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Profil du pays – Belgique n° 4

Brussels city image

Profil de pays sur la coopération décentralisée au développement : le cas de la Belgique


Les profils de pays offrent un aperçu des modèles nationaux de cadres de coopération au développement (décentralisés) dans certains États membres de l’UE. L’objectif est d’éclairer les mécanismes et modalités spécifiques des cadres nationaux analysés et d’identifier les facteurs favorables ainsi que les difficultés liées à leur mise en œuvre pratique, en mettant l’accent sur le rôle et les opportunités pour les collectivités locales et régionales et leurs associations.
Based on the study, the Belgian framework for Decentralised Development Cooperation (DDC) is characterised by:

1) Les associations municipales sont au cœur du DDC en Belgique. Brulocalis, l’Association des villes et communes flamandes (VVSG) et l’Union des villes et communes de Wallonie (UVCW) jouent un rôle d’intermédiaires clés dans la coordination des programmes financés et constituent la principale source de soutien et de conseils pour les municipalités.

2) Privilégier la coopération à long terme avec des partenaires sélectionnés. Des partenariats durables contribuent à garantir l’efficacité et la valeur ajoutée de la coopération. La priorité est accordée aux pays les moins avancés et aux contextes fragiles.

3) Sensibilisation des citoyens belges à la solidarité internationale. Les acteurs belges, en partenariat avec des ONG, contribuent activement à informer les citoyens sur les questions liées à la coopération au développement par le biais d’activités de sensibilisation et d’éducation en Belgique.

Cet article fait partie d’une série de sept profils de pays analysant les cadres de coopération en matière de développement durable (CCDD) en Europe. Le cinquième volet, consacré à la France, paraîtra en juillet. Restez connectés !

Consultez le profil pays de la Belgique, disponible en quatre langues :

Vous trouverez le reste des publications de Mindcraft ici.

Le CCRE encourage les autorités belges à renforcer le rôle des gouvernements locaux et régionaux dans la politique de développement, non seulement en tant qu’acteurs de la mise en œuvre, mais aussi en tant que partenaires stratégiques contribuant à façonner un programme de développement plus résilient, inclusif et efficace.

Cette publication est produite dans le cadre du projet « Bridging and Mapping Knowledge Gaps in Decentralised Cooperation » (Mindcraft), financé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et soutenu par la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ).

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Rencontrez Fabien Pérez (Marseille)

Marseille city image

Rencontrez le héros local : Fabien Pérez, qui fait de Marseille une ville climatiquement neutre


La voie de Marseille vers la neutralité climatique

Marseille est en pleine mutation écologique, amorcée en 2020 avec l’entrée de la lutte contre le changement climatique au cœur du débat politique local. Ce nouvel élan est apparu au moment même où l’Europe renforçait son soutien aux villes pionnières en matière de neutralité climatique, offrant ainsi à Marseille l’opportunité d’accélérer sa transition.

La ville a reconnu que ses défis étaient multidimensionnels. Réduire les émissions de gaz à effet de serre, s’adapter au changement climatique et lutter contre la précarité énergétique figuraient parmi les priorités urgentes. Les responsables locaux ont compris que l’action climatique était indissociable des réalités sociales.

En février 2026, avant les élections locales françaises, nous avons interviewé Fabien Pérez, alors conseiller municipal de Marseille chargé des Fonds européens, afin d’en savoir plus sur cette expérience.

Relier la vision locale à l’ambition européenne

En 2022, Marseille a été sélectionnée parmi 377 candidates pour rejoindre les 100 villes participant à la « Mission de l’UE : Villes neutres en carbone et intelligentes », un moment que Fabien Pérez décrit comme « le début d’un nouveau chapitre dans la transition écologique de Marseille ».

Deux ans plus tard, en 2024, la ville a officiellement reçu le label « 100 villes neutres en carbone » suite à une évaluation de la Commission européenne. Cette distinction renforce non seulement sa visibilité au niveau européen, mais lui donne également accès à une expertise technique et à des financements dédiés pour accélérer sa décarbonation — étapes cruciales vers l’objectif de neutralité climatique de l’Europe d’ici 2050.

Un processus collectif : élaborer un contrat partagé pour une ville climatique

L’un des piliers de cette transformation est le Contrat Ville Climat de Marseille, élaboré en collaboration avec la Métropole Aix-Marseille-Provence, la Région Sud et plus de 250 acteurs privés. Comme l’explique Pérez, « le Contrat Ville Climat a été préparé avec les citoyens, les entreprises, les associations… une feuille de route collective pour décarboner le territoire d’ici 2030 ».

