Les profils pays offrent un aperçu succinct des modèles nationaux de coopération décentralisée au développement (CDD) dans certains États membres de l’UE. L’objectif est de fournir des éclairages sur les mécanismes et modalités spécifiques des cadres nationaux analysés, et d’identifier les facteurs facilitateurs ainsi que les défis liés à leur mise en œuvre concrète, en mettant l’accent sur le rôle et les opportunités des gouvernements locaux et régionaux (GLR) et de leurs associations.
Où en est la Pologne en matière de coopération décentralisée au développement ?
D’après l’enquête, l’approche polonaise de la CDD se caractérise par :
Un accent mis sur la coopération avec les pays d’Europe de l’Est, notamment l’Ukraine, la Géorgie et la Moldavie. Les gouvernements locaux polonais soutiennent activement leurs partenaires via le développement stratégique, les échanges entre pairs et l’appui à la mise en œuvre.
Un rôle essentiel des partenariats directs au niveau local, en particulier en période de crise, y compris le jumelage et la coopération concrète, malgré la guerre en cours.
Une forte expertise développée par les municipalités polonaises dans l’accès aux fonds européens et l’élaboration de stratégies locales efficaces, qu’elles peuvent mettre à profit dans leurs partenariats.
Cet article fait partie d’une série de 7 Profils Pays examinant les cadres de coopération décentralisée au développement à travers l’Europe. La deuxième édition, consacrée à l’Allemagne, sera publiée en septembre. Restez à l’écoute !
Le CCRE encourage les autorités polonaises à renforcer le rôle des gouvernements locaux et régionaux dans la politique de développement, non seulement comme exécutants, mais aussi comme partenaires stratégiques contribuant à façonner une politique de développement plus résiliente, inclusive et efficace.
Réalisé dans le cadre du projet MINDCRAFT, en collaboration avec PLATFORMA, financé par le Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et soutenu par la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH.
Alors que l’Europe continue de faire face à des dynamiques migratoires complexes, le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) souligne que la migration se vit et se gère au niveau local. Les villes et les régions sont les premières à accueillir les nouveaux arrivants, à soutenir les groupes vulnérables et à œuvrer pour une inclusion à long terme. Pourtant, la plupart du temps, elles restent sous-reconnues et sous-financées dans la gouvernance européenne en matière de migration.
Dans sa nouvelle prise de position, le CCRE exhorte les institutions européennes et les gouvernements nationaux à placer les collectivités locales et régionales (CLR) au cœur de la politique migratoire. Cela implique de passer d’une logique d’urgence à une approche durable, centrée sur l’humain et ancrée dans le territoire.
Principales demandes du CCRE
1. Renforcer le rôle des collectivités locales et régionales
Renforcer leur rôle officiel dans la gouvernance des migrations, grâce à une coopération structurée à plusieurs niveaux, un financement prévisible et un renforcement des capacités ciblé.
2. Adopter une politique migratoire de l’UE centrée sur l’humain
Veiller à ce que toutes les mesures en matière d’asile et de migration respectent les droits fondamentaux, la clarté juridique et les capacités réelles des municipalités.
3. Impliquer les collectivités territoriales dans la mise en œuvre du Pacte européen sur la migration et l’asile
Impliquer systématiquement les villes et les régions dans l’accueil, l’intégration et les interventions d’urgence, en s’appuyant sur des procédures claires et des informations en temps réel.
4. Maintenir un soutien coordonné aux Ukrainiens bénéficiant d’une protection temporaire
Passer de l’aide d’urgence à l’intégration à long terme, en mettant l’accent sur le logement, l’emploi et l’accès aux services essentiels.
5. Renforcer l’inclusion sur le marché du travail
Améliorer la reconnaissance des compétences, réduire les charges administratives et promouvoir les partenariats locaux avec les entreprises afin de faciliter l’accès des migrants à l’emploi.
6. Garantir un financement européen à long terme pour l’inclusion
Préserver et accroître les ressources du FAMI et du FSE+ dans le prochain cadre financier pluriannuel afin de permettre aux municipalités de poursuivre leur travail d’intégration innovant.
