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Appel à propositions – rédacteur multimédia

Looking for Proposals EU Green Deal - News 2024

Le CCRE cherche une agence pour la production de vidéos


Le CEMR recherche un monteur multimédia capable de créer 4 vidéos présentant les initiatives clés et le travail du CEMR tout au long de l’année, selon un calendrier précis.

Le prestataire travaillera en étroite collaboration et de manière continue avec le responsable de la communication du CEMR.

Veuillez consulter nos conditions générales

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Plateforme de partenariat européen : « guichet unique » UE-Ukraine

La semaine dernière, le Comité européen des régions a adopté en séance plénière le « Paquet d’élargissement 2025 – Ukraine, Moldavie et Géorgie ».


Le Comité européen des régions (CdR) a adopté un amendement reconnaissant explicitement le Hub de partenariat européen (BPE) comme le guichet unique de coopération entre les collectivités locales et régionales ukrainiennes et l’Union européenne. Ce Hub a été lancé lors de la Conférence sur la relance de l’Ukraine de 2025, suite à la déclaration commune de l’Alliance européenne des villes et des régions pour la reconstruction de l’Ukraine.

Hébergé par le CCRE, qui pilote déjà les partenariats municipaux UE-Ukraine via Bridges of Trust, la « Matchmaking Platform » et SUN4Ukraine, ce hub coordonne et connecte les initiatives au sein de la communauté Bridges of Trust. Il facilite les échanges, fournit des informations et organise des réunions conjointes afin d’harmoniser les efforts, de créer des synergies et d’aider les municipalités à acquérir les compétences nécessaires à la relance, à la coopération et à l’adhésion à l’UE.

Six autres amendements renforcent le rôle des collectivités locales et régionales dans l’élargissement de l’UE

Le texte final du CoR comprend également six amendements déposés par les membres du CoR Māris Zusts et Gints Kaminskis et suggérés par l’Association lettone des gouvernements locaux et régionaux (LALRG), en étroite coopération avec PLATFORMA.

Ces amendements visent à renforcer un message politique central : l’élargissement de l’UE ne réussira que s’il s’appuie sur les réalités locales et régionales, s’il résiste aux menaces hybrides et s’il bénéficie du soutien démocratique des citoyens. Dans cette perspective, la décentralisation, la gouvernance à plusieurs niveaux, l’égalité des genres et la lutte contre la manipulation de l’information étrangère sont considérées comme des composantes essentielles d’un élargissement durable.

Coopération avec les gouvernements locaux

Les amendements adoptés soulignent davantage la nécessité du soutien public, notamment par la coopération avec les collectivités locales, en particulier dans le contexte de l’après-guerre en Ukraine. Ils préconisent des campagnes de sensibilisation et une implication des médias afin de favoriser l’acceptation des pays candidats. La résilience et l’intégrité démocratiques sont également mises en avant, notamment grâce au renforcement des mesures anticorruption à tous les niveaux de gouvernement. La transparence dans les marchés publics est soulignée, en particulier en ce qui concerne les efforts de reconstruction.

Concernant la Moldavie, les amendements saluent les progrès des réformes mais expriment des inquiétudes quant à l’ingérence étrangère (FIMI) lors des élections de 2025, et préconisent des mesures de résilience et un soutien aux médias indépendants.

Ces amendements soutiennent également les gouvernements locaux en Géorgie face au recul démocratique, en soulignant la nécessité d’une coopération continue pour maintenir le dialogue et la gouvernance démocratique alors que le pays poursuit son processus d’adhésion à l’UE.

Perspectives d’avenir

Ces amendements placent les collectivités locales et régionales au cœur de l’élargissement de l’UE, reconnaissant que des effets durables, des démocraties résilientes et des communautés fortes dépendent de leur rôle actif.

La prochaine étape consiste pour le Parlement européen, le Conseil et la Commission à prendre en compte ces recommandations dans leurs travaux respectifs sur l’élargissement.

Le CEMR, en collaboration avec PLATFORMA et ses partenaires, continuera de plaider en faveur de ces recommandations, de coordonner les initiatives et de favoriser les échanges afin de renforcer le rôle des collectivités locales et régionales.

Le Hub de partenariat européen est soutenu par l’Union européenne et ses États membres par le biais d’U-LEAD avec l’Europe.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Prise de position sur le logement

Housing policy paper - News 2026

Un plan local de logement visant à renforcer le rôle des villes, des communes et des régions face aux défis du logement en Europe


La crise du logement en Europe a atteint des niveaux sans précédent, avec des conséquences directes pour les citoyens vivant dans les villes et les régions du continent. Le plan européen pour le logement abordable constitue un progrès significatif, mais il ne portera ses fruits que si le plein potentiel des collectivités locales et régionales est mobilisé.

Le nouveau document de position du CCRE, intitulé « Un plan local pour le logement », présente des propositions au plan européen pour le logement abordable, arguant que les ambitions de l’Europe ne se traduiront par des résultats concrets que si les villes et les régions sont pleinement habilitées à agir.

