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Quand les élus locaux sont pris pour cible

European Observatory for the Defence of Democracy at the Local Level

Pourquoi la protection des élus locaux est essentielle pour préserver la confiance, la stabilité et la résilience démocratique à travers l’Europe


Partout en Europe, les élus locaux sont confrontés à une pression croissante, au harcèlement et à la désinformation, à un moment où les communautés ont plus que jamais besoin d’un leadership de confiance. Dans un nouvel article publié dans Burgemeester (pages 158, 159 et 160), le magazine de l’Association néerlandaise des maires, consacré à la gouvernance locale, à la résilience démocratique et au leadership public. Dans cet article, le CCRE présente le travail de l’Observatoire pour la défense de la démocratie locale au niveau local (ODELL), une initiative européenne créée pour surveiller les menaces pesant sur la démocratie locale, soutenir les maires et les conseillers municipaux, et renforcer la confiance du public grâce à une communication plus claire, un plaidoyer fondé sur des données factuelles et des outils pratiques destinés aux municipalités.

Webinaire « Défendre ensemble la démocratie locale »

Le 21 mai 2026, de 14 h à 15 h 15, le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) et les partenaires de l’Observatoire pour la défense de la démocratie locale en Europe organiseront un webinaire en ligne consacré aux menaces croissantes auxquelles sont confrontés les élus locaux et régionaux à travers l’Europe.

La discussion réunira des dirigeants locaux, des experts et des partenaires européens afin d’examiner les défis croissants auxquels la démocratie est confrontée au niveau local, du harcèlement et de l’intimidation à la désinformation et à la perte de confiance du public, tout en partageant des solutions pratiques et des expériences venues de toute l’Europe.

Inscrivez-vous et apprenez-en davantage ici : Webinaire « Défendre ensemble la démocratie locale »

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Webinaire : Défendre ensemble la démocratie locale

ODELL - Democracy news

L’Observatoire européen pour la défense de la démocratie au niveau local présente ses premières conclusions sur les menaces qui pèsent sur les représentants élus locaux.


Le 21 mai 2026, de 14 h à 15 h 15, le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) et ses partenaires de l’Observatoire pour la défense de la démocratie locale en Europe organiseront un webinaire en ligne consacré aux menaces croissantes qui pèsent sur les élus locaux et régionaux à travers l’Europe.

Lancé en décembre 2025 par le CCRE, la municipalité de Bilbao et l’Association des municipalités basques (EUDEL), en partenariat avec l’Université Bocconi et avec le soutien du gouvernement basque, l’Observatoire vise à surveiller, analyser et répondre aux pressions croissantes qui affectent la démocratie locale à travers l’Europe.

Ce webinaire présentera les conclusions préliminaires du prochain rapport européen de l’Observatoire, qui analysera les schémas d’intimidation, de harcèlement, de violence et d’attaques visant les élus locaux et régionaux. Ce débat intervient alors que les institutions démocratiques en Europe sont confrontées à une polarisation croissante, à la désinformation et à une baisse de la confiance envers les pouvoirs publics.

Les élus locaux sont souvent en première ligne face à ces défis. En tant qu’échelon de gouvernement le plus proche des citoyens, les municipalités et les régions jouent un rôle crucial dans la préservation de la participation démocratique, de la cohésion sociale et de la confiance du public.

« Les menaces qui pèsent sur la politique locale affectent l’intégrité, la manière dont nous nous exprimons et peuvent réduire les citoyens au silence. Elles peuvent effrayer les élus, voire les pousser à quitter la vie publique », a déclaré Eider Inuntziaga, conseiller municipal de Bilbao et porte-parole du CEMR pour la démocratie locale.

Cet événement réunira des élus locaux, des chercheurs, des organisations internationales et des institutions européennes afin de discuter des moyens de renforcer la résilience démocratique au niveau local et de mieux protéger les personnes exerçant des fonctions publiques.

Parmi les intervenants figurent Filiz Ceritoğlu Sengel, qui ouvrira le webinaire, ainsi que des universitaires et des experts travaillant sur la gouvernance démocratique et la violence politique. Des représentants de la Commission européenne et du Congrès du Conseil de l’Europe participeront également aux débats.

Ce webinaire examinera également les menaces qui surviennent lors des processus électoraux et explorera les réponses politiques possibles face à la violence et à l’intimidation visant les élus locaux.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Journée de l’Europe et 75 ans du CCRE

EU day 2026 - news

Journée de l’Europe : Le CCRE célèbre ses 75 ans avec un vote de mèmes à l’échelle européenne


Aujourd’hui, nous célébrons la Journée de l’Europe ainsi que l’anniversaire du CCRE, 75 ans de représentation et de soutien aux gouvernements locaux et régionaux à travers l’Europe.