En reconnaissant le rôle essentiel des acteurs locaux, l’Europe peut élaborer un programme en matière de migration qui soit à la fois efficace et fidèle à ses valeurs : solidaire, inclusif et ancré dans les réalités des personnes et des lieux. Le CCRE est prêt à travailler avec les dirigeants de l’UE et nationaux pour faire de cette transition une réalité.
Les dirigeants locaux et régionaux appellent à des stratégies démocratiques et durables de gestion des ressources en Europe
Face à une incertitude géopolitique croissante et à des défis environnementaux majeurs, les gouvernements locaux et régionaux ont réaffirmé leur rôle de piliers de la résilience démocratique et du développement durable en Europe.
Les participants ont appelé les institutions de l’UE et les gouvernements nationaux à renforcer leur coopération avec les collectivités locales et régionales, en reconnaissant leur contribution essentielle au renouveau démocratique et à la transformation environnementale.
Plus de 100 maires, responsables régionaux, décideurs politiques et experts se sont réunis à Oslo les 23 et 24 juin 2025 à l’occasion du Sommet des dirigeants du CCRE, organisé par le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) en partenariat avec l’Association norvégienne des autorités locales et régionales (KS).
Dans le cadre du Sommet, les délégués ont effectué une visite de terrain au VEAS, la plus grande station d’épuration d’eaux usées de Scandinavie, illustrant comment l’innovation et les partenariats locaux renforcent la résilience.
Défendre la démocratie en période d’incertitude
Lors des débats de haut niveau et de la réunion du Comité politique du CCRE, les dirigeants locaux ont échangé des stratégies pour renforcer la participation citoyenne, protéger les institutions démocratiques et défendre les droits humains, même en temps de crise.
Ces discussions interviennent à un moment charnière, alors que l’UE prépare son prochain budget pluriannuel. Le CCRE plaide pour un rôle renforcé des collectivités territoriales dans la définition de l’avenir de l’Union à travers sa campagne sur le Cadre financier pluriannuel (CFP) post-2027. En savoir plus sur la campagne ici.
La gestion des ressources comme pilier de la démocratie
Les dirigeants locaux et régionaux, aux côtés de représentants de l’UE et des gouvernements nationaux, se sont penchés sur des enjeux clés tels que la résilience de l’eau, l’autonomie stratégique et l’économie circulaire.
Naaja H. Nathanielsen, ministre des Affaires économiques, des ressources minérales, de l’énergie, de la justice et de l’égalité des genres au gouvernement du Groenland, a participé à distance et partagé l’expérience de son pays :
« Pour le Groenland, le développement n’est pas une fin en soi, mais un moyen de construire la résilience et l’indépendance économique. Nous ne développerons pas à n’importe quel prix — notre environnement et nos communautés passent avant tout. »
Dans le prolongement des priorités exposées dans le document politique du CCRE sur la résilience de l’eau, les participants ont souligné que les solutions locales et des services publics solides sont essentiels pour faire face au stress hydrique croissant en Europe.
Pour inspirer et soutenir l’action locale, le CCRE a réuni plus de 65 initiatives locales de gestion de l’eau à travers l’Europe, désormais disponibles dans une fresque interactive des bonnes pratiques.
Une vision commune pour l’avenir de l’Europe
Le Sommet s’est conclu sur un message politique fort :
La démocratie locale et le développement durable vont de pair.
Les participants ont une nouvelle fois appelé l’UE et les États membres à travailler main dans la main avec les gouvernements locaux et régionaux, garants de la renaissance démocratique et de la transition environnementale.
