignements présentés, à les intégrer dans leurs plans locaux et à rester des partenaires actifs de la progression collective en faveur de l’égalité.

Pour plus d’informations, contactez :

Gouvernements locaux et régionaux numériques

Digital transition - News 2022

Comment les municipalités et régions européennes peuvent mener une transformation numérique inclusive, sécurisée et centrée sur les personnes


Les gouvernements locaux et régionaux sont au cœur de la transformation numérique de l’Europe. En tant qu’autorités publiques les plus proches des citoyens, ils assurent des services tels que les soins de santé, l’éducation, les transports, le soutien social ou encore le déploiement du haut débit – autant de domaines désormais fortement influencés par la législation numérique européenne. Leur rôle est essentiel pour garantir que la numérisation reste inclusive, durable et accessible à toutes et à tous. Pourtant, de nombreuses collectivités continuent de faire face à des obstacles majeurs : accès inégal aux infrastructures numériques, ressources financières et humaines limitées, risques croissants en matière de cybersécurité et élargissement des écarts de compétences numériques.

Partout en Europe, les disparités en matière de connectivité et d’accès au numérique touchent de manière disproportionnée les zones rurales et isolées, les ménages à faibles revenus et les groupes vulnérables. Ces inégalités menacent la cohésion territoriale et limitent la capacité des citoyens à participer pleinement à la société numérique. Pour rendre les services publics numériques réellement accessibles, les solutions numériques doivent respecter les principes de conception inclusive et rester complétées par des options en présentiel pour celles et ceux qui ne peuvent pas ou ne souhaitent pas utiliser les canaux numériques.

La cybersécurité est devenue une préoccupation croissante, les autorités locales gérant des données publiques sensibles et des infrastructures critiques, souvent sans expertise ni financement suffisants pour répondre aux exigences européennes – telles que celles prévues dans la directive NIS2. Les petites municipalités, en particulier, manquent de ressources pour mettre en place des mesures de cybersécurité robustes, répondre aux incidents ou se conformer à des cadres réglementaires complexes. Un renforcement de la coopération, une simplification des règles et un soutien financier durable sont indispensables pour accroître la résilience locale.

Le développement des compétences constitue un autre défi majeur. Pour mettre en œuvre les nouvelles politiques numériques de l’UE – notamment en matière d’intelligence artificielle, d’interopérabilité et de gouvernance des données –, les administrations locales ont besoin de personnels formés capables de superviser les systèmes numériques, de maintenir une surveillance humaine et de garantir une utilisation éthique, transparente et équitable des technologies. Parallèlement, renforcer les compétences numériques des citoyens, grâce à l’apprentissage tout au long de la vie et à des initiatives communautaires, permet de renforcer la confiance, l’inclusion et la participation. La coopération entre municipalités et régions favorise également l’innovation et limite la fragmentation, en facilitant l’échange de bonnes pratiques et de solutions communes.

Un appel à un soutien accru de l’UE

Pour garantir une transition numérique équitable, sécurisée et inclusive, le CCRE appelle les institutions européennes à :

  • renforcer les investissements dans les infrastructures numériques, en particulier dans les régions insuffisamment desservies ;
  • fournir un appui technique et financier pour des services publics numériques accessibles ;
  • maintenir l’accès non numérique aux services essentiels pendant la transition ;
  • faciliter les partenariats public-privé pour étendre la connectivité ;
  • offrir des orientations ciblées, des actions de renforcement des capacités et un financement durable afin d’aider les gouvernements locaux et régionaux à renforcer leur cybersécurité et leurs compétences numériques.

L’avenir numérique de l’Europe dépend de l’autonomisation des acteurs les plus proches des citoyens : ses municipalités, ses villes et ses régions !

Lire la prise de position complète ici

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Un mois de plaidoyer pour l’Ukraine

Ukraine advocacy - News

D’Istanbul à Kyiv, Belgrade et Bruxelles, le CCRE a renforcé la coopération avec ses homologues ukrainiens et soutenu la voie du pays vers l’adhésion à l’UE


Octobre a été un mois d’engagement constant pour le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE), mettant en lumière le rôle central des villes et régions dans le soutien à l’Ukraine.

