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Nouvelle Présidence du CCRE

CEMR New Presidency - News 2022

Nouvelle présidence pour les villes et régions européennes


« Je suis portée par la démocratie locale de facto ! » Ce sont les mots de Gunn Marit Helgesen, nouvelle Présidente du Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE), s’adressant aux membres du Comité directeur lors de leur réunion constitutive les 5 et 6 décembre 2022 à Paris.

Mme Helgesen est également Présidente de l’Association norvégienne des collectivités locales et régionales (KS), ainsi que membre du comté de Vestfold og Telemark, situé au sud-est de la Norvège. Elle succède à Stefano Bonaccini, Président de notre association italienne (AICCRE) et de la Région Émilie-Romagne.

À propos de sa nomination, Gunn Marit Helgesen a déclaré :
« Notre réseau de collectivités locales et régionales agit comme un moteur puissant pour défendre les valeurs européennes de liberté et de démocratie, fondées sur l’autonomie locale, le respect du principe de subsidiarité et la participation des citoyens. »

Elle a poursuivi :
« Sous ma présidence, nous examinerons toutes les options pour inverser la tendance actuelle de recul des avancées en matière de droits des femmes dans nos sociétés. Nous continuerons également à influencer la législation européenne, qui concerne non seulement les pays membres de l’UE, mais aussi les pays de l’AELE, les pays candidats et les pays membres associés. »

Une nouvelle présidence pour le CCRE

La nouvelle présidence du CCRE reflète pleinement la diversité géographique et politique de l’Europe :
➤ 12 hommes et 10 femmes,
➤ issus de toutes les régions du continent – est, ouest, nord et sud,
➤ parmi lesquels des maires, présidents de comtés et présidents de régions.

Gunn Marit Helgesen sera accompagnée de deux co-présidents :

  • Christoph Schnaudigel, Président du Landkreis de Karlsruhe,
  • et Philippe Laurent, Maire de Sceaux.

Leur mandat, ainsi que celui des membres du Comité directeur, portera sur les trois prochaines années. Leurs priorités incluent :
✔️ l’égalité de genre,
✔️ la transition écologique,
✔️ la résilience démocratique,
notamment dans le contexte de la guerre en Ukraine.

À ce sujet, Anne Hidalgo, Maire de Paris et Présidente exécutive du CCRE, a appelé à une mobilisation renforcée en soutien aux maires et élus ukrainiens, afin de reconstruire les infrastructures de base et les services publics.

Lors de cette réunion, le Comité directeur a également élu les porte-paroles du CCRE sur divers sujets, ainsi que les membres du Comité de gestion financière et nos auditeurs internes. L’événement a été organisé avec le soutien de notre association française, l’AFCCRE, et accueilli par la Ville de Paris.

La prochaine réunion aura lieu à Tbilissi, en juin 2023.

Consultez notre album photo de ces deux journées : ici.
Découvrez la nouvelle présidence et les porte-paroles du CCRE.

Programme CERV

Twinning - News 2

Découvrez les prochaines opportunités de financement !


Consultez les priorités de la Commission européenne (DG JUST) pour 2023 et 2024 et découvrez les prochaines opportunités de financement !

Le programme CERV est le plus important fonds européen jamais mis à disposition pour la promotion et la protection des droits et des valeurs de l’UE (1,55 milliard d’euros sur 7 ans). Avec le programme Justice (305 millions d’euros sur 7 ans), il contribue à la construction d’une Union de la justice, des droits et des valeurs.

Des règles de construction plus intelligentes

Housing - News

Révision de la directive EPBD : la flexibilité locale et la planification à long terme sont essentielles à la réussite, affirment le CCRE et Housing Europe


Le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) et Housing Europe ont uni leurs forces pour publier une série de recommandations sur la proposition de la Commission européenne de refonte de la directive sur la performance énergétique des bâtiments (EPBD). Bien que les deux organisations soutiennent pleinement l’objectif de décarboner les bâtiments dans toute l’UE, elles avertissent que la proposition doit mieux refléter les réalités du terrain.

Les gouvernements locaux et régionaux, ainsi que les fournisseurs de logements publics, sociaux et coopératifs, sont des acteurs clés pour atteindre les objectifs climatiques de l’UE. Mais une approche uniforme ne fonctionnera pas.

Le document de position commun présente trois recommandations principales :

1. Respecter les différences locales grâce à la subsidiarité et à l’adaptabilité

L’EPBD doit permettre aux États membres et aux autorités locales d’adapter les codes de la construction à leur propre contexte. Fixer des définitions au niveau européen pour les bâtiments à zéro émission sans méthodologie claire risque de créer de l’incertitude et de saper les efforts nationaux. D’autres domaines, comme la sécurité incendie et le désamiantage, doivent rester de la compétence des gouvernements nationaux ou locaux.

2. Fournir un cadre stable et réaliste pour les rénovations

Rénover des bâtiments est un processus à long terme qui nécessite une planification rigoureuse. L’EPBD proposée introduit des délais serrés et des systèmes d’étiquetage changeants, rendant presque impossible une mise en œuvre efficace par les autorités locales et les propriétaires. Le CCRE et Housing Europe plaident pour un calendrier plus prévisible qui tienne compte de la pénurie de main-d’œuvre, des dynamiques du marché et de l’accessibilité pour les locataires.

3. Soutenir la construction à zéro émission avec une flexibilité des systèmes énergétiques

Alors que les nouveaux bâtiments doivent respecter des normes élevées, les États membres doivent conserver la liberté de choisir leurs sources d’énergie. Cela inclut non seulement les énergies renouvelables sur site, mais aussi l’énergie bas carbone provenant du réseau, la chaleur résiduelle et la valorisation énergétique, conformément à la hiérarchie des déchets de l’UE.

Au final, le succès de l’EPBD dépendra de sa capacité à permettre aux acteurs locaux et régionaux d’obtenir des résultats. Le CCRE et Housing Europe sont clairs : le chemin vers des bâtiments climatiquement neutres doit être ambitieux, mais aussi flexible, équitable et ancré dans les réalités locales.

Lire le document de position complet ici

Pour plus d’informations, contactez :

Élargissement de l’UE

EU Enlargement - News

Vers une nouvelle stratégie de l’Union Européenne en matière d’élargissement


L’Union européenne doit renforcer l’implication des autorités locales et régionales des États membres et des pays candidats dans le processus d’adhésion, affirme un rapport du Parlement européen consacré à la nouvelle stratégie d’élargissement de l’UE. Ce rapport a été présenté par le député européen Tonino Picula lors de la session plénière à Strasbourg le 22 novembre.

Au cours du débat, le député croate a souligné que, dans le contexte de l’invasion russe de l’Ukraine, l’élargissement devait retrouver un nouvel élan, tout en restant prévisible et crédible, car il s’agit du principal levier de l’UE pour garantir paix, prospérité et valeurs fondamentales sur le continent européen.

Le rapporteur a également insisté sur le fait que chaque candidat à l’adhésion doit être évalué selon ses avancées en matière de réformes, notamment en ce qui concerne l’État de droit et l’indépendance de la justice. Il a par ailleurs plaidé pour que les fonds européens de soutien soient accessibles aux pays candidats avant leur adhésion formelle.

Concernant les pays du Partenariat oriental, le rapport salue la décision exceptionnelle et rapide du Conseil européen d’accorder le statut de candidat à l’Ukraine, la République de Moldavie et la Géorgie. Il appelle la Commission et le Conseil à continuer de leur fournir un soutien politique et technique, tout en renforçant la participation des autorités locales et régionales dans le processus d’adhésion.

Il invite également les autorités de ces trois pays à afficher sans équivoque leur volonté politique de concrétiser les aspirations européennes de leurs citoyens, en réalisant des progrès significatifs dans les réformes structurelles, notamment en matière :

  • d’indépendance du système judiciaire,
  • de lutte contre la corruption,
  • de contrôle démocratique,
  • de droits humains,
  • et de désoligarquisation.

Enfin, le rapport souligne que pour permettre une transition des pays du Partenariat oriental vers le cadre d’élargissement, il sera nécessaire de passer de l’instrument NDICI – Europe dans le monde à l’Instrument d’aide de préadhésion (IPA). Toutefois, cette transition devra s’accompagner d’une augmentation suffisante du budget total de l’IPA III, afin de garantir le maintien des financements pour les bénéficiaires actuels.