« Le CCRE portera les idées et les engagements partagés à Oslo pour renforcer son plaidoyer au niveau européen », a déclaré Fabrizio Rossi, Secrétaire général du CCRE. « Notre voix collective est la clé pour construire une Europe plus résiliente, plus juste et plus durable. »
“Les gouvernements locaux doivent être au cœur des partenariats internationaux de l’UE”
Le Président de CGLU, Jan van Zanen, a rencontré le Commissaire européen Jozef Síkela : « Les gouvernements locaux doivent être au cœur des partenariats internationaux de l’UE »
Lors d’une réunion bilatérale tenue le 10 juin, le Président de CGLU et Maire de La Haye, Jan van Zanen, a rencontré le Commissaire européen aux partenariats internationaux, Jozef Síkela, à l’occasion des 10 ans des accords de partenariat stratégique entre les principales associations de gouvernements locaux et régionaux et la DG INTPA (2015–2025). L’objectif : plaider en faveur d’un rôle renforcé des gouvernements locaux et régionaux (GLR) dans la coopération au développement de l’UE — et garantir un soutien à long terme à la coopération décentralisée dans le prochain budget européen.
La délégation du CCRE et de PLATFORMA, conduite par le maire van Zanen et comprenant le Secrétaire général du CCRE, Fabrizio Rossi, a trouvé un terrain d’entente prometteur avec le Commissaire. Les deux parties ont convenu que les objectifs de la stratégie Global Gateway et les finalités de l’action extérieure de l’UE — du développement durable aux investissements dans les infrastructures — ne peuvent être atteints qu’en responsabilisant les acteurs les plus proches des citoyens : les gouvernements locaux.
« Les maires et les élus locaux ne sont pas de simples exécutants. Ce sont des acteurs politiques, démocratiquement élus et redevables envers leurs communautés », a déclaré le maire Jan van Zanen. « Ils ont un rôle unique à jouer dans la réalisation des objectifs de l’UE — mais ils ont besoin des moyens et de la reconnaissance pour le faire. »
Le Commissaire Síkela a reconnu la contribution essentielle des villes et régions à la stratégie Global Gateway de l’UE et à ses partenariats internationaux. Ancien ministre tchèque de l’Industrie et du Commerce et représentant du parti libéral « Maires et Indépendants », il a exprimé une forte sensibilité politique à la valeur ajoutée du leadership local et régional dans la coopération mondiale.
un dialogue renforcé avec les délégations de l’UE sur le terrain
une distinction plus claire entre GLR et organisations de la société civile dans les instruments européens
des appels à projets adaptés, réalistes et à fort impact
Au-delà des outils financiers, le CCRE et PLATFORMA ont insisté sur l’importance de la reconnaissance politique du rôle des gouvernements locaux et régionaux, ainsi que de leurs associations et réseaux, dans la mise en œuvre et la gouvernance de la stratégie Global Gateway. En tant que plus grand réseau européen de collectivités locales, le CCRE a mis en avant l’importance du dialogue politique structuré et de la gouvernance inclusive — notamment dans les contextes fragiles, où les acteurs locaux sont souvent la dernière ligne de défense des valeurs démocratiques et les garants de la fourniture de services publics de base à la population.
Cet échange avec le Commissaire Síkela intervient en amont de la conférence “2025 Villes et Régions pour les Partenariats Internationaux”, prévue en décembre, où le Commissaire est invité à poursuivre le dialogue avec les présidents des cinq principales associations signataires d’un accord de partenariat stratégique avec la DG INTPA.
Alors que l’UE commence à définir son prochain cycle budgétaire, le message des maires et dirigeants locaux d’Europe est clair : Pour que la coopération au développement de l’UE soit un succès, et que la stratégie Global Gateway tienne ses promesses en tant qu’offre fondée sur des valeurs envers les pays partenaires, le niveau local doit être pleinement inclus.
Les priorités du CCRE concernant la Stratégie pour la résilience de l’eau de la Commission européenne
La Commission européenne vient de publier sa Stratégie pour la résilience de l’eau, une étape essentielle et attendue pour protéger l’un de nos biens communs les plus précieux.
