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Cadre de résilience climatique de l’UE

Letter on Climate resilience

Une Europe résiliente face au changement climatique commence par des villes et des régions résilientes

1 375 mots
6–9 minutes

Le 27 octobre 2026, la Commission européenne a publié le cadre de l’UE pour la résilience climatique, comprenant une première loi européenne sur la résilience climatique et une communication, cette dernière présentant les mesures de soutien et les initiatives politiques associées. Ce paquet législatif vise à faire passer l’Europe d’une logique de réaction aux catastrophes climatiques à une logique d’anticipation et de gestion des risques.

Le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) salue le cadre proposé, notamment la trajectoire de référence scientifique commune du réchauffement climatique, les dispositions relatives à la participation des collectivités locales et régionales aux plans nationaux et les outils de sensibilisation aux risques climatiques. Toutefois, pour que cette ambition se traduise en actions, les villes et les régions ont besoin d’un rôle durable dans la prise de décision, de capacités renforcées et d’un financement prévisible.

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Une trajectoire de référence commune pour le réchauffement climatique

La loi proposée sur la résilience climatique établit une trajectoire de référence pour le réchauffement climatique : 1,5 °C d’ici 2030, 2 °C d’ici 2050 et 3 °C d’ici la fin du siècle, par rapport aux niveaux préindustriels. Elle fournit ainsi une base commune pour les évaluations des risques climatiques et la planification stratégique.

Ce document s’inscrit dans la lignée du document de politique du CEMR intitulé « S’adapter ensemble », qui préconise un scénario de référence commun pour aider les gouvernements à prendre des décisions cohérentes en matière d’infrastructures, d’aménagement du territoire et d’investissements. Une compréhension partagée des conditions futures peut renforcer la coopération au-delà des frontières administratives et contribuer à éviter des investissements qui exposent les communautés aux risques et catastrophes climatiques.

Il est toutefois indispensable de traduire ce référentiel commun en renseignements accessibles et adaptés au contexte territorial. Les risques climatiques varient considérablement d’un pays à l’autre et même au sein d’un même pays. Les évaluations nationales doivent s’appuyer sur les connaissances locales et régionales et fournir des informations suffisamment détaillées pour éclairer les décisions prises sur le terrain.

Les autorités locales et régionales en tant que partenaires stratégiques pour la planification, le suivi, mais aussi pour la mise en œuvre

Le CCRE considère comme une avancée positive l’obligation, prévue à l’article 7 du projet de loi, pour les États membres, d’offrir aux autorités infranationales des possibilités effectives et précoces de participer à l’élaboration des plans stratégiques nationaux et de prendre en compte leurs observations. Les villes, les agglomérations et les régions élaborent déjà des plans d’adaptation et possèdent une connaissance pratique des vulnérabilités locales, des infrastructures et des besoins de la population. Leur expérience, leurs plans existants et leurs rapports devraient éclairer les priorités nationales et les décisions d’investissement.

Le CCRE, de concert avec d’autres réseaux de villes et de régions, estime que cela ne suffit pas et a appelé, dans une récente lettre commune adressée à la Commission, à une coopération permanente et structurée couvrant la planification, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation.

La Commission prévoit de présenter un plan de mise en œuvre dans les six mois suivant l’adoption de la loi, identifiant les dispositifs de soutien à son application effective au niveau territorial. Le CCRE souhaite que ce plan fournisse des orientations sur un mécanisme de gouvernance structuré et à plusieurs niveaux afin de garantir une participation significative des collectivités locales et régionales à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques d’adaptation et de résilience.

Le projet de loi exige également des États membres qu’ils identifient les autorités publiques responsables de la gestion des grands risques climatiques. Une définition plus claire des responsabilités peut améliorer la coordination, notamment lorsque les risques sont transversaux et interterritoriaux. Toutefois, ces responsabilités doivent correspondre aux compétences existantes et s’accompagner de pouvoirs de décision, de personnel et de ressources adéquats.

« En tant qu’élu des Shetland, je constate combien il est important que l’action européenne tienne compte des risques et des besoins spécifiques de nos territoires. Par exemple, dans ma région d’origine, le littoral subit de plein fouet les effets du changement climatique, l’érosion accélérée et des conditions météorologiques extrêmes. Ces impacts locaux soulignent le rôle crucial des collectivités territoriales et régionales dans la mise en œuvre des politiques d’adaptation européennes et nationales en mesures concrètes et adaptées aux besoins des populations. » Gary Robinson, porte-parole du CCRE pour l’environnement et conseiller des îles Shetland

Le savoir doit être étayé par les capacités

Ce dispositif propose des outils utiles, notamment une visionneuse européenne du climat, un répertoire d’outils de résilience climatique et un explorateur de solutions. Il s’appuie également sur le soutien apporté par la mission de l’UE sur l’adaptation et les pôles nationaux d’adaptation. Ces initiatives peuvent aider les autorités à comprendre les risques, à tirer des enseignements d’exemples concrets et à identifier les mesures appropriées.

Cependant, l’accès à l’information ne remplace pas la capacité de mise en œuvre. Les collectivités locales et régionales ont également besoin de formation, d’assistance technique, d’un soutien à la préparation des projets et de possibilités d’échange de connaissances entre pairs. Ces services doivent être accessibles aux autorités de toutes tailles, y compris aux petites municipalités et aux zones rurales aux ressources administratives plus limitées.

Les solutions fondées sur la nature nécessitent un soutien à long terme

Le CCRE salue l’exigence proposée d’intégrer aux plans stratégiques européens et nationaux la promotion de solutions fondées sur la nature et l’adaptation écosystémique, et se félicite que les appels lancés dans une lettre conjointe aient été pris en compte dans l’approche proposée. La restauration des zones humides et des plaines inondables, la santé des sols, la plantation d’arbres en milieu urbain et d’autres infrastructures bleues et vertes permettent de lutter simultanément contre plusieurs risques, tout en favorisant la biodiversité et la qualité de vie.

Leur intégration doit désormais se traduire par une mise en œuvre concrète et un soutien financier adéquat. Les collectivités locales ont besoin d’un accompagnement tout au long du cycle de vie de ces mesures, de la planification et de la gestion du territoire à leur mise en œuvre et leur entretien. Les liens avec les plans nationaux de résilience hydrique et de restauration de la nature devraient permettre de déployer des mesures cohérentes à l’échelle territoriale appropriée.

Combler le déficit de financement

La Commission européenne estime les besoins d’investissement en matière d’adaptation à environ 70 milliards d’euros par an. Elle mentionne les programmes de financement de l’UE – 35 % du futur budget de l’UE devraient être consacrés au climat et à l’environnement –, les futurs plans de partenariat nationaux et régionaux et les financements de la BEI. Cependant, ces références ne garantissent pas un financement direct des priorités locales en matière d’adaptation. Le plan de mise en œuvre, qui sera bientôt publié, doit insister sur un financement dédié aux collectivités locales et régionales, mais, en l’état, la législation n’oblige pas explicitement les États membres à fournir aux collectivités locales et régionales un soutien financier et technique adéquat.

La planification doit également être alignée sur les décisions de financement. La prochaine période de programmation financière de l’UE débute en 2028, tandis que les plans stratégiques nationaux de résilience ne sont attendus qu’à la fin de 2030. Les priorités d’investissement pourraient donc être définies avant la finalisation de ces plans. Pour combler cet écart, les plans d’adaptation locaux, régionaux et nationaux existants doivent éclairer l’élaboration des futurs programmes de financement, notamment les plans de partenariat nationaux et régionaux.

