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Global Europe 2028–2034

Global Europe - position paper

Les collectivités locales et régionales au cœur de « Global Europe 2028–2034 » : notre position politique


Alors que l’Union européenne prépare son prochain cadre financier pluriannuel (CFP) pour 2028–2034, l’instrument Global Europe définira l’action extérieure de l’UE pour les années à venir — englobant la coopération au développement, l’aide humanitaire, le soutien à l’élargissement et l’initiative Global Gateway. Découvrez la position politique détaillée de PLATFORMA, qui expose comment cet instrument stratégique devrait être façonné pour favoriser des partenariats mondiaux durables et promouvoir une gouvernance inclusive.

À une époque marquée par des crises mondiales multiples et interconnectées — du dérèglement climatique à la réduction des financements du développement, en passant par l’instabilité géopolitique — le rôle des collectivités locales et régionales (CLR) est plus crucial que jamais. Le document de PLATFORMA repose ainsi sur la conviction qu’une action mondiale efficace commence au niveau local.

Les collectivités locales et régionales en tant que co-décideurs, acteurs de mise en œuvre et partenaires

La position de PLATFORMA part d’un constat clair : malgré leur proximité avec les citoyens et leur connaissance approfondie des contextes locaux, les CLR restent insuffisamment reconnues dans les cadres de l’action extérieure de l’UE. La coalition appelle à ce que l’instrument Global Europe aille au-delà de références symboliques aux « autorités locales » et intègre des mécanismes qui permettent réellement d’autonomiser les CLR en tant que co-décideurs, acteurs de mise en œuvre et partenaires des politiques extérieures de l’UE.

Recommandations clés

Le document formule 9 recommandations principales à l’attention des décideurs européens :

  1. Renforcer la gouvernance multiniveau dans Global Europe et placer les collectivités locales et régionales au cœur du développement territorial ;
  2. Associer flexibilité et simplification à des objectifs ambitieux d’aide publique au développement, tout en renforçant les mécanismes de redevabilité et de transparence ;
  3. Exploiter pleinement le potentiel de Global Gateway grâce à l’implication des collectivités locales et régionales ;
  4. Renforcer l’engagement des délégations de l’UE avec les collectivités locales et régionales ;
  5. Reconnaître et autonomiser les collectivités locales et régionales en tant que partenaires de développement uniques et efficaces dans les contextes fragiles ;
  6. Promouvoir la territorialisation des Objectifs de développement durable afin de parvenir à des sociétés décarbonées et à une justice climatique ;
  7. Impliquer les citoyens par le biais de l’éducation à la citoyenneté mondiale, en tant que composante clé de la coopération décentralisée au développement ;
  8. Promouvoir une gouvernance locale inclusive et participative : autonomiser les jeunes, les femmes ainsi que les groupes défavorisés et sous-représentés ;
  9. Renforcer la gouvernance locale dans le cadre de la politique de voisinage oriental et de la stratégie d’élargissement de l’UE.

À travers ces recommandations, PLATFORMA vise à améliorer la proposition actuelle relative à l’instrument Global Europe, afin qu’elle reconnaisse pleinement et soutienne la contribution des collectivités locales et régionales à l’action extérieure de l’UE, notamment via la coopération décentralisée comme modalité d’aide au développement.

PLATFORMA appelle également la Commission européenne à publier une communication actualisée sur l’implication structurée des collectivités locales et régionales et de leurs associations dans la nouvelle approche (géo)stratégique de l’action extérieure de l’UE.

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Rencontre Eider Inuntziaga (Bilbao)

Rencontre avec l’héroïne locale : Eider Inuntziaga, bâtir la confiance depuis les rues de Bilbao


Lorsque Eider Inuntziaga parle des collectivités locales, un mot revient sans cesse : la proximité.

Depuis 2023, elle est conseillère municipale à Bilbao, après plusieurs années d’engagement politique au sein du Parti nationaliste basque. Il s’agit de son premier mandat public, une expérience qui a transformé sa vision de la vie politique.

Auparavant, elle observait la politique de l’intérieur. Aujourd’hui, elle la vit au quotidien — dans la rue, au fil des conversations de quartier et dans les réactions directes des citoyens face aux décisions locales. La distance entre les élus et les habitants est minimale, ce qui rend la politique locale à la fois particulièrement significative et particulièrement exposée. Elle porte également cette expérience au niveau européen en tant que porte-parole du Council of European Municipalities and Regions pour la démocratie locale.

Partout en Europe, ces défis sont de plus en plus visibles. Pour mieux les comprendre et y répondre, le CCRE et ses partenaires, dont la Ville de Bilbao, ont lancé l’Observatoire européen pour la défense de la démocratie au niveau local — une initiative qui collecte des données, documente les menaces et le harcèlement visant les élus locaux et développe des outils pratiques pour mieux protéger celles et ceux qui servent leurs communautés.

Comme elle le souligne :
« Les collectivités locales sont le niveau d’administration le plus proche ; nous sommes le visage de la démocratie. »

Cette proximité crée de la confiance, mais elle concentre aussi les frustrations. Lorsque les citoyens sont mécontents, les responsables locaux sont souvent les premiers — et les plus faciles — à être pris pour cible.

Réseaux sociaux : utiles, mais risqués

Cette visibilité dépasse désormais largement la rue.

Eider Inuntziaga décrit sa relation aux réseaux sociaux comme « ambivalente ». S’ils permettent de créer du lien et de partager des informations, elle en perçoit aussi clairement les dérives.