Rapprocher l’Europe de ses citoyens

EU Cohesion Policy - News

Comment l’ITI et le CLLD renforcent la démocratie locale, la gouvernance multiniveaux et le développement territorial intégré dans la politique de cohésion de l’UE


La politique de cohésion de l’Union européenne est l’un de ses instruments les plus importants pour promouvoir la cohésion économique, sociale et territoriale entre ses États membres. Avec près de 392 milliards d’euros alloués pour la période 2021–2027, elle s’attaque aux inégalités entre régions tout en soutenant une Europe plus verte, plus compétitive et plus inclusive. Au cœur de cet effort se trouvent les Investissements Territoriaux Intégrés (ITI) et le Développement Local Mené par les Acteurs Locaux (CLLD), deux outils conçus pour placer les besoins territoriaux et les acteurs locaux au centre du financement européen.

Pourquoi les outils intégrés comptent

Les bases d’une approche territorialisée ont été posées dans le rapport Barca de 2009, qui plaidait pour une politique européenne axée sur la valorisation du potentiel des territoires spécifiques tout en luttant contre l’exclusion persistante. Introduits en 2014, l’ITI et le CLLD concrétisent cette vision en donnant aux gouvernements locaux et régionaux un rôle renforcé dans la programmation, la gouvernance et la mise en œuvre des projets.

Ces outils apportent de la flexibilité, favorisent la coopération entre niveaux de gouvernement et garantissent que les fonds européens répondent aux besoins réels des communautés. Pour les municipalités, les régions et leurs associations, ils comptent parmi les instruments les plus appréciés de la politique de cohésion.

ITI : intégrer les stratégies à travers les territoires

L’ITI permet de combiner des financements issus de plusieurs programmes européens pour soutenir des stratégies intégrées. Il a été particulièrement utilisé pour le développement urbain, où au moins 8 % des fonds FEDER sont réservés aux projets urbains durables. Bien qu’il soit conçu pour couvrir toute zone fonctionnelle, urbaine, rurale ou mixte, l’ITI est surtout répandu dans les espaces métropolitains, où des enjeux comme la mobilité, le logement et la régénération exigent des solutions intégrées.

CLLD : les communautés en première ligne

Le CLLD s’appuie sur l’approche LEADER de développement rural, en donnant aux groupes d’action locaux, citoyens, ONG, entreprises, les moyens de concevoir et de mettre en œuvre des stratégies. Bien qu’il soit surtout utilisé dans les zones rurales, il a également le potentiel de renforcer la participation et l’appropriation dans les villes. Le CLLD favorise la confiance, encourage l’innovation ascendante et aide à répondre aux besoins des groupes vulnérables tels que les jeunes, les migrants ou les personnes âgées.

Ce qui a bien fonctionné

L’analyse du CCRE met en lumière plusieurs avantages clairs :

  • Flexibilité et pertinence – l’ITI et le CLLD adaptent les financements européens aux besoins locaux.
  • Renforcement des capacités – les autorités locales acquièrent de l’expertise dans la gestion des programmes européens.
  • Gouvernance renforcée – en favorisant la confiance et la coopération entre niveaux local, régional et national.
  • Visibilité de l’action européenne – les projets proches des citoyens démontrent la valeur des fonds de l’UE.
  • Cohésion communautaire – en encourageant la coopération entre acteurs locaux et en construisant une identité métropolitaine ou régionale.

Défis persistants

Malgré leur valeur, les outils intégrés se heurtent à plusieurs obstacles :

  • Charge administrative élevée, avec des procédures complexes et une absorption lente des fonds.
  • Flexibilité limitée – les stratégies doivent toujours s’aligner sur les programmes opérationnels nationaux, ce qui restreint parfois les priorités locales réelles.
  • Pressions temporelles – les projets intégrés nécessitent confiance et participation, souvent en contradiction avec la règle stricte du N+3 de l’UE.
  • Utilisation inégale de l’Objectif politique 5 (“Une Europe plus proche des citoyens”) – certains États membres sous-financent cette priorité pourtant directement liée à l’ITI et au CLLD.
  • Mise en œuvre urbaine du CLLD – l’adaptation du modèle axé sur le rural aux villes reste difficile.

