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Sommet des dirigeants à Rovaniemi

CEMR Leaders Summit 2026 - Rovaniemi

Les dirigeants locaux du CCRE adoptent une déclaration politique appelant à placer la cohésion, la compétitivité et les partenariats mondiaux au cœur du prochain budget de l’UE


Réunis au Sommet des dirigeants du CCRE à Rovaniemi, quelque 150 élus locaux appellent les chefs d’État et de gouvernement de l’UE à intégrer les recommandations du Parlement européen sur le budget de l’UE relatives à la gouvernance à plusieurs niveaux, à la mise en œuvre territoriale et à la prévisibilité des financements dans leurs négociations avec le Conseil.


Plus de 150 dirigeants locaux de 29 pays européens se sont réunis à Rovaniemi, en Finlande, pour le Sommet des dirigeants du Conseil des communes et des régions d’Europe (CCRE), participant à des discussions opportunes sur les principales priorités européennes.

Une déclaration politique à un moment charnière

L’un des principaux résultats du sommet a été l’adoption d’une déclaration politique signée par 55 dirigeants locaux appelant les chefs d’État et de gouvernement de l’UE à intégrer les recommandations clés du Parlement européen concernant le prochain budget de l’UE (2028-2034) dans leurs négociations au sein du Conseil européen. Adoptée lors du sommet des dirigeants du CCRE à Rovaniemi, cette déclaration intervient à un moment crucial des discussions interinstitutionnelles sur le prochain cadre financier pluriannuel (CFP).

En approuvant cette déclaration en faveur d’un budget européen adapté à chaque territoire, les membres du CCRE insistent sur le fait que la cohésion, la compétitivité et les partenariats mondiaux demeurent au cœur du prochain budget à long terme de l’UE. Adressée aux dirigeants nationaux, la déclaration plaide pour un budget territorialisé et prévisible, fondé sur une véritable gouvernance à plusieurs niveaux.

Cette déclaration fait suite à l’adoption par le Parlement européen, lors de sa séance plénière du 28 avril 2026, de son rapport intérimaire sur le budget de l’UE pour la période 2028-2034, dans lequel le Parlement a défini ses priorités politiques et qui servira de base aux négociations avec le Conseil.

Étant donné que les États membres finaliseront leur position lors de la réunion du Conseil qui se tiendra les 18 et 19 juin, le CCRE les appelle à prendre en considération la position et les propositions présentées par le Parlement européen en vue d’un budget de l’UE qui garantisse la compétitivité, la cohésion et la confiance sur l’ensemble du territoire.

Christoph Schnaudigel, président du CCRE, a déclaré : « Le prochain budget de l’UE doit bénéficier à tous les territoires européens. C’est dans les villes et les régions que la politique européenne se concrétise : c’est là que l’on gère les inondations, que l’on a besoin de centres de rafraîchissement, que les entreprises investissent ou partent. La compétitivité et la résilience de l’Europe seront aussi fortes que son territoire le plus vulnérable. Il est temps d’agir. »

Les responsables locaux participant au Sommet des dirigeants du CCRE ont également eu l’occasion d’échanger avec Giuseppe Lupo, député européen et vice-président de la commission des budgets de l’UE, sur les négociations interinstitutionnelles relatives au prochain CFP. Au cours de cette discussion, M. Luppo a déclaré : « Nous demandons la position officielle du Conseil ; il est donc primordial de développer toute initiative visant à convaincre les États membres d’accepter la proposition du Parlement européen. »

Collectivités locales et régionales : renforcer la résilience par la prévoyance et la préparation

Le Sommet a également servi de plateforme pour discuter de la manière dont les gouvernements locaux et régionaux peuvent mieux utiliser la prévoyance et la préparation pour anticiper et atténuer les impacts des crises et des situations d’urgence.

En tant que pays hôte, la Finlande – reconnue internationalement comme un chef de file mondial en matière de préparation aux crises et de prospective stratégique à long terme – a apporté des contributions précieuses. Les participants ont examiné comment les institutions démocratiques, à tous les niveaux, doivent évoluer pour gouverner efficacement dans une ère marquée par l’incertitude et les bouleversements.

Katri Kulmuni, ancienne vice-Première ministre de Finlande et députée européenne la plus septentrionale, a déclaré : « La préparation est un mode de vie plus global. Il ne s’agit pas d’une dépense, mais d’un investissement, et cela ne fonctionnera que si les communautés locales y participent. »

Le débat politique a rassemblé des voix venues de tout le continent, du nord au sud.

Le directeur des services techniques de la ville de Rovaniemi, Pertti Onkalo, a déclaré : « Partout en Europe, les villes et les régions sont confrontées à des défis similaires, même si chacune présente des caractéristiques propres. En partageant les enseignements tirés de l’expérience, nous pouvons éviter de réinventer la roue.» Il a également ajouté : « Aujourd’hui, l’importance de la préparation est de plus en plus reconnue ; mais cette préparation doit être mise en place avant une crise, et non pendant. »

Voici ce qu’a déclaré Elisabeth Unell, maire de Västerås en Suède : « Se préparer signifie s’exercer à différents scénarios et se préparer ensemble. Nous avons besoin d’une coordination et d’un partage d’expériences plus étroits entre les collectivités locales à travers l’Europe. »

« La préparation et la prévoyance font de plus en plus partie de notre ADN, surtout en Europe occidentale. En cas de crise, l’élément essentiel, c’est la structure. Mais ce n’est pas toujours l’État qui peut intervenir immédiatement. Il est également important d’investir dans les collectivités locales.» Ap Reinders, maire de Stichtse Vecht.

La maire d’Estarreja (Portugal), Isabel Simoes Pinto, a soutenu que « pour les citoyens, la préparation ne peut pas être un concept abstrait. Elle doit provenir de la confiance des dirigeants locaux. Nous devons transformer la préparation en une dimension normale de la gouvernance, un aspect quotidien de la vie. » – Maire d’Estarreja (Portugal), Isabel Simoes Pinto

Christoph Schnaudigel nommé président du CCRE

Lors du Sommet, le Comité des politiques du CCRE a nommé Christoph Schaudigel nouveau président de l’organisation, suite à la démission de Gunn Marit Helgesen après son élection à la présidence du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux (CLRAE).

Les dirigeants locaux du CCRE ont également décidé que Gunn Marit Helgesen continuerait à exercer les fonctions de coprésidente du CCRE aux côtés de Philippe Laurent et Vince Maple.