« Les réseaux sociaux peuvent connecter des personnes et des histoires, et ils peuvent être utiles — jusqu’à un certain point. Mais ils génèrent aussi du bruit, de la polarisation, et parfois de la haine. Cela peut être dangereux. »

Pour les responsables politiques locaux, les effets sont concrets :
« Cela affecte l’intégrité, cela influence notre manière de nous exprimer, et cela peut faire taire certaines personnes. Cela peut pousser des élus à abandonner leur engagement — ou à avoir peur de ce qui se passe. »

Elle limite sa présence en ligne, utilisant principalement Facebook et LinkedIn, et veille à équilibrer soigneusement communication personnelle et communication politique.

La participation au-delà du jour des élections

Malgré ces défis, Inuntziaga reste profondément optimiste quant au rôle que peuvent jouer les collectivités locales pour renforcer la démocratie.

Son approche est simple : rester proche, écouter attentivement et impliquer autant que possible les citoyens. Pour elle, les élections ne sont qu’un point de départ. La participation quotidienne est tout aussi essentielle. À Bilbao, cette philosophie s’est traduite par des initiatives participatives invitant les habitants à contribuer à l’orientation de la ville.

Un exemple est « Bilbao Ville de Valeurs », un processus par lequel les citoyens ont collectivement défini un ensemble de principes communs pour guider la vie publique. L’objectif est de créer un cadre partagé qui renforce le sentiment d’appartenance et lutte contre la désinformation. Il ne s’agit pas seulement d’améliorer les politiques publiques, explique-t-elle, mais aussi de renforcer les relations entre les institutions et les citoyens qu’elles servent.

Tirer les leçons du passé de Bilbao

L’histoire de Bilbao a également façonné sa vision de la gouvernance.

La ville a connu une transformation profonde au cours des dernières décennies — passant du déclin industriel et du chômage à un renouveau fondé sur une planification de long terme et une coopération étroite entre institutions publiques, acteurs privés et société civile. Pour Inuntziaga, cette expérience démontre que le changement ne se produit pas du jour au lendemain et que la stabilité exige de la patience.

Elle évoque souvent trois éléments clés du redressement de Bilbao : la coopération, des valeurs partagées et une vision à long terme. Les solutions rapides fonctionnent rarement. Au contraire, des décisions cohérentes prises en gardant l’avenir à l’esprit permettent de reconstruire progressivement la confiance.

« Les décisions doivent être prises dans une perspective de long terme », affirme-t-elle, décrivant démocratie et stabilité comme des réalités qui se renforcent mutuellement.

Eider Inuntziaga lors du lancement de l’Observatoire européen pour la défense de la démocratie au niveau local.

Ancrée localement, tournée vers l’Europe

Bien que son action s’inscrive dans la politique municipale, Inuntziaga conserve une forte ouverture européenne. Elle suit attentivement les débats au-delà de l’Espagne et s’inspire de dirigeantes telles que Kaja Kallas, qu’elle admire pour sa vision du rôle de l’Europe dans un monde en mutation.

Néanmoins, son engagement reste résolument local. Pour elle, les villes sont les lieux où la démocratie est mise à l’épreuve chaque jour — là où les politiques publiques rencontrent la réalité, et où la confiance se construit ou se perd au fil des interactions quotidiennes.

Ce n’est peut-être pas le niveau politique le plus visible — mais c’est, à bien des égards, celui où la démocratie se vit le plus directement.


Pour en savoir plus, vous pouvez écouter l’épisode complet de Call Simone, également avec Gianmarco Daniele de l’Université Bocconi. Ils y discutent de l’impact croissant du harcèlement et de la désinformation sur les élus locaux en Europe, ainsi que de la manière dont l’Observatoire européen pour la défense de la démocratie au niveau local peut mieux suivre les menaces et protéger la démocratie locale.

Pour plus d’informations, contactez :

Nouvel épisode de Call Simone

« Si nous avons de la chance, elle sera maire »
Pouvoir, pression et démocratie locale en Europe


La démocratie locale est souvent décrite comme le niveau de gouvernement le plus proche de la vie quotidienne des citoyens. Mais dans toute l’Europe, cette proximité est de plus en plus mise à l’épreuve.

Dans le dernier épisode de Call Simone, nous explorons comment le pouvoir et la pression démocratique s’exercent au niveau local, là où la politique est la plus visible, la plus accessible et, de plus en plus, la plus exposée. Le harcèlement, l’intimidation, les campagnes de désinformation et les menaces font désormais partie de la réalité de nombreux élus locaux. Les conséquences vont bien au-delà des cas individuels : lorsque l’intimidation détermine qui s’exprime, qui se présente et qui reste, la représentation diminue et la démocratie s’affaiblit.

Cet épisode réunit deux voix qui associent expérience politique et recherche rigoureuse :

  • Eider Inunciaga, conseillère municipale à Bilbao, Espagne.
  • Gianmarco Daniele, directeur exécutif de l’unité CLEAN (Université Bocconi, Italie)

Ensemble, ils décortiquent ce à quoi ressemble le harcèlement dans la pratique, pourquoi il est en augmentation, qui est le plus touché et ce que les dirigeants locaux — et les institutions européennes — peuvent faire pour y répondre avec des politiques fondées sur des preuves.

Quand l’intimidation devient un filtre politique

Le harcèlement à l’encontre des élus locaux n’est pas seulement un « mauvais comportement » en ligne, et la manière dont les êtres humains réagissent à ces attaques n’a pas grand-chose à voir avec leur résilience personnelle. Comme le montre cet épisode, l’intimidation peut fonctionner comme un filtre politique : elle décourage la participation, pousse les gens à se retirer et réduit la diversité des voix au sein des conseils locaux.

Pour Eider Inunciaga, ce changement est devenu plus tangible lorsqu’elle est entrée en fonction en 2023. La politique locale est synonyme de proximité : on peut être abordé dans la rue, lors d’événements communautaires, à la sortie des écoles, et la colère est souvent dirigée contre les représentants locaux précisément parce qu’ils sont les plus accessibles. Comme elle le dit : « Les gouvernements locaux sont le visage de la démocratie. » Et cette visibilité s’accompagne d’une exposition.