Au CCRE, nous saluons l’alignement de cette stratégie sur plusieurs de nos priorités de longue date : ✅ La reconnaissance de l’eau comme un bien public ✅ La prise en compte du rôle de la gouvernance à plusieurs niveaux, de la coopération transfrontalière et de l’implication des parties prenantes ✅ L’accent mis sur les solutions fondées sur la nature, notamment à travers le nouveau mécanisme « Sponge Facility » ✅ L’amélioration des outils d’accès aux données, de gestion de la sécheresse et de sensibilisation du public
Nous saluons également le renforcement du principe du pollueur-payeur, notamment en ce qui concerne les polluants persistants comme les PFAS. Cependant, nous sommes particulièrement préoccupés par la disposition relative à une étude actualisée sur les coûts et impacts potentiels du principe de responsabilité élargie des producteurs (REP) dans le cadre de la directive sur le traitement des eaux urbaines résiduaires.
Comme nous l’avons exprimé dans notre récent courrier conjoint à la présidente von der Leyen, cette décision risque de retarder le déploiement des technologies de traitement quaternaire, essentielles pour éliminer les micropolluants, et pourrait compromettre la mise en œuvre en temps voulu de la refonte de la directive.
Nous sommes convaincus que les gouvernements locaux et régionaux sont les mieux placés pour relever les défis liés à l’eau — mais pour cela, ils doivent disposer des outils, de la souplesse et des financements nécessaires.
La stratégie gagnerait à inclure : 🔹 Un engagement clair et ferme en faveur d’un financement dédié à la gestion de l’eau dans le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) 🔹 Un meilleur accès aux fonds d’urgence de l’UE pour les communes et régions touchées par des événements extrêmes 🔹 Des garanties juridiques renforcées et un soutien technique accru pour les services publics de l’eau 🔹 Un soutien concret à la coopération entre zones urbaines et rurales pour une gestion intégrée de l’eau
Ces enjeux seront au cœur du Sommet des dirigeants du CCRE à Oslo, les 23 et 24 juin, sur le thème : « Des solutions locales pour une gestion équitable et durable des ressources ».
Assurons-nous que la résilience de l’eau en Europe commence là où elle est cruciale : dans nos villes et nos régions.
Protéger la démocratie à l’ère numérique : le CCRE organise un événement sur la cyberviolence visant les femmes en politique
Le 21 mai 2025, le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) a réuni des décideurs politiques, des experts et des responsables locaux au sein d’ACE Events à Bruxelles pour mettre en lumière une menace croissante pour la démocratie : la cyberviolence ciblant les femmes en politique.
L’événement intitulé « Violences en ligne à l’encontre des femmes en politique : protéger la démocratie à l’ère numérique » a permis aux participants d’examiner les réalités du harcèlement, de l’intimidation et des abus numériques, qui touchent de manière disproportionnée les femmes engagées en politique. Ce phénomène, reconnu comme une forme de violence basée sur le genre, réduit au silence les voix féminines et menace les fondements mêmes de nos institutions démocratiques.
Définir les enjeux
S’appuyant sur l’étude du CCRE sur les femmes en politique, Annelies Coessens, chargée de mission pour l’égalité de genre, la diversité et les migrations, a souligné une réalité alarmante : 32 % des femmes politiques déclarent avoir subi des violences, et près d’une sur trois a été victime de cyberviolence. Ces chiffres illustrent les obstacles que rencontrent les femmes dans la vie publique.
Estela Bulku d’ONU Femmes a apporté une perspective mondiale, déclarant : « La violence à l’égard des femmes dépasse les écosystèmes politiques et les sociétés. Les nouvelles technologies créent de nouveaux canaux pour l’intimidation et le harcèlement. » Elle a cité des initiatives telles que la loi pionnière de la Bolivie contre le harcèlement politique, ainsi que les efforts menés au Brésil et au Zimbabwe en matière de sensibilisation et de renforcement des capacités.
Carina Ohlsson, rapporteure au Comité des Régions, a présenté la dimension locale du phénomène : « La cyberviolence est une nouvelle forme de violence fondée sur le genre, et elle affecte la démocratie. Il nous faut une législation solide et une action à tous les niveaux. Les hommes doivent faire partie de la discussion. » Elle a souligné le rôle des autorités locales dans la création d’espaces politiques sûrs.