Derrière cette feuille de route se cache un choix politique : abandonner une vision verticale et construire une stratégie partagée qui aborde divers sujets tels que la mobilité, le bâtiment, les énergies renouvelables, l’économie circulaire et les déchets, la nature en ville, l’agriculture urbaine, la mer et le littoral ou l’éducation.

L’élaboration du contrat a également créé un nouvel élan sur l’ensemble du territoire — une volonté de transformer la ville et d’accélérer la transition, conjuguée à la nécessité de sécuriser et de coordonner les ressources financières nécessaires.

Action climatique ancrée dans les réalités marseillaises

La transition écologique de Marseille est façonnée par les défis spécifiques à son territoire. Comme dans de nombreuses villes européennes, le transport routier est une source importante d’émissions. Mais Marseille subit également la pression des activités industrielles qui l’entourent, les émissions liées au transport aérien ou aux chaînes d’approvisionnement alimentaire, et les contraintes géographiques liées à son statut de grand port.

Son appartenance à la région méditerranéenne rend également cette ville extrêmement vulnérable aux effets du changement climatique. Comme l’explique Pérez, Marseille est régulièrement confrontée à des phénomènes météorologiques extrêmes, à la fragilité de ses sols et à un littoral déjà en pleine mutation – et qui continuera d’évoluer dans les années à venir. Ces vulnérabilités ont contraint les autorités locales à adopter une vision à long terme et à se préparer aux défis de demain.

L’urgence sociale est un autre facteur déterminant. Lutter contre la précarité énergétique est devenu non seulement une priorité environnementale, mais aussi un moyen de renforcer la cohésion sociale et d’apporter un soutien concret et significatif aux habitants. « La transition écologique doit aller de pair avec la justice sociale », affirme Pérez.

De la planification à l’action : des projets pertinents sur le terrain

Le label européen a déjà permis de débloquer de nouveaux financements pour la transition de Marseille. Près de 6 millions d’euros sont investis dans des initiatives concrètes et ancrées dans la communauté, notamment :

  • Un programme de sensibilisation de proximité (600 000 €), envoyant des ambassadeurs dans les quartiers clés pour travailler directement avec les résidents et les entreprises sur des initiatives écologiques.
  • Projet Jet Cities, soutenant les changements dans l’emploi et les compétences induits par la transition écologique (1,5 million d’euros).
  • Le projet « Poséidon » (400 000 €) promeut les énergies renouvelables, les systèmes de récupération de chaleur et la rénovation écoénergétique.
  • Le projet PeriAsty (1,2 million d’euros) soutient la transition des zones périurbaines d’Europe vers des environnements neutres en carbone, durables et résilients dans des domaines tels que la mobilité.
  • Un soutien supplémentaire via le mécanisme ELENA, contribuant au financement de rénovations à grande échelle des bâtiments publics et au développement des solutions d’énergies renouvelables.

Ces premiers projets illustrent comment Marseille passe de la planification à la réalisation, et comment le soutien européen peut aider les collectivités locales à transformer les stratégies à long terme en actions concrètes.

Marseille est également devenue signataire de la Convention des maires de l’UE en 2021, une initiative à laquelle participe également le CEMR. Dans le cadre de cette initiative, la ville a partagé plusieurs études de cas, notamment son plan pour des factures d’électricité à zéro euro, sa stratégie de rénovation des espaces publics, sa stratégie de chauffage urbain et sa stratégie de transformation énergétique communautaire.

Sous l’égide de la Métropole Aix-Marseille-Provence, la ville a participé aux missions de l’UE « Adaptation au changement climatique », une autre initiative à laquelle participe le CEMR, avec un budget de 999 000 € pour un projet combinant partenariats public-privé visant à réduire les émissions de CO₂.

Une ville méditerranéenne capable d’inspirer l’Europe

L’initiative de Marseille dans ce domaine, conjuguée à sa situation géographique et à son identité, en fait un exemple inspirant pour les autres villes européennes. Carrefour méditerranéen majeur, riche de communautés diverses et d’un paysage socio-climatique complexe, elle est confrontée à nombre de défis communs à toutes les villes d’Europe.

Fabien Perez - Local Hero Marseille

C’est pourquoi Pérez souligne l’importance plus large de la ville :

« Mettre en avant des villes représentatives comme Marseille, avec son port méditerranéen, peut inspirer d’autres villes européennes à s’orienter vers la neutralité carbone. »

Marseille démontre que la neutralité climatique n’est pas seulement un impératif environnemental, mais aussi une opportunité de repenser la gouvernance, de renforcer la cohésion sociale et de construire une vision partagée de l’avenir. Son initiative montre comment les villes obtiennent déjà des résultats conformes aux objectifs mondiaux de neutralité climatique d’ici 2050.