« Les gouvernements locaux sont le visage de la démocratie, ce qui fait de nous les plus exposés. » – Eider Inunciaga, conseillère municipale de Bilbao

Qui paie le prix le plus élevé ?

Un thème récurrent dans la conversation:  e harcèlement ne touche pas tout le monde de la même manière. Ceux qui sont considérés comme « différents » – les femmes, les représentants des minorités, les politiciens LGBTQIA+ – sont souvent pris pour cible de manière plus agressive, avec un message implicite : vous n’avez pas votre place ici.

Gianmarco Daniele partage les résultats d’une étude menée en Italie qui chiffre ce que beaucoup pressentent déjà. À l’aide d’un ensemble de données soigneusement appariées pour comparer les femmes et les hommes dans des contextes similaires, ses travaux révèlent que les femmes sont trois fois plus susceptibles d’être prises pour cible et que près d’un quart des femmes maires subissent une attaque au cours de leur mandat. Il est important de noter qu’il s’agit d’attaques hors ligne : agressions, voitures incendiées, incendies criminels contre des biens, lettres de menace — et pas simplement d’hostilité en ligne.

Le moment choisi est également révélateur : les agressions se concentrent au cours de la première année suivant l’élection, ce qui correspond à une réaction hostile à la visibilité des femmes au pouvoir et ne s’explique pas par des différences de performance dans l’exercice de leurs fonctions. Le coût démocratique est direct : les femmes qui sont agressées sont moins susceptibles de se présenter à nouveau, ce qui transforme les progrès en matière de représentation en une porte tournante.

Comme le note M. Daniele, nous nous concentrons souvent sur la manière d’attirer des candidats plus diversifiés en politique, mais trop rarement sur les raisons pour lesquelles les gens la quittent.

« Sans données, nous nous battons à l’aveuglette. L’Europe a besoin de preuves comparables pour repérer les risques à un stade précoce et y répondre. » – Gianmarco Daniele, directeur exécutif de Clean Unit, Université Bocconi

La leçon de Bilbao : rétablir la confiance grâce à la participation et aux valeurs communes

L’épisode examine également l’autre côté de l’équation : comment les gouvernements locaux peuvent maintenir la confiance et rester proches des citoyens dans un environnement polarisé.

Pour Eider Inunciaga, le point de départ est la proximité et la participation : la démocratie ne se résume pas aux élections et au jour du scrutin. À Bilbao, elle met en avant le processus « Bilbao, ville de valeurs », dans le cadre duquel les citoyens ont contribué à définir un ensemble de valeurs communes afin de créer un cadre commun pour la vie communautaire. Selon elle, les valeurs communes et la participation font également partie de la réponse à la désinformation : elles renforcent le sentiment d’appartenance et réduisent l’espace dans lequel les fausses informations peuvent se propager.

La longue histoire de Bilbao apporte une perspective supplémentaire. La transformation de la ville, marquée par la crise industrielle, les difficultés sociales, le terrorisme et les inondations de 1983, a été rendue possible grâce à la coopération entre les institutions, aux partenariats avec la société civile et à une vision à long terme. La leçon à en tirer est simple et exigeante : la coexistence ne s’hérite pas, elle se cultive, et la stabilité démocratique nécessite un investissement soutenu.

Des récits aux preuves, et des preuves à l’action

Cet épisode est directement lié au lancement de l’Observatoire européen pour la défense de la démocratie au niveau local : un nouveau partenariat qui rassemble les gouvernements locaux et régionaux (y compris Bilbao et les municipalités basques représentées par l’EUDEL) et la communauté de recherche de Bocconi, avec le soutien du Pays basque et du CCRE.

L’objectif de l’Observatoire est d’aider l’Europe à passer d’histoires éparses à une action coordonnée en reliant les points entre :

  • ce que les élus locaux vivent sur le terrain
  • ce que la recherche et les données peuvent montrer sur les tendances, les facteurs et l’impact
  • ce que les autorités publiques et les institutions peuvent faire pour prévenir, protéger et réagir plus efficacement

Le manque de données au centre de la conversation. Aujourd’hui, il n’existe pas de base de données comparable au niveau européen, même sur les politiciens locaux, sans parler des attaques et des menaces. Sans infrastructure commune de données, les risques sont plus difficiles à détecter à un stade précoce et les réponses politiques sont plus difficiles à évaluer.

Comme l’explique Daniele, des données plus fiables apportent non seulement une meilleure compréhension, mais aussi une meilleure visibilité. En Italie, on constate en moyenne plus d’une attaque par jour, mais la question reste souvent confinée à l’actualité locale et attire rarement l’attention de la classe politique au sens large. Les données peuvent contribuer à transformer une tendance cachée en une priorité européenne commune.

À propos de Call Simone

Call Simone est le podcast du CCRE sur le pouvoir et la démocratie en Europe, vu à travers le prisme du niveau local. Chaque épisode réunit des dirigeants locaux, des initiés et des chercheurs pour explorer qui a sa place à la table des négociations, qui en est exclu et pourquoi cela est important pour l’avenir de l’Europe.

🎧 Écouter sur Spotify

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Appel d’offres : Partenariats UE-Ukraine

Call for Proposals - News 2023

Mise en place de partenariats municipaux entre l’Ukraine et un pays partenaire européen dans le cadre du projet « Vers une communauté de Bridges of Trust»


Le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) souhaite établir de nouveaux partenariats entre les communes ukrainiennes et celles de différents pays européens.