Le cadre aborde également le déficit de protection en matière d’assurance climatique, un défi reconnu pour les collectivités locales et régionales. Le webinaire du CCRE consacré précisément au thème des « Coûts des risques climatiques et des catastrophes naturelles » a souligné que l’adaptation au changement climatique devient une nécessité de financement public, et non plus seulement un objectif environnemental, et qu’il est indispensable de soutenir les investissements locaux dans la résilience avant même que les catastrophes ne surviennent. Le CCRE salue la proposition d’Alliance européenne pour l’assurance climatique et suggère de placer les collectivités locales et régionales au cœur de cette future Alliance.

Le CCRE travaillera avec ses associations membres et les institutions européennes pour renforcer la proposition, en mettant l’accent sur un partenariat multiniveaux significatif, des responsabilités assorties de ressources adéquates et un soutien à la mise en œuvre accessible.

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Profil pays – n° 5 France

Mindcraft - Country Profile France

Profil de pays sur la coopération décentralisée au développement : le cas de la France

466 mots
2–3 minutes

Les profils de pays offrent un aperçu concis des modèles nationaux de coopération au développement (décentralisée) dans certains États membres de l’UE. Ils visent à éclairer les mécanismes et modalités spécifiques des cadres nationaux analysés et à identifier les facteurs favorables ainsi que les difficultés liées à leur mise en œuvre pratique, en mettant l’accent sur le rôle et les opportunités pour les collectivités locales et régionales et leurs associations.

Le cadre français de coopération décentralisée au développement (CDD) se caractérise par :

  1. Un cadre juridique bien établi. Les collectivités territoriales françaises disposent d’une compétence juridique reconnue pour s’engager dans la coopération internationale. Outre leur budget général, elles peuvent également consacrer jusqu’à 1 % de leurs budgets sectoriels (eau et assainissement, énergie, déchets et transports) à la coopération internationale dans ces secteurs (« dispositifs 1 %). Les collectivités territoriales françaises contribuent à l’Aide publique au développement (APD) de la France et sont tenues de rendre compte de leurs activités de développement international.
  2. Une délégation spécifique accompagne l’engagement international des collectivités territoriales. Au sein du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, la Délégation pour les collectivités territoriales et la société civile (DCTCIV) soutient cet engagement de diverses manières, notamment financièrement par le biais d’appels à propositions, en fournissant des conseils et en facilitant les contacts avec les ambassades de France et les grands événements internationaux.
  3. Un vaste écosystème de coopération et de développement. Des réseaux et des associations soutiennent l’engagement international des collectivités locales. Parmi eux figurent Cités Unies France (CUF), l’Association française du Conseil des communes et régions d’Europe (AFCCRE) et les réseaux régionaux multi-acteurs (RRMA). Ils accompagnent les collectivités locales par le biais de formations, d’informations et de coordination, et font remonter leurs observations aux instances nationales et internationales.

Cet article fait partie d’une série de sept profils de pays analysant les cadres de développement des pays développés (DDC) en Europe. Le sixième article sera consacré à la Suède. À suivre !

Consultez le profil pays de la France, disponible en quatre langues :

Vous trouverez le reste des publications de Mindcraft ici.

Le CCRE encourage les autorités françaises à continuer d’investir dans les réseaux et associations qui soutiennent l’engagement international des collectivités locales et régionales, à simplifier les procédures administratives et à renforcer la dimension européenne de la coopération décentralisée, afin que les collectivités locales et régionales de toutes tailles puissent pleinement contribuer à un programme de développement plus résilient, inclusif et efficace.

Cette publication est produite dans le cadre du projet « Bridging and Mapping Knowledge Gaps in Decentralised Cooperation (Mindcraft) », financé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et soutenu par la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ).

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Groupe d’experts sur la cohésion territoriale

EU Cohesion policy news

Les territoires doivent avoir véritablement leur mot à dire sur les futurs plans d’investissement de l’UE

1 029 mots
4–7 minutes

Les membres du CCRE et les partenaires de l’Alliance locale* ont appelé à une pleine participation des gouvernements locaux et régionaux à l’élaboration des futurs plans de partenariat nationaux et régionaux (PPNR). À mesure que la programmation nationale s’accélère, la participation doit aller au-delà de la simple consultation et conférer aux autorités territoriales une réelle influence sur les priorités, les investissements et la mise en œuvre.

Le 20 octobre, le CCRE a réuni son groupe d’experts sur la cohésion territoriale afin d’examiner l’avenir de la politique de cohésion et le prochain budget de l’UE. Cette réunion a été suivie d’un échange élargi avec l’Alliance locale sur la préparation des futurs plans nationaux de coopération régionale (PNCR).

Les deux discussions ont abouti à une conclusion commune : le futur cadre d’investissement de l’Europe ne répondra efficacement aux besoins territoriaux que si les gouvernements locaux et régionaux sont impliqués dès le départ.

Sauvegarde de la dimension territoriale des investissements de l’UE

Le groupe d’experts du CCRE a examiné l’évolution de l’architecture du prochain cadre financier pluriannuel et son impact potentiel sur la politique de cohésion. Les participants ont exprimé leur inquiétude quant à une possible centralisation des financements européens et au risque d’affaiblissement de la gestion partagée, des investissements territoriaux et du principe de partenariat. Si un cadre de financement plus intégré peut offrir des possibilités de simplification, il ne doit pas conduire à une concentration des décisions au niveau national ni à une déconnexion des investissements avec les réalités territoriales.

La politique de cohésion est bien plus qu’un simple mécanisme de financement. Elle constitue la principale politique d’investissement à long terme de l’UE visant à réduire les disparités économiques, sociales et territoriales. Son efficacité repose sur la définition et la mise en œuvre de priorités en collaboration avec les autorités qui comprennent les besoins locaux et assurent les services publics et les infrastructures essentiels.

Les participants ont donc souligné l’importance de maintenir le soutien au développement territorial intégré, aux stratégies urbaines et rurales, à la coopération transfrontalière et à l’investissement public local.

« Sans une forte dimension territoriale, les priorités d’investissement locales risquent d’être abandonnées au profit de grands projets d’infrastructures nationales », a averti un participant.

La programmation nationale progresse

Lors de la réunion élargie de l’Alliance locale, les participants ont comparé l’état d’avancement de l’élaboration des plans nationaux de développement régional (PNDR) dans les pays européens. Cet échange a révélé des différences considérables. Certains gouvernements ont mis en place des groupes de travail, défini des priorités thématiques ou entamé des discussions avec les représentants territoriaux. Ailleurs, les préparatifs restent principalement du ressort des administrations nationales, les municipalités, les régions et leurs associations représentatives ayant peu accès à l’information. Différentes approches émergent également. Certains pays envisagent des chapitres régionaux ou territoriaux, tandis que d’autres prévoient de structurer leurs PNDR autour de priorités sectorielles.

Les participants ont souligné l’urgence d’une implication précoce : « Les négociations européennes sont toujours en cours, mais la programmation nationale a déjà commencé. Les gouvernements locaux et régionaux doivent s’engager dès maintenant, avant que les principales priorités et structures ne soient fixées. »

La participation doit mener à une influence

Les participants ont averti que les invitations à des réunions ne se traduisent pas nécessairement par une influence réelle. Les représentants locaux et régionaux peuvent être consultés sur les grands objectifs, mais n’ont que peu accès aux discussions sur l’allocation des fonds, la sélection des investissements, les indicateurs ou les modalités de mise en œuvre.

L’expérience du Mécanisme pour le redressement et la résilience a démontré les limites d’une approche consistant à impliquer les acteurs territoriaux principalement comme exécutants de décisions prises ailleurs. Les programmes nationaux de maintien de la paix (PNMP) doivent éviter de reproduire cette approche.