Pour y parvenir, le CCRE identifie quatre priorités qu’il faut débloquer pour que les gouvernements locaux et régionaux puissent agir sur le terrain :

1. Mobiliser les investissements là où ils sont les plus nécessaires.

Le financement insuffisant et imprévisible constitue l’un des principaux obstacles au développement de logements abordables et durables dans les villes et les régions. Les collectivités locales et régionales ont besoin de cadres d’investissement à long terme. Le CCRE préconise :

  • Un accès plus simple et plus large aux financements européens et nationaux, notamment à la politique de cohésion et aux instruments du budget de l’UE pour la période 2028-2034, afin que les municipalités de toutes tailles puissent planifier et mettre en œuvre leurs projets.
  • Réformes des règles fiscales et modernisation des aides d’État, en considérant les logements abordables et économes en énergie comme un investissement à long terme plutôt que comme une dépense ordinaire.
  • Un soutien pour renforcer les capacités de construction et l’innovation, des compétences à la construction et à la rénovation circulaires et résilientes face au changement climatique.

2. Permettre une planification plus rapide et plus cohérente pour accélérer la mise en œuvre

Des procédures fragmentées et complexes retardent la construction de logements indispensables dans les États membres. Le CCRE exhorte les autorités européennes et nationales à :

  • Rationaliser la planification et les évaluations environnementales, en réduisant les doublons tout en maintenant des normes de durabilité élevées.
  • Favoriser les approches territoriales, en donnant aux villes et aux régions la flexibilité nécessaire pour accéder aux terrains, régénérer les friches industrielles et planifier des quartiers intégrés et inclusifs.
  • Promouvoir le marché unique de la construction en harmonisant les normes techniques afin de réduire les retards, de stimuler l’innovation et de faire baisser les coûts.

3. Améliorer l’efficacité grâce à la numérisation des permis

La délivrance de permis numériques peut accélérer les rénovations et les nouvelles constructions, mais de nombreuses administrations locales et régionales manquent de ressources pour la mettre en œuvre. Le CCRE préconise :

  • Des financements, des formations et une assistance technique dédiés sont nécessaires pour des systèmes d’autorisation interopérables au niveau local, national et européen.
  • Des directives plus claires à l’intention des candidats et des développeurs permettront d’améliorer la qualité des candidatures.

4. Exploiter pleinement le potentiel de l’Europe grâce à un véritable partenariat à plusieurs niveaux

Le plan européen pour le logement abordable ne réussira que grâce à une véritable coopération entre les différents niveaux de gouvernement. Le CCRE demande :

  • Une gouvernance structurée à plusieurs niveaux, avec la pleine participation des gouvernements locaux et régionaux à la conception, à la mise en œuvre et au suivi.
  • Une plus grande autonomie municipale et une clarification juridique, garantissant que les responsabilités correspondent au financement.
  • Des ressources adéquates pour l’Alliance européenne du logement, avec une participation structurée des gouvernements locaux et régionaux, qui sert également à coopérer au-delà de l’UE pour relever les défis du logement partagé.

Le défi du logement en Europe exige une action rapide et coordonnée. Le plan européen pour le logement abordable établit un cadre important, mais son succès dépendra de sa capacité à donner aux gouvernements les moyens d’agir au plus près des citoyens. En mobilisant les investissements, en assouplissant les règles d’urbanisme, en renforçant l’efficacité numérique et en instaurant une véritable gouvernance à plusieurs niveaux, l’Europe peut passer de l’ambition à la réalisation.

Le « Plan local pour le logement » du CCRE propose une stratégie claire : agir localement, investir judicieusement et collaborer à tous les niveaux de gouvernement. C’est uniquement en travaillant au niveau des villes, des communes et des régions que l’Europe pourra garantir à tous un logement abordable, durable et inclusif.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Offre d’emploi – Chargé(e) de communication

Young people - News

Le CEMR recherche un(e) chargé(e) de communication (remplacement congé maternité)


Le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) recherche un(e) chargé(e) de communication pour rejoindre son secrétariat basé à Bruxelles pour un remplacement de congé maternité de six mois, de juin à décembre 2026.

À propos du rôle

Nous recherchons un(e) chargé(e) de communication possédant une solide formation journalistique et une expérience avérée en communication relative aux enjeux européens. La personne retenue sera chargée de vulgariser des sujets politiques complexes afin de les rendre accessibles et attrayants, et de les diffuser sur différents supports.

Au sein d’une équipe de cinq professionnels de la communication et en étroite collaboration avec l’équipe des politiques et les associations membres, le/la chargé(e) de communication aura pour missions :

  • Produire du contenu éditorial de haute qualité, notamment des articles de presse, des interviews, des newsletters et des reportages
  • Développer des produits multimédias tels que des vidéos, des podcasts et des infographies.
  • Contribuer aux campagnes de communication, notamment aux initiatives paneuropéennes telles que la campagne budgétaire de l’UE et le 75e anniversaire du CCRE
  • Soutien aux relations avec les médias et à la communication événementielle
  • Renforcer la présence numérique et la communication sur les réseaux sociaux du CCRE

Ce poste offre une opportunité unique de contribuer à amplifier la voix des gouvernements locaux et régionaux au niveau européen durant une période particulièrement dynamique pour l’organisation.