Depuis le début des années 2000, le CCRE travaille en étroite collaboration avec ses associations nationales en Ukraine. Il a également renforcé ces liens par des initiatives telles que Bridges of Trust, SUN4Ukraine, et plus récemment par le lancement d’une Plateforme numérique de mise en relation destinée à connecter les municipalités ukrainiennes et européennes.

Tout au long du mois d’octobre, le CCRE a intensifié ses échanges avec les gouvernements locaux et régionaux ainsi qu’avec les institutions européennes. En partenariat avec d’autres acteurs, l’organisation a cherché à consolider les efforts, amplifier l’impact de son soutien et promouvoir des outils pratiques qui profitent directement aux communautés locales (voir le dernier appel à propositions). Les discussions ont porté notamment sur le chapitre 22 “Politique régionale et coordination des instruments structurels” du processus d’élargissement, sur les partenariats municipaux en temps de guerre, sur le rôle de la politique de cohésion pour réduire les disparités, ainsi que sur l’alignement de la reprise ukrainienne sur les objectifs climatiques et énergétiques grâce à l’action locale.

Avec ses membres et partenaires, le CCRE a co-organisé une série d’événements majeurs, réaffirmant l’importance de la coopération locale et de la résilience en temps de guerre :

Marmara Urban Forum 
  • Session: “Gouvernance locale résiliente en temps de guerre – Réforme, décentralisation et reconstruction en Ukraine.”  
    Les intervenants ont montré comment la décentralisation, le renforcement des compétences locales et la coopération internationale permettent des progrès réels même en temps de guerre. S’appuyant sur les expériences d’Europe du Sud-Est et des partenariats entre villes européennes et ukrainiennes, ils ont illustré comment l’accès à la connaissance, aux outils et aux canaux de plaidoyer aide les dirigeants locaux à influencer les décisions nationales et à contribuer à la reconstruction en tant que partenaires égaux.  
16/10/2025, Brussels – Building Bridges of Trust – COMMUNITY ANNUAL GATHERING © Elio Germani 2025
  • 13 octobre : Rencontre avec la délégation des maires ukrainiens   
    Une délégation de 23 maires ukrainiens a été accueillie au CCRE pour la session d’ouverture. La table ronde a permis à chacun de partager les réalités de sa municipalité et d’explorer des initiatives en matière de partenariats internationaux, de climat et de villes intelligentes, notamment via PLATFORMA, SUN4Ukraine, la communauté Bridges of Trust et la nouvelle plateforme de mise en relation. La visite visait à approfondir leur compréhension des acteurs et processus européens, ainsi qu’à renforcer leurs compétences en plaidoyer.
  • 15 octobre : Session politique — “Le chemin de l’Ukraine vers l’UE : municipalités et partenariats pour la cohésion et la croissance.” 
    La salle était comble au Comité européen des régions, où quatre représentants d’organisations aux missions variées ont montré comment les municipalités ukrainiennes avancent activement dans le processus d’intégration à l’UE, en s’alignant sur les exigences du chapitre 22 tout en renforçant leur coopération avec leurs homologues européens. Les discussions ont souligné que les gouvernements locaux mènent des réformes et influencent les politiques nationales et européennes, démontrant que localiser le processus d’adhésion est essentiel pour impliquer pleinement les municipalités ukrainiennes. 
  • 16 octobre : Rassemblement annuel de la communauté Bridges of Trust.  
    Le European Partnership Hub a réuni plus de trente organisations européennes engagées dans le renforcement de la coopération municipale UE–Ukraine. Les quatre associations nationales de villes ukrainiennes étaient présentes. 
  • 15–16 October – Kyiv (Ukraine): événements SUN4Ukraine
  • Le Dialogue politique multiniveaux a rassemblé des partenaires ukrainiens et européens pour renforcer les processus de gouvernance multiniveaux et aligner la reprise du pays et son adhésion à l’UE sur les objectifs climatiques et énergétiques. Des villes comme Rivne, Chernivtsi, Vinnytsia, Konotop, Kalush, Kyiv et la région de Soumy ont présenté comment elles traduisent les ambitions nationales en actions locales. 
  • Les sessions de renforcement des capacités ont aidé 12 municipalités phares à développer leurs plans de neutralité climatique, consolidant ainsi le rôle des gouvernements locaux dans une reprise durable.
  • Un moment clé a été le lancement du programme de partenariats SUN4Ukraine, connectant 12 villes ukrainiennes à des Villes Mission européennes dans le cadre de l’initiative “100 villes neutres pour le climat et intelligentes”, avec Munich et Oslo comme partenaires-conseils.
  • 23–24 octobre – Belgrade (Serbie): Réunion des Secrétaires généraux et directeurs du CCRE
  • Les discussions ont porté sur les opportunités de partenariats municipaux UE–Ukraine dans le cadre de l’appel à propositions Bridges of Trust. Les associations nationales et partenaires sélectionnés poursuivront la mise en œuvre et l’expansion de ces partenariats.