Recommandations du CCRE

Pour l’avenir, les municipalités et régions invitent l’UE à :

  • Maintenir et renforcer les outils intégrés dans la politique de cohésion.
  • Simplifier les procédures aux niveaux européen et national, en évitant la « surréglementation ».
  • Clarifier les orientations sur le multi-financement, la sélection des projets et l’utilisation de l’Objectif politique 5.
  • Exempter les projets ITI/CLLD de la règle N+3 afin de laisser plus de temps aux approches participatives.
  • Réintégrer le FEADER dans le règlement sur les dispositions communes afin de faciliter les projets multifonds.
  • Garantir une implication locale significative dans la programmation, la mise en œuvre et l’évaluation.

Conclusion

L’ITI et le CLLD ont démontré leur utilité en tant qu’outils de développement territorial, de participation démocratique et de coopération renforcée entre l’Europe et ses citoyens. Bien que des défis persistent, le renforcement de ces instruments est essentiel pour rendre la politique de cohésion de l’UE plus visible, plus inclusive et plus adaptée aux réalités locales.

Lire l’étude ici

Pour plus d’informations, contactez :

Statuts du CCRE

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Le cadre juridique qui guide la mission et la gouvernance du CCRE


Les statuts du Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) définissent le cadre juridique, la mission et la structure de gouvernance de l’organisation. Ils précisent son fonctionnement en tant qu’association internationale à but non lucratif basée à Bruxelles et son rôle de représentation des collectivités locales et régionales à travers l’Europe.

Au cœur des statuts se trouve la mission fondamentale du CEMR : protéger et renforcer l’autonomie des collectivités locales et régionales, promouvoir la gouvernance démocratique et soutenir leur participation aux processus décisionnels européens et internationaux. Par le biais du plaidoyer, de la coopération et du partage de connaissances, le CEMR œuvre pour que la voix des villes et des régions soit entendue au niveau européen.

Le document explique également la structure et la gouvernance de l’organisation. Le Comité des politiques constitue le principal organe décisionnel : il définit les priorités stratégiques et approuve les budgets. Le Bureau exécutif supervise la mise en œuvre des décisions et la gestion quotidienne de l’organisation. Le Président assure le leadership politique et la représentation, et le Secrétaire général gère les opérations courantes du Secrétariat.

L’adhésion est ouverte principalement aux associations nationales de gouvernements locaux et régionaux qui partagent les objectifs et les valeurs démocratiques du CEMR, avec des catégories supplémentaires pour les observateurs et les membres honoraires.

Globalement, les statuts fournissent le cadre juridique et organisationnel qui permet au CEMR de travailler collectivement avec ses membres pour renforcer la démocratie locale et la coopération à travers l’Europe.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

COP 27

Environment - News

Les collectivités locales et régionales à la COP 27


La COP 27 à Charm el-Cheikh, en Égypte, s’est conclue par la décision finale, connue sous le nom de Plan de mise en œuvre de Charm el-Cheikh. En tant que membres du groupe des collectivités locales et des autorités municipales (LGMA) des Nations Unies, nous saluons les résultats de cette COP, qui intègrent de nouveaux aspects, tels que le fonds pour les pertes et préjudices, faisant référence au concept de justice climatique. Cependant, ces résultats laissent de nombreuses questions en suspens, notamment concernant l’engagement des gouvernements nationaux à maintenir l’objectif de 1,5 °C.

Le CCRE/PLATFORMA et CGLU étaient présents à Charm el-Cheikh lors de la COP 27, tout comme de nombreuses associations membres (du Royaume-Uni, de France, d’Israël, de Malte, de Turquie, d’Allemagne…). Le CCRE fait partie du groupe des collectivités locales et des autorités municipales des Nations Unies, dont le point focal est l’ICLEI. Plus de 500 délégués ont représenté des villes, des régions et d’autres collectivités infranationales à la COP 27, soit plus que la plupart des pays. Plus de 40 000 participants du monde entier ont participé à cette COP.

« World for Ukraine »

Mayors in Ukraine - News 2023

Participez à l’événement « World for Ukraine » sur le rôle de la gouvernance locale dans la reconstruction de l’Ukraine après la guerre


Les collectivités européennes sont invitées à participer à la séance de mise en réseau avec les communautés locales ukrainiennes, qui se tiendra du 7 au 9 décembre 2022 à Rzeszów, en Pologne, dans le cadre du sommet World for Ukraine.

