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Rapport du CCRE TERRI 2026

Terri Report 2026 - Housing

Le rapport TERRI 2026 examine comment la gouvernance territoriale de l’Europe évolue et pourquoi cela est important

861 mots
4–5 minutes

Le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) a publié le rapport TERRI 2026, sa dernière évaluation des tendances en matière de gouvernance territoriale et de réformes. S’appuyant sur les contributions des associations membres du CCRE, ce rapport examine l’évolution de l’organisation territoriale, des dispositifs de gouvernance, des responsabilités locales et régionales, de la coopération intercommunale, des capacités fiscales et de la gouvernance du logement. Le principal constat de TERRI 2026 est que la gouvernance efficace ne se définit plus par la structure des institutions. Cette édition est consacrée aux enjeux du logement en Europe.

Le changement de gouvernance s’opère dans le fonctionnement des systèmes, et non dans leurs structures

Depuis le premier rapport TERRI en 2021, les réformes se sont recentrées non plus sur le redécoupage des frontières et la restructuration des territoires, mais sur l’amélioration concrète de la gouvernance. Partout en Europe, les efforts se concentrent de plus en plus sur le renforcement des capacités administratives, l’amélioration de la coordination entre les différents niveaux de gouvernement et l’obtention de meilleurs résultats pour les citoyens.

Responsabilités partagées et coopération croissante

La répartition des responsabilités formelles est restée globalement stable dans une grande partie de l’Europe, même si des personnes interrogées dans plusieurs pays ont signalé des cas de recentralisation ou d’influence nationale croissante sur les décisions locales. Cependant, la mise en œuvre repose de plus en plus sur des accords de partage entre les administrations nationales, régionales et locales ; par conséquent, les modalités d’exercice des responsabilités importent davantage que l’opposition entre centralisation et décentralisation.

La coopération est désormais devenue la norme : plus des quatre cinquièmes des pays ayant répondu ont fait état d’accords intermunicipaux ou alternatifs, couvrant de plus en plus de domaines tels que l’aménagement du territoire, le développement économique, les services sociaux, la coordination des investissements et la préparation à la résilience.

Les capacités et le financement demeurent des défis cruciaux

Les participants à l’enquête du CCRE ont systématiquement souligné l’expertise administrative, les compétences du personnel et les ressources organisationnelles comme facteurs déterminants de la mise en œuvre. La performance dépend autant de la capacité de mise en œuvre que de la conception institutionnelle. Les contraintes budgétaires demeurent un défi majeur, de nombreux répondants insistant sur la difficulté de concilier les responsabilités croissantes avec des ressources adéquates, les besoins d’investissement et un financement prévisible à long terme.

[on page 46 in PDF]

Le logement : un cas d’étude pour la gouvernance territoriale

Le logement met à rude épreuve les systèmes de gouvernance en Europe. Les difficultés d’accès au logement, la pénurie de logements, le vieillissement du parc immobilier et les exigences de développement durable sollicitent fortement la capacité des gouvernements à tous les niveaux à réagir efficacement. Le rapport conclut qu’aucun modèle de gouvernance ne garantit à lui seul de meilleurs résultats ; la réussite dépend de la synergie entre les dispositifs de gouvernance, le financement, la flexibilité locale et les capacités de mise en œuvre.

Le CCRE définit six messages de politique générale

  1. Aligner les responsabilités sur les ressources. Les responsabilités nouvelles ou élargies doivent s’accompagner d’un financement suffisant et prévisible : le financement est proportionnel à la fonction.
  2. Placer le renforcement de la gouvernance au cœur de la réforme. Investir dans les compétences, l’expertise et les capacités institutionnelles est un élément essentiel de la réforme.
  3. Promouvoir une gouvernance multiniveaux fondée sur le partenariat. Soutenir la coopération entre les gouvernements européens, nationaux, régionaux et locaux dans le respect de l’autonomie locale, plutôt que de poursuivre la centralisation ou la décentralisation pour elles-mêmes.
  4. Renforcer les approches territoriales. Donner aux gouvernements locaux et régionaux la flexibilité nécessaire pour adapter les politiques aux réalités locales plutôt que d’imposer des solutions uniformes.
  5. Renforcer les capacités à long terme et la viabilité budgétaire. Soutenir le financement pluriannuel, la planification des investissements à long terme et une plus grande prévisibilité budgétaire.
  6. Il convient de considérer le logement comme un enjeu stratégique de gouvernance. Plutôt que de promouvoir un modèle unique, il faut renforcer les conditions de réussite : des responsabilités clairement définies, un financement prévisible, une flexibilité locale, des capacités de mise en œuvre et une coordination entre les différents paliers de gouvernement.

Vers une décentralisation plus efficace

Le rapport conclut que l’Europe n’a pas besoin d’un modèle unique de gouvernance territoriale. L’enjeu n’est pas une décentralisation plus ou moins importante, mais de garantir que les dispositifs mis en place favorisent une autonomie locale effective, la mise en œuvre des politiques et la responsabilité démocratique. Ceci est également essentiel pour les Objectifs de développement durable, dont beaucoup dépendent de la capacité des collectivités locales et régionales à concrétiser leurs objectifs.

La réussite des politiques publiques dépend de la collaboration de tous les niveaux de gouvernement au moyen de mécanismes de gouvernance efficaces, coordonnés et adaptés aux besoins territoriaux.

TERRI 2026 offre un aperçu opportun de l’évolution de ces défis à travers l’Europe, et le CCRE continuera de travailler avec ses membres et partenaires pour veiller à ce que les perspectives locales et régionales contribuent à façonner les solutions de gouvernance de demain.