Marseille est membre de l’AFCCRE, l’association française du CEMR.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Académie du climat pour les dirigeants locaux 

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Académie du climat des dirigeants locaux : co-créer une action climatique axée sur la justice 


Les 25 et 26 mars, le CEMR, en collaboration avec CGLU et PLATFORMA, a organisé l’Académie du climat des dirigeants locaux, un espace de formation et d’échange en ligne destiné aux dirigeants locaux et régionaux engagés à faire progresser une action climatique fondée sur la justice, l’égalité et la participation.

Organisée sous le titre « Co-créer l’action climatique : un leadership axé sur la justice pour les collectivités locales et régionales », l’Académie a réuni des élus, des praticiens, des représentants de la jeunesse et des experts afin d’explorer comment les collectivités locales peuvent traduire leurs engagements climatiques en actions inclusives et ancrées localement.

Placer la justice au cœur du leadership climatique

Lors de l’ouverture de l’Académie, Fabrizio Rossi, secrétaire général du CEMR, a souligné la nécessité pour les dirigeants locaux d’aller au-delà des réponses climatiques fragmentées et de co-créer à la place des solutions qui s’attaquent au changement climatique tout en tenant compte des inégalités sociales et de genre.

Le deuxième jour, Pablo Fernández, secrétaire général adjoint chargé des partenariats à CGLU, a présenté la stratégie d’apprentissage mondiale de CGLU, mettant l’accent sur la diplomatie des villes et la co-création comme outils clés de mise en œuvre. Il a souligné que le renforcement des capacités inclusif — impliquant en particulier les jeunes et les femmes — est essentiel pour accélérer les progrès vers les Objectifs de développement durable, y compris la révision en cours de l’ODD 11.

Tirer les leçons des pratiques locales

Tout au long de ces deux jours, l’Académie a présenté des exemples concrets d’actions climatiques centrées sur la justice menées par des villes et des territoires :

  • En Catalogne, les municipalités collaborent à l’achat collectif d’énergie renouvelable afin de réduire les émissions et les coûts.
  • Dublin a partagé son travail sur les approches systémiques du financement climatique visant à surmonter les obstacles organisationnels à l’investissement.
  • Athènes a présenté la co-création de son Contrat climatique, comprenant une Assemblée des jeunes pour le climat et le soutien à 30 projets menés par des jeunes.
  • Des partenariats internationaux ont été mis en avant, tels que la coopération de longue date entre Cologne (Allemagne) et les communautés autochtones de Yarinacocha (Pérou), ainsi que le projet Bio Plateau qui promeut la gestion communautaire de l’eau dans le Bouclier guyanais.

La voix des jeunes et les perspectives mondiales

L’Académie a été marquée par les interventions liminaires de Marcele Oliveira, jeune championne du climat pour la COP30, et de Mark M. Akrofi, chercheur à l’AISESA. Leurs contributions ont souligné l’importance d’impliquer les communautés vulnérables, de lutter contre le racisme environnemental et d’intégrer la justice intergénérationnelle dans la planification climatique locale.

Leurs réflexions font écho à des débats plus larges sur la justice climatique, notamment ceux partagés dans l’interview de PLATFORMA intitulée « La justice climatique commence là où les gens vivent », qui explore pourquoi les approches ancrées localement sont essentielles à une action climatique juste et efficace.

Adaptation au changement climatique et coopération à plusieurs niveaux : la session Climate Chance

Le 26 mars 2026, une session dédiée organisée par Climate Chance a placé l’adaptation au changement climatique au centre des discussions, soulignant l’impact croissant des inondations, des sécheresses, des vagues de chaleur et des incendies de forêt sur les territoires européens, ainsi que la nécessité d’agir dès maintenant.

En ouvrant la session, Ronan Dantec, président de Climate Chance et porte-parole du CCRE sur le climat, a souligné que la lutte contre les risques climatiques exigeait un effort collectif : « Le changement climatique affecte l’Europe à travers des inondations, des sécheresses, des vagues de chaleur et des incendies de forêt qui ont un impact sur les communautés et les économies. Renforcer la résilience nécessite une collaboration entre les gouvernements, les entreprises, les assureurs, les investisseurs et la société civile. »

Les échanges ont porté sur les défis à venir en matière d’adaptation au changement climatique et sur la manière dont la gouvernance à plusieurs niveaux, la coopération intersectorielle et l’amélioration des mécanismes de financement et de partage des risques peuvent renforcer la résilience. La session a également apporté des contributions au futur Cadre intégré de l’UE pour l’adaptation au changement climatique, attendu fin 2026, et a bénéficié de l’expertise de Mme Christiana Photiadou, de l’Agence européenne pour l’environnement.