« Nous avons peut-être voix au chapitre, mais cela ne suffit pas. Nous avons besoin de mieux comprendre ce que signifie concrètement le principe de partenariat et comment les collectivités locales et régionales peuvent influencer les plans. » – Un participant à l’échange de l’Alliance locale.

Un partenariat significatif nécessite :

  • Accès rapide à l’information et aux projets de documents de programmation ;
  • délai suffisant pour formuler des propositions territoriales ;
  • représentation au sein des instances thématiques et de programmation pertinentes ;
  • transparence quant à la manière dont les contributions ont été prises en compte ;
  • participation à la mise en œuvre, au suivi et à la révision.

En tant qu’autorités publiques démocratiques et principaux fournisseurs de services et d’investissements, les collectivités locales et régionales doivent être reconnues comme des partenaires opérationnels, et non simplement comme des parties prenantes.

Le moment d’agir, c’est maintenant.

Bien que le futur cadre européen soit encore en cours de négociation, la programmation nationale progresse déjà. Les gouvernements locaux et régionaux, ainsi que leurs associations, devraient identifier les ministères en charge du processus, demander des échéanciers de programmation précis et solliciter une représentation au sein des groupes de travail pertinents.

Ils peuvent renforcer leur contribution en présentant un ensemble ciblé de priorités étayées par des données probantes, en reliant les besoins d’investissement territoriaux aux objectifs nationaux et européens et en proposant des modalités concrètes de gouvernance et de mise en œuvre. Les futurs plans d’investissement européens seront finalement mis en œuvre dans ses villes, ses agglomérations et ses régions. Ces gouvernements doivent jouer un rôle significatif dans l’élaboration de ces plans dès leur conception.

Le CCRE et l’Alliance locale continueront de suivre les préparatifs nationaux, d’échanger des informations sur la qualité de la participation territoriale et de plaider en faveur de garanties solides pour le partenariat et la gouvernance à plusieurs niveaux. Vous pouvez consulter ici la manière dont le CCRE collabore avec les États membres de l’UE sur les postulats budgétaires européens.

L’Alliance locale rassemble les principaux réseaux européens de villes et de régions (ACR+, CCRE, Alliance pour le climat, Cités de l’énergie, Eurocités, Fedarene, ICLEI et Polis) afin de renforcer la voix collective des gouvernements locaux et régionaux dans l’élaboration des politiques de l’UE et de garantir qu’ils disposent des ressources et des mécanismes de coopération nécessaires à la mise en œuvre des objectifs européens.

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Document de position : Loi sur l’accélérateur industriel

Industrial Accelerator Act 2026

Le CCRE appelle à une loi d’accélération industrielle qui soutienne la croissance, l’emploi et la prospérité locale.

695 mots
3–4 minutes

La transformation industrielle de l’Europe se fera localement. Les villes, les communes et les régions sont à la fois investisseurs, autorités délivrant les permis et maîtres d’œuvre des marchés publics, et elles mettent directement en œuvre une part importante de la législation et des investissements européens sur le terrain.

Dans son document d’orientation intitulé « Localiser l’ambition industrielle de l’UE », le Conseil des communes et des régions d’Europe (CEMR) explique comment le règlement sur l’accélération industrielle (IAA), proposé par la Commission européenne en juillet 2026, peut favoriser la croissance, l’emploi et la prospérité locale. Pour réussir, l’IAA doit reconnaître les collectivités locales et régionales non seulement comme des autorités de mise en œuvre, mais aussi comme des partenaires stratégiques dans l’élaboration et la réalisation du développement industriel.

Des autorisations plus rapides, ancrées dans les réalités territoriales

Le CCRE soutient la simplification des procédures d’octroi de permis, car elle peut contribuer à accélérer les investissements industriels stratégiques. Pour ce faire, il est nécessaire d’améliorer la coordination, en s’appuyant sur les systèmes de gouvernance existants, en respectant la répartition des compétences et en préservant la sécurité juridique, les garanties environnementales et la participation du public. La réduction des délais procéduraux ne saurait à elle seule résoudre les problèmes actuels tels que la fragmentation des procédures, les capacités administratives limitées ou les contraintes environnementales.

Les points d’accès uniques peuvent améliorer la coordination s’ils s’appuient sur les systèmes existants et utilisent des outils numériques interopérables. Ils ne doivent pas transférer les pouvoirs de planification ou d’autorisation des collectivités locales et régionales sans leur accord. Les délais doivent être proportionnés et adaptables, et ne doivent pas se faire au détriment de l’évaluation environnementale et de la participation du public. Une coordination précoce entre les autorités locales et régionales compétentes et les porteurs de projets, ainsi qu’une planification à long terme des projets industriels stratégiques, sont essentielles pour identifier les points de blocage et les lever afin d’éviter les retards d’investissement.

Zones d’accélération industrielle : aucune désignation sans implication locale

Les collectivités locales et régionales sont les mieux placées pour évaluer les opportunités et les contraintes d’un territoire donné. Le CCRE estime qu’elles doivent être impliquées dès le départ et que leur accord est requis lorsque la désignation affecte leur territoire et leurs compétences juridiques, notamment en matière d’aménagement du territoire, d’utilisation des sols ou d’infrastructures. Les infrastructures et services nécessaires doivent bénéficier d’un financement adéquat et ne pas être transférés aux budgets locaux et régionaux.

Une approche « Made in Europe » ciblée et proportionnée

Le CCRE reconnaît l’objectif stratégique sous-jacent aux dispositions « Fabriqué en Europe ». Toutefois, l’application généralisée d’exigences d’origine obligatoires dans les marchés publics pourrait considérablement augmenter les coûts pour les autorités et, en définitive, pour les citoyens.

Le CCRE soutient une application ciblée dans les secteurs véritablement stratégiques, fondée sur des critères transparents, un examen régulier et des dérogations pratiques afin de garantir l’accessibilité financière et la continuité des services publics. Les pouvoirs adjudicateurs ne devraient pas avoir à vérifier des chaînes d’approvisionnement complexes. La responsabilité de démontrer la conformité doit incomber aux opérateurs économiques, appuyée par un système de certification à l’échelle de l’UE. Le CCRE propose également d’abaisser de 25 % à 10 % le seuil de différence de coût à partir duquel l’approvisionnement européen est considéré comme disproportionné, offrant ainsi aux entreprises publiques une plus grande flexibilité dans la gestion de leurs coûts opérationnels.

Cohérence et ressources pour la mise en œuvre

Les dispositions de la loi sur l’accès à l’information (LAI) relatives aux marchés publics devraient être explicitement alignées sur la future loi sur les marchés publics afin d’éviter tout chevauchement de règles. Les nouvelles responsabilités doivent également s’accompagner des moyens nécessaires à leur mise en œuvre. La Commission européenne estime que la LAI pourrait engendrer des coûts administratifs annuels supplémentaires de 8,92 millions d’euros à l’échelle de l’UE.

Le CCRE demande donc une évaluation de l’impact combiné des initiatives de rationalisation sur les autorités locales et régionales, ainsi qu’un soutien financier, technique et administratif adéquat, avec une attention particulière portée aux petites et moyennes municipalités.

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Cadre ambitieux pour le climat et l’énergie après 2030

Climate and Energy framework - News

Le CCRE se joint à l’appel en faveur d’un cadre européen robuste et ambitieux pour le climat et l’énergie après 2030.

