Le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) demande aux députés européens de soutenir la mise en œuvre rapide et efficace de la directive révisée relative au traitement des eaux urbaines résiduaires (UWWTD). La directive introduit une nouvelle étape de traitement visant à éliminer les micropolluants des eaux urbaines résiduaires, une exigence majeure pour la protection de la santé publique et de l’environnement. Son système de responsabilité élargie du producteur (REP) garantit que les responsables de ces polluants couvrent au moins 80 % des coûts de traitement associés.
Pour les collectivités locales et régionales, ce mécanisme est essentiel pour faire respecter le principe du pollueur-payeur et éviter de faire peser la charge financière du traitement quaternaire sur les usagers. La directive comprend déjà des garanties visant à répondre aux préoccupations concernant l’accessibilité financière, l’approvisionnement et la disponibilité des médicaments, ainsi que des mécanismes de suivi et d’ajustement une fois la mise en œuvre engagée.
Le CCRE s’oppose fermement aux propositions visant à suspendre ou à reporter les dispositions relatives à la REP. Une telle suspension compromettrait la planification des investissements à long terme dans les infrastructures de traitement des eaux usées, accroîtrait l’incertitude et mettrait en péril des services publics essentiels.
Les collectivités locales et régionales préparent déjà des investissements pour se conformer aux exigences de la directive. Un environnement réglementaire stable est essentiel pour préserver la santé publique, la protection de l’environnement et la compétitivité à long terme de l’Europe.
Le CCRE appelle les décideurs de l’UE à aller de l’avant avec la mise en œuvre comme convenu et à utiliser les mécanismes de révision existants de la directive pour apporter les ajustements nécessaires sur la base des données recueillies au cours du processus de mise en œuvre.
En savoir plus sur l’action du CCRE en matière de protection de l’eau :
La semaine dernière, le Comité européen des régions a adopté en séance plénière le « Paquet d’élargissement 2025 – Ukraine, Moldavie et Géorgie ».
Le Comité européen des régions (CdR) a adopté un amendement reconnaissant explicitement le Hub de partenariat européen (BPE) comme le guichet unique de coopération entre les collectivités locales et régionales ukrainiennes et l’Union européenne. Ce Hub a été lancé lors de la Conférence sur la relance de l’Ukraine de 2025, suite à la déclaration commune de l’Alliance européenne des villes et des régions pour la reconstruction de l’Ukraine.
Hébergé par le CCRE, qui pilote déjà les partenariats municipaux UE-Ukraine via Bridges of Trust, la « Matchmaking Platform » et SUN4Ukraine, ce hub coordonne et connecte les initiatives au sein de la communauté Bridges of Trust. Il facilite les échanges, fournit des informations et organise des réunions conjointes afin d’harmoniser les efforts, de créer des synergies et d’aider les municipalités à acquérir les compétences nécessaires à la relance, à la coopération et à l’adhésion à l’UE.
Six autres amendements renforcent le rôle des collectivités locales et régionales dans l’élargissement de l’UE
Le texte final du CoR comprend également six amendements déposés par les membres du CoR Māris Zusts et Gints Kaminskis et suggérés par l’Association lettone des gouvernements locaux et régionaux (LALRG), en étroite coopération avec PLATFORMA.
Ces amendements visent à renforcer un message politique central : l’élargissement de l’UE ne réussira que s’il s’appuie sur les réalités locales et régionales, s’il résiste aux menaces hybrides et s’il bénéficie du soutien démocratique des citoyens. Dans cette perspective, la décentralisation, la gouvernance à plusieurs niveaux, l’égalité des genres et la lutte contre la manipulation de l’information étrangère sont considérées comme des composantes essentielles d’un élargissement durable.
Coopération avec les gouvernements locaux
Les amendements adoptés soulignent davantage la nécessité du soutien public, notamment par la coopération avec les collectivités locales, en particulier dans le contexte de l’après-guerre en Ukraine. Ils préconisent des campagnes de sensibilisation et une implication des médias afin de favoriser l’acceptation des pays candidats. La résilience et l’intégrité démocratiques sont également mises en avant, notamment grâce au renforcement des mesures anticorruption à tous les niveaux de gouvernement. La transparence dans les marchés publics est soulignée, en particulier en ce qui concerne les efforts de reconstruction.
Concernant la Moldavie, les amendements saluent les progrès des réformes mais expriment des inquiétudes quant à l’ingérence étrangère (FIMI) lors des élections de 2025, et préconisent des mesures de résilience et un soutien aux médias indépendants.
Ces amendements soutiennent également les gouvernements locaux en Géorgie face au recul démocratique, en soulignant la nécessité d’une coopération continue pour maintenir le dialogue et la gouvernance démocratique alors que le pays poursuit son processus d’adhésion à l’UE.
Perspectives d’avenir
Ces amendements placent les collectivités locales et régionales au cœur de l’élargissement de l’UE, reconnaissant que des effets durables, des démocraties résilientes et des communautés fortes dépendent de leur rôle actif.
La prochaine étape consiste pour le Parlement européen, le Conseil et la Commission à prendre en compte ces recommandations dans leurs travaux respectifs sur l’élargissement.
Le CEMR, en collaboration avec PLATFORMA et ses partenaires, continuera de plaider en faveur de ces recommandations, de coordonner les initiatives et de favoriser les échanges afin de renforcer le rôle des collectivités locales et régionales.
Le Hub de partenariat européen est soutenu par l’Union européenne et ses États membres par le biais d’U-LEAD avec l’Europe.
La crise du logement en Europe a atteint des niveaux sans précédent, avec des conséquences directes pour les citoyens vivant dans les villes et les régions du continent. Le plan européen pour le logement abordable constitue un progrès significatif, mais il ne portera ses fruits que si le plein potentiel des collectivités locales et régionales est mobilisé.
Le nouveau document de position du CCRE, intitulé « Un plan local pour le logement », présente des propositions au plan européen pour le logement abordable, arguant que les ambitions de l’Europe ne se traduiront par des résultats concrets que si les villes et les régions sont pleinement habilitées à agir.
Pour y parvenir, le CCRE identifie quatre priorités qu’il faut débloquer pour que les gouvernements locaux et régionaux puissent agir sur le terrain :
1. Mobiliser les investissements là où ils sont les plus nécessaires.
Le financement insuffisant et imprévisible constitue l’un des principaux obstacles au développement de logements abordables et durables dans les villes et les régions. Les collectivités locales et régionales ont besoin de cadres d’investissement à long terme. Le CCRE préconise :
Un accès plus simple et plus large aux financements européens et nationaux, notamment à la politique de cohésion et aux instruments du budget de l’UE pour la période 2028-2034, afin que les municipalités de toutes tailles puissent planifier et mettre en œuvre leurs projets.
Réformes des règles fiscales et modernisation des aides d’État, en considérant les logements abordables et économes en énergie comme un investissement à long terme plutôt que comme une dépense ordinaire.
Un soutien pour renforcer les capacités de construction et l’innovation, des compétences à la construction et à la rénovation circulaires et résilientes face au changement climatique.
2. Permettre une planification plus rapide et plus cohérente pour accélérer la mise en œuvre
Des procédures fragmentées et complexes retardent la construction de logements indispensables dans les États membres. Le CCRE exhorte les autorités européennes et nationales à :
Rationaliser la planification et les évaluations environnementales, en réduisant les doublons tout en maintenant des normes de durabilité élevées.
Favoriser les approches territoriales, en donnant aux villes et aux régions la flexibilité nécessaire pour accéder aux terrains, régénérer les friches industrielles et planifier des quartiers intégrés et inclusifs.
Promouvoir le marché unique de la construction en harmonisant les normes techniques afin de réduire les retards, de stimuler l’innovation et de faire baisser les coûts.
3. Améliorer l’efficacité grâce à la numérisation des permis
La délivrance de permis numériques peut accélérer les rénovations et les nouvelles constructions, mais de nombreuses administrations locales et régionales manquent de ressources pour la mettre en œuvre. Le CCRE préconise :
Des financements, des formations et une assistance technique dédiés sont nécessaires pour des systèmes d’autorisation interopérables au niveau local, national et européen.
Des directives plus claires à l’intention des candidats et des développeurs permettront d’améliorer la qualité des candidatures.
4. Exploiter pleinement le potentiel de l’Europe grâce à un véritable partenariat à plusieurs niveaux
Le plan européen pour le logement abordable ne réussira que grâce à une véritable coopération entre les différents niveaux de gouvernement. Le CCRE demande :
Une gouvernance structurée à plusieurs niveaux, avec la pleine participation des gouvernements locaux et régionaux à la conception, à la mise en œuvre et au suivi.
Une plus grande autonomie municipale et une clarification juridique, garantissant que les responsabilités correspondent au financement.
Des ressources adéquates pour l’Alliance européenne du logement, avec une participation structurée des gouvernements locaux et régionaux, qui sert également à coopérer au-delà de l’UE pour relever les défis du logement partagé.
Le défi du logement en Europe exige une action rapide et coordonnée. Le plan européen pour le logement abordable établit un cadre important, mais son succès dépendra de sa capacité à donner aux gouvernements les moyens d’agir au plus près des citoyens. En mobilisant les investissements, en assouplissant les règles d’urbanisme, en renforçant l’efficacité numérique et en instaurant une véritable gouvernance à plusieurs niveaux, l’Europe peut passer de l’ambition à la réalisation.
Le « Plan local pour le logement » du CCRE propose une stratégie claire : agir localement, investir judicieusement et collaborer à tous les niveaux de gouvernement. C’est uniquement en travaillant au niveau des villes, des communes et des régions que l’Europe pourra garantir à tous un logement abordable, durable et inclusif.
Quatre ans après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, les représentants élus locaux et régionaux du Conseil des communes et régions d’Europe (CEMR) réaffirment une fois de plus leur soutien indéfectible à l’Ukraine et à son peuple.
En ce quatrième anniversaire de l’agression russe, le CEMR a publié une déclaration officielle condamnant fermement la guerre, qui continue de faire d’innombrables victimes, et réaffirmant l’engagement des gouvernements locaux et régionaux européens à se tenir aux côtés de l’Ukraine dans sa lutte pour la liberté, la reconstruction et l’intégration européenne.
Appel à condamner les attaques contre les maires ukrainiens
Les élus locaux et régionaux restent en première ligne de ce combat, assurant la continuité des services essentiels dans des conditions extraordinaires et souvent dangereuses. Pourtant, ils continuent d’être directement pris pour cible.
Le CCRE dénonce l’enlèvement de maires ukrainiens et soutient l’appel de l’Association des villes ukrainiennes exigeant la libération immédiate des personnes toujours détenues :
Oleksandr Babych – Maire de Hola Prystan
Ihor Kolykhaiev – Maire de la ville de Kherson
Anatolii Siryi – Starosta du district de Novi Borovychi Starosta, municipalité de Snovsk
Le CCRE condamne également l’emprisonnement arbitraire, la torture et le meurtre de citoyens ukrainiens détenus en Russie, notamment :
Yevhenii Matvieiev – Maire de Dniprorudne
Oleksii Vynnychenko – Starosta du district de Hrebenykivka Starosta de la municipalité du village de Boromlia
Engagement en faveur de la paix, de la reconstruction et de l’intégration à l’UE
Le CCRE appelle à la fin immédiate de la guerre et à des mesures décisives pour instaurer une paix juste et durable en Europe et reconstruire l’Ukraine. Pour y parvenir, l’Union européenne et ses États membres doivent s’engager pleinement à chaque étape du processus. Les collectivités territoriales et les gouvernements régionaux européens sont prêts à contribuer activement au redressement, à la résilience démocratique et à la stabilité à long terme.
Dans sa déclaration, le CCRE réaffirme son engagement envers :
Soutenir la reconstruction de l’Ukraine par le biais de partenariats, d’échanges et d’une coopération décentralisée entre les villes, les agglomérations et les régions.
Accompagner l’Ukraine sur la voie de son adhésion pleine et entière à l’UE, renforcer la gouvernance démocratique et la coopération à plusieurs niveaux à travers l’Europe.
Maintenir et développer la coopération grâce à des initiatives clés, notamment :
La plateforme de coopération du CCRE connecte les municipalités, les régions et les collectivités locales à travers l’Europe afin de renforcer la coopération pratique.
La communauté Bridges of Trust rassemble des représentants locaux et régionaux engagés dans la coopération pour promouvoir la confiance, la résilience, le développement durable et la gouvernance démocratique.
Alors que la guerre entre dans sa cinquième année, un soutien politique, financier et institutionnel constant demeure essentiel. La reconstruction de l’Ukraine et l’instauration d’une paix juste et durable exigent une solidarité continue, une action coordonnée et un engagement à long terme.
Le CCRE réaffirme sa fermeté dans la défense des valeurs européennes de démocratie, de paix et d’État de droit. Les collectivités territoriales et régionales européennes restent déterminées à accompagner l’Ukraine vers une adhésion pleine et entière à l’UE, contribuant ainsi à une Europe plus forte, plus résiliente et plus sûre.
Alors que l’Union européenne prépare son prochain cadre financier pluriannuel (CFP) pour 2028–2034, l’instrument Global Europe définira l’action extérieure de l’UE pour les années à venir — englobant la coopération au développement, l’aide humanitaire, le soutien à l’élargissement et l’initiative Global Gateway. Découvrez la position politique détaillée de PLATFORMA, qui expose comment cet instrument stratégique devrait être façonné pour favoriser des partenariats mondiaux durables et promouvoir une gouvernance inclusive.
À une époque marquée par des crises mondiales multiples et interconnectées — du dérèglement climatique à la réduction des financements du développement, en passant par l’instabilité géopolitique — le rôle des collectivités locales et régionales (CLR) est plus crucial que jamais. Le document de PLATFORMA repose ainsi sur la conviction qu’une action mondiale efficace commence au niveau local.
Les collectivités locales et régionales en tant que co-décideurs, acteurs de mise en œuvre et partenaires
La position de PLATFORMA part d’un constat clair : malgré leur proximité avec les citoyens et leur connaissance approfondie des contextes locaux, les CLR restent insuffisamment reconnues dans les cadres de l’action extérieure de l’UE. La coalition appelle à ce que l’instrument Global Europe aille au-delà de références symboliques aux « autorités locales » et intègre des mécanismes qui permettent réellement d’autonomiser les CLR en tant que co-décideurs, acteurs de mise en œuvre et partenaires des politiques extérieures de l’UE.
Recommandations clés
Le document formule 9 recommandations principales à l’attention des décideurs européens :
Renforcer la gouvernance multiniveau dans Global Europe et placer les collectivités locales et régionales au cœur du développement territorial ;
Associer flexibilité et simplification à des objectifs ambitieux d’aide publique au développement, tout en renforçant les mécanismes de redevabilité et de transparence ;
Exploiter pleinement le potentiel de Global Gateway grâce à l’implication des collectivités locales et régionales ;
Renforcer l’engagement des délégations de l’UE avec les collectivités locales et régionales ;
Reconnaître et autonomiser les collectivités locales et régionales en tant que partenaires de développement uniques et efficaces dans les contextes fragiles ;
Promouvoir la territorialisation des Objectifs de développement durable afin de parvenir à des sociétés décarbonées et à une justice climatique ;
Impliquer les citoyens par le biais de l’éducation à la citoyenneté mondiale, en tant que composante clé de la coopération décentralisée au développement ;
Promouvoir une gouvernance locale inclusive et participative : autonomiser les jeunes, les femmes ainsi que les groupes défavorisés et sous-représentés ;
Renforcer la gouvernance locale dans le cadre de la politique de voisinage oriental et de la stratégie d’élargissement de l’UE.
À travers ces recommandations, PLATFORMA vise à améliorer la proposition actuelle relative à l’instrument Global Europe, afin qu’elle reconnaisse pleinement et soutienne la contribution des collectivités locales et régionales à l’action extérieure de l’UE, notamment via la coopération décentralisée comme modalité d’aide au développement.
PLATFORMA appelle également la Commission européenne à publier une communication actualisée sur l’implication structurée des collectivités locales et régionales et de leurs associations dans la nouvelle approche (géo)stratégique de l’action extérieure de l’UE.
L’Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement au monde. Les vagues de chaleur, les inondations, les sécheresses et les phénomènes météorologiques extrêmes affectent déjà les communautés, les infrastructures et les écosystèmes sur l’ensemble du continent — avec des impacts qui varient fortement d’un territoire à l’autre. Dans ce contexte, l’adaptation au changement climatique est devenue une priorité urgente pour les villes, les communes et les régions, qui sont en première ligne pour maintenir les services essentiels et renforcer la résilience sur le terrain.
Un nouveau document de position : S’adapter ensemble
Le document met en évidence une réalité claire : les collectivités locales et régionales mettent déjà en œuvre la grande majorité des mesures d’adaptation, mais leur rôle reste insuffisamment reconnu et soutenu dans les cadres européens et nationaux. Le document appelle à une approche territoriale de la résilience climatique, fondée sur la gouvernance multiniveau et structurée autour de six priorités clés :
Donner aux collectivités locales et régionales des mandats clairs et la flexibilité nécessaire pour agir ;
Renforcer les capacités locales grâce à un meilleur accès aux données, aux outils et à l’apprentissage entre pairs ;
Garantir des financements prévisibles et accessibles pour les investissements en matière d’adaptation ;
Améliorer la préparation et la gestion des risques de catastrophe ;
Restaurer les écosystèmes et développer les solutions fondées sur la nature ;
Assurer la résilience de l’eau grâce à une gestion intégrée et pilotée au niveau local.
En combinant des leviers horizontaux (gouvernance, capacités et financements) avec des recommandations sectorielles, le document montre que l’autonomisation des villes, des communes et des régions est essentielle à la résilience globale de l’Europe.
Les villes, communes et régions en première ligne des politiques d’adaptation
Ronan Dantec, porte-parole du CCRE pour le climat, souligne :
« Aujourd’hui, il est urgent de reconnaître que l’adaptation au changement climatique est un enjeu central pour les municipalités et les régions de toutes tailles. Investir dans des infrastructures durables et utiliser nos ressources de manière plus efficace n’est pas une option, mais une nécessité pour garantir un avenir prospère pour toutes et tous. »
Les impacts climatiques sont intrinsèquement locaux. Même au sein d’un même pays, les risques peuvent varier considérablement entre zones urbaines et rurales, régions côtières et intérieures, ou territoires du nord et du sud. Les villes, communes et régions sont donc les mieux placées pour :
Évaluer les risques et vulnérabilités climatiques locaux ;
Protéger les populations vulnérables ;
Planifier et gérer des infrastructures résilientes ;
Assurer la continuité des services essentiels tels que l’eau, les transports et l’énergie ;
Mettre en œuvre des solutions fondées sur la nature et restaurer les écosystèmes.
Leur proximité avec les citoyens leur permet également d’intégrer la résilience sociale dans les politiques d’adaptation, afin de garantir que personne ne soit laissé de côté à mesure que les impacts climatiques s’intensifient.
Se préparer au futur cadre intégré de l’UE sur la résilience climatique
Le document de position du CCRE intervient à un moment politique clé, alors que le nouveau cadre intégré européen pour la résilience climatique et la gestion des risques devrait être adopté par la Commission européenne au second semestre 2026. Ce cadre visera à établir une approche européenne globale et cohérente en matière de résilience et de préparation face aux risques climatiques.
La consultation publique en cours de la Commission européenne sur ce futur cadre intégré comprend des questions portant notamment sur : l’intégration de la résilience dans les politiques de l’UE (« resilience by design »), l’harmonisation et la comparabilité des évaluations des risques climatiques, le financement de l’adaptation, le soutien aux niveaux local et régional, ainsi que la prise en compte des impacts du changement climatique sur la santé.
Le CCRE élabore actuellement une réponse à cette consultation en coopération avec son groupe d’experts, en demandant que les villes, les communes et les régions soient reconnues non seulement comme des acteurs de mise en œuvre, mais aussi comme des partenaires stratégiques dans la conception, le financement et le suivi de ce futur cadre. La consultation est ouverte jusqu’au 23 février 2026. Le CCRE encourage ses membres à y participer et à faire entendre leur voix.
Rencontre avec l’héroïne locale : Eider Inuntziaga, bâtir la confiance depuis les rues de Bilbao
Lorsque Eider Inuntziaga parle des collectivités locales, un mot revient sans cesse : la proximité.
Depuis 2023, elle est conseillère municipale à Bilbao, après plusieurs années d’engagement politique au sein du Parti nationaliste basque. Il s’agit de son premier mandat public, une expérience qui a transformé sa vision de la vie politique.
Auparavant, elle observait la politique de l’intérieur. Aujourd’hui, elle la vit au quotidien — dans la rue, au fil des conversations de quartier et dans les réactions directes des citoyens face aux décisions locales. La distance entre les élus et les habitants est minimale, ce qui rend la politique locale à la fois particulièrement significative et particulièrement exposée. Elle porte également cette expérience au niveau européen en tant que porte-parole du Council of European Municipalities and Regions pour la démocratie locale.
Partout en Europe, ces défis sont de plus en plus visibles. Pour mieux les comprendre et y répondre, le CCRE et ses partenaires, dont la Ville de Bilbao, ont lancé l’Observatoire européen pour la défense de la démocratie au niveau local — une initiative qui collecte des données, documente les menaces et le harcèlement visant les élus locaux et développe des outils pratiques pour mieux protéger celles et ceux qui servent leurs communautés.
Comme elle le souligne : « Les collectivités locales sont le niveau d’administration le plus proche ; nous sommes le visage de la démocratie. »
Cette proximité crée de la confiance, mais elle concentre aussi les frustrations. Lorsque les citoyens sont mécontents, les responsables locaux sont souvent les premiers — et les plus faciles — à être pris pour cible.
Réseaux sociaux : utiles, mais risqués
Cette visibilité dépasse désormais largement la rue.
Eider Inuntziaga décrit sa relation aux réseaux sociaux comme « ambivalente ». S’ils permettent de créer du lien et de partager des informations, elle en perçoit aussi clairement les dérives.
« Les réseaux sociaux peuvent connecter des personnes et des histoires, et ils peuvent être utiles — jusqu’à un certain point. Mais ils génèrent aussi du bruit, de la polarisation, et parfois de la haine. Cela peut être dangereux. »
Pour les responsables politiques locaux, les effets sont concrets : « Cela affecte l’intégrité, cela influence notre manière de nous exprimer, et cela peut faire taire certaines personnes. Cela peut pousser des élus à abandonner leur engagement — ou à avoir peur de ce qui se passe. »
Elle limite sa présence en ligne, utilisant principalement Facebook et LinkedIn, et veille à équilibrer soigneusement communication personnelle et communication politique.
La participation au-delà du jour des élections
Malgré ces défis, Inuntziaga reste profondément optimiste quant au rôle que peuvent jouer les collectivités locales pour renforcer la démocratie.
Son approche est simple : rester proche, écouter attentivement et impliquer autant que possible les citoyens. Pour elle, les élections ne sont qu’un point de départ. La participation quotidienne est tout aussi essentielle. À Bilbao, cette philosophie s’est traduite par des initiatives participatives invitant les habitants à contribuer à l’orientation de la ville.
Un exemple est « Bilbao Ville de Valeurs », un processus par lequel les citoyens ont collectivement défini un ensemble de principes communs pour guider la vie publique. L’objectif est de créer un cadre partagé qui renforce le sentiment d’appartenance et lutte contre la désinformation. Il ne s’agit pas seulement d’améliorer les politiques publiques, explique-t-elle, mais aussi de renforcer les relations entre les institutions et les citoyens qu’elles servent.
Tirer les leçons du passé de Bilbao
L’histoire de Bilbao a également façonné sa vision de la gouvernance.
La ville a connu une transformation profonde au cours des dernières décennies — passant du déclin industriel et du chômage à un renouveau fondé sur une planification de long terme et une coopération étroite entre institutions publiques, acteurs privés et société civile. Pour Inuntziaga, cette expérience démontre que le changement ne se produit pas du jour au lendemain et que la stabilité exige de la patience.
Elle évoque souvent trois éléments clés du redressement de Bilbao : la coopération, des valeurs partagées et une vision à long terme. Les solutions rapides fonctionnent rarement. Au contraire, des décisions cohérentes prises en gardant l’avenir à l’esprit permettent de reconstruire progressivement la confiance.
« Les décisions doivent être prises dans une perspective de long terme », affirme-t-elle, décrivant démocratie et stabilité comme des réalités qui se renforcent mutuellement.
Eider Inuntziaga lors du lancement de l’Observatoire européen pour la défense de la démocratie au niveau local.
Ancrée localement, tournée vers l’Europe
Bien que son action s’inscrive dans la politique municipale, Inuntziaga conserve une forte ouverture européenne. Elle suit attentivement les débats au-delà de l’Espagne et s’inspire de dirigeantes telles que Kaja Kallas, qu’elle admire pour sa vision du rôle de l’Europe dans un monde en mutation.
Néanmoins, son engagement reste résolument local. Pour elle, les villes sont les lieux où la démocratie est mise à l’épreuve chaque jour — là où les politiques publiques rencontrent la réalité, et où la confiance se construit ou se perd au fil des interactions quotidiennes.
Ce n’est peut-être pas le niveau politique le plus visible — mais c’est, à bien des égards, celui où la démocratie se vit le plus directement.
Pour en savoir plus, vous pouvez écouter l’épisode complet de Call Simone, également avec Gianmarco Daniele de l’Université Bocconi. Ils y discutent de l’impact croissant du harcèlement et de la désinformation sur les élus locaux en Europe, ainsi que de la manière dont l’Observatoire européen pour la défense de la démocratie au niveau local peut mieux suivre les menaces et protéger la démocratie locale.
Le CCRE s’associe à l’Institut universitaire européen pour proposer une formation sur la prospective stratégique
Le CCRE s’est associé à l’Institut universitaire européen (IUE) pour proposer une formation dédiée à la prospective stratégique, destinée aux professionnels travaillant dans les institutions publiques et les réseaux de collectivités territoriales. Le cours se déroulera en ligne les 22 avril, 28 avril et 5 mai 2026, suivi d’un module résidentiel de trois jours à Bruxelles les 11, 12 et 13 mai 2026. Les participants sont tenus d’assister à la fois aux sessions en ligne et à la formation en présentiel, qui comprennent au total environ 25 heures d’apprentissage interactif.
Le cours fournit des outils pratiques pour mieux anticiper le changement, évaluer les risques et les opportunités à long terme et prendre des décisions politiques plus éclairées en période d’incertitude. À travers des exercices pratiques et les conseils d’experts, il explore comment les méthodes de prospective peuvent soutenir la planification, la gouvernance et le travail stratégique quotidien.
La formation offre aux fonctionnaires, au personnel des ONG et aux professionnels de tous les secteurs une occasion pratique d’affiner leurs compétences stratégiques et d’échanger avec leurs pairs de toute l’Europe. Elle s’inscrit dans le cadre du travail plus large du CCRE visant à renforcer les capacités des collectivités locales et régionales et à mettre en relation son réseau avec des institutions européennes de premier plan dans le domaine de la connaissance, telles que l’IUE.
Pour plus d’informations et pour vous inscrire, rendez-vous sur le site web de l’IUE.
L’approche territorialisée (« place-based ») de l’élaboration des politiques de l’Union européenne — qui reconnaît la diversité des territoires et s’appuie sur le rôle des collectivités locales et régionales — est aujourd’hui soumise à une pression critique. La proposition de la Commission européenne pour le prochain cadre financier pluriannuel risque d’affaiblir cette approche en centralisant les décisions d’investissement et en brouillant les objectifs distincts de politiques européennes aux logiques territoriales très différentes.
C’est pourquoi le CCRE a élaboré des propositions d’amendements ciblées au règlement établissant les Plans nationaux et régionaux de partenariat. Ces propositions visent à préserver l’élaboration de politiques fondées sur les territoires dans l’ensemble des investissements de l’UE, à renforcer la gouvernance démocratique et territoriale, et à garantir que les politiques conçues à Bruxelles et dans les capitales continuent de produire des bénéfices concrets et durables pour les villes, les communes et les régions.
Les principaux messages qui sous-tendent les amendements du CCRE
1. Préserver la cohésion comme priorité fondamentale de l’UE Le CCRE appelle à un engagement budgétaire renforcé en faveur de la cohésion économique, sociale et territoriale. Réduire le poids relatif de la politique de cohésion — tout en élargissant l’accès aux fonds à l’ensemble des acteurs privés — risque d’affaiblir les services publics, d’accroître la concurrence pour des ressources limitées et de réduire la capacité de l’Europe à construire des territoires et des communautés résilients.
2. Remettre les territoires et les personnes au cœur de l’action La politique de cohésion doit s’appliquer à toutes les régions et répondre à la diversité territoriale. Nos amendements renforcent la dimension territoriale des investissements de l’UE, afin de garantir qu’aucune région ni aucune communauté ne soit laissée pour compte et que les objectifs des traités de l’UE soient pleinement respectés.
3. Rendre effectifs le partenariat et la gouvernance à plusieurs niveaux Bien que la proposition de la Commission fasse référence au partenariat et à la gouvernance multiniveau, elle ne prévoit pas de garanties suffisantes. Le CCRE propose des obligations claires, des mécanismes de suivi et des conséquences concrètes afin d’assurer que les collectivités locales et régionales soient véritablement associées à la conception, à la mise en œuvre et au suivi des plans nationaux — et non simplement consultées de manière formelle.
4. Prévenir une centralisation excessive des investissements de l’UE Les expériences récentes liées à la Facilité pour la reprise et la résilience et à d’autres plans nationaux ont mis en évidence les risques des approches centralisées. Le CCRE appelle donc à rendre obligatoires des chapitres régionaux et territoriaux dans les plans nationaux, garantissant des stratégies fondées sur les territoires et une implication réelle des gouvernements infranationaux tout au long de la période de programmation.
5. Renforcer le développement territorial intégré Les approches territoriales intégrées — dans les zones urbaines comme non urbaines — rapprochent l’Europe des citoyens et ont démontré leur valeur sur le terrain. Le CCRE propose d’affecter au minimum 30 % des allocations nationales au développement territorial intégré, avec un cofinancement européen renforcé et une augmentation du préfinancement afin de permettre aux autorités locales de participer pleinement.
6. Soutenir les zones rurales, les villes et les territoires fonctionnels Nos amendements renforcent le soutien au développement rural, au développement urbain durable, aux liens urbain-rural et aux territoires fonctionnels. Ces approches sont essentielles pour répondre de manière cohérente et coordonnée aux évolutions démographiques, aux défis climatiques et aux inégalités sociales.
Un appel pour une politique de cohésion plus forte et plus équitable
Les propositions d’amendements du CCRE reposent sur une conviction claire : la résilience, la prospérité et la solidité démocratique de l’Europe dépendent de collectivités locales et régionales fortes et d’une politique de cohésion ambitieuse, inclusive et fondée sur les territoires.
Nous appelons le Parlement européen et les États membres à prendre ces propositions au sérieux et à veiller à ce que la future politique de cohésion de l’UE bénéficie à tous les territoires et à tous les citoyens.
👇 Nous vous invitons à consulter l’ensemble des propositions d’amendements du CCRE pour une vue détaillée de nos recommandations et des modifications juridiques apportées à la proposition de la Commission.
Les profils pays offrent une vue d’ensemble concise des modèles nationaux de cadres de coopération au développement (décentralisée) dans certains États membres de l’UE. Leur objectif est de fournir des éclairages sur les mécanismes et modalités spécifiques des cadres nationaux analysés, ainsi que d’identifier les facteurs favorables et les défis liés à leur mise en œuvre concrète, en mettant l’accent sur le rôle et les opportunités des gouvernements locaux et régionaux et de leurs associations.
Sur la base de l’étude, le cadre espagnol de la coopération décentralisée au développement (CDD) se caractérise par :
Un système fortement décentralisé – permettant à des acteurs de tous les niveaux d’être actifs dans la CDD. La nouvelle loi 1/2023 reconnaît les gouvernements locaux et régionaux comme acteurs du développement et la CDD comme une modalité à part entière.
Un engagement fort en faveur de l’objectif de 0,7 % du revenu national brut (RNB) consacré à l’aide publique au développement (APD) à tous les niveaux, maintenant la coopération au développement comme une priorité politique.
Des fonds dédiés à la coopération au développement – rassemblant des acteurs municipaux et supra-municipaux qui mutualisent leurs ressources afin de mettre en œuvre des projets à fort impact.
Cet article s’inscrit dans une série de sept profils pays examinant les cadres de la CDD à travers l’Europe. La troisième édition, consacrée à la Belgique, sera publiée en mars. Restez connectés !
Lire le profil pays de l’Espagne, disponible en quatre langues :
Vous pouvez retrouver l’ensemble des publications de Mindcraftici.
Le CCRE encourage les autorités espagnoles à renforcer le rôle des gouvernements locaux et régionaux dans la politique de développement, non seulement en tant que structures de mise en œuvre, mais aussi comme partenaires stratégiques contribuant à façonner un agenda de développement plus résilient, inclusif et efficace.
Cette publication est réalisée dans le cadre du projet Bridging and Mapping Knowledge Gaps in Decentralised Cooperation (Mindcraft), financé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et soutenu par la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ).