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Leçons tirées du projet FOSTER sur le climat

Climate - News

Atténuer les effets du changement climatique : quel rôle pour la démocratie participative ? Leçons tirées du projet FOSTER


Le 9 juin 2026, le projet FOSTER a réuni de nombreux acteurs politiques, chercheurs, organisations de la société civile et citoyens européens, à l’occasion d’une conférence en ligne visant à répondre à la question suivante : comment les communautés locales peuvent-elles renforcer leur résilience face aux impacts à long terme du changement climatique grâce à la participation démocratique ?

Organisé par la fondation Foster Europe, partenaire du projet, cet événement a offert une occasion unique de présenter les résultats obtenus tout au long du projet FOSTER, tout en favorisant un débat plus large sur le rôle de la démocratie participative, de la prospective stratégique et de la gouvernance collaborative dans la réponse aux défis liés au climat.

Une partie de la Conférence a été consacrée à la présentation des parcours locaux élaborés par les partenaires du projet FOSTER : l’Association des communes roumaines, membre du CCRE (Roumanie), le Réseau de recherche comparative – CRN (Allemagne), Foster Europe (Autriche), IASIS (Grèce), l’Istituto per la Ricerca Sociale – IRS (Italie), NOTUS (Espagne), l’Union des collectivités locales bulgares de la mer Noire – UBBSLA (Bulgarie), avec le soutien d’ALDA et du CEMR.

Les participants ont eu l’occasion d’apprendre des études de cas du projet, d’échanger leurs points de vue et de réfléchir aux enseignements tirés du projet. Les présentations ont montré comment la « prospective stratégique » peut devenir un outil puissant permettant aux communautés d’anticiper les défis futurs et de les transformer en opportunités d’action collective, et ont mis en évidence à la fois le potentiel et les défis de la gouvernance climatique participative.

Malgré la diversité des contextes locaux, plusieurs défis communs ont émergé des études de cas. Les participants ont souligné la vulnérabilité croissante des zones urbaines face aux phénomènes météorologiques extrêmes, la répartition inégale des infrastructures vertes, la nécessité de protéger et de revitaliser les espaces publics, ainsi que l’importance de veiller à ce que les mesures d’adaptation au changement climatique tiennent également compte de l’inclusion sociale et de la qualité de vie.

La prospective stratégique, un outil clé pour impliquer les acteurs locaux

Les parcours locaux du projet FOSTER ont démontré comment la prospective participative accompagne les communautés à dépasser les solutions à court terme et à s’engager dans une réflexion à plus long terme. À travers des ateliers, des exercices d’élaboration de scénarios et des activités de co-conception, des citoyens, des organisations de la société civile et des autorités locales ont travaillé ensemble pour identifier les risques futurs et développer des solutions ancrées localement. De nombreuses solutions ont été élaborées, telles que le verdissement urbain, la création d’espaces publics résilients au changement climatique, des stratégies de logement durable, en passant par des mécanismes de gouvernance renforcés et de nouvelles formes de participation citoyenne.

Le projet a également mis en évidence l’importance de la confiance entre les citoyens et les institutions publiques. L’implication directe des représentants municipaux dans le processus participatif a contribué à instaurer un dialogue constructif et à renforcer la légitimité des solutions proposées. Les participants ont également reconnu que le maintien de l’engagement des participants sur le long terme restait un défi. Les partenaires du projet ont en effet mis en avant un phénomène de lassitude. Les discussions ont confirmé que les citoyens sont disposés à s’impliquer dans la prise de décision liée au climat lorsqu’ils comprennent clairement l’objectif du processus et que leurs contributions se traduisent par des actions concrètes.

Un autre enseignement tiré de la conférence et du projet est que les processus participatifs ne suffisent pas seuls. Pour sécuriser un impact à long terme, il faut assurer un engagement institutionnel, des cadres juridiques favorables, une coordination entre les parties prenantes et des mécanismes garantissant la mise en œuvre des solutions élaborées de manière collaborative. Comme l’ont fait remarquer plusieurs intervenants, la participation est plus efficace lorsqu’elle fait partie intégrante de la gouvernance plutôt que de constituer une activité isolée au sein d’un projet.

L’ensemble de ces contributions a renforcé l’un des messages clés issus du projet FOSTER : pour lutter contre le changement climatique, il faut mettre en œuvre des modèles de gouvernance alliant une vision à long terme, la participation des communautés et une collaboration intersectorielle. La résilience des communautés se construit grâce à des processus décisionnels inclusifs qui permettent aux citoyens d’anticiper et de façonner activement leur avenir, tout en co-créant des réponses concrètes et inclusives.

Enregistrements de la Conférence

Session de l’après-midi

Session du matin

Breakout room

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L’Alliance locale appelle à placer les villes au cœur des plans climatiques européens

Local Alliance news

L’Alliance locale appelle à une refonte de la gouvernance afin de placer les villes au cœur des plans climatiques européens.

511 mots
2–3 minutes

Dans un nouveau document de position, l’Alliance locale – une coalition de CCRE, ACR+, Climate Alliance, Energy Cities, Eurocities, FEDARENE, ICLEI Europe et POLIS – appelle l’UE à saisir l’occasion de la révision du règlement sur la gouvernance pour rendre les plans nationaux en matière d’énergie et de climat (PNEC) véritablement réalisables, susceptibles d’attirer des investissements et ancrés dans les réalités locales.

Partout en Europe, villes, communes et régions agissent déjà : rénovation des bâtiments, déploiement des énergies renouvelables, transformation des systèmes de mobilité. Pourtant, le cadre de planification climatique de l’UE n’a pas suivi le rythme. Les plans nationaux énergie-climat (PNEC) continuent d’être élaborés en grande partie sans la participation des collectivités locales et régionales qui seront chargées de leur mise en œuvre.

La révision du règlement sur la gouvernance, attendue de la Commission européenne au dernier trimestre 2026, constitue donc une opportunité cruciale que l’Alliance locale est déterminée à ne pas manquer.

Une déconnexion structurelle

Une multitude de données locales, de projets d’investissement et de plans climatiques existent déjà en Europe – des plans d’action pour l’énergie durable et le climat aux contrats de villes climatiques et aux stratégies locales de chauffage urbain. Pourtant, ces connaissances territoriales sont rarement intégrées aux PNE, ce qui engendre des doublons, une fragmentation et des opportunités d’investissement manquées.

Parallèlement, les dialogues à plusieurs niveaux déjà requis par l’article 11 du règlement actuel sont restés largement déconnectés des décisions de mise en œuvre réelles ou sont restés au niveau de la simple formalité.

Il en résulte une dynamique dangereuse à deux vitesses : une ambition élevée aux niveaux européen et national, et une attention insuffisante portée à ce qui se passe sur le terrain.

La réponse de l’Alliance locale : relier ce qui existe déjà

Le document de position préconise que le règlement révisé s’articule autour de quatre éléments qui se renforcent mutuellement :

  1. une plateforme de dialogue permanente à plusieurs niveaux dans chaque État membre afin d’aligner tous les niveaux de gouvernement sur la préparation et le suivi du PECN, en tenant compte des structures et des besoins de gouvernance nationale ;
  1. un chapitre territorial dans chaque NECP s’appuyant sur les plans locaux existants pour montrer où et comment les objectifs nationaux seront atteints ;
  1. des parcours sectoriels adaptés au territoire reliant les objectifs nationaux dans les domaines du bâtiment, des transports, du chauffage, des énergies renouvelables et de l’économie circulaire aux réalités locales qui déterminent si leur mise en œuvre est réellement possible ;
  1. et des stratégies d’investissement qui tiennent compte des besoins locaux en matière d’investissement et de capacités.

Il ne s’agit pas de réclamer plus de bureaucratie, mais de faire en sorte que les structures existantes fonctionnent de manière cohérente : réduire la lassitude liée aux consultations, éliminer les doublons administratifs et transformer les plans nationaux de coopération en de véritables cadres de mise en œuvre et d’investissement, au lieu de simples exercices de reporting.

Lisez le document de position complet ici

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Notre réaction à la directive sur le traitement des eaux usées urbaines

Water management news 2026

Le CCRE avertit que la mesure prise par le Parlement européen risque d’affaiblir le principe du pollueur-payeur et de compromettre les investissements des collectivités locales et régionales ainsi que des opérateurs de stations d’épuration


Suite au vote d’aujourd’hui au Parlement européen sur une motion de résolution demandant la suspension de la mise en œuvre de la directive révisée relative au traitement des eaux urbaines résiduaires (UWWTD), le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) regrette l’adoption d’amendements invitant la Commission européenne à envisager la suspension de la mise en œuvre de la responsabilité élargie des producteurs (REP) et des obligations de traitement quaternaire*. Le CCRE considère cette résolution comme contradictoire avec tous les efforts actuellement déployés par les collectivités locales et régionales et les exploitants de stations d’épuration, notamment pour optimiser les infrastructures afin de se conformer aux exigences de la directive révisée.

Selon Andrea Carli, porte-parole du CEMR pour l’environnement et conseillère régionale du Frioul-Vénétie Julienne : « Nous sommes profondément préoccupés par le résultat du vote en séance plénière d’aujourd’hui. Nous soutenons les collectivités locales et régionales ainsi que les exploitants de stations d’épuration européens qui ont déjà préparé les investissements nécessaires à la mise en œuvre de la directive révisée sur le traitement des eaux urbaines résiduaires. Ils ont désormais besoin d’un engagement clair quant au respect du calendrier de mise en œuvre convenu. »

Le principe du pollueur-payeur, qui stipule que les responsables de la pollution doivent en assumer les coûts de gestion et de réparation des dommages causés, est l’un des piliers de la politique environnementale de l’UE. Toute suggestion de suspension de la mise en œuvre de la responsabilité élargie du producteur (REP) risque de saper la confiance des investisseurs. La directive révisée a permis de trouver un juste équilibre, fruit d’un long dialogue, entre la protection de la santé publique, la préservation de l’environnement et la nécessité de garantir que les responsables de la pollution contribuent aux coûts de son élimination.

Le CCRE reconnaît la nécessité légitime de surveiller l’impact de la directive sur la disponibilité des médicaments essentiels et génériques. Cependant, il estime fermement que ces préoccupations devraient être prises en compte par le biais des mécanismes de surveillance et de flexibilité déjà prévus par la législation.

Par conséquent, le CCRE appelle la Commission à maintenir le calendrier de mise en œuvre convenu et à garantir la sécurité juridique nécessaire aux collectivités locales et régionales ainsi qu’aux exploitants de stations d’épuration pour investir dans le traitement quaternaire. Les États membres devront vraisemblablement commencer l’année prochaine à élaborer leurs plans de partenariat nationaux et régionaux (PPNR) dans le cadre du prochain budget de l’UE, tout retard dans la mise en œuvre pourrait entraîner une dépriorisation, voire une exclusion, des investissements dans les infrastructures d’assainissement des futurs plans de financement.

Dans une lettre adressée l’année dernière à la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, le CCRE et 11 autres organisations européennes représentant les gouvernements locaux et régionaux, les services publics, les ONG environnementales, les syndicats et les professionnels de l’eau ont exhorté la Commission à maintenir fermement le système EPR introduit par la directive révisée sur le traitement des eaux usées urbaines, qui est entrée en vigueur le 1er janvier 2025.

Le traitement quaternaire est une étape de traitement supplémentaire permettant d’éliminer les micropolluants des eaux usées urbaines. Ce traitement est désormais obligatoire depuis la dernière révision de la directive relative à la gestion des eaux usées urbaines (UWWTD). Le mécanisme de responsabilité élargie des producteurs (REP) permet aux entreprises (industries pharmaceutique et cosmétique) de prendre en charge au moins 80 % des coûts de traitement associés.

Pour en savoir plus sur le plaidoyer du CEMR en faveur de la mise en œuvre de la directive UWWTD : https://ccre-cemr.org/fr/communaute-dimpact-sur-le-climat/eau/proteger-leau-de-leurope

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Sommet Climate Chance Europe 2026

Climate Chance Summit 2026

Les villes et les régions doivent montrer l’exemple en matière d’adaptation au changement climatique en Europe


Le CEMR a participé les 3 et 4 juin au Sommet européen Climate Chance 2026, organisé à Bruxelles par l’association Climate Chance. Cet événement de deux jours a réuni des responsables locaux et régionaux, des institutions européennes, des entreprises, des ONG et des réseaux de la société civile autour d’un thème commun : l’adaptation au changement climatique comme levier de résilience et de prospérité en Europe.

Le message véhiculé par le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) était que les villes et les régions doivent être reconnues comme des partenaires stratégiques dans la conception de la réponse de l’Europe au changement climatique, et non pas simplement comme des acteurs de terrain.

Le sommet fait écho aux messages clés du document de position du CCRE intitulé « S’adapter ensemble – Une approche territoriale de la résilience et de la gestion des risques », publié en février 2026. Dans ce document, le CCRE plaide pour une approche territoriale de la résilience climatique, fondée sur une gouvernance multiniveaux. Une lacune fondamentale est mise en évidence : si les collectivités locales et régionales mettent déjà en œuvre la plupart des mesures d’adaptation, leur rôle reste insuffisamment reconnu et soutenu dans les cadres européens et nationaux.

Pour combler cet écart, le CCRE continue de mettre en avant six priorités :

  1. Donner aux gouvernements locaux et régionaux des mandats clairs et la flexibilité nécessaire pour agir
  1. Renforcer les capacités locales grâce à un meilleur accès aux données et à l’apprentissage par les pairs
  1. Garantir un financement prévisible et accessible pour les investissements d’adaptation
  1. Améliorer la préparation et la gestion des risques de catastrophe
  1. Restaurer les écosystèmes et déployer à grande échelle des solutions fondées sur la nature
  1. Garantir la résilience de l’eau grâce à une gestion intégrée et locale de l’eau

Le sommet organisé par Climate Chance s’est tenu à un moment politique crucial. La Commission européenne élabore actuellement un nouveau cadre intégré pour la résilience et la gestion des risques climatiques en Europe, qui devrait être adopté au cours du second semestre 2026.

Ronan Dantec, porte-parole du CCRE pour le climat : « L’adaptation au changement climatique ne réussira que si les collectivités locales et régionales sont reconnues comme des partenaires à part entière dans le futur cadre de résilience. Les territoires ont besoin d’une trajectoire commune, des outils nécessaires pour comprendre leurs vulnérabilités et d’un financement à long terme pour concrétiser la résilience. »

Les discussions du sommet sur la gouvernance à plusieurs niveaux, le financement de l’adaptation et de la résilience au niveau local, le soutien technique aux collectivités locales et régionales pour préparer des stratégies et des investissements de gestion des risques, et les mécanismes de solidarité ont toutes renforcé ce que notre document de position soutient : une action climatique cohérente et efficace exige la présence des collectivités locales et régionales à la table des négociations dès le départ – dans la conception, le financement et le suivi des politiques, et pas seulement dans leur mise en œuvre.

Le sommet s’est clôturé par l’adoption de la Déclaration de Bruxelles des acteurs non étatiques européens sur l’adaptation au changement climatique, signée par un large éventail de réseaux de collectivités locales, de réseaux d’acteurs économiques et d’ONG, dont Eurocities, FEDARENE et l’Association internationale des maires francophones (AIMF).

Elle engage tous les signataires à jouer un rôle actif dans l’élaboration des politiques européennes de résilience climatique et appelle à ce que l’adaptation soit intégrée à tous les niveaux de prise de décision, des politiques de l’UE jusqu’aux plans locaux.

Le CEMR continuera de promouvoir ce message jusqu’à l’adoption du cadre européen d’ici la fin de l’année. La résilience de l’Europe commence sur son territoire.

Connie Heedegard, présidente de la mission d’adaptation au changement climatique et ancienne commissaire à l’action pour le climat : « L’adaptation est essentielle à la résilience, mais aussi à la sécurité des citoyens. La mission d’adaptation de l’UE a posé les bases ; il est temps maintenant de récolter les fruits de cette adaptation et d’intensifier sa mise en œuvre. »

Consultez notre document de position intitulé « S’adapter ensemble : une approche territoriale de la résilience et de la gestion des risques ».

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Nouveau CFP : financements européens et eau

Climate - Water management

Compte rendu du webinaire : Opportunités de financement de l’UE pour la résilience hydrique des collectivités locales


Comment les villes, les agglomérations et les régions peuvent-elles obtenir les investissements nécessaires pour renforcer leur résilience face aux changements climatiques, au vieillissement des infrastructures et à l’augmentation des exigences réglementaires ?

Le 13 mai 2026, le CCRE et Aqua Publica Europea (APE) ont organisé un webinaire réunissant des représentants de la Commission européenne, de la Banque européenne d’investissement (BEI), des gouvernements locaux et régionaux et des opérateurs publics de l’eau pour discuter des possibilités de financement de l’UE pour la résilience de l’eau.

Les discussions ont mis en lumière à la fois les opportunités offertes par le budget actuel de l’UE et les défis auxquels les collectivités locales et régionales pourraient être confrontées dans le cadre du futur cadre financier pluriannuel (CFP). Les principaux messages et recommandations issus de cet événement sont désormais disponibles dans un nouveau rapport de webinaire publié conjointement par le CCRE et l’APE.

La résilience face à l’eau commence localement

En ouvrant le webinaire, Andrea Carli, porte-parole du CEMR pour l’environnement et conseillère régionale du Frioul-Vénétie Julienne, a souligné les pressions croissantes qui pèsent sur les villes et les régions à travers l’Europe. De la sécheresse et de la pénurie d’eau aux inondations, les collectivités locales et régionales sont de plus en plus en première ligne de l’adaptation au changement climatique, tout en devant faire face à des besoins d’investissement croissants.

Pour le CCRE, cela renforce la nécessité de cadres de gouvernance solides, d’un soutien technique et de ressources financières suffisantes pour garantir des services d’eau durables et abordables pour toutes les communautés.

Le financement demeure le principal défi

Un message central se dégage de ces discussions : le financement demeure le principal obstacle à la réalisation des objectifs de la politique européenne de l’eau.

L’APE et le CCRE soulignent l’important déficit d’investissement identifié par la Commission européenne, tout en pointant du doigt les difficultés de gouvernance et de capacités qui peuvent limiter l’accès aux financements disponibles. Bien que la résilience de l’eau ait été reconnue comme un domaine prioritaire lors de l’examen à mi-parcours de la politique de cohésion, de nombreuses collectivités locales et régionales ainsi que des opérateurs du secteur de l’eau peinent encore à obtenir les ressources nécessaires aux investissements essentiels.

En attendant le prochain CFP

Alors que les négociations sur le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) sont en cours, le webinaire a exploré comment l’architecture de financement future proposée pourrait affecter les investissements dans le secteur de l’eau.

Si les nouveaux plans de partenariat nationaux et régionaux (PPNR) offrent une plus grande flexibilité, ils soulèvent également d’importantes questions quant à l’implication des collectivités locales et régionales dans la définition des priorités d’investissement. Le CEMR continue de plaider en faveur d’une politique de cohésion forte et d’une participation effective des villes, des agglomérations et des régions à l’élaboration et à la mise en œuvre du futur budget de l’UE.

De nouvelles opportunités grâce à la BEI

Lors du webinaire, les participants ont également été informés du rôle croissant de la BEI dans le soutien aux investissements dans le secteur de l’eau, notamment du futur Mécanisme de conseil pour une gestion durable de l’eau. Cette initiative vise à faciliter l’accès des collectivités locales et régionales ainsi que des opérateurs du secteur de l’eau aux financements et aux services de conseil, renforçant ainsi la préparation et la mise en œuvre des projets liés à l’eau en Europe.

Alors que les discussions sur le futur budget de l’UE se poursuivent, la réalisation des objectifs de résilience de l’Europe en matière d’eau nécessitera des investissements à long terme, une gouvernance locale forte et un rôle central pour les villes et les régions.

Consultez le compte rendu du webinaire pour découvrir les principales conclusions de la discussion, les dernières opportunités de financement, les évolutions politiques et les recommandations à l’intention des gouvernements locaux et régionaux.

Lisez l’article sur le site web d’APE ici : APE et CCRE organisent un webinaire sur les opportunités de financement de l’UE pour la résilience face à l’eau | Aqua Publica Europea

Consultez les présentations utilisées lors de l’événement :

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Sommet des dirigeants à Rovaniemi

CEMR Leaders Summit 2026 - Rovaniemi

Les dirigeants locaux du CCRE adoptent une déclaration politique appelant à placer la cohésion, la compétitivité et les partenariats mondiaux au cœur du prochain budget de l’UE


Réunis au Sommet des dirigeants du CCRE à Rovaniemi, quelque 150 élus locaux appellent les chefs d’État et de gouvernement de l’UE à intégrer les recommandations du Parlement européen sur le budget de l’UE relatives à la gouvernance à plusieurs niveaux, à la mise en œuvre territoriale et à la prévisibilité des financements dans leurs négociations avec le Conseil.


Plus de 150 dirigeants locaux de 29 pays européens se sont réunis à Rovaniemi, en Finlande, pour le Sommet des dirigeants du Conseil des communes et des régions d’Europe (CCRE), participant à des discussions opportunes sur les principales priorités européennes.

Une déclaration politique à un moment charnière

L’un des principaux résultats du sommet a été l’adoption d’une déclaration politique signée par 55 dirigeants locaux appelant les chefs d’État et de gouvernement de l’UE à intégrer les recommandations clés du Parlement européen concernant le prochain budget de l’UE (2028-2034) dans leurs négociations au sein du Conseil européen. Adoptée lors du sommet des dirigeants du CCRE à Rovaniemi, cette déclaration intervient à un moment crucial des discussions interinstitutionnelles sur le prochain cadre financier pluriannuel (CFP).

En approuvant cette déclaration en faveur d’un budget européen adapté à chaque territoire, les membres du CCRE insistent sur le fait que la cohésion, la compétitivité et les partenariats mondiaux demeurent au cœur du prochain budget à long terme de l’UE. Adressée aux dirigeants nationaux, la déclaration plaide pour un budget territorialisé et prévisible, fondé sur une véritable gouvernance à plusieurs niveaux.

Cette déclaration fait suite à l’adoption par le Parlement européen, lors de sa séance plénière du 28 avril 2026, de son rapport intérimaire sur le budget de l’UE pour la période 2028-2034, dans lequel le Parlement a défini ses priorités politiques et qui servira de base aux négociations avec le Conseil.

Étant donné que les États membres finaliseront leur position lors de la réunion du Conseil qui se tiendra les 18 et 19 juin, le CCRE les appelle à prendre en considération la position et les propositions présentées par le Parlement européen en vue d’un budget de l’UE qui garantisse la compétitivité, la cohésion et la confiance sur l’ensemble du territoire.

Christoph Schnaudigel, président du CCRE, a déclaré : « Le prochain budget de l’UE doit bénéficier à tous les territoires européens. C’est dans les villes et les régions que la politique européenne se concrétise : c’est là que l’on gère les inondations, que l’on a besoin de centres de rafraîchissement, que les entreprises investissent ou partent. La compétitivité et la résilience de l’Europe seront aussi fortes que son territoire le plus vulnérable. Il est temps d’agir. »

Les responsables locaux participant au Sommet des dirigeants du CCRE ont également eu l’occasion d’échanger avec Giuseppe Lupo, député européen et vice-président de la commission des budgets de l’UE, sur les négociations interinstitutionnelles relatives au prochain CFP. Au cours de cette discussion, M. Luppo a déclaré : « Nous demandons la position officielle du Conseil ; il est donc primordial de développer toute initiative visant à convaincre les États membres d’accepter la proposition du Parlement européen. »

Collectivités locales et régionales : renforcer la résilience par la prévoyance et la préparation

Le Sommet a également servi de plateforme pour discuter de la manière dont les gouvernements locaux et régionaux peuvent mieux utiliser la prévoyance et la préparation pour anticiper et atténuer les impacts des crises et des situations d’urgence.

En tant que pays hôte, la Finlande – reconnue internationalement comme un chef de file mondial en matière de préparation aux crises et de prospective stratégique à long terme – a apporté des contributions précieuses. Les participants ont examiné comment les institutions démocratiques, à tous les niveaux, doivent évoluer pour gouverner efficacement dans une ère marquée par l’incertitude et les bouleversements.

Katri Kulmuni, ancienne vice-Première ministre de Finlande et députée européenne la plus septentrionale, a déclaré : « La préparation est un mode de vie plus global. Il ne s’agit pas d’une dépense, mais d’un investissement, et cela ne fonctionnera que si les communautés locales y participent. »

Le débat politique a rassemblé des voix venues de tout le continent, du nord au sud.

Le directeur des services techniques de la ville de Rovaniemi, Pertti Onkalo, a déclaré : « Partout en Europe, les villes et les régions sont confrontées à des défis similaires, même si chacune présente des caractéristiques propres. En partageant les enseignements tirés de l’expérience, nous pouvons éviter de réinventer la roue.» Il a également ajouté : « Aujourd’hui, l’importance de la préparation est de plus en plus reconnue ; mais cette préparation doit être mise en place avant une crise, et non pendant. »

Voici ce qu’a déclaré Elisabeth Unell, maire de Västerås en Suède : « Se préparer signifie s’exercer à différents scénarios et se préparer ensemble. Nous avons besoin d’une coordination et d’un partage d’expériences plus étroits entre les collectivités locales à travers l’Europe. »

« La préparation et la prévoyance font de plus en plus partie de notre ADN, surtout en Europe occidentale. En cas de crise, l’élément essentiel, c’est la structure. Mais ce n’est pas toujours l’État qui peut intervenir immédiatement. Il est également important d’investir dans les collectivités locales.» Ap Reinders, maire de Stichtse Vecht.

La maire d’Estarreja (Portugal), Isabel Simoes Pinto, a soutenu que « pour les citoyens, la préparation ne peut pas être un concept abstrait. Elle doit provenir de la confiance des dirigeants locaux. Nous devons transformer la préparation en une dimension normale de la gouvernance, un aspect quotidien de la vie. » – Maire d’Estarreja (Portugal), Isabel Simoes Pinto

Christoph Schnaudigel nommé président du CCRE

Lors du Sommet, le Comité des politiques du CCRE a nommé Christoph Schaudigel nouveau président de l’organisation, suite à la démission de Gunn Marit Helgesen après son élection à la présidence du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux (CLRAE).

Les dirigeants locaux du CCRE ont également décidé que Gunn Marit Helgesen continuerait à exercer les fonctions de coprésidente du CCRE aux côtés de Philippe Laurent et Vince Maple.

Dans son discours d’investiture, Christoph Schnaudigel a déclaré : « C’est un honneur pour moi d’assumer la présidence du CCRE à un moment aussi crucial pour les villes et les régions d’Europe. Alors que les négociations sur le prochain budget de l’UE se poursuivent et que nos valeurs et notre démocratie locale sont de plus en plus mises à l’épreuve dans un contexte géopolitique turbulent, notre unité est plus importante que jamais. Je me réjouis de travailler encore plus étroitement avec tous nos membres afin de garantir que les voix locales soient entendues et impliquées dans le processus décisionnel européen. Cela implique également de renforcer l’engagement du CCRE en faveur des partenariats internationaux pour défendre la paix, la démocratie, la durabilité et la solidarité. »

Christoph Schnaudigel est le président de la section allemande du CCRE (RGRE) et le président du comté de Karlsruhe (Allemagne). Il est membre actif de la direction du CEMR depuis 2017, date à laquelle il est devenu porte-parole pour les services publics.

À l’occasion du 75e anniversaire du CCRE

Le Sommet de Rovaniemi s’appuie sur les 75 ans d’expérience du CCRE dans le soutien aux villes et aux régions confrontées à des transformations majeures, de la reconstruction d’après-guerre aux transitions climatiques et sociales actuelles.

Les dirigeants locaux ont célébré cet événement marquant par le lancement d’une nouvelle présentation vidéo du CCRE, ainsi que par une série d’entretiens intitulée « Les voix de nos 75 ans d’histoire ». Un photomaton présentant un journal « Local Time », mettant en vedette « Nos dirigeants locaux », faisait également partie des célébrations.

Le Sommet des dirigeants du CCRE à Rovaniemi était organisé par la ville de Rovaniemi et l’Association des villes et municipalités finlandaises (Kuntaliitto).

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Solutions énergétiques municipales

Les municipalités démontrent la valeur de l’énergie produite localement


En cette période d’incertitude géopolitique, les municipalités jouent un rôle essentiel dans l’indépendance énergétique de l’Europe en promouvant les énergies renouvelables locales avec les communautés. La Convention des maires de l’UE mobilise les élus locaux pour développer l’énergie communautaire et garantir que les bénéfices restent au niveau local.

Ces cinq dernières années, les conflits géopolitiques ont fait grimper à deux reprises les prix de l’énergie en Europe, révélant la dépendance et la vulnérabilité du continent aux énergies fossiles. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a averti que la récente guerre en Iran coûte à l’UE 500 millions d’euros par jour. Face à la flambée des prix du pétrole et du gaz, les ménages et les entreprises de toute l’Europe en subissent les conséquences.

La réponse apparaît de plus en plus clairement en Europe : produire davantage d’énergie renouvelable sur son territoire.

Cette vision est clairement exposée dans la communication AccelerateEU ​​récemment publiée par la Commission européenne, qui répond à la hausse des coûts énergétiques de l’UE sur des marchés volatils des combustibles fossiles et vise à accélérer la transition vers une énergie propre et à renforcer notre résilience énergétique, l’un de ses piliers étant « plus d’énergie produite localement ».

Mais cette transformation ne se fera pas uniquement au niveau national. Elle se construira aussi localement – dans les villes, les villages et les bourgs de toute l’Europe – où les autorités locales pourront collaborer avec les communautés locales pour bâtir, à partir de la base, l’avenir énergétique européen.

La dimension locale de l’énergie produite localement

Les collectivités locales sont idéalement placées pour transformer les ressources locales comme le soleil, le vent et l’eau en énergie abordable et fiable pour leurs communautés.

L’énergie produite localement protège les résidents des fluctuations mondiales des prix en réduisant leur dépendance aux énergies fossiles importées. Elle renforce la sécurité énergétique et donne aux collectivités un meilleur contrôle sur leur approvisionnement. Elle aide également les municipalités à atteindre plus rapidement leurs objectifs climatiques, en mobilisant tous les acteurs de la transition, tout en préservant les retombées économiques de cette transition énergétique au sein de l’économie locale.

Cela signifie des factures moins élevées et plus stables, de nouveaux emplois et une confiance accrue du public dans la transition.

Partout en Europe, les municipalités s’engagent à promouvoir l’énergie produite localement, en utilisant un large éventail d’outils, comme le démontrent les signataires de la Convention des maires de l’UE.

Énergie communautaire : produite localement et alimentée par nous

L’un des outils les plus efficaces dont disposent les collectivités locales est l’énergie communautaire, où citoyens, municipalités et entreprises locales produisent, possèdent et gèrent ensemble des énergies renouvelables. L’énergie communautaire est une énergie locale à l’état pur. Elle permet aux citoyens de maîtriser leur avenir énergétique, de bénéficier de prix stables et de profiter directement des avantages qui en découlent.

Reconnues dans le cadre du paquet énergie citoyenne de la Commission européenne, plus de 8 000 communautés énergétiques existent déjà en Europe. Leur potentiel est immense : d’ici 2030, leur nombre pourrait être multiplié par dix et elles pourraient alimenter entre 25 et 30 millions de foyers.

Les projets énergétiques communautaires sont souvent portés par les citoyens, mais les municipalités peuvent aussi s’impliquer, contribuer à leur pilotage et parfois même les diriger. Dans ce cas, les retombées sont généralement plus importantes et plus durables, permettant à ces communautés d’atteindre leur plein potentiel.

Partout en Europe, les collectivités locales de toutes tailles et de tous types – des villes et agglomérations urbaines aux villages ruraux – démontrent comment le leadership municipal renforce l’énergie communautaire.

Comment les municipalités peuvent diriger

La première et la plus simple façon pour une municipalité de montrer l’exemple est de faciliter la tâche des porteurs de projet. La mise en place d’une communauté énergétique soulève de nombreux défis juridiques et techniques.

Les municipalités peuvent apporter leur aide en simplifiant les procédures, en mettant en relation les parties prenantes, en sensibilisant le public et en fournissant des conseils techniques.

À Valence, en Espagne, un réseau de bureaux locaux de l’énergie a contribué à la création de dix communautés énergétiques gérées par les citoyens depuis 2020 grâce à un travail de sensibilisation soutenu, des conseils d’experts et un soutien direct aux résidents.

À Sienne, en Italie, les autorités locales ont soutenu le développement d’une communauté énergétique locale en recensant les espaces publics appropriés et en contribuant à simplifier les procédures administratives. Elles ont également mis en place un groupe de travail technique avec des partenaires universitaires et institutionnels afin d’établir une structure de gouvernance stable et à but non lucratif, jouant ainsi un rôle clé dans la création de cette initiative et l’orientation de son développement initial.

Deuxièmement, et de manière un peu plus poussée, les municipalités peuvent apporter directement leur aide et soutenir ceux qui créent la communauté.

Ils peuvent débloquer des ressources publiques, fournir un soutien financier et offrir des ressources pratiques dont les collectivités peuvent manquer.

À Heilbronn, en Allemagne, la municipalité a loué des toits publics à la coopérative EnerGeno en échange d’une électricité moins chère. Ce qui n’était au départ qu’un simple arrangement s’est transformé en un partenariat durable pour le climat et l’énergie.

Dans le village rural catalan de Bellpuig, en Espagne, la municipalité a mis à disposition les toits et l’espace public pour des installations solaires et des bornes de recharge pour véhicules électriques, tout en soutenant la coopérative qui produit désormais plus de 490 MWh d’électricité renouvelable chaque année.

Pour aller encore plus loin, les municipalités peuvent s’impliquer directement et piloter directement des projets énergétiques communautaires.

Ceux qui souhaitent s’impliquer davantage peuvent rejoindre directement des communautés énergétiques et co-investir. Face au manque de sensibilisation et de proactivité en matière d’énergie communautaire, les municipalités peuvent également prendre l’initiative et piloter le projet, en montrant l’exemple.

Dans la petite ville rurale basque d’Ispaster, en Espagne, la municipalité est devenue membre de sa communauté énergétique locale, renforçant ainsi la confiance et l’engagement à long terme.

À Križevci, en Croatie, la municipalité s’est associée à une coopérative énergétique locale pour lancer une campagne de financement participatif en vue de l’installation de panneaux solaires dans le centre-ville et la bibliothèque. Ces campagnes, destinées à financer un projet de toitures solaires, ont permis de récolter les fonds nécessaires en quelques jours et ont démontré un fort intérêt des citoyens pour les énergies renouvelables.

Lorsque les autorités locales participent directement, elles envoient un signal fort indiquant que l’énergie communautaire est une priorité partagée.

Au-delà de l’énergie communautaire

L’énergie communautaire est l’un des outils les plus efficaces à disposition, mais ce n’est pas le seul. Les municipalités peuvent également promouvoir la production locale d’énergie grâce à des achats stratégiques, des partenariats public-privé, des programmes de flexibilité avec les gestionnaires de réseau, la gestion numérique de l’énergie, la rénovation des bâtiments, la réduction de la demande et les micro-réseaux de quartier.

Valence, par exemple, intègre des critères sociaux et environnementaux dans ses achats d’énergie, tandis qu’Ispaster exploite un micro-réseau hybride fournissant aux bâtiments et aux ménages de la chaleur et de l’électricité renouvelables, avec un système de stockage.

Un leadership significatif n’a pas besoin d’être à grande échelle. Il peut commencer par le toit d’une école, un pâté de maisons ou une rue.

Libérez votre potentiel grâce à l’énergie locale

L’avenir énergétique de l’Europe ne dépend pas des importations. Il peut être produit localement, géré collectivement et conçu pour servir en priorité les communautés – une énergie produite et produite chez nous.

Les municipalités sont idéalement placées pour mener cette transition. La Convention des maires de l’UE met en lumière toutes les manières dont le leadership local contribue à bâtir un avenir énergétique propre, abordable et indépendant pour l’Europe. Suivez-nous pour en savoir plus.

Votre municipalité fait-elle quelque chose pour promouvoir l’énergie locale ?

Rejoignez le mouvement – ​​partagez votre histoire.

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Rencontrez Fabien Pérez (Marseille)

Marseille city image

Rencontrez le héros local : Fabien Pérez, qui fait de Marseille une ville climatiquement neutre


La voie de Marseille vers la neutralité climatique

Marseille est en pleine mutation écologique, amorcée en 2020 avec l’entrée de la lutte contre le changement climatique au cœur du débat politique local. Ce nouvel élan est apparu au moment même où l’Europe renforçait son soutien aux villes pionnières en matière de neutralité climatique, offrant ainsi à Marseille l’opportunité d’accélérer sa transition.

La ville a reconnu que ses défis étaient multidimensionnels. Réduire les émissions de gaz à effet de serre, s’adapter au changement climatique et lutter contre la précarité énergétique figuraient parmi les priorités urgentes. Les responsables locaux ont compris que l’action climatique était indissociable des réalités sociales.

En février 2026, avant les élections locales françaises, nous avons interviewé Fabien Pérez, alors conseiller municipal de Marseille chargé des Fonds européens, afin d’en savoir plus sur cette expérience.

Relier la vision locale à l’ambition européenne

En 2022, Marseille a été sélectionnée parmi 377 candidates pour rejoindre les 100 villes participant à la « Mission de l’UE : Villes neutres en carbone et intelligentes », un moment que Fabien Pérez décrit comme « le début d’un nouveau chapitre dans la transition écologique de Marseille ».

Deux ans plus tard, en 2024, la ville a officiellement reçu le label « 100 villes neutres en carbone » suite à une évaluation de la Commission européenne. Cette distinction renforce non seulement sa visibilité au niveau européen, mais lui donne également accès à une expertise technique et à des financements dédiés pour accélérer sa décarbonation — étapes cruciales vers l’objectif de neutralité climatique de l’Europe d’ici 2050.

Un processus collectif : élaborer un contrat partagé pour une ville climatique

L’un des piliers de cette transformation est le Contrat Ville Climat de Marseille, élaboré en collaboration avec la Métropole Aix-Marseille-Provence, la Région Sud et plus de 250 acteurs privés. Comme l’explique Pérez, « le Contrat Ville Climat a été préparé avec les citoyens, les entreprises, les associations… une feuille de route collective pour décarboner le territoire d’ici 2030 ».

Derrière cette feuille de route se cache un choix politique : abandonner une vision verticale et construire une stratégie partagée qui aborde divers sujets tels que la mobilité, le bâtiment, les énergies renouvelables, l’économie circulaire et les déchets, la nature en ville, l’agriculture urbaine, la mer et le littoral ou l’éducation.

L’élaboration du contrat a également créé un nouvel élan sur l’ensemble du territoire — une volonté de transformer la ville et d’accélérer la transition, conjuguée à la nécessité de sécuriser et de coordonner les ressources financières nécessaires.

Action climatique ancrée dans les réalités marseillaises

La transition écologique de Marseille est façonnée par les défis spécifiques à son territoire. Comme dans de nombreuses villes européennes, le transport routier est une source importante d’émissions. Mais Marseille subit également la pression des activités industrielles qui l’entourent, les émissions liées au transport aérien ou aux chaînes d’approvisionnement alimentaire, et les contraintes géographiques liées à son statut de grand port.

Son appartenance à la région méditerranéenne rend également cette ville extrêmement vulnérable aux effets du changement climatique. Comme l’explique Pérez, Marseille est régulièrement confrontée à des phénomènes météorologiques extrêmes, à la fragilité de ses sols et à un littoral déjà en pleine mutation – et qui continuera d’évoluer dans les années à venir. Ces vulnérabilités ont contraint les autorités locales à adopter une vision à long terme et à se préparer aux défis de demain.

L’urgence sociale est un autre facteur déterminant. Lutter contre la précarité énergétique est devenu non seulement une priorité environnementale, mais aussi un moyen de renforcer la cohésion sociale et d’apporter un soutien concret et significatif aux habitants. « La transition écologique doit aller de pair avec la justice sociale », affirme Pérez.

De la planification à l’action : des projets pertinents sur le terrain

Le label européen a déjà permis de débloquer de nouveaux financements pour la transition de Marseille. Près de 6 millions d’euros sont investis dans des initiatives concrètes et ancrées dans la communauté, notamment :

  • Un programme de sensibilisation de proximité (600 000 €), envoyant des ambassadeurs dans les quartiers clés pour travailler directement avec les résidents et les entreprises sur des initiatives écologiques.
  • Projet Jet Cities, soutenant les changements dans l’emploi et les compétences induits par la transition écologique (1,5 million d’euros).
  • Le projet « Poséidon » (400 000 €) promeut les énergies renouvelables, les systèmes de récupération de chaleur et la rénovation écoénergétique.
  • Le projet PeriAsty (1,2 million d’euros) soutient la transition des zones périurbaines d’Europe vers des environnements neutres en carbone, durables et résilients dans des domaines tels que la mobilité.
  • Un soutien supplémentaire via le mécanisme ELENA, contribuant au financement de rénovations à grande échelle des bâtiments publics et au développement des solutions d’énergies renouvelables.

Ces premiers projets illustrent comment Marseille passe de la planification à la réalisation, et comment le soutien européen peut aider les collectivités locales à transformer les stratégies à long terme en actions concrètes.

Marseille est également devenue signataire de la Convention des maires de l’UE en 2021, une initiative à laquelle participe également le CEMR. Dans le cadre de cette initiative, la ville a partagé plusieurs études de cas, notamment son plan pour des factures d’électricité à zéro euro, sa stratégie de rénovation des espaces publics, sa stratégie de chauffage urbain et sa stratégie de transformation énergétique communautaire.

Sous l’égide de la Métropole Aix-Marseille-Provence, la ville a participé aux missions de l’UE « Adaptation au changement climatique », une autre initiative à laquelle participe le CEMR, avec un budget de 999 000 € pour un projet combinant partenariats public-privé visant à réduire les émissions de CO₂.

Une ville méditerranéenne capable d’inspirer l’Europe

L’initiative de Marseille dans ce domaine, conjuguée à sa situation géographique et à son identité, en fait un exemple inspirant pour les autres villes européennes. Carrefour méditerranéen majeur, riche de communautés diverses et d’un paysage socio-climatique complexe, elle est confrontée à nombre de défis communs à toutes les villes d’Europe.

Fabien Perez - Local Hero Marseille

C’est pourquoi Pérez souligne l’importance plus large de la ville :

« Mettre en avant des villes représentatives comme Marseille, avec son port méditerranéen, peut inspirer d’autres villes européennes à s’orienter vers la neutralité carbone. »

Marseille démontre que la neutralité climatique n’est pas seulement un impératif environnemental, mais aussi une opportunité de repenser la gouvernance, de renforcer la cohésion sociale et de construire une vision partagée de l’avenir. Son initiative montre comment les villes obtiennent déjà des résultats conformes aux objectifs mondiaux de neutralité climatique d’ici 2050.

Marseille est membre de l’AFCCRE, l’association française du CEMR.

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Académie du climat pour les dirigeants locaux 

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Académie du climat des dirigeants locaux : co-créer une action climatique axée sur la justice 


Les 25 et 26 mars, le CEMR, en collaboration avec CGLU et PLATFORMA, a organisé l’Académie du climat des dirigeants locaux, un espace de formation et d’échange en ligne destiné aux dirigeants locaux et régionaux engagés à faire progresser une action climatique fondée sur la justice, l’égalité et la participation.

Organisée sous le titre « Co-créer l’action climatique : un leadership axé sur la justice pour les collectivités locales et régionales », l’Académie a réuni des élus, des praticiens, des représentants de la jeunesse et des experts afin d’explorer comment les collectivités locales peuvent traduire leurs engagements climatiques en actions inclusives et ancrées localement.

Placer la justice au cœur du leadership climatique

Lors de l’ouverture de l’Académie, Fabrizio Rossi, secrétaire général du CEMR, a souligné la nécessité pour les dirigeants locaux d’aller au-delà des réponses climatiques fragmentées et de co-créer à la place des solutions qui s’attaquent au changement climatique tout en tenant compte des inégalités sociales et de genre.

Le deuxième jour, Pablo Fernández, secrétaire général adjoint chargé des partenariats à CGLU, a présenté la stratégie d’apprentissage mondiale de CGLU, mettant l’accent sur la diplomatie des villes et la co-création comme outils clés de mise en œuvre. Il a souligné que le renforcement des capacités inclusif — impliquant en particulier les jeunes et les femmes — est essentiel pour accélérer les progrès vers les Objectifs de développement durable, y compris la révision en cours de l’ODD 11.

Tirer les leçons des pratiques locales

Tout au long de ces deux jours, l’Académie a présenté des exemples concrets d’actions climatiques centrées sur la justice menées par des villes et des territoires :

  • En Catalogne, les municipalités collaborent à l’achat collectif d’énergie renouvelable afin de réduire les émissions et les coûts.
  • Dublin a partagé son travail sur les approches systémiques du financement climatique visant à surmonter les obstacles organisationnels à l’investissement.
  • Athènes a présenté la co-création de son Contrat climatique, comprenant une Assemblée des jeunes pour le climat et le soutien à 30 projets menés par des jeunes.
  • Des partenariats internationaux ont été mis en avant, tels que la coopération de longue date entre Cologne (Allemagne) et les communautés autochtones de Yarinacocha (Pérou), ainsi que le projet Bio Plateau qui promeut la gestion communautaire de l’eau dans le Bouclier guyanais.

La voix des jeunes et les perspectives mondiales

L’Académie a été marquée par les interventions liminaires de Marcele Oliveira, jeune championne du climat pour la COP30, et de Mark M. Akrofi, chercheur à l’AISESA. Leurs contributions ont souligné l’importance d’impliquer les communautés vulnérables, de lutter contre le racisme environnemental et d’intégrer la justice intergénérationnelle dans la planification climatique locale.

Leurs réflexions font écho à des débats plus larges sur la justice climatique, notamment ceux partagés dans l’interview de PLATFORMA intitulée « La justice climatique commence là où les gens vivent », qui explore pourquoi les approches ancrées localement sont essentielles à une action climatique juste et efficace.

Adaptation au changement climatique et coopération à plusieurs niveaux : la session Climate Chance

Le 26 mars 2026, une session dédiée organisée par Climate Chance a placé l’adaptation au changement climatique au centre des discussions, soulignant l’impact croissant des inondations, des sécheresses, des vagues de chaleur et des incendies de forêt sur les territoires européens, ainsi que la nécessité d’agir dès maintenant.

En ouvrant la session, Ronan Dantec, président de Climate Chance et porte-parole du CCRE sur le climat, a souligné que la lutte contre les risques climatiques exigeait un effort collectif : « Le changement climatique affecte l’Europe à travers des inondations, des sécheresses, des vagues de chaleur et des incendies de forêt qui ont un impact sur les communautés et les économies. Renforcer la résilience nécessite une collaboration entre les gouvernements, les entreprises, les assureurs, les investisseurs et la société civile. »

Les échanges ont porté sur les défis à venir en matière d’adaptation au changement climatique et sur la manière dont la gouvernance à plusieurs niveaux, la coopération intersectorielle et l’amélioration des mécanismes de financement et de partage des risques peuvent renforcer la résilience. La session a également apporté des contributions au futur Cadre intégré de l’UE pour l’adaptation au changement climatique, attendu fin 2026, et a bénéficié de l’expertise de Mme Christiana Photiadou, de l’Agence européenne pour l’environnement.

Vous souhaitez en savoir plus sur notre Académie climatique des dirigeants locaux ?

🎥 Regardez les enregistrements :

Lisez l’entretien croisé entre la responsable climatique Marcele Oliveira et le scientifique spécialisé dans le développement durable Mark M. Akrofi

Pour plus d’information contactez :

Eaux urbaines: il faut agir maintenant

Water Management - Best Practices

Le CCRE appelle à une mise en œuvre rapide de la directive relative au traitement des eaux urbaines résiduaires (UWWTD)


Le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) demande aux députés européens de soutenir la mise en œuvre rapide et efficace de la directive révisée relative au traitement des eaux urbaines résiduaires (UWWTD). La directive introduit une nouvelle étape de traitement visant à éliminer les micropolluants des eaux urbaines résiduaires, une exigence majeure pour la protection de la santé publique et de l’environnement. Son système de responsabilité élargie du producteur (REP) garantit que les responsables de ces polluants couvrent au moins 80 % des coûts de traitement associés.

Pour les collectivités locales et régionales, ce mécanisme est essentiel pour faire respecter le principe du pollueur-payeur et éviter de faire peser la charge financière du traitement quaternaire sur les usagers. La directive comprend déjà des garanties visant à répondre aux préoccupations concernant l’accessibilité financière, l’approvisionnement et la disponibilité des médicaments, ainsi que des mécanismes de suivi et d’ajustement une fois la mise en œuvre engagée.

Le CCRE s’oppose fermement aux propositions visant à suspendre ou à reporter les dispositions relatives à la REP. Une telle suspension compromettrait la planification des investissements à long terme dans les infrastructures de traitement des eaux usées, accroîtrait l’incertitude et mettrait en péril des services publics essentiels.

Les collectivités locales et régionales préparent déjà des investissements pour se conformer aux exigences de la directive. Un environnement réglementaire stable est essentiel pour préserver la santé publique, la protection de l’environnement et la compétitivité à long terme de l’Europe.

Le CCRE appelle les décideurs de l’UE à aller de l’avant avec la mise en œuvre comme convenu et à utiliser les mécanismes de révision existants de la directive pour apporter les ajustements nécessaires sur la base des données recueillies au cours du processus de mise en œuvre.

En savoir plus sur l’action du CCRE en matière de protection de l’eau :

L’appel conjoint du CCRE et de partenaires aux députés européens pour une mise en œuvre rapide de la directive relative au traitement des eaux urbaines résiduaires (UWWTD)

Protéger l’eau propre

Document d’orientation du CCRE sur la directive relative au traitement des eaux urbaines résiduaires

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