Le CCRE recherche un prestataire de services pour la mise en œuvre de certaines activités dans le cadre de cette phase, afin d’apporter une expertise et un soutien spécifiques dans le pays concerné. Ce prestataire travaillera en étroite collaboration avec le CCRE, l’Association des villes ukrainiennes (AUC) et, le cas échéant, avec d’autres partenaires de la Communauté « Bridges of Trust ».

L’appel à projets est divisé en plusieurs lots :

  • Lot 1 : Belgique
  • Lot 2 : Chypre
  • Lot 3 : Finlande
  • Lot 4 : France
  • Lot 5 : Italie
  • Lot 6 : Lettonie
  • Lot 7 : Malte
  • Lot 8 : Pays-Bas
  • Lot 9 : Norvège
  • Lot 10 : Portugal
  • Lot 11 : Espagne

Les candidats peuvent postuler à un ou plusieurs lots. Tous les documents doivent être soumis séparément pour chaque lot. Le cahier des charges décrit les services requis pour chaque lot.

  • Date limite de dépôt des candidatures : 3 février 2026 à 14h00 (CET)
  • Durée du contrat : février 2026 – juin 2026
  • Budget : Offre financière pour les services jusqu’à 14 000 euros HT. Les coûts des activités (par exemple, les frais d’interprétation pour les événements, les frais de déplacement liés aux stages et aux événements) seront directement pris en charge par le projet BoT.

Les organisations ou experts intéressés sont invités à soumettre leur candidature par courriel à application@ccre-cemr.org avec pour objet :

« Établissement de partenariats municipaux entre l’Ukraine et [Nom du pays européen] ». Veuillez préciser le ou les lots pour lesquels vous candidatez.

Les questions peuvent être envoyées à twinning@ccre-cemr.org avant le 30 janvier 2026.

Pour plus d’informations, veuillez consulter les termes de référence ici.

Autres liens :

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Profil pays – n°3 Espagne

Mindcraft Spain - Publication 2025

Profil pays sur la coopération décentralisée au développement : le cas de l’Espagne


Les profils pays offrent une vue d’ensemble concise des modèles nationaux de cadres de coopération au développement (décentralisée) dans certains États membres de l’UE. Leur objectif est de fournir des éclairages sur les mécanismes et modalités spécifiques des cadres nationaux analysés, ainsi que d’identifier les facteurs favorables et les défis liés à leur mise en œuvre concrète, en mettant l’accent sur le rôle et les opportunités des gouvernements locaux et régionaux et de leurs associations.

Sur la base de l’étude, le cadre espagnol de la coopération décentralisée au développement (CDD) se caractérise par :

  • Un système fortement décentralisé – permettant à des acteurs de tous les niveaux d’être actifs dans la CDD. La nouvelle loi 1/2023 reconnaît les gouvernements locaux et régionaux comme acteurs du développement et la CDD comme une modalité à part entière.
  • Un engagement fort en faveur de l’objectif de 0,7 % du revenu national brut (RNB) consacré à l’aide publique au développement (APD) à tous les niveaux, maintenant la coopération au développement comme une priorité politique.
  • Des fonds dédiés à la coopération au développement – rassemblant des acteurs municipaux et supra-municipaux qui mutualisent leurs ressources afin de mettre en œuvre des projets à fort impact.

Cet article s’inscrit dans une série de sept profils pays examinant les cadres de la CDD à travers l’Europe. La troisième édition, consacrée à la Belgique, sera publiée en mars. Restez connectés !

Lire le profil pays de l’Espagne, disponible en quatre langues :

Vous pouvez retrouver l’ensemble des publications de Mindcraft ici.

Le CCRE encourage les autorités espagnoles à renforcer le rôle des gouvernements locaux et régionaux dans la politique de développement, non seulement en tant que structures de mise en œuvre, mais aussi comme partenaires stratégiques contribuant à façonner un agenda de développement plus résilient, inclusif et efficace.

Cette publication est réalisée dans le cadre du projet Bridging and Mapping Knowledge Gaps in Decentralised Cooperation (Mindcraft), financé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et soutenu par la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ).

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Lauréats du prix Sakharov 2025

Sakharov Prize 2025

Prix Sakharov 2025 : aux côtés de celles et ceux qui défendent la liberté de pensée


Le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit est la distinction la plus prestigieuse du Parlement européen en matière de droits humains. Créé en 1988, il récompense des personnes et des organisations faisant preuve d’un courage exceptionnel dans la défense de la démocratie, de la liberté d’expression et des libertés fondamentales, souvent dans des contextes de répression sévère.

Décerné chaque année, le Prix est à la fois une reconnaissance et un appel à l’action : il rappelle que la liberté de pensée n’est jamais acquise et qu’elle doit être défendue activement.

Les lauréats 2025

Le 16 décembre 2025, le Parlement européen a attribué le prix Sakharov à Mzia Amaglobeli, de Géorgie, et à Andrzej Poczobut, du Bélarus, deux journalistes emprisonnés pour leur engagement en faveur de la vérité, de la démocratie et des droits humains.

Andrzej Poczobut, journaliste, essayiste et militant issu de la minorité polonaise au Bélarus, critique de longue date du régime de Loukachenko, est détenu depuis 2021. Il a été condamné à huit ans de colonie pénitentiaire à l’issue de poursuites à caractère politique. Sa santé s’est détériorée, l’accès à sa famille lui est refusé, et pourtant il demeure un symbole de résistance face à la répression autoritaire.

Mzia Amaglobeli, journaliste géorgienne et directrice des médias indépendants Batumelebi et Netgazeti, a été arrêtée en janvier 2025 après avoir participé à des manifestations pro-démocratie. Condamnée à deux ans de prison, elle est devenue la première femme prisonnière politique en Géorgie depuis l’indépendance du pays, et un symbole puissant des aspirations démocratiques géorgiennes.