33 maires de toute l’Ukraine, représentant des associations locales de petite et moyenne taille ainsi que des régions variées – qu’elles soient en première ligne, récemment libérées ou situées à l’arrière – seront présents pour présenter leurs communautés, partager leurs témoignages et échanger leurs réflexions sur le rôle crucial des collectivités locales dans la reconstruction du pays après la guerre.
Parmi eux, les maires de Skadovsk, Lviv, Pokrovska, Dunayevetska, Ivankivska, et bien d’autres encore.

C’est une opportunité précieuse pour les maires européens de rencontrer leurs homologues ukrainiens et d’initier de nouveaux partenariats de coopération.

Qui peut participer ?

  • Les maires et représentants locaux des pays de l’Union européenne, désireux d’établir des partenariats avec des collectivités ukrainiennes ;
  • Les représentants d’organisations internationales et de projets impliqués dans la gouvernance locale en Ukraine, qui soutiennent le développement de coopérations municipales comme levier de reconstruction.

Informations pratiques

Pour consulter le programme de l’événement, veuillez suivre ce lien.

Si vous êtes intéressé·e, veuillez contacter info@unitedforua.org pour plus d’informations, notamment sur les frais de participation pouvant être pris en charge dans le cadre de l’initiative United for Ukraine.

Pouvoir local et régional

Matchmaking Platform - Launch

Entretien avec le nouveau Secrétaire général du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux


Mathieu Mori vient d’être élu Secrétaire général du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe pour un mandat de cinq ans. Ancien secrétaire général de l’Assemblée des Régions d’Europe, puis directeur du programme de coopération transnationale Interreg Europe du Nord-Ouest, les collectivités locales et régionales ont toujours été au cœur de son engagement professionnel.

Monsieur Mori, vous prendrez vos fonctions en janvier prochain. En quelques mots, quelles sont les priorités de votre mandat ?

Le Congrès est une institution qui aide les 46 États membres du Conseil de l’Europe à mettre en œuvre la démocratie locale et régionale, conformément à la Charte européenne de l’autonomie locale. C’est sa mission statutaire. Pour la remplir efficacement, le Congrès doit coopérer avec les États membres. Le développement d’une relation institutionnelle constructive entre le Congrès et le Comité des ministres constitue donc une priorité. Renforcer les liens avec d’autres institutions, comme l’Assemblée parlementaire et les institutions de l’Union européenne, sera également un objectif majeur.

Par ailleurs, le Congrès ne peut se renforcer que grâce à l’implication de ses membres. Je m’efforcerai d’accroître l’appropriation du Congrès par ses membres, en veillant à ce que chacun sache comment contribuer au mieux à ses travaux, et ce qu’il peut en retirer pour ses propres citoyens.

Enfin, je souhaite promouvoir le rôle des jeunes au sein du Congrès. Grâce à ses délégués jeunesse qui participent activement à son travail politique, le Congrès est déjà bien engagé. Je veillerai à ce qu’il reste une organisation de référence en matière d’implication des jeunes.

Cette convention internationale définit les normes de protection des droits des collectivités locales et oblige les 46 États membres du Conseil de l’Europe – qui l’ont tous ratifiée – à respecter un certain nombre de principes.

Fort de votre expérience auprès des collectivités, quels sont selon vous les principaux progrès démocratiques obtenus grâce aux recommandations du Congrès ?

Le Congrès a en effet un bilan solide et documenté en matière de soutien à la démocratie locale et régionale dans les États membres, notamment par ses missions de suivi et d’observation des élections.

Les recommandations issues de ces missions ont permis à de nombreux États d’engager des réformes, de renforcer la coopération intercommunale ou d’améliorer la participation citoyenne à la vie publique.

Parmi les principales avancées concrètes, on peut citer :

  • L’activation du rôle des associations d’autorités locales pour défendre l’autonomie locale dans plusieurs pays (Bosnie-Herzégovine, Hongrie, Portugal, Suisse, Islande, Géorgie, Lituanie et Pologne) ;
  • L’adoption d’instruments juridiques favorisant la participation citoyenne aux affaires locales (Suisse, Islande, Géorgie, Slovénie, Lituanie, Liechtenstein) ;
  • La ratification croissante du Protocole additionnel à la Charte européenne sur le droit de participer aux affaires locales – le Portugal l’a ratifié en septembre 2022 ;
  • La décision du Parlement écossais d’intégrer la Charte dans le droit interne écossais ;
  • Une stratégie de décentralisation en Bulgarie, accompagnée d’un renforcement des ressources des communes ;
  • Et l’introduction de l’élection directe des maires en Géorgie.

À l’inverse, constatez-vous un recul démocratique dans certaines régions ou un danger pour l’Europe ?

La démocratie n’est jamais acquise, que ce soit au niveau national ou local. Aucun pays ne peut la considérer comme définitivement acquise, d’autant moins en période de crise.

C’est pourquoi le Congrès réalise régulièrement un suivi de l’application de la Charte dans les 46 États membres.

Nous constatons une tendance à la recentralisation dans de nombreux pays. Celle-ci prend plusieurs formes : refus d’appliquer directement la Charte, limitation de l’autonomie financière des collectivités, ou encore supervision excessive.

De manière générale, l’absence de concertation, la mauvaise répartition des compétences et des ressources, ainsi qu’un encadrement trop rigide, sont des problèmes récurrents constatés dans de nombreux pays. Ces éléments mènent, directement ou indirectement, à un affaiblissement de la démocratie locale et régionale.

Par ailleurs, le Congrès alerte sur les menaces et violences auxquelles font face de nombreux élus locaux. Ces sujets ont été abordés lors de la série de débats « Les maires sous pression » et dans un rapport récent sur l’impact des discours de haine et de la désinformation sur les conditions de travail des élus locaux. Cette situation dissuade même certains citoyens de se porter candidats à des mandats locaux ou régionaux.

Le Congrès œuvre à sensibiliser les États membres à ces problématiques et à identifier des solutions concrètes.

COVID, Ukraine, crise énergétique, changement climatique… L’Europe traverse de nombreuses crises. Face à ce sombre tableau, comment les collectivités peuvent-elles renforcer durablement leur capacité à faire face à ces crises récurrentes ?

Effectivement, l’Europe traverse une multitude de crises, et ce sont les autorités locales et régionales européennes qui sont en première ligne pour y faire face. Comme on a pu le constater pendant la pandémie de Covid, la première réaction de nombreux gouvernements a été de recentraliser les compétences et les finances, au détriment du niveau local. Cela a mis la démocratie locale sous une pression et des contraintes inédites.

Or, les pays européens qui n’ont pas recentralisé ont su faire face à la crise de manière très efficace. Cela prouve que la gouvernance à plusieurs niveaux ne constitue pas un obstacle à une réponse en temps de crise – au contraire, elle en améliore la qualité. Elle permet une plus grande souplesse et des réponses mieux adaptées aux réalités locales.

L’efficacité d’une réponse repose sur un juste équilibre entre capacités centralisées et décentralisées. La pandémie a démontré l’urgence de renforcer la gouvernance multiniveaux, avec des collectivités locales et régionales dotées de compétences, de moyens et de ressources suffisants pour réagir.

Le Congrès poursuivra donc son accompagnement des États membres du Conseil de l’Europe dans la mise en œuvre de la Charte européenne de l’autonomie locale.

Alors que les élus locaux ukrainiens restent pleinement mobilisés auprès de leur population, tragiquement frappée par la guerre, comment le Congrès envisage-t-il de soutenir les collectivités ukrainiennes à long terme ?

Dès le départ, le Congrès a fermement condamné l’agression russe contre l’Ukraine, et le Conseil de l’Europe a décidé d’exclure la Russie de l’institution.

Le Congrès a également soutenu des initiatives concrètes de solidarité, comme la plateforme Cities4Cities, qui facilite les échanges entre collectivités ukrainiennes et européennes autour des besoins en infrastructures et en aide humanitaire.

Ce que j’ai pu constater lors de ma visite en Ukraine, à l’occasion de leur fête nationale en août dernier, c’est que la décentralisation entamée en 2014 sous l’impulsion du Congrès a permis aux villes et régions ukrainiennes d’avoir les moyens de réagir dès les premiers jours de la guerre. Aujourd’hui, la loi martiale a recentralisé les pouvoirs, mais les collectivités attendent que le Congrès soit à leurs côtés pour que leurs compétences leur soient rendues une fois la paix revenue, et que le processus de décentralisation soit finalisé.

L’Ukraine attend aussi du Congrès qu’il l’aide à consolider la démocratie locale, condition essentielle à son adhésion à l’Union européenne.

L’Ukraine peut compter sur le soutien constant du Congrès dans toutes ces dimensions.

Partout en Europe, les villes et collectivités sont engagées dans des coopérations internationales. Quelle est la valeur ajoutée de ce type de coopération par rapport à celle menée entre États ?

Il ne s’agit pas d’une opposition, mais d’une complémentarité. Les collectivités locales et régionales connaissent mieux que quiconque les défis concrets de la mise en œuvre des politiques publiques. Elles sont donc les mieux placées pour coopérer entre elles, au-delà des frontières.

Le Congrès développe des activités de coopération qui font le lien entre les résolutions adoptées et la réalité du terrain.

Nos priorités dans ce domaine sont :

  • Renforcer les autorités locales et leurs associations nationales ;
  • Former les élus locaux et régionaux comme acteurs du changement ;
  • Sensibiliser les jeunes aux principes de la démocratie locale et les impliquer activement à l’échelon local ;
  • Favoriser l’apprentissage par la pratique, via des initiatives locales visant à améliorer la qualité démocratique.

En se concentrant sur les domaines où la valeur ajoutée du Congrès est la plus forte, nous évitons les doublons avec d’autres instances du Conseil de l’Europe ou d’autres organisations.

Vous connaissez bien les associations de collectivités comme l’ARE ou le CCRE. Sur quels axes pensez-vous que la coopération entre ces associations et le Congrès devrait être renforcée ?

L’ARE et le CCRE sont des partenaires stratégiques essentiels du Congrès, avec lesquels nous partageons des valeurs communes. Tous deux sont partenaires statutaires du Congrès et participent à nos sessions et réunions de commissions.

Nos échanges réguliers nous permettent de compléter nos travaux respectifs, notamment sur l’Ukraine, les Objectifs de développement durable, la démocratie participative, ou encore l’implication des jeunes.

Avec le CCRE en particulier, nous coopérons étroitement pour renforcer les associations nationales de collectivités locales en tant que partenaires à part entière des autorités nationales.

En tant que réseaux européens, nous pouvons ensemble défendre et promouvoir la gouvernance multiniveaux. Le Congrès apporte une expertise unique sur la démocratie, l’état de droit et les droits humains à l’échelle locale, tandis que le CCRE et l’ARE permettent à un plus grand nombre de collectivités de bénéficier de nos travaux.

Je me réjouis de renforcer cette coopération et de mettre en œuvre des partenariats concrets pour le changement.

Rapport annuel – Villes et Régions

Fraîchement publié : l’État des régions et des villes de l’Union européenne


Le saviez-vous ?
Le Comité européen des Régions (CdR) a publié son rapport annuel de l’UE sur l’État des régions et des villes, une photographie actualisée des défis les plus urgents auxquels font face les territoires de l’Union, destinée à orienter les décisions politiques européennes.

Quels sont les enjeux abordés cette année ?

Le rapport 2022 met en lumière plusieurs grands défis pour les villes et régions de l’UE :

  • Les conséquences économiques et sociales de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine ;
  • Les effets durables de la pandémie de COVID-19 et les besoins de relance ;
  • L’urgence climatique et la transition énergétique ;
  • La lutte contre les inégalités ;
  • L’avenir de la démocratie, à la lumière des conclusions de la Conférence sur l’avenir de l’Europe.

Un baromètre régional et local à la clé

Le rapport est disponible en 23 langues et comprend un « Baromètre régional et local », qui reflète les opinions d’élus locaux et régionaux à travers l’Europe, via une enquête menée en partenariat avec IPSOS.

Faits saillants du baromètre :

  • 76 % des responsables politiques locaux déclarent que leur collectivité accueille des réfugiés ukrainiens.
  • Au moins la moitié affirment que leur autorité envoie de l’aide matérielle à l’Ukraine.
  • 88 % des élus interrogés estiment que la cohésion doit être une valeur fondamentale de l’Union européenne.
  • Seuls 10 % des répondants ont été impliqués (pleinement ou partiellement) dans la rédaction des Plans nationaux de relance et de résilience :
    • 1 % impliqués pleinement,
    • 9 % impliqués partiellement.

Conclusion

Ce rapport rappelle à quel point les collectivités locales et régionales jouent un rôle central dans la résilience de l’Union, en particulier face aux crises successives et aux défis sociétaux majeurs. Il met également en évidence la nécessité d’une gouvernance multiniveaux renforcée, plus inclusive, et plus cohérente avec les réalités du terrain.