Profil

Les candidats doivent posséder :

  • Un diplôme pertinent (de préférence en journalisme ou en communication)
  • 2 à 5 ans d’expérience dans un rôle similaire
  • Excellentes compétences en rédaction et en narration
  • Solide connaissance du paysage politique de l’UE
  • Expérience en communication numérique et création de contenu multimédia
  • Excellent anglais (le français est un atout considérable)

Notre offre

Le CCRE propose un contrat à durée déterminée de six mois avec un salaire compétitif (45 000 à 60 000 EUR bruts par an selon l’expérience), ainsi que des avantages supplémentaires tels qu’une politique et une allocation de télétravail, des tickets restaurant, des éco-chèques, une assurance maladie et une couverture des transports publics.

Comment postuler

Les candidats intéressés doivent envoyer un CV et une lettre de motivation avant le 20 mars 2026 à :

application@ccre-cemr.org
Objet : « Chargé(e) de communication – Remplacement congé maternité »

Plus d’information, cliquez ici

Le CCRE est un employeur qui souscrit au principe de l’égalité des chances et qui s’engage en faveur de la diversité et de l’inclusion.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Déclaration sur quatre années de guerre en Ukraine

Mayors in Ukraine - News 2023

Le CCRE publie une déclaration marquant quatre années de guerre et réaffirmant son soutien indéfectible à l’Ukraine


Quatre ans après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, les représentants élus locaux et régionaux du Conseil des communes et régions d’Europe (CEMR) réaffirment une fois de plus leur soutien indéfectible à l’Ukraine et à son peuple.

En ce quatrième anniversaire de l’agression russe, le CEMR a publié une déclaration officielle condamnant fermement la guerre, qui continue de faire d’innombrables victimes, et réaffirmant l’engagement des gouvernements locaux et régionaux européens à se tenir aux côtés de l’Ukraine dans sa lutte pour la liberté, la reconstruction et l’intégration européenne.

Appel à condamner les attaques contre les maires ukrainiens

Les élus locaux et régionaux restent en première ligne de ce combat, assurant la continuité des services essentiels dans des conditions extraordinaires et souvent dangereuses. Pourtant, ils continuent d’être directement pris pour cible.

Le CCRE dénonce l’enlèvement de maires ukrainiens et soutient l’appel de l’Association des villes ukrainiennes exigeant la libération immédiate des personnes toujours détenues :

  • Oleksandr Babych – Maire de Hola Prystan
  • Ihor Kolykhaiev – Maire de la ville de Kherson
  • Anatolii Siryi – Starosta du district de Novi Borovychi Starosta, municipalité de Snovsk

Le CCRE condamne également l’emprisonnement arbitraire, la torture et le meurtre de citoyens ukrainiens détenus en Russie, notamment :

  • Yevhenii Matvieiev – Maire de Dniprorudne
  • Oleksii Vynnychenko – Starosta du district de Hrebenykivka Starosta de la municipalité du village de Boromlia

Engagement en faveur de la paix, de la reconstruction et de l’intégration à l’UE

Le CCRE appelle à la fin immédiate de la guerre et à des mesures décisives pour instaurer une paix juste et durable en Europe et reconstruire l’Ukraine. Pour y parvenir, l’Union européenne et ses États membres doivent s’engager pleinement à chaque étape du processus. Les collectivités territoriales et les gouvernements régionaux européens sont prêts à contribuer activement au redressement, à la résilience démocratique et à la stabilité à long terme.

Dans sa déclaration, le CCRE réaffirme son engagement envers :

  • Soutenir la reconstruction de l’Ukraine par le biais de partenariats, d’échanges et d’une coopération décentralisée entre les villes, les agglomérations et les régions.
  • Accompagner l’Ukraine sur la voie de son adhésion pleine et entière à l’UE, renforcer la gouvernance démocratique et la coopération à plusieurs niveaux à travers l’Europe.
  • Maintenir et développer la coopération grâce à des initiatives clés, notamment :

Un appel à un engagement européen soutenu

Alors que la guerre entre dans sa cinquième année, un soutien politique, financier et institutionnel constant demeure essentiel. La reconstruction de l’Ukraine et l’instauration d’une paix juste et durable exigent une solidarité continue, une action coordonnée et un engagement à long terme.

Le CCRE réaffirme sa fermeté dans la défense des valeurs européennes de démocratie, de paix et d’État de droit. Les collectivités territoriales et régionales européennes restent déterminées à accompagner l’Ukraine vers une adhésion pleine et entière à l’UE, contribuant ainsi à une Europe plus forte, plus résiliente et plus sûre.