En annonçant les lauréats, la présidente du Parlement européen Roberta Metsola a déclaré que « tous deux ont payé un prix très lourd pour avoir dit la vérité au pouvoir, devenant des symboles de la lutte pour la liberté et la démocratie. Le Parlement se tient à leurs côtés, ainsi qu’aux côtés de toutes celles et ceux qui continuent d’exiger la liberté. »

Démocratie, valeurs de l’UE et élargissement

Le prix Sakharov reflète l’engagement de l’Union européenne en faveur de la défense de la démocratie au-delà de ses frontières. Tant au Bélarus qu’en Géorgie, le recul démocratique, la répression des médias indépendants et les attaques contre la société civile menacent non seulement les libertés nationales, mais aussi la trajectoire européenne de ces pays.

Le Parlement européen a appelé à plusieurs reprises à la libération immédiate et inconditionnelle des deux journalistes et a adopté des résolutions condamnant la répression, l’emprisonnement politique et l’érosion des institutions démocratiques.

Défendre la démocratie à partir du terrain

Au CCRE et à PLATFORMA, la défense des valeurs démocratiques est au cœur de notre action, avec une attention particulière portée au contexte de l’élargissement de l’UE et du Partenariat oriental. À travers la coopération avec les gouvernements locaux et régionaux, les associations nationales de collectivités locales (telles que la NALAG dans le cas de la Géorgie) et la société civile, nous soutenons la gouvernance démocratique, la liberté d’expression et la résilience institutionnelle.

La démocratie locale est souvent la première cible des pressions autoritaires mais aussi la première ligne de défense. En renforçant les acteurs locaux et régionaux, en soutenant l’échange entre pairs et en promouvant les valeurs de l’UE, le CCRE et PLATFORMA contribuent à une Europe démocratique, inclusive, résiliente et ancrée dans les droits fondamentaux.

Le prix Sakharov nous rappelle que la démocratie repose sur le courage, mais aussi sur la solidarité.

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Mise en œuvre de la Global Gateway

Global Gateway - Event news

Les villes et régions appellent à un partenariat renforcé pour faire avancer la stratégie Global Gateway


Des réseaux internationaux de villes et de régions ont publié hier [10 décembre 2025] à Bruxelles une Déclaration conjointe appelant à une implication plus forte et plus structurée des gouvernements locaux dans la mise en œuvre de la stratégie Global Gateway de l’Union européenne. Représentant des milliers de villes, de régions et d’associations de collectivités locales dans le monde entier, les signataires soulignent que le partenariat avec les gouvernements locaux et régionaux (GLR) est essentiel pour garantir la légitimité, la durabilité et l’impact à long terme des investissements du Global Gateway.

Cette Déclaration a été remise, au nom des signataires, par Joseph Bernard Wagner, maire de Belize City (Belize) et président du Commonwealth Local Government Forum (CLGF), à Koen Doens, directeur général de la Direction générale des partenariats internationaux de la Commission européenne (DG INTPA), lors de la session plénière du Comité européen des régions, marquant la clôture du Forum 2025 « Cities and Regions for International Partnerships », organisé sur trois jours.

Les gouvernements locaux et régionaux sont reconnus par l’UE comme des acteurs du développement à part entière et jouent un rôle central dans la promotion d’une croissance économique inclusive, la fourniture de services publics et la connexion des communautés aux opportunités mondiales. Leurs responsables alertent : sans une implication systématique des villes et des régions, les projets du Global Gateway risquent de ne pas atteindre leur plein potentiel de développement.

Un appel commun pour un Global Gateway plus inclusif

La Déclaration est signée par les dirigeants de quatre grands réseaux mondiaux de gouvernements locaux et régionaux :

  • Frédéric Vallier, Délégué général, Association internationale des maires francophones (AIMF)
  • Fabrizio Rossi, Secrétaire général, Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) – PLATFORMA
  • Lucy Slack, Secrétaire générale, Commonwealth Local Government Forum (CLGF)
  • Emilia Saiz, Secrétaire générale, Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU / UCLG)

Ensemble, ils appellent les institutions européennes, les pays partenaires et les acteurs du développement à reconnaître les villes et les régions comme co-créatrices de l’environnement favorable nécessaire à des investissements durables, inclusifs et démocratiques.

Citations

« Il est essentiel que les gouvernements locaux soient autour de la table lorsqu’il s’agit des investissements réalisés dans le cadre du Global Gateway. Après tout, nous sommes responsables du développement de nos territoires et devons être reconnus comme partenaires à part entière dans la planification et la mise en œuvre », a souligné Joseph Bernard Wagner, maire de Belize City (Belize) et président du CLGF.

« Les gouvernements locaux et régionaux devraient être impliqués dès la phase de conception du Global Gateway. Au CCRE et à PLATFORMA, nous nous considérons comme des institutions facilitatrices : nous sommes là pour capitaliser les enseignements et les données, ainsi que pour suivre et évaluer les actions », a déclaré Fabrizio Rossi, Secrétaire général du CCRE, plus tôt lors du Forum.

« La coopération décentralisée est un véritable levier de solidarité et de développement au service des communautés locales. Toutefois, elle ne peut être efficace que si la décentralisation elle-même l’est, et si nos collectivités disposent de ressources financières et humaines sécurisées. Le Global Gateway constitue à cet égard une opportunité importante de soutien », a déclaré Dieudonné Bantsimba, maire de Brazzaville et vice-président de l’AIMF.

« La mobilisation de nos membres lors du Forum des villes et des régions montre l’engagement fort des gouvernements locaux et régionaux en faveur de la coopération et de la diplomatie des villes. Mais la territorialisation du Global Gateway ne sera possible que si les gouvernements locaux sont pleinement reconnus comme partenaires stratégiques », a souligné Emilia Saiz, Secrétaire générale de CGLU.