Perspectives des médias et de la gouvernance locale
Shada Islam, commentatrice reconnue des affaires européennes, a partagé ses expériences personnelles de harcèlement en ligne, mettant en lumière le déséquilibre des pouvoirs dans l’espace public : « Dans ce monde, il n’y a pas d’impartialité. Nous devons toutes et tous devenir des défenseurs. » Elle a plaidé pour un renforcement de l’application des directives existantes, une attention particulière à l’intersectionnalité et le développement de la culture médiatique, notamment auprès des jeunes.
Flo Clucas, présidente de la Commission Égalité du CCRE et conseillère municipale au Royaume-Uni, a insisté sur le besoin crucial de faire appliquer les lois : « Il n’y a pas d’application. Nous devons interpeller l’Union européenne, les Nations unies, tous les niveaux de gouvernement et les médias : cela doit cesser. Il faut de l’action. » Elle a partagé des exemples d’initiatives locales au Royaume-Uni, notamment des partenariats avec les écoles, les familles et les institutions pour lutter contre les stéréotypes de genre et promouvoir le respect mutuel.
Perspectives européennes et actions locales
Ana Carla Pereira de la Commission européenne (DG JUST) a présenté la nouvelle directive européenne contre les violences faites aux femmes, avec un accent marqué sur la cyberviolence. Elle a souligné les difficultés liées au respect par les États membres, tout en mettant en avant la coopération volontaire avec les plateformes en ligne sur la modération des contenus.
« La baisse de la représentation féminine lors des dernières élections européennes est également un symptôme du recul démocratique », a-t-elle averti.
Elle a conclu en appelant les participants à contribuer aux consultations européennes en cours et à s’inspirer des initiatives locales et régionales. Le message final a été clair : protéger la participation des femmes à la vie politique n’est pas seulement une question de genre, c’est un impératif démocratique.
Responsabilité collective et prochaines étapes
L’initiative du CCRE visant à créer un Observatoire de l’égalité de genre a été largement saluée comme un outil indispensable pour suivre les tendances et partager les bonnes pratiques. L’événement a laissé une impression forte : la lutte contre la cyberviolence est une responsabilité partagée, qui requiert une législation efficace, une mobilisation citoyenne, une réforme des médias et une réflexion sociétale.
Comme l’a si bien résumé Flo Clucas : « Il faut de l’action. Si ce n’est pas nous, qui alors ? »
Alors que l’Union européenne s’apprête à façonner sa prochaine stratégie urbaine, le CCRE publie un nouveau document d’orientation appelant à un Agenda de l’UE véritablement inclusif pour les villes — un agenda qui reconnaît le rôle essentiel des gouvernements locaux et régionaux (GLR) dans la construction de l’avenir de l’Europe.
Les GLR sont les premiers à répondre à bon nombre des défis les plus urgents de l’Europe. Qu’il s’agisse de faire face à la crise énergétique, d’investir dans la mobilité durable ou de gérer les services publics, les villes et régions ne se contentent pas de mettre en œuvre les politiques européennes — elles innovent, s’adaptent et obtiennent des résultats sur le terrain. Leur proximité avec les citoyens les place dans une position unique pour renforcer la confiance, garantir une gouvernance inclusive et répondre efficacement aux besoins évolutifs de leurs communautés locales respectives.
Pourtant, trop souvent, les politiques européennes sont élaborées sans impliquer pleinement les autorités chargées de leur mise en œuvre. Les GLR sont responsables de la mise en oeuvre de 70% des politiques publiques européennes. Malgré cela, les gouvernements infranationaux ne disposent toujours pas d’un rôle formel dans l’élaboration de ces textes.
Le document du CCRE propose une vision pour un nouvel Agenda de l’UE pour les villes, qui soit inclusif de tous les territoires — des petites municipalités aux grandes métropoles — et doté des mécanismes de gouvernance, des outils de financement et de la reconnaissance institutionnelle nécessaires pour générer un impact réel.
Les principales propositions comprennent :
D’établir un processus de consultations de gouvernance multiniveau permanent et structuré pour tout nouveau projet de politique publique européenne ayant un impact potentiel sur les GLR.
