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Prise de position sur le budget de l’UE

EU Budget - News 2025

Une Europe plus forte se construit localement : le CEMR publie sa prise de position sur le budget de l’UE pour 2028-2034


L’approche territorialisée (« place-based ») des politiques et investissements de l’Union européenne — qui reconnaît la diversité des territoires et s’appuie sur le rôle des collectivités territoriales — est aujourd’hui remise en question. La proposition de la Commission européenne pour le prochain cadre financier pluriannuel risque d’affaiblir cette approche en centralisant les décisions d’investissement et en brouillant des politiques européennes aux objectifs très distincts.

C’est pourquoi le CCRE a élaboré des propositions d’amendements ciblées au règlement établissant les Plans nationaux et régionaux de partenariat. Ces propositions visent à préserver l’approche territorialisée des investissements européens, à renforcer la gouvernance démocratique et territoriale, et à garantir que les politiques conçues à Bruxelles et dans les états membres continuent de produire des bénéfices concrets et durables pour les villes, les communes et les régions.

Les principaux messages qui sous-tendent les amendements du CCRE :

1. Préserver la cohésion comme priorité fondamentale de l’UE
Le CCRE appelle à un engagement budgétaire plus fort en faveur de la cohésion économique, sociale et territoriale. Réduire le poids relatif de la politique de cohésion — tout en élargissant l’accès aux fonds à différents acteurs, dont du secteur privé — risque d’affaiblir les services publics, d’intensifier la concurrence pour des ressources limitées et de réduire la capacité de l’Europe à construire des communautés et territoires résilients.

2. Remettre l’humain et les territoires au cœur de l’action
La politique de cohésion doit s’appliquer à l’ensemble des régions et répondre à la diversité territoriale. Nos amendements renforcent la dimension territoriale des investissements européens, afin de garantir qu’aucune région ni aucune communauté ne soit laissée pour compte, respectant ainsi les objectifs des traités européens.

3. Rendre effectifs le partenariat et la gouvernance à plusieurs niveaux
Bien que la proposition de la Commission fasse référence au partenariat et à la gouvernance multiniveau, elle ne prévoit pas de garanties suffisantes. Le CCRE propose des obligations claires, des mécanismes de suivi et des conséquences concrètes afin d’assurer que les collectivités territoriales soient véritablement associées à la conception, à la mise en œuvre et au suivi des plans nationaux — et non simplement consultées de manière formelle.

4. Prévenir une centralisation excessive des investissements de l’UE
Les expériences récentes liées à la Facilité pour la reprise et la résilience et à d’autres plans nationaux ont mis en évidence les risques des approches centralisées. Le CCRE appelle donc à rendre obligatoires des chapitres régionaux et territoriaux dans les plans nationaux, garantissant des stratégies fondées sur les territoires et une implication réelle des gouvernements infranationaux tout au long de la période de programmation.

5. Renforcer le développement territorial intégré
Les approches territoriales intégrées — dans les zones urbaines comme non urbaines — rapprochent l’Europe des citoyens et ont démontré leur valeur sur le terrain. Le CCRE propose d’affecter au minimum 30 % des allocations nationales au développement territorial intégré, avec un cofinancement européen renforcé et une augmentation du préfinancement afin de permettre aux autorités locales de participer pleinement.

6. Soutenir les zones rurales, les villes et les aires fonctionnels
Nos amendements renforcent le soutien au développement rural, au développement urbain durable, aux liens urbain-rural et aux aires fonctionnels. Ces approches sont essentielles pour faire face de manière cohérente et coordonnée aux évolutions démographiques, aux défis climatiques et aux inégalités sociales.

Un appel pour une politique de cohésion plus forte et plus équitable

Les propositions d’amendements du CCRE reposent sur une conviction claire : la résilience, la prospérité et la solidité démocratique de l’Europe dépendent de collectivités territoriales fortes et d’une politique de cohésion ambitieuse, inclusive et fondée sur les territoires.

Nous appelons le Parlement européen et les États membres à prendre ces propositions au sérieux et à veiller à ce que la future politique de cohésion de l’UE bénéficie à tous les territoires et à tous les citoyens.

👇 Nous vous invitons à consulter l’ensemble des propositions d’amendements du CCRE pour plus de détails sur nos recommandations et modifications juridiques apportées à la proposition de la Commission.

Pour plus de information, contacter:

Notre réaction à l’Agenda pour les villes

Twinning Report - News

Le CCRE salue la publication de l’Agenda européen pour les villes et la reconnaissance renouvelée des collectivités locales et régionales en tant que partenaires essentiels dans la mise en œuvre des priorités européennes


La publication de l’Agenda pour les villes marque une étape importante vers le renforcement de la dimension urbaine des politiques de l’UE. Elle reconnaît le rôle clé des collectivités locales et régionales dans la mise en œuvre de 70 % de la législation européenne, et donc l’importance de mieux informer et associer les collectivités locales à la préparation des législations européennes. Mais l’agenda ne répond pas à l’« ambition » annoncée par la présidente Ursula von der Leyen dans sa lettre de mission au vice-président exécutif Raffaele Fitto.

Au-delà d’un catalogue des domaines politiques dans lesquels les villes jouent un rôle important et d’une liste d’initiatives déjà mises en œuvre par la Commission européenne, plusieurs éléments devront être clarifiés et améliorés afin de garantir que l’Agenda apporte véritablement des solutions aux villes de toutes tailles et contribue à une meilleure élaboration des politiques grâce à un partenariat transparent et représentatif avec les collectivités locales et régionales au niveau européen.

L’Agenda pour les villes n’est qu’une pièce du puzzle

Si la Commission européenne affirme que l’Agenda s’applique aux villes de toutes tailles, ainsi qu’aux banlieues et aux petites villes, le fait de continuer à s’appuyer sur la définition d’Eurostat des « centres urbains » (plus de 50 000 habitants) risque de laisser une grande partie de l’Europe à la traîne. Comme nous l’avons vu avec la mise en œuvre de l’action innovante européenne, la définition d’Eurostat est devenue le critère minimal de population dans les appels à propositions gérés directement par la Commission européenne. Cette approche peut involontairement exclure les petites et moyennes municipalités, qui constituent la majorité des collectivités locales et sont au cœur de la mise en œuvre des politiques de l’UE.

Mais au-delà de l’Agenda pour les villes, le CCRE regrette que cette initiative n’ait pas été inscrite dans une stratégie de développement territorial plus large et plus complète pour l’Europe. Comme indiqué dans notre prise de position Vers un agenda européen inclusif pour les villes de toutes tailles et de tous contextes, un agenda européen efficace doit refléter la pleine diversité territoriale de l’UE et éviter de renforcer les divisions entre zones urbaines et rurales.

Une reconnaissance bienvenue du rôle des villes, mais une gouvernance structurée à plusieurs niveaux fait toujours défaut

Le CCRE se félicite de la reconnaissance des collectivités locales et régionales en tant qu’acteurs clés de la mise en œuvre de la législation européenne. Cependant, le modèle de gouvernance proposé dans l’Agenda repose encore largement sur des consultations ad hoc, notamment la référence au dialogue de mise en œuvre de juin 2025, qui manquait de transparence et de représentativité.

Nous réaffirmons la nécessité d’un mécanisme de gouvernance multiniveaux permanent, structuré et inclusif, associant les collectivités locales et régionales et leurs associations représentatives au niveau national et européen. Cela est essentiel pour façonner, et pas seulement mettre en œuvre, les politiques de l’UE. À cet égard, les associations représentant les collectivités locales et régionales au niveau européen mais aussi national doivent être les partenaires de référence de la Commission européenne, afin de garantir la représentativité et la légitimité de ses processus de consultation.

Lorsqu’elle évoque la préparation du « plan de partenariat national et régional » pour le budget de l’UE après 2027, la Commission indique qu’un dialogue structuré à plusieurs niveaux sera un élément clé de la préparation et de la mise en œuvre du plan, mais elle n’a prévu aucune mesure contraignante pour garantir que ce soit le cas. Le CCRE a également formulé des recommandations concrètes pour garantir la participation des collectivités locales et régionales à la préparation de ces plans.

Une meilleure mise en œuvre doit devenir une priorité de l’agenda de l’UE

Il est positif que l’agenda prévoie un soutien spécifique dans le cadre d’une nouvelle « plateforme des villes de l’UE » pour le renforcement des capacités, l’innovation et la participation au dialogue. Il sera important que cette offre de soutien ne soit pas limitée à quelques villes, mais qu’elle soit accessible à toutes les collectivités territoriales.

Le CCRE demande en particulier la création d’un pilier dédié à une meilleure mise en œuvre dans le cadre de l’agenda urbain de l’UE, comprenant :

  • des évaluations d’impact sur la gouvernance et les compétences pour toutes les nouvelles propositions de l’UE,
  • des ressources pour le renforcement des capacités dans le pilier « réformes » du prochain CFP,
  • des dialogues réguliers et inclusifs sur la mise en œuvre,
  • et un guichet unique intégrant tous les outils de soutien aux gouvernements infranationaux.

Ces éléments sont indispensables pour traduire les ambitions de l’UE en résultats concrets au niveau local.

Financement : plus de clarté, mais des incertitudes subsistent

Nous saluons le lancement du nouveau portail des villes de l’UE, qui peut aider les villes à s’y retrouver plus facilement parmi les possibilités de financement. Dans le même temps, la future facilité de l’UE, qui sera gérée directement par la Commission européenne, soulève des questions sur l’avenir des programmes existants (EUI et URBACT) et sur la gouvernance, l’accessibilité et la garantie de la participation des petites municipalités. Pour libérer tout le potentiel des gouvernements locaux, l’UE doit fournir un financement plus simple, plus équitable et mieux adapté, comme indiqué dans notre document de position.

Des mesures prometteuses dans l’agenda, si elles restent accessibles à tous

Le CCRE se félicite des nouvelles initiatives annoncées dans l’agenda, notamment:

  • l’accès « potentiel » au Fonds européen pour la compétitivité pour la transition vers une économie propre et la décarbonisation industrielle, ainsi que pour la résilience, la sécurité et la défense
  • des consultations de haut niveau et techniques avec les acteurs urbains
  • un soutien renforcé au renforcement des capacités, notamment en matière de marchés publics.

Si les villes sont encouragées à adopter l’« approche par mission », on ne sait pas encore s’il s’agit d’une simple suggestion ou si cela s’accompagnera d’un nouvel appel à projets et d’un financement potentiel pour ces « villes missionnaires ».

Ces mesures peuvent aider les villes à accélérer les transitions verte et numérique, à condition que l’accès soit équitable et ne soit pas réservé aux grandes municipalités ou à celles qui disposent de ressources importantes.

Notre message final

La publication d’aujourd’hui marque une étape importante pour l’avenir urbain de l’Europe. Mais un agenda européen pour les villes doit être inclusif, territorialement équilibré et fondé sur une véritable gouvernance à plusieurs niveaux. Le CCRE est prêt à travailler avec la Commission européenne, les États membres et ses associations nationales membres pour faire en sorte que cet agenda devienne un cadre véritablement transformateur, qui réponde aux besoins des villes et des régions de toutes tailles et de tous contextes.

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Gouvernements locaux et régionaux numériques

Digital transition - News 2022

Comment les municipalités et régions européennes peuvent mener une transformation numérique inclusive, sécurisée et centrée sur les personnes


Les gouvernements locaux et régionaux sont au cœur de la transformation numérique de l’Europe. En tant qu’autorités publiques les plus proches des citoyens, ils assurent des services tels que les soins de santé, l’éducation, les transports, le soutien social ou encore le déploiement du haut débit – autant de domaines désormais fortement influencés par la législation numérique européenne. Leur rôle est essentiel pour garantir que la numérisation reste inclusive, durable et accessible à toutes et à tous. Pourtant, de nombreuses collectivités continuent de faire face à des obstacles majeurs : accès inégal aux infrastructures numériques, ressources financières et humaines limitées, risques croissants en matière de cybersécurité et élargissement des écarts de compétences numériques.

Partout en Europe, les disparités en matière de connectivité et d’accès au numérique touchent de manière disproportionnée les zones rurales et isolées, les ménages à faibles revenus et les groupes vulnérables. Ces inégalités menacent la cohésion territoriale et limitent la capacité des citoyens à participer pleinement à la société numérique. Pour rendre les services publics numériques réellement accessibles, les solutions numériques doivent respecter les principes de conception inclusive et rester complétées par des options en présentiel pour celles et ceux qui ne peuvent pas ou ne souhaitent pas utiliser les canaux numériques.

La cybersécurité est devenue une préoccupation croissante, les autorités locales gérant des données publiques sensibles et des infrastructures critiques, souvent sans expertise ni financement suffisants pour répondre aux exigences européennes – telles que celles prévues dans la directive NIS2. Les petites municipalités, en particulier, manquent de ressources pour mettre en place des mesures de cybersécurité robustes, répondre aux incidents ou se conformer à des cadres réglementaires complexes. Un renforcement de la coopération, une simplification des règles et un soutien financier durable sont indispensables pour accroître la résilience locale.

Le développement des compétences constitue un autre défi majeur. Pour mettre en œuvre les nouvelles politiques numériques de l’UE – notamment en matière d’intelligence artificielle, d’interopérabilité et de gouvernance des données –, les administrations locales ont besoin de personnels formés capables de superviser les systèmes numériques, de maintenir une surveillance humaine et de garantir une utilisation éthique, transparente et équitable des technologies. Parallèlement, renforcer les compétences numériques des citoyens, grâce à l’apprentissage tout au long de la vie et à des initiatives communautaires, permet de renforcer la confiance, l’inclusion et la participation. La coopération entre municipalités et régions favorise également l’innovation et limite la fragmentation, en facilitant l’échange de bonnes pratiques et de solutions communes.

Un appel à un soutien accru de l’UE

Pour garantir une transition numérique équitable, sécurisée et inclusive, le CCRE appelle les institutions européennes à :

  • renforcer les investissements dans les infrastructures numériques, en particulier dans les régions insuffisamment desservies ;
  • fournir un appui technique et financier pour des services publics numériques accessibles ;
  • maintenir l’accès non numérique aux services essentiels pendant la transition ;
  • faciliter les partenariats public-privé pour étendre la connectivité ;
  • offrir des orientations ciblées, des actions de renforcement des capacités et un financement durable afin d’aider les gouvernements locaux et régionaux à renforcer leur cybersécurité et leurs compétences numériques.

L’avenir numérique de l’Europe dépend de l’autonomisation des acteurs les plus proches des citoyens : ses municipalités, ses villes et ses régions !

Lire la prise de position complète ici

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Atelier sur le dialogue social

Lab event - News

Atelier CCRE–EPSU sur le dialogue social dans les îles d’Europe du Sud


Le CCRE et l’EPSU ont organisé à Malte un atelier consacré au dialogue social dans les îles d’Europe du Sud. L’événement a réuni des participants de Malte, de Chypre et de Grèce pour discuter des défis actuels et des opportunités liés au dialogue social aux niveaux national et européen.

Le dialogue social désigne tous les types de négociation, consultation ou échange d’informations entre les représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs sur des questions d’intérêt commun portant sur les politiques économiques, de l’emploi et sociales.

Maria-Elena Despot, ainsi que de la directrice générale du Département des relations industrielles et de l’emploi de Malte, Diane Vella Muscat. Il comprenait également une rencontre avec le représentant du gouvernement maltais auprès du Malta Council for Economic and Social Development, Rodrick Zerafa.

L’événement a présenté des exemples de bonnes pratiques en matière de dialogue social, avec des intervenants d’Allemagne, d’Estonie et de Suède. Parmi ceux-ci figuraient des pratiques allemandes visant à garantir la fidélisation du personnel et la montée en compétences dans le cadre des conventions collectives, afin de répondre aux nouveaux besoins en compétences liés à la transition verte et numérique.

Une représentante du syndicat suédois TCO a présenté le modèle suédois du marché du travail comme un exemple de dialogue social efficace menant à la paix industrielle et à un haut niveau de couverture des conventions collectives.

Dans leur présentation sur la transition numérique dans les collectivités locales estoniennes, l’Association des villes et communes rurales d’Estonie a souligné que « la transition numérique peut devenir un moteur de dialogue, car elle affecte le travail de chacun ».

Cet atelier constitue le premier d’une série de trois événements régionaux organisés dans le cadre du projet LAB, une initiative financée par l’UE et menée par le CCRE et l’EPSU. Le projet vise à renforcer le dialogue social en Europe de l’Est et du Sud-Est, dans les pays candidats et dans les îles d’Europe du Sud, en dotant les partenaires sociaux locaux et régionaux des outils et connaissances nécessaires pour participer de manière constructive aux niveaux national et européen.

Ces régions rencontrent souvent des difficultés à participer activement au dialogue social national et européen en raison de capacités limitées des partenaires sociaux et de cadres de dialogue social insuffisamment développés. Le dialogue social devient un outil de plus en plus important pour traiter non seulement les politiques d’emploi et sociales, mais aussi pour trouver des solutions inclusives et efficaces à d’autres défis tels que les transitions verte et numérique.

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Budget UE : plan d’action – Local Alliance

Local Alliance - News Section

Faire du prochain budget européen un levier pour les villes et les régions : le plan d’action en 10 points de la Local Alliance


La Local Alliance – une coalition des principales organisations européennes de gouvernements locaux et régionaux : ACR+, CCRE, Climate Alliance, Energy Cities, Eurocities, FEDARENE, ICLEI Europe et POLIS – vise à garantir que nos membres disposent des compétences et des ressources nécessaires pour renforcer la résilience, la compétitivité et la décarbonation de l’Europe.

Nous partageons une vision commune : le Cadre financier pluriannuel (CFP) 2028–2034 doit devenir un instrument puissant, démocratique et résilient, capable de renforcer la cohésion territoriale, la compétitivité de l’Europe et de permettre une transition juste vers une Europe neutre pour le climat et résiliente.

Les gouvernements locaux et régionaux sont en première ligne pour impulser le changement en Europe. Ils constituent le niveau démocratique le plus proche des citoyens, bénéficient de leur confiance, et assument – directement ou conjointement – la mise en œuvre de la majorité de la législation européenne. Ils mobilisent l’essentiel des investissements liés au climat, promeuvent l’innovation et la compétitivité, et garantissent la cohésion et la transition juste en veillant à ce qu’aucune communauté ne soit laissée pour compte. Sans leur leadership, l’Europe ne pourra pas atteindre ses ambitions climatiques, numériques, sociales et économiques.

Pourtant, au lieu de renforcer cette capacité, la proposition de la Commission pour le prochain CFP risque de marginaliser les gouvernements locaux et régionaux, pourtant les mieux placés pour mettre en œuvre les politiques. Une approche centralisée, qui ne reflète pas les réalités et priorités locales, menace non seulement l’efficacité de l’action sur le terrain, mais aussi la résilience démocratique, sociale et économique à long terme de l’Union. Comme le souligne le dernier rapport du Comité européen des régions, les villes et régions d’Europe ont besoin d’un budget qui permette de construire l’Union à partir du terrain – un budget où les autorités locales et régionales sont non seulement des exécutants, mais des co-créateurs de l’avenir de l’Europe.

Alors que les négociations sont déjà en cours, la Local Alliance appelle le Parlement européen et le Conseil de l’UE à saisir cette opportunité pour placer la démocratie, la cohésion territoriale et la compétitivité au cœur du prochain CFP, en reconnaissant les gouvernements locaux et régionaux comme des partenaires indispensables. L’Europe ne pourra atteindre ses objectifs stratégiques sans travailler main dans la main avec ses villes, communes et régions.
C’est pourquoi la Local Alliance présente un plan d’action en 10 points visant à garantir que le budget européen produise des résultats tangibles pour les citoyens dans tous les territoires, en Europe et au-delà.

Pour le prochain CFP, nous appelons à :

  1. Des mécanismes de gouvernance multiniveaux renforcés pour réaliser à la fois les réformes et les investissements.
  2. Un principe de partenariat renforcé pour la mise en œuvre du CFP.

Pour les Plans de partenariat nationaux et régionaux :

  1. Rendre obligatoires des chapitres régionaux et territoriaux dans les Plans de partenariat nationaux et régionaux, avec une section dédiée aux villes.
  2. Un fléchage budgétaire en faveur d’une transition juste et d’un niveau de vie abordable pour tous.
  3. Un véritable programme européen pour les villes de toutes tailles dans le cadre de la nouvelle facilité européenne.
  4. Un mécanisme de garantie pour assurer l’accès des autorités locales et régionales aux fonds européens.
  5. Des indicateurs de performance liés à la mise en œuvre du droit de l’UE et aux résultats territoriaux.

Pour le Fonds européen pour la compétitivité et Horizon Europe :

  1. Le Fonds de compétitivité et Horizon Europe doivent reconnaître explicitement les villes et régions en tant qu’innovateurs et investisseurs.

Pour Horizon Europe :

  1. Poursuivre l’approche “Missions” dans Horizon Europe.

Pour la Facilité Global Europe :

10. Un soutien renforcé aux villes et régions des pays candidats, essentiel pour l’avenir de la cohésion européenne.

Lire ici la prise de position complète

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L’impact de la dé/mésinformation

Local truth study 2025

Renforcer les villes face à la désinformation : développer les capacités, la coordination et la confiance


Selon la dernière étude du CCRE, près de la moitié des collectivités locales et régionales (CLR) déclarent subir un impact modéré à significatif de la désinformation, notamment dans les domaines de la santé publique, des attaques personnelles contre les élus et de l’ingérence électorale. Pendant la pandémie, par exemple, les fausses informations sur les vaccins et les mesures sanitaires ont gravement ébranlé la confiance du public.

L’impact humain est également préoccupant : un élu local sur quatre a été victime d’intimidations ou d’abus en ligne, et plus d’un sur deux a fait l’objet de fausses accusations portant sur son intégrité ou sa conduite. Ces menaces ne sont pas abstraites — elles fragilisent la sécurité individuelle et minent la confiance démocratique.

Les résultats de l’étude montrent que les vagues de désinformation atteignent leur pic en période de crise, comme durant la COVID-19, les débats sur les zones à faibles émissions ou sur les questions de logement et de migration. Dans ces moments de forte tension, les collectivités se retrouvent souvent en première ligne, mais manquent encore de moyens pour réagir efficacement. 58 % des municipalités n’ont pas de stratégie formelle pour contrer la désinformation, et seulement un quart en développent une. La majorité agit de manière réactive : 58 % surveillent les réseaux sociaux, environ un tiers mènent des campagnes de sensibilisation, et une minorité collabore avec des vérificateurs de faits (4 %) ou engage des actions juridiques (21 %). Ces approches, bien que nécessaires, demeurent insuffisantes sans planification proactive.

Le CCRE identifie trois axes prioritaires pour renforcer la résilience locale :

  1. Renforcer les capacités locales et la confiance. Former le personnel, protéger les élus ciblés, et recourir à des outils de démocratie participative comme les assemblées citoyennes peuvent rendre les communautés moins vulnérables aux fausses informations.
  2. Améliorer la coordination et les outils. Des systèmes de veille partagés, des partenariats et des plateformes nationales ou européennes d’échange de connaissances peuvent permettre aux municipalités d’agir plus rapidement et d’éviter les doublons.
  3. Créer un cadre favorable. Le soutien des niveaux national et européen — via des instruments tels que le Digital Services Act, le règlement sur l’intelligence artificielle (AI Act) ou les lois nationales de lutte contre la désinformation — doit offrir des ressources, une sécurité juridique et des lignes directrices claires.

En définitive, si la désinformation est un défi mondial, ses effets se font sentir avant tout au niveau local. Donner aux collectivités locales les moyens, la coordination et les cadres nécessaires est essentiel pour protéger les citoyens, défendre la démocratie et restaurer la confiance publique.

Lire l’étude complète

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Conseil mondial de CGLU à Xi’an

Les villes et régions européennes unies pour la paix et la coopération à Xi’an


En tant que section européenne de Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU), le CCRE a participé au Conseil mondial de CGLU, organisé à Xi’an et tenu en synergie avec le 10ᵉ anniversaire de l’initiative “Bridge for Cities” de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI). Sous le thème « Façonner les communautés pour les générations actuelles et futures », le sommet a réuni plus de 300 participants issus de plus de 80 villes et réseaux de gouvernements locaux.

Le Conseil mondial de CGLU a également offert une occasion aux représentants locaux et régionaux européens d’échanger avec leurs homologues du monde entier. Lors de la réunion du caucus européen, les membres du CCRE ont dialogué avec Bernadia Irawati Tjandradewi, Secrétaire générale de CGLU Asie-Pacifique, sur les priorités et les domaines potentiels de coopération, notamment en matière d’égalité de genre.

La séance d’ouverture, coorganisée avec l’ONUDI, a réaffirmé l’importance de la coopération entre les villes et les institutions internationales. Une déclaration conjointe a été signée entre CGLU, l’ONUDI et la ville de Xi’an, afin de renforcer la coopération technique et les programmes de renforcement des capacités. Les intervenants ont souligné que la transformation locale ne peut réussir que lorsque les communautés sont pleinement impliquées en tant que partenaires, et non de simples bénéficiaires.

Le CCRE a également pris part à la plénière de haut niveau “Bridge for Cities”, centrée sur l’innovation, le développement urbain durable et la contribution du leadership local aux agendas mondiaux.

Au cours du Conseil mondial, un nouvel appel à l’action, ouvert à tous les gouvernements locaux et régionaux, a été adopté. Intitulé « Appel à l’action pour la paix et la reconstruction », il exprime l’engagement des gouvernements locaux et régionaux en faveur de la paix, des droits humains et de la reconstruction, notamment dans les territoires touchés par les conflits armés. Cet appel s’inscrit dans les valeurs du Pacte pour l’avenir de l’humanité — Peuples, Planète et Gouvernance et met en lumière le rôle unique des villes dans la reconstruction du vivre-ensemble et des liens sociaux.

En représentant la perspective européenne et en soulignant le rôle clé des villes, communes et régions dans la résilience démocratique et le développement inclusif, le CCRE a contribué à renforcer ce mouvement mondial et à réaffirmer la place de la gouvernance locale dans la construction de sociétés pacifiques et durables.

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L’UE doit écouter ses villes

Les villes et les régions unies pour défendre leur rôle lors du prochain budget européen

Lors de la Semaine européenne des régions et des villes 2025, les dirigeants locaux et régionaux d’Europe ont envoyé un message clair : l’avenir du budget de l’Union Européenne ne doit pas marginaliser ceux qui font vivre l’Europe au quotidien.

À travers deux grands événements — l’un organisé dans le cadre de la #CohesionAlliance et l’autre par le Forum urbain européen et l’Alliance Locale — le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) et ses partenaires se sont mobilisés pour défendre le rôle des communes, des villes et des régions dans l’élaboration et la mise en œuvre du prochain budget à long terme de l’UE pour la période 2028–2034.

Ces actions s’inscrivent dans un effort de plaidoyer plus large, lancé juste après les élections européennes, alors que les nouvelles institutions de l’UE commençaient à définir les priorités politiques du mandat actuel.

Défendre le partenariat et la cohésion

Le 15 octobre, des représentants élus venus de toute l’Europe se sont rassemblés devant le Parlement européen pour appeler les institutions européennes à garantir aux gouvernements locaux et régionaux des droits de partenariat complets dans la future politique de cohésion, et à résister à toute tentative de nationalisation ou de centralisation.

Dans une action symbolique à laquelle ont participé des membres du Parlement Européen (MPE), du Comité européen des régions et des associations territoriales européennes, les partenaires de la #CohesionAlliance ont adopté un appel en sept points rejetant la proposition actuelle de la Commission Européenne.

«Regrouper la politique de cohésion avec les politiques agricoles, de défense ou de migration », avertit le communiqué, « obligerait les autorités locales et régionales à se concurrencer pour les fonds au niveau national».
Un tel changement, ont souligné les participants, risquerait de déplacer le pouvoir de décision loin des régions et des villes — là même où les objectifs de l’UE se concrétisent.

«Compétitivité et cohésion sont les deux faces d’une même médaille», a déclaré Christoph Schnaudigel, coprésident du CCRE et président du district de Karlsruhe (Allemagne). « Les entreprises de nos villes ont besoin d’infrastructures, de logements, d’écoles et de réseaux à haut débit. La cohésion fait partie des traités : nous avons besoin de compétitivité et de cohésion ensemble. Sinon, l’argent disparaîtra avant d’atteindre les communautés locales. La Commission européenne doit nous écouter. On ne peut pas savoir depuis Bruxelles ou Berlin ce dont les territoires ont besoin — nous, nous le savons, au niveau local».

Les villes au cœur des priorités européennes

Plus tard dans la journée, les dirigeants locaux se sont retrouvés au Parlement européen pour un débat intitulé « Façonner le prochain budget européen avec les villes », organisé par le Forum urbain européen en coopération avec la Local Alliance.

Le message des dirigeants municipaux, des MPE et des institutions européennes était unanime : les priorités de l’Europe — qu’il s’agisse de la transition verte ou de la transformation numérique — ne peuvent réussir sans le renforcement du rôle des villes et des régions. Comme l’a rappelé Christoph Schnaudigel (CCRE) : « On ne peut pas connaître les besoins depuis Bruxelles. Nous, nous les connaissons depuis le terrain».

Pascal Smet, membre du Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale et du Comité européen des régions, a mis en garde contre un risque de voir émerger «une Europe des États-nations».

D’autres dirigeants, tels que Peter Dermol, maire de Velenje (Slovénie), ont souligné le danger de perdre la confiance des citoyens si l’Europe ne tient pas ses promesses dans les régions en transition industrielle.

Depuis l’Allemagne, Eckart Würzner, maire de Heidelberg, a rappelé que « les villes sont les défenseurs de la démocratie » et qu’en l’absence de ressources adéquates, «nous nous lèverons pour protéger la dimension locale de l’avenir européen».

Anna Lisa Boni, adjointe au maire de Bologne (Italie), a appelé l’UE à faire de la prochaine Agenda for Cities « un phare » garantissant que le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) renforce, plutôt qu’il n’affaiblisse, le rôle des gouvernements locaux.

Les principales revendications du CCRE pour le prochain budget européen

Le CCRE mène déjà une campagne de plaidoyer intensive pour influencer la proposition de budget présentée par la Commission européenne.
Comme le précise le document « Budget de l’UE 2028-2034 : principaux changements, défis et opportunités pour les gouvernements locaux et régionaux », le CCRE formule sept demandes clés :

Assurer une gouvernance multiniveau efficace et un partenariat significatif dans le prochain CFP

Placer la cohésion et l’équilibre territorial au cœur du prochain budget de l’UE

• Garantir un accès équitable aux financements européens pour les gouvernements locaux dans l’ensemble des programmes de l’UE

• Renforcer le soutien aux gouvernements locaux dans le cadre de l’élargissement de l’UE et de l’adhésion des pays candidats

• Développer un programme européen dédié au renforcement de la démocratie locale

Ces propositions font écho au message porté par les dirigeants locaux tout au long de la Semaine européenne des régions et des villes : la force de l’Europe réside dans ses territoires.
Cohésion et compétitivité ne peuvent coexister que dans un véritable partenariat entre tous les niveaux de gouvernance.

Rapport – coopération décentralisée

ADD ME project

Rapport sur la coopération décentralisée pour le développement (CDD) n°1 : un aperçu européen


Le premier Rapport sur la coopération décentralisée pour le développement (CDD) offre un aperçu unique de la manière dont les gouvernements locaux et régionaux (GLR), leurs associations et les acteurs de la société civile s’engagent dans la coopération internationale. Basé sur une enquête paneuropéenne (mars–mai 2025), il rassemble 37 contributions provenant de 27 GLR, 9 associations et 1 ONG dans 11 pays.

L’objectif est de collecter des données actualisées sur les projets et partenariats de coopération décentralisée, et de renforcer le plaidoyer du CCRE et de PLATFORMA grâce à une meilleure connaissance, une coordination accrue et une compréhension approfondie des facteurs favorables et des défis rencontrés.

Où en est l’Europe en matière de coopération décentralisée pour le développement (CDD) ?

La première édition du Rapport CDD met en évidence :

  • La CDD, une priorité pour beaucoup – Plus de 80 % des répondants considèrent la CDD comme importante ou très importante pour leur travail. Plus de 70 % entretiennent actuellement des partenariats actifs, principalement via la coopération ville-à-ville et région-à-région
  • Un caractère multi-acteurs – Les partenariats impliquent souvent non seulement les GLR, mais aussi des organisations de la société civile, des institutions éducatives, des services publics et, dans certains cas, des acteurs du secteur privé
  • Des défis persistants – Ressources limitées, manque d’expertise et caractère trop court des coopérations basées sur des projets restent des obstacles à la montée en puissance.
  • Perspectives de financement – Bien que les gouvernements nationaux, les institutions de l’UE et les ressources propres soient les principaux canaux de financement, 43 % des répondants s’attendent à une augmentation de leur budget CDD d’ici 2025, ce qui reflète un optimisme prudent.

Cet article fait partie d’une nouvelle série de rapports cartographiant la coopération décentralisée en Europe. Le deuxième rapport explorera plus en détail les cadres nationaux, les budgets et des études de cas. Restez connectés !

Lire le rapport complet Mindcraft CDD n°1, disponible en anglais, français, espagnol et allemand.

Le CCRE encourage les autorités européennes et nationales à renforcer le rôle des GLR dans la politique de développement, non seulement en tant que metteurs en œuvre, mais aussi en tant que partenaires stratégiques contribuant à façonner un agenda de développement plus résilient, inclusif et efficace.

Ce rapport est produit dans le cadre du projet Bridging and Mapping Knowledge Gaps in Decentralised Cooperation (Mindcraft), financé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et soutenu par la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ).

Pour plus d’information, contactez :

Coopération décentralisée Allemande

Mindcraft - Germany publication

Profil pays sur la coopération décentralisée au développement : le cas de l’Allemagne


Les profils pays offrent un aperçu concis des modèles nationaux de coopération décentralisée au développement (CDD) dans certains États membres de l’UE. L’objectif est de présenter les mécanismes et modalités propres à chaque cadre national, d’identifier les facteurs favorables ainsi que les défis liés à la mise en œuvre pratique, en mettant l’accent sur le rôle et les opportunités des gouvernements locaux et régionaux (GLR) et de leurs associations.

Où en est l’Allemagne en matière de coopération décentralisée au développement (CDD) ?

D’après l’étude, le cadre allemand de la CDD se caractérise par :

  1. Les Länder et les communes allemandes entretiennent des partenariats durables avec leurs homologues étrangers, générant un impact durable. Les récents partenariats de solidarité germano-ukrainiens soulignent le rôle de la CDD dans la politique de développement et ouvrent la voie à des coopérations trilatérales et multilatérales.
  2. L’Agence de service « Communes du monde » – SKEW d’Engagement Global constitue la principale plateforme de conseil et de financement pour les GLR allemandes en matière de CDD, en accompagnant la planification, la mise en œuvre de projets et les échanges internationaux.
  3. La diversité des programmes de financement (principalement financés par le ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement – BMZ, et gérés via SKEW et la GIZ) permet de soutenir des coopérations thématiques et fondées sur des projets, ainsi que des partenariats à long terme.

Cet article fait partie d’une série de 7 profils pays examinant les cadres de coopération décentralisée au développement en Europe. La troisième édition, consacrée à l’Espagne, sera publiée en décembre. Restez connectés !

Lire le profil pays, disponible en quatre langues :

Le CCRE encourage les autorités allemandes à renforcer le rôle des GLR dans la politique de développement, non seulement comme opérateurs, mais aussi comme partenaires stratégiques, contribuant à façonner une politique de développement plus résiliente, inclusive et efficace.

Cette publication s’inscrit dans le cadre du projet Bridging and Mapping Knowledge Gaps in Decentralised Cooperation (Mindcraft), financé par le German Federal Ministry for Economic Cooperation and Development (BMZ) et soutenu par la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ).

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