« Les villes et les régions constituent le lien entre les investissements et les citoyens. En tant que premier point de contact avec la population, elles apportent légitimité, appropriation locale et durabilité à long terme aux projets du Global Gateway », insistent les signataires.

« Les gouvernements locaux et régionaux sont des partenaires indispensables pour faire du Global Gateway une stratégie qui fonctionne réellement pour les citoyens », réaffirment-ils.

Villes et régions : des partenaires essentiels pour un impact durable

Dans leur Déclaration, les associations de gouvernements locaux et régionaux rappellent que les GLR disposent de compétences étendues dans les secteurs prioritaires du Global Gateway, notamment la numérisation, le climat et l’énergie, les transports, la santé, l’éducation et la recherche. En ancrant les investissements dans les réalités locales, ils garantissent que les projets répondent aux besoins et priorités des communautés, renforcent la cohérence des politiques publiques et favorisent des écosystèmes économiques inclusifs impliquant PME, investisseurs, organisations de la société civile, institutions académiques et citoyens.

La Déclaration souligne également le rôle décisif des gouvernements locaux dans les contextes fragiles et touchés par les conflits, où ils sont souvent les seules institutions publiques opérationnelles capables de coordonner les acteurs locaux et de fournir des services de base.

Principales recommandations pour renforcer le Global Gateway

Afin de libérer pleinement le potentiel des collectivités locales en tant que partenaires d’investissements durables, les signataires formulent trois recommandations majeures :

  1. Engager directement les gouvernements locaux et leur donner un accès direct aux financements dans le cadre des investissements du Global Gateway.
    Cela inclut des appels à projets dédiés, des critères d’évaluation adaptés, des lignes de financement spécifiques similaires à l’ancien programme « Partenariats pour des villes durables », ainsi que des mécanismes nationaux garantissant un dialogue structuré entre les délégations de l’UE, les équipes Europe (Team Europe) et les GLR.
  2. Assurer l’implication systématique des gouvernements locaux et régionaux à toutes les phases des projets Global Gateway.
    Des orientations claires doivent être fournies aux délégations de l’UE et aux équipes Europe afin d’inclure de manière significative les autorités locales dans la planification, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation.
  3. Soutenir les associations nationales et les réseaux internationaux de gouvernements locaux.
    Ces organisations — signataires d’accords-cadres de partenariat avec l’UE depuis 2015 — jouent un rôle clé dans la coordination de la participation des GLR, le partage des connaissances et la diffusion des innovations au-delà des frontières.

Lire la Déclaration complète.

Lire la note de PLATFORMA sur le Global Gateway.

Photo : © Union européenne 2025 / Emile Windal

Nouvel Observatoire pour la démocratie

Launch event of the Observatory

Lancement d’un nouvel Observatoire pour protéger la démocratie locale en Europe 


  • Le premier Observatoire européen chargé de surveiller les menaces visant les maires et les conseillers locaux, allant du harcèlement en ligne à l’intimidation et à la désinformation.
  • Une initiative conjointe du CCRE, de la Ville de Bilbao, d’EUDEL, de l’Université Bocconi et du Gouvernement basque pour renforcer la qualité de la démocratie locale et soutenir les élu·e·s.

Bruxelles, le 11 décembre – Une nouvelle étape dans la protection de la démocratie locale a été franchie aujourd’hui avec le lancement de l’Observatoire européen pour la défense de la démocratie au niveau local, présenté au bureau du CCRE à Bruxelles.

L’Observatoire répond à une hausse marquée du harcèlement en ligne, de l’intimidation, de la désinformation et des campagnes de haine organisées visant maires, conseillers municipaux et responsables régionaux à travers l’Europe.

« La démocratie locale est la première ligne de défense de l’Europe », a souligné Gunn Marit Helgesen, Présidente du CCRE. « Lorsque des maires et des conseillers sont menacés, harcelés ou réduits au silence, ce ne sont pas seulement des individus qui sont visés — c’est le tissu démocratique de nos sociétés. Avec cet Observatoire, nous faisons un pas collectif pour protéger celles et ceux qui servent leurs communautés et pour garantir la solidité de notre démocratie. »

Lors de l’ouverture de l’événement, le Commissaire Michael McGrath, en charge de la démocratie, de la justice, de l’État de droit et de la protection des consommateurs au sein de la Commission européenne, a déclaré :
« Je suis ravi de lancer l’Observatoire européen pour la défense de la démocratie au niveau local. La démocratie locale n’est pas un simple concept : elle est la pierre angulaire de la vie politique. Elle façonne des décisions qui touchent directement les citoyens et donne à chacun un rôle concret dans les choix qui influencent leur quotidien. Aujourd’hui, nos démocraties font face à des menaces croissantes, souvent ressenties au niveau local. Ces menaces ne prennent pas toujours la forme d’attaques directes contre les institutions : elles s’immiscent parfois discrètement dans nos communautés, affectant directement les élus et le fonctionnement quotidien de la démocratie locale. C’est pourquoi le travail de l’Observatoire est si important — nous devons tous agir pour protéger et promouvoir les démocraties de demain. »

L’initiative — un partenariat entre le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE), le Conseil municipal de Bilbao, l’Association des municipalités basques (EUDEL), avec l’expertise scientifique de l’Université Bocconi et le soutien du Gouvernement basque — produira des données, analysera des tendances et renforcera les réponses institutionnelles à tous les niveaux.