Lire la déclaration complète du CEMR :

Recommandations du CCRE : cinq conditions essentielles pour une intégration juste et effective de l’Ukraine dans l’UE

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

« Les villes sont des laboratoires de solutions »

ODELL - News 2026

Pol Morillas (CIDOB), la députée européenne Hanna Jalloul et des dirigeants locaux réfléchissent à la géopolitique actuelle et à ses effets en Europe, au désordre mondial et à la raison pour laquelle les dirigeants locaux sont plus importants que jamais


À une époque où la politique mondiale est de plus en plus façonnée par les rivalités de pouvoir et la logique du tout ou rien, les villes et les régions peuvent sembler périphériques sur le grand échiquier géopolitique. Mais selon Pol Morillas, directeur du CIDOB (Centre des affaires internationales de Barcelone), cette perception est profondément trompeuse.

S’exprimant lors d’une réunion de la section européenne de CGLU, aux côtés de la députée européenne Hanna Jalloul, vice-présidente de la commission des affaires étrangères du Parlement européen, et de représentants de municipalités et de régions de toute l’Europe, M. Morillas a présenté un diagnostic pointu de la situation mondiale actuelle et un argument convaincant expliquant pourquoi les dirigeants locaux et régionaux sont des acteurs essentiels dans la réponse de l’Europe à cette situation.

« Nous entrons dans un monde pour lequel nous n’avons pas été préparés »

M. Morillas décrit 2026 comme l’année où la « géopolitique brutale » aura pris toute son ampleur.

Pol Morillas - CIDOB

« Nous ne vivons pas dans le monde que l’Union européenne souhaitait », a-t-il expliqué. « Les marchés ouverts, la mondialisation fondée sur des règles et le multilatéralisme coopératif défendus par l’Europe cèdent la place à la politique de puissance, aux alliances transactionnelles et au retour de l’État en tant qu’acteur dominant. »

*Pol Morillas, directeur du CIDOB (Centre des Affaires Internationales de Barcelone)

Ce changement dépasse le cadre d’une élection ou d’un dirigeant en particulier. Si le retour de Donald Trump à la Maison Blanche a accéléré cette tendance, Morillas voit une transformation plus large, impulsée par les grandes puissances, notamment la Chine et l’Inde, qui privilégient leurs intérêts nationaux et une concurrence à somme nulle.

Dans cet ordre émergent, les acteurs réagissent différemment. Certains s’adaptent. D’autres résistent, en particulier les mouvements de jeunesse à travers le monde. D’autres encore sont désorientés.

« Et l’Union européenne, note Morillas, navigue dans cette désorientation. » 

Les trois choix stratégiques de l’Europe 

Selon Morillas, l’Europe débat actuellement de trois grandes stratégies : 

  1. Maintenir l’engagement des États-Unis, même si cela nécessite un apaisement tactique, en particulier dans des domaines tels que la sécurité et le renseignement, où l’Europe ne dispose pas d’une autonomie totale.
  2. Construire de nouvelles alliances avec des puissances moyennes telles que le Japon, l’Inde et les pays du Mercosur afin de préserver les éléments d’un ordre fondé sur des règles.
  3. Rechercher une plus grande autonomie, en particulier dans des domaines tels que la technologie et la géoéconomie — même si, comme le souligne M. Morillas, « on parle souvent plus d’autonomie que d’actions concrètes ».

Ces stratégies coexistent, parfois difficilement, alors que l’Europe tente de se redéfinir dans un contexte mondial plus difficile. 

Mais ce n’est qu’une partie de l’histoire. 

De nouvelles opportunités diplomatiques pour les villes et les régions en tant que « laboratoires pour trouver des solutions »

Alors que la géopolitique fait la une des journaux, M. Morillas affirme que certaines des crises les plus urgentes se concentrent dans les villes et les régions, et que c’est précisément là que réside leur importance diplomatique. « Le rôle des villes et des régions sera particulièrement important lorsqu’elles serviront de laboratoires pour trouver des solutions aux crises qui touchent principalement les villes et les régions », a-t-il déclaré.

Il a notamment mentionné :

  • Le logement
  • Le coût de la vie
  • L’énergie
  • La mobilisation des jeunes et la réponse à leurs revendications

« Ces domaines sont loin de la géopolitique brutale et n’ont pas pour principale composante la défense », a expliqué M. Morillas. « Ils constituent des opportunités faciles à saisir pour les villes et les régions qui souhaitent jouer un rôle diplomatique intéressant. »

En d’autres termes, tandis que les États se disputent la sécurité et la domination stratégique, les gouvernements locaux gèrent les pressions quotidiennes qui façonnent la confiance des citoyens dans la démocratie. Leur capacité à innover et à réagir efficacement devient une forme de diplomatie en soi.

Mobilisation des jeunes et réponse démocratique 

M. Morillas a également souligné une tendance mondiale croissante : la résistance des jeunes à des systèmes politiques nationaux perçus comme peu réactifs.

« Nous voyons de plus en plus de jeunes résister à la politique nationale et proposer des modèles alternatifs de compréhension de la société », a-t-il déclaré.

Pour les villes et les régions, cela représente à la fois un défi et une opportunité. Les gouvernements locaux sont souvent les premiers à être confrontés aux revendications des jeunes, qu’il s’agisse de l’action climatique ou de l’accessibilité au logement. La qualité de leur réponse déterminera la résilience démocratique en Europe.