En novembre, le CCRE poursuivra son plaidoyer lors du Smart City Expo (4–6 novembre) et du Salon des Maires Français (18–20 novembre), avec des sessions consacrées aux partenariats municipaux internationaux et à la Plateforme de mise en relation, qui compte déjà plus de 500 municipalités ukrainiennes inscrites.

Dans le cadre de SUN4Ukraine, les 12 partenariats UE–Ukraine se réuniront à Munich du 17 au 20 novembre pour entamer leur collaboration, incluant la deuxième étape du programme de renforcement des capacités pour avancer dans l’élaboration de leurs plans de neutralité climatique.

Tous les partenaires du projet, y compris le CCRE, continueront de faciliter les échanges constructifs et de soutenir les partenariats afin d’approfondir la coopération, en veillant à ce que la collaboration locale reste au cœur de la reprise et des efforts d’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne.

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Nouvelle task force sur le logement 

ADD ME project

Le CCRE renforce la voix des collectivités locales et régionales dans le programme européen en matière de logement


L’accès au logement est rapidement devenu l’un des défis sociaux et économiques les plus urgents en Europe, le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) a donc lancé un nouveau groupe de travail sur le logement afin de définir la contribution locale et régionale au prochain plan européen pour le logement abordable, mais aussi – au-delà de l’agenda européen -, afin de favoriser les échanges entre les membres du CCRE et de consolider la voix des collectivités territoriales sur la crise du logement. Le nouveau groupe de travail rassemble près de 30 experts en matière de logement provenant de 11 pays européens. 

Quelles solutions européennes aux défis locaux ?

Lors de sa réunion inaugurale le 3 octobre 2025, les participants ont souligné que la crise du logement prend différentes formes à travers l’Europe : de la surchauffe des marchés et des investissements spéculatifs dans les locations à court terme, au dépeuplement et à la mauvaise qualité des logements dans les zones rurales. Malgré ces contextes divers, tous ont convenu que le logement est un droit humain et que les collectivités territoriales doivent disposer des moyens et de l’autonomie nécessaires pour agir.

Les membres ont discuté de la meilleure façon dont l’Union Européenne peut soutenir les efforts locaux et régionaux grâce à des financements plus accessibles, des procédures d’autorisation simplifiées, une subsidiarité renforcée et des règles fiscales plus équitables, sans remplacer ni dupliquer les initiatives nationales et locales existantes. Comme l’a souligné l’un des participants, « nous devons définir ce que l’UE peut apporter aux systèmes nationaux et locaux de soutien au logement et voir où l’expertise locale pourrait mener ». 

Le groupe de travail a également échangé avec Matthew Baldwin, directeur général adjoint à la Direction Générale de l’énergie de la Commission européenne, responsable du groupe de travail de la Commission sur le logement. Il a présenté la vision de la Commission européenne pour le plan européen pour le logement abordable, soulignant que l’accessibilité financière, la durabilité et des conditions de vie décentes sont désormais reconnues comme des priorités fondamentales de l’UE. Il a invité le CCRE et ses membres à contribuer à la consultation publique.

Quelles sont les priorités des collectivités territoriales en matière de logement ?

Dès la première réunion du groupe de travail du CCRE sur le logement, plusieurs messages communs se sont dégagés : 

  • Une approche de gouvernance à plusieurs niveaux, respectant la subsidiarité et la proportionnalité dans toutes les politiques européennes en matière de logement et d’urbanisme;
  • Un financement à long terme, flexible et accessible, adapté aux besoins tant urbains que ruraux;
  • Une réforme des règles fiscales afin de donner aux municipalités plus d’autonomie et de capacité d’investissement;
  • Une simplification des cadres d’autorisation et de planification afin de réduire les délais sans compromettre la responsabilité démocratique;
  • Et une vision holistique reliant le logement à l’efficacité énergétique, à la mobilité et à l’accès aux services publics, garantissant que chaque logement fasse partie d’une communauté durable et inclusive.

Au cours de la discussion qui a suivi, les participants ont souligné que « le problème du logement ne peut être résolu par la seule construction de nouvelles unités. Il doit s’inscrire dans une vision territoriale plus large qui relie les logements abordables à la neutralité climatique, à l’inclusion sociale et à la qualité de vie ». 

Le CCRE s’appuiera sur ces messages pour consolider une vision locale et régionale européenne afin de répondre à la crise du logement. En coordonnant les voix locales et régionales, le CCRE vise à garantir que la réponse de l’Europe à la crise du logement reconnaisse pleinement le rôle essentiel des collectivités territoriales : celles qui planifient, construisent et prennent soin de leurs habitants. 

L’impact de la dé/mésinformation

Local truth study 2025

Renforcer les villes face à la désinformation : développer les capacités, la coordination et la confiance


Selon la dernière étude du CCRE, près de la moitié des collectivités locales et régionales (CLR) déclarent subir un impact modéré à significatif de la désinformation, notamment dans les domaines de la santé publique, des attaques personnelles contre les élus et de l’ingérence électorale. Pendant la pandémie, par exemple, les fausses informations sur les vaccins et les mesures sanitaires ont gravement ébranlé la confiance du public.

L’impact humain est également préoccupant : un élu local sur quatre a été victime d’intimidations ou d’abus en ligne, et plus d’un sur deux a fait l’objet de fausses accusations portant sur son intégrité ou sa conduite. Ces menaces ne sont pas abstraites — elles fragilisent la sécurité individuelle et minent la confiance démocratique.

Les résultats de l’étude montrent que les vagues de désinformation atteignent leur pic en période de crise, comme durant la COVID-19, les débats sur les zones à faibles émissions ou sur les questions de logement et de migration. Dans ces moments de forte tension, les collectivités se retrouvent souvent en première ligne, mais manquent encore de moyens pour réagir efficacement. 58 % des municipalités n’ont pas de stratégie formelle pour contrer la désinformation, et seulement un quart en développent une. La majorité agit de manière réactive : 58 % surveillent les réseaux sociaux, environ un tiers mènent des campagnes de sensibilisation, et une minorité collabore avec des vérificateurs de faits (4 %) ou engage des actions juridiques (21 %). Ces approches, bien que nécessaires, demeurent insuffisantes sans planification proactive.