424 mots
2–3 minutes

Suite au Conseil Environnement du 12 octobre 2026 et avant le Conseil Énergie du 29 octobre 2026, le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) s’est joint à l’appel de la Coalition pour une ambition plus élevée, une alliance d’entreprises, de réseaux de gouvernements locaux et régionaux et d’organisations de la société civile, pour exhorter les ministres de l’UE à soutenir un cadre solide pour le climat et l’énergie après 2030.

Après un nouvel été marqué par des canicules record, la sécheresse et des incendies de forêt, les signataires soulignent que la poursuite du Pacte vert pour l’Europe est à la fois un impératif climatique et un investissement stratégique. Une transition fondée sur l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables et l’électrification basée sur les énergies renouvelables, affirment-ils, renforce la compétitivité et la sécurité énergétique de l’Europe, réduit et stabilise les factures d’énergie et protège la santé publique.

La lettre, adressée à la présidence irlandaise de l’UE et aux ministres des États membres, appelle à une réduction nette des émissions nationales d’au moins 90 % d’ici 2040, en limitant le recours aux crédits internationaux. Le CCRE et d’autres signataires avertissent que l’utilisation de 5 % de crédits internationaux ne permettrait de garantir que 85 % de la réduction des émissions nationales. Ils appellent également à un système d’échange de quotas d’émission (SEQE) crédible au niveau de l’UE, garantissant des réductions d’émissions réelles et prévisibles et un signal fort concernant le prix du carbone, les recettes devant être prioritairement allouées à l’efficacité énergétique, aux énergies renouvelables et à une transition juste.

La déclaration exhorte également les ministres à maintenir des objectifs climatiques nationaux, en accordant la priorité à la réduction des émissions brutes et en fixant des objectifs distincts pour la séquestration du carbone à partir de terres et dans l’industrie. Par ailleurs, les signataires considèrent comme essentiels des objectifs européens en matière d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique, appuyés par un règlement de gouvernance solide et une approche multiniveaux reliant les plans nationaux aux plans locaux et régionaux et aux besoins d’investissement. Enfin, la lettre demande un cadre financier pluriannuel (CFP) ambitieux pour la période 2028-2034 afin de combler le déficit d’investissement de l’Europe en matière de décarbonation et de résilience.

Pour les collectivités locales et régionales, chargées de la mise en œuvre concrète des politiques climatiques, des objectifs prévisibles et une véritable gouvernance à plusieurs niveaux sont indispensables. Le CCRE continuera de défendre ces priorités tout au long des négociations.

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Politique de l’UE en matière de chauffage et de climatisation

Heating and Cooling EU Policy

Solutions de chauffage et de refroidissement durables au niveau local

891 mots
4–6 minutes

À l’heure où les saisons changent et où les impacts du changement climatique deviennent de plus en plus visibles, les gouvernements locaux et régionaux sont en première ligne pour construire des systèmes de chauffage et de refroidissement résilients et abordables.

Le dernier webinaire de la Convention des maires, qui s’est tenu le 23 septembre 2026 et a réuni sa communauté et les membres du CCRE, a donné un aperçu des dernières évolutions de la politique de l’UE en matière de chauffage et de refroidissement et a visé à explorer comment traduire ces dernières en pratique.

Les discussions ont mis en lumière les initiatives passées et à venir de la Commission, des exemples inspirants de territoires européens, les politiques nationales de transition énergétique, ainsi que les besoins et les réalités des collectivités locales et régionales. Le dialogue a largement dépassé le cadre des solutions techniques, étant donné l’impact du chauffage et du refroidissement sur l’environnement, la santé publique, l’inclusion sociale, la compétitivité économique, l’aménagement urbain et l’éducation.

La solution la plus appropriée

En ouvrant le webinaire, Andreas Wolter, conseiller municipal de Cologne (Allemagne) et porte-parole du CCRE pour le climat et l’énergie, a souligné la nécessité d’une approche intégrée de la planification énergétique. Il a plaidé pour la décarbonation du chauffage et du refroidissement afin de renforcer l’indépendance énergétique européenne, de stimuler la compétitivité à long terme et d’atteindre les objectifs climatiques.

Il a insisté sur la nécessité de collaborer avec les associations pour élaborer des solutions concrètes, ainsi que sur le rôle des collectivités locales dans l’identification de solutions renouvelables et à faibles émissions de carbone et dans la facilitation de l’accès des collectivités au financement. Il a également présenté des exemples d’initiatives réussies, comme les systèmes de récupération de chaleur et les pompes à chaleur utilisant l’eau de rivière. Andreas Wolter a souligné l’importance d’un financement stable et prévisible, ainsi que celle de processus de planification adaptés aux réalités territoriales.

Vers un chauffage et un refroidissement décarbonés et abordables

Heidelinde Adesam, de la DG ENER de la Commission européenne, a présenté les liens entre le cadre politique de l’UE en matière d’électrification et le chauffage et le refroidissement. Le chauffage et le refroidissement représentant 50 % de la consommation énergétique européenne, ce secteur demeure une préoccupation majeure.

Par ailleurs, elle a présenté le Plan d’action pour l’électrification de la Commission, qui intègre des mesures pour la transition énergétique dans le secteur du chauffage et du refroidissement. Ce plan met l’accent sur des initiatives d’avenir, propres et abordables, la récupération de la chaleur fatale, le chauffage et le refroidissement urbains, ainsi que le financement et la planification.

Pour l’avenir, la Commission européenne lancera de nouvelles initiatives en 2027, notamment une initiative européenne sur la chaleur résiduelle, un plan d’action pour le chauffage et le refroidissement et des orientations relatives aux plans locaux de chauffage et de refroidissement.

Perspectives nationales du Portugal, de la Slovénie et des Pays-Bas

Paulo Machado, de la ville de Guimarães au Portugal, a présenté le plan de la Capitale verte européenne 2026 pour la décarbonation du secteur du chauffage. Il a mis l’accent sur les bâtiments à zéro émission de carbone dont les systèmes de chauffage reposent sur des mesures passives combinées à des mesures actives entièrement électrifiées. Il a également évoqué différents projets pour démontrer que, malgré la présence de bâtiments classés, les projets de construction neuve et de rénovation peuvent intégrer des solutions de chauffage et de refroidissement durables.

Mateja Bitenc, de la ville de Maribor en Slovénie, a présenté le processus d’élaboration et de mise en œuvre d’une stratégie et d’un plan d’action contre la chaleur. Elle a illustré le rôle des municipalités à travers le plan d’action de Maribor pour le rafraîchissement de l’air, qui comprend la sensibilisation du public, des directives de protection, des actions d’éducation et de formation, la création d’espaces publics frais et le développement d’infrastructures vertes. Parmi les enseignements tirés, elle a souligné l’importance de l’implication de la communauté, du choix des essences d’arbres et de la création d’un groupe de travail municipal.

Cilou Bertin, représentante de VNG, l’Association des municipalités néerlandaises et membre du CCRE, a présenté les initiatives néerlandaises en matière de planification décentralisée du chauffage et du refroidissement. Elle a réaffirmé le rôle crucial des municipalités pour une mise en œuvre réussie. Elle a évoqué la nécessité d’une nouvelle législation décentralisée, qui présente à la fois des avantages (approche globale, réalisation d’objectifs sociaux, implication des citoyens et des entreprises) et des défis (conditions financières, adaptation organisationnelle des municipalités, transition du secteur privé au secteur public, congestion du réseau).

Alors que les discussions portaient sur l’avenir de la politique européenne de chauffage et de refroidissement, les participants ont été invités à partager leurs besoins et leurs attentes concernant une politique européenne idéale en matière de chauffage et de refroidissement qui fonctionne dans la pratique.

* Les idées des participants sur ce qu’il faudrait pour que la politique idéale de l’UE en matière de chauffage et de refroidissement fonctionne en pratique.

