Le plan d’électrification de l’Europe ne peut réussir qu’avec la participation des gouvernements locaux.
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La Commission européenne a présenté son plan d’action pour l’électrification, qui détaille comment l’Europe peut accélérer la transition vers une électricité propre dans les bâtiments, l’industrie et les transports, et réduire le coût des solutions durables. Pour le CCRE, il s’agit d’une étape importante vers une Europe plus compétitive, plus sûre et décarbonée.
L’électrification efficace n’est plus une simple politique énergétique sectorielle ; elle devient un élément déterminant de la transformation économique et territoriale de l’Europe. C’est pourquoi les collectivités locales et régionales doivent être pleinement impliquées pour que ce plan soit couronné de succès.
Le plan d’action reconnaît à juste titre la nécessité d’investissements majeurs dans les réseaux électriques, le stockage de l’énergie, les énergies renouvelables, la mobilité électrique et les systèmes de chauffage plus propres.
Le CCRE salue la proposition de la Commission de soutenir la planification locale du chauffage et du refroidissement par le biais du mécanisme européen pour les villes. Le programme débutera avec un budget de 15 millions d’euros pour aider 180 collectivités locales et régionales à élaborer des plans locaux, avant d’être étendu à près de 1 000 plans locaux prêts à recevoir des investissements.
Le CCRE salue également l’accent mis sur les solutions de chauffage propres, notamment les pompes à chaleur et les réseaux de chaleur et de froid urbains, qui jouent déjà un rôle important dans la transition énergétique de nombreuses villes et régions. Les collectivités locales pilotent des projets et des investissements dans ces solutions et contribuent à rendre les bâtiments et les quartiers plus durables. Parallèlement, le CCRE souligne que les mesures de soutien et les nouvelles exigences doivent être mises en œuvre de manière coordonnée.
Le CCRE souligne également l’importance d’une valorisation énergétique efficace des déchets non recyclables. La législation européenne devrait clairement reconnaître l’énergie récupérée à partir de ces déchets et garantir que les émissions liées à la composante fossile de ces déchets soient équitablement imputées aux producteurs et aux générateurs de déchets, plutôt qu’aux exploitants de réseaux de chaleur urbains ou aux consommateurs d’énergie.
Si la Commission appelle à une simplification des procédures d’autorisation pour les projets d’énergie propre, la mise en œuvre se fera au niveau local. Chaque nouvelle borne de recharge, pompe à chaleur, réseau de chauffage urbain, installation de stockage d’énergie ou raccordement au réseau dépend de la planification locale, des autorisations et de la coopération avec les citoyens et les parties prenantes. Les collectivités locales et régionales ne se contentent donc pas de mettre en œuvre la transition ; elles sont des partenaires stratégiques qui contribuent à la façonner. Des autorisations efficaces requièrent des solutions et des processus adaptés aux réalités locales et régionales, ainsi qu’une coordination précoce entre les parties prenantes, plutôt que des échéances uniformes à l’échelle de l’UE.
Les régions européennes sont également confrontées à des défis différents. Les solutions qui fonctionnent dans les grandes villes peuvent ne pas convenir aux zones rurales, aux îles ou aux régions industrielles. Il est essentiel de prendre en compte les lacunes en matière de compétences et de capacités aux niveaux techniques et administratifs. Une approche flexible et adaptée aux réalités locales est indispensable pour garantir que chaque communauté puisse bénéficier de l’électrification.
Étant donné que les objectifs d’électrification de l’Europe seront finalement atteints dans ses villes, ses agglomérations et ses régions, les gouvernements locaux et régionaux investissent déjà dans les infrastructures nécessaires à la transition, des réseaux électriques et de chauffage aux bornes de recharge pour véhicules électriques.
Le CCRE salue donc l’ambition du Plan d’action pour l’électrification et la reconnaissance des opportunités offertes par l’électricité propre et les solutions modernes de chauffage et de refroidissement. Pour que ce Plan soit une réussite, les collectivités locales et régionales doivent disposer des ressources, de la flexibilité et du rôle nécessaires pour être des partenaires à part entière de la transition énergétique européenne.
Le CCRE continuera de contribuer à ces travaux dans les mois à venir et attend le plan d’action européen pour le refroidissement et le chauffage qui aura été annoncé.
L’avenir de l’Agenda 2030 doit être local, sinon il ne le sera pas
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Plus de quinze maires et élus locaux européens ont pris la parole cette semaine à New York. Ils ont enchaîné les sessions du Forum politique de haut niveau des Nations Unies sur le développement durable (HLPF) afin de défendre le rôle des villes, des agglomérations et des régions dans la mise en œuvre de l’Agenda 2030 et de contribuer à définir l’avenir. À travers divers événements, pour la plupart co-organisés par le Groupe de travail mondial des gouvernements locaux et régionaux, piloté par CGLU, ces élus ont pris la parole plus de cinquante fois.
À quatre ans de 2030, le temps presse pour mettre en œuvre autant que possible les Objectifs de développement durable (ODD), mais aussi pour façonner leur avenir. Lors du Forum des gouvernements locaux et régionaux, organisé sous l’égide des Nations Unies, de la Journée mondiale des gouvernements locaux et régionaux du Groupe de travail sur le développement durable et de la réunion CCRE-PLATFORMA avec la délégation de l’UE à New York, des maires et des élus locaux ont présenté des exemples et des idées pour une mise en œuvre concrète de l’Agenda 2030. Ils ont tous exhorté les Nations Unies à renforcer l’engagement des gouvernements locaux et régionaux, soulignant que l’ODD 11 (Villes et communautés durables), parmi tant d’autres, ne pourra être atteint sans un renforcement des capacités des villes, des agglomérations et des régions.
Bien que le Forum des gouvernements locaux et régionaux soit officiellement reconnu comme faisant partie du Forum politique de haut niveau (FPHN), les villes et les régions sont absentes des conclusions finales de l’ECOSOC (Conseil économique et social des Nations Unies, plateforme visant à promouvoir la dimension économique, sociale et environnementale du développement durable), chargé de l’organisation du FPHN. Cependant, les nombreux représentants des Nations Unies ayant participé aux différentes sessions ont tous reconnu le rôle essentiel des gouvernements locaux et régionaux dans la réalisation des ODD et la définition de leur avenir.
Forum de haut niveau sur les politiques publiques – CCRE et PLATFORMA 2026
La voix des dirigeants locaux européens aux Nations Unies
L’avenir est local
Wim Dries, maire de Genk (Belgique), Association des villes et communes flamandes (VVSG) : « Les collectivités locales et régionales sont souvent consultées seulement après que les décisions ont déjà été prises. Nous avons besoin d’un rôle plus important dans la prise de décision, d’un financement adéquat et d’une meilleure coordination. Nous lions les ODD aux budgets. Les ODD seront mis en œuvre localement ou ils ne le seront pas.»
Antoine Le Solleuz, adjoint au maire de Nancy (France), AFCCRE et Cités Unies France : « Pour moi, l’ODD 17 (Partenariats pour la réalisation des objectifs) n’est pas le dernier ODD, c’est en réalité le premier. Nous avons besoin d’engagements concrets pour atteindre les ODD d’ici à 2030. Nous appelons l’ONU à reconnaître les réseaux de villes et de régions comme partenaires, notamment dans des domaines tels que la crise climatique, afin de renforcer le multilatéralisme. »
Xavier García Albiol, maire de Badalona (Espagne), Fédération espagnole des communes et des provinces (FEMP) : « Au-delà de l’Agenda 2030, nous devons capitaliser sur les réussites. La mise en œuvre locale des ODD porte ses fruits, mais nous avons besoin de financements plus importants, de partenariats renforcés et de pouvoirs publics renforcés au cœur de la mise en œuvre.»
« Le logement doit être au centre de l’Agenda 2030. Le défi à relever après 2030 dépendra de notre capacité à tenir nos engagements. Plutôt que de fixer de nouveaux objectifs, nous devons nous concentrer sur les domaines où la mise en œuvre est encore insuffisante et où la réponse n’a pas été à la hauteur. Les années qui suivront 2030 seront déterminantes pour transformer ces engagements en avantages concrets que les citoyens pourront constater et ressentir. »
Les dirigeants locaux à New York en 2026
María del Mar Vázquez, maire d’Almería (Espagne), Fonds andalou des municipalités pour la solidarité internationale (FAMSI) : « Nous avons élaboré un plan local pour adapter l’Agenda 2030 au contexte local, dont plus de 70 % sont déjà réalisés. Pour relever nos défis, nous avons besoin d’une véritable gouvernance à plusieurs niveaux, de financements et d’une coopération renforcée entre les différents pouvoirs publics.»
Barbara Meyer, maire de Sarrebruck, Association allemande des villes (DST) : « Les villes sont responsables de plus d’un tiers des Objectifs de développement durable (ODD). C’est pourquoi elles doivent être au cœur des enjeux de l’après-2030. »
Eckart Würzner, maire de Heidelberg (Allemagne), Association des villes allemandes (DST) : « Il nous faut franchir une nouvelle étape : renforcer les pouvoirs des collectivités locales grâce à des banques de développement locales et des mécanismes de financement plus solides. Nous constatons un intérêt et un soutien croissants de la part des ministres des Finances et des banques de développement à l’égard des collectivités locales et régionales. Il est temps de concrétiser ce projet. L’ODD 11 doit être au cœur des futurs ODD. En misant sur la diplomatie des villes, nous pouvons faire toute la différence.»
Gunn Marit Helgesen, présidente du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux et présidente de l’Association norvégienne des pouvoirs locaux et régionaux (KS) : « Les ODD ne se réaliseront pas dans les salles de conférence. Ils se concrétiseront au sein des communautés locales. »
Des services publics de qualité et un financement adéquat
Localiser les ODD – New York 2026
Jordi Castellana, vice-président de la Métropole de Barcelone (Espagne) : « Des services publics de qualité permettent aux citoyens de vivre concrètement les ODD. Les collectivités territoriales ont besoin d’une coopération multiniveaux renforcée et d’un accès direct aux financements pour impulser le changement au niveau local.»
Clare Hart, vice-présidente de la Métropole de Montpellier (France), Cités Unies France : « Les infrastructures seules ne suffisent jamais. Des services publics durables requièrent une gouvernance locale forte, des institutions publiques compétentes et la confiance – voire la bienveillance – entre nos partenaires. C’est pourquoi investir dans la coopération territoriale, c’est aussi investir dans la réalisation des Objectifs de développement durable. »
Marek Hudak, conseiller municipal de Bardejov et membre du Conseil régional de Prešov (Slovaquie), membre du Comité des jeunes élus du CEMR (YEOC) et de l’Association des villes et communautés de Slovaquie (ZMOS) : « À l’horizon 2030, nos villes et régions sont confrontées à des défis majeurs. Du point de vue slovaque, il est essentiel de renforcer la décentralisation – en lui attribuant les financements, les compétences et les responsabilités adéquats –, notamment dans le contexte de la future politique de cohésion et du prochain budget de l’UE. Parallèlement, l’innovation sera la clé pour maintenir la compétitivité de nos régions et permettre aux jeunes de construire leur avenir là où ils vivent. »
Des partenariats plus solides
Débat du Forum politique de haut niveau à New York en 2026
Ander Caballero, secrétaire général à l’action extérieure du gouvernement basque espagnol : « Les grands défis mondiaux exigent également des réponses aux niveaux régionaux et locaux. Les problèmes systémiques ne peuvent être résolus de manière isolée. Des partenariats solides à tous les niveaux de gouvernement, dans le monde universitaire et au sein des communautés sont essentiels, car la manière dont nous collaborons est tout aussi importante que le résultat obtenu. »
Rosanna Laconi, ministre régionale de la Région autonome de Sardaigne (Italie) : « Des partenariats solides, une évaluation rigoureuse et une gouvernance inclusive sont essentiels pour amplifier l’action locale et obtenir un impact durable. »
Clare Hart, vice-présidente de Montpellier Métropole (France) et de Cités Unies France : « Il est tout aussi important que les collectivités territoriales aient voix au chapitre et siège à la table des négociations aux Nations Unies, lieu hautement symbolique où les voix locales sont enfin entendues et où nous pouvons contribuer directement à façonner notre avenir. Soyons optimistes pour l’avenir, avec des villes pleinement engagées comme partenaires dans la réalisation d’un développement durable pour tous. »
« L’échéance de l’Agenda 2030 pour les Objectifs de développement durable (ODD) approche à grands pas, et nous ne sommes pas tout à fait sur la bonne voie. Les collectivités locales de réalisation sont responsables de la de 70 à 80 % des ODD ; il est donc essentiel de les soutenir pour faire avancer cet agenda. Le partage d’idées est la clé pour accélérer les progrès et renforcer la collaboration. »
Eider Inuntziaga, conseillère municipale chargée de la participation citoyenne, de l’Agenda 2030, des relations internationales et du Pays basque à la mairie de Bilbao (Espagne) : « La localisation est une méthode. Notre stratégie intègre les ODD dans notre travail quotidien, grâce à une méthodologie axée sur un programme transformateur, des plans d’action pour impliquer les communautés et développer leurs capacités. L’Agenda post-2030 doit aller plus loin. »
Bärbel Kofler, secrétaire d’État parlementaire auprès du ministre fédéral de la Coopération économique et du Développement (Allemagne) : « Localiser les ODD signifie doter les municipalités des ressources nécessaires à leur mise en œuvre. Grâce à l’apprentissage entre pairs et à des partenariats comme la coalition Local 2030, les villes stimulent l’innovation. »
L’ONU doit encore joindre le geste à la parole
CCRE et PLATFORMA à New York pour le Forum politique de haut niveau 2026
Anacláudia Rossbach, Secrétaire générale adjointe et Directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat) : « La mise en œuvre locale des ODD est le seul moyen de combler le déficit de mise en œuvre. Par le biais de la Coalition Local2030, nous travaillons ensemble pour fournir aux villes et aux collectivités locales les outils, les partenariats et les plateformes dont elles ont besoin.»
Koldo Casla, Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à un logement convenable : « Le droit au logement se réalise au niveau local. Du logement social et public au contrôle des loyers et aux politiques foncières, les collectivités locales et régionales jouent un rôle central dans la protection des droits humains et veillent à ce que personne ne soit laissée pour compte.»
Sarah Lister, Directrice mondiale de la gouvernance, de l’état de droit et de la consolidation de la paix au PNUD : « Les cinq dernières années du Programme 2030 exigent une collaboration renforcée à tous les niveaux de gouvernement. Le renforcement des pouvoirs des collectivités locales et des partenariats nationaux-locaux sera essentiel pour accélérer les progrès vers la réalisation des ODD. »
Dario Liguti, Directeur de la Division Énergie, Logement et Aménagement du territoire de la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (CEE-ONU) : « Les collectivités locales et régionales doivent être impliquées dès le départ dans la mise en œuvre des solutions. Le Groupe de travail mondial des collectivités locales et régionales y contribue en portant la voix organisée de ces collectivités au sein du comité de pilotage de Local 2030. »
Amina Mohammed, Secrétaire générale adjointe de l’ONU : « Les ODD doivent être élaborés avec les acteurs locaux. Le rapport du Secrétaire général de l’ONU expose la manière dont l’ONU doit agir. Le rôle des collectivités locales et régionales doit être intégré à notre planification, à notre financement et à notre mise en œuvre. Que ce Forum soit un catalyseur de solutions partagées.»
Lok Bahadur Thapa, Président du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) : « Nous devons renforcer l’action locale par le biais d’examens locaux volontaires, afin de réaffirmer l’importance de l’accélération locale de l’Agenda 2030. La prochaine étape doit être définie par des résultats concrets, des actions mesurables, des partenariats solides et une action locale.»
La prochaine étape de la mise en œuvre des ODD doit être définie par des résultats concrets : passer des engagements à des actions mesurables, renforcer les partenariats à tous les niveaux de gouvernement et veiller à ce que les solutions parviennent aux communautés qui en ont le plus besoin. Le succès de l’Agenda 2030 se mesurera en définitive non pas aux ambitions que nous exprimons, mais aux réalités vécues au quotidien par les citoyens. C’est pourquoi le leadership local est indispensable.
Afin de renforcer le rôle des collectivités locales et régionales dans l’Agenda 2030 et le cadre post-2030, le CCRE et PLATFORMA, en collaboration avec CGLU, continueront de travailler en étroite collaboration avec les responsables locaux et les acteurs du système multilatéral. Ils poursuivront également la production de connaissances, notamment par la publication de rapports tels que celui présenté cette année au Forum politique de haut niveau (Les territoires européens localisent les ODD), qui démontre le rôle essentiel des villes, des agglomérations et des régions dans la réalisation des ODD.
Alors qu’il reste moins de quatre ans pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2030, un nouveau rapport CCRE–PLATFORMA met en lumière un message clair des gouvernements locaux et régionaux à travers l’Europe : le développement durable ne réussira que si les villes, les communes et les régions sont placées au centre de la prise de décision, du financement et de la mise en œuvre.
Publié par le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) et PLATFORMA à l’occasion du Forum politique de haut niveau sur le développement durable (HLPF), l’édition 2026 du rapport « Les territoires européens localisent les ODD : les villes au cœur de la mise en œuvre » examine comment les gouvernements locaux et régionaux contribuent aux objectifs de développement durable (ODD) et ce qui est nécessaire pour accélérer les progrès dans la dernière ligne droite jusqu’en 2030.
L’étude repose sur un sondage mené auprès de 23 répondants issus de 17 pays, dont des associations de gouvernements locaux et régionaux de 15 États membres de l’UE et de deux pays non membres de l’UE.
L’action locale est essentielle à la réalisation des objectifs mondiaux
Ce rapport paraît à un moment charnière. Alors que le Nouvel Agenda urbain des Nations Unies et l’Agenda urbain de l’UE célèbrent leur dixième anniversaire, les collectivités locales et régionales réaffirment leur rôle indispensable dans la concrétisation des ambitions mondiales sur le terrain.
De la mobilité au logement, en passant par la résilience climatique et l’inclusion sociale, les villes, les agglomérations et les régions sont responsables de nombreuses politiques qui influent directement sur le quotidien de leurs habitants. Selon le rapport, la mise en œuvre des ODD relève davantage de la politique que de la technique et exige la décentralisation de la confiance, des ressources et des pouvoirs à l’échelle territoriale.
Cette publication met particulièrement l’accent sur l’ODD 11 – Villes et communautés durables, l’un des objectifs examinés lors du Forum politique de haut niveau de 2026. Elle soutient que le développement urbain durable ne peut être atteint sans une démocratie locale forte, une gouvernance multiniveaux efficace et une participation significative des autorités infranationales aux processus décisionnels nationaux et internationaux.
Six recommandations pour accélérer la mise en œuvre des ODD
S’appuyant sur l’expérience des collectivités locales et régionales, le rapport formule six recommandations adressées aux Nations Unies, à l’Union européenne et aux gouvernements nationaux.
Parmi ses principaux messages, l’étude préconise :
Renforcer la gouvernance à plusieurs niveaux comme priorité politique pour la période 2026-2030.
Placer le niveau infranational au cœur de la mise en œuvre des ODD, notamment en renforçant la participation des gouvernements locaux et régionaux aux processus d’examen mondiaux et en améliorant l’accès au financement du développement.
Réaffirmer l’importance du Nouvel Agenda urbain des Nations Unies en tant que principal cadre mondial pour une urbanisation durable.
Veiller à ce que les villes restent au cœur du programme de développement durable de l’Europe grâce à un alignement plus étroit entre les cadres politiques urbains de l’UE et des Nations Unies.
Reconnaître le rôle des territoires dans le prochain cadre financier pluriannuel de l’UE 2028-2034, avec un financement plus accessible et adapté aux spécificités locales pour les municipalités et les régions.
Accélérer la localisation des ODD en impliquant pleinement les gouvernements locaux et régionaux dans la conception et la mise en œuvre des politiques de développement durable.
Une contribution au débat mondial sur les ODD
Au-delà des recommandations politiques, le rapport présente des exemples de bonnes pratiques en Europe et examine comment les collectivités locales et régionales font progresser les objectifs examinés en 2026 (ODD 6 – Eau propre et assainissement, ODD 7 – Énergie propre et d’un coût abordable, ODD 9 – Industrie, innovation et infrastructure, et ODD 17 – Partenariats pour la réalisation des objectifs). Il consacre également une place importante au logement et aux conclusions des discussions menées dans le cadre du Forum urbain mondial, reflétant les préoccupations croissantes concernant l’accessibilité au logement, l’inclusion et la croissance urbaine durable.
Alors que la communauté internationale approche de la fin de l’Agenda 2030, le rapport envoie un message clair et sans équivoque : la réalisation – ou l’échec – des ODD dépendra des acteurs locaux. Donner aux villes, aux agglomérations et aux régions les moyens politiques, les ressources et les partenariats nécessaires n’est donc pas une option, mais une nécessité.
Objectifs de développement durable – Les dirigeants locaux européens à la table des Nations Unies
Une délégation de plus de 15 élus locaux européens se rendra à New York la semaine prochaine pour le Forum politique de haut niveau sur le développement durable (HLPF), organisé par les Nations Unies. Ils prendront la parole lors de plusieurs événements de haut niveau afin de défendre le rôle essentiel des villes, des agglomérations et des régions dans la mise en œuvre locale de l’Agenda 2030 et dans la définition de son orientation future. Parmi ces événements figurent notamment la réunion annuelle d’ONU-Habitat et de la coalition Local2030 (14 juillet), la Journée des collectivités locales et régionales de CGLU (15 juillet) et le petit-déjeuner de travail CCRE-PLATFORMA à la Délégation de l’UE (16 juillet).
Sous le thème « Actions transformatrices, équitables, innovantes et coordonnées pour le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et ses Objectifs de développement durable (ODD) pour un avenir durable pour tous », le Forum politique de haut niveau (FPHN) de cette année se concentrera sur l’examen d’un objectif crucial pour les collectivités locales et régionales : l’ODD 11 (Villes et communautés durables). Il examinera également l’ODD 6 (Eau propre et assainissement), l’ODD 7 (Énergie propre et d’un coût abordable), l’ODD 9 (Industrie, innovation et infrastructure) et l’ODD 17 (Partenariats pour la réalisation des objectifs), domaines dans lesquels les collectivités locales et régionales jouent un rôle essentiel.
Les maires et les conseillers présenteront l’étude annuelle CCRE-PLATFORMA : « Les territoires européens localisent les ODD | Les villes au cœur de la mise en œuvre ». S’appuyant sur des exemples tirés de 23 associations de collectivités locales et régionales, le rapport met en lumière des actions locales concrètes en faveur des ODD examinés en 2026, tout en soulignant la nécessité d’une gouvernance, d’un financement et de partenariats multiniveaux renforcés afin d’accélérer les progrès vers l’Agenda 2030.
L’accent mis sur les inégalités en matière de logement et de territoire souligne que la réalisation d’un développement durable nécessite de donner aux villes et aux régions les moyens d’agir, de partager les bonnes pratiques et de veiller à ce qu’aucune communauté ne soit laissée pour compte.
Une importante délégation de dirigeants locaux européens
Parmi les membres du CCRE et les responsables locaux des partenaires de PLATFORMA participant au HLPF cette année, on retrouve :
Rosa del Amo, troisième adjointe au maire de Badalona (Espagne), Fédération espagnole des communes et provinces (FEMP)
María del Mar Vázquez Agüero, maire d’Almería (Espagne), Fonds andalou des communes de solidarité internationale (FAMSI)
Óscar Bleda, conseiller municipal d’Almería (Espagne), Fonds andalou des communes de solidarité internationale (FAMSI)
Wim Dries, maire de Genk (Belgique), président de l’Association flamande des villes et communes (VVSG)
Xavier García Albiol, maire de Badalona (Espagne), Fédération espagnole des communes et provinces (FEMP)
Clare Hart, vice-présidente de Montpellier Méditerranée Métropole et présidente du Groupe de crise de Cités Unies France (CUF)
Gunn Marit Helgesen, président du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe et président de l’Association norvégienne des pouvoirs locaux et régionaux (KS)
Marek Hudak, conseiller municipal de Bardejov et membre du Conseil régional de Prešov (Slovaquie), membre du Comité des jeunes élus du CCRE (YEOC) et de l’Association des villes et communautés de Slovaquie (ZMOS)
Eider Inuntziaga, conseillère municipale chargée de la participation citoyenne, de l’Agenda 2030, des relations internationales et du basque de Bilbao (Espagne), porte-parole du CCRE pour la démocratie locale, les relations et le basque
Antoine LeSolleuz, adjoint au maire de Nancy et président du groupe Liban de Cités Unies France (CUF)
Michael Maas, maire de Pirmasens et membre de l’Association allemande des villes (DST)
Barbara Meyer, maire de Sarrebruck et membre de l’Association allemande des villes Villes (DST)
Giorgos Papanastasiou, maire d’Agrinio (Grèce) et deuxième vice-président de l’Union centrale des communes de Grèce (KEDE)
André Viola, président du Conseil départemental de l’Aude (France), Cités Unies France (CUF)
Dirk Wurm, maire d’Augsbourg, Association allemande des villes (DST)
Eckart Würzner, maire d’Heidelberg, Association allemande des villes (DST)
Atténuer les effets du changement climatique : quel rôle pour la démocratie participative ?Leçons tirées du projet FOSTER
Le 9 juin 2026, le projet FOSTER a réuni de nombreux acteurs politiques, chercheurs, organisations de la société civile et citoyens européens, à l’occasion d’une conférence en ligne visant à répondre à la question suivante : comment les communautés locales peuvent-elles renforcer leur résilience face aux impacts à long terme du changement climatique grâce à la participation démocratique ?
Organisé par la fondation Foster Europe, partenaire du projet, cet événement a offert une occasion unique de présenter les résultats obtenus tout au long du projet FOSTER, tout en favorisant un débat plus large sur le rôle de la démocratie participative, de la prospective stratégique et de la gouvernance collaborative dans la réponse aux défis liés au climat.
Les participants ont eu l’occasion d’apprendre des études de cas du projet, d’échanger leurs points de vue et de réfléchir aux enseignements tirés du projet. Les présentations ont montré comment la « prospective stratégique » peut devenir un outil puissant permettant aux communautés d’anticiper les défis futurs et de les transformer en opportunités d’action collective, et ont mis en évidence à la fois le potentiel et les défis de la gouvernance climatique participative.
Malgré la diversité des contextes locaux, plusieurs défis communs ont émergé des études de cas. Les participants ont souligné la vulnérabilité croissante des zones urbaines face aux phénomènes météorologiques extrêmes, la répartition inégale des infrastructures vertes, la nécessité de protéger et de revitaliser les espaces publics, ainsi que l’importance de veiller à ce que les mesures d’adaptation au changement climatique tiennent également compte de l’inclusion sociale et de la qualité de vie.
La prospective stratégique, un outil clé pour impliquer les acteurs locaux
Les parcours locaux du projet FOSTER ont démontré comment la prospective participative accompagne les communautés à dépasser les solutions à court terme et à s’engager dans une réflexion à plus long terme. À travers des ateliers, des exercices d’élaboration de scénarios et des activités de co-conception, des citoyens, des organisations de la société civile et des autorités locales ont travaillé ensemble pour identifier les risques futurs et développer des solutions ancrées localement. De nombreuses solutions ont été élaborées, telles que le verdissement urbain, la création d’espaces publics résilients au changement climatique, des stratégies de logement durable, en passant par des mécanismes de gouvernance renforcés et de nouvelles formes de participation citoyenne.
Le projet a également mis en évidence l’importance de la confiance entre les citoyens et les institutions publiques. L’implication directe des représentants municipaux dans le processus participatif a contribué à instaurer un dialogue constructif et à renforcer la légitimité des solutions proposées. Les participants ont également reconnu que le maintien de l’engagement des participants sur le long terme restait un défi. Les partenaires du projet ont en effet mis en avant un phénomène de lassitude. Les discussions ont confirmé que les citoyens sont disposés à s’impliquer dans la prise de décision liée au climat lorsqu’ils comprennent clairement l’objectif du processus et que leurs contributions se traduisent par des actions concrètes.
Un autre enseignement tiré de la conférence et du projet est que les processus participatifs ne suffisent pas seuls. Pour sécuriser un impact à long terme, il faut assurer un engagement institutionnel, des cadres juridiques favorables, une coordination entre les parties prenantes et des mécanismes garantissant la mise en œuvre des solutions élaborées de manière collaborative. Comme l’ont fait remarquer plusieurs intervenants, la participation est plus efficace lorsqu’elle fait partie intégrante de la gouvernance plutôt que de constituer une activité isolée au sein d’un projet.
L’ensemble de ces contributions a renforcé l’un des messages clés issus du projet FOSTER : pour lutter contre le changement climatique, il faut mettre en œuvre des modèles de gouvernance alliant une vision à long terme, la participation des communautés et une collaboration intersectorielle. La résilience des communautés se construit grâce à des processus décisionnels inclusifs qui permettent aux citoyens d’anticiper et de façonner activement leur avenir, tout en co-créant des réponses concrètes et inclusives.
Dans un nouveau document de position, l’Alliance locale – une coalition de CCRE, ACR+, Climate Alliance, Energy Cities, Eurocities, FEDARENE, ICLEI Europe et POLIS – appelle l’UE à saisir l’occasion de la révision du règlement sur la gouvernance pour rendre les plans nationaux en matière d’énergie et de climat (PNEC) véritablement réalisables, susceptibles d’attirer des investissements et ancrés dans les réalités locales.
Partout en Europe, villes, communes et régions agissent déjà : rénovation des bâtiments, déploiement des énergies renouvelables, transformation des systèmes de mobilité. Pourtant, le cadre de planification climatique de l’UE n’a pas suivi le rythme. Les plans nationaux énergie-climat (PNEC) continuent d’être élaborés en grande partie sans la participation des collectivités locales et régionales qui seront chargées de leur mise en œuvre.
La révision du règlement sur la gouvernance, attendue de la Commission européenne au dernier trimestre 2026, constitue donc une opportunité cruciale que l’Alliance locale est déterminée à ne pas manquer.
Une déconnexion structurelle
Une multitude de données locales, de projets d’investissement et de plans climatiques existent déjà en Europe – des plans d’action pour l’énergie durable et le climat aux contrats de villes climatiques et aux stratégies locales de chauffage urbain. Pourtant, ces connaissances territoriales sont rarement intégrées aux PNE, ce qui engendre des doublons, une fragmentation et des opportunités d’investissement manquées.
Parallèlement, les dialogues à plusieurs niveaux déjà requis par l’article 11 du règlement actuel sont restés largement déconnectés des décisions de mise en œuvre réelles ou sont restés au niveau de la simple formalité.
Il en résulte une dynamique dangereuse à deux vitesses : une ambition élevée aux niveaux européen et national, et une attention insuffisante portée à ce qui se passe sur le terrain.
La réponse de l’Alliance locale : relier ce qui existe déjà
Le document de position préconise que le règlement révisé s’articule autour de quatre éléments qui se renforcent mutuellement :
une plateforme de dialogue permanente à plusieurs niveaux dans chaque État membre afin d’aligner tous les niveaux de gouvernement sur la préparation et le suivi du PECN, en tenant compte des structures et des besoins de gouvernance nationale ;
un chapitre territorial dans chaque NECP s’appuyant sur les plans locaux existants pour montrer où et comment les objectifs nationaux seront atteints ;
des parcours sectoriels adaptés au territoire reliant les objectifs nationaux dans les domaines du bâtiment, des transports, du chauffage, des énergies renouvelables et de l’économie circulaire aux réalités locales qui déterminent si leur mise en œuvre est réellement possible ;
et des stratégies d’investissement qui tiennent compte des besoins locaux en matière d’investissement et de capacités.
Il ne s’agit pas de réclamer plus de bureaucratie, mais de faire en sorte que les structures existantes fonctionnent de manière cohérente : réduire la lassitude liée aux consultations, éliminer les doublons administratifs et transformer les plans nationaux de coopération en de véritables cadres de mise en œuvre et d’investissement, au lieu de simples exercices de reporting.
Le CCRE avertit que la mesure prise par le Parlement européen risque d’affaiblir le principe du pollueur-payeur et de compromettre les investissements des collectivités locales et régionales ainsi que des opérateurs de stations d’épuration
Suite au vote d’aujourd’hui au Parlement européen sur une motion de résolution demandant la suspension de la mise en œuvre de la directive révisée relative au traitement des eaux urbaines résiduaires (UWWTD), le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) regrette l’adoption d’amendements invitant la Commission européenne à envisager la suspension de la mise en œuvre de la responsabilité élargie des producteurs (REP) et des obligations de traitement quaternaire*. Le CCRE considère cette résolution comme contradictoire avec tous les efforts actuellement déployés par les collectivités locales et régionales et les exploitants de stations d’épuration, notamment pour optimiser les infrastructures afin de se conformer aux exigences de la directive révisée.
Selon Andrea Carli, porte-parole du CEMR pour l’environnement et conseillère régionale du Frioul-Vénétie Julienne :« Nous sommes profondément préoccupés par le résultat du vote en séance plénière d’aujourd’hui. Nous soutenons les collectivités locales et régionales ainsi que les exploitants de stations d’épuration européens qui ont déjà préparé les investissements nécessaires à la mise en œuvre de la directive révisée sur le traitement des eaux urbaines résiduaires. Ils ont désormais besoin d’un engagement clair quant au respect du calendrier de mise en œuvre convenu. »
Le principe du pollueur-payeur, qui stipule que les responsables de la pollution doivent en assumer les coûts de gestion et de réparation des dommages causés, est l’un des piliers de la politique environnementale de l’UE. Toute suggestion de suspension de la mise en œuvre de la responsabilité élargie du producteur (REP) risque de saper la confiance des investisseurs. La directive révisée a permis de trouver un juste équilibre, fruit d’un long dialogue, entre la protection de la santé publique, la préservation de l’environnement et la nécessité de garantir que les responsables de la pollution contribuent aux coûts de son élimination.
Le CCRE reconnaît la nécessité légitime de surveiller l’impact de la directive sur la disponibilité des médicaments essentiels et génériques. Cependant, il estime fermement que ces préoccupations devraient être prises en compte par le biais des mécanismes de surveillance et de flexibilité déjà prévus par la législation.
Par conséquent, le CCRE appelle la Commission à maintenir le calendrier de mise en œuvre convenu et à garantir la sécurité juridique nécessaire aux collectivités locales et régionales ainsi qu’aux exploitants de stations d’épuration pour investir dans le traitement quaternaire. Les États membres devront vraisemblablement commencer l’année prochaine à élaborer leurs plans de partenariat nationaux et régionaux (PPNR) dans le cadre du prochain budget de l’UE, tout retard dans la mise en œuvre pourrait entraîner une dépriorisation, voire une exclusion, des investissements dans les infrastructures d’assainissement des futurs plans de financement.
Dans une lettre adressée l’année dernière à la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, le CCRE et 11 autres organisations européennes représentant les gouvernements locaux et régionaux, les services publics, les ONG environnementales, les syndicats et les professionnels de l’eau ont exhorté la Commission à maintenir fermement le système EPR introduit par la directive révisée sur le traitement des eaux usées urbaines, qui est entrée en vigueur le 1er janvier 2025.
Le traitement quaternaire est une étape de traitement supplémentaire permettant d’éliminer les micropolluants des eaux usées urbaines. Ce traitement est désormais obligatoire depuis la dernière révision de la directive relative à la gestion des eaux usées urbaines (UWWTD). Le mécanisme de responsabilité élargie des producteurs (REP) permet aux entreprises (industries pharmaceutique et cosmétique) de prendre en charge au moins 80 % des coûts de traitement associés.
Les villes et les régions doivent montrer l’exemple en matière d’adaptation au changement climatique en Europe
Le CEMR a participé les 3 et 4 juin au Sommet européen Climate Chance 2026, organisé à Bruxelles par l’association Climate Chance. Cet événement de deux jours a réuni des responsables locaux et régionaux, des institutions européennes, des entreprises, des ONG et des réseaux de la société civile autour d’un thème commun : l’adaptation au changement climatique comme levier de résilience et de prospérité en Europe.
Le message véhiculé par le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) était que les villes et les régions doivent être reconnues comme des partenaires stratégiques dans la conception de la réponse de l’Europe au changement climatique, et non pas simplement comme des acteurs de terrain.
Le sommet fait écho aux messages clés du document de position du CCRE intitulé « S’adapter ensemble – Une approche territoriale de la résilience et de la gestion des risques », publié en février 2026. Dans ce document, le CCRE plaide pour une approche territoriale de la résilience climatique, fondée sur une gouvernance multiniveaux. Une lacune fondamentale est mise en évidence : si les collectivités locales et régionales mettent déjà en œuvre la plupart des mesures d’adaptation, leur rôle reste insuffisamment reconnu et soutenu dans les cadres européens et nationaux.
Pour combler cet écart, le CCRE continue de mettre en avant six priorités :
Donner aux gouvernements locaux et régionaux des mandats clairs et la flexibilité nécessaire pour agir
Renforcer les capacités locales grâce à un meilleur accès aux données et à l’apprentissage par les pairs
Garantir un financement prévisible et accessible pour les investissements d’adaptation
Améliorer la préparation et la gestion des risques de catastrophe
Restaurer les écosystèmes et déployer à grande échelle des solutions fondées sur la nature
Garantir la résilience de l’eau grâce à une gestion intégrée et locale de l’eau
Le sommet organisé par Climate Chance s’est tenu à un moment politique crucial. La Commission européenne élabore actuellement un nouveau cadre intégré pour la résilience et la gestion des risques climatiques en Europe, qui devrait être adopté au cours du second semestre 2026.
Ronan Dantec, porte-parole du CCRE pour le climat : « L’adaptation au changement climatique ne réussira que si les collectivités locales et régionales sont reconnues comme des partenaires à part entière dans le futur cadre de résilience. Les territoires ont besoin d’une trajectoire commune, des outils nécessaires pour comprendre leurs vulnérabilités et d’un financement à long terme pour concrétiser la résilience. »
Les discussions du sommet sur la gouvernance à plusieurs niveaux, le financement de l’adaptation et de la résilience au niveau local, le soutien technique aux collectivités locales et régionales pour préparer des stratégies et des investissements de gestion des risques, et les mécanismes de solidarité ont toutes renforcé ce que notre document de position soutient : une action climatique cohérente et efficace exige la présence des collectivités locales et régionales à la table des négociations dès le départ – dans la conception, le financement et le suivi des politiques, et pas seulement dans leur mise en œuvre.
Elle engage tous les signataires à jouer un rôle actif dans l’élaboration des politiques européennes de résilience climatique et appelle à ce que l’adaptation soit intégrée à tous les niveaux de prise de décision, des politiques de l’UE jusqu’aux plans locaux.
Le CEMR continuera de promouvoir ce message jusqu’à l’adoption du cadre européen d’ici la fin de l’année. La résilience de l’Europe commence sur son territoire.
Connie Heedegard, présidente de la mission d’adaptation au changement climatique et ancienne commissaire à l’action pour le climat : « L’adaptation est essentielle à la résilience, mais aussi à la sécurité des citoyens. La mission d’adaptation de l’UE a posé les bases ; il est temps maintenant de récolter les fruits de cette adaptation et d’intensifier sa mise en œuvre. »
Comment les villes, les agglomérations et les régions peuvent-elles obtenir les investissements nécessaires pour renforcer leur résilience face aux changements climatiques, au vieillissement des infrastructures et à l’augmentation des exigences réglementaires ?
Le 13 mai 2026, le CCRE et Aqua Publica Europea (APE) ont organisé un webinaire réunissant des représentants de la Commission européenne, de la Banque européenne d’investissement (BEI), des gouvernements locaux et régionaux et des opérateurs publics de l’eau pour discuter des possibilités de financement de l’UE pour la résilience de l’eau.
Les discussions ont mis en lumière à la fois les opportunités offertes par le budget actuel de l’UE et les défis auxquels les collectivités locales et régionales pourraient être confrontées dans le cadre du futur cadre financier pluriannuel (CFP). Les principaux messages et recommandations issus de cet événement sont désormais disponibles dans un nouveau rapport de webinaire publié conjointement par le CCRE et l’APE.
La résilience face à l’eau commence localement
En ouvrant le webinaire, Andrea Carli, porte-parole du CEMR pour l’environnement et conseillère régionale du Frioul-Vénétie Julienne, a souligné les pressions croissantes qui pèsent sur les villes et les régions à travers l’Europe. De la sécheresse et de la pénurie d’eau aux inondations, les collectivités locales et régionales sont de plus en plus en première ligne de l’adaptation au changement climatique, tout en devant faire face à des besoins d’investissement croissants.
Pour le CCRE, cela renforce la nécessité de cadres de gouvernance solides, d’un soutien technique et de ressources financières suffisantes pour garantir des services d’eau durables et abordables pour toutes les communautés.
Le financement demeure le principal défi
Un message central se dégage de ces discussions : le financement demeure le principal obstacle à la réalisation des objectifs de la politique européenne de l’eau.
L’APE et le CCRE soulignent l’important déficit d’investissement identifié par la Commission européenne, tout en pointant du doigt les difficultés de gouvernance et de capacités qui peuvent limiter l’accès aux financements disponibles. Bien que la résilience de l’eau ait été reconnue comme un domaine prioritaire lors de l’examen à mi-parcours de la politique de cohésion, de nombreuses collectivités locales et régionales ainsi que des opérateurs du secteur de l’eau peinent encore à obtenir les ressources nécessaires aux investissements essentiels.
En attendant le prochain CFP
Alors que les négociations sur le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) sont en cours, le webinaire a exploré comment l’architecture de financement future proposée pourrait affecter les investissements dans le secteur de l’eau.
Si les nouveaux plans de partenariat nationaux et régionaux (PPNR) offrent une plus grande flexibilité, ils soulèvent également d’importantes questions quant à l’implication des collectivités locales et régionales dans la définition des priorités d’investissement. Le CEMR continue de plaider en faveur d’une politique de cohésion forte et d’une participation effective des villes, des agglomérations et des régions à l’élaboration et à la mise en œuvre du futur budget de l’UE.
De nouvelles opportunités grâce à la BEI
Lors du webinaire, les participants ont également été informés du rôle croissant de la BEI dans le soutien aux investissements dans le secteur de l’eau, notamment du futur Mécanisme de conseil pour une gestion durable de l’eau. Cette initiative vise à faciliter l’accès des collectivités locales et régionales ainsi que des opérateurs du secteur de l’eau aux financements et aux services de conseil, renforçant ainsi la préparation et la mise en œuvre des projets liés à l’eau en Europe.
Alors que les discussions sur le futur budget de l’UE se poursuivent, la réalisation des objectifs de résilience de l’Europe en matière d’eau nécessitera des investissements à long terme, une gouvernance locale forte et un rôle central pour les villes et les régions.
Consultez le compte rendu du webinaire pour découvrir les principales conclusions de la discussion, les dernières opportunités de financement, les évolutions politiques et les recommandations à l’intention des gouvernements locaux et régionaux.
Les dirigeants locaux du CCRE adoptent une déclaration politique appelant à placer la cohésion, la compétitivité et les partenariats mondiaux au cœur du prochain budget de l’UE
Réunis au Sommet des dirigeants du CCRE à Rovaniemi, quelque 150 élus locaux appellent les chefs d’État et de gouvernement de l’UE à intégrer les recommandations du Parlement européen sur le budget de l’UE relatives à la gouvernance à plusieurs niveaux, à la mise en œuvre territoriale et à la prévisibilité des financements dans leurs négociations avec le Conseil.
Plus de 150 dirigeants locaux de 29 pays européens se sont réunis à Rovaniemi, en Finlande, pour le Sommet des dirigeants du Conseil des communes et des régions d’Europe (CCRE), participant à des discussions opportunes sur les principales priorités européennes.
Une déclaration politique à un moment charnière
L’un des principaux résultats du sommet a été l’adoption d’une déclaration politique signée par 55 dirigeants locaux appelant les chefs d’État et de gouvernement de l’UE à intégrer les recommandations clés du Parlement européen concernant le prochain budget de l’UE (2028-2034)dans leurs négociations au sein du Conseil européen. Adoptée lors du sommet des dirigeants du CCRE à Rovaniemi, cette déclaration intervient à un moment crucial des discussions interinstitutionnelles sur le prochain cadre financier pluriannuel (CFP).
En approuvant cette déclaration en faveur d’un budget européen adapté à chaque territoire, les membres du CCRE insistent sur le fait que la cohésion, la compétitivité et les partenariats mondiaux demeurent au cœur du prochain budget à long terme de l’UE. Adressée aux dirigeants nationaux, la déclaration plaide pour un budget territorialisé et prévisible, fondé sur une véritable gouvernance à plusieurs niveaux.
Cette déclaration fait suite à l’adoption par le Parlement européen, lors de sa séance plénière du 28 avril 2026, de son rapport intérimaire sur le budget de l’UE pour la période 2028-2034, dans lequel le Parlement a défini ses priorités politiques et qui servira de base aux négociations avec le Conseil.
Étant donné que les États membres finaliseront leur position lors de la réunion du Conseil qui se tiendra les 18 et 19 juin, le CCRE les appelle à prendre en considération la position et les propositions présentées par le Parlement européen en vue d’un budget de l’UE qui garantisse la compétitivité, la cohésion et la confiance sur l’ensemble du territoire.
Christoph Schnaudigel, président du CCRE, a déclaré : « Le prochain budget de l’UE doit bénéficier à tous les territoires européens. C’est dans les villes et les régions que la politique européenne se concrétise : c’est là que l’on gère les inondations, que l’on a besoin de centres de rafraîchissement, que les entreprises investissent ou partent. La compétitivité et la résilience de l’Europe seront aussi fortes que son territoire le plus vulnérable. Il est temps d’agir. »
Les responsables locaux participant au Sommet des dirigeants du CCRE ont également eu l’occasion d’échanger avec Giuseppe Lupo, député européen et vice-président de la commission des budgets de l’UE, sur les négociations interinstitutionnelles relatives au prochain CFP. Au cours de cette discussion, M. Luppo a déclaré : « Nous demandons la position officielle du Conseil ; il est donc primordial de développer toute initiative visant à convaincre les États membres d’accepter la proposition du Parlement européen. »
Collectivités locales et régionales : renforcer la résilience par la prévoyance et la préparation
Le Sommet a également servi de plateforme pour discuter de la manière dont les gouvernements locaux et régionaux peuvent mieux utiliser la prévoyance et la préparation pour anticiper et atténuer les impacts des crises et des situations d’urgence.
En tant que pays hôte, la Finlande – reconnue internationalement comme un chef de file mondial en matière de préparation aux crises et de prospective stratégique à long terme – a apporté des contributions précieuses. Les participants ont examiné comment les institutions démocratiques, à tous les niveaux, doivent évoluer pour gouverner efficacement dans une ère marquée par l’incertitude et les bouleversements.
Katri Kulmuni, ancienne vice-Première ministre de Finlande et députée européenne la plus septentrionale, a déclaré : « La préparation est un mode de vie plus global. Il ne s’agit pas d’une dépense, mais d’un investissement, et cela ne fonctionnera que si les communautés locales y participent. »
Le débat politique a rassemblé des voix venues de tout le continent, du nord au sud.
Le directeur des services techniques de la ville de Rovaniemi, Pertti Onkalo, a déclaré : « Partout en Europe, les villes et les régions sont confrontées à des défis similaires, même si chacune présente des caractéristiques propres. En partageant les enseignements tirés de l’expérience, nous pouvons éviter de réinventer la roue.» Il a également ajouté : « Aujourd’hui, l’importance de la préparation est de plus en plus reconnue ; mais cette préparation doit être mise en place avant une crise, et non pendant. »
Voici ce qu’a déclaré Elisabeth Unell, maire de Västerås en Suède : « Se préparer signifie s’exercer à différents scénarios et se préparer ensemble. Nous avons besoin d’une coordination et d’un partage d’expériences plus étroits entre les collectivités locales à travers l’Europe. »
« La préparation et la prévoyance font de plus en plus partie de notre ADN, surtout en Europe occidentale. En cas de crise, l’élément essentiel, c’est la structure. Mais ce n’est pas toujours l’État qui peut intervenir immédiatement. Il est également important d’investir dans les collectivités locales.» Ap Reinders, maire de Stichtse Vecht.
La maire d’Estarreja (Portugal), Isabel Simoes Pinto, a soutenu que « pour les citoyens, la préparation ne peut pas être un concept abstrait. Elle doit provenir de la confiance des dirigeants locaux. Nous devons transformer la préparation en une dimension normale de la gouvernance, un aspect quotidien de la vie. » – Maire d’Estarreja (Portugal), Isabel Simoes Pinto
Christoph Schnaudigel nommé président du CCRE
Lors du Sommet, le Comité des politiques du CCRE a nommé Christoph Schaudigel nouveau président de l’organisation, suite à la démission de Gunn Marit Helgesen après son élection à la présidence du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux (CLRAE).
Les dirigeants locaux du CCRE ont également décidé que Gunn Marit Helgesen continuerait à exercer les fonctions de coprésidente du CCRE aux côtés de Philippe Laurent et Vince Maple.
Dans son discours d’investiture, Christoph Schnaudigel a déclaré : « C’est un honneur pour moi d’assumer la présidence du CCRE à un moment aussi crucial pour les villes et les régions d’Europe. Alors que les négociations sur le prochain budget de l’UE se poursuivent et que nos valeurs et notre démocratie locale sont de plus en plus mises à l’épreuve dans un contexte géopolitique turbulent, notre unité est plus importante que jamais. Je me réjouis de travailler encore plus étroitement avec tous nos membres afin de garantir que les voix locales soient entendues et impliquées dans le processus décisionnel européen. Cela implique également de renforcer l’engagement du CCRE en faveur des partenariats internationaux pour défendre la paix, la démocratie, la durabilité et la solidarité. »
Christoph Schnaudigel est le président de la section allemande du CCRE (RGRE) et le président du comté de Karlsruhe (Allemagne). Il est membre actif de la direction du CEMR depuis 2017, date à laquelle il est devenu porte-parole pour les services publics.
À l’occasion du 75e anniversaire du CCRE
Le Sommet de Rovaniemi s’appuie sur les 75 ans d’expérience du CCRE dans le soutien aux villes et aux régions confrontées à des transformations majeures, de la reconstruction d’après-guerre aux transitions climatiques et sociales actuelles.
Les dirigeants locaux ont célébré cet événement marquant par le lancement d’une nouvelle présentation vidéo du CCRE, ainsi que par une série d’entretiens intitulée « Les voix de nos 75 ans d’histoire ». Un photomaton présentant un journal « Local Time », mettant en vedette « Nos dirigeants locaux », faisait également partie des célébrations.
Le Sommet des dirigeants du CCRE à Rovaniemi était organisé par la ville de Rovaniemi et l’Association des villes et municipalités finlandaises (Kuntaliitto).