Le CCRE identifie trois axes prioritaires pour renforcer la résilience locale :

  1. Renforcer les capacités locales et la confiance. Former le personnel, protéger les élus ciblés, et recourir à des outils de démocratie participative comme les assemblées citoyennes peuvent rendre les communautés moins vulnérables aux fausses informations.
  2. Améliorer la coordination et les outils. Des systèmes de veille partagés, des partenariats et des plateformes nationales ou européennes d’échange de connaissances peuvent permettre aux municipalités d’agir plus rapidement et d’éviter les doublons.
  3. Créer un cadre favorable. Le soutien des niveaux national et européen — via des instruments tels que le Digital Services Act, le règlement sur l’intelligence artificielle (AI Act) ou les lois nationales de lutte contre la désinformation — doit offrir des ressources, une sécurité juridique et des lignes directrices claires.

En définitive, si la désinformation est un défi mondial, ses effets se font sentir avant tout au niveau local. Donner aux collectivités locales les moyens, la coordination et les cadres nécessaires est essentiel pour protéger les citoyens, défendre la démocratie et restaurer la confiance publique.

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Session sur l’adhésion de l’Ukraine vers l’UE

Bridges of Trust - event 2025

Transformer l’aide d’urgence en une coopération équitable entre les villes et régions de l’UE et d’Ukraine


En pleine guerre, les collectivités locales ukrainiennes se sont imposées comme des acteurs essentiels, à la fois pour résoudre les problèmes quotidiens et pour faire progresser l’intégration européenne. Lors de la Semaine européenne des régions et des villes à Bruxelles, le 15 octobre, une discussion menée par le CCRE dans le cadre du programme Bridges of Trust (BoT) a réuni des responsables locaux, des experts en politiques publiques et des représentants de la société civile afin d’examiner comment les partenariats municipaux peuvent ancrer l’élargissement et renforcer la cohésion européenne.

Le message clé : un progrès durable passe par la transition d’une solidarité d’urgence vers une coopération structurée, donnant aux municipalités les moyens de mener des réformes, d’attirer des investissements et de réduire les écarts régionaux.

Pourquoi les collectivités locales sont essentielles

Les municipalités ukrainiennes ont maintenu les services essentiels, coordonné l’aide et poursuivi des réformes malgré des conditions extrêmes. Grâce à BoT et au European Partnership Hub, elles développent des partenariats avec des homologues européens dans les domaines de l’éducation, de la culture, du développement économique et de la reconstruction. Comme l’a souligné Durmish Guri, directeur des projets et programmes du CCRE, la réussite repose désormais sur la capacité à passer « de la solidarité d’urgence à une collaboration mutuellement bénéfique ».

Des jumelages pour renforcer l’impact

Pour transformer les politiques en actions concrètes, BoT a lancé une plateforme de mise en relation permettant à chaque municipalité ukrainienne de collaborer avec une ville ou une région européenne. Cette plateforme vise à réduire la fragmentation, à faire correspondre besoins et ressources, et à accélérer la coopération transfrontalière.

Des réformes à la mise en œuvre

Dmytro Lyvch, d’Easy Business, a rappelé le double défi auquel fait face l’Ukraine : poursuivre les réformes structurelles tout en finançant la reconstruction. Les progrès réels se réalisent au niveau local, à travers les municipalités, la société civile et les agences de développement. Si l’Ukraine s’est adaptée aux exigences du chapitre 22 de l’acquis communautaire, des lacunes subsistent, notamment en matière de cohésion horizontale et verticale ainsi que dans les cadres institutionnels et financiers. Avec des disparités régionales plus fortes que dans plusieurs pays d’Europe centrale et orientale, des interventions ciblées sont nécessaires pour renforcer la résilience et la compétitivité.

Enseignements européens

Ambre Maucorps, de l’Institut viennois d’études économiques internationales, a partagé des enseignements issus de la Lituanie et de la Macédoine du Nord. La Lituanie a utilisé la politique de cohésion pour réduire les disparités en s’appuyant sur une gouvernance claire et une forte implication des parties prenantes. La Macédoine du Nord, après des fusions municipales similaires à celles de l’Ukraine, a bénéficié des fonds de préadhésion mais fait encore face à des difficultés d’absorption. Conclusion : coordination et flexibilité sont essentielles à l’efficacité de la politique de cohésion.