L’enregistrement du webinaire est disponible ici. Le CCRE continuera d’approfondir cette discussion et de contribuer aux débats politiques à venir, notamment dans le cadre post-2030, en mettant l’accent sur le soutien à des solutions de chauffage et de refroidissement efficaces et durables au niveau local.

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Journée verte du CCRE 2026

CEMR Green Day event 2026 participants

La Journée verte annuelle du CCRE explore comment les villes et les régions contribuent à bâtir une Europe résiliente et compétitive

863 mots
4–5 minutes

Le CCRE a organisé cette année sa Journée verte, un débat à Bruxelles sur l’équilibre entre ambition climatique et compétitivité verte, et ses implications pour les collectivités locales et régionales. Cet événement, qui s’est tenu le 15 octobre, a réuni des décideurs politiques, des spécialistes du climat et des analystes afin d’examiner ce que signifie pour les villes et les régions le passage, au-delà de l’ambition climatique, de l’UE à la compétitivité verte. Ensemble, ils ont exploré comment la résilience, l’adaptation, l’efficacité des ressources, la décarbonation et la mobilité propre peuvent s’intégrer à la compétitivité territoriale.

Le panel : Comment concilier ambition et résilience du programme climatique de l’UE

Les négociations sur des dossiers tels que la loi sur l’accélération industrielle, lancée dans le cadre du Pacte pour une industrie propre, montrent comment les ambitions du Pacte vert pour l’Europe sont de plus en plus axées sur la compétitivité, les capacités industrielles et la sécurité économique. Pour les collectivités locales et régionales, cette évolution soulève des questions quant aux opportunités et aux risques, ainsi que sur les conditions nécessaires à la concrétisation de leurs ambitions.

Le secrétaire général du CCRE, Fabrizio Rossi, a ouvert la session en réaffirmant le message central du CCRE : « Les territoires ne seront attractifs que si nous travaillons sur leur résilience. Il n’y a pas d’Europe compétitive sans territoires forts, résilients et autonomes.» Federica Bordelot, directrice des politiques et de l’impact du CCRE, a animé le débat et a réitéré que « la transition verte et la compétitivité doivent aller de pair, et que la transition verte peut même contribuer aux objectifs de compétitivité. »

Le panel réunissait Arnas Liauksminas, de la Représentation permanente de la Lituanie, représentant la prochaine présidence du Conseil ; Gary Robinson, porte-parole du CCRE pour l’environnement et conseiller des îles Shetland ; Aurélie Beauvais, directrice générale d’EuroHeat & Power ; Michael Forte, conseiller politique principal chez E3G ; et Kirstine Bille, membre du Comité des régions et du Conseil municipal de Syddjurs.

CEMR Green Day event 2026 speakers
CEMR Green Day event 2026 speakers

Interrogée sur les projets de la présidence lituanienne, Liauksminas a souligné que son gouvernement travaillerait sur le CFP, la résilience, l’eau, l’économie circulaire et la révision du SEQE. Il a également ajouté que les municipalités sont directement confrontées à ces problématiques sur le terrain, mais que leurs voix ne sont pas toujours entendues lors des débats à Bruxelles. « Nous sommes donc heureux de coopérer avec vous en amont de la présidence », a-t-il conclu.

Gary Robinson, porte-parole du CCRE pour l’environnement et conseiller des îles Shetland, a évoqué les problèmes de connectivité dans les îles Shetland et a déclaré que « les politiques territoriales s’appuient sur les atouts des différents territoires : les nouvelles technologies dans les régions industrielles, les énergies renouvelables dans les zones rurales ou sur les îles ».

Aurélie Beauvais, d’EuroHeat & Power, a présenté les arguments en faveur du chauffage et du refroidissement urbains. Selon elle, « pour que ce système soit viable pour les collectivités et pour l’Europe, il est indispensable de relever les deux grands défis de la transition : la flexibilité et la sécurité d’approvisionnement, ainsi que l’accessibilité financière ». « Les réseaux de chauffage et de refroidissement urbains constituent une réponse très efficace à ces défis », a-t-elle affirmé.

Kirstine Bille, membre du Comité des régions et conseillère municipale de la commune de Syddjurs, a réaffirmé la nécessité d’aborder la transition écologique, souvent négligée au profit de la compétitivité. « Nous sommes confrontés à un problème de sécurité énergétique. Il nous faut investir dans les énergies renouvelables locales, améliorer l’efficacité énergétique, œuvrer à la transition vers une économie circulaire et garantir un réseau de chauffage urbain performant », a-t-elle ajouté.

Enfin, Michael Forte, conseiller principal en politiques publiques chez E3G, s’est appuyé sur une étude récente de ce groupe de réflexion démontrant que les collectivités locales et régionales, bien qu’assurant la mise en œuvre du programme climatique et des pratiques de résilience de l’UE, disposent d’un faible pouvoir de décision. Il a souligné trois conditions qui doivent être remplies collectivement par les institutions européennes : « Nous avons besoin de responsabilités clairement définies, de capacités institutionnelles et techniques renforcées, et d’une coordination beaucoup plus structurée et formalisée au sein des territoires et entre les différents niveaux de gouvernement », a-t-il déclaré.

CEMR Green Day event 2026
CEMR Green Day event 2026

Pleins feux sur les territoires : la compétitivité dans la pratique locale

Dans la deuxième partie de l’événement, les participants ont montré comment les actions locales et régionales permettent déjà de lier la politique verte à des avantages économiques et sociaux.

Arnhem en est un exemple particulièrement intéressant. Cette ville néerlandaise a construit 17 ponts circulaires en réutilisant des matériaux provenant d’autres ponts, d’une piscine et d’anciens murs de palplanches. L’économie circulaire est un objectif prioritaire de sa stratégie d’approvisionnement, soutenue par son propre dépôt de matières premières. Arnhem passe d’une approche où le choix des matériaux est basé sur la conception à une approche où la conception est basée sur les matériaux disponibles. La ville vise 25 % de bâtiments circulaires en 2025 et 50 % d’ici 2030, tout en réduisant de 55 % ses émissions de CO₂ par rapport à 1990 et en diminuant de 50 % sa consommation de matières premières vierges.

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Résilience climatique et énergétique : les maires rencontrent les dirigeants de l’UE

Covenant of Mayors 2026

Des maires rencontrent des dirigeants européens à Bruxelles pour promouvoir l’accès à l’énergie abordable et la résilience climatique

1 292 mots
5–8 minutes

Dans un contexte de hausse des coûts de l’énergie et de risques climatiques croissants, des centaines de maires se sont réunis à Bruxelles pour la cérémonie annuelle de la Convention des maires de l’UE. En tant que membre du consortium chargé de la mise en œuvre de cette Convention, le CCRE a contribué à rassembler les dirigeants européens et les élus locaux afin de discuter des moyens de rendre l’énergie plus abordable, de renforcer la résilience et de préserver la qualité de vie des citoyens européens.

Les collectivités locales sont en première ligne face aux crises successives d’aujourd’hui. Signataires de la Convention des maires de l’UE, elles œuvrent depuis plus de dix ans, par le biais de leurs plans climat et énergie, à la transformation de leurs systèmes énergétiques et de leurs territoires, afin de les rendre plus propres, plus sûrs et mieux préparés aux défis à venir.

Leur expérience en fait des partenaires essentiels pour la réalisation des priorités de l’UE, de la sécurité énergétique à l’accès à un logement abordable en passant par la résilience climatique. La cérémonie a permis d’aborder concrètement la manière dont les politiques et les investissements européens peuvent aider les villes à concrétiser leurs ambitions.

« Nous sommes tous concernés. Je suis à vos côtés et je travaillerai avec vous. Nous avons un devoir essentiel : construire un avenir résilient, sobre en carbone et équitable, et vos villes sont le point de départ de cette démarche. » – Teresa Ribera, vice-présidente exécutive de la Commission européenne pour une transition propre, juste et compétitive

Covenant of Mayors 2026 - Teresa Ribera
Covenant of Mayors 2026 – Teresa Ribera

Face aux défis énergétiques et climatiques actuels, garantir un quotidien sûr et abordable est devenu une priorité partagée par l’UE et ses villes. En œuvrant de concert pour faire progresser la transition énergétique et climatique, elles contribuent à assurer à tous une qualité de vie décente et accessible à tous.

C’est là le cœur de la nouvelle action de la Convention des maires de l’UE, « Des lieux faits pour les gens », lancée lors de la cérémonie d’aujourd’hui : soutenir les collectivités locales dans la création de lieux où les gens peuvent vivre et s’épanouir aujourd’hui et pour les générations à venir.

L’énergie locale produite sur place signifie plus de sécurité et d’accessibilité

Réduire l’exposition de l’Europe aux marchés internationaux volatils de l’énergie implique de réduire sa dépendance aux énergies fossiles importées. Cela nécessite une transition plus rapide vers les énergies renouvelables produites localement et l’électrification. Le plan d’action de l’UE pour l’électrification définit l’ambition du bloc de faire de l’Europe le premier continent entièrement électrifié au monde.

« L’Europe a plus que jamais besoin de ses villes, de ses communes et de ses régions. Pour atteindre la neutralité climatique. Pour renforcer notre sécurité, notre compétitivité et notre indépendance énergétique. Et pour garantir une transition juste, abordable et démocratique. Dans tous ces domaines, nous ne pourrons réussir que par des actions locales qui produisent des résultats concrets. » – Dan Jørgensen, commissaire européen à l’énergie et au logement

Covenant of Mayors 2026 - Dan Jørgensen
Covenant of Mayors 2026 – Dan Jørgensen

Les villes ont un rôle central à jouer pour que cela se réalise sur le terrain, en développant la production d’énergie renouvelable, en mettant en place des réseaux de chauffage urbain propres et en soutenant des solutions de flexibilité telles que les batteries, le stockage et les compteurs intelligents.

Des systèmes énergétiques décentralisés qui permettent à des villes ukrainiennes comme Lviv de maintenir leurs services essentiels pendant les attaques, aux initiatives énergétiques communautaires à Gabrovo, en Bulgarie, l’action locale peut rendre l’énergie à la fois plus sûre et plus abordable. En diversifiant leur production d’énergie et en impliquant les citoyens, les municipalités peuvent réduire leur vulnérabilité aux coupures de courant et rapprocher les avantages de l’énergie propre des populations.

Les maires ont échangé leurs points de vue avec la Commission européenne sur les investissements considérables nécessaires à la transformation des systèmes énergétiques locaux. À Louvain, les projets d’énergies renouvelables sont mutualisés afin d’assurer leur viabilité financière. Pour le déploiement de nouveaux réseaux de chauffage et de refroidissement urbains, dont la rentabilité est souvent moins évidente, les pouvoirs publics doivent accroître leurs investissements afin d’accélérer leur développement, à l’instar des infrastructures scolaires et routières. De nombreux maires pilotent ces investissements et sollicitent un soutien continu de l’Union européenne.

Covenant of Mayors 2026 event

Protéger les populations des risques climatiques commence au niveau local

Maintenir des prix de l’énergie stables et abordables n’est pas la seule préoccupation des Européens. Les vagues de chaleur et les incendies de forêt de cet été ont cruellement mis en évidence l’urgence accrue de protéger les populations des conséquences du changement climatique. De nombreuses villes, particulièrement vulnérables aux fortes chaleurs, prennent déjà des mesures pour rafraîchir leur environnement urbain, qu’il s’agisse d’adapter les espaces publics et les bâtiments ou de proposer des protections spécifiques aux résidents les plus vulnérables.

À Matosinhos, 5 millions d’euros de fonds européens sont investis dans la collecte de données afin de mieux anticiper les risques futurs, en impliquant les acteurs des écoles, des clubs sportifs et des initiatives locales. Le déploiement à plus grande échelle de ces efforts nécessite des outils adaptés et un financement européen suffisant. La Convention des maires joue un rôle essentiel dans le partage des connaissances et sert de plateforme d’harmonisation entre les acteurs européens et locaux.


Alors que l’UE élabore son cadre pour la résilience climatique, la coopération avec les collectivités locales sera essentielle. Les maires connaissent les risques spécifiques auxquels leurs administrés sont confrontés et sont responsables de nombreux services et infrastructures nécessaires pour y faire face. Cependant, la planification seule ne suffit pas. Les collectivités locales ont besoin de ressources et d’une visibilité à long terme pour investir dans l’adaptation et préparer leurs villes aux futurs impacts du changement climatique.

« L’année écoulée a démontré que chaque région est vulnérable, que partout nous pouvons être confrontés à des phénomènes météorologiques atypiques, à des sécheresses et à des incendies de forêt… Il est essentiel que nous relevions ces défis non pas isolément, mais en travaillant ensemble à l’échelle du continent et au-delà des clivages politiques. » – Wopke Hoekstra, commissaire européen au climat, à la neutralité carbone et à la croissance propre

Covenant of Mayors 2026 - Wopke Hoekstra
Covenant of Mayors 2026 – Wopke Hoekstra

Les ambitions de l’Europe ont besoin d’investissements locaux

La cérémonie de signature du Pacte européen a mis en lumière un point essentiel : les villes s’emploient déjà à promouvoir l’accès à une énergie abordable et la résilience, protégeant ainsi les populations des crises énergétiques et climatiques. Maintenir cette dynamique exige un engagement politique et des investissements constants.

« Notre budget, c’est notre avenir. Il doit refléter nos ambitions politiques, notamment nos objectifs climatiques. Nous avons besoin d’un financement continu pour l’action climatique. Il est essentiel de garantir ce financement au niveau européen et, tout aussi important, de veiller à ce qu’il parvienne aux collectivités locales, là où il peut avoir un impact concret. » – Emil Boc, maire de Cluj-Napoca (Roumanie) et membre du Conseil de la Convention des maires de l’UE

Covenant of Mayors 2026 - Emil Boc
Covenant of Mayors 2026 – Emil Boc

Alors que l’UE élabore ses futurs cadres de financement et de gouvernance, la question est de savoir comment garantir aux villes les moyens d’atteindre les objectifs européens communs. Un financement stable, des politiques favorisant l’investissement local et une coopération efficace entre les autorités européennes, nationales et locales sont indispensables pour progresser au rythme qu’exigent les crises actuelles.

« Le nouvel agenda de l’UE pour les villes offre un cadre pour un développement urbain durable, aidant les villes à façonner les politiques de l’UE et rendant le soutien de l’UE plus accessible quelle que soit la taille de la ville. » – Raffaele Fitto, vice-président exécutif de la Commission européenne chargé de la cohésion et des réformes.

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BoT Ambassadeurs de 2026

Bridges of Trust Award Ceremony 2026

Bridges of Trust remise des prix : reconnaissance de la coopération municipale européenne avec l’Ukraine

1 113 mots
5–7 minutes

Il existe une forme de diplomatie qui passe souvent inaperçue, mais qui peut avoir un impact profond sur la vie des gens : deux maires se rencontrent et conviennent d’entamer une coopération. S’ensuit un dialogue continu sur les besoins et un échange d’expertise entre les acteurs de l’administration, de la société civile et les citoyens.

Le 14 octobre 2026, à Bruxelles, lors de la Semaine européenne des régions et des villes, ce travail discret a été officiellement reconnu. Lors de la première édition de la cérémonie de remise des prix « Bridges of Trust », six partenariats municipaux ont été nommés Ambassadeurs de « Bridges of Trust », une nouvelle distinction récompensant la coopération municipale entre l’Ukraine et le reste de l’Europe. Certains de ces partenariats remontent à plusieurs décennies, d’autres ont vu le jour dans les premières semaines qui ont suivi l’invasion à grande échelle.

Bridges of Trust Award Ceremony 2026
Bridges of Trust Award Ceremony 2026 – CEMR President Christoph Schnaudigel

Lauréats reflétant la diversité

Le jumelage municipal existe en Europe depuis l’après-guerre, lorsque d’anciens adversaires ont uni leurs villes dans un geste de réconciliation, certes modeste, mais délibéré. ​​Cette pratique ne s’est jamais vraiment éteinte, mais elle a trouvé une nouvelle vocation. Oberhausen (Allemagne) et Zaporijia (Ukraine), par exemple, sont jumelées depuis 1986 ; ce partenariat a fêté ses 40 ans cette année et, loin de se réduire à une simple formalité, il a pris une dimension très concrète. Ensemble, les ambassadeurs du programme « Bridges of Trust » illustrent la diversité de la coopération municipale : la taille et la situation géographique des communes, les acteurs impliqués, les thématiques abordées… On peut citer, entre autres, la livraison de matériel de réadaptation à l’hôpital municipal n° 4 de Zaporijia, la mise en place d’un service de taxi social ayant effectué plus de 1 200 trajets durant ses six premiers mois d’activité, et la mise à disposition de plus de dix véhicules communautaires dans le cadre d’un programme de protection civile.

Bridges of Trust Award Ceremy 2026 - Artem Husak
Bridges of Trust Award Ceremy 2026 – Artem Husak

Ce qui distingue les partenariats récompensés, c’est le caractère dynamique et mutuellement bénéfique de la relation. Fastiv, dans l’oblast de Kyiv, s’est associée à Trollhättan, en Suède, en 2024 seulement, et en moins d’un an, les spécialistes de Fastiv en gestion de crise formaient les services d’urgence de Trollhättan, s’appuyant sur une expérience qu’aucune municipalité en temps de paix ne pourrait acquérir autrement.

Bridges of Trust Award Ceremony 2026 - Vladimir Prebilic
Bridges of Trust Award Ceremony 2026 – Vladimir Prebilic

Les partenariats à l’origine du prix

Ce prix est une initiative conjointe de la Communauté « Bridges of Trust », coordonnée par le Secrétariat du Hub de partenariat européen, hébergée par le CEMR et soutenue par l’UE et ses États membres dans le cadre du programme U-LEAD with Europe. Au total, 55 partenariats municipaux avec l’Ukraine ont déposé des candidatures conjointes, témoignant de la qualité de leur coopération. Neuf organisations partenaires à travers l’Europe ont présélectionné des partenariats candidats. Un jury, comprenant des membres du Comité européen des régions, en a sélectionné un groupe. La décision finale est revenue aux quatre associations nationales ukrainiennes, les mieux placées pour juger de l’impact concret des partenariats sur le terrain.

Bridges of Trust Award Ceremony 2026 - Olena Tomniuk
Bridges of Trust Award Ceremony 2026 – Olena Tomniuk

Six ambassadeurs ont été nommés, plus une distinction spéciale.

Les sept partenariats


Ropaži (Lettonie) × Boiarka (Ukraine) — créé en février 2023

L’aide d’urgence (véhicules, générateurs) a débuté dans les semaines qui ont suivi l’invasion. Aujourd’hui, elle finance une vestiaire social et un refuge pour femmes victimes de violence domestique qui accueillent plus de 3 000 personnes par mois, ainsi que des programmes de loisirs qui ont permis à plus de 100 enfants de Boiarka de se rendre en Lettonie.

Trollhättan (Suède) × Fastiv (Ukraine) — créé en 2024

Un mémorandum de coopération signé dans les six mois suivant le premier contact, axé sur la formation à la gestion des crises, la préparation civile et les échanges de jeunes, y compris des camps d’été annuels pour les enfants.

Bourges (France) × Korosten (Ukraine) — établi le 9 mars 2022

L’une des réactions municipales les plus rapides jamais enregistrées : premier contact le 2 mars 2022, accord signé une semaine plus tard, 200 femmes et enfants accueillis à Bourges en trois semaines. La collaboration s’est ensuite intensifiée : visites régulières de délégations et aide d’urgence de 10 000 € envoyée après l’attaque de drones sur Korosten en avril 2026.

Ciortești (Roumanie) × Zarichchia (Ukraine) — créée en 2025

Deux petites municipalités rurales, toutes deux dirigées par des femmes maires, disposant de ressources limitées mais d’une relation qui a évolué rapidement — une visite d’étude de cinq jours et une série de séances de travail ont abouti à une lettre d’intention pour un jumelage officiel en l’espace d’un an environ.

Oberhausen (Allemagne) × Zaporijia (Ukraine) — jumelées depuis 1986

Le partenariat le plus ancien du groupe, et une étude de cas sur ce que quatre décennies de confiance peuvent accomplir lorsque les circonstances l’exigent — décrit ci-dessus.

Coevorden (Pays-Bas) et Nordhorn (Allemagne) × Tchouhouïv (Ukraine) — jumelage depuis 1963, trilatéral depuis 2023

Voilà un exemple à suivre. Les partenariats municipaux trilatéraux – où deux villes jumelées européennes établies accueillent conjointement une ville ukrainienne – restent rares, mais leur utilisation se développe afin de mutualiser les ressources et de renforcer la coordination transfrontalière. Coevorden et Nordhorn sont jumelées depuis 1963 ; plutôt que d’établir chacune une relation distincte avec l’Ukraine, elles ont ouvert leur partenariat existant à Tchouhouïv, combinant échanges de jeunes, un concert solidaire ayant permis de financer du matériel et le don, en 2026, d’un véhicule spécialisé de protection civile.

Utrecht (Pays-Bas) × Marioupol (Ukraine) — Mention spéciale

Marioupol est sous occupation russe depuis 2022, ce qui distingue ce partenariat des six autres : il n’existe aucune municipalité fonctionnelle du côté ukrainien avec laquelle nouer un jumelage au sens habituel du terme. Utrecht a donc établi une relation avec l’administration en exil de Marioupol, créant deux postes permanents en 2022 pour d’anciens employés municipaux, co-élaborant le Plan de relance de Marioupol, une vision de reconstruction et de redressement en vue du retour éventuel de la ville, et lançant en 2025 le Projet Justice de Marioupol avec la Cour pénale internationale afin de recueillir des témoignages. Ce partenariat bénéficie d’une reconnaissance particulière précisément parce qu’il opère dans des conditions inédites : planifier l’avenir d’une ville alors même que celle-ci demeure inaccessible.

Bridges of Trust Ambassadors Awards
Bridges of Trust Ambassadors Awards

Que se passe-t-il ensuite ?

Bridges of Trust Award Ceremony 2026 - Ambassador Award

Chaque ambassadeur participe à un programme d’accélération d’un an : soutien stratégique, apprentissage entre pairs, partage d’expériences professionnelles et visibilité lors d’événements européens de haut niveau.

L’objectif n’est pas seulement de célébrer ces sept partenariats, mais aussi de donner à d’autres villes — y compris des paires jumelées depuis des décennies — un exemple concret de ce que cette relation peut devenir.