Un monde multipolaire, y compris au niveau local

La fragmentation de l’ordre mondial remodèle également la coopération entre les villes. Le directeur du CIDOB a souligné l’émergence de nouveaux forums au-delà des réseaux traditionnels dirigés par l’Occident, notamment des initiatives liées au BRICS+.

« Ce monde multipolaire existe également au sein des régions », a-t-il observé. « Les villes et les régions européennes doivent être conscientes de l’existence de ces nouveaux forums. »

L’alignement mondial n’est plus seulement l’affaire des ministères des Affaires étrangères. Il se reflète de plus en plus dans la manière dont les villes coopèrent, s’associent et se positionnent sur la scène internationale.

De la consultation à la codécision en Europe 

Plus important encore, M. Morillas considère que les villes et les régions gagnent en importance au sein même de l’architecture européenne. « Ce n’est pas seulement une question qui concerne les États membres », a-t-il affirmé. « Les villes peuvent jouer un rôle important dans l’architecture européenne, parfois seulement en tant que consultées, mais de plus en plus en ayant leur mot à dire sur l’avenir de l’intégration européenne. »

Des initiatives en matière de logement à la transition énergétique urbaine, les débats politiques européens touchent de plus en plus de domaines dans lesquels les villes ont une compétence première.

Pour faire avancer ce programme, le CIDOB a lancé l’initiative «Local Europe» avec le soutien de la mairie de Barcelone, dans le but de renforcer ce que Morillas appelle « l’Europe des villes ».

Le message sous-jacent est clair : l’avenir de l’intégration européenne ne se décidera pas uniquement dans les capitales nationales.

Comment les dirigeants locaux doivent-ils considérer le monde ?

Comment les dirigeants locaux et régionaux doivent-ils alors considérer le monde, et comment sont-ils perçus au sein de celui-ci ?

La discussion a clairement montré que les villes et les régions ne sont plus des acteurs périphériques, mais des piliers centraux de la crédibilité mondiale de l’Europe. 

GUNNARSSON Carola

Comme l’a également souligné Carola Gunnarsson, porte-parole du CCRE pour les affaires internationales et maire de Sala, en Suède, lors de cette session, « les municipalités et les régions ne sont pas de simples exécutants de la politique européenne. Nous sommes les co-créateurs de la crédibilité de l’Europe ».

*Carola Gunnarsson, porte-parole du CEMR pour les affaires internationales et maire de Sala, lors du Sommet des dirigeants en 2025

Dans un environnement géopolitique marqué par les confrontations idéologiques et les tensions démocratiques, la cohérence entre la gouvernance locale et l’ambition mondiale devient décisive. « Si nous voulons que l’Europe soit un acteur mondial fort, nous devons être cohérents tant au niveau international que local », a-t-elle souligné. 

Faisant écho à cet appel à la cohérence, la députée européenne Hanna Jalloul, vice-présidente de la commission des affaires étrangères du Parlement européen, a souligné l’impact direct des décisions de l’UE sur la vie quotidienne des citoyens.

Elle s’est toutefois interrogée sur le décalage démocratique persistant : « Pourquoi n’avons-nous atteint qu’un taux de participation de 50 % aux élections européennes ? » Selon Mme Jalloul, « de nombreux citoyens ne réalisent pas pleinement à quel point les décisions économiques et agricoles prises ici les affectent directement ».

*Hanna Jalloul, députée européenne et vice-présidente de la commission des affaires étrangères du Parlement européen (photo du Parlement européen)

Au-delà de la politique interne, elle a souligné l’importance de la cohérence dans l’action extérieure de l’Europe. « Nous parlons de paix, mais notre système multilatéral — que nous défendons depuis 1945 — doit être cohérent. » Dans un environnement géopolitique difficile, a-t-elle fait valoir, l’Union européenne doit aligner ses priorités commerciales et son autonomie stratégique sur ses valeurs fondamentales.

Quand le fossé démocratique atteint le niveau local

Ce fossé entre la prise de décision européenne et la perception des citoyens, qui avertit les participants, n’est pas abstrait. Lorsque les gens ont le sentiment que les décisions sont lointaines, floues ou incompatibles avec les valeurs proclamées, la frustration grandit, et elle se manifeste souvent d’abord au niveau local.

*Eider Enunciaga, porte-parole pour la démocratie locale au CEMR et représentante du conseil municipal de Bilbao, lors de l’événement du CEMR pour le lancement de l’Observatoire européen

Comme l’a souligné Eider Enunciaga, porte-parole pour la démocratie locale au CCRE et représentante du conseil municipal de Bilbao, les dirigeants locaux sont de plus en plus confrontés à l’hostilité et à l’intimidation, tant hors ligne qu’en ligne. « L’avenir de nos démocraties en Europe est en jeu ici », a-t-il souligné, notant que les tensions géopolitiques, la désinformation et la polarisation affectent directement les municipalités et les régions.

En réponse à cette pression croissante, le CCRE, en collaboration avec la ville de Bilbao, l’université Bocconi et l’Association basque des communes, a lancé l’Observatoire européen de la démocratie au niveau local. Cette initiative vise à recueillir des données sur les menaces pesant sur les représentants locaux, à identifier les tendances émergentes et à mieux comprendre les facteurs à l’origine des attaques contre les institutions démocratiques.

« En renforçant la démocratie au niveau local, nous renforçons également le projet européen », a conclu M. Enunciaga.

Pour plus d’information, veuillez contacter :

Appel à propositions – Communications

Call for Proposals BoT - News 2023

Le CCRE recherche actuellement une agence avec laquelle collaborer afin de produire l’ensemble des livrables pour 2026


Le CCRE souhaite collaborer avec une agence de branding ou de design professionnelle et certifiée afin de développer l’ensemble des livrables détaillés dans ce document.

L’agence devra travailler en étroite collaboration avec le CCRE afin de produire des livrables et des supports de haute qualité.

Veuillez consulter nos termes de référence.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Global Europe 2028–2034

Global Europe - position paper

Les collectivités locales et régionales au cœur de « Global Europe 2028–2034 » : notre position politique


Alors que l’Union européenne prépare son prochain cadre financier pluriannuel (CFP) pour 2028–2034, l’instrument Global Europe définira l’action extérieure de l’UE pour les années à venir — englobant la coopération au développement, l’aide humanitaire, le soutien à l’élargissement et l’initiative Global Gateway. Découvrez la position politique détaillée de PLATFORMA, qui expose comment cet instrument stratégique devrait être façonné pour favoriser des partenariats mondiaux durables et promouvoir une gouvernance inclusive.

À une époque marquée par des crises mondiales multiples et interconnectées — du dérèglement climatique à la réduction des financements du développement, en passant par l’instabilité géopolitique — le rôle des collectivités locales et régionales (CLR) est plus crucial que jamais. Le document de PLATFORMA repose ainsi sur la conviction qu’une action mondiale efficace commence au niveau local.

Les collectivités locales et régionales en tant que co-décideurs, acteurs de mise en œuvre et partenaires

La position de PLATFORMA part d’un constat clair : malgré leur proximité avec les citoyens et leur connaissance approfondie des contextes locaux, les CLR restent insuffisamment reconnues dans les cadres de l’action extérieure de l’UE. La coalition appelle à ce que l’instrument Global Europe aille au-delà de références symboliques aux « autorités locales » et intègre des mécanismes qui permettent réellement d’autonomiser les CLR en tant que co-décideurs, acteurs de mise en œuvre et partenaires des politiques extérieures de l’UE.

Recommandations clés

Le document formule 9 recommandations principales à l’attention des décideurs européens :

  1. Renforcer la gouvernance multiniveau dans Global Europe et placer les collectivités locales et régionales au cœur du développement territorial ;
  2. Associer flexibilité et simplification à des objectifs ambitieux d’aide publique au développement, tout en renforçant les mécanismes de redevabilité et de transparence ;
  3. Exploiter pleinement le potentiel de Global Gateway grâce à l’implication des collectivités locales et régionales ;
  4. Renforcer l’engagement des délégations de l’UE avec les collectivités locales et régionales ;
  5. Reconnaître et autonomiser les collectivités locales et régionales en tant que partenaires de développement uniques et efficaces dans les contextes fragiles ;
  6. Promouvoir la territorialisation des Objectifs de développement durable afin de parvenir à des sociétés décarbonées et à une justice climatique ;
  7. Impliquer les citoyens par le biais de l’éducation à la citoyenneté mondiale, en tant que composante clé de la coopération décentralisée au développement ;
  8. Promouvoir une gouvernance locale inclusive et participative : autonomiser les jeunes, les femmes ainsi que les groupes défavorisés et sous-représentés ;
  9. Renforcer la gouvernance locale dans le cadre de la politique de voisinage oriental et de la stratégie d’élargissement de l’UE.

À travers ces recommandations, PLATFORMA vise à améliorer la proposition actuelle relative à l’instrument Global Europe, afin qu’elle reconnaisse pleinement et soutienne la contribution des collectivités locales et régionales à l’action extérieure de l’UE, notamment via la coopération décentralisée comme modalité d’aide au développement.

PLATFORMA appelle également la Commission européenne à publier une communication actualisée sur l’implication structurée des collectivités locales et régionales et de leurs associations dans la nouvelle approche (géo)stratégique de l’action extérieure de l’UE.

Lire la position politique complète

Pour plus d’informations, contactez :

Changement climatique en Europe

ODELL - City of Bilbao, main banner

Le CCRE appelle à une approche territoriale de la résilience climatique en Europe


L’Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement au monde. Les vagues de chaleur, les inondations, les sécheresses et les phénomènes météorologiques extrêmes affectent déjà les communautés, les infrastructures et les écosystèmes sur l’ensemble du continent — avec des impacts qui varient fortement d’un territoire à l’autre. Dans ce contexte, l’adaptation au changement climatique est devenue une priorité urgente pour les villes, les communes et les régions, qui sont en première ligne pour maintenir les services essentiels et renforcer la résilience sur le terrain.