Dans son discours d’investiture, Christoph Schnaudigel a déclaré : « C’est un honneur pour moi d’assumer la présidence du CCRE à un moment aussi crucial pour les villes et les régions d’Europe. Alors que les négociations sur le prochain budget de l’UE se poursuivent et que nos valeurs et notre démocratie locale sont de plus en plus mises à l’épreuve dans un contexte géopolitique turbulent, notre unité est plus importante que jamais. Je me réjouis de travailler encore plus étroitement avec tous nos membres afin de garantir que les voix locales soient entendues et impliquées dans le processus décisionnel européen. Cela implique également de renforcer l’engagement du CCRE en faveur des partenariats internationaux pour défendre la paix, la démocratie, la durabilité et la solidarité. »

Christoph Schnaudigel est le président de la section allemande du CCRE (RGRE) et le président du comté de Karlsruhe (Allemagne). Il est membre actif de la direction du CEMR depuis 2017, date à laquelle il est devenu porte-parole pour les services publics.

À l’occasion du 75e anniversaire du CCRE

Le Sommet de Rovaniemi s’appuie sur les 75 ans d’expérience du CCRE dans le soutien aux villes et aux régions confrontées à des transformations majeures, de la reconstruction d’après-guerre aux transitions climatiques et sociales actuelles.

Les dirigeants locaux ont célébré cet événement marquant par le lancement d’une nouvelle présentation vidéo du CCRE, ainsi que par une série d’entretiens intitulée « Les voix de nos 75 ans d’histoire ». Un photomaton présentant un journal « Local Time », mettant en vedette « Nos dirigeants locaux », faisait également partie des célébrations.

Le Sommet des dirigeants du CCRE à Rovaniemi était organisé par la ville de Rovaniemi et l’Association des villes et municipalités finlandaises (Kuntaliitto).

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Déclaration politique budgétaire de l’UE

Leaders Summit Finland 2026

Les dirigeants locaux du CCRE adoptent une déclaration politique en faveur d’un budget de l’UE qui profite à tous les territoires.


Réunis à Rovaniemi le 5 juin, les dirigeants locaux appellent les chefs d’État et de gouvernement de l’UE à inclure dans leurs négociations avec le Conseil les recommandations du Parlement européen concernant le budget de l’UE relatives à la gouvernance multiniveaux, à la mise en œuvre territoriale et à la prévisibilité des financements.


Les dirigeants locaux du Comité politique du Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) ont adopté une déclaration politique appelant les chefs d’État et de gouvernement de l’UE à intégrer les principales recommandations du Parlement européen relatives au prochain budget de l’UE (2028-2034) dans leurs négociations au sein du Conseil européen. Cette déclaration, avec 55 signatures, approuvée lors du sommet des dirigeants du CCRE à Rovaniemi, intervient à un moment crucial des discussions interinstitutionnelles sur le prochain cadre financier pluriannuel (CFP).

En approuvant cette déclaration en faveur d’un budget européen adapté à chaque territoire, les membres du CCRE insistent sur la nécessité de veiller à ce que le prochain budget à long terme soit à la hauteur des ambitions de l’UE en matière de cohésion, de compétitivité et de partenariat mondial. Adressée aux dirigeants nationaux, la déclaration plaide pour un budget territorialisé, prévisible et fondé sur une véritable gouvernance à plusieurs niveaux.

Un timing particulièrement significatif

Cette déclaration fait suite à l’adoption par le Parlement européen, lors de sa séance plénière du 28 avril 2026, de son rapport intérimaire sur le budget de l’UE pour la période 2028-2034, dans lequel le Parlement a défini ses priorités politiques et qui servira de base aux négociations avec le Conseil.

Alors que les États membres, réunis les 18 et 19 juin, finaliseront leur position, le CCRE les appelle à prendre en considération la position et les propositions présentées par le Parlement européen en vue d’un budget de l’UE qui garantisse la compétitivité, la cohésion et la confiance sur l’ensemble du territoire.

Principales revendications de la déclaration politique

Concrètement, la déclaration encourage les chefs d’État et de gouvernement à respecter les principales recommandations du Parlement européen concernant la gouvernance à plusieurs niveaux, la mise en œuvre territoriale et la prévisibilité des financements dans le cadre des futurs plans de partenariat nationaux et régionaux (PPNR). Elle appelle également au maintien des instruments territoriaux d’innovation et de compétitivité, ainsi qu’à un soutien stable et prévisible à l’innovation, au développement et à l’investissement dans les villes et les régions au titre du futur Fonds européen pour la compétitivité (FEC).

Les collectivités locales et régionales sont essentielles pour concrétiser les priorités de l’UE en projets, services et investissements sur le terrain. Parmi les principaux appels de la déclaration politique figure la nécessité de maintenir un financement solide et clairement défini pour la politique de cohésion, garantissant ainsi des investissements clés pour la cohésion économique, sociale et territoriale dans toutes les régions.

Elle insiste également sur le fait que les gouvernements locaux et régionaux doivent être dûment impliqués dans la conception et la mise en œuvre des futurs programmes de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Le texte appelle en outre à la protection des outils intégrés de développement territorial et urbain, à un renforcement des capacités administratives des gouvernements locaux et régionaux, et à une approche plus réaliste des règles de performance et de réalisation des investissements à long terme.

Concernant la compétitivité, la déclaration affirme que la future CCE doit être accessible sur l’ensemble du territoire et mieux adaptée aux réalités locales. Elle appelle également l’UE à reconnaître les collectivités locales et régionales comme des partenaires à part entière de l’action extérieure et de la coopération au développement.

Le message général est clair : si l’UE veut que son prochain budget produise des résultats concrets pour les citoyens, elle doit donner aux gouvernements locaux et régionaux les moyens et le rôle nécessaires pour y parvenir.

Campagne de plaidoyer du CEMR sur le prochain budget de l’UE

Cette action s’inscrit dans le cadre de la campagne plus vaste menée par le CCRE sur le futur budget de l’UE. Cette campagne souligne que les décisions actuellement en cours de négociation détermineront la capacité de l’Union européenne à investir dans les citoyens et les territoires pour la prochaine décennie. Elle met également en garde contre le risque qu’une plus grande flexibilité dans la nouvelle architecture budgétaire se fasse au détriment des garanties en matière d’investissement territorial, de gouvernance à plusieurs niveaux et de financement prévisible pour les villes, les agglomérations et les régions.