D’utiliser la composante « réformes » de la prochaine politique de cohésion de l’UE pour veiller à ce que les GLR disposent des capacités financières, techniques et humaines nécessaires à la mise en œuvre des réglementations européennes.
De simplifier et améliorer l’accès aux financements européens, notamment en prévoyant une part de 15 % dédiée au développement territorial durable dans le prochain cadre financier pluriannuel. Le CCRE appelle également à une meilleure adéquation entre les opportunités de financement européen et les réalités locales, ainsi qu’au renforcement des capacités administratives des gouvernements infranationaux.
Le document souligne qu’il est temps de passer d’une approche fragmentée à une approche systémique, intégrant les voix locales et régionales à chaque étape du cycle politique européen — de la conception à la mise en œuvre.
Le nouvel Agenda de l’UE pour les villes représente une occasion unique de combler l’écart entre ambition et mise en œuvre. Avec les bons outils et une gouvernance adaptée, les GLR peuvent porter les transitions verte et numérique de l’Europe, renforcer la résilience économique et concrétiser la promesse de communautés inclusives et durables pour tous.
Le CCRE présentera ces propositions au Forum des villes à Cracovie, qui se tiendra du 17 au 19 juin 2025. Notre Secrétaire général, Fabrizio Rossi, participera à la discussion sur l’Agenda avec le Vice-président exécutif de la Commission européenne, Raffaele Fitto.
Le CCRE annonce les bénéficiaires des subventions du programme de jumelage SPICE 2025
Les jumelages jouent un rôle essentiel en reliant les municipalités et les régions, en les incitant à relever ensemble des défis communs — qu’il s’agisse de l’action climatique, de la transition numérique, de la cohésion sociale ou de l’innovation dans les services publics. Au-delà de ces priorités politiques, les jumelages favorisent également la compréhension mutuelle et un sentiment d’appartenance européenne parmi les citoyens et les communautés.
Depuis 1951, le CCRE promeut le jumelage comme un outil puissant de consolidation de la paix, de dialogue et de coopération à long terme. Aujourd’hui, ces partenariats vont bien au-delà des échanges symboliques pour devenir de véritables plateformes stratégiques de co-construction de solutions face aux défis majeurs auxquels sont confrontées les villes et régions européennes.
Le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) est heureux de dévoiler les bénéficiaires sélectionnés du dispositif de subventions du projet SPICE 2025, dans le cadre du projet plus large « SPICE – Renforcer les gouvernements locaux et régionaux pour une mise en œuvre durable des politiques et un engagement citoyen en Europe ».
Financé par la Commission européenne dans le cadre du programme Citoyens, Égalité, Droits et Valeurs (CERV), ce programme de subventions s’appuie sur le succès de la phase pilote de 2024. Il vise à soutenir les associations nationales de gouvernements locaux et régionaux dans le renforcement des initiatives de jumelage et des activités connexes à travers l’Europe.
Les propositions retenues témoignent d’un fort engagement envers les valeurs de l’UE, la participation citoyenne, l’égalité de genre, l’inclusion sociale et la gouvernance démocratique. Chaque association lauréate recevra une subvention pouvant aller jusqu’à 30 000 € pour mettre en œuvre des projets réunissant des municipalités au-delà des frontières autour de l’apprentissage mutuel et d’actions communes.
Le CCRE est fier de soutenir les associations de gouvernements locaux et régionaux suivantes, bénéficiaires du programme de subventions SPICE 2025 :
TÖOSZ – Települesi Önkormanyzatok Orszagos Szövetsege (Association nationale hongroise des autorités locales)
KEDE – Κεντρική Ένωση Δήμων Ελλάδας (ΚΕΔΕ) (Union centrale des municipalités de Grèce)
LALRGA – Latvijas Pašvaldību Savienība (Association lettone des gouvernements locaux et régionaux)
AFCCRE – Association Française du CCRE (Association française du CCRE)
Le CCRE adresse ses plus chaleureux remerciements à toutes les associations membres ayant soumis une proposition dans le cadre de l’appel 2025 et contribué à son succès. Restez connectés pour découvrir les prochaines actualités sur ces initiatives prometteuses et leur impact à travers l’Europe.