Vous souhaitez en savoir plus sur notre Académie climatique des dirigeants locaux ?

🎥 Regardez les enregistrements :

Lisez l’entretien croisé entre la responsable climatique Marcele Oliveira et le scientifique spécialisé dans le développement durable Mark M. Akrofi

Pour plus d’information contactez :

Enquête aux besoins de formation à l’IA

Le CCRE sollicite l’avis de ses associations membres sur les besoins et priorités en matière de formation à l’IA pour les gouvernements locaux et régionaux


Le CCRE, avec PLATFORMA et en collaboration avec 28DIGITAL (anciennement EIT Digital), lance une courte enquête sur les besoins et priorités en matière de formation à l’intelligence artificielle (IA) pour les gouvernements locaux et régionaux et leurs associations à travers l’Europe.

Cette enquête, qui dure environ 5 à 7 minutes, vise à recueillir des informations sur les besoins, les priorités et les préférences d’apprentissage. Les résultats contribueront à la conception d’un programme de formation en IA adapté aux autorités locales et régionales ainsi qu’à leurs associations représentatives.

Le CCRE invite ses associations membres à partager le questionnaire avec les profils suivants :

  • Associations membres du CCRE et leurs réseaux (villes, régions, associations)
  • Élus locaux et régionaux
  • Agents publics au niveau local ou régional
  • Experts en informatique et en numérisation

L’enquête est ouverte jusqu’au 8 avril. Chaque répondant est invité à remplir le questionnaire individuellement via le lien suivant.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :


Appel d’offres – services d’interprétation

Call for Proposals - News 2023

Le CCRE recherche actuellement un interprète professionnel pour la traduction anglais-ukrainien


Le CCRE recherche un interprète professionnel pour des missions d’interprétation simultanée anglais-ukrainien. Cette mission s’inscrit dans le cadre de notre projet « Bridges of Trust », qui organisera plusieurs sessions de formation en ligne, des séances d’information et d’autres événements.

Le prestataire sélectionné travaillera en étroite collaboration et de manière continue avec l’équipe administrative et financière du CCRE, qui supervisera l’élaboration et la réalisation de tous les livrables visés par cet appel d’offres.

Pour en savoir plus, veuillez consulter nos conditions générales.

  • Date limite : 15 avril 2026
  • Contact : admin@ccre-cemr.org

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Call Simone épisode sur « Le budget de l’UE »

Qui décide de l’avenir de l’Europe ? La bataille autour du prochain budget de l’UE


Qui décide de l’avenir de l’Europe : les États membres, les institutions de l’UE ou les villes et les régions qui mettent en œuvre les politiques sur le terrain ?

Telle est la question au cœur des négociations sur le prochain budget à long terme de l’Union européenne (2028-2034), et le point de départ du dernier épisode de Call Simone avec Jan Olbrycht, ancien député européen et l’une des figures les plus expérimentées des négociations budgétaires de l’UE

Ce qui peut apparaître comme une discussion technique sur des chiffres et des lignes de financement est, en réalité, une lutte politique autour du pouvoir, des priorités et de la gouvernance. Et cela intervient à un moment où l’Europe doit définir ce qu’elle veut devenir : un acteur politique plus centralisé, ou une union qui reste fondamentalement différente des États-Unis – plus négociée, plus décentralisée et, en fin de compte, dépendante du consensus.

Un budget sous pression

Comme l’explique Olbrycht, le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) est façonné par un contexte exceptionnellement lourd : la guerre aux frontières de l’Europe, une concurrence mondiale croissante, le remboursement de la dette contractée pendant la pandémie et la perspective d’un élargissement.

La Commission européenne a proposé un budget nettement plus important — pouvant avoisiner les 2 000 milliards d’euros. Mais cette ambition dépend de nouvelles sources de recettes. Sans elles, l’UE risque de financer de nouvelles priorités en réduisant les dépenses existantes, transformant ainsi la négociation en un jeu à somme nulle.

Une évolution dans la manière dont l’Europe dépense et gouverne

L’un des points centraux soulevés dans la discussion est que le changement le plus controversé ne réside pas dans la taille du budget, mais dans sa structure.

Plutôt que d’organiser les dépenses autour de politiques établies comme la cohésion et l’agriculture, la proposition introduit des catégories plus larges et des plans nationaux qui regroupent différents flux de financement. Selon la Commission, cela vise à simplifier le système et à le rendre plus flexible en temps de crise

Dans la pratique, cependant, cela redistribue le pouvoir.