Alors que la Commission européenne élabore actuellement un nouveau cadre intégré pour la résilience climatique et la gestion des risques en Europe, le CCRE a publié un nouveau document de position intitulé S’adapter ensemble – Une approche territoriale de la résilience et de la gestion des risques, présentant des recommandations concrètes pour renforcer l’approche européenne en matière d’adaptation et de préparation face au changement climatique.

Un nouveau document de position : S’adapter ensemble

Le document met en évidence une réalité claire : les collectivités locales et régionales mettent déjà en œuvre la grande majorité des mesures d’adaptation, mais leur rôle reste insuffisamment reconnu et soutenu dans les cadres européens et nationaux. Le document appelle à une approche territoriale de la résilience climatique, fondée sur la gouvernance multiniveau et structurée autour de six priorités clés :

  • Donner aux collectivités locales et régionales des mandats clairs et la flexibilité nécessaire pour agir ;
  • Renforcer les capacités locales grâce à un meilleur accès aux données, aux outils et à l’apprentissage entre pairs ;
  • Garantir des financements prévisibles et accessibles pour les investissements en matière d’adaptation ;
  • Améliorer la préparation et la gestion des risques de catastrophe ;
  • Restaurer les écosystèmes et développer les solutions fondées sur la nature ;
  • Assurer la résilience de l’eau grâce à une gestion intégrée et pilotée au niveau local.

En combinant des leviers horizontaux (gouvernance, capacités et financements) avec des recommandations sectorielles, le document montre que l’autonomisation des villes, des communes et des régions est essentielle à la résilience globale de l’Europe.

Les villes, communes et régions en première ligne des politiques d’adaptation

Ronan Dantec, porte-parole du CCRE pour le climat, souligne :

« Aujourd’hui, il est urgent de reconnaître que l’adaptation au changement climatique est un enjeu central pour les municipalités et les régions de toutes tailles. Investir dans des infrastructures durables et utiliser nos ressources de manière plus efficace n’est pas une option, mais une nécessité pour garantir un avenir prospère pour toutes et tous. »

Les impacts climatiques sont intrinsèquement locaux. Même au sein d’un même pays, les risques peuvent varier considérablement entre zones urbaines et rurales, régions côtières et intérieures, ou territoires du nord et du sud. Les villes, communes et régions sont donc les mieux placées pour :

  • Évaluer les risques et vulnérabilités climatiques locaux ;
  • Protéger les populations vulnérables ;
  • Planifier et gérer des infrastructures résilientes ;
  • Assurer la continuité des services essentiels tels que l’eau, les transports et l’énergie ;
  • Mettre en œuvre des solutions fondées sur la nature et restaurer les écosystèmes.

Leur proximité avec les citoyens leur permet également d’intégrer la résilience sociale dans les politiques d’adaptation, afin de garantir que personne ne soit laissé de côté à mesure que les impacts climatiques s’intensifient.

Se préparer au futur cadre intégré de l’UE sur la résilience climatique

Le document de position du CCRE intervient à un moment politique clé, alors que le nouveau cadre intégré européen pour la résilience climatique et la gestion des risques devrait être adopté par la Commission européenne au second semestre 2026. Ce cadre visera à établir une approche européenne globale et cohérente en matière de résilience et de préparation face aux risques climatiques.

La consultation publique en cours de la Commission européenne sur ce futur cadre intégré comprend des questions portant notamment sur : l’intégration de la résilience dans les politiques de l’UE (« resilience by design »), l’harmonisation et la comparabilité des évaluations des risques climatiques, le financement de l’adaptation, le soutien aux niveaux local et régional, ainsi que la prise en compte des impacts du changement climatique sur la santé.

Le CCRE élabore actuellement une réponse à cette consultation en coopération avec son groupe d’experts, en demandant que les villes, les communes et les régions soient reconnues non seulement comme des acteurs de mise en œuvre, mais aussi comme des partenaires stratégiques dans la conception, le financement et le suivi de ce futur cadre. La consultation est ouverte jusqu’au 23 février 2026. Le CCRE encourage ses membres à y participer et à faire entendre leur voix.

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Rencontre Eider Inuntziaga (Bilbao)

Rencontre avec l’héroïne locale : Eider Inuntziaga, bâtir la confiance depuis les rues de Bilbao


Lorsque Eider Inuntziaga parle des collectivités locales, un mot revient sans cesse : la proximité.

Depuis 2023, elle est conseillère municipale à Bilbao, après plusieurs années d’engagement politique au sein du Parti nationaliste basque. Il s’agit de son premier mandat public, une expérience qui a transformé sa vision de la vie politique.

Auparavant, elle observait la politique de l’intérieur. Aujourd’hui, elle la vit au quotidien — dans la rue, au fil des conversations de quartier et dans les réactions directes des citoyens face aux décisions locales. La distance entre les élus et les habitants est minimale, ce qui rend la politique locale à la fois particulièrement significative et particulièrement exposée. Elle porte également cette expérience au niveau européen en tant que porte-parole du Council of European Municipalities and Regions pour la démocratie locale.