Renforcer les capacités et élargir les partenariats

Iryna Mykulych, de l’ONG Agency for Recovery and Development, a souligné que la coopération durable commence souvent par des échanges « souples » — culturels et éducatifs — qui construisent la confiance, avant d’évoluer vers des projets de reconstruction « concrets ». Le passage des partenariats municipaux à des coopérations impliquant les entreprises et le monde académique ouvre la voie à de nouveaux investissements, au partage de savoir-faire et à des résultats durables.

En conclusion

Le message final de l’événement est sans équivoque : la coopération municipale internationale est l’un des moyens les plus efficaces et durables pour territorialiser le processus d’adhésion à l’UE.

Comme l’a résumé Durmish Guri : « La coopération municipale internationale est la forme de collaboration la plus efficace, durable et efficiente. » Les gouvernements locaux, a-t-il ajouté, jouent un rôle crucial non seulement dans la mise en œuvre des réformes, mais aussi dans l’élaboration des politiques nationales et européennes, soulignant ainsi l’importance de « localiser l’adhésion » pour que les municipalités ukrainiennes soient pleinement associées au processus d’intégration européenne.

Donner aux gouvernements locaux les moyens de mener des réformes et de façonner les politiques, en partenariat avec leurs homologues européens, transforme l’Ukraine d’un simple bénéficiaire de solidarité en co-créateur de la cohésion et de la croissance européennes. C’est toute la promesse de l’approche communautaire de Bridges of Trust.

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Politiques migratoires de l’Europe

Le CCRE rencontre les villes du Bade-Wurtemberg


Le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) a rencontré cette semaine le groupe de travail des coordinateurs européens de l’Association des villes du Bade-Wurtemberg afin d’échanger sur l’évolution du contexte européen et national en matière de migration et d’intégration. Cette rencontre intervient alors que les États membres de l’UE commencent à mettre en œuvre des éléments clés du Pacte sur la migration et l’asile, soulevant des questions sur la manière dont les gouvernements locaux et régionaux (GLR) seront associés à la définition du cadre européen de gouvernance migratoire.

Cette discussion s’inscrit dans la continuité du travail du CCRE sur les politiques migratoires et d’intégration, dans le cadre d’un engagement constant à soutenir les GLR autour de priorités clés : le Pacte européen sur la migration et l’asile, la directive sur la protection temporaire (DPT), le prochain cadre financier pluriannuel (CFP), le logement et l’inclusion sur le marché du travail.

Lors de la réunion, Annelies Coessens, chargée de mission au CCRE pour l’égalité, la diversité et la migration, a présenté les principaux défis qui façonnent actuellement la politique migratoire de l’UE. Bien que la migration demeure une priorité politique centrale — comme l’a réaffirmé la Présidente Ursula von der Leyen dans son discours sur l’état de l’Union 2025 — la mise en œuvre du Pacte sur la migration et l’asile manque encore de participation des GLR. Ce manque de coordination, conjugué à des récits nationaux axés sur la sécurité, freine le développement d’approches durables et communautaires en matière de migration.

Les participants ont partagé des perspectives issues de la réalité locale au Bade-Wurtemberg, notamment les défis rencontrés dans l’intégration des réfugiés ukrainiens — comme les barrières linguistiques, la pénurie de places en crèche et l’accès limité à l’emploi. Ces difficultés touchent particulièrement les femmes, notamment les mères célibataires, dont l’accès restreint à la garde d’enfants et aux opportunités professionnelles retarde significativement l’intégration et l’autonomie économique. Ces exemples illustrent le décalage entre les politiques européennes et la réalité locale, ainsi que la nécessité de renforcer les mécanismes de soutien pour les municipalités qui travaillent directement avec les nouveaux arrivants.

En regardant vers l’avenir, la discussion s’est tournée vers les prochaines négociations du budget de l’UE (2028–2034), où les fonds liés à la migration — notamment le FAMI et le FSE+ — devraient être intégrés dans les Plans nationaux et régionaux de partenariat (PNRP). Le CCRE a souligné que les GLR doivent être pleinement impliqués dans l’élaboration de ces plans afin de garantir que les ressources européennes répondent aux besoins réels sur le terrain.