Car la forme la plus durable d’intégration européenne n’est peut-être pas celle négociée à Bruxelles. C’est celle qui se construit entre deux, voire trois, municipalités qui ont décidé que cette relation méritait d’être préservée.

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Dimension territoriale dans la future politique de cohésion

Future of Cohesion event 2026

Le CCRE et l’Association allemande pour le logement, l’urbanisme et l’aménagement du territoire (DV) ont organisé un débat sur le rôle de la dimension territoriale dans la future politique de cohésion

1 113 mots
5–7 minutes

Le 12 octobre, lors de la Semaine européenne des régions et des villes 2026, le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) et l’Association allemande pour le logement, l’aménagement urbain et spatial (DV), avec le soutien du ministère fédéral allemand du Logement, du Développement urbain et de la Construction (BMWSB), ont réuni des décideurs politiques, des praticiens et des représentants élus pour discuter de la manière de renforcer la dimension territoriale de la prochaine politique de cohésion de l’UE.

Future of Cohesion event - Speakers
Speakers of the event (from left to right): Claragh Mulhern, Tilman Buchholz, Raquel Garcia Hermida-van der Walle, Christoph Schnaudigel, Renata Calak, Arjen Gerritsen, Matija Kovač

Alors que les négociations sur le cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034 se poursuivent, les États membres avancent déjà dans l’élaboration de leurs plans de partenariat nationaux et régionaux (PPNR). Dans ce contexte, et en l’absence de financement spécifique prévu par la Commission européenne pour promouvoir le recours aux approches territoriales intégrées telles que les investissements territoriaux intégrés (ITI), le développement local mené par les communautés (CLLD/LEADER) et autres outils similaires, le CCRE et DV ont concentré le débat sur cette question.

« La dimension territoriale et ses instruments locaux peuvent s’appuyer sur les atouts régionaux grâce à la coopération intercommunale tout au long du continuum rural-urbain. Ils peuvent rendre les bénéfices des investissements européens visibles au quotidien, favoriser l’innovation et la résilience économiques et rapprocher l’Europe de ses citoyens. » Dr René Peter Hohmann, directeur exécutif du bureau européen de DV.

Une gouvernance multiniveaux « opérationnelle » et non « symbolique » est nécessaire

En ouvrant l’événement, Christoph Schnaudigel, président du CCRE et du comté de Karlsruhe, a déclaré que la dimension territoriale n’était pas un simple ajout technique à la politique de cohésion, mais bien une condition essentielle à sa réussite. Il a averti qu’une politique simplifiée sur le papier pourrait s’avérer moins efficace dans la pratique si elle ignorait la manière dont la transition climatique, les évolutions démographiques, le logement abordable et l’accès aux services se manifestent différemment selon qu’il s’agisse d’une capitale, d’une petite commune, d’une île ou d’une zone montagneuse.

Il a également souligné que le partenariat et la gouvernance à plusieurs niveaux « doivent être opérationnels et non symboliques », et que les gouvernements locaux et régionaux doivent être de véritables partenaires dans la préparation, la mise en œuvre et le suivi des NRPP plutôt que de simples prestataires de services.

Le cas de Celje (Slovénie) : un exemple de la manière d’intégrer la dimension territoriale

Suite à ces propos, Matija Kovač, maire de Celje (Slovénie), a illustré la mise en œuvre de la dimension territoriale dans sa ville. « L’ITI (Investissement Territorial Intégré) à Celje est un bon exemple de gouvernance multiniveaux, gérée par et pour les villes. De plus, forte de l’expérience acquise lors de deux périodes de programmation depuis 2014, elle a permis d’instaurer un climat de confiance entre les instances nationales, les ministères et les municipalités », a-t-il déclaré lors de l’événement.

« Je pense que c’est aussi une nouvelle façon de mettre à profit nos connaissances et notre organisation pour aider les États-nations à aller de l’avant avec la décision territoriale. »


Prévisibilité, flexibilité, mécanismes formels pour les NRPP… différents points de vue dans un débat de haut niveau

La discussion de haut niveau, « Quo Vadis Cohesion Policy ? », a réuni des décideurs politiques aux niveaux européen, national et régional, ainsi que des députés européens et des élus locaux.

Selon Arjen Gerritsen, commissaire du roi pour le Flevoland et porte-parole du CCRE pour le budget de l’UE, la future architecture de financement doit garantir la stabilité, le respect de la diversité territoriale et le soutien aux investissements intégrés. Il a insisté sur le fait que les fonds de cohésion doivent rester identifiables et prévisibles au sein des PNRPP.

« Nous avons besoin de ressources régionales prévisibles, d’une couverture régionale obligatoire (ou de chapitres), d’outils territoriaux renforcés et de conditions favorables. Ensemble, ces éléments peuvent contribuer à garantir que la politique de cohésion continue de soutenir la cohésion économique, sociale et territoriale dans toutes les régions européennes », a-t-il ajouté.

Renata Calak, directrice du département de la stratégie au ministère des Finances et de la Politique régionale en Pologne, a présenté la première perspective nationale et a souligné que « le nouveau cadre offre [à la Pologne] à la fois des défis et des opportunités. Les ITI ne sont pas prévus dans le nouveau cadre, mais [la Pologne] créera [son] propre instrument national pour poursuivre le travail accompli sur les approches territoriales. »

Future of Cohesion event - Speakers roundtable
Roundtable discussion, speakers (from left to right): Raquel Garcia Hermida-van der Walle, Arjen Gerritsen, Renata Calak, Claragh Mulhern, Anna Wagner

S’inspirant de l’exemple polonais, Claragh Mulhern, conseillère principale au sein du Département national de planification stratégique du logement en Irlande, a présenté la position irlandaise.

« En Irlande, nous avons mis en œuvre une stratégie spatiale fondée sur une approche territoriale équilibrée. Nous envisageons l’ensemble des enjeux dans le cadre d’une stratégie cohérente et transversale, offrant ainsi à l’échelle nationale la possibilité d’étudier les interventions possibles sur l’ensemble du territoire. »

La discussion s’est ensuite transformée en un bref débat entre la commissaire Anna Wagner, chef d’unité chargée de la politique régionale et urbaine, et la députée européenne Raquel Garcia Hermida-van der Walle.

Alors que Wagner a souligné que « la dimension territoriale est ancrée dans le cadre futur grâce au processus du Semestre européen et que, pour la première fois, une analyse territoriale systématique et détaillée est menée afin d’orienter les plans de partenariat nationaux et régionaux », Garcia Hermida-van der Walle a réaffirmé que « le principe de partenariat, la gouvernance multiniveaux et la nécessité pour les collectivités locales et régionales d’une gestion partagée doivent figurer dans le texte de loi, [car ce n’est tout simplement pas le cas actuellement] ». « Il faut que ce soit un texte qui, si les États membres ne le respectent pas, oblige la Commission à intervenir », a-t-elle ajouté.

Future of Cohesion event - Last speaker
Future of Cohesion event, speaker: Tilman Buchholz

L’événement s’est conclu par l’intervention de Tilman Buchholz du BMWSB, qui a évoqué une ambition commune : celle de construire une coalition européenne pour des approches territoriales équilibrées et intégrées reliant les villes à leurs zones environnantes et complétant le développement urbain et rural, alors que les négociations sur le CFP et le NRPP progressent.

Le CCRE continuera de travailler avec les institutions européennes, les États membres et ses partenaires pour veiller à ce que la future politique d’investissement de l’Europe repose sur la connaissance, la légitimité et les capacités de ses territoires.

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