Partout en Europe, ces défis sont de plus en plus visibles. Pour mieux les comprendre et y répondre, le CCRE et ses partenaires, dont la Ville de Bilbao, ont lancé l’Observatoire européen pour la défense de la démocratie au niveau local — une initiative qui collecte des données, documente les menaces et le harcèlement visant les élus locaux et développe des outils pratiques pour mieux protéger celles et ceux qui servent leurs communautés.

Comme elle le souligne :
« Les collectivités locales sont le niveau d’administration le plus proche ; nous sommes le visage de la démocratie. »

Cette proximité crée de la confiance, mais elle concentre aussi les frustrations. Lorsque les citoyens sont mécontents, les responsables locaux sont souvent les premiers — et les plus faciles — à être pris pour cible.

Réseaux sociaux : utiles, mais risqués

Cette visibilité dépasse désormais largement la rue.

Eider Inuntziaga décrit sa relation aux réseaux sociaux comme « ambivalente ». S’ils permettent de créer du lien et de partager des informations, elle en perçoit aussi clairement les dérives.

« Les réseaux sociaux peuvent connecter des personnes et des histoires, et ils peuvent être utiles — jusqu’à un certain point. Mais ils génèrent aussi du bruit, de la polarisation, et parfois de la haine. Cela peut être dangereux. »

Pour les responsables politiques locaux, les effets sont concrets :
« Cela affecte l’intégrité, cela influence notre manière de nous exprimer, et cela peut faire taire certaines personnes. Cela peut pousser des élus à abandonner leur engagement — ou à avoir peur de ce qui se passe. »

Elle limite sa présence en ligne, utilisant principalement Facebook et LinkedIn, et veille à équilibrer soigneusement communication personnelle et communication politique.

La participation au-delà du jour des élections

Malgré ces défis, Inuntziaga reste profondément optimiste quant au rôle que peuvent jouer les collectivités locales pour renforcer la démocratie.

Son approche est simple : rester proche, écouter attentivement et impliquer autant que possible les citoyens. Pour elle, les élections ne sont qu’un point de départ. La participation quotidienne est tout aussi essentielle. À Bilbao, cette philosophie s’est traduite par des initiatives participatives invitant les habitants à contribuer à l’orientation de la ville.

Un exemple est « Bilbao Ville de Valeurs », un processus par lequel les citoyens ont collectivement défini un ensemble de principes communs pour guider la vie publique. L’objectif est de créer un cadre partagé qui renforce le sentiment d’appartenance et lutte contre la désinformation. Il ne s’agit pas seulement d’améliorer les politiques publiques, explique-t-elle, mais aussi de renforcer les relations entre les institutions et les citoyens qu’elles servent.

Tirer les leçons du passé de Bilbao

L’histoire de Bilbao a également façonné sa vision de la gouvernance.

La ville a connu une transformation profonde au cours des dernières décennies — passant du déclin industriel et du chômage à un renouveau fondé sur une planification de long terme et une coopération étroite entre institutions publiques, acteurs privés et société civile. Pour Inuntziaga, cette expérience démontre que le changement ne se produit pas du jour au lendemain et que la stabilité exige de la patience.

Elle évoque souvent trois éléments clés du redressement de Bilbao : la coopération, des valeurs partagées et une vision à long terme. Les solutions rapides fonctionnent rarement. Au contraire, des décisions cohérentes prises en gardant l’avenir à l’esprit permettent de reconstruire progressivement la confiance.

« Les décisions doivent être prises dans une perspective de long terme », affirme-t-elle, décrivant démocratie et stabilité comme des réalités qui se renforcent mutuellement.

Eider Inuntziaga lors du lancement de l’Observatoire européen pour la défense de la démocratie au niveau local.

Ancrée localement, tournée vers l’Europe

Bien que son action s’inscrive dans la politique municipale, Inuntziaga conserve une forte ouverture européenne. Elle suit attentivement les débats au-delà de l’Espagne et s’inspire de dirigeantes telles que Kaja Kallas, qu’elle admire pour sa vision du rôle de l’Europe dans un monde en mutation.

Néanmoins, son engagement reste résolument local. Pour elle, les villes sont les lieux où la démocratie est mise à l’épreuve chaque jour — là où les politiques publiques rencontrent la réalité, et où la confiance se construit ou se perd au fil des interactions quotidiennes.

Ce n’est peut-être pas le niveau politique le plus visible — mais c’est, à bien des égards, celui où la démocratie se vit le plus directement.


Pour en savoir plus, vous pouvez écouter l’épisode complet de Call Simone, également avec Gianmarco Daniele de l’Université Bocconi. Ils y discutent de l’impact croissant du harcèlement et de la désinformation sur les élus locaux en Europe, ainsi que de la manière dont l’Observatoire européen pour la défense de la démocratie au niveau local peut mieux suivre les menaces et protéger la démocratie locale.

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