Journée de l’Élargissement : l’action locale au service de l’intégration européenne
Aujourd’hui marque le lancement de la Journée de l’Élargissement, événement phare du Comité européen des régions consacré à l’élargissement de l’UE et aux bonnes pratiques locales. À cette occasion, le CCRE met en lumière le rôle actif des gouvernements locaux et régionaux dans le processus d’élargissement, à travers des partenariats, l’apprentissage entre pairs et un dialogue politique constant.
Depuis 1951, le CCRE œuvre à travers l’Europe, y compris avec des associations issues de tous les pays candidats à l’UE : Albanie, Bosnie-Herzégovine, Géorgie, Kosovo*, Moldavie, Macédoine du Nord, Serbie, Türkiye et Ukraine.
Par le biais de déclarations politiques, de partenariats, d’outils concrets et d’un dialogue régulier avec les institutions européennes, nous renforçons la gouvernance locale, soutenons les efforts de réforme et accompagnons le processus d’élargissement depuis le niveau local.
Découvrez notre brochure pour en savoir plus sur :
🔹 L’engagement du CCRE auprès des pays candidats à l’UE 🔹 Les projets phares, outils et partenariats locaux 🔹 Les dernières recommandations politiques et actions de plaidoyer 🔹 Les événements récents et à venir liés à l’élargissement
📅 À noter dans vos agendas : 1er juillet 2025 – Webinaire du CCRE | Dialogue des gouvernements locaux sur la voie de l’élargissement de l’UE
*Cette désignation est sans préjudice des positions sur le statut, conforme à la résolution 1244 du Conseil de sécurité de l’ONU et à l’avis de la CIJ sur la déclaration d’indépendance du Kosovo.
Le CCRE insiste sur l’importance d’impliquer les gouvernements locaux et régionaux (GLR) non seulement dans la mise en œuvre, mais aussi dans la planification des priorités d’investissement de l’UE. Il recommande que le principe de partenariat soit rendu obligatoire dans tous les programmes financés par l’UE, garantissant ainsi que les fonds répondent efficacement aux besoins réels des territoires.
2. Simplification et flexibilité accrues
Pour améliorer l’efficacité des fonds de l’UE, le CCRE propose une approche simplifiée et harmonisée, incluant :
Un ensemble unique de règles pour les bénéficiaires, réduisant les charges administratives.
Une flexibilité accrue dans la concentration thématique, permettant une définition des priorités basée sur les spécificités locales.
Une harmonisation des processus d’audit, évitant la multiplication des contrôles.
Ces mesures visent à faciliter l’accès aux fonds pour les GLR et à accélérer la mise en œuvre des projets.
3. Cohésion et compétitivité complémentaires
Le CCRE souligne que la cohésion et la compétitivité ne sont pas des objectifs contradictoires. Il appelle à un budget de l’UE équitable et inclusif qui :
Renforce les capacités des GLR.
Stimule la compétitivité des petites et moyennes entreprises (PME).
Améliore l’accès aux services numériques et écologiques essentiels.
Une attention particulière est portée à la nécessité de renforcer les effectifs publics locaux, confrontés à des pénuries de main-d’œuvre entravant leur capacité à innover et à fournir des services.
4. Action locale pour un impact global
Le CCRE affirme que l’autonomisation des GLR par une gestion décentralisée des fonds de l’UE permettra d’aligner les investissements sur les priorités locales, tout en maximisant leur impact, notamment en matière de cohésion sociale et de transformation numérique. Le prochain CFP doit contribuer à la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD), tant en Europe qu’à l’international. Les GLR et leurs associations sont des atouts sous-exploités pour l’action extérieure de l’UE, notamment dans des initiatives telles que Global Gateway et Team Europe.
Voici les contributions du CCRE aux consultations publiques ouvertes :