Le maire de Bilbao, Juan Mari Aburto, a insisté sur l’urgence d’une action coordonnée :
« Bilbao est une ville de valeurs parce que nous avons collectivement choisi de la construire ainsi. En tant que ville fondatrice de cet Observatoire, nous partageons une conviction claire avec l’Europe : la démocratie se protège non seulement par la loi, mais aussi par la culture civique, le respect et l’écoute active. Défendre la démocratie, c’est aussi préserver la coexistence au quotidien dans nos quartiers, où la diversité enrichit nos communautés au lieu de les menacer. »

La Présidente d’EUDEL, Esther Apraiz, a souligné l’apport et l’expérience du Pays basque :
« Au Pays basque comme partout en Europe, la démocratie locale est incarnée par les élu·e·s qui servent leur communauté jour après jour. L’Observatoire doit protéger celles et ceux qui défendent la démocratie et encourager de nouveaux talents à s’engager en politique locale, car lorsque qu’un maire ou un conseiller se retire, c’est la démocratie qui s’affaiblit. Le fait d’accueillir l’Observatoire aussi au Pays basque nous permet de partager notre expérience de gouvernance collaborative à l’échelle internationale. »

Le Secrétaire général pour l’action extérieure du Gouvernement basque, Ander Caballero, a ajouté :
« Au Pays basque, nous travaillons chaque jour à bâtir un territoire fondé sur une démocratie avancée. C’est ainsi que nous renforçons la confiance et la satisfaction des citoyens, et que nous suscitons l’envie de s’impliquer dans la vie politique. C’est aussi une manière de consolider les fondations de notre maison commune face à ceux qui cherchent à affaiblir ou saper la démocratie. Nous disposons d’un outil pour progresser : la gouvernance collaborative. L’Observatoire soutient et promeut cette approche, en encourageant la coopération entre institutions locales — au Pays basque comme dans toute l’Europe. »

Représentant le partenariat scientifique, le recteur de l’Université Bocconi, Francesco Billari, a souligné l’importance de données fondées sur des preuves :
« Lorsque des responsables locaux subissent des intimidations, ce n’est pas seulement leur sécurité qui est en jeu — c’est la confiance et la participation, qui sont au cœur de la vie démocratique. Étudier ces violences avec des méthodes et des données de pointe est essentiel pour préserver ces fondations. »

L’Observatoire suivra les menaces, partagera des solutions, renforcera la solidarité et conseillera les institutions nationales et européennes.

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Construire une communauté climatique

TOWN HALL COP - News

Town Hall COP : Accélérer l’action climatique et renforcer la gouvernance à plusieurs niveaux pour lutter contre le changement climatique


Le renforcement de l’action locale et de la gouvernance multiniveau pour atteindre les objectifs climatiques est l’un des messages clés défendus par le CCRE et PLATFORMA. Le 19 novembre 2025, les deux réseaux ont organisé leur premier Town Hall COP, un dialogue climatique participatif visant à renforcer les partenariats entre niveaux de gouvernement. Les participants ont insisté sur la nécessité de relier les efforts climatiques aux grandes orientations mondiales, telles que les Objectifs de développement durable (ODD). L’événement s’est tenu en ligne alors que les négociations de la COP30 devraient s’achever cette semaine à Belém (Brésil).

Négociations de la COP30 et progrès réalisés depuis la COP21

Depuis Belém, Cecilia Kinuthia-Nienga, Directrice pour l’appui intergouvernemental et le progrès collectif à la CCNUCC, a présenté une mise à jour des négociations de la COP30, soulignant l’accent mis par la présidence sur le multilatéralisme, la confiance et le passage « des engagements à la mise en œuvre ».

Elle a rappelé l’importance de structures de gouvernance claires, de plans d’investissement et d’un soutien aux pays en développement pour permettre une mise en œuvre crédible des Contributions Déterminées au niveau National (CDN).

De retour de la COP30, Bridgette Burken-Holder, Directrice des programmes internationaux à la European Climate Foundation, a insisté sur l’évolution de l’Accord de Paris de 2015 comme « un instrument vivant », ainsi que sur les progrès réalisés en matière de réduction des émissions dans les villes, accompagnés d’une reconnaissance croissante du rôle des gouvernements infranationaux. Elle a souligné que 80 % des CDN soumises incluent désormais les villes et les régions comme partenaires clés.

Paraphrasant un participant de la COP30, elle a déclaré :
« En tant que gouvernements locaux, nous n’avons pas seulement besoin d’une place à la table des négociations : nous devons reconstruire la table pour nous assurer qu’elle peut accueillir tout le monde. »

Le porte-parole du CCRE pour l’environnement, Ronan Dantec, sénateur de Loire-Atlantique, a également retracé l’évolution du rôle des collectivités locales dans la gouvernance climatique au cours des 20 dernières années, soulignant leur importance pour atteindre les objectifs climatiques.

Thysia Tchekouteff, assistante politique à la DG Action pour le climat de la Commission européenne, a rappelé les objectifs climatiques de l’UE :
– devenir le premier continent neutre en carbone d’ici 2050,
– réduire les émissions de gaz à effet de serre de 55 % d’ici 2030,
– atteindre 90 % de réduction d’ici 2040.

Elle a souligné le rôle clé de la coopération multiniveau, rappelant l’engagement de l’UE dans la Coalition of High Ambition Multi-Level Partnerships (CHAMP) et sa volonté de travailler avec les collectivités.

Action climatique : engagement politique, financement et mobilisation citoyenne

« Le changement climatique n’attend pas la prochaine élection », a rappelé Emil Brogn, maire de Cluj-Napoca (Association des municipalités de Roumanie). Il a appelé à renforcer le soutien politique, combiner les ressources financières et faciliter les choix verts pour les citoyens. Il a identifié trois “éléphants dans la pièce” :

  1. le soutien politique,
  2. le financement,
  3. l’engagement citoyen.

Il a souligné l’importance de communiquer les actions climatiques de manière à créer un lien clair avec les citoyens. Une idée partagée par Siri de Vrijer, conseillère politique en environnement auprès de l’eurodéputé Gerben-Jan Gerbrandy (Renew Europe – Pays-Bas) :
« Nous devons montrer aux citoyens ce qu’ils y gagnent. »
Elle a insisté sur la nécessité d’un récit qui reflète à la fois les perceptions des citoyens et les responsabilités des décideurs.