Le CCRE a également présenté plusieurs initiatives en cours soutenant l’action locale, notamment le projet Bridges of Trust, qui relie les municipalités européennes et ukrainiennes, ainsi que de nouveaux jumelages favorisant les échanges de bonnes pratiques sur la migration et l’intégration. Le nouveau groupe de travail du CCRE sur le logement a également été présenté comme un espace clé de collaboration.

Cette rencontre a mis en lumière l’engagement commun du CCRE et de ses membres à faire en sorte que la politique migratoire fonctionne avec et pour les collectivités locales, afin que ceux qui sont au plus près des citoyens soient pleinement associés à la construction de la réponse européenne.

Appel à candidatures – Jumelage

EPSU CEMR - News

Appel à candidatures : consultance en recherche et analyse de données


Le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) recherche un·e consultant·e pour accompagner la migration des données du site actuel du jumelage vers la nouvelle Plateforme de Partenariats.

Le ou la consultant·e sera chargé·e de vérifier, nettoyer et harmoniser les données de près de 2 500 villes, afin d’en garantir l’exactitude et la conformité avec les Objectifs de développement durable (ODD). La mission se déroulera sur une période d’environ deux mois à la fin de l’année 2025, pour un budget maximal de 13 000 EUR.

Les candidatures doivent être envoyées au plus tard le 22 octobre 2025 à 12h00 (midi) à application@ccre-cemr.org, en indiquant « Data Analyst Expert » dans l’objet du courriel. Les questions peuvent être adressées à twinning@ccre-cemr.org jusqu’au 20 octobre 2025.

Plus d’informations : Jumelage | Plateforme de Partenariats

Pour plus d’informations, consultez les Termes de Référence ici.

La migration et l’inclusion au niveau local

Inclusion and Migration Event 2025

Réponses locales à la migration et à l’inclusion : défis et opportunités pour les gouvernements locaux et régionaux


Des représentants des associations nationales de gouvernements locaux et régionaux membres du CCRE, aux côtés d’experts de l’UE et d’organisations de la société civile, se sont réunis le 17 septembre pour discuter de la manière dont la politique migratoire se traduit là où cela compte le plus : dans les municipalités et les régions d’Europe. L’événement, intitulé « Réponses locales à la migration et à l’inclusion : défis et opportunités pour les gouvernements locaux et régionaux », a mis en lumière l’écart entre la conception des politiques européennes et les réalités de leur mise en œuvre locale et régionale.

Les gouvernements locaux en première ligne

Les gouvernements locaux et régionaux (GLR) sont en première ligne face à la migration. Ils fournissent un abri, de l’éducation, des soins de santé et des parcours vers l’emploi, souvent sous pression et avec des ressources limitées. Pourtant, les participants ont souligné que les GLR restent largement absents de la conception du Pacte européen sur la migration et l’asile.

« Les décisions politiques se prennent à Bruxelles ou dans les capitales nationales, mais ce sont les municipalités qui affrontent la réalité sur le terrain », a déclaré Emmanouil Dardoufas, du Comité européen des régions (CdR). « Les dirigeants locaux doivent avoir leur mot à dire dans l’élaboration des politiques migratoires, pas seulement dans leur mise en œuvre. »

Inclusion : la pièce manquante

Les intervenants ont insisté sur le fait que, si le Pacte traite de la gestion des frontières et des procédures, il est beaucoup plus faible sur l’intégration et l’inclusion, précisément les domaines où les municipalités portent la responsabilité la plus lourde. « L’intégration ne s’arrête pas à six mois ou neuf », a rappelé Annalisa Buscaini, du European Policy Centre, en référence aux délais d’accès au marché du travail et au soutien nécessaire pour une inclusion effective. Elle a également mis en garde contre la centralisation des fonds européens au niveau national, qui risque d’écarter les municipalités, en particulier les plus petites.