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Christoph Schnaudigel : nouveau président du CCRE

Leaders Summit 2026 - New Presidency

Christoph Schnaudigel nommé nouveau président du CCRE


Le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) a nommé Christoph Schnaudigel à sa présidence, suite à la décision de l’ancienne présidente Gunn Marit Helgesen de démissionner après son élection à la présidence du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe (CLRAE).

Lors de cette édition de juin du Sommet des Dirigeants à Rovaniemi, du 4 au 5 juin, le Comité des politiques a chaleureusement félicité Gunn Marit Helgesen pour son nouveau rôle et a nommé Christoph Schnaudigel, jusqu’à présent coprésident, comme nouveau président du CCRE.

Christoph Schnaudigel est le président de la section allemande du CCRE (RGRE) et le président du comté de Karlsruhe (Allemagne). Il est membre actif de la direction du CCRE depuis 2017, date à laquelle il est devenu porte-parole pour les services publics.


« C’est un honneur pour moi d’assumer la présidence du CCRE à un moment aussi crucial pour les villes et les régions d’Europe. Alors que les négociations sur le prochain budget de l’UE se poursuivent et que nos valeurs et notre démocratie locale sont de plus en plus mises à l’épreuve dans un contexte géopolitique turbulent, notre unité est plus importante que jamais. Je me réjouis de travailler encore plus étroitement avec tous nos membres afin de garantir que les voix locales soient entendues et impliquées dans le processus décisionnel européen. Cela implique également de renforcer l’engagement du CCRE en faveur des partenariats internationaux pour défendre la paix, la démocratie, le développement durable et la solidarité. »

– Christoph Schnaudigel, le nouveau président élu du CCRE

Continuité et engagement au cœur du leadership du CCRE

Cette transition témoigne de l’engagement du CCRE en faveur de la stabilité et de la continuité à un moment charnière pour les collectivités locales et régionales européennes. Durant son mandat de coprésident du CCRE, Christoph Schnaudigel a joué un rôle déterminant dans l’orientation politique de l’organisation et est parfaitement placé pour la diriger durant ce mandat.

La structure de direction restante demeure en place :

  • Philippe Laurent, co-président du CCRE ; Président de l’AFCCRE ; Maire de Sceaux ; Vice-Président Territoire Vallée Sud – Grand Paris ; Membre du Conseil Régional d’Île-de-France
  • Vince Maple, président du comité de gestion financière du CCRE ; conseiller municipal de Medway ; vice-président du CEMR (Association des collectivités locales du Royaume-Uni)

Vous pouvez consulter ici tous les détails relatifs à la gouvernance du CEMR.

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Solutions énergétiques municipales

Les municipalités démontrent la valeur de l’énergie produite localement


En cette période d’incertitude géopolitique, les municipalités jouent un rôle essentiel dans l’indépendance énergétique de l’Europe en promouvant les énergies renouvelables locales avec les communautés. La Convention des maires de l’UE mobilise les élus locaux pour développer l’énergie communautaire et garantir que les bénéfices restent au niveau local.

Ces cinq dernières années, les conflits géopolitiques ont fait grimper à deux reprises les prix de l’énergie en Europe, révélant la dépendance et la vulnérabilité du continent aux énergies fossiles. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a averti que la récente guerre en Iran coûte à l’UE 500 millions d’euros par jour. Face à la flambée des prix du pétrole et du gaz, les ménages et les entreprises de toute l’Europe en subissent les conséquences.

La réponse apparaît de plus en plus clairement en Europe : produire davantage d’énergie renouvelable sur son territoire.

Cette vision est clairement exposée dans la communication AccelerateEU ​​récemment publiée par la Commission européenne, qui répond à la hausse des coûts énergétiques de l’UE sur des marchés volatils des combustibles fossiles et vise à accélérer la transition vers une énergie propre et à renforcer notre résilience énergétique, l’un de ses piliers étant « plus d’énergie produite localement ».

Mais cette transformation ne se fera pas uniquement au niveau national. Elle se construira aussi localement – dans les villes, les villages et les bourgs de toute l’Europe – où les autorités locales pourront collaborer avec les communautés locales pour bâtir, à partir de la base, l’avenir énergétique européen.

La dimension locale de l’énergie produite localement

Les collectivités locales sont idéalement placées pour transformer les ressources locales comme le soleil, le vent et l’eau en énergie abordable et fiable pour leurs communautés.

L’énergie produite localement protège les résidents des fluctuations mondiales des prix en réduisant leur dépendance aux énergies fossiles importées. Elle renforce la sécurité énergétique et donne aux collectivités un meilleur contrôle sur leur approvisionnement. Elle aide également les municipalités à atteindre plus rapidement leurs objectifs climatiques, en mobilisant tous les acteurs de la transition, tout en préservant les retombées économiques de cette transition énergétique au sein de l’économie locale.

Cela signifie des factures moins élevées et plus stables, de nouveaux emplois et une confiance accrue du public dans la transition.

Partout en Europe, les municipalités s’engagent à promouvoir l’énergie produite localement, en utilisant un large éventail d’outils, comme le démontrent les signataires de la Convention des maires de l’UE.

Énergie communautaire : produite localement et alimentée par nous

L’un des outils les plus efficaces dont disposent les collectivités locales est l’énergie communautaire, où citoyens, municipalités et entreprises locales produisent, possèdent et gèrent ensemble des énergies renouvelables. L’énergie communautaire est une énergie locale à l’état pur. Elle permet aux citoyens de maîtriser leur avenir énergétique, de bénéficier de prix stables et de profiter directement des avantages qui en découlent.

Reconnues dans le cadre du paquet énergie citoyenne de la Commission européenne, plus de 8 000 communautés énergétiques existent déjà en Europe. Leur potentiel est immense : d’ici 2030, leur nombre pourrait être multiplié par dix et elles pourraient alimenter entre 25 et 30 millions de foyers.

Les projets énergétiques communautaires sont souvent portés par les citoyens, mais les municipalités peuvent aussi s’impliquer, contribuer à leur pilotage et parfois même les diriger. Dans ce cas, les retombées sont généralement plus importantes et plus durables, permettant à ces communautés d’atteindre leur plein potentiel.

Partout en Europe, les collectivités locales de toutes tailles et de tous types – des villes et agglomérations urbaines aux villages ruraux – démontrent comment le leadership municipal renforce l’énergie communautaire.

Comment les municipalités peuvent diriger

La première et la plus simple façon pour une municipalité de montrer l’exemple est de faciliter la tâche des porteurs de projet. La mise en place d’une communauté énergétique soulève de nombreux défis juridiques et techniques.

Les municipalités peuvent apporter leur aide en simplifiant les procédures, en mettant en relation les parties prenantes, en sensibilisant le public et en fournissant des conseils techniques.

À Valence, en Espagne, un réseau de bureaux locaux de l’énergie a contribué à la création de dix communautés énergétiques gérées par les citoyens depuis 2020 grâce à un travail de sensibilisation soutenu, des conseils d’experts et un soutien direct aux résidents.

À Sienne, en Italie, les autorités locales ont soutenu le développement d’une communauté énergétique locale en recensant les espaces publics appropriés et en contribuant à simplifier les procédures administratives. Elles ont également mis en place un groupe de travail technique avec des partenaires universitaires et institutionnels afin d’établir une structure de gouvernance stable et à but non lucratif, jouant ainsi un rôle clé dans la création de cette initiative et l’orientation de son développement initial.

Deuxièmement, et de manière un peu plus poussée, les municipalités peuvent apporter directement leur aide et soutenir ceux qui créent la communauté.

Ils peuvent débloquer des ressources publiques, fournir un soutien financier et offrir des ressources pratiques dont les collectivités peuvent manquer.

À Heilbronn, en Allemagne, la municipalité a loué des toits publics à la coopérative EnerGeno en échange d’une électricité moins chère. Ce qui n’était au départ qu’un simple arrangement s’est transformé en un partenariat durable pour le climat et l’énergie.

Dans le village rural catalan de Bellpuig, en Espagne, la municipalité a mis à disposition les toits et l’espace public pour des installations solaires et des bornes de recharge pour véhicules électriques, tout en soutenant la coopérative qui produit désormais plus de 490 MWh d’électricité renouvelable chaque année.

Pour aller encore plus loin, les municipalités peuvent s’impliquer directement et piloter directement des projets énergétiques communautaires.

Ceux qui souhaitent s’impliquer davantage peuvent rejoindre directement des communautés énergétiques et co-investir. Face au manque de sensibilisation et de proactivité en matière d’énergie communautaire, les municipalités peuvent également prendre l’initiative et piloter le projet, en montrant l’exemple.

Dans la petite ville rurale basque d’Ispaster, en Espagne, la municipalité est devenue membre de sa communauté énergétique locale, renforçant ainsi la confiance et l’engagement à long terme.

À Križevci, en Croatie, la municipalité s’est associée à une coopérative énergétique locale pour lancer une campagne de financement participatif en vue de l’installation de panneaux solaires dans le centre-ville et la bibliothèque. Ces campagnes, destinées à financer un projet de toitures solaires, ont permis de récolter les fonds nécessaires en quelques jours et ont démontré un fort intérêt des citoyens pour les énergies renouvelables.

Lorsque les autorités locales participent directement, elles envoient un signal fort indiquant que l’énergie communautaire est une priorité partagée.

Au-delà de l’énergie communautaire

L’énergie communautaire est l’un des outils les plus efficaces à disposition, mais ce n’est pas le seul. Les municipalités peuvent également promouvoir la production locale d’énergie grâce à des achats stratégiques, des partenariats public-privé, des programmes de flexibilité avec les gestionnaires de réseau, la gestion numérique de l’énergie, la rénovation des bâtiments, la réduction de la demande et les micro-réseaux de quartier.

Valence, par exemple, intègre des critères sociaux et environnementaux dans ses achats d’énergie, tandis qu’Ispaster exploite un micro-réseau hybride fournissant aux bâtiments et aux ménages de la chaleur et de l’électricité renouvelables, avec un système de stockage.

Un leadership significatif n’a pas besoin d’être à grande échelle. Il peut commencer par le toit d’une école, un pâté de maisons ou une rue.

Libérez votre potentiel grâce à l’énergie locale

L’avenir énergétique de l’Europe ne dépend pas des importations. Il peut être produit localement, géré collectivement et conçu pour servir en priorité les communautés – une énergie produite et produite chez nous.

Les municipalités sont idéalement placées pour mener cette transition. La Convention des maires de l’UE met en lumière toutes les manières dont le leadership local contribue à bâtir un avenir énergétique propre, abordable et indépendant pour l’Europe. Suivez-nous pour en savoir plus.

Votre municipalité fait-elle quelque chose pour promouvoir l’énergie locale ?

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Les voix de nos 75 ans d’histoire

Christoph Chaillou

Christophe Chaillou : « L’Europe ne peut se construire sans ses territoires locaux. »

787 mots
3–5 minutes

Christophe Chaillou a été directeur de cabinet du secrétaire général du Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) de 1992 à 2007, durant l’une des périodes les plus transformatrices de l’histoire européenne. Ayant accompagné l’organisation à travers les années charnières de la Commission Delors, les transitions démocratiques en Europe de l’Est et la reconnaissance formelle des collectivités locales et régionales par les institutions européennes, il a constaté de visu comment le CCRE a contribué à façonner la place des villes et des régions au sein du projet européen.

Dans cet entretien, il revient sur les moments marquants de son passage au CCRE, les présidents avec lesquels il a travaillé et le message qui, selon lui, doit continuer à guider le CCRE aujourd’hui.

Un témoin privilégié d’une époque fondatrice

Le passage de Christophe Chaillou au CCRE a coïncidé avec une période d’élan exceptionnel pour l’intégration européenne.

Ce fut le moment où les collectivités locales et régionales obtinrent une reconnaissance officielle de la part des institutions européennes, un objectif de longue date du CCRE qui devint enfin réalité. Pour Chaillou, cette convergence de forces politiques, institutionnelles et historiques fit de cette période un moment exceptionnel pour l’organisation.

“I had the privilege of accompanying CEMR at a time when the European project was especially valued,” he recalls. “It was a fantastic period. In many ways, it meant achieving many of our founding objectives.”

Au cœur de cette expérience résidait l’opportunité de travailler aux côtés de dirigeants exceptionnels. Parmi les présidents avec lesquels il a collaboré, il cite Pasqual Maragall [lire ici l’interview de Maragall en tant que chef de cabinet] et Valéry Giscard d’Estaing, figures marquantes qui l’ont profondément marqué. Chacun a apporté sa vision et son influence au travail du CCRE sur la scène européenne.

Un moment de réconciliation : Prague, 1993

De tous les moments qui ont marqué ses années au CCRE, un se distingue particulièrement. L’Assemblée générale tenue à Prague en 1993 reste, pour Chaillou, l’un des événements les plus marquants et symboliquement forts de l’histoire de l’organisation.

C’est à ce moment que le CCRE a accueilli les associations locales et régionales qui venaient d’être rétablies en Europe centrale et orientale, des organisations qui réclamaient leur place après des décennies de régime autoritaire et qui rejoignaient, pour la première fois, la grande famille européenne.

« Ce fut un moment de réconciliation européenne », dit-il. « Toutes les associations du continent étaient réunies. Ce fut sans aucun doute un moment très fort d’affirmation de notre message et, une fois de plus, de l’unité européenne. »

Cette assemblée revêtait une importance qui dépassait largement le cadre institutionnel. Pour les participants, elle illustrait de façon éclatante les valeurs défendues par le CCRE : la démocratie locale et l’intégration européenne n’étaient pas des ambitions distinctes, mais profondément liées.

Les libertés locales au cœur du travail de plaidoyer du CCRE

Au-delà des étapes symboliques, Chaillou souligne également le travail de plaidoyer stratégique mené par le CCRE durant son mandat de secrétaire général. Il mentionne notamment la reconnaissance accordée aux collectivités locales et régionales, qui a permis de garantir que les libertés locales soient non seulement reconnues en principe, mais aussi respectées dans la pratique au sein du cadre institutionnel européen.

Selon lui, cette réussite était le fruit d’une dynamique politique et d’efforts constants. Elle s’est construite grâce aux relations, à la crédibilité et à la clarté du message du CCRE, à une époque où l’Europe cherchait encore à définir son identité.

Le message fondateur du CCRE, toujours d’actualité aujourd’hui

Pour l’avenir, Chaillou est clair sur le défi le plus important. Dans une période marquée par la montée des menaces contre la démocratie, l’instabilité géopolitique croissante et les interrogations renouvelées sur l’avenir de l’intégration européenne, il estime que le CCRE doit renouer avec ses origines et porter son message fondateur avec une conviction renouvelée.

« Ce dont nous avons besoin aujourd’hui, c’est de renforcer tout cela », dit-il. « Le principal défi est de préserver et de promouvoir la démocratie locale sur tous les territoires ; l’esprit d’autonomie locale et d’intégration européenne. C’est le message fondateur du CCRE. »

Pour Chaillou, ce message est tout aussi pertinent aujourd’hui qu’au début des années 1990. L’Europe, insiste-t-il, ne peut se construire d’en haut. Elle doit s’enraciner dans ses territoires, là où vivent les citoyens, là où se prennent les décisions et là où la démocratie s’épanouit ou vacille.

« L’Europe ne peut se construire sans ses territoires », affirme-t-il. « Et c’est sur ces territoires que les libertés locales doivent s’affirmer. À une époque où les menaces sont nombreuses, notamment face à la remise en cause manifeste de la démocratie, il est essentiel de défendre ce message. »

Consultez l’intégralité de l’interview ici.

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Le secrétariat du Hub de partenariat européen en Ukraine

Le CCRE renforce son rôle de plateforme européenne pour la coopération municipale avec l’Ukraine.


Une mission d’une semaine à Kyiv, menée par le secrétaire général du CEMR, Fabrizio Rossi, et le directeur des projets et programmes, Durmish Guri, a réaffirmé le rôle du CCRE en tant que structure facilitatrice du Hub de partenariat européen (EPH), pour la coopération municipale internationale en soutien au redressement, à la résilience et à l’intégration européenne de l’Ukraine.

Bien que l’engagement du CCRE en Ukraine remonte à 2002, cette visite s’inscrit dans un cadre stratégique majeur : le Pôle de partenariat européen (EPH), soutenu par l’UE et ses États membres via le programme U-LEAD with Europe. L’EPH, développé conjointement avec les acteurs de la communauté Bridges of Trust, vise à développer, structurer et coordonner les partenariats municipaux internationaux entre les municipalités européennes et ukrainiennes.

Alors que des centaines d’initiatives de coopération bilatérales et multilatérales sont déjà en cours et que la demande de soutien ne cesse de croître, le Secrétariat du Programme européen de santé publique (EPHS) assure la coordination cohérente à l’échelle européenne nécessaire pour harmoniser les actions des acteurs et éviter les doublons. Cette approche répond mieux aux besoins sur le terrain et répond directement à l’appel à l’action lancé lors de la Conférence sur le redressement de l’Ukraine à Berlin, qui préconisait la création d’un guichet unique dédié.

Principaux enseignements de la visite en Ukraine

Fédérer les associations nationales de gouvernements locaux et régionaux.

En une seule journée, le CCRE a tenu des réunions bilatérales avec les quatre associations nationales ukrainiennes : l’Association des villes ukrainiennes (AUC), l’Association panukrainienne des communautés (VAG), l’Association ukrainienne des conseils de district et régionaux (UAROR) et l’Association des communautés territoriales fusionnées (AAATC). Chaque association représente un segment distinct de la gouvernance locale, des villes et communautés urbaines aux districts, régions et hromadas rurales. Le CCRE a discuté des synergies et des priorités individuelles, exploré les pistes de collaboration et organisé d’autres réunions conjointes afin de renforcer la dynamique collective. Ces échanges ont mis en lumière la nécessité de consolider la coopération entre les associations et le CCRE dans la perspective du prochain cadre financier pluriannuel (CFP) et de développer une action commune en 2026, axée sur trois priorités : le financement européen post-2027 pour les collectivités territoriales, des positions communes sur l’adhésion de l’Ukraine à l’UE et le processus de relance, et le plaidoyer en faveur de la décentralisation.

Échanges avec des responsables locaux clés : Klitschko, maire de Kyiv, et Pikula, adjoint au maire du conseil municipal de Marioupol.

Une rencontre avec le maire de Kyiv et président de l’Union des villes ukrainiennes (UUC), Vitaliy Klitschko, a permis de faire le bilan de plus de vingt ans de coopération et d’évoquer la solidarité concrète dont les villes ukrainiennes ont besoin de la part de leurs homologues européens. Le maire Klitschko a particulièrement salué les déclarations annuelles du CCRE et son engagement international constant en faveur des maires détenus.

La rencontre avec Olha Pikula, adjointe au maire du conseil municipal de Marioupol et porte-parole du CEMR pour l’élargissement de l’UE, a porté sur la nécessité d’une position claire du CEMR concernant l’Ukraine dans le cadre du prochain cadre financier pluriannuel, afin de garantir que la situation spécifique de l’Ukraine soit pleinement prise en compte dans les approches politiques et de financement.

Dialogue avec les ministères ukrainiens et la délégation de l’UE en Ukraine

Les rencontres avec la délégation de l’UE en Ukraine, notamment avec le chef de la coopération, Stefan Schleuning, et le vice-ministre du Développement des collectivités territoriales, Oleksii Riabykin, ont transmis un message politique clair : le redressement et l’adhésion de l’Ukraine ne pourront aboutir que si les collectivités locales et régionales sont systématiquement impliquées. Une attention particulière a été portée au chapitre 22 relatif à la politique de cohésion, qui place les municipalités et les régions au cœur de la mise en œuvre, ainsi qu’à l’urgence de clarifier les modalités d’accès des collectivités locales au troisième pilier du mécanisme pour l’Ukraine.

En coordination avec les acteurs de la communauté Bridges of Trust travaillant en Ukraine

Une rencontre avec Expertise France, acteur clé de la Communauté Bridges of Trust, a illustré l’étendue du rôle de coordination d’EPHS. Les discussions ont porté sur la préparation de la Conférence sur la relance de l’Ukraine et sur la nécessité d’une approche plus coordonnée de la coopération municipale internationale dans le cadre de l’UE. Cette mission a également permis de collaborer avec l’équipe U-LEAD with Europe en Ukraine, qui a co-organisé et soutenu la visite tout au long de la semaine.

Qu’est-ce que la coopération municipale internationale et pourquoi est-elle importante aujourd’hui en Ukraine ?

La coopération municipale internationale désigne des partenariats structurés entre administrations locales et régionales, au-delà des frontières, favorisant l’échange de connaissances, le renforcement institutionnel, le développement des capacités et la résilience démocratique. En temps normal, ces partenariats permettent aux municipalités de partager leur expertise et d’améliorer les services publics.

Dans le contexte actuel de l’Ukraine, elles revêtent une fonction supplémentaire et urgente : ce sont des instruments de résilience, de reconstruction et d’intégration européenne, construits à partir de la base.

Si le processus d’adhésion de l’Ukraine à l’UE se négocie aux niveaux européen et national, sa mise en œuvre et sa crédibilité reposent principalement sur les acteurs locaux. Les municipalités et les régions sont responsables de la fourniture des services essentiels en temps de guerre, de la reconstruction des infrastructures, du soutien aux personnes déplacées et de la mise en œuvre des réformes administratives et de gouvernance qu’exige l’adhésion à l’UE. Leur pleine participation au processus d’adhésion est indispensable.

La nécessité d’une approche coordonnée

Les réunions ont confirmé que le Pôle de partenariat européen est de plus en plus reconnu comme une priorité stratégique. La délégation de l’UE en Ukraine a exprimé son ferme soutien au développement du Pôle en tant que centre d’expertise sur la coopération municipale internationale avec l’Ukraine, couvrant les politiques de l’UE, la décentralisation, la gouvernance locale et le renforcement des capacités.

Le contexte politique rend cette ambition à la fois opportune et nécessaire. La reprise de l’Ukraine ne sera crédible, efficace et durable que si elle est co-construite avec les autorités locales et les partenaires. Le CEMR, qui héberge le secrétariat du Pôle de partenariat européen, et les acteurs de la communauté Bridges of Trust, sont bien placés pour y contribuer.

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Violence croissante contre les élus locaux

ODELL webinar news 2026

Les conclusions préliminaires de l’étude ODELL indiquent une augmentation des violences contre les élus locaux à travers l’Europe


Les premiers résultats présentés lors du webinaire de l’Observatoire européen pour la défense de la démocratie au niveau local (ODELL), le 21 mai 2026, indiquent une augmentation des violences et des intimidations à l’encontre des élus locaux en Europe. Les attaques visent fréquemment le domicile et les biens des personnalités politiques, et l’ampleur, largement sous-estimée, des abus en ligne suscite une inquiétude croissante. Ce webinaire a réuni des décideurs politiques, des chercheurs et des élus locaux, et a permis de combiner les données émergentes de l’Université Bocconi avec les témoignages d’élus et d’acteurs institutionnels œuvrant pour la résilience démocratique et la sécurité dans la vie politique.

Un phénomène visible, mais seulement la « partie émergée de l’iceberg ».

Les données actuellement en cours de constitution pour le premier rapport annuel d’ODELL s’appuient sur la presse locale et les archives de rapports nationaux afin de recenser les incidents documentés tels que les agressions, les menaces et les incendies criminels visant des élus locaux. Gianmarco Daniele, directeur exécutif de l’unité CLEAN de l’université Bocconi et professeur associé à l’université de Milan, a expliqué la démarche, soulignant que les chiffres sont fiables pour les incidents graves, mais ne peuvent pas inclure systématiquement les violences en ligne : « Il s’agit de la partie émergée de l’iceberg, car la violence englobe d’autres types d’attaques, comme les cyberattaques », qui sont généralement sous-déclarées.

Plus de 1 000 attaques — et ce nombre ne cesse d’augmenter

Daniele a déclaré que les données présentées jusqu’à présent « reposent sur plus de 1 000 attaques violentes en Europe au cours des six dernières années », soulignant qu’il s’agit d’un problème non seulement européen, mais aussi mondial. Dans l’échantillon européen présenté, l’Italie enregistre le plus grand nombre d’incidents, suivie de la France. L’Allemagne, la Grèce et l’Ukraine figurent également parmi les pays affichant des chiffres élevés. Il a également décrit une augmentation au fil du temps, notamment une hausse en 2023 « principalement due à la France ».

Les attaques contre les biens sont prédominantes

Les schémas observés suggèrent que l’intimidation des personnalités politiques passe souvent par leur entourage. « Le type d’attaque le plus fréquent vise les biens privés des personnalités politiques, généralement des incendies criminels de leur domicile ou de leur véhicule », a déclaré Daniele. « Vient ensuite les attaques contre les biens publics et les agressions physiques contre les personnalités politiques. »

Pour Filiz Ceritoğlu Sengel, maire de Selçuk et porte-parole du CEMR pour la démocratie locale, cela reflète une vulnérabilité structurelle au niveau le plus proche de la gouvernance : « Les élus locaux sont le lien démocratique le plus direct avec les citoyens. Ils sont accessibles, visibles et responsables, mais cela les rend de plus en plus vulnérables. »

Les femmes sont confrontées à des risques nettement plus élevés

Bien que les informations relatives au sexe soient souvent absentes des descriptions d’incidents, Daniele a mis en lumière les résultats d’une étude italienne distincte : « Les femmes maires ont trois fois plus de risques d’être agressées que les hommes, et cela est particulièrement vrai juste après leur élection. »

L’impact sur la participation politique a été souligné par Flo Clucas, conseillère municipale de Cheltenham et présidente du Comité permanent pour l’égalité du CEMR, qui a établi un lien entre l’intimidation – notamment en ligne – et la décision de se maintenir ou non en fonction : « C’est là que commence la démocratie et c’est là, si nous n’y prenons pas garde, qu’elle s’achève.» Elle a ajouté : « Nombre d’élus locaux ne se représentent pas : environ 56 % au Royaume-Uni pourraient ne pas se représenter. »

Les périodes électorales accroissent les risques – en fonction de la force des institutions

Une autre tendance évoquée concernait le calendrier électoral. Daniele a expliqué que les premières analyses suggéraient que les attaques étaient plus fréquentes « juste avant et juste après les élections », mais que ce schéma dépendait du contexte : « Il existe une forte corrélation, mais cela dépend de la solidité de la démocratie dans le pays. »

Les abus en ligne amplifient la menace

Plusieurs intervenants ont souligné que le harcèlement en ligne est répandu, mais reste mal recensé par les systèmes de signalement. Daniele a fait remarquer que, concernant les attaques en ligne, « une infime partie seulement est signalée à la police ». Clucas a décrit comment l’exposition numérique quotidienne peut être instrumentalisée : elle offre à ceux qui veulent intimider les conseillers « une méthode sans aucun moyen de les identifier ». Elle a établi une distinction entre débat démocratique et harcèlement : « Il arrive que la liberté d’expression ne soit pas une liberté d’expression, mais une intimidation… une menace… un harcèlement moral. »

Du point de vue du Conseil de l’Europe, Bryony Rudkin, adjointe au maire d’Ipswich et co-rapporteuse de la résolution du Congrès du Conseil de l’Europe intitulée « Lutter contre la violence à l’encontre des élus locaux et régionaux », a averti que les discours de haine en ligne reflètent un climat plus général : « Les gens se cachent derrière l’anonymat d’un clavier et disent tout ce qui leur passe par la tête. »

Améliorer les données et les réponses politiques

Les participants ont souligné que les solutions reposent sur des données probantes, même lorsqu’il est difficile de les recueillir. Fabrizio Rossi, secrétaire général du Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE), a affirmé que cette difficulté justifie précisément l’importance de cette initiative : « La collecte de données est complexe. Mais c’est la raison d’être d’ODELL. Nous innovons.» Il a ajouté que l’objectif est de « fournir des éléments probants » et de « commencer à collecter des données et des informations afin d’élaborer les solutions les plus pertinentes ».

Daniel Fleischer-Ambrus, chef d’équipe Démocratie à la DG JUST de la Commission européenne, a déclaré : « La sécurité politique est une priorité absolue pour nous », évoquant le Bouclier européen de la démocratie et les travaux en cours de la Commission sur des outils pratiques. Il a souligné que des lignes directrices, des listes de contrôle et des boîtes à outils devraient être disponibles avant la fin de l’année.

Un impact direct sur la démocratie

Sharon Pia Hickey, chargée de programme pour la gouvernance constitutionnelle et l’État de droit à International IDEA, a replacé le problème dans le contexte plus large des évolutions démocratiques, remerciant ODELL d’avoir « mis en lumière l’ampleur, la gravité, la typologie et les nuances » des difficultés rencontrées par les élus. Elle a décrit les violences à leur encontre comme « une manifestation majeure du recul démocratique, notamment au niveau local ».

Sengel a également mis en garde contre les conséquences démocratiques de l’intimidation qui pousse les gens à se retirer de la vie publique : « Lorsque les représentants élus sont contraints au silence, dissuadés de se présenter aux élections ou forcés de se retirer, les fonctions de la démocratie locale sont affaiblies. »

Une responsabilité collective

En clôture de l’événement, Eider Inuntziaga, conseillère municipale de Bilbao et porte-parole du CEMR pour la démocratie locale, a déclaré que la session avait permis de clarifier « l’ampleur et les tendances » du problème et de créer un espace de dialogue pour trouver des solutions. Elle a insisté sur l’importance de la sécurité politique comme condition de participation : « La démocratie locale ne fonctionne que si les citoyens se sentent en sécurité pour défendre la démocratie et faire entendre leur voix, car sinon, personne n’osera jamais rendre publique une opinion ou une décision. »

Inuntziaga a ajouté que l’intimidation a des conséquences qui dépassent largement le cadre individuel : « Tous ces problèmes influencent notre façon de travailler ; ils détournent l’énergie des priorités et affectent la qualité de nos décisions et de la démocratie.» Elle a précisé que le premier rapport annuel présentera les résultats de la première année du projet à Bilbao le 2 octobre 2026.

European Observatory for the Defence of Democracy at the Local Level
Brussels, 11/12/2025 – Launch of the European Observatory for the Defence of Democracy at the Local Level – ODELL © Elio Germani 2025

À propos d’ODELL

L’Observatoire est un partenariat entre le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE), la municipalité de Bilbao et l’Association des communes basques (EUDEL), avec le partenariat scientifique de l’Université Bocconi et le soutien du gouvernement basque. Il œuvre à sensibiliser à ce défi croissant en produisant des données et des preuves fiables, en partageant les meilleures pratiques de bonne gouvernance, en promouvant une action institutionnelle coordonnée et en favorisant la collaboration entre les élus locaux et régionaux.

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Le CCRE salue l’orientation du Parlement sur PPNR

ODELL - Democracy news

Notre réaction au projet de rapport du Parlement européen sur les plans de partenariat nationaux et régionaux (PPNR)


Le Parlement européen a franchi une étape importante vers l’élaboration du futur budget de l’UE pour la période 2028-2034 avec la publication de son projet de rapport sur les plans de partenariat nationaux et régionaux (PPNR). Rédigé conjointement par trois députés européens des commissions REGI (Andrey Novakov), BUDG (Karlo Ressler) et AGRI (Elsi Katainen), ce projet de rapport constitue une première étape vers la prise de position du Parlement sur la manière dont les fonds européens devraient être conçus et distribués dans les régions et les villes d’Europe.