Même constat pour Nadia Pellefigue, vice-présidente de la Région Occitanie et rapporteure de l’avis du Comité européen des régions sur la COP30 :
« Sans gouvernance multiniveau, les ambitions restent théoriques. Avec elle, les ambitions deviennent réalité. »
Elle a plaidé pour établir un dialogue formel multiniveau au sein de la CCNUCC.

Perspectives nationales : Moldavie et Croatie

Marina Lungu, cheffe de la section changement climatique du ministère de l’Environnement de Moldavie, a présenté la nouvelle CDN du pays, qui met l’accent sur la gouvernance multiniveau et introduit des mécanismes institutionnels pour la coordination climatique à tous les niveaux.

Miljenko Sedlar, responsable climat à l’Agence régionale d’énergie et de climat du nord-ouest de la Croatie, a présenté l’approche croate en matière d’action climatique, évoquant notamment un nouveau projet UE27, National Adaptation Hubs, visant à passer d’une adaptation réactive à une adaptation systémique à travers les États membres.

Initiatives locales pour le climat

« 80 % de ce qui peut être fait relève de l’influence des gouvernements locaux », a rappelé Marianne Overton, porte-parole du CCRE pour le climat et conseillère du North Kesteven et du Lincolnshire (R.-U.). Elle a évoqué les défis du changement climatique et le rôle essentiel des municipalités, citant des initiatives réussies : installation de panneaux solaires sur les logements sociaux, conception de bâtiments économes en énergie, etc.

Elle a également mentionné une motion adoptée par plus de 200 conseils locaux visant la neutralité carbone d’ici 2030.

Ola Nord, chef du bureau de la ville de Malmö auprès de l’UE, a présenté l’initiative Town Hall COP de la ville, qui a mobilisé 40 citoyens pour identifier les priorités climatiques, débouchant sur 26 propositions couvrant l’urbanisme, les transports, la démocratie, la transition juste, les modes de vie et l’énergie :
« Le changement est en marche, il y a beaucoup de progrès, mais il faut accélérer et renforcer cette dynamique. »

En regardant vers 2027

Risto Veivo, directeur climat à l’administration centrale de la ville de Turku (Finlande), a présenté une mise à jour du Rapport spécial du GIEC sur les villes, qui sera présenté à la COP27. Environ 100 auteurs principaux y contribuent, avec un focus sur les solutions adaptées aux types de villes et aux régions du monde.

Les résultats du Town Hall COP CCRE–PLATFORMA seront désormais partagés avec la large communauté de la LGMA (Local Governments and Municipal Authorities) des Nations unies, dont le CCRE est membre. En amont de la COP30, le CCRE a soutenu la Position commune LGMA, appel conjoint visant à reconnaître villes et régions comme moteurs essentiels de la mise en œuvre climatique mondiale.

Plus d’informations

Consultez l’infographie CCRE–PLATFORMA sur la COP30
Regardez l’enregistrement du Town Hall COP


Pour plus d’informations, contactez :

Atelier sur le dialogue social

Lab event - News

Atelier CCRE–EPSU sur le dialogue social dans les îles d’Europe du Sud


Le CCRE et l’EPSU ont organisé à Malte un atelier consacré au dialogue social dans les îles d’Europe du Sud. L’événement a réuni des participants de Malte, de Chypre et de Grèce pour discuter des défis actuels et des opportunités liés au dialogue social aux niveaux national et européen.

Le dialogue social désigne tous les types de négociation, consultation ou échange d’informations entre les représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs sur des questions d’intérêt commun portant sur les politiques économiques, de l’emploi et sociales.

Maria-Elena Despot, ainsi que de la directrice générale du Département des relations industrielles et de l’emploi de Malte, Diane Vella Muscat. Il comprenait également une rencontre avec le représentant du gouvernement maltais auprès du Malta Council for Economic and Social Development, Rodrick Zerafa.

L’événement a présenté des exemples de bonnes pratiques en matière de dialogue social, avec des intervenants d’Allemagne, d’Estonie et de Suède. Parmi ceux-ci figuraient des pratiques allemandes visant à garantir la fidélisation du personnel et la montée en compétences dans le cadre des conventions collectives, afin de répondre aux nouveaux besoins en compétences liés à la transition verte et numérique.

Une représentante du syndicat suédois TCO a présenté le modèle suédois du marché du travail comme un exemple de dialogue social efficace menant à la paix industrielle et à un haut niveau de couverture des conventions collectives.

Dans leur présentation sur la transition numérique dans les collectivités locales estoniennes, l’Association des villes et communes rurales d’Estonie a souligné que « la transition numérique peut devenir un moteur de dialogue, car elle affecte le travail de chacun ».

Cet atelier constitue le premier d’une série de trois événements régionaux organisés dans le cadre du projet LAB, une initiative financée par l’UE et menée par le CCRE et l’EPSU. Le projet vise à renforcer le dialogue social en Europe de l’Est et du Sud-Est, dans les pays candidats et dans les îles d’Europe du Sud, en dotant les partenaires sociaux locaux et régionaux des outils et connaissances nécessaires pour participer de manière constructive aux niveaux national et européen.

Ces régions rencontrent souvent des difficultés à participer activement au dialogue social national et européen en raison de capacités limitées des partenaires sociaux et de cadres de dialogue social insuffisamment développés. Le dialogue social devient un outil de plus en plus important pour traiter non seulement les politiques d’emploi et sociales, mais aussi pour trouver des solutions inclusives et efficaces à d’autres défis tels que les transitions verte et numérique.

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