Cela renforce le rôle des gouvernements nationaux tout en permettant à la Commission d’imposer des priorités obligatoires — telles que des dépenses minimales en matière de climat ou le soutien aux régions moins développées. Comme le souligne Fiorella Lavorgna, animatrice du podcast, dans la conversation, cela crée un système hybride qui soulève une question clé : s’agit-il d’une simplification ou d’une nouvelle forme de centralisation ?

La véritable ligne de fracture : qui a son mot à dire

Cela nous amène à l’une des lignes de fracture politiques les plus évidentes abordées dans l’épisode : la gouvernance.

Les villes et les régions seront-elles co-auteurs de ces plans nationaux, ou simplement consultées ?

Pour des organisations comme le CCRE — dont Jan Olbrycht a également été l’un des vice-présidents entre 1995 et 2001 —, il s’agit d’une ligne rouge. L’expérience des instruments récents, tels que la Facilité pour la reprise et la résilience, a montré qu’une consultation sans véritable implication risque d’affaiblir à la fois l’efficacité et la responsabilité.

Le Parlement européen a adopté une position relativement ferme en faveur du renforcement du rôle des collectivités locales et régionales. Mais au sein du Conseil, les positions restent divisées, reflétant les différents modèles de gouvernance nationaux.

Compétitivité vs cohésion

Une autre tension majeure mise en évidence lors de la discussion concerne l’équilibre entre compétitivité et cohésion.

Le fonds pour la compétitivité proposé reflète une réorientation vers l’innovation, les industries stratégiques et l’attraction des investissements — une reconnaissance du fait que l’Europe doit renforcer sa position économique mondiale. Cela soulève des inquiétudes quant à l’avenir de la politique de cohésion, qui a longtemps joué un rôle central dans la réduction des disparités régionales.

Il ne s’agit pas simplement d’un compromis budgétaire. C’est un compromis politique : une Europe plus compétitive qui aggrave les inégalités internes risque de saper ses propres fondements.

L’élargissement et les limites de l’unité

La conversation aborde également l’élargissement.

L’intégration de pays comme l’Ukraine ou la Moldavie n’est pas seulement un défi financier, c’est un défi politique qui exige l’unanimité des États membres. Comme le souligne Olbrycht, l’élargissement dépend en fin de compte autant de la volonté des membres actuels que de l’état de préparation des pays candidats.

Cela renforce une caractéristique centrale de l’UE : sa dépendance au consensus.

Pas d’États-Unis d’Europe

Lorsqu’on lui demande qui il faudrait « appeler » pour parler à l’Europe dans dix ans, la réponse d’Olbrycht est révélatrice : pas un seul dirigeant, mais plusieurs — reflétant un système où l’autorité est partagée plutôt que concentrée.

Pour lui, l’UE ne s’oriente pas vers un modèle à dirigeant unique comme les États-Unis. Au contraire, elle conservera sa spécificité : un système politique fondé sur l’équilibre entre les institutions et les États membres, où les décisions émergent de la négociation plutôt que de la hiérarchie.

Le prochain budget de l’UE incarne cette réalité. Il ne s’agit pas seulement d’un cadre financier, mais d’un test du fonctionnement de l’Europe : peut-elle agir stratégiquement sans se centraliser, et peut-elle rester cohésive sans se fragmenter ?

En fin de compte, l’enjeu ne réside pas seulement dans le montant des dépenses de l’Europe, mais dans la manière dont elle se gouverne. Et en ce sens, l’issue de ces négociations en dira autant sur l’avenir politique de l’UE que n’importe quelle réforme des traités.

En savoir plus sur nos principales revendications concernant le budget de l’UE pour la période 2028-2034

Téléchargez ici la transcription intégrale de l’épisode

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Eaux urbaines: il faut agir maintenant

Water Management - Best Practices

Le CCRE appelle à une mise en œuvre rapide de la directive relative au traitement des eaux urbaines résiduaires (UWWTD)


Le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) demande aux députés européens de soutenir la mise en œuvre rapide et efficace de la directive révisée relative au traitement des eaux urbaines résiduaires (UWWTD). La directive introduit une nouvelle étape de traitement visant à éliminer les micropolluants des eaux urbaines résiduaires, une exigence majeure pour la protection de la santé publique et de l’environnement. Son système de responsabilité élargie du producteur (REP) garantit que les responsables de ces polluants couvrent au moins 80 % des coûts de traitement associés.

Pour les collectivités locales et régionales, ce mécanisme est essentiel pour faire respecter le principe du pollueur-payeur et éviter de faire peser la charge financière du traitement quaternaire sur les usagers. La directive comprend déjà des garanties visant à répondre aux préoccupations concernant l’accessibilité financière, l’approvisionnement et la disponibilité des médicaments, ainsi que des mécanismes de suivi et d’ajustement une fois la mise en œuvre engagée.

