Skip to main content

Les voix de nos 75 ans d’histoire

The Hague

Jan Van Zanen : « Si nous voulons avoir un impact, les gouvernements mondiaux et locaux doivent travailler main dans la main »

912 mots
4–6 minutes

Jan Van Zanen, maire de La Haye et président de Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU), est une figure emblématique de la coopération municipale internationale. Fort d’une expérience de plus de dix ans au sein du CCRE et de CGLU, il a pu constater directement comment les villes influencent de plus en plus les réponses mondiales aux défis communs, du changement climatique à la cohésion sociale.

Cet entretien a été enregistré à Barcelone lors de la retraite de CGLU en février 2026. Van Zanen y revient sur les moments marquants de son engagement au sein du mouvement municipal mondial, sur l’importance des réseaux internationaux de villes et sur sa vision de l’avenir du CEMR et de CGLU.

Un moment décisif à La Haye

Pour Jan Van Zanen, un souvenir se détache clairement parmi ses années au sein du CEMR et de CGLU : l’organisation du Conseil mondial de CGLU à La Haye en 2024.

UCLG - Jan Van Zanen interview

Pendant trois jours, plus de 300 dirigeants locaux venus du monde entier se sont réunis à La Haye, un événement à la fois politique et symbolique. Cette rencontre s’est tenue 125 ans après la première Conférence de La Haye sur la paix, conférant ainsi à l’événement une dimension historique particulière.

« Voir cette communauté mondiale se rassembler à La Haye, se souvient-il, était très significatif. »

*Conseil mondial de CGLU à La Haye en 2024

Cet événement a également marqué une étape importante pour Van Zanen, qui a pris la présidence tournante de CGLU. Fidèle à la longue tradition de La Haye comme centre de paix et de justice, la réunion a abouti à l’adoption de la Charte de La Haye sur la paix municipale, un document destiné à guider les villes dans la promotion du dialogue et le renforcement des communautés pacifiques au niveau local.

« Le faire dans ma propre ville, entouré de collègues venus du monde entier, a rendu l’expérience vraiment inoubliable », dit-il. « C’est un souvenir dont je suis toujours fier. »

Les villes au cœur des défis mondiaux

Au-delà des étapes marquantes, Van Zanen souligne l’importance croissante de la coopération internationale entre les villes. Selon lui, les gouvernements locaux et régionaux sont aujourd’hui en première ligne des grandes transformations mondiales.

« De l’adaptation au changement climatique aux migrations, en passant par la numérisation et la cohésion sociale, ces évolutions peuvent être mondiales, mais elles ont toujours un impact local, dans nos rues et nos quartiers », explique-t-il.

C’est précisément pourquoi des réseaux comme le CCRE et la CGLU jouent un rôle crucial. Pour des villes comme La Haye, qui abrite de nombreuses institutions internationales, l’engagement au niveau mondial est à la fois naturel et nécessaire. Mais, insiste-t-il, la valeur de ces réseaux dépasse la simple visibilité ou le prestige.

« Il s’agit de créer des liens avec d’autres villes », explique-t-il. « S’asseoir autour d’une table avec d’autres maires et responsables locaux, et échanger ouvertement sur ce qui fonctionne dans la pratique. »

Grâce à cet échange entre pairs, les villes peuvent partager des solutions, apprendre les unes des autres et renforcer leur résilience collective. À terme, cette coopération se traduit par des politiques plus efficaces et des avantages concrets pour les citoyens.

Reconnaître les collectivités locales comme des partenaires clés

Pour l’avenir, Van Zanen expose une vision ambitieuse mais claire pour le CCRE et CGLU au cours de la prochaine décennie. Il souhaite que les deux organisations soient pleinement reconnues comme des partenaires indispensables à l’élaboration des politiques à tous les niveaux.

« J’espère que le CCRE et CGLU seront reconnus partout comme des acteurs clés dans l’élaboration de solutions », déclare-t-il, « non seulement au niveau mondial, mais aussi au sein de l’Union européenne et au niveau national. »

Au cœur de cette ambition se trouve l’idée que les collectivités locales doivent être impliquées dès le début de l’élaboration des grands accords, qu’ils portent sur le climat, les migrations ou le développement. Pour Van Zanen, cette implication précoce est essentielle pour garantir que les politiques soient à la fois concrètes et efficaces.

« Impliqué dès le début, avec un rôle clair et reconnu », insiste-t-il.

Toutefois, la reconnaissance à elle seule ne suffit pas. Il souligne également l’importance d’associer les responsabilités à des ressources adéquates, notamment en matière d’accès au financement. Sans cela, les villes ne pourront pas pleinement honorer leurs engagements.

De l’ambition à l’impact

Les réflexions de Van Zanen dégagent un message constant : les gouvernements locaux et régionaux ne sont pas seulement des exécutants, mais aussi des innovateurs et des moteurs essentiels du changement.

« Les villes mettent en œuvre, les villes innovent, les villes sont au plus près des citoyens », remarque-t-il.

Cette proximité confère aux collectivités locales une capacité unique à traduire les ambitions mondiales en actions concrètes. Mais pour exploiter pleinement ce potentiel, une collaboration renforcée entre les différents niveaux de gouvernance est nécessaire.

« Si nous voulons vraiment avoir un impact, les gouvernements mondiaux et les gouvernements locaux doivent travailler main dans la main », conclut-il.

Pour Van Zanen, l’histoire du CCRE au cours des 75 dernières années illustre parfaitement cette capacité : transformer une ambition partagée en résultats concrets. Renforcer ce rôle dans les années à venir sera essentiel pour relever les défis complexes qui nous attendent et pour garantir que les solutions soient ancrées là où elles sont les plus nécessaires : dans les villes, les régions et leurs communautés locales.

Regardez l’interview vidéo ici.

  • La Haye fait partie de l’association nationale VNG du CCRE.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Sommet des dirigeants à Rovaniemi

CEMR Leaders Summit 2026 - Rovaniemi

Les dirigeants locaux du CCRE adoptent une déclaration politique appelant à placer la cohésion, la compétitivité et les partenariats mondiaux au cœur du prochain budget de l’UE


Réunis au Sommet des dirigeants du CCRE à Rovaniemi, quelque 150 élus locaux appellent les chefs d’État et de gouvernement de l’UE à intégrer les recommandations du Parlement européen sur le budget de l’UE relatives à la gouvernance à plusieurs niveaux, à la mise en œuvre territoriale et à la prévisibilité des financements dans leurs négociations avec le Conseil.


Plus de 150 dirigeants locaux de 29 pays européens se sont réunis à Rovaniemi, en Finlande, pour le Sommet des dirigeants du Conseil des communes et des régions d’Europe (CCRE), participant à des discussions opportunes sur les principales priorités européennes.

Une déclaration politique à un moment charnière

L’un des principaux résultats du sommet a été l’adoption d’une déclaration politique signée par 55 dirigeants locaux appelant les chefs d’État et de gouvernement de l’UE à intégrer les recommandations clés du Parlement européen concernant le prochain budget de l’UE (2028-2034) dans leurs négociations au sein du Conseil européen. Adoptée lors du sommet des dirigeants du CCRE à Rovaniemi, cette déclaration intervient à un moment crucial des discussions interinstitutionnelles sur le prochain cadre financier pluriannuel (CFP).

En approuvant cette déclaration en faveur d’un budget européen adapté à chaque territoire, les membres du CCRE insistent sur le fait que la cohésion, la compétitivité et les partenariats mondiaux demeurent au cœur du prochain budget à long terme de l’UE. Adressée aux dirigeants nationaux, la déclaration plaide pour un budget territorialisé et prévisible, fondé sur une véritable gouvernance à plusieurs niveaux.

Cette déclaration fait suite à l’adoption par le Parlement européen, lors de sa séance plénière du 28 avril 2026, de son rapport intérimaire sur le budget de l’UE pour la période 2028-2034, dans lequel le Parlement a défini ses priorités politiques et qui servira de base aux négociations avec le Conseil.

Étant donné que les États membres finaliseront leur position lors de la réunion du Conseil qui se tiendra les 18 et 19 juin, le CCRE les appelle à prendre en considération la position et les propositions présentées par le Parlement européen en vue d’un budget de l’UE qui garantisse la compétitivité, la cohésion et la confiance sur l’ensemble du territoire.

Christoph Schnaudigel, président du CCRE, a déclaré : « Le prochain budget de l’UE doit bénéficier à tous les territoires européens. C’est dans les villes et les régions que la politique européenne se concrétise : c’est là que l’on gère les inondations, que l’on a besoin de centres de rafraîchissement, que les entreprises investissent ou partent. La compétitivité et la résilience de l’Europe seront aussi fortes que son territoire le plus vulnérable. Il est temps d’agir. »

Les responsables locaux participant au Sommet des dirigeants du CCRE ont également eu l’occasion d’échanger avec Giuseppe Lupo, député européen et vice-président de la commission des budgets de l’UE, sur les négociations interinstitutionnelles relatives au prochain CFP. Au cours de cette discussion, M. Luppo a déclaré : « Nous demandons la position officielle du Conseil ; il est donc primordial de développer toute initiative visant à convaincre les États membres d’accepter la proposition du Parlement européen. »

Collectivités locales et régionales : renforcer la résilience par la prévoyance et la préparation

Le Sommet a également servi de plateforme pour discuter de la manière dont les gouvernements locaux et régionaux peuvent mieux utiliser la prévoyance et la préparation pour anticiper et atténuer les impacts des crises et des situations d’urgence.

En tant que pays hôte, la Finlande – reconnue internationalement comme un chef de file mondial en matière de préparation aux crises et de prospective stratégique à long terme – a apporté des contributions précieuses. Les participants ont examiné comment les institutions démocratiques, à tous les niveaux, doivent évoluer pour gouverner efficacement dans une ère marquée par l’incertitude et les bouleversements.

Katri Kulmuni, ancienne vice-Première ministre de Finlande et députée européenne la plus septentrionale, a déclaré : « La préparation est un mode de vie plus global. Il ne s’agit pas d’une dépense, mais d’un investissement, et cela ne fonctionnera que si les communautés locales y participent. »

Le débat politique a rassemblé des voix venues de tout le continent, du nord au sud.

Le directeur des services techniques de la ville de Rovaniemi, Pertti Onkalo, a déclaré : « Partout en Europe, les villes et les régions sont confrontées à des défis similaires, même si chacune présente des caractéristiques propres. En partageant les enseignements tirés de l’expérience, nous pouvons éviter de réinventer la roue.» Il a également ajouté : « Aujourd’hui, l’importance de la préparation est de plus en plus reconnue ; mais cette préparation doit être mise en place avant une crise, et non pendant. »

Voici ce qu’a déclaré Elisabeth Unell, maire de Västerås en Suède : « Se préparer signifie s’exercer à différents scénarios et se préparer ensemble. Nous avons besoin d’une coordination et d’un partage d’expériences plus étroits entre les collectivités locales à travers l’Europe. »

« La préparation et la prévoyance font de plus en plus partie de notre ADN, surtout en Europe occidentale. En cas de crise, l’élément essentiel, c’est la structure. Mais ce n’est pas toujours l’État qui peut intervenir immédiatement. Il est également important d’investir dans les collectivités locales.» Ap Reinders, maire de Stichtse Vecht.

La maire d’Estarreja (Portugal), Isabel Simoes Pinto, a soutenu que « pour les citoyens, la préparation ne peut pas être un concept abstrait. Elle doit provenir de la confiance des dirigeants locaux. Nous devons transformer la préparation en une dimension normale de la gouvernance, un aspect quotidien de la vie. » – Maire d’Estarreja (Portugal), Isabel Simoes Pinto

Christoph Schnaudigel nommé président du CCRE

Lors du Sommet, le Comité des politiques du CCRE a nommé Christoph Schaudigel nouveau président de l’organisation, suite à la démission de Gunn Marit Helgesen après son élection à la présidence du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux (CLRAE).

Les dirigeants locaux du CCRE ont également décidé que Gunn Marit Helgesen continuerait à exercer les fonctions de coprésidente du CCRE aux côtés de Philippe Laurent et Vince Maple.

Dans son discours d’investiture, Christoph Schnaudigel a déclaré : « C’est un honneur pour moi d’assumer la présidence du CCRE à un moment aussi crucial pour les villes et les régions d’Europe. Alors que les négociations sur le prochain budget de l’UE se poursuivent et que nos valeurs et notre démocratie locale sont de plus en plus mises à l’épreuve dans un contexte géopolitique turbulent, notre unité est plus importante que jamais. Je me réjouis de travailler encore plus étroitement avec tous nos membres afin de garantir que les voix locales soient entendues et impliquées dans le processus décisionnel européen. Cela implique également de renforcer l’engagement du CCRE en faveur des partenariats internationaux pour défendre la paix, la démocratie, la durabilité et la solidarité. »

Christoph Schnaudigel est le président de la section allemande du CCRE (RGRE) et le président du comté de Karlsruhe (Allemagne). Il est membre actif de la direction du CEMR depuis 2017, date à laquelle il est devenu porte-parole pour les services publics.

À l’occasion du 75e anniversaire du CCRE

Le Sommet de Rovaniemi s’appuie sur les 75 ans d’expérience du CCRE dans le soutien aux villes et aux régions confrontées à des transformations majeures, de la reconstruction d’après-guerre aux transitions climatiques et sociales actuelles.

Les dirigeants locaux ont célébré cet événement marquant par le lancement d’une nouvelle présentation vidéo du CCRE, ainsi que par une série d’entretiens intitulée « Les voix de nos 75 ans d’histoire ». Un photomaton présentant un journal « Local Time », mettant en vedette « Nos dirigeants locaux », faisait également partie des célébrations.

Le Sommet des dirigeants du CCRE à Rovaniemi était organisé par la ville de Rovaniemi et l’Association des villes et municipalités finlandaises (Kuntaliitto).

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Christoph Schnaudigel : nouveau président du CCRE

Leaders Summit 2026 - New Presidency

Christoph Schnaudigel nommé nouveau président du CCRE


Le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) a nommé Christoph Schnaudigel à sa présidence, suite à la décision de l’ancienne présidente Gunn Marit Helgesen de démissionner après son élection à la présidence du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe (CLRAE).

Lors de cette édition de juin du Sommet des Dirigeants à Rovaniemi, du 4 au 5 juin, le Comité des politiques a chaleureusement félicité Gunn Marit Helgesen pour son nouveau rôle et a nommé Christoph Schnaudigel, jusqu’à présent coprésident, comme nouveau président du CCRE.

Christoph Schnaudigel est le président de la section allemande du CCRE (RGRE) et le président du comté de Karlsruhe (Allemagne). Il est membre actif de la direction du CCRE depuis 2017, date à laquelle il est devenu porte-parole pour les services publics.


« C’est un honneur pour moi d’assumer la présidence du CCRE à un moment aussi crucial pour les villes et les régions d’Europe. Alors que les négociations sur le prochain budget de l’UE se poursuivent et que nos valeurs et notre démocratie locale sont de plus en plus mises à l’épreuve dans un contexte géopolitique turbulent, notre unité est plus importante que jamais. Je me réjouis de travailler encore plus étroitement avec tous nos membres afin de garantir que les voix locales soient entendues et impliquées dans le processus décisionnel européen. Cela implique également de renforcer l’engagement du CCRE en faveur des partenariats internationaux pour défendre la paix, la démocratie, le développement durable et la solidarité. »

– Christoph Schnaudigel, le nouveau président élu du CCRE

Continuité et engagement au cœur du leadership du CCRE

Cette transition témoigne de l’engagement du CCRE en faveur de la stabilité et de la continuité à un moment charnière pour les collectivités locales et régionales européennes. Durant son mandat de coprésident du CCRE, Christoph Schnaudigel a joué un rôle déterminant dans l’orientation politique de l’organisation et est parfaitement placé pour la diriger durant ce mandat.

La structure de direction restante demeure en place :

  • Philippe Laurent, co-président du CCRE ; Président de l’AFCCRE ; Maire de Sceaux ; Vice-Président Territoire Vallée Sud – Grand Paris ; Membre du Conseil Régional d’Île-de-France
  • Vince Maple, président du comité de gestion financière du CCRE ; conseiller municipal de Medway ; vice-président du CEMR (Association des collectivités locales du Royaume-Uni)

Vous pouvez consulter ici tous les détails relatifs à la gouvernance du CEMR.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Les voix de nos 75 ans d’histoire

Christoph Chaillou

Christophe Chaillou : « L’Europe ne peut se construire sans ses territoires locaux. »

787 mots
3–5 minutes

Christophe Chaillou a été directeur de cabinet du secrétaire général du Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) de 1992 à 2007, durant l’une des périodes les plus transformatrices de l’histoire européenne. Ayant accompagné l’organisation à travers les années charnières de la Commission Delors, les transitions démocratiques en Europe de l’Est et la reconnaissance formelle des collectivités locales et régionales par les institutions européennes, il a constaté de visu comment le CCRE a contribué à façonner la place des villes et des régions au sein du projet européen.

Dans cet entretien, il revient sur les moments marquants de son passage au CCRE, les présidents avec lesquels il a travaillé et le message qui, selon lui, doit continuer à guider le CCRE aujourd’hui.

Un témoin privilégié d’une époque fondatrice

Le passage de Christophe Chaillou au CCRE a coïncidé avec une période d’élan exceptionnel pour l’intégration européenne.

Ce fut le moment où les collectivités locales et régionales obtinrent une reconnaissance officielle de la part des institutions européennes, un objectif de longue date du CCRE qui devint enfin réalité. Pour Chaillou, cette convergence de forces politiques, institutionnelles et historiques fit de cette période un moment exceptionnel pour l’organisation.

“I had the privilege of accompanying CEMR at a time when the European project was especially valued,” he recalls. “It was a fantastic period. In many ways, it meant achieving many of our founding objectives.”

Au cœur de cette expérience résidait l’opportunité de travailler aux côtés de dirigeants exceptionnels. Parmi les présidents avec lesquels il a collaboré, il cite Pasqual Maragall [lire ici l’interview de Maragall en tant que chef de cabinet] et Valéry Giscard d’Estaing, figures marquantes qui l’ont profondément marqué. Chacun a apporté sa vision et son influence au travail du CCRE sur la scène européenne.

Un moment de réconciliation : Prague, 1993

De tous les moments qui ont marqué ses années au CCRE, un se distingue particulièrement. L’Assemblée générale tenue à Prague en 1993 reste, pour Chaillou, l’un des événements les plus marquants et symboliquement forts de l’histoire de l’organisation.

C’est à ce moment que le CCRE a accueilli les associations locales et régionales qui venaient d’être rétablies en Europe centrale et orientale, des organisations qui réclamaient leur place après des décennies de régime autoritaire et qui rejoignaient, pour la première fois, la grande famille européenne.

« Ce fut un moment de réconciliation européenne », dit-il. « Toutes les associations du continent étaient réunies. Ce fut sans aucun doute un moment très fort d’affirmation de notre message et, une fois de plus, de l’unité européenne. »

Cette assemblée revêtait une importance qui dépassait largement le cadre institutionnel. Pour les participants, elle illustrait de façon éclatante les valeurs défendues par le CCRE : la démocratie locale et l’intégration européenne n’étaient pas des ambitions distinctes, mais profondément liées.

Les libertés locales au cœur du travail de plaidoyer du CCRE

Au-delà des étapes symboliques, Chaillou souligne également le travail de plaidoyer stratégique mené par le CCRE durant son mandat de secrétaire général. Il mentionne notamment la reconnaissance accordée aux collectivités locales et régionales, qui a permis de garantir que les libertés locales soient non seulement reconnues en principe, mais aussi respectées dans la pratique au sein du cadre institutionnel européen.

Selon lui, cette réussite était le fruit d’une dynamique politique et d’efforts constants. Elle s’est construite grâce aux relations, à la crédibilité et à la clarté du message du CCRE, à une époque où l’Europe cherchait encore à définir son identité.

Le message fondateur du CCRE, toujours d’actualité aujourd’hui

Pour l’avenir, Chaillou est clair sur le défi le plus important. Dans une période marquée par la montée des menaces contre la démocratie, l’instabilité géopolitique croissante et les interrogations renouvelées sur l’avenir de l’intégration européenne, il estime que le CCRE doit renouer avec ses origines et porter son message fondateur avec une conviction renouvelée.

« Ce dont nous avons besoin aujourd’hui, c’est de renforcer tout cela », dit-il. « Le principal défi est de préserver et de promouvoir la démocratie locale sur tous les territoires ; l’esprit d’autonomie locale et d’intégration européenne. C’est le message fondateur du CCRE. »

Pour Chaillou, ce message est tout aussi pertinent aujourd’hui qu’au début des années 1990. L’Europe, insiste-t-il, ne peut se construire d’en haut. Elle doit s’enraciner dans ses territoires, là où vivent les citoyens, là où se prennent les décisions et là où la démocratie s’épanouit ou vacille.

« L’Europe ne peut se construire sans ses territoires », affirme-t-il. « Et c’est sur ces territoires que les libertés locales doivent s’affirmer. À une époque où les menaces sont nombreuses, notamment face à la remise en cause manifeste de la démocratie, il est essentiel de défendre ce message. »

Consultez l’intégralité de l’interview ici.

Christophe Chaillou - thumbnail
Christophe Chaillou – thumbnail

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Rapport d’activité du CEMR 2025

Impact Community - Head banner

Quel a été l’impact du CCRE en 2025 ?


L’année 2025 a été une période riche en activités et a eu un impact considérable aux niveaux local et international.

Nous sommes sincèrement reconnaissants à nos membres, partenaires et donateurs pour leur confiance, leur engagement et leur collaboration constants tout au long de cette année.

Les collectivités locales et régionales sont essentielles pour relever les défis les plus urgents et quotidiens de l’Europe, et grâce au CEMR, nous avons travaillé ensemble pour garantir que les voix locales européennes restent présentes, entendues et influentes dans les débats européens et mondiaux.

Consultez ci-dessous le rapport d’activité 2025 du CCRE :

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Les voix de nos 75 ans d’histoire

Barcelona - Antonia interview

Antònia Sabartés : « Je souhaite que le CCRE soit courageux et audacieux. »

1 206 mots
5–8 minutes

Antònia Sabartés

Antònia Sabartés a été chef de cabinet de Pasqual Maragall, maire de Barcelone, et président du Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) de 1992 à 1997. Étroitement impliquée dans la direction de l’organisation pendant une période charnière pour l’Europe, elle a constaté de visu comment le CCRE a contribué à façonner la place des gouvernements locaux et régionaux dans le projet européen.

*Antònia Sabartés – Chef de Cabinet de Pasqual Maragall, Président du CCRE de 1992 à 1997.

Dans cet entretien – enregistré à la Fundació Mies Van der Rohe à Barcelone, reconstruite pendant le mandat de Maragall en tant que maire de la capitale catalane et étroitement liée à l’Union européenne par le biais du Prix de l’Union européenne d’architecture contemporaine – elle revient sur la présidence de Maragall, les moments marquants de cette période et l’héritage qui, selon elle, continue de guider le CCRE aujourd’hui.

Pasqual Maragall : un Européen par conviction et par pratique

Pasqual Maragall a été élu président du CCRE en décembre 1991 à Paris et a pris ses fonctions le 9 mai 1992, à un moment de profonds bouleversements politiques, institutionnels et symboliques pour l’Europe. L’année de sa nomination a coïncidé avec les Jeux olympiques de Barcelone et la ratification du traité de Maastricht, le plaçant – ainsi que le CCRE – au cœur de la transformation européenne.

Pasqual Maragall with Jacques Delors - Arxiu Digital Pasqual Maragall, Fundació Catalunya Europa

En tant que maire de Barcelone, il incarna le rôle international croissant des villes, participant activement à la création d’Eurocités. Son parcours politique et intellectuel conforta cette vision : il avait étudié à Paris, avait été l’élève de Jacques Delors, connaissait des personnalités européennes importantes comme Romano Prodi et était issu d’une famille profondément pro-européenne.

*Pasqual Maragall avec Jacques Delors – Arxiu Digital Pasqual Maragall, Fundació Catalunya Europa

Pour Sabartés, cette combinaison d’expérience et de conviction le prédisposait particulièrement à diriger le CCRE à un moment où les collectivités locales et régionales revendiquaient une voix plus forte en Europe.

Des souvenirs qui ont compté : de Delors à Barcelone au Comité de pilotage à Prague

Certains moments restent particulièrement vivaces dans la mémoire de Sabartés, tant par leur poids symbolique que par leur importance historique. L’un d’eux fut l’investiture officielle de Pasqual Maragall à la présidence du CCRE à Barcelone, lors de la Journée de l’Europe en 1992 – un événement rendu exceptionnel par la présence de Jacques Delors. Ce dernier quittait rarement Bruxelles, et sa décision d’y assister soulignait à la fois l’importance de l’événement et la haute estime portée à Maragall et au CCRE.

Un autre événement marquant fut la réunion du Comité directeur de 1992 à Prague, tenue peu après les Jeux olympiques. Au-delà de son contexte, cette réunion a constitué un tournant pour le CCRE, renforçant sa consolidation interne et élargissant ses ambitions européennes à un moment crucial de transformation pour le continent.

Parallèlement à ces événements emblématiques, Sabartés évoque également des souvenirs plus personnels liés à la présidence de Maragall. Elle confie avoir eu des doutes au départ. Maire aux lourdes responsabilités, elle se demandait s’il pourrait consacrer suffisamment de temps au CCRE. Ces craintes furent rapidement dissipées. Maragall assista à toutes les réunions sans exception et s’investit pleinement dans sa fonction.

Pasqual Maragall avec Josef Hofmann, Conférence ECOS (Prague), dans les années 90. HAEU, CCRE-846

Elle se souvient aussi très bien de l’intense esprit de collaboration qui régnait au sein de l’équipe du CCRE durant ces années. Travaillant en étroite collaboration avec Elisabeth Gateau et Christophe Chaillou, la coordination entre Paris et Barcelone était constante et souvent exigeante. À l’ère pré-numérique, la communication reposait sur les appels téléphoniques et les fax, avec des messages courts parfois échangés plusieurs fois par jour. Réaliser ce qui est aujourd’hui chose aisée grâce à Internet nécessitait alors un véritable niveau de coordination.

Le rôle pertinent de Maragall dans la création du Comité des régions

Sous la direction de Maragall, le CEMR a joué un rôle central durant l’une des phases les plus importantes de l’intégration européenne. L’approbation du traité de Maastricht a ouvert de nouvelles perspectives, notamment la future création du Comité des régions.

*Vue générale dans l’auditorium de la cérémonie de signature du traité de Maastricht. © Communautés européennes, 1992.

L’obtention d’un siège pour le président du CCRE au sein de la première présidence du Comité des régions a constitué un succès majeur. Dès l’approbation du projet de Maastricht et jusqu’à la mise en place du Comité en 1994, le CCRE a œuvré sans relâche pour que les autorités locales et régionales soient prises en compte au sein du nouveau cadre institutionnel de l’UE.

Cet effort a été renforcé par la mise en place d’un Conseil consultatif des autorités locales et régionales par la Commission européenne, en étroite collaboration avec Eneko Landaburu, alors directeur général de la DG REGIO. Ces relations ont permis d’ouvrir des perspectives et de faire reconnaître le CCRE comme un interlocuteur clé.

Un autre accomplissement complexe mais décisif fut la réforme de la Conférence des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe, devenue le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux à deux chambres. Ce processus suscita un débat entre la CCRE et l’Assemblée des régions européennes, présidée par un autre Catalan, Jordi Pujol, alors président du gouvernement catalan.

Tout au long des discussions, les qualités personnelles de Maragall ont fait la différence. Polyglotte, accessible et profondément européen, il possédait un talent unique pour rapprocher les gens par-delà les clivages politiques et culturels, même lorsque leurs points de vue étaient opposés.

Un autre grand accomplissement : une vision qui compte encore

Au-delà des succès institutionnels, Sabartés estime que la contribution la plus importante de Maragall fut d’ordre stratégique et idéologique. Fédéraliste convaincu, il défendait une Europe fondée sur la subsidiarité, la proximité et la citoyenneté à une époque où ce discours était loin d’être dominant.

Il a également joué un rôle déterminant dans la définition du chemin qui allait mener à la création de Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU). En collaboration avec des maires tels que Jorge Sampaio de Lisbonne, Pierre Mauroy de Lille et les dirigeants de l’IULA, il a œuvré pour l’unification, notamment afin de renforcer la présence des collectivités locales au sein du système des Nations Unies.

*Pasqual Maragall avec Romani Prodí (2004) – Auteur : Bedmar, Jordi. Arxiu Digital Pasqual Maragall

La défense de la Charte européenne de l’autonomie locale comme référence mondiale a permis d’ouvrir des portes et de positionner l’Europe comme un chef de file en matière de démocratie locale, y compris au sein du système multilatéral.

« Courageux et audacieux », voilà ce que le CCRE doit devenir au cours des 10 prochaines années.

Pour l’avenir, Sabartés a une vision claire de ce qu’elle attend du CCRE aujourd’hui. Dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques, les inégalités sociales, les défis migratoires et la montée de l’extrême droite, elle estime que le CCRE doit faire preuve, une fois de plus, de courage.

« Je souhaite que le CCRE fasse preuve de courage et d’audace, comme nous l’avons fait durant les années Maragall », déclare-t-elle. « Il a surtout besoin d’un leadership fort. Si nous n’agissons pas, les gouvernements voisins risquent d’être marginalisés. Nous devons œuvrer pour améliorer la vie des citoyens européens, lutter contre les préjugés et défendre les valeurs auxquelles nous croyons. C’est mon rêve pour le CCRE. »

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Rencontrez Emil Boc (Cluj-Napoca) 

Cluj Napoca - Local Heroes 2026

À la rencontre du héros local : Emil Boc. De la direction nationale à la transformation locale — et un appel à placer les villes au cœur de l’avenir de l’Europe 


Pour Emil Boc, le leadership ne s’est jamais limité à un seul niveau de gouvernance. Ancien Premier ministre de la Roumanie jusqu’en 2012, devenu depuis maire de longue date de Cluj-Napoca, son parcours reflète une continuité rare entre vision nationale et mise en œuvre locale.

Aujourd’hui, alors que l’Europe débat de son prochain budget, le message de Boc est clair : sans les villes et les régions à la table des négociations, le projet européen risque de perdre à la fois en efficacité et en légitimité.

Du Premier ministre au maire : pourquoi la vision passe avant tout 

Les années de Boc en tant que Premier ministre ont profondément façonné son approche de la gouvernance locale.

« La première leçon », explique-t-il, « est qu’aucun pays — et aucune ville — ne peut se développer sans une vision claire, suivie d’une stratégie et d’un plan concret. »

De retour à Cluj-Napoca après son passage au niveau national, il a appliqué cette logique avec précision. La ville a identifié son avantage compétitif — les universités, l’éducation et l’innovation — et a construit un modèle de développement fondé sur une économie de la connaissance.

Mais au-delà de la stratégie économique, Boc insiste : le leadership ne se limite pas à l’administration :

« Un leader n’est pas là seulement pour maintenir les services ou nettoyer les rues. Il faut une vision à long terme et la discipline de s’y tenir. »

Transformer Cluj-Napoca en ville pro-européenne

Au cours des deux dernières décennies, Boc a supervisé une transformation profonde.

Autrefois considérée comme l’une des villes les plus eurosceptiques de Roumanie, Cluj-Napoca — une ville d’environ 300 000 habitants située dans le nord-ouest du pays, avec une économie dynamique fondée sur les universités et l’innovation — est aujourd’hui, selon ses mots, « la ville la plus pro-européenne du pays ».

Ce changement ne s’est pas fait du jour au lendemain. Il s’est construit « jour après jour », en intégrant ce que Boc appelle un mode de vie européen : ouverture, tolérance et coopération — combinés à une utilisation stratégique des fonds de l’UE.

Les résultats sont visibles partout : infrastructures, écoles, transports publics et rénovation urbaine. Pour Boc, il ne s’agit pas de politiques abstraites, mais de preuves concrètes de ce que l’Europe apporte.

« Si quelqu’un me demande pourquoi l’Europe est importante », dit-il, « je n’ai qu’à sortir dehors. Les écoles, les routes, les parcs — ils existent grâce aux financements européens. »

Au cœur de cette transformation se trouve une idée simple : la liberté de rester

« Les gens ne devraient pas être contraints de quitter leur ville ou leur pays pour des raisons économiques. L’Europe doit garantir non seulement la liberté de circulation, mais aussi la liberté de construire une vie chez soi. »

Ce message résonne particulièrement en Roumanie, un pays qui a connu l’une des plus grandes vagues d’émigration au sein de l’Union européenne. Depuis le début des années 2000, des millions de Roumains — dont beaucoup de jeunes, éduqués et mobiles — sont partis étudier et travailler à l’étranger, à la recherche de meilleures opportunités économiques et conditions de vie. Si cette mobilité reflète l’une des libertés fondamentales de l’UE, elle a aussi créé de profonds déséquilibres territoriaux, certaines villes et régions perdant des talents à un moment crucial de leur développement.

Les enjeux du prochain budget de l’UE

Alors que les négociations s’intensifient sur le prochain cadre financier pluriannuel, Boc avertit que le rôle des villes et des régions est loin d’être garanti.

Son inquiétude n’est pas rhétorique — elle est structurelle.

D’abord, il estime que les gouvernements locaux doivent passer d’un rôle consultatif à un véritable pouvoir décisionnel :

« Nous voulons être à la table, pas au menu. »

Une question clé concerne la manière dont la Commission européenne prévoit d’introduire les « contrôles régionaux ». Sans valeur juridique, Boc craint qu’ils ne deviennent un simple exercice administratif plutôt qu’un véritable partenariat.

Sa proposition est claire : une clause de subsidiarité contraignante, garantissant l’implication des municipalités et des régions à chaque étape — de la conception à la mise en œuvre et à l’évaluation — avec la possibilité de rejeter des plans nationaux qui les ignorent.

Ensuite, il s’oppose aux propositions visant à fusionner les fonds de la politique de cohésion avec d’autres priorités, notamment l’agriculture.

« Ce sont deux piliers de l’Union européenne. S’ils sont mis dans le même panier, les villes et les régions risquent d’y perdre. »

Troisièmement, Boc insiste pour que la politique de cohésion reste universelle. Limiter l’accès uniquement aux régions moins développées affaiblirait la capacité de l’Europe à réduire les inégalités sur l’ensemble du territoire.

« La cohésion est la colle qui maintient l’Europe unie — et cette colle est nécessaire partout. »

Enfin, il appelle à inclure des chapitres régionaux dédiés dans les plans nationaux, afin de garantir que les perspectives locales ne soient pas marginalisées.

Du climat à la défense : investir dans les villes, c’est investir dans l’Europe 

Pour Boc, le débat sur le budget de l’UE est avant tout une question de crédibilité.

« L’Europe a la vision. Elle doit maintenant avoir les moyens de la concrétiser. »

Il cite la politique climatique comme exemple concret. Les villes sont appelées à jouer un rôle moteur dans la transition — notamment à travers des initiatives de neutralité climatique — mais sans financements suffisants, ces ambitions risquent de rester théoriques.

Dans le même temps, il souligne l’interconnexion croissante entre les politiques publiques. Les investissements dans les infrastructures urbaines, comme les systèmes de métro, remplissent plusieurs fonctions : durabilité, mobilité et même résilience en temps de crise.

« Regardez comment les métros sont utilisés en situation d’urgence », note-t-il. « Ce n’est pas seulement une politique climatique — c’est aussi une question de sécurité et de préparation. »” 

Une Europe construite avec ses villes

L’argument de Boc est autant politique que financier.

L’Union européenne, affirme-t-il, ne peut pas être réduite à des négociations entre capitales.

« Ce n’est pas seulement une union d’États. C’est une union de municipalités, de régions et de villes. »

Les exclure de la prise de décision affaiblirait non seulement les politiques publiques, mais éroderait également la diversité et la cohésion qui définissent l’Europe elle-même.

Alors que l’UE se projette vers 2034 et au-delà, le message de Boc est à la fois un avertissement et une feuille de route :

Sans des gouvernements locaux forts, il n’y a pas d’Europe forte.

Découvrez notre campagne pour le budget de l’UE et ce que nous avons réalisé jusqu’à présent :

Pour plus d’information, veuillez contacter :

L’intelligence artificielle et les collectivités locales

AI training article 2026

Le CCRE s’associe à 28Digital pour proposer des formations sur l’IA aux collectivités locales et régionales


Des dirigeants locaux et régionaux se sont réunis à Cagliari pour débattre de l’impact politique croissant de l’intelligence artificielle (IA) lors de la table ronde « Opportunités et défis de l’intelligence artificielle pour les collectivités locales et régionales », organisée au Palazzo Regio.

Organisé par le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) en collaboration avec l’AICCRE, PLATFORMA et 28DIGITAL, l’événement s’est concentré sur la manière dont l’IA remodèle les services publics, la participation démocratique et la gouvernance à plusieurs niveaux.

Les intervenants ont souligné que si l’IA offre d’importantes opportunités d’innovation, elle soulève également des questions politiques clés telles que la transparence, la responsabilité et l’équité.

AI training article 2026

Au cours de cette rencontre, les participants ont également découvert des initiatives concrètes visant à soutenir les dirigeants locaux dans la transition numérique, notamment le projet « Empowering Local Leaders through AI », ainsi que les travaux de 28DIGITAL en matière d’éducation, de compétences et de renforcement des capacités pour les administrations publiques, présentés par des experts de Gofore, 28DIGITAL et du Politecnico di Milano.

La table ronde qui a suivi, animée par Fabrizio Rossi, secrétaire général du CCRE, a compté sur les interventions de Piero Comandini, président du Conseil régional de Sardaigne ; Massimo Zedda, maire de la ville métropolitaine de Cagliari ; et Federico Menna, PDG de 28DIGITAL.

AI training article 2026

L’un des principaux résultats de l’événement a été la signature d’un protocole d’accord entre le CCRE et 28DIGITAL, lançant un nouveau programme de formation sur l’IA destiné aux élus locaux. Cette initiative vise à renforcer les compétences politiques et à favoriser une prise de décision éclairée en matière d’IA au niveau territorial.

Commentant cet accord, Jork Cardeneo, porte-parole du CCRE pour la numérisation, a souligné l’importance du leadership politique :

« Si l’on attend des dirigeants locaux qu’ils gèrent l’IA de manière responsable, ils doivent d’abord la comprendre. Ce protocole d’accord marque une étape décisive pour donner aux élus les moyens de mener la transition numérique, plutôt que de se contenter d’y réagir. »

La réunion de Cagliari a confirmé le rôle des villes et des régions en tant qu’acteurs politiques clés pour garantir que l’IA soutienne une gouvernance plus démocratique, inclusive et innovante.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Sommet des dirigeants du CCRE 2025

Leaders Summit Malta 2025

Les dirigeants locaux du CCRE réaffirment leur leadership politique et font face au tournant démographique de l’Europe


St. Julian’s, Malte, 5 décembre 2025 – Plus de 160 maires, élu·e·s locaux et représentant·e·s d’associations nationales de gouvernements locaux et régionaux européens se sont réunis à Malte à l’occasion du Sommet des dirigeants du Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) 2025, accueilli par l’Association maltaise des conseils locaux. À cette occasion, le CCRE a confirmé la composition de sa présidence pour le mandat 2026–2028.

Cette reconduction du leadership reflète un engagement fort en faveur de la stabilité, de la continuité et de l’action collective, à un moment où les territoires européens font face à une accélération des mutations démographiques, à l’instabilité géopolitique et à l’évolution des priorités d’investissement.

Direction du CCRE confirmée pour le mandat 2026–2028

  • Gunn Marit Helgesen, Présidente du CCRE ; Présidente de l’Association norvégienne des autorités locales et régionales (KS) ; Membre du conseil du comté de Telemark
  • Philippe Laurent, Co-Président du CCRE ; Président de l’AFCCRE ; Maire de Sceaux ; Vice-Président de Territoire Vallée Sud – Grand Paris ; Membre du Conseil régional d’Île-de-France
  • Christoph Schnaudigel, Co-Président du CCRE ; Président de la section allemande du CCRE (RGRE) ; Président du district de Karlsruhe
  • Vince Maple, Président de la Commission de gestion financière du CCRE ; Conseiller municipal de Medway ; Vice-Président du CCRE (Local Government Association, Royaume-Uni)

Le CCRE a également annoncé la nomination de 24 nouveaux porte-parole, qui représenteront politiquement les gouvernements locaux et régionaux européens sur des enjeux clés tels que le budget de l’UE, la politique de cohésion, la démocratie, les transitions verte et numérique, le développement territorial et la coopération internationale.

« Ce Sommet marque le début d’une nouvelle orientation pour le CCRE. L’Europe se transforme à un rythme que nous n’avons pas connu depuis des décennies, et nos communautés en ressentent la pression chaque jour. Nous avons besoin de partenariats plus solides, d’une coopération territoriale approfondie et d’investissements à long terme. Les gouvernements locaux et régionaux ne sont pas des acteurs secondaires — nous sommes des partenaires essentiels dans la construction de l’avenir de l’Europe. »
Gunn Marit Helgesen, Présidente du CCRE

Le changement démographique au cœur des débats européens

* Ministre maltais des Finances, Clyde Caruana – Sommet des dirigeants 2025, Malte

Les débats politiques du Sommet ont mis en lumière l’impact profond des transitions démographiques à travers l’Europe. Dans son intervention d’ouverture, le ministre maltais des Finances, Clyde Caruana, a souligné les réalités auxquelles son pays est confronté en tant qu’île profondément marquée par la mobilité et l’évolution rapide de la population.

* Journaliste et fondateur des Amis de l’Europe, Giles Merritt – Sommet des dirigeants 2025, Malte

Le journaliste et fondateur de Friends of Europe, Giles Merritt, a averti que « le vieillissement, la dépopulation rurale et la pression sur le logement convergent vers un défi structurel pour la prospérité future de l’Europe ».

Kadri Uustal, chef d’unité à la DG REGIO ; Juhani Jaeger, conseiller municipal d’Elva (Estonie) et représentant de l’AECM ; et Giorgos Papanastasiou, membre du KEDE et maire d’Agrinio (Grèce). – Sommet des dirigeants 2025, Malte

Un panel de haut niveau réunissant Kadri Uustal (chef d’unité à la Direction générale de la politique régionale et urbaine – DG REGIO), Alison Zerafa Civelli (secrétaire parlementaire pour les collectivités locales au sein du ministère maltais du Patrimoine national, des Arts et des Collectivités locales), Giorgos Papanastasiou (membre de la KEDE et maire d’Agrinio, Grèce) et Juhani Jaeger (conseiller municipal d’Elva, Estonie, et représentant de l’AECM) a analysé la manière dont les pressions démographiques — baisse de la natalité, décroissance urbaine, pénuries de main-d’œuvre et développement territorial inégal — nécessitent une gouvernance multiniveau forte et une continuité durable des politiques publiques.

Le message était clair : les gouvernements locaux et régionaux sont en première ligne du virage démographique européen, et leur leadership est indispensable pour inverser le déclin, renforcer la résilience et restaurer l’attractivité des territoires.

* Alison Zerafa Civelli, secrétaire parlementaire chargée des collectivités locales au ministère du Patrimoine national, des Arts et des Collectivités locales de Malte – Sommet des dirigeants 2025, Malte

Les collectivités locales réclament un rôle central dans l’élaboration du prochain budget de l’UE

Lors de la deuxième journée du Sommet, l’attention s’est portée sur le prochain Cadre financier pluriannuel (2028–2034). Les interventions de Zsolt Darvas (Bruegel), John Mallia (Fédération coopérative maltaise), Jan Olbrycht (ancien député européen et co-rapporteur du budget 2021–2027), Sigrid Sengers (maire de Druten, Pays-Bas) et Carlo Borghetti (conseiller régional de Lombardie, Italie) ont réaffirmé un objectif commun : faire en sorte que les priorités budgétaires de l’Union reflètent véritablement les besoins des territoires.

* Zsolt Darvas, chercheur principal chez Bruegel ; John Mallia, président de la Fédération coopérative de Malte ; Jan Olbrycht, ancien député européen et corapporteur du budget de l’UE pour la période 2021-2027 ; Sigrid Sengers, maire de Druten (Pays-Bas) ; et Carlo Borghetti, conseiller régional de Lombardie (Italie) – Sommet des dirigeants 2025 à Malte

Les intervenant·e·s ont souligné que cohésion et compétitivité doivent aller de pair, et que le budget de l’UE doit reconnaître la réalité opérationnelle des gouvernements locaux et régionaux, qui mettent en œuvre plus de 70 % de la législation européenne et gèrent plus de la moitié de l’investissement public.

Construire l’Europe de bas en haut

Dans son message de clôture, Fabrizio Rossi, Secrétaire général du CCRE, a souligné que le Sommet avait renforcé un engagement politique partagé à travers les territoires européens. Il a réaffirmé que le CCRE continuera à promouvoir une gouvernance multiniveau renforcée, à défendre des investissements européens reflétant les réalités de chaque territoire, à lutter contre les inégalités démographiques et sociales, et à défendre les valeurs démocratiques là où elles comptent le plus : au niveau local et régional. Il a conclu en affirmant que l’avenir de l’Europe ne peut être construit qu’en donnant aux communautés locales les moyens d’agir.

Le Sommet a été ouvert par Mario Fava, Président de l’Association maltaise, qui a déclaré que « les pressions démographiques, les fractures territoriales et l’évolution des priorités européennes montrent que l’avenir de l’Europe commence localement. Alors que le CFP 2028–2034 prend forme, les villes et les régions doivent en être les co-auteurs — et non de simples figurants ». Une introduction a également été assurée par Olaf McKay, maire de La Valette, qui a souligné que « les transitions actuelles exigent le même instinct que celui qui a bâti notre ville. Nous faisons face au changement démographique et, alors que l’Europe façonne son prochain budget, les villes doivent être co-autrices de l’agenda européen. C’est l’esprit de ce Sommet ».

Pour plus d’informations, contactez :

Conseil mondial de CGLU à Xi’an

Les villes et régions européennes unies pour la paix et la coopération à Xi’an


En tant que section européenne de Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU), le CCRE a participé au Conseil mondial de CGLU, organisé à Xi’an et tenu en synergie avec le 10ᵉ anniversaire de l’initiative “Bridge for Cities” de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI). Sous le thème « Façonner les communautés pour les générations actuelles et futures », le sommet a réuni plus de 300 participants issus de plus de 80 villes et réseaux de gouvernements locaux.

Le Conseil mondial de CGLU a également offert une occasion aux représentants locaux et régionaux européens d’échanger avec leurs homologues du monde entier. Lors de la réunion du caucus européen, les membres du CCRE ont dialogué avec Bernadia Irawati Tjandradewi, Secrétaire générale de CGLU Asie-Pacifique, sur les priorités et les domaines potentiels de coopération, notamment en matière d’égalité de genre.

La séance d’ouverture, coorganisée avec l’ONUDI, a réaffirmé l’importance de la coopération entre les villes et les institutions internationales. Une déclaration conjointe a été signée entre CGLU, l’ONUDI et la ville de Xi’an, afin de renforcer la coopération technique et les programmes de renforcement des capacités. Les intervenants ont souligné que la transformation locale ne peut réussir que lorsque les communautés sont pleinement impliquées en tant que partenaires, et non de simples bénéficiaires.

Le CCRE a également pris part à la plénière de haut niveau “Bridge for Cities”, centrée sur l’innovation, le développement urbain durable et la contribution du leadership local aux agendas mondiaux.

Au cours du Conseil mondial, un nouvel appel à l’action, ouvert à tous les gouvernements locaux et régionaux, a été adopté. Intitulé « Appel à l’action pour la paix et la reconstruction », il exprime l’engagement des gouvernements locaux et régionaux en faveur de la paix, des droits humains et de la reconstruction, notamment dans les territoires touchés par les conflits armés. Cet appel s’inscrit dans les valeurs du Pacte pour l’avenir de l’humanité — Peuples, Planète et Gouvernance et met en lumière le rôle unique des villes dans la reconstruction du vivre-ensemble et des liens sociaux.

En représentant la perspective européenne et en soulignant le rôle clé des villes, communes et régions dans la résilience démocratique et le développement inclusif, le CCRE a contribué à renforcer ce mouvement mondial et à réaffirmer la place de la gouvernance locale dans la construction de sociétés pacifiques et durables.

Pour plus d’informations, contactez :