Pour le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE), ce rapport envoie un signal encourageant : les collectivités locales et régionales doivent rester au cœur de la politique d’investissement de l’UE.

Le projet de rapport reflète plusieurs propositions d’amendement importantes au CCRE. Celles-ci comprennent :

  • Une gouvernance à plusieurs niveaux plus forte et applicable, reconnue comme une conditionnalité horizontale.
  • Un budget dédié aux stratégies territoriales et urbaines intégrées.
  • Des conditions plus favorables pour les gouvernements locaux et régionaux, notamment une réduction du cofinancement national, une augmentation du préfinancement et le retour à la règle de désengagement N+3.

Elle garantit également des avantages concrets tels que le soutien au renforcement des capacités administratives et des outils de mise en œuvre territoriale plus clairs, reconnaissant le rôle central des autorités locales dans la mise en œuvre des priorités de l’UE sur le terrain.

Une disposition particulièrement importante du CEMR est la proposition d’affecter une partie des fonds de l’UE à des stratégies territoriales et urbaines intégrées :

« Nous saluons la proposition visant à allouer au moins 11 % du financement du Fonds européen de développement régional (FEDER) aux stratégies territoriales et urbaines intégrées. Cela renforce l’approche territoriale et offre aux collectivités locales et régionales la visibilité nécessaire pour planifier, investir et obtenir des résultats. »

Kamila Blahova, Maire de Litvínov, Porte-parole du CCRE pour la cohésion territoriale.

Cet engagement contribuerait à garantir que les investissements répondent directement aux besoins des communautés, tout en renforçant la capacité des villes et des régions à planifier leur développement à long terme.

Vous trouverez ici tous les détails des modifications apportées par le CEMR.

Cities and regions united 

Le CEMR fait partie de l’Alliance locale, une coalition de réseaux de premier plan représentant environ 2 000 villes et régions à travers l’Europe, qui a réagi conjointement au rapport du Parlement. L’Alliance salue le rôle renforcé des autorités locales et régionales et appelle les institutions de l’UE à veiller à ce que ces engagements soient pleinement pris en compte dans le budget final de l’UE.

Lire le communiqué de presse complet de l’Alliance locale ici

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Quand les élus locaux sont pris pour cible

European Observatory for the Defence of Democracy at the Local Level

Pourquoi la protection des élus locaux est essentielle pour préserver la confiance, la stabilité et la résilience démocratique à travers l’Europe


Partout en Europe, les élus locaux sont confrontés à une pression croissante, au harcèlement et à la désinformation, à un moment où les communautés ont plus que jamais besoin d’un leadership de confiance. Dans un nouvel article publié dans Burgemeester (pages 158, 159 et 160), le magazine de l’Association néerlandaise des maires, consacré à la gouvernance locale, à la résilience démocratique et au leadership public. Dans cet article, le CCRE présente le travail de l’Observatoire pour la défense de la démocratie locale au niveau local (ODELL), une initiative européenne créée pour surveiller les menaces pesant sur la démocratie locale, soutenir les maires et les conseillers municipaux, et renforcer la confiance du public grâce à une communication plus claire, un plaidoyer fondé sur des données factuelles et des outils pratiques destinés aux municipalités.

Webinaire « Défendre ensemble la démocratie locale »

Le 21 mai 2026, de 14 h à 15 h 15, le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) et les partenaires de l’Observatoire pour la défense de la démocratie locale en Europe organiseront un webinaire en ligne consacré aux menaces croissantes auxquelles sont confrontés les élus locaux et régionaux à travers l’Europe.

La discussion réunira des dirigeants locaux, des experts et des partenaires européens afin d’examiner les défis croissants auxquels la démocratie est confrontée au niveau local, du harcèlement et de l’intimidation à la désinformation et à la perte de confiance du public, tout en partageant des solutions pratiques et des expériences venues de toute l’Europe.

Inscrivez-vous et apprenez-en davantage ici : Webinaire « Défendre ensemble la démocratie locale »

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Webinaire : Défendre ensemble la démocratie locale

ODELL - Democracy news

L’Observatoire européen pour la défense de la démocratie au niveau local présente ses premières conclusions sur les menaces qui pèsent sur les représentants élus locaux.


Le 21 mai 2026, de 14 h à 15 h 15, le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) et ses partenaires de l’Observatoire pour la défense de la démocratie locale en Europe organiseront un webinaire en ligne consacré aux menaces croissantes qui pèsent sur les élus locaux et régionaux à travers l’Europe.

Lancé en décembre 2025 par le CCRE, la municipalité de Bilbao et l’Association des municipalités basques (EUDEL), en partenariat avec l’Université Bocconi et avec le soutien du gouvernement basque, l’Observatoire vise à surveiller, analyser et répondre aux pressions croissantes qui affectent la démocratie locale à travers l’Europe.

Ce webinaire présentera les conclusions préliminaires du prochain rapport européen de l’Observatoire, qui analysera les schémas d’intimidation, de harcèlement, de violence et d’attaques visant les élus locaux et régionaux. Ce débat intervient alors que les institutions démocratiques en Europe sont confrontées à une polarisation croissante, à la désinformation et à une baisse de la confiance envers les pouvoirs publics.

Les élus locaux sont souvent en première ligne face à ces défis. En tant qu’échelon de gouvernement le plus proche des citoyens, les municipalités et les régions jouent un rôle crucial dans la préservation de la participation démocratique, de la cohésion sociale et de la confiance du public.

« Les menaces qui pèsent sur la politique locale affectent l’intégrité, la manière dont nous nous exprimons et peuvent réduire les citoyens au silence. Elles peuvent effrayer les élus, voire les pousser à quitter la vie publique », a déclaré Eider Inuntziaga, conseiller municipal de Bilbao et porte-parole du CEMR pour la démocratie locale.

Cet événement réunira des élus locaux, des chercheurs, des organisations internationales et des institutions européennes afin de discuter des moyens de renforcer la résilience démocratique au niveau local et de mieux protéger les personnes exerçant des fonctions publiques.

Parmi les intervenants figurent Filiz Ceritoğlu Sengel, qui ouvrira le webinaire, ainsi que des universitaires et des experts travaillant sur la gouvernance démocratique et la violence politique. Des représentants de la Commission européenne et du Congrès du Conseil de l’Europe participeront également aux débats.

Ce webinaire examinera également les menaces qui surviennent lors des processus électoraux et explorera les réponses politiques possibles face à la violence et à l’intimidation visant les élus locaux.

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