Célébrée chaque année le 9 mai, la Journée de l’Europe commémore la Déclaration Schuman, qui a jeté les bases de la paix, de la coopération et des valeurs partagées en Europe. Depuis 75 ans, le CCRE accompagne les villes, les communes et les régions à travers l’évolution de l’Europe, renforçant la démocratie locale et la cohésion au cœur du projet européen.

Pour marquer cette double célébration, le CCRE invite une fois de plus les citoyens à participer à une initiative ludique et interactive pour la Journée de l’Europe.

Après le jeu de carte interactif de l’année dernière mettant en lumière les projets financés par l’UE, nous lançons cette année un vote de mèmes pour célébrer l’anniversaire du CCRE.

👉 Découvrez le jeu et votez pour votre mème préféré :

Les participants peuvent voter en sélectionnant leur mème préféré directement sur les réseaux sociaux.

🏆 Le mème gagnant sera annoncé le lundi 18 mai.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts continus du CCRE pour célébrer la Journée de l’Europe de manière créative et accessible, et d’autres surprises sont déjà prévues pour les éditions futures.

Bonne fête de l’Europe ! 🇪🇺✨

Rencontrez Emil Boc (Cluj-Napoca) 

Cluj Napoca - Local Heroes 2026

À la rencontre du héros local : Emil Boc. De la direction nationale à la transformation locale — et un appel à placer les villes au cœur de l’avenir de l’Europe 


Pour Emil Boc, le leadership ne s’est jamais limité à un seul niveau de gouvernance. Ancien Premier ministre de la Roumanie jusqu’en 2012, devenu depuis maire de longue date de Cluj-Napoca, son parcours reflète une continuité rare entre vision nationale et mise en œuvre locale.

Aujourd’hui, alors que l’Europe débat de son prochain budget, le message de Boc est clair : sans les villes et les régions à la table des négociations, le projet européen risque de perdre à la fois en efficacité et en légitimité.

Du Premier ministre au maire : pourquoi la vision passe avant tout 

Les années de Boc en tant que Premier ministre ont profondément façonné son approche de la gouvernance locale.

« La première leçon », explique-t-il, « est qu’aucun pays — et aucune ville — ne peut se développer sans une vision claire, suivie d’une stratégie et d’un plan concret. »

De retour à Cluj-Napoca après son passage au niveau national, il a appliqué cette logique avec précision. La ville a identifié son avantage compétitif — les universités, l’éducation et l’innovation — et a construit un modèle de développement fondé sur une économie de la connaissance.

Mais au-delà de la stratégie économique, Boc insiste : le leadership ne se limite pas à l’administration :

« Un leader n’est pas là seulement pour maintenir les services ou nettoyer les rues. Il faut une vision à long terme et la discipline de s’y tenir. »

Transformer Cluj-Napoca en ville pro-européenne

Au cours des deux dernières décennies, Boc a supervisé une transformation profonde.

Autrefois considérée comme l’une des villes les plus eurosceptiques de Roumanie, Cluj-Napoca — une ville d’environ 300 000 habitants située dans le nord-ouest du pays, avec une économie dynamique fondée sur les universités et l’innovation — est aujourd’hui, selon ses mots, « la ville la plus pro-européenne du pays ».

Ce changement ne s’est pas fait du jour au lendemain. Il s’est construit « jour après jour », en intégrant ce que Boc appelle un mode de vie européen : ouverture, tolérance et coopération — combinés à une utilisation stratégique des fonds de l’UE.

Les résultats sont visibles partout : infrastructures, écoles, transports publics et rénovation urbaine. Pour Boc, il ne s’agit pas de politiques abstraites, mais de preuves concrètes de ce que l’Europe apporte.

« Si quelqu’un me demande pourquoi l’Europe est importante », dit-il, « je n’ai qu’à sortir dehors. Les écoles, les routes, les parcs — ils existent grâce aux financements européens. »

Au cœur de cette transformation se trouve une idée simple : la liberté de rester

« Les gens ne devraient pas être contraints de quitter leur ville ou leur pays pour des raisons économiques. L’Europe doit garantir non seulement la liberté de circulation, mais aussi la liberté de construire une vie chez soi. »

Ce message résonne particulièrement en Roumanie, un pays qui a connu l’une des plus grandes vagues d’émigration au sein de l’Union européenne. Depuis le début des années 2000, des millions de Roumains — dont beaucoup de jeunes, éduqués et mobiles — sont partis étudier et travailler à l’étranger, à la recherche de meilleures opportunités économiques et conditions de vie. Si cette mobilité reflète l’une des libertés fondamentales de l’UE, elle a aussi créé de profonds déséquilibres territoriaux, certaines villes et régions perdant des talents à un moment crucial de leur développement.

Les enjeux du prochain budget de l’UE

Alors que les négociations s’intensifient sur le prochain cadre financier pluriannuel, Boc avertit que le rôle des villes et des régions est loin d’être garanti.

Son inquiétude n’est pas rhétorique — elle est structurelle.

D’abord, il estime que les gouvernements locaux doivent passer d’un rôle consultatif à un véritable pouvoir décisionnel :

« Nous voulons être à la table, pas au menu. »

Une question clé concerne la manière dont la Commission européenne prévoit d’introduire les « contrôles régionaux ». Sans valeur juridique, Boc craint qu’ils ne deviennent un simple exercice administratif plutôt qu’un véritable partenariat.

Sa proposition est claire : une clause de subsidiarité contraignante, garantissant l’implication des municipalités et des régions à chaque étape — de la conception à la mise en œuvre et à l’évaluation — avec la possibilité de rejeter des plans nationaux qui les ignorent.

Ensuite, il s’oppose aux propositions visant à fusionner les fonds de la politique de cohésion avec d’autres priorités, notamment l’agriculture.

« Ce sont deux piliers de l’Union européenne. S’ils sont mis dans le même panier, les villes et les régions risquent d’y perdre. »

Troisièmement, Boc insiste pour que la politique de cohésion reste universelle. Limiter l’accès uniquement aux régions moins développées affaiblirait la capacité de l’Europe à réduire les inégalités sur l’ensemble du territoire.

« La cohésion est la colle qui maintient l’Europe unie — et cette colle est nécessaire partout. »

Enfin, il appelle à inclure des chapitres régionaux dédiés dans les plans nationaux, afin de garantir que les perspectives locales ne soient pas marginalisées.

Du climat à la défense : investir dans les villes, c’est investir dans l’Europe 

Pour Boc, le débat sur le budget de l’UE est avant tout une question de crédibilité.

« L’Europe a la vision. Elle doit maintenant avoir les moyens de la concrétiser. »

Il cite la politique climatique comme exemple concret. Les villes sont appelées à jouer un rôle moteur dans la transition — notamment à travers des initiatives de neutralité climatique — mais sans financements suffisants, ces ambitions risquent de rester théoriques.

Dans le même temps, il souligne l’interconnexion croissante entre les politiques publiques. Les investissements dans les infrastructures urbaines, comme les systèmes de métro, remplissent plusieurs fonctions : durabilité, mobilité et même résilience en temps de crise.

« Regardez comment les métros sont utilisés en situation d’urgence », note-t-il. « Ce n’est pas seulement une politique climatique — c’est aussi une question de sécurité et de préparation. »” 

Une Europe construite avec ses villes

L’argument de Boc est autant politique que financier.

L’Union européenne, affirme-t-il, ne peut pas être réduite à des négociations entre capitales.

« Ce n’est pas seulement une union d’États. C’est une union de municipalités, de régions et de villes. »

Les exclure de la prise de décision affaiblirait non seulement les politiques publiques, mais éroderait également la diversité et la cohésion qui définissent l’Europe elle-même.

Alors que l’UE se projette vers 2034 et au-delà, le message de Boc est à la fois un avertissement et une feuille de route :

Sans des gouvernements locaux forts, il n’y a pas d’Europe forte.

Découvrez notre campagne pour le budget de l’UE et ce que nous avons réalisé jusqu’à présent :

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Rapport TERRI – Date limite : 4 mai 

Housing policy paper - News 2026

Le CCRE recueille des données et des éléments d’information sur l’évolution des compétences et des responsabilités des collectivités locales et régionales dans le cadre de l’étude TERRI


Le CCRE prépare la prochaine édition de son étude phare sur les structures et les compétences, qui examine comment les collectivités locales et régionales sont organisées à travers l’Europe et comment leurs responsabilités évoluent au fil du temps. L’étude, dont la publication est prévue à l’automne 2026, explorera les réformes récentes touchant les communes et les régions, et évaluera leur impact sur l’efficacité de la prestation des services publics.

La politique du logement, une priorité croissante pour les membres du CCRE, sera au cœur de cette nouvelle édition. L’étude examinera le logement en tant que compétence clé des collectivités locales et régionales, en mettant particulièrement l’accent sur la manière dont elles équilibrent l’offre et la demande de logements, et sur la façon dont les dispositifs de gouvernance influencent la mise en œuvre des politiques sur le terrain.

Les membres du CCRE sont invités à contribuer à l’enquête, dont les réponses doivent être envoyées avant le 4 mai, afin d’étayer l’analyse sur laquelle repose l’étude.

Pour plus d’information, veuillez contacter :

Profil du pays – Belgique n° 4

Brussels city image

Profil de pays sur la coopération décentralisée au développement : le cas de la Belgique


Les profils de pays offrent un aperçu des modèles nationaux de cadres de coopération au développement (décentralisés) dans certains États membres de l’UE. L’objectif est d’éclairer les mécanismes et modalités spécifiques des cadres nationaux analysés et d’identifier les facteurs favorables ainsi que les difficultés liées à leur mise en œuvre pratique, en mettant l’accent sur le rôle et les opportunités pour les collectivités locales et régionales et leurs associations.
Based on the study, the Belgian framework for Decentralised Development Cooperation (DDC) is characterised by:

1) Les associations municipales sont au cœur du DDC en Belgique. Brulocalis, l’Association des villes et communes flamandes (VVSG) et l’Union des villes et communes de Wallonie (UVCW) jouent un rôle d’intermédiaires clés dans la coordination des programmes financés et constituent la principale source de soutien et de conseils pour les municipalités.

2) Privilégier la coopération à long terme avec des partenaires sélectionnés. Des partenariats durables contribuent à garantir l’efficacité et la valeur ajoutée de la coopération. La priorité est accordée aux pays les moins avancés et aux contextes fragiles.

3) Sensibilisation des citoyens belges à la solidarité internationale. Les acteurs belges, en partenariat avec des ONG, contribuent activement à informer les citoyens sur les questions liées à la coopération au développement par le biais d’activités de sensibilisation et d’éducation en Belgique.

Cet article fait partie d’une série de sept profils de pays analysant les cadres de coopération en matière de développement durable (CCDD) en Europe. Le cinquième volet, consacré à la France, paraîtra en juillet. Restez connectés !

Consultez le profil pays de la Belgique, disponible en quatre langues :

Vous trouverez le reste des publications de Mindcraft ici.

Le CCRE encourage les autorités belges à renforcer le rôle des gouvernements locaux et régionaux dans la politique de développement, non seulement en tant qu’acteurs de la mise en œuvre, mais aussi en tant que partenaires stratégiques contribuant à façonner un programme de développement plus résilient, inclusif et efficace.

Cette publication est produite dans le cadre du projet « Bridging and Mapping Knowledge Gaps in Decentralised Cooperation » (Mindcraft), financé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et soutenu par la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ).

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Call Simone épisode sur « Le budget de l’UE »

Qui décide de l’avenir de l’Europe ? La bataille autour du prochain budget de l’UE


Qui décide de l’avenir de l’Europe : les États membres, les institutions de l’UE ou les villes et les régions qui mettent en œuvre les politiques sur le terrain ?

Telle est la question au cœur des négociations sur le prochain budget à long terme de l’Union européenne (2028-2034), et le point de départ du dernier épisode de Call Simone avec Jan Olbrycht, ancien député européen et l’une des figures les plus expérimentées des négociations budgétaires de l’UE

Ce qui peut apparaître comme une discussion technique sur des chiffres et des lignes de financement est, en réalité, une lutte politique autour du pouvoir, des priorités et de la gouvernance. Et cela intervient à un moment où l’Europe doit définir ce qu’elle veut devenir : un acteur politique plus centralisé, ou une union qui reste fondamentalement différente des États-Unis – plus négociée, plus décentralisée et, en fin de compte, dépendante du consensus.

Un budget sous pression

Comme l’explique Olbrycht, le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) est façonné par un contexte exceptionnellement lourd : la guerre aux frontières de l’Europe, une concurrence mondiale croissante, le remboursement de la dette contractée pendant la pandémie et la perspective d’un élargissement.

La Commission européenne a proposé un budget nettement plus important — pouvant avoisiner les 2 000 milliards d’euros. Mais cette ambition dépend de nouvelles sources de recettes. Sans elles, l’UE risque de financer de nouvelles priorités en réduisant les dépenses existantes, transformant ainsi la négociation en un jeu à somme nulle.

Une évolution dans la manière dont l’Europe dépense et gouverne

L’un des points centraux soulevés dans la discussion est que le changement le plus controversé ne réside pas dans la taille du budget, mais dans sa structure.

Plutôt que d’organiser les dépenses autour de politiques établies comme la cohésion et l’agriculture, la proposition introduit des catégories plus larges et des plans nationaux qui regroupent différents flux de financement. Selon la Commission, cela vise à simplifier le système et à le rendre plus flexible en temps de crise

Dans la pratique, cependant, cela redistribue le pouvoir.

Cela renforce le rôle des gouvernements nationaux tout en permettant à la Commission d’imposer des priorités obligatoires — telles que des dépenses minimales en matière de climat ou le soutien aux régions moins développées. Comme le souligne Fiorella Lavorgna, animatrice du podcast, dans la conversation, cela crée un système hybride qui soulève une question clé : s’agit-il d’une simplification ou d’une nouvelle forme de centralisation ?

La véritable ligne de fracture : qui a son mot à dire

Cela nous amène à l’une des lignes de fracture politiques les plus évidentes abordées dans l’épisode : la gouvernance.

Les villes et les régions seront-elles co-auteurs de ces plans nationaux, ou simplement consultées ?

Pour des organisations comme le CCRE — dont Jan Olbrycht a également été l’un des vice-présidents entre 1995 et 2001 —, il s’agit d’une ligne rouge. L’expérience des instruments récents, tels que la Facilité pour la reprise et la résilience, a montré qu’une consultation sans véritable implication risque d’affaiblir à la fois l’efficacité et la responsabilité.

Le Parlement européen a adopté une position relativement ferme en faveur du renforcement du rôle des collectivités locales et régionales. Mais au sein du Conseil, les positions restent divisées, reflétant les différents modèles de gouvernance nationaux.

Compétitivité vs cohésion

Une autre tension majeure mise en évidence lors de la discussion concerne l’équilibre entre compétitivité et cohésion.

Le fonds pour la compétitivité proposé reflète une réorientation vers l’innovation, les industries stratégiques et l’attraction des investissements — une reconnaissance du fait que l’Europe doit renforcer sa position économique mondiale. Cela soulève des inquiétudes quant à l’avenir de la politique de cohésion, qui a longtemps joué un rôle central dans la réduction des disparités régionales.

Il ne s’agit pas simplement d’un compromis budgétaire. C’est un compromis politique : une Europe plus compétitive qui aggrave les inégalités internes risque de saper ses propres fondements.

L’élargissement et les limites de l’unité

La conversation aborde également l’élargissement.

L’intégration de pays comme l’Ukraine ou la Moldavie n’est pas seulement un défi financier, c’est un défi politique qui exige l’unanimité des États membres. Comme le souligne Olbrycht, l’élargissement dépend en fin de compte autant de la volonté des membres actuels que de l’état de préparation des pays candidats.

Cela renforce une caractéristique centrale de l’UE : sa dépendance au consensus.

Pas d’États-Unis d’Europe

Lorsqu’on lui demande qui il faudrait « appeler » pour parler à l’Europe dans dix ans, la réponse d’Olbrycht est révélatrice : pas un seul dirigeant, mais plusieurs — reflétant un système où l’autorité est partagée plutôt que concentrée.

Pour lui, l’UE ne s’oriente pas vers un modèle à dirigeant unique comme les États-Unis. Au contraire, elle conservera sa spécificité : un système politique fondé sur l’équilibre entre les institutions et les États membres, où les décisions émergent de la négociation plutôt que de la hiérarchie.

Le prochain budget de l’UE incarne cette réalité. Il ne s’agit pas seulement d’un cadre financier, mais d’un test du fonctionnement de l’Europe : peut-elle agir stratégiquement sans se centraliser, et peut-elle rester cohésive sans se fragmenter ?

En fin de compte, l’enjeu ne réside pas seulement dans le montant des dépenses de l’Europe, mais dans la manière dont elle se gouverne. Et en ce sens, l’issue de ces négociations en dira autant sur l’avenir politique de l’UE que n’importe quelle réforme des traités.

En savoir plus sur nos principales revendications concernant le budget de l’UE pour la période 2028-2034

Téléchargez ici la transcription intégrale de l’épisode

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Stratégie de l’UE pour l’égalité de genre : notre réaction 

Gender Equality Strategy 2026-2030 news

Des principes à la pratique : faire en sorte que la nouvelle stratégie de la Commission européenne pour l’égalité entre les femmes et les hommes 2026-2030 porte ses fruits


La nouvelle stratégie de la Commission européenne pour l’égalité entre les femmes et les hommes 2026–2030 part d’un postulat essentiel : l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas une question secondaire, mais un principe qui doit façonner la vie publique dans son ensemble. S’appuyant sur la Feuille de route pour les droits des femmes et sa Déclaration de principes pour une société égalitaire, elle définit une vision globale couvrant l’éducation, la santé, le travail, le leadership et la vie en ligne, tout en s’attaquant à la cyberviolence, aux discours anti-genre et aux réactions hostiles à l’encontre de droits durement acquis.

Cette approche reflète étroitement le travail de longue date du CCRE. Depuis près de 20 ans, la Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale défend le même principe : l’égalité doit être ancrée dans des engagements communs, mais les progrès ne peuvent venir que d’actions menées à tous les niveaux de gouvernement. C’est pourquoi le véritable test de la nouvelle stratégie de l’UE, tout comme pour la Charte elle-même, sera sa mise en œuvre.

Cela est important car les femmes et les filles sont encore trop souvent écartées de la vie publique. Le rapport du CCRE intitulé Les femmes en politique : tendances locales et européennes montre qu’environ 32 % des femmes en politique ont été victimes de violences, la cyberviolence connaissant une forte augmentation. Le fait que la stratégie de la Commission s’appuie elle-même sur l’étude du CCRE souligne l’importance de l’expérience locale et régionale dans l’élaboration de l’agenda européen au sens large. L’étude met également en évidence des obstacles structurels plus larges : les femmes sont encore moins susceptibles d’être attirées par la vie politique et, une fois élues, se voient trop souvent refuser les responsabilités les plus influentes. La politique ne peut avoir de sens si elle exclut la moitié de la population.

Les gouvernements doivent donc veiller à ce que la sécurité des femmes et des filles ne soit jamais reléguée au second plan lorsque d’autres priorités se font jour. Les filles doivent sentir que leur voix sera entendue et qu’elle débouchera sur des actions concrètes. Ce n’est qu’alors qu’elles croiront qu’il y a une place pour elles en politique. L’étude la plus récente du CCRE, Local Truth, Shared Trust, renforce ce message en montrant à quel point la confiance dans les institutions est étroitement liée au sentiment de sécurité et d’inclusion des personnes, en particulier pour celles qui envisagent de s’engager dans la vie publique. Les femmes doivent non seulement avoir une voix en politique, mais aussi disposer d’un espace sûr où l’exercer.

Si la stratégie reconnaît certains aspects du travail du CCRE, cette reconnaissance constitue un premier pas bienvenu plutôt qu’une fin en soi. Pour garantir que les ambitions de la stratégie se traduisent par des résultats concrets, il serait utile d’intégrer de manière plus systématique la richesse des données locales et régionales que le CCRE et ses membres ont accumulées au cours des deux dernières décennies. Après tout, l’égalité entre les femmes et les hommes se construit sur le terrain : dans les communes, les villes et les régions où les politiques prennent effet et où les femmes ressentent l’impact de l’action publique sur leur vie. La prise en compte des réalités locales et régionales tout au long du cycle politique de l’UE, de la collecte de données à la conception, la mise en œuvre et le suivi des programmes, aiderait la Stratégie à refléter les expériences vécues par les femmes et permettrait une mise en œuvre plus efficace et inclusive à travers l’Europe.

Alors que le CCRE célèbre le 20e anniversaire de sa Charte, il se réjouit de travailler avec la Commission européenne et ses partenaires à travers l’Europe pour transformer ces principes en changements durables. Ce même message a récemment été porté devant les Nations unies lors de la 70e Conférence sur la condition de la femme, où Flo Clucas, porte-parole du CCRE pour l’égalité des genres, a intégré la perspective locale dans un débat plus large entre femmes et hommes occupant des fonctions publiques : la vie politique locale doit être véritablement ouverte aux femmes comme aux hommes, et les femmes ne peuvent y participer pleinement si leur sécurité n’est pas garantie. Le travail est loin d’être terminé. Mais la direction à suivre est claire : les femmes et les filles doivent pouvoir participer pleinement et en toute sécurité à la vie publique, sans crainte de violence ou d’intimidation, dans chaque ville, région et pays.

Pour plus d’information, veuillez contacter :

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* Photo: EC – Audiovisual Service, Copyright European Union, 2026 – source: https://audiovisual.ec.europa.eu/en/media/photo/P-069195

Le chemin de Bonn vers l’égalité de genre

Bonn - European Charter for Equality signatory

Au cœur des 40 années d’efforts de Bonn pour promouvoir l’égalité de genre


La ville de Bonn (Allemagne) a signé la Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale il y a dix-neuf ans. Pourtant, l’histoire de Bonn en matière de promotion de l’égalité des genres ne commence pas là. Elle remonte à plus de quarante ans, à une époque où l’égalité des genres n’était guère plus qu’une ambition et où les structures nécessaires à un véritable changement étaient quasiment inexistantes.

En 1984, Bonn a créé un Bureau dédié à l’égalité des chances, une initiative audacieuse pour l’époque, qui montrait que l’égalité n’était pas une valeur abstraite mais une priorité de gouvernance. Dès 1991, la ville adoptait ses premiers règlements municipaux sur l’égalité des chances. Dix ans plus tard, en 2001, Bonn adoptait son premier Plan global pour l’égalité des chances, jetant ainsi les bases d’une transformation structurelle et durable du travail, des services à la personne, de la sécurité et de la représentation.

L’engagement de Bonn est resté inébranlable. Aujourd’hui, la mairie maintient une quasi-parité hommes-femmes au sein de sa direction, tandis que les femmes occupant des postes de cadres intermédiaires sont encouragées à assumer des responsabilités de leadership grâce à des programmes de mentorat structurés.

La maire adjointe de Bonn, Ursula Sautter, explique que l’administration locale « défend et promeut des solutions de soins équitables » en raison de la « répartition encore inégale du travail et des soins ».

Sautter souligne également que la ville lutte activement contre toutes les formes de violence et soutient fermement les victimes. Cet engagement est renforcé par la nouvelle loi allemande d’assistance aux victimes de violence de 2025, qui consolide les dispositifs de soutien dans tout le pays.

Bonn est signataire de la Charte européenne pour l’égalité du CCRE depuis 2007, témoignant ainsi de son engagement à traduire les principes en actions. Comme le souligne Sautter, « la Charte européenne pour l’égalité est pour nous une source d’inspiration et d’émancipation, nous unissant à une multitude de villes diverses dans cette entreprise essentielle ».

Ursula Sautter, adjointe au maire de Bonn

20 ans de la Charte européenne pour l’égalité

Cette année, nous célébrons le 20e anniversaire de la Charte européenne des égalités, une étape importante qui invite à la réflexion, à la célébration et à une ambition renouvelée.

Depuis sa création, la Charte est devenue l’un des cadres les plus solides d’Europe pour promouvoir l’égalité aux niveaux local et régional. Aujourd’hui, plus de 2 053 signataires issus de 36 pays font partie de ce mouvement croissant de villes, de communes et de régions engagées à concrétiser les principes d’égalité.

Élaborée par le CCRE en collaboration avec ses associations nationales et ses partenaires de projet, la Charte rassemble diverses visions européennes de l’égalité. Des centaines de représentants locaux et régionaux ont contribué à l’élaboration d’un cadre commun qui prend en compte la diversité des compétences et des contextes à travers l’Europe. La signature de la Charte constitue un engagement public et formel, une promesse de promouvoir l’égalité des genres par le biais de politiques, de programmes et d’actions concrètes mis en œuvre en coopération avec les partenaires locaux et la société civile.

Bien que la Charte ne soit pas juridiquement contraignante, elle se veut volontairement ambitieuse. Le CCRE reconnaît que la réalisation de ces objectifs exige du temps, du dialogue et des changements structurels. C’est pourquoi les signataires sont encouragés à adopter une approche progressive, en identifiant les domaines d’action prioritaires tout en développant progressivement leurs efforts.

Pour soutenir les signataires, le CCRE a créé l’Observatoire européen de la Charte, dédié à aider les autorités locales et régionales à élaborer et à mettre en œuvre des politiques d’égalité fortes.

La mission de l’Observatoire est triple :

  • Soutenir l’élaboration de plans d’action locaux pour l’égalité des genres
  • Suivre la mise en œuvre et les progrès sur le terrain
  • Évaluer l’impact et partager les connaissances à travers l’Europe

En reliant les municipalités, en facilitant les échanges et en rendant les progrès visibles, l’Observatoire veille à ce que la Charte demeure un outil vivant et évolutif, ancré dans la pratique.

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Découvrez l’histoire d’Aubagne (France), qui a signé la Charte européenne pour l’égalité en novembre 2025.

Bonn est membre de l’association Deutscher Städtetag du CCRE.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Prise de position sur le logement

Housing policy paper - News 2026

Un plan local de logement visant à renforcer le rôle des villes, des communes et des régions face aux défis du logement en Europe


La crise du logement en Europe a atteint des niveaux sans précédent, avec des conséquences directes pour les citoyens vivant dans les villes et les régions du continent. Le plan européen pour le logement abordable constitue un progrès significatif, mais il ne portera ses fruits que si le plein potentiel des collectivités locales et régionales est mobilisé.

Le nouveau document de position du CCRE, intitulé « Un plan local pour le logement », présente des propositions au plan européen pour le logement abordable, arguant que les ambitions de l’Europe ne se traduiront par des résultats concrets que si les villes et les régions sont pleinement habilitées à agir.

Pour y parvenir, le CCRE identifie quatre priorités qu’il faut débloquer pour que les gouvernements locaux et régionaux puissent agir sur le terrain :

1. Mobiliser les investissements là où ils sont les plus nécessaires.

Le financement insuffisant et imprévisible constitue l’un des principaux obstacles au développement de logements abordables et durables dans les villes et les régions. Les collectivités locales et régionales ont besoin de cadres d’investissement à long terme. Le CCRE préconise :

  • Un accès plus simple et plus large aux financements européens et nationaux, notamment à la politique de cohésion et aux instruments du budget de l’UE pour la période 2028-2034, afin que les municipalités de toutes tailles puissent planifier et mettre en œuvre leurs projets.
  • Réformes des règles fiscales et modernisation des aides d’État, en considérant les logements abordables et économes en énergie comme un investissement à long terme plutôt que comme une dépense ordinaire.
  • Un soutien pour renforcer les capacités de construction et l’innovation, des compétences à la construction et à la rénovation circulaires et résilientes face au changement climatique.

2. Permettre une planification plus rapide et plus cohérente pour accélérer la mise en œuvre

Des procédures fragmentées et complexes retardent la construction de logements indispensables dans les États membres. Le CCRE exhorte les autorités européennes et nationales à :

  • Rationaliser la planification et les évaluations environnementales, en réduisant les doublons tout en maintenant des normes de durabilité élevées.
  • Favoriser les approches territoriales, en donnant aux villes et aux régions la flexibilité nécessaire pour accéder aux terrains, régénérer les friches industrielles et planifier des quartiers intégrés et inclusifs.
  • Promouvoir le marché unique de la construction en harmonisant les normes techniques afin de réduire les retards, de stimuler l’innovation et de faire baisser les coûts.

3. Améliorer l’efficacité grâce à la numérisation des permis

La délivrance de permis numériques peut accélérer les rénovations et les nouvelles constructions, mais de nombreuses administrations locales et régionales manquent de ressources pour la mettre en œuvre. Le CCRE préconise :

  • Des financements, des formations et une assistance technique dédiés sont nécessaires pour des systèmes d’autorisation interopérables au niveau local, national et européen.
  • Des directives plus claires à l’intention des candidats et des développeurs permettront d’améliorer la qualité des candidatures.

4. Exploiter pleinement le potentiel de l’Europe grâce à un véritable partenariat à plusieurs niveaux

Le plan européen pour le logement abordable ne réussira que grâce à une véritable coopération entre les différents niveaux de gouvernement. Le CCRE demande :

  • Une gouvernance structurée à plusieurs niveaux, avec la pleine participation des gouvernements locaux et régionaux à la conception, à la mise en œuvre et au suivi.
  • Une plus grande autonomie municipale et une clarification juridique, garantissant que les responsabilités correspondent au financement.
  • Des ressources adéquates pour l’Alliance européenne du logement, avec une participation structurée des gouvernements locaux et régionaux, qui sert également à coopérer au-delà de l’UE pour relever les défis du logement partagé.

Le défi du logement en Europe exige une action rapide et coordonnée. Le plan européen pour le logement abordable établit un cadre important, mais son succès dépendra de sa capacité à donner aux gouvernements les moyens d’agir au plus près des citoyens. En mobilisant les investissements, en assouplissant les règles d’urbanisme, en renforçant l’efficacité numérique et en instaurant une véritable gouvernance à plusieurs niveaux, l’Europe peut passer de l’ambition à la réalisation.

Le « Plan local pour le logement » du CCRE propose une stratégie claire : agir localement, investir judicieusement et collaborer à tous les niveaux de gouvernement. C’est uniquement en travaillant au niveau des villes, des communes et des régions que l’Europe pourra garantir à tous un logement abordable, durable et inclusif.

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