Le CCRE s’oppose fermement aux propositions visant à suspendre ou à reporter les dispositions relatives à la REP. Une telle suspension compromettrait la planification des investissements à long terme dans les infrastructures de traitement des eaux usées, accroîtrait l’incertitude et mettrait en péril des services publics essentiels.

Les collectivités locales et régionales préparent déjà des investissements pour se conformer aux exigences de la directive. Un environnement réglementaire stable est essentiel pour préserver la santé publique, la protection de l’environnement et la compétitivité à long terme de l’Europe.

Le CCRE appelle les décideurs de l’UE à aller de l’avant avec la mise en œuvre comme convenu et à utiliser les mécanismes de révision existants de la directive pour apporter les ajustements nécessaires sur la base des données recueillies au cours du processus de mise en œuvre.

En savoir plus sur l’action du CCRE en matière de protection de l’eau :

L’appel conjoint du CCRE et de partenaires aux députés européens pour une mise en œuvre rapide de la directive relative au traitement des eaux urbaines résiduaires (UWWTD)

Protéger l’eau propre

Document d’orientation du CCRE sur la directive relative au traitement des eaux urbaines résiduaires

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Campagne sur le budget de l’UE – Pays-Bas

EU budget campaign 2026

Le travail de plaidoyer de nos associations nationales : le cas des Pays-Bas


Alors que les négociations sur le prochain budget à long terme de l’UE avancent sur deux fronts — à la fois entre les institutions européennes et, au sein de chaque État membre, entre les gouvernements nationaux, les parties prenantes et les réseaux régionaux et locaux —, le CCRE envoie un message clair : l’Europe fonctionne mieux lorsque les villes et les régions ont véritablement leur place à la table des négociations.

Dans ce message vidéo, Arjen Gerritsen, commissaire du roi de Flevoland et porte-parole du CCRE sur le budget de l’UE, souligne pourquoi les enjeux sont importants — non seulement pour les collectivités locales, mais pour chaque communauté européenne.

C’est dans les villes et les régions que les politiques de l’UE prennent vie. C’est là que les routes sont construites, que les logements sont planifiés, que la protection du climat est mise en œuvre, que les petites entreprises bénéficient d’un soutien et que les services publics essentiels sont fournis chaque jour. Les ambitions de l’Europe ne peuvent se concrétiser que si elles fonctionnent au niveau local.

Les discussions les plus cruciales ont actuellement lieu au sein du Conseil et du Parlement européen. C’est pourquoi les échanges entre les capitales des différents États membres sont plus pertinents que jamais. Le CCRE mobilise toutes ses forces pour défendre ses intérêts aux niveaux national et régional, en s’appuyant sur l’influence de nos associations nationales dans les États membres.

Dans cette vidéo, Arjen Gerritsen souligne que des organisations telles que l’Association des provinces des Pays-Bas (IPO) s’efforcent déjà de faire entendre la voix des régions au niveau national. Mais cet effort doit être partagé à travers l’Europe et invite tous les élus locaux et régionaux à faire de même : « Parlez à vos gouvernements. Faites entendre votre voix. Défendez la gouvernance à plusieurs niveaux. »

Notre point de vue sur la proposition actuelle de budget de l’UE

La proposition actuelle pour le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) risque d’éloigner encore davantage les décisions des collectivités locales et régionales. Et lorsque les choix sont pris trop loin de la base, les investissements perdent en efficacité — et les citoyens en ressentent les conséquences.

C’est pourquoi le message du CCRE est clair : le partenariat ne doit pas être facultatif — il doit être la norme.

Depuis des mois, le CCRE réclame :

  • Un rôle fort pour les collectivités locales et régionales dans les programmes et les fonds de l’UE
  • Des garanties claires en faveur de la gouvernance à plusieurs niveaux et du partenariat
  • Une plus grande flexibilité afin que les collectivités locales puissent réagir rapidement aux crises
  • Un budget à la hauteur des défis réels d’aujourd’hui, de l’adaptation au changement climatique au logement, en passant par les services numériques et la cohésion territoriale

La campagne du CCRE sur le budget de l’UE repose sur une vérité simple : Lorsque les collectivités locales et régionales sont impliquées dès le départ, l’Europe obtient de meilleurs résultats pour ses citoyens.

C’est ainsi que fonctionne la démocratie : grâce à la coopération, au partenariat et à des décisions prises au plus près des personnes concernées.

Rejoignez-nous pour défendre ce principe.