La dimension de genre : négligée et urgente

Le manque de sensibilité au genre dans la politique migratoire européenne a suscité une vive inquiétude. « Le mot femmes apparaît moins de dix fois dans le Pacte, ce qui implique que les besoins et les défis spécifiques des femmes et des filles migrantes risquent d’être négligés », a noté Frohar Poya, du Réseau européen des femmes migrantes. Elle a décrit des conditions d’accueil dangereuses où la surpopulation, le manque d’intimité et l’insuffisance des garanties exposent les femmes et les filles à la violence et à l’exploitation. Sans approche sensible au genre, a-t-elle averti, l’UE risque de perpétuer des situations de vulnérabilité.

Logement et emploi : des défis locaux pressants

Les pénuries de logements et l’accès au marché du travail figurent parmi les plus grands défis pour les municipalités. En Allemagne et aux Pays-Bas, les participants ont signalé que la rareté du logement alimente des discours hostiles, présentant les migrants comme « prenant la place » des habitants. Les parcours vers l’emploi sont également bloqués par de longues périodes d’attente, une bureaucratie lourde et la non-reconnaissance des qualifications étrangères.

« De nombreux migrants sont prêts à travailler, mais des obstacles juridiques et administratifs les en empêchent. Les gouvernements locaux pourraient jouer un rôle plus important en tant que facilitateurs et employeurs », a soutenu Josephine Liebl, du Conseil européen pour les réfugiés et exilés (ECRE).

Exemples pratiques à travers l’Europe

Les participants ont partagé des exemples de réponses municipales malgré ces pressions :

  • Îles Canaries : soutien individualisé pour les mineurs, avec plans éducatifs et sanitaires, évaluation socio-émotionnelle et acquisition de compétences de vie.
  • Athènes : un centre municipal de coordination qui offre des services adaptés aux besoins des mineurs et favorise l’échange de savoir-faire entre autorités locales.
  • Łódź : intégration scolaire des enfants ukrainiens grâce à des enseignants natifs, des activités culturelles et des cours supplémentaires de polonais.
  • Bouches-du-Rhône : participation des mineurs à l’élaboration de leurs plans de soutien, retours sur les services, et prolongement de l’accompagnement jusqu’au début de l’âge adulte pour améliorer les perspectives d’emploi.

Bien que les contextes diffèrent, ces exemples illustrent la créativité des acteurs locaux. Les participants ont cependant souligné qu’il n’existe pas de solution unique, et que les cadres nationaux et européens doivent permettre une flexibilité locale.

Un appel à une gouvernance multiniveaux renforcée

Le débat a convergé sur trois priorités centrales, traduites en demandes concrètes :

  • Financement de l’intégration : créer des micro-subventions directes aux municipalités et des enveloppes flexibles accessibles aux petites villes ; exiger des clauses de partenariat dans les règles nationales d’allocation.
  • Capacité en logement : explorer des financements ciblés de l’UE et des assouplissements en matière d’aides d’État pour le logement abordable fondés sur des évaluations locales des besoins ; encourager des cadres nationaux permettant le co-investissement municipal.
  • Parcours vers l’emploi : tester un accès plus précoce au marché du travail là où c’est possible ; accélérer la reconnaissance des qualifications étrangères dans les secteurs en tension ; simplifier le recrutement local des migrants par les GLR en tant qu’employeurs.

Les participants ont reconnu la nécessité pour les autorités nationales de garantir des règles cohérentes et une supervision. Le défi, ont-ils souligné, est de concilier cela avec la flexibilité dont les acteurs locaux ont besoin.

Comme l’a conclu Merel Bentsink, présidente du groupe d’experts du CCRE sur la migration et l’inclusion (VNG) :

« Les villes et régions d’Europe sont prêtes à faire leur part. Mais si nous voulons que les politiques de migration et d’inclusion fonctionnent, les voix locales doivent être entendues et soutenues. »

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