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Profil pays – n° 5 France

Mindcraft - Country Profile France

Profil de pays sur la coopération décentralisée au développement : le cas de la France

466 mots
2–3 minutes

Les profils de pays offrent un aperçu concis des modèles nationaux de coopération au développement (décentralisée) dans certains États membres de l’UE. Ils visent à éclairer les mécanismes et modalités spécifiques des cadres nationaux analysés et à identifier les facteurs favorables ainsi que les difficultés liées à leur mise en œuvre pratique, en mettant l’accent sur le rôle et les opportunités pour les collectivités locales et régionales et leurs associations.

Le cadre français de coopération décentralisée au développement (CDD) se caractérise par :

  1. Un cadre juridique bien établi. Les collectivités territoriales françaises disposent d’une compétence juridique reconnue pour s’engager dans la coopération internationale. Outre leur budget général, elles peuvent également consacrer jusqu’à 1 % de leurs budgets sectoriels (eau et assainissement, énergie, déchets et transports) à la coopération internationale dans ces secteurs (« dispositifs 1 %). Les collectivités territoriales françaises contribuent à l’Aide publique au développement (APD) de la France et sont tenues de rendre compte de leurs activités de développement international.
  2. Une délégation spécifique accompagne l’engagement international des collectivités territoriales. Au sein du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, la Délégation pour les collectivités territoriales et la société civile (DCTCIV) soutient cet engagement de diverses manières, notamment financièrement par le biais d’appels à propositions, en fournissant des conseils et en facilitant les contacts avec les ambassades de France et les grands événements internationaux.
  3. Un vaste écosystème de coopération et de développement. Des réseaux et des associations soutiennent l’engagement international des collectivités locales. Parmi eux figurent Cités Unies France (CUF), l’Association française du Conseil des communes et régions d’Europe (AFCCRE) et les réseaux régionaux multi-acteurs (RRMA). Ils accompagnent les collectivités locales par le biais de formations, d’informations et de coordination, et font remonter leurs observations aux instances nationales et internationales.

Cet article fait partie d’une série de sept profils de pays analysant les cadres de développement des pays développés (DDC) en Europe. Le sixième article sera consacré à la Suède. À suivre !

Consultez le profil pays de la France, disponible en quatre langues :

Vous trouverez le reste des publications de Mindcraft ici.

Le CCRE encourage les autorités françaises à continuer d’investir dans les réseaux et associations qui soutiennent l’engagement international des collectivités locales et régionales, à simplifier les procédures administratives et à renforcer la dimension européenne de la coopération décentralisée, afin que les collectivités locales et régionales de toutes tailles puissent pleinement contribuer à un programme de développement plus résilient, inclusif et efficace.

Cette publication est produite dans le cadre du projet « Bridging and Mapping Knowledge Gaps in Decentralised Cooperation (Mindcraft) », financé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et soutenu par la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ).

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Document de position : Loi sur l’accélérateur industriel

Industrial Accelerator Act 2026

Le CCRE appelle à une loi d’accélération industrielle qui soutienne la croissance, l’emploi et la prospérité locale.

695 mots
3–4 minutes

La transformation industrielle de l’Europe se fera localement. Les villes, les communes et les régions sont à la fois investisseurs, autorités délivrant les permis et maîtres d’œuvre des marchés publics, et elles mettent directement en œuvre une part importante de la législation et des investissements européens sur le terrain.

Dans son document d’orientation intitulé « Localiser l’ambition industrielle de l’UE », le Conseil des communes et des régions d’Europe (CEMR) explique comment le règlement sur l’accélération industrielle (IAA), proposé par la Commission européenne en juillet 2026, peut favoriser la croissance, l’emploi et la prospérité locale. Pour réussir, l’IAA doit reconnaître les collectivités locales et régionales non seulement comme des autorités de mise en œuvre, mais aussi comme des partenaires stratégiques dans l’élaboration et la réalisation du développement industriel.

Des autorisations plus rapides, ancrées dans les réalités territoriales

Le CCRE soutient la simplification des procédures d’octroi de permis, car elle peut contribuer à accélérer les investissements industriels stratégiques. Pour ce faire, il est nécessaire d’améliorer la coordination, en s’appuyant sur les systèmes de gouvernance existants, en respectant la répartition des compétences et en préservant la sécurité juridique, les garanties environnementales et la participation du public. La réduction des délais procéduraux ne saurait à elle seule résoudre les problèmes actuels tels que la fragmentation des procédures, les capacités administratives limitées ou les contraintes environnementales.

Les points d’accès uniques peuvent améliorer la coordination s’ils s’appuient sur les systèmes existants et utilisent des outils numériques interopérables. Ils ne doivent pas transférer les pouvoirs de planification ou d’autorisation des collectivités locales et régionales sans leur accord. Les délais doivent être proportionnés et adaptables, et ne doivent pas se faire au détriment de l’évaluation environnementale et de la participation du public. Une coordination précoce entre les autorités locales et régionales compétentes et les porteurs de projets, ainsi qu’une planification à long terme des projets industriels stratégiques, sont essentielles pour identifier les points de blocage et les lever afin d’éviter les retards d’investissement.

Zones d’accélération industrielle : aucune désignation sans implication locale

Les collectivités locales et régionales sont les mieux placées pour évaluer les opportunités et les contraintes d’un territoire donné. Le CCRE estime qu’elles doivent être impliquées dès le départ et que leur accord est requis lorsque la désignation affecte leur territoire et leurs compétences juridiques, notamment en matière d’aménagement du territoire, d’utilisation des sols ou d’infrastructures. Les infrastructures et services nécessaires doivent bénéficier d’un financement adéquat et ne pas être transférés aux budgets locaux et régionaux.

Une approche « Made in Europe » ciblée et proportionnée

Le CCRE reconnaît l’objectif stratégique sous-jacent aux dispositions « Fabriqué en Europe ». Toutefois, l’application généralisée d’exigences d’origine obligatoires dans les marchés publics pourrait considérablement augmenter les coûts pour les autorités et, en définitive, pour les citoyens.

Le CCRE soutient une application ciblée dans les secteurs véritablement stratégiques, fondée sur des critères transparents, un examen régulier et des dérogations pratiques afin de garantir l’accessibilité financière et la continuité des services publics. Les pouvoirs adjudicateurs ne devraient pas avoir à vérifier des chaînes d’approvisionnement complexes. La responsabilité de démontrer la conformité doit incomber aux opérateurs économiques, appuyée par un système de certification à l’échelle de l’UE. Le CCRE propose également d’abaisser de 25 % à 10 % le seuil de différence de coût à partir duquel l’approvisionnement européen est considéré comme disproportionné, offrant ainsi aux entreprises publiques une plus grande flexibilité dans la gestion de leurs coûts opérationnels.

Cohérence et ressources pour la mise en œuvre

Les dispositions de la loi sur l’accès à l’information (LAI) relatives aux marchés publics devraient être explicitement alignées sur la future loi sur les marchés publics afin d’éviter tout chevauchement de règles. Les nouvelles responsabilités doivent également s’accompagner des moyens nécessaires à leur mise en œuvre. La Commission européenne estime que la LAI pourrait engendrer des coûts administratifs annuels supplémentaires de 8,92 millions d’euros à l’échelle de l’UE.

Le CCRE demande donc une évaluation de l’impact combiné des initiatives de rationalisation sur les autorités locales et régionales, ainsi qu’un soutien financier, technique et administratif adéquat, avec une attention particulière portée aux petites et moyennes municipalités.

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Cadre ambitieux pour le climat et l’énergie après 2030

Climate and Energy framework - News

Le CCRE se joint à l’appel en faveur d’un cadre européen robuste et ambitieux pour le climat et l’énergie après 2030.

424 mots
2–3 minutes

Suite au Conseil Environnement du 12 octobre 2026 et avant le Conseil Énergie du 29 octobre 2026, le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) s’est joint à l’appel de la Coalition pour une ambition plus élevée, une alliance d’entreprises, de réseaux de gouvernements locaux et régionaux et d’organisations de la société civile, pour exhorter les ministres de l’UE à soutenir un cadre solide pour le climat et l’énergie après 2030.

Après un nouvel été marqué par des canicules record, la sécheresse et des incendies de forêt, les signataires soulignent que la poursuite du Pacte vert pour l’Europe est à la fois un impératif climatique et un investissement stratégique. Une transition fondée sur l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables et l’électrification basée sur les énergies renouvelables, affirment-ils, renforce la compétitivité et la sécurité énergétique de l’Europe, réduit et stabilise les factures d’énergie et protège la santé publique.

La lettre, adressée à la présidence irlandaise de l’UE et aux ministres des États membres, appelle à une réduction nette des émissions nationales d’au moins 90 % d’ici 2040, en limitant le recours aux crédits internationaux. Le CCRE et d’autres signataires avertissent que l’utilisation de 5 % de crédits internationaux ne permettrait de garantir que 85 % de la réduction des émissions nationales. Ils appellent également à un système d’échange de quotas d’émission (SEQE) crédible au niveau de l’UE, garantissant des réductions d’émissions réelles et prévisibles et un signal fort concernant le prix du carbone, les recettes devant être prioritairement allouées à l’efficacité énergétique, aux énergies renouvelables et à une transition juste.

La déclaration exhorte également les ministres à maintenir des objectifs climatiques nationaux, en accordant la priorité à la réduction des émissions brutes et en fixant des objectifs distincts pour la séquestration du carbone à partir de terres et dans l’industrie. Par ailleurs, les signataires considèrent comme essentiels des objectifs européens en matière d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique, appuyés par un règlement de gouvernance solide et une approche multiniveaux reliant les plans nationaux aux plans locaux et régionaux et aux besoins d’investissement. Enfin, la lettre demande un cadre financier pluriannuel (CFP) ambitieux pour la période 2028-2034 afin de combler le déficit d’investissement de l’Europe en matière de décarbonation et de résilience.

Pour les collectivités locales et régionales, chargées de la mise en œuvre concrète des politiques climatiques, des objectifs prévisibles et une véritable gouvernance à plusieurs niveaux sont indispensables. Le CCRE continuera de défendre ces priorités tout au long des négociations.

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Déclaration sur l’arrestation de Vahap Seçer

Mersin Metropolitan Turkiye

Le CCRE dénonce la détention de Vahap Seçer, président de l’Union des municipalités de Turquie et vice-président du CCRE

435 mots
2–3 minutes

Le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) est profondément préoccupé par la détention de Vahap Seçer le 6 octobre 2026, maire de la municipalité métropolitaine de Mersin, président de l’Union des communes de Turquie (UMT) et vice-président du CCRE.

Le maire Seçer est le troisième président de l’UMT, association membre du CCRE en Turquie, à être privé de liberté depuis les élections locales turques de 2024. Son arrestation fait suite à celles d’Ekrem İmamoğlu, maire de la municipalité métropolitaine d’Istanbul, le 19 mars 2025, et de Zeydan Karalar, maire de la municipalité métropolitaine d’Adana, le 8 juillet 2025.

Ces événements s’inscrivent dans une tendance plus large et profondément préoccupante. Depuis les élections locales de 2024, plus de 80 municipalités en Turquie ont vu leur maire remplacé et plus de 30 maires ont été arrêtés. Parmi eux figure Sinem Dedetaş, maire d’Üsküdar et membre du Comité des politiques du CCRE, arrêtée en juillet 2026. Pris ensemble, ces événements témoignent d’une érosion continue de la démocratie locale en Turquie, une tendance qui inquiète le CCRE depuis plusieurs années.

Le CCRE réaffirme que les élus locaux doivent pouvoir exercer leurs fonctions librement et sans ingérence indue et appelle les autorités turques à :

  • Respectez les mandats démocratiques confiés aux représentants élus locaux par les citoyens et défendez les principes de la Charte européenne de l’autonomie locale ;
  • Libérez les élus arrêtés et permettez-leur de reprendre leurs fonctions ;
  • Veiller à ce que l’UMT puisse fonctionner librement et continuer d’être dirigée par les représentants choisis par ses membres.

Le CCRE appelle également les institutions européennes et la communauté internationale dans son ensemble à se montrer solidaires des représentants locaux démocratiquement élus en Turquie et à soulever ces cas dans leur dialogue avec les autorités turques.

Alors que la démocratie est confrontée à des pressions croissantes en Europe, la protection de l’autonomie locale est plus importante que jamais. Le CCRE continuera de suivre de près l’évolution de la situation et se tient aux côtés de l’UMT, de ses membres et de ses partenaires en Turquie.

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Réaction : Loi sur la simplification du logement

Housing Simplification Act

Le CCCRE appelle à des règles européennes plus claires, plus cohérentes et plus flexibles pour aider les villes, les communes et les régions à fournir des logements abordables

1 164 mots
5–7 minutes

L’Europe a un besoin urgent de logements plus abordables, durables et inclusifs. Pourtant, les villes, les communes et les régions qui s’efforcent de construire de nouveaux logements sont de plus en plus confrontées à des réglementations qui se chevauchent, à des procédures interminables, à une incertitude juridique et à des capacités d’investissement limitées.

Le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) a formulé des observations sur la législation européenne en vigueur ayant une incidence sur les politiques de logement, notamment au niveau local. En réponse à l’appel à contributions de la Commission européenne sur la simplification du logement, le CCRE explique comment l’Union européenne peut supprimer les obstacles inutiles tout en préservant les objectifs sociaux, environnementaux et démocratiques essentiels.

Les gouvernements locaux et régionaux jouent un rôle décisif dans le logement à travers l’aménagement du territoire, les permis, les services locaux, les infrastructures et le développement territorial. Ils doivent donc être pleinement impliqués dans la conception, la mise en œuvre et l’évaluation de toute future mesure européenne de simplification du logement. L’action de l’UE devrait soutenir des solutions adaptées au niveau local, respecter la subsidiarité et renforcer la capacité d’action des villes et des régions, et non remplacer le processus décisionnel local par de nouveaux niveaux d’exigences européennes.

Simplification, pas déréglementation

De nombreuses réglementations de l’UE en matière de logement poursuivent des objectifs légitimes d’intérêt public. Des problèmes surviennent lorsque les exigences de différents domaines politiques se chevauchent, suivent des échéanciers incompatibles ou imposent des charges administratives disproportionnées.

Les projets de logement peuvent être affectés simultanément par les réglementations en matière d’approvisionnement, d’aides publiques, de fiscalité, d’énergie, d’environnement et de construction. Leur effet combiné peut accroître les coûts, retarder les investissements et contraindre les collectivités locales à recourir à des experts juridiques ou techniques externes coûteux.

Le CCRE plaide donc pour un cadre réglementaire plus cohérent, avec des définitions, des ensembles de données, des échéances et des systèmes numériques mieux harmonisés. La simplification devrait viser à éliminer les doublons et à résoudre les conflits entre les règles, tout en préservant la protection de l’environnement, la qualité des bâtiments, les garanties sociales et une véritable participation citoyenne.

Débloquer les investissements locaux dans le logement abordable

Les villes et les régions ne peuvent pas remédier aux pénuries de logements si les investissements publics continuent d’être limités par des règles fiscales et d’aides de l’État qui ne reconnaissent pas suffisamment la valeur à long terme des logements abordables.

Le CCRE préconise que les dépenses consacrées au logement abordable et écoénergétique soient considérées comme un investissement public à long terme et non comme des dépenses courantes. Le cadre des aides d’État devrait également offrir une plus grande sécurité juridique et une plus grande flexibilité aux projets de logements municipaux et d’intérêt public.

Il convient notamment de clarifier et de rendre plus proportionnées les procédures relatives à la délégation de pouvoirs, aux contrôles des surcompensations et aux obligations d’affectation de fonds. Les collectivités locales, y compris les petites villes, devraient pouvoir mettre en œuvre des mesures en matière de logement sans avoir systématiquement recours à des experts externes coûteux.

Rendre les marchés publics plus rapides et plus proportionnés

Les règles des marchés publics constituent une autre source importante de retards et de coûts administratifs. Face à la hausse des prix de la construction, de plus en plus de projets de logements sont soumis à des procédures de passation de marchés complexes à l’échelle de l’UE, même en l’absence d’intérêt transfrontalier réel.

Le CCRE propose des seuils d’approvisionnement plus élevés, reflétant mieux les coûts actuels de construction et de services. Sa réponse préconise également une plus grande flexibilité pour négocier directement avec un entrepreneur après une procédure infructueuse et pour modifier les contrats en cas de changement de circonstances après l’attribution.

Un cadre plus simple et plus flexible permettrait de réduire les délais, de diminuer les coûts de mise en conformité et d’aider les administrations locales à faire avancer plus rapidement les projets de logements abordables.

Harmoniser les objectifs énergétiques, environnementaux et de logement

La réglementation énergétique de l’UE devrait mieux faciliter le partage local de l’énergie, l’utilisation des énergies renouvelables et de la chaleur résiduelle à proximité, ainsi qu’une allocation plus flexible de la capacité du réseau pour les projets servant un intérêt public manifeste.

Les législations étroitement liées, notamment celles relatives à l’efficacité énergétique, aux énergies renouvelables et à la performance des bâtiments, devraient former un ensemble cohérent. Plutôt que de prescrire des procédures administratives détaillées, l’UE devrait promouvoir des normes ouvertes, des données interopérables et des systèmes d’autorisation numériques adaptables aux structures administratives nationales et locales.

Une plus grande sécurité juridique est également nécessaire pour l’application des directives Oiseaux et Habitats et du règlement relatif à la restauration de la nature. Le CCRE préconise une évaluation plus claire des seuils, des procédures proportionnées pour les projets à faible risque et des approches plus souples en matière de compensation environnementale. Ces changements devraient améliorer la sécurité juridique en matière de planification sans compromettre les objectifs de biodiversité.

Développer les capacités de réalisation et de rénovation

Une réforme réglementaire à elle seule ne résoudra pas la pénurie de logements en Europe. Une productivité accrue dans la construction et la rénovation est tout aussi importante.

Le CCRE préconise d’investir dans les compétences, la formation, l’innovation et les capacités administratives locales, notamment dans les petites et moyennes municipalités. Une meilleure mobilité de la main-d’œuvre et la reconnaissance des qualifications pourraient contribuer à pallier la pénurie de main-d’œuvre, tandis qu’une plus grande harmonisation des normes de construction pourrait réduire la fragmentation et favoriser des méthodes de construction innovantes, circulaires et résilientes face au changement climatique.

L’Europe doit également envisager d’autres solutions que la construction neuve. La rénovation, la réhabilitation et la reconversion des bâtiments vacants peuvent accroître l’offre, revitaliser les quartiers et réduire l’impact environnemental. Faciliter le financement, l’obtention des permis et la mise en œuvre de ces projets devrait être un élément central de la politique de simplification.

Placer les gouvernements locaux et régionaux au centre

Les tensions sur le logement varient considérablement d’un territoire à l’autre. Elles peuvent être dues au tourisme, à l’évolution démographique, à la rareté des terrains, aux carences en infrastructures, aux coûts de construction, au dépeuplement ou à la pénurie de logements abordables et sociaux. Conformément à la position du CCRE en faveur de la loi sur le logement abordable, la définition et les règles relatives aux zones en situation de crise du logement devraient être révisées.

Il ne peut donc exister de solution réglementaire unique applicable partout. L’UE doit créer un environnement favorable par le biais d’investissements, d’une clarification juridique, de systèmes interopérables et d’une simplification intelligente, tout en laissant aux collectivités locales et régionales la latitude nécessaire pour élaborer des solutions adaptées à leurs populations.

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Rapport n° 2 sur la coopération décentralisée

Decentralised Cooperation Mindcraft

Rapport n° 2 sur la coopération décentralisée au développement : un aperçu européen

467 mots
2–3 minutes

Suite au premier rapport sur la coopération au développement décentralisée (rapport DDC n° 1), ce deuxième rapport (rapport DDC n° 2) s’appuie sur la même enquête à l’échelle européenne pour continuer à offrir un aperçu paneuropéen de la manière dont les gouvernements locaux et régionaux (GLR), leurs associations et les acteurs de la société civile s’engagent dans la coopération internationale.

Alors que le premier rapport sur la coopération décentralisée au développement (CDD) présentait un aperçu général de la CDD recensée, ce deuxième rapport examine plus en détail les opportunités et les défis qui caractérisent cette coopération et analyse les résultats que les partenariats de CDD visent à atteindre. Il présente également une sélection de projets de CDD, offrant des exemples concrets de partenariats et d’activités efficaces.

Quelle est la position de l’Europe en matière de DDC ?

Le deuxième rapport du DDC met en lumière :

  1. Le financement favorise l’engagement, mais les capacités limitées le freinent. Les fonds disponibles et les liens linguistiques, culturels ou historiques (56,75 % chacun) sont les principaux moteurs de la participation au DDC. Cependant, les capacités limitées (78,37 %) et les opportunités de financement restreintes ou irrégulières (54,05 %) constituent le principal obstacle à l’expansion du projet.
  1. Des objectifs similaires sont au cœur des préoccupations. Les répondants ont le plus souvent sélectionné les trois résultats suivants que leurs partenariats de développement et de coopération (DDC) visent à atteindre, tant dans les territoires partenaires que dans les territoires d’origine : autonomiser les dirigeants et les acteurs locaux, améliorer les services publics locaux et renforcer la gouvernance locale. L’ordre de priorité varie cependant selon le territoire concerné.
  1. Un engagement durable. La majorité des répondants (78,38 %) prévoit de continuer à coopérer avec leurs partenaires DDC, soulignant que la coopération décentralisée est perçue comme un investissement à long terme plutôt que comme une action ponctuelle.

Ce rapport fait partie d’une série plus vaste de publications de Mindcraft sur la coopération décentralisée au développement, notamment des profils de pays sur les cadres de coopération décentralisée. Vous trouverez les autres publications de Mindcraft ici.

Lisez le rapport complet Mindcraft DDC n° 2, disponible en anglais, français, espagnol et allemand.

Découvrez ici le rapport Mindcraft DDC n° 1.

Le CCRE encourage les autorités européennes et nationales à renforcer le rôle des collectivités territoriales locales dans les politiques de développement, non seulement en tant qu’acteurs de la mise en œuvre, mais aussi en tant que partenaires stratégiques contribuant à façonner un programme de développement plus résilient, inclusif et efficace.

Ce rapport a été réalisé dans le cadre du projet Mindcraft (Combler les lacunes en matière de connaissances dans la coopération décentralisée), financé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et soutenu par la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ).

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Semaine européenne des régions et des villes 2026

Agenda du CCRE pour la Semaine européenne des régions et des villes 


La Semaine européenne des régions et des villes 2026 se tiendra du 12 au 16 octobre. 

Organisée par la Direction générale de la politique régionale et urbaine de la Commission européenne et le Comité européen des régions à Bruxelles, la Semaine européenne des régions et des villes est le plus grand événement annuel durant lequel les villes et les régions démontrent leur capacité à créer croissance et emplois, mettent en œuvre la politique de cohésion de l’Union européenne, et prouvent l’importance de l’échelon local et régional pour une bonne gouvernance européenne. 

Si vous êtes membre du CCRE et prévoyez d’être à Bruxelles cette semaine-là, merci de nous en informer en complétant ce formulaire afin que nous puissions vous contacter au sujet des opportunités de visibilité.

Événements du CCRE se déroulant pendant la Semaine européenne des régions et des villes (en dehors du programme officiel)

Le CCRE organisera, co-organisera ou participera à plusieurs événements durant la Semaine, profitant de la présence de nombreux dirigeants locaux à Bruxelles.

Renforcer la dimension territoriale dans la future politique de cohésion de l’UE 

  • Date et heure : 12 octobre 2026, 17h00 – 20h30 CEST 
  • Lieu : CCRE, Square de Meeûs 1, Bruxelles 
  • Organisateurs : Le CCRE et l’Association allemande pour le logement, le développement urbain et spatial (DV), avec le soutien financier du ministère fédéral allemand du Logement, du Développement urbain et de la Construction 

Cet événement de haut niveau à Bruxelles réunira des dirigeants européens, nationaux et locaux pour discuter de l’avenir de la politique de cohésion et de sa dimension territoriale. Il portera sur les décisions à venir concernant le budget de l’UE et le cadre d’investissement, tout en promouvant un développement équilibré et territorialisé dans les zones urbaines et rurales, et en renforçant la coopération entre les principaux acteurs européens.


Pour que la liberté de séjour devienne une réalité : le rôle des services d’intérêt général dans le renforcement de la cohésion territoriale 

  • Date et heure : 14 octobre 2026, 16h00 – 17h30 CEST 
  • Lieu: Square Brussels, Studio 214 + 216 

Ce débat politique explorera comment accompagner les citoyens pour qu’ils puissent vivre et travailler là où ils le souhaitent. Des intervenants de différents niveaux de gouvernance partageront leurs expériences et solutions concrètes pour combler les écarts régionaux et améliorer l’accès aux services. Les participants seront invités à échanger leurs points de vue et à identifier des moyens de renforcer le soutien aux communautés locales grâce au financement européen et à la coopération. Le panel sera modéré par Valeria Ronzitti, Secrétaire générale de SGI Europe, organisation partenaire du CCRE. 


Événement de l’Alliance pour la Cohésion 

  • Date et heure : 14 octobre 2026, 16h30 CEST 
  • Lieu : à confirmer, Bruxelles 

Cet événement de haut niveau organisé en soirée à Bruxelles créera un espace politique opportun pour faire le point sur l’orientation de la politique de cohésion et sur les enjeux de la dimension territoriale pour la prochaine période de programmation. L’événement aura pour objectif de faire le lien entre le débat global et l’une des décisions à venir les plus déterminantes : l’élaboration du nouveau Cadre financier pluriannuel (CFP) et l’architecture émergente des Plans de partenariat nationaux et régionaux (PPNR), où seront négociés les priorités, la gouvernance et les outils de mise en œuvre des futurs investissements de l’UE.


Rassemblement annuel de Bridges of Trust

  • Date et heure : 14 octobre 2026, 13h30 – 17h30 CEST 
  • Lieu : CCRE, Square de Meeûs 1, Bruxelles 

La quatrième édition du rassemblement annuel de « Bridges of Trust » réunira des partenaires issus d’associations de gouvernements locaux et régionaux, de réseaux, d’organisations partenaires et d’institutions européennes afin d’échanger leurs expériences, de renforcer leur coopération et de définir des initiatives conjointes sur la coopération municipale internationale entre les villes et régions européennes et ukrainiennes.


Cérémonie de remise du prix Bridges of Trust

  • Date et heure : 14 octobre 2026, 18h00 – 22h30 CEST 
  • Lieu : Les Ateliers des Tanneurs, Rue des Tanneurs 60A, Bruxelles 
  • Sur invitation uniquement 

La cérémonie de remise des prix des partenariats Bridges of Trust distinguera cinq partenariats municipaux exemplaires entre l’UE et l’Ukraine en tant qu’Ambassadeurs Bridges of Trust, afin de célébrer leur contribution à la reconstruction, à la résilience et à l’intégration européenne au niveau local.


Cérémonie de la Convention des Maires de l’UE

  • Date et heure : 15 octobre 2026, 9h00 – 15h30 CEST 
  • Lieu : Bâtiment Charlemagne, Rue de la Loi 170, Bruxelles 
  • Organisateur : Convention des Maires pour le climat et l’énergie – Europe 

Entre dialogue politique de haut niveau, ateliers pratiques et échanges entre pairs, la cérémonie réunira des centaines de dirigeants locaux et régionaux de toute l’Europe, aux côtés de représentants de haut niveau de la Commission européenne et d’autres acteurs clés, pour discuter du rôle central de l’action locale dans la réalisation des objectifs européens. 


CEMR Green Day 

  • Dates : 15–16 octobre 2026 
  • Lieu : CCRE, Square de Meeûs 1, Bruxelles 

Jour 1 – De l’ambition climatique à la compétitivité verte, que signifie l’évolution de l’agenda européen pour les collectivités locales et régionales ? 

Jeudi 15 octobre | 16h00 – 17h45 CEST | Événement réservé aux membres – En présentiel dans les locaux du CCRE 

Table ronde avec des porte-parole du CCRE et des intervenants externes, échanges avec le public et courts éclairages territoriaux présentés par des membres, illustrant des pratiques locales et régionales concrètes reliant compétitivité et politiques territoriales vertes, notamment l’adaptation climatique, l’énergie, l’économie circulaire, la décarbonation et la mobilité propre.

Jour 2 – Définir les priorités environnementales du CCRE pour 2027

Vendredi 16 octobre | 10h00 – 13h00 CEST | Réunion réservée aux membres du CCRE – En présentiel dans les locaux du CCRE et en ligne 

La deuxième journée sera consacrée au travail interne du CCRE et à ses priorités pour l’année à venir. Les porte-parole et présidents des groupes d’experts présenteront de brèves mises à jour sur les développements politiques clés, les activités en cours du CCRE et les priorités attendues pour 2027.

Organisez-vous un événement pendant la Semaine européenne des régions et des villes 2026?

Les membres du CCRE et les associations membres sont invités à nous communiquer les détails sur leurs propres événements organisés durant cette semaine en complétant ce formulaire, afin que nous puissions contribuer à leur promotion et coordonner le programme du CCRE pour cette semaine.

Pour plus d’information, veuillez contacter :

Le programme européen en matière de logement doit partir du niveau local 

Les villes, communes et régions appellent à investir, à simplifier intelligemment et à préserver l’autonomie locale alors que l’Europe renforce sa réponse à la crise du logement

1 113 mots
5–7 minutes

Les initiatives européennes en matière de logement ne pourront réussir que si elles tiennent compte des réalités auxquelles sont confrontées les villes, les communes et les régions. Tel est le message principal qui s’est dégagé de la dernière réunion du groupe de travail Logement du CCRE, tenue le 3 septembre, qui a réuni des participants issus de 12 associations nationales de collectivités locales et régionales, ainsi que des représentants du gouvernement irlandais et de la Commission européenne. 

Lors de cette réunion, les membres du groupe de travail Logement du CCRE ont partagé leurs expériences à travers l’Europe et examiné deux initiatives majeures appelées à façonner le programme européen en matière de logement: la future loi sur le logement abordable (Affordable Housing Act) et le paquet de mesures visant à simplifier la réglementation en matière de logement (Housing Simplification Package). Les échanges ont permis aux membres du CCRE de formuler leurs premiers commentaires directement auprès des décideurs européens et de contribuer à préparer la réponse du CCRE à l’appel à contributions de la Commission européenne sur la simplification dans le domaine du logement. 

Le logement: une priorité à l’agenda européen 

La réunion s’est ouverte par un échange sur les priorités de la présidence irlandaise de l’UE en matière de logement. L’Irlande entend s’appuyer sur l’élan politique créé par les présidences précédentes, avec l’offre de logements, l’accessibilité financière et le sans-abrisme parmi les priorités actuellement examinées. Les participants ont également été informés des projets visant à renforcer la coopération européenne, notamment à travers une plateforme paneuropéenne d’investissement dans le logement et l’Alliance européenne pour le logement (European Housing Alliance), récemment créée, qui a pour objectif de favoriser la mise en réseau et l’échange de bonnes pratiques. 

Les membres du CCRE ont souligné que les collectivités locales et régionales doivent occuper une place significative dans cette architecture européenne en construction, notamment dans les discussions ministérielles et les événements réunissant les parties prenantes. Ils ont également exprimé un vif intérêt pour des solutions financières capables de soutenir les investissements à long terme dans le logement public et abordable, telles que les fonds renouvelables. 

Simplifier la mise en œuvre ne signifie pas déréglementer 

Le futur paquet de mesures visant à simplifier la réglementation en matière de logement (Housing Simplification Package) de la Commission européenne, attendu au deuxième trimestre 2027, offre l’occasion de supprimer les coûts, délais et incohérences inutiles qui entravent la construction et la mise à disposition de logements. Les règles européennes en matière de marchés publics, d’aides d’État, d’évaluation environnementale, de performance énergétique, de fiscalité et de normes de construction peuvent toutes avoir une incidence sur ce que les collectivités locales et régionales sont en mesure de réaliser.

Les membres du groupe de travail Logement du CCRE ont néanmoins souligné que la simplification ne doit pas se transformer en déréglementation. La protection de l’environnement, la qualité des bâtiments et la participation des citoyens restent essentielles. L’objectif devrait être de résoudre les conflits et les chevauchements entre les politiques, tout en préservant leurs objectifs d’intérêt général. 

Les participants ont notamment appelé au respect de l’autonomie municipale en matière de zonage, de fiscalité locale, d’octroi des permis et de plans de développement. Les définitions de l’accessibilité financière du logement, de la précarité liée au logement et des groupes prioritaires doivent refléter les conditions locales, plutôt que de s’appuyer exclusivement sur des indicateurs ou des ensembles de données uniformes qui peuvent ne pas rendre compte des réalités du terrain. 

Un dialogue direct sur la future loi sur le logement abordable. Lors d’un échange avec Matthew Baldwin, directeur général adjoint à la Commission européenne et responsable de son groupe de travail Logement, les membres ont examiné la manière dont la future loi sur le logement abordable (Affordable Housing Act) pourrait apporter davantage de clarté juridique aux autorités publiques dans les territoires confrontés à une forte pression sur le logement. Les membres ont salué les efforts visant à réduire l’insécurité juridique, tout en soulignant que les États membres doivent permettre aux autorités locales et régionales compétentes de jouer un rôle décisif dans l’évaluation de la pression sur le logement et dans le choix de la réponse appropriée. 

Les locations de courte durée ne sont pas la seule cause de la crise du logement en Europe. Néanmoins, dans certains territoires, les effets combinés du tourisme, des logements vacants et d’une offre insuffisante peuvent accentuer les pressions locales. Les villes ont besoin d’outils juridiques clairs et opérationnels pour agir lorsque cela est nécessaire, sans nouvelles charges administratives ni ingérence de l’UE dans les décisions locales.

Des marchés du logement différents, des obstacles communs 

La réunion a également donné lieu à une table ronde nationale, qui a mis en évidence la diversité des marchés du logement et des défis rencontrés à travers l’Europe. Les membres ont fait état d’objectifs ambitieux en matière de construction, de la hausse des coûts de développement, de taux hypothécaires élevés, d’un manque de financements publics et de difficultés à financer la rénovation dans les zones où la valeur des biens est plus faible. La forte pression exercée sur les budgets municipaux limite également la capacité des collectivités locales à construire et à entretenir des logements publics et sociaux. 

Malgré ces différences, plusieurs priorités communes se sont dégagées : des financements stables et accessibles, un renforcement des capacités de construction, un soutien à la rénovation et des cadres politiques permettant aux autorités locales de répondre aux spécificités de leurs propres marchés du logement. 

Les participants ont également mis en avant les dimensions sociales de la crise. Les politiques du logement devraient mieux prendre en compte le sans-abrisme et les besoins des personnes particulièrement exposées, notamment les femmes victimes de violences conjugales. La lutte contre la pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans le secteur de la construction, tout en ouvrant davantage ce dernier à une main-d’œuvre plus diversifiée, a été identifiée comme un autre domaine important pour les travaux futurs. 

Transformer l’expertise locale en influence européenne 

Les conclusions de la réunion alimenteront directement la réponse du CCRE à l’appel à contributions lancé par la Commission européenne dans le cadre du « paquet de simplification en matière de logement (Housing Simplification Package). En rassemblant les données et témoignages de ses membres et en maintenant un dialogue direct avec la Commission européenne et les présidences du Conseil, le CCRE veille à ce que l’expérience des collectivités territoriales contribue aux décisions européennes dès les premières étapes de leur élaboration.

Alors que l’UE élabore son programme en matière de logement, le CCRE continuera de défendre un principe simple : il faut faire confiance aux collectivités locales et régionales, leur faire bénéficier des financements nécessaires et les associer pleinement si l’Europe souhaite concrétiser ses ambitions en matière de logement abordable, durable et inclusif. 

Pour plus d’information, veuillez contacter :

Étude sur la délégation de l’UE

Mindcraft study on EU Delegations 2026

Engagement des délégations de l’Union européenne auprès des collectivités territoriales : comment rendre cette coopération plus systématique ?

577 mots
2–4 minutes

« Le travail des délégations de l’UE auprès des collectivités territoriales » est une nouvelle publication de Mindcraft, faisant suite au rapport publié par PLATFORMA en 2021. Depuis 2021, le cadre d’action extérieure de l’UE a connu des changements importants. Dans le cadre de l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale — Europe dans le monde (IVCDCI-Europe dans le monde) et de la stratégie «Global Gateway», la coopération internationale de l’UE s’est orientée vers une approche plus géographique et axée sur l’investissement, avec une importance croissante accordée à la localisation de la coopération au développement.

Cette nouvelle étude examine dans quelle mesure et comment les délégations de l’UE collaborent avec les collectivités territoriales et leurs associations dans les pays partenaires. Elle s’appuie sur une enquête menée en 2025 auprès de 40 délégations de l’UE à travers le monde, sur des entretiens avec cinq d’entre elles au Tchad, au Guatemala, à Madagascar, au Népal et en Zambie, ainsi que sur des échanges complémentaires avec les agences de coopération au développement des États membres de l’UE.

Principales conclusions :

  1. Un environnement favorable est essentiel à l’engagement des collectivités territoriales. 62,5 % des délégations de l’UE interrogées ont jugé la décentralisation dans le pays partenaire favorable, et 57,5 ​​% soutiennent les efforts de décentralisation. Des exemples dans différents pays partenaires montrent que le soutien à la gouvernance locale et à la gestion des finances publiques aide les collectivités territoriales à s’engager dans le développement territorial et les initiatives financées par l’UE, même si l’accès au financement et la préparation de projets bancables demeurent des défis persistants.
  2. L’engagement des collectivités territoriales dans la coopération internationale de l’UE demeure inégal et relativement limité. 57,5 ​​% des délégations de l’UE interrogées ont déclaré collaborer avec les collectivités territoriales et les agences de coopération internationale dans le cadre de l’initiative IVCDCI-Europe dans le monde, tandis que 20 % ont indiqué le faire dans le cadre de la stratégie « Global Gateway ». Les délégations de l’UE pointent du doigt l’absence d’un cadre adapté à une coopération structurée comme un obstacle. 69,2 % estiment qu’une ligne budgétaire spécifique pour les collectivitités territoriales serait bénéfique.
  3. L’engagement des collectivités territoriales peut s’avérer précieux dans les contextes fragiles. Parmi les délégations de l’UE travaillant dans des contextes fragiles, 76,4 % estiment qu’un engagement auprès des collectivités territoriales faciliterait leur travail.
  4. La coopération décentralisée reste globalement sous-utilisée. Des exemples concrets de partenariats entre les collectivités territoriales européennes et celles des pays partenaires, ainsi que la coopération via les collectivités territoriales et leurs structures de coopération internationale, démontrent un réel potentiel pour renforcer la gouvernance locale et soutenir la localisation des initiatives de l’UE, mais nécessitent une plus grande visibilité et une attention accrue.
  5. Il est nécessaire de renforcer en permanence les capacités des agents de développement urbain (ADU) à collaborer avec les collectivités territoriales. Seuls 30 % des ADU interrogés ont déclaré avoir reçu une formation ou un soutien spécialisé pour s’engager auprès des collectivités locales, formation jugée utile pour comprendre les approches territoriales du développement local.

Ces conclusions arrivent à point nommé, alors que les négociations sur le cadre financier pluriannuel 2028-2034, notamment son Instrument Europe globale, sont en cours. Le CCRE et PLATFORMA appellent à un cadre d’engagement clair, à des mécanismes de financement dédiés aux collectivités territoriales et à un soutien renforcé à la coopération décentralisée comme voie vers des objectifs de développement partagés.

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