En savoir plus sur la campagne du CCRE sur le budget de l’UE

Pour plus d’information, veuillez contacter :

Stratégie de l’UE pour l’égalité de genre : notre réaction 

Gender Equality Strategy 2026-2030 news

Des principes à la pratique : faire en sorte que la nouvelle stratégie de la Commission européenne pour l’égalité entre les femmes et les hommes 2026-2030 porte ses fruits


La nouvelle stratégie de la Commission européenne pour l’égalité entre les femmes et les hommes 2026–2030 part d’un postulat essentiel : l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas une question secondaire, mais un principe qui doit façonner la vie publique dans son ensemble. S’appuyant sur la Feuille de route pour les droits des femmes et sa Déclaration de principes pour une société égalitaire, elle définit une vision globale couvrant l’éducation, la santé, le travail, le leadership et la vie en ligne, tout en s’attaquant à la cyberviolence, aux discours anti-genre et aux réactions hostiles à l’encontre de droits durement acquis.

Cette approche reflète étroitement le travail de longue date du CCRE. Depuis près de 20 ans, la Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale défend le même principe : l’égalité doit être ancrée dans des engagements communs, mais les progrès ne peuvent venir que d’actions menées à tous les niveaux de gouvernement. C’est pourquoi le véritable test de la nouvelle stratégie de l’UE, tout comme pour la Charte elle-même, sera sa mise en œuvre.

Cela est important car les femmes et les filles sont encore trop souvent écartées de la vie publique. Le rapport du CCRE intitulé Les femmes en politique : tendances locales et européennes montre qu’environ 32 % des femmes en politique ont été victimes de violences, la cyberviolence connaissant une forte augmentation. Le fait que la stratégie de la Commission s’appuie elle-même sur l’étude du CCRE souligne l’importance de l’expérience locale et régionale dans l’élaboration de l’agenda européen au sens large. L’étude met également en évidence des obstacles structurels plus larges : les femmes sont encore moins susceptibles d’être attirées par la vie politique et, une fois élues, se voient trop souvent refuser les responsabilités les plus influentes. La politique ne peut avoir de sens si elle exclut la moitié de la population.

Les gouvernements doivent donc veiller à ce que la sécurité des femmes et des filles ne soit jamais reléguée au second plan lorsque d’autres priorités se font jour. Les filles doivent sentir que leur voix sera entendue et qu’elle débouchera sur des actions concrètes. Ce n’est qu’alors qu’elles croiront qu’il y a une place pour elles en politique. L’étude la plus récente du CCRE, Local Truth, Shared Trust, renforce ce message en montrant à quel point la confiance dans les institutions est étroitement liée au sentiment de sécurité et d’inclusion des personnes, en particulier pour celles qui envisagent de s’engager dans la vie publique. Les femmes doivent non seulement avoir une voix en politique, mais aussi disposer d’un espace sûr où l’exercer.

Si la stratégie reconnaît certains aspects du travail du CCRE, cette reconnaissance constitue un premier pas bienvenu plutôt qu’une fin en soi. Pour garantir que les ambitions de la stratégie se traduisent par des résultats concrets, il serait utile d’intégrer de manière plus systématique la richesse des données locales et régionales que le CCRE et ses membres ont accumulées au cours des deux dernières décennies. Après tout, l’égalité entre les femmes et les hommes se construit sur le terrain : dans les communes, les villes et les régions où les politiques prennent effet et où les femmes ressentent l’impact de l’action publique sur leur vie. La prise en compte des réalités locales et régionales tout au long du cycle politique de l’UE, de la collecte de données à la conception, la mise en œuvre et le suivi des programmes, aiderait la Stratégie à refléter les expériences vécues par les femmes et permettrait une mise en œuvre plus efficace et inclusive à travers l’Europe.

Alors que le CCRE célèbre le 20e anniversaire de sa Charte, il se réjouit de travailler avec la Commission européenne et ses partenaires à travers l’Europe pour transformer ces principes en changements durables. Ce même message a récemment été porté devant les Nations unies lors de la 70e Conférence sur la condition de la femme, où Flo Clucas, porte-parole du CCRE pour l’égalité des genres, a intégré la perspective locale dans un débat plus large entre femmes et hommes occupant des fonctions publiques : la vie politique locale doit être véritablement ouverte aux femmes comme aux hommes, et les femmes ne peuvent y participer pleinement si leur sécurité n’est pas garantie. Le travail est loin d’être terminé. Mais la direction à suivre est claire : les femmes et les filles doivent pouvoir participer pleinement et en toute sécurité à la vie publique, sans crainte de violence ou d’intimidation, dans chaque ville, région et pays.

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* Photo: EC – Audiovisual Service, Copyright European Union, 2026 – source: https://audiovisual.ec.europa.eu/en/media/photo/P-069195

Le chemin de Bonn vers l’égalité de genre

Bonn - European Charter for Equality signatory

Au cœur des 40 années d’efforts de Bonn pour promouvoir l’égalité de genre


La ville de Bonn (Allemagne) a signé la Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale il y a dix-neuf ans. Pourtant, l’histoire de Bonn en matière de promotion de l’égalité des genres ne commence pas là. Elle remonte à plus de quarante ans, à une époque où l’égalité des genres n’était guère plus qu’une ambition et où les structures nécessaires à un véritable changement étaient quasiment inexistantes.

En 1984, Bonn a créé un Bureau dédié à l’égalité des chances, une initiative audacieuse pour l’époque, qui montrait que l’égalité n’était pas une valeur abstraite mais une priorité de gouvernance. Dès 1991, la ville adoptait ses premiers règlements municipaux sur l’égalité des chances. Dix ans plus tard, en 2001, Bonn adoptait son premier Plan global pour l’égalité des chances, jetant ainsi les bases d’une transformation structurelle et durable du travail, des services à la personne, de la sécurité et de la représentation.

L’engagement de Bonn est resté inébranlable. Aujourd’hui, la mairie maintient une quasi-parité hommes-femmes au sein de sa direction, tandis que les femmes occupant des postes de cadres intermédiaires sont encouragées à assumer des responsabilités de leadership grâce à des programmes de mentorat structurés.

La maire adjointe de Bonn, Ursula Sautter, explique que l’administration locale « défend et promeut des solutions de soins équitables » en raison de la « répartition encore inégale du travail et des soins ».

Sautter souligne également que la ville lutte activement contre toutes les formes de violence et soutient fermement les victimes. Cet engagement est renforcé par la nouvelle loi allemande d’assistance aux victimes de violence de 2025, qui consolide les dispositifs de soutien dans tout le pays.

Bonn est signataire de la Charte européenne pour l’égalité du CCRE depuis 2007, témoignant ainsi de son engagement à traduire les principes en actions. Comme le souligne Sautter, « la Charte européenne pour l’égalité est pour nous une source d’inspiration et d’émancipation, nous unissant à une multitude de villes diverses dans cette entreprise essentielle ».

Ursula Sautter, adjointe au maire de Bonn

20 ans de la Charte européenne pour l’égalité

Cette année, nous célébrons le 20e anniversaire de la Charte européenne des égalités, une étape importante qui invite à la réflexion, à la célébration et à une ambition renouvelée.

Depuis sa création, la Charte est devenue l’un des cadres les plus solides d’Europe pour promouvoir l’égalité aux niveaux local et régional. Aujourd’hui, plus de 2 053 signataires issus de 36 pays font partie de ce mouvement croissant de villes, de communes et de régions engagées à concrétiser les principes d’égalité.

Élaborée par le CCRE en collaboration avec ses associations nationales et ses partenaires de projet, la Charte rassemble diverses visions européennes de l’égalité. Des centaines de représentants locaux et régionaux ont contribué à l’élaboration d’un cadre commun qui prend en compte la diversité des compétences et des contextes à travers l’Europe. La signature de la Charte constitue un engagement public et formel, une promesse de promouvoir l’égalité des genres par le biais de politiques, de programmes et d’actions concrètes mis en œuvre en coopération avec les partenaires locaux et la société civile.

Bien que la Charte ne soit pas juridiquement contraignante, elle se veut volontairement ambitieuse. Le CCRE reconnaît que la réalisation de ces objectifs exige du temps, du dialogue et des changements structurels. C’est pourquoi les signataires sont encouragés à adopter une approche progressive, en identifiant les domaines d’action prioritaires tout en développant progressivement leurs efforts.

Pour soutenir les signataires, le CCRE a créé l’Observatoire européen de la Charte, dédié à aider les autorités locales et régionales à élaborer et à mettre en œuvre des politiques d’égalité fortes.

La mission de l’Observatoire est triple :

  • Soutenir l’élaboration de plans d’action locaux pour l’égalité des genres
  • Suivre la mise en œuvre et les progrès sur le terrain
  • Évaluer l’impact et partager les connaissances à travers l’Europe

En reliant les municipalités, en facilitant les échanges et en rendant les progrès visibles, l’Observatoire veille à ce que la Charte demeure un outil vivant et évolutif, ancré dans la pratique.

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Découvrez l’histoire d’Aubagne (France), qui a signé la Charte européenne pour l’égalité en novembre 2025.

Bonn est membre de l’association Deutscher